13.07.2026

La porte d’une famille défoncée «par erreur», la dernière d’une longue série de perquisitions râtées
Mercredi 8 juillet, il est 6 heures dans le 10ème arrondissement de la cité phocéenne. Une famille est brutalement réveillée par d’énormes coups qui fracassent son sommeil. Quelques secondes s’écoulent, et c’est sa porte qui s’effondre, mais aussi une partie du mur et le cadre qui la maintenait.
Derrière, des hommes cagoulés avec des boucliers foncent dans l’appartement tout en hurlant : «au sol !» devant les membres de la maisonnée interloqués. Il s’agit de gendarmes venus arrêter un suspect. Loupé : à la vue du mari, les assaillants se rendent compte que ce n’est pas l’homme qu’ils devaient interpeller. «Ils cherchaient un homme qui ne ressemblait pas du tout à mon mari, alors ils ont tout de suite compris» explique la mère de famille.
Effectivement, les militaires ont compté un étage de trop. Ce n’était donc pas la bonne porte. Paniqués, ils ressortent de l’appartement pour redescendre au bon étage.
Suite à cette intervention, un formulaire est remis à la famille pour «réparer» les dommages commis par erreur. Dans ce document, il est expliqué que la famille doit avancer les frais afin d’être remboursée ultérieurement. Dans le cas présent, cela se compte en milliers d’euros. L’habitante explique au journal La Provence qu’elle va devoir faire une croix sur les vacances de la famille, l’argent mis de côté sera sacrifié pour réparer la bêtise des gendarmes.
Rappelons que les notes d’admission au concours pour entrer au sein dans les «forces de l’ordre» se sont vues abaisser à 7/20, faute de candidats. À ce niveau-là, à quoi bon maintenir un examen avant de leur donner des armes à feu ? En tout cas, cela explique la difficulté de certains agents pour compter les étages avant de défoncer une porte.
Car ce cas n’est pas isolé. Beaucoup d’autres perquisitions ratées ont eu lieu, et certaines ont même tourné au drame. En 2023 à Saint-Denis, la porte d’une mère de famille et des ses enfants est enfoncée. Bon étage, bon pallier cette fois-ci, sauf que c’était la porte d’en face. À Toulouse, en 2021, le RAID interpelle au lit un couple de retraités sans histoire. Une nouvelle fois, l’étage n’était pas le bon.
À Nantes, en 2018, une étudiante se fait brutalement réveiller par une brigade d’intervention. Quelques instants plus tard, les policiers se rendent compte que les chiffres localisant l’appartement étaient inversés sur le mandat. À Lille, en 2022, la brigade antiterroriste intervient dans un appartement visé par les services de renseignement. Sauf que le suspect avait déménagé un an plus tôt, et c’est un couple de boulangers qui voit sa porte blindée sauter. À Rennes, en 2019, un homme se fait «soulever» au réveil par une brigade d’intervention. Il avait le malheur d’avoir le même prénom, nom et date de naissance que la cible des autorités. En 2019, à Nice, le RAID débarque harnaché de la tête aux pieds. La porte saute et blesse une fillette de 9 ans. Le père dit qu’il a cru voir son enfant mourir. Ce dernier n’était pas la personne recherchée puisque le bon appartement était à côté.
Dans un village du Gard en novembre 2015, 50 militaires cagoulés et armés investissent un logement en pleine nuit. Gérard entend sa fille crier : « papa, papa, on m’a tiré dessus ». Effectivement, le père remarque : « la fenêtre de la chambre de ma fille a reçu un impact ». Après avoir ravagé la maison, les gendarmes repartent en ne trouvant rien, et en s’excusant.
Pendant l’état d’urgence, nombre d’erreurs de ce type se sont produites.
Combien d’autres portes ont été détruites et de familles traumatisées par des forces de répression, qui sont autant toutes puissantes qu’incompétentes ? Et demain, en cas de tir «par erreur» sur la mauvaise personne, la loi sur la présomption de légitime défense leur assurera une impunité totale.
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11.07.2026

C’est l’histoire d’un monde qui se réchauffe, d’un système ferroviaire qui se dégrade et d’un déballage policier qui interroge. Celle d’un racisme banalisé, aussi, et d’un pays où la « sécurité » tend à se confondre avec l’ordre. Celle, enfin, de témoins solidaires et révoltés. Canicule, train bondé et intervention massive des forces de l’ordre pour deux billets d’enfants manquants : le témoignage que nous publions met en lumière une scène révélatrice d’un durcissement des logiques sécuritaires dans les transports publics. À bord d’un Ouigo Rennes–Paris ce lundi 6 juillet, une intervention policière, déclenchée après le contrôle d’une famille en difficulté, a conduit à l’arrêt du train sous une chaleur importante et à l’arrivée de nombreux agents, malgré les protestations de voyageurs proposant de régulariser la situation. La SNCF affirme de son côté que « la procédure a été appliquée (…) dans la bienveillance et le respect des consignes de sécurité ». Question de point de vue.
Nous sommes un groupe de passagers qui tiennent à témoigner d’une situation inadmissible tant d’un point de vue humain que réglementaire, concernant les précautions à prendre en ce moment en temps de canicule.
Lundi 6 juillet, dans le train Ouigo n°4094, reliant Rennes-Paris Austerlitz, la chaleur est déjà impressionnante à l’extérieur, la climatisation timide.
Le chef de bord fait régulièrement des annonces préconisant de bien fermer les portes intermédiaires des wagons, « sinon, vous aurez chaud, surtout dans ce type de train et ce sera de votre fait ».
Le train est bondé… Ce sont les seuls trains pas trop chers en cette période estivale, où s’entassent les moins privilégiés de notre pays pour espérer se déplacer sans trop se ruiner.
Le voyage commence bien et dans la bonne humeur, avec un contrôleur très blagueur qui parvient à nous rappeler quelques petites règles du train avec un trait d’humour bien amené.
Les règles sont rappelées (en français) : toute personne non munie d’un billet est passible d’une amende. Et même toute personne non assise à sa place est passible d’une amende de 200 euros. Tout est précis, sec, mesuré.
Le train démarre. Une famille, composée de deux adultes et trois enfants, déambule à la recherche de places assises.
Le contrôleur repère vite cette famille et demande si elle est en possession de billets. La famille affirme que oui et présente des billets valides pour les deux adultes et l’enfant majeure. Il manque malheureusement deux billets pour les enfants.
Le contrôleur est implacable : il faut payer une amende et montrer patte blanche en présentant une pièce d’identité. C’est là que le bât blesse.
La famille ne dispose pas de titre de séjour.
Elle essaie d’expliquer sa situation, les voyageurs présents peuvent témoigner des propos utilisés par les contrôleurs, « ce sont des muslims », « menteurs », « malhonnêtes »… etc.
La famille ne comprend pas le français et ne comprend pas la situation.
Le contrôleur fait une annonce au micro dans un premier temps pour demander si un représentant des forces de l’ordre est présent parmi les passagers, ensuite pour indiquer que le train va être arrêté afin de permettre une intervention des forces de l’ordre.
Des personnes protestent immédiatement, en indiquant que ce ne sont que des enfants et que toute la famille risque l’expulsion pour une simple histoire de billets de train.
Un groupe de voyageurs se forme alors très rapidement pour proposer de payer l’amende de la famille. Rien n’y fait, aucune discussion n’est possible, le contrôleur répond qu’il faut respecter la loi.
Une personne propose que nous nous levions pour montrer notre soutien. Une voyageuse, assez révoltée argumentait, disant qu’un tel comportement est honteux. Deux ou trois personnes justifiaient qu’il s’agissait juste d’un élan de solidarité ! Le policier a dit à la jeune femme qui se manifestait : « vous voulez rester aussi ? C’est ça que vous voulez ? »
Et c’est alors qu’un message est diffusé au haut parleur, « nous attendons les forces de sécurité pour comportement inadmissible dans le train ». Le train est arrêté en gare de Chartres en attendant les forces de l’ordre.
La famille, qui ne parle pas français, reste très calme, est sortie du train, emmenée dans la gare. Les portes du train sont ouvertes, la chaleur moite rentre dans le train, plus aucune précaution de sécurité n’est prise.
Un petit attroupement se forme sur le quai pour essayer d’y voir plus clair, témoigner de son soutien et indiquer que plusieurs voyageurs souhaitent participer au paiement de l’amende, et qu’on laisse tranquilles ces enfants et cette famille.
Le contrôleur souhaite marquer le coup « Je n’accepterai le paiement de personne d’autre. Il appartient à chacun de payer son billet. »
Alors que les personnes sont très calmes, proposent un soutien, plusieurs voyageurs sont en larmes devant cette injustice. Nous devenons des terroristes !!!!
Le contrôleur décide alors d’appeler davantage de renforts. C’est donc jusqu’à plus d’une vingtaine de policiers et d’agents de la sécurité ferroviaire qui débarquent, tout équipés, sur les quais. Nous attendons dans cette atmosphère. Et il fait chaud (!!!!) dans le train et sur les quais.
Ils arrivent… 10, 15, jusqu’à 25 représentants des forces de sécurité, difficile de discerner les agents de sécurité de la SNCF et des forces de l’ordre appelés en renfort du commissariat de Chartres.

(…)

Photos prises par des passagers.
En les interrogeant, on apprend qu’ils ont été appelés parce qu’une bagarre impliquant une vingtaine de personnes était supposément en cours sur les quais. Alors que personne ne s’est énervé et le ton n’est jamais monté contre les contrôleurs ou les policiers.
Les responsables de sécurité menacent tous les voyageurs qui prennent des photos et qui filment.
Des phrases insensées et irrespectueuses des policiers vis à vis des personnes sur le quai sont prononcées: « moi ça ne me dérange pas de dormir à Chartres, vous sûrement ? » ou en partant « bon ! On y va ! Parce que j’ai un vrai métier, moi ! »
Un policier, mesquin, a alors lancé : « Vous retardez le train pour tout le monde. Vous avez voulu faire quoi ? Vous allez juste perdre votre temps et on ne vous laissera pas repartir tant que vous ne serez pas tous rassis et calmés à vos places. »
Ce n’est donc qu’après un ballet répété de policiers sur les quais et dans le train que celui-ci a pu repartir, avec 45 minutes de retard. Pour le reste du voyage, les deux contrôleurs ont été escortés (devant eux et derrière eux) par des agents de sécurité ferroviaire.
Conclusion :
Pour 2 billets d’enfants non payés, l’équipage de ce train a pris le risque de mettre en danger tout le train dans lequel beaucoup d’enfants étaient présents (mais comme vient de le dire ce matin un député de la majorité à la série de questions au parlement « nous ne sommes pas responsables des enfants laissés dans la voiture de leurs parents »).
La Sncf par manque de considération a retardé de 45 minutes tout un train pendant cette canicule alors que des messages officiels sont répétés, « prenez soin les uns des autres », « soyez vigilants », un voyageur venant de Rennes a raté une opération de la mâchoire importante, plusieurs ont raté des correspondances.
Des enfants étaient terrifiés, pleuraient, devant cette impressionnante représentation des forces de « sécurité ».
C’était une famille, peut-être sans papier (nous n’avons aucune précision sur cette famille qui est partie très discrètement). Et nous sommes devenus des terroristes solidaires et plus d’une vingtaine de bras musclés étaient nécessaires pour contrôler cette rébellion !!!!
Nous avons reçu un message de la SNCF concernant notre voyage : « Votre train est retardé. Cause : opération de sûreté à Chartres. Intervention des forces de l’ordre. »
La SNCF admet donc qu’il y a eu une intervention de force de l’ordre pour les passagers d’un train qui voulaient juste faire preuve de bon sens et de solidarité.
Le ministre des transports à l’instant, en réponse aux questions des députés, admet que des retards de train sont liés à la canicule, est-il nécessaire d’en rajouter ?
Contactée, la SNCF indique : « nos agents ont appliqué la procédure auprès d’un groupe de huit personnes avec des personnes sans titre de transport. Ils ont fait appel à la surveillance générale ferroviaire car les voyageurs ne pouvaient décliner leur identité. Le tout s’est fait dans la bienveillance et dans le respect des consignes de sécurité propres au système ferroviaire. »

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10.07.2026

Trois victimes lui reprochent des propos grivois, des rabaissements, des brimades et des coups. Deux ont déposé plainte, les 6 et 7 juillet.
“Violence par personne dépositaire de l’autorité publique suivie d’une incapacité n’excédant pas huit jours”. “Harcèlement”. Et “outrages sexistes et sexuels”. C’est ce que reproche une jeune assistante temporaire de police municipale (ATPM), âgée de 21 ans, à un brigadier-chef principal exerçant ses fonctions depuis plusieurs années à La Grande-Motte.
Dans une plainte déposée au commissariat central de Montpellier, la jeune femme dénonce un comportement harceleur du mis en cause à son encontre, depuis sa prise de poste estivale, le 1er juin dernier. « L’an passé, ça s’était bien passé pour moi car il avait trouvé en une autre ATPM son souffre-douleur. Mais cette année, il est constamment sur moi avec des brimades quasi-quotienne. À titre d’exemple, quand je lui ai expliqué que mon objectif était de passer le concours de la police municipale, il m’a rabaissée devant les autres, en me disant : “tu serviras à rien, t’es qu’une femme”. »
Un autre jour, lors d’une formation “menottage”, en lui montrant une clé de bras, il a serré si fort qu’ »il était à la limite de me casser le poignet », rapporte-t-elle. Sans parler des claques dans le dos ou des coups de pied au niveau des cuisses qu’elle dit avoir subi de manière inexpliquée.
Il m’a fait un étranglement, j’avais du mal à respirer
Jusqu’à ce 2 juillet où la situation a complètement dégénéré. « Il était vers 11 heures, nous passions avec mon binôme par la salle à manger des titulaires quand, subitement, il s’en est pris à moi une nouvelle fois pour me rabaisser en me disant : “Si tu fais la prochaine formation, je te mettrai des coups de tonfa”. J’ai alors répliqué en disant : “Oui, oui, on verra” et on a continué notre route. Mais d’un coup il m’a sifflée et m’a dit de me retourner et quand j’ai fait volte-face, il m’a mis un grand coup de pied dans la cuisse gauche. »
« Je me suis mise en garde. Et là, il m’a attrapé la tête et m’a fait un étranglement en passant ma tête sous son bras. J’avais du mal à respirer et j’ai senti une pression importante dans l’œil gauche comme si on me mettait les doigts dedans. Il m’a ensuite amené au sol où je me suis retrouvée sur le dos. Il était carrément sur moi. C’est là qu’il a relâché l’étranglement. J’avais du mal à reprendre ma respiration. J’étais choquée. Je lui ai dit qu’il m’avait vraiment fait mal. Il s’est levé et m’a dit : “Tu vas faire quoi ? Tu vas porter plainte ?”. »
Six jours d’ITT
C’est ce qu’elle a fait le 6 juillet, après que son médecin lui a prescrit une incapacité totale de travail de six jours pour « des douleurs orbitales avec ecchymose de la paupière gauche, du cou et de la cuisse gauche ». Soulignant, en outre, « un état de choc psychologique ».
Une souffrance qu’elle n’est pas la seule à avoir subie. En effet, apprenant la survenance de ces faits, une ancienne policière municipale, partie depuis sous d’autres horizons, a elle aussi déposé plainte contre ce brigadier-chef principal, sous les mêmes chefs de prévention.
Parler, c’est se cramer dans la profession
« J’ai passé neuf mois à la police municipale de La Grande-Motte, de juillet 2024 à mars 2025, et il m’a fait vivre un enfer. C’est d’ailleurs ce qui a précipité mon départ. J’ai même été en binôme avec lui au début », raconte cette quadragénaire. « Il est toujours en train de rabaisser les femmes. Avec lui, les outrages sexistes, sexuels, racistes, homophobes et misogynes sont monnaie courante. Ainsi que les brimades envers les nouveaux arrivants. »
« Et je ne vous parle pas des sorties d’arme, que ce soit son pistolet chargé ou son bâton télescopique. Quand on va au travail, ce n’est pas pour se faire insulter et pour prendre des coups. J’ai des photos de bleus qu’il m’a faits sur le cou, les bras, les cuisses… Mais parler, c’est se cramer dans notre profession. J’ai moi-même fait le choix parfois d’en rire, de me mettre en colère ou d’ignorer selon la situation. »
Une enquête administrative ordonnée
« Dès que j’ai eu connaissance des faits, j’ai tout de suite pris attache avec cette jeune femme », a confié à Midi Libre Stéphan Rossignol, le maire de La Grande-Motte. J’ai eu rapidement en ma possession sa plainte. Et à sa lecture, j’ai pris immédiatement des mesures conservatoires. C’est-à-dire que j’ai suspendu de ses fonctions le policier incriminé. Parallèlement, j’ai ouvert une enquête administrative car je juge cette accusation grave. Comme toute affaire de ce type, il faut entendre, ensuite, les uns et les autres. »
Une troisième jeune femme confie avoir été « son bouc émissaire », durant six mois, lors d’une formation au centre national de la fonction publique territoriale à Montpellier. Parlant elle aussi de rabaissements, de brimades et de réflexions à connotation sexuelle. « Il m’a fait perdre ma confiance en moi. Je n’en ai jamais parlé avant. J’avais peur des répercussions car c’est lui qui me notait. »

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09.07.2026

Dans la nuit du 12 mars 2024, Samba, Sénégalais de 29 ans en détresse psychologique, est abattu de quatre balles par des policiers de Wattignies, en banlieue de Lille. Deux ans après, StreetPress revient sur une opération non préparée et démesurée.
Lille, 27 mars 2024 – Dans le crépuscule du Nord, face à la préfecture, une centaine de silhouettes se rassemblent à petits pas autour d’un long drap blanc au message acéré :
« La police tue, stop au massacre ! »
Elles sont venues rendre hommage à Samba Dior Diagne alias « Papi », tué deux semaines plus tôt de quatre balles dans la poitrine tirées par deux policiers de la BAC. Selon le parquet, l’informaticien de 29 ans, était traversé par un épisode de psychose au moment des faits, il était porteur d’un couteau dans son appartement. Ses colocataires, apeurés, ont appelé la police. Pour l’interpeller, les policiers ont tenté de tirer au taser puis au LBD, des tentatives ratées, avant de faire feu à quatre reprises. La famille du défunt a déposé plainte contre les policiers. Ça faisait un an que Samba était informaticien à Lille (59). Son employeur l’avait fait venir depuis Dakar au Sénégal. Suite à une diminution de l’activité de l’entreprise et une rupture conventionnelle, « Papi » organisait son retour au Sénégal. Il vivait en coloc’ au sixième étage d’un immeuble à Wattignies, une ville en banlieue sud de Lille. Avec le dossier judiciaire que nous nous sommes procuré, StreetPress retrace la soirée et cette opération manquée.
Des policiers désorganisés
Samba est agité ce soir-là, il pousse des cris dans le salon, un couteau de cuisine à la main. Il parle de voleurs qui veulent le menacer. La vidéo de la caméra-piéton d’un des policiers permet de retracer les faits minute par minute. Selon l’avocat de la famille, maître Brengarth, « l’appartement était plongé dans l’obscurité, on ne voit pas grand-chose mais on a le son et cela aide à se rendre compte du déroulement des évènements. »
Quand la police-secours se présente sur le palier, le premier colocataire, Mattéo (1), sort immédiatement de l’appartement. Samba referme la porte à clé. La BAC, en renfort, arrive alors à joindre le deuxième colocataire, Armand (1), par téléphone. Celui-ci indique qu’il est retranché seul dans une chambre, en sécurité. Il envoie les clés de l’appartement à la police par la fenêtre. Toujours à la porte, Samba crie : « Ils sont où, les colocataires ? Ils sont partis sans moi ! » Alors que les agents s’apprêtent à entrer, Armand annonce par téléphone que Samba s’est isolé, lui aussi, dans une autre chambre.
Le commandant de l’opération ordonne d’entrer dans l’appartement, sans aucune consigne selon les agents auditionnés par l’IGPN. Ils déclarent ne pas avoir été informés par le commandant qu’Armand est bien seul. Auprès de l’inspection, les agents de la BAC indiquent qu’ils auraient dû y aller sans les autres unités – la pratique dans ce genre de situation – et que c’était à leur chef d’en décider. Malgré leur surnombre et sans réflexion de la hiérarchie, une quinzaine de policiers de toutes les brigades présentes s’engouffre en désordre dans l’appartement. La famille de Samba demande que le commandant, qui n’a étrangement pas été auditionné par l’IGPN, soit entendu par la justice, de même que les colocataires.
Précipitation et acharnement
Armand est rapidement retrouvé alors que huit agents s’entassent dans un couloir exigu devant la chambre de Samba, dont deux avec un bouclier. « On se marchait les uns sur les autres », dit l’un d’eux en audition. Sept coups de bélier retentissent. La porte cède : deux premiers agents utilisent leur taser contre Samba et le ratent, selon l’autopsie. Celui-ci est acculé, un couteau en main. Il recule et s’assied sur un lit. Le chef de la BAC dit alors à un agent armé d’un LBD d’entrer : il s’exécute et tire un coup, sans sommation, qui rate aussi Samba – toujours selon l’autopsie. Le tireur s’extrait de la chambre. Il est suivi par Samba : deux agents tirent quatre balles dans sa poitrine. « Papi » meurt rapidement.
Avant les détonations, des policiers ont pourtant trouvé Armand et crié à leurs collègues qu’il était à l’abri avant que ceux-ci n’enfoncent la porte de la chambre. « Est-ce la volonté de neutraliser Samba à tout prix qui les animait et les a empêchés d’être réceptifs à l’information que Samba était seul et que donc il ne pouvait être dangereux pour personne ? », pose maître Brengarth. Oumar Sabara représente la famille qui s’est constituée partie civile. Cet oncle de Samba est un travailleur de la prévention spécialisée, aujourd’hui à la retraite :
« Pour moi, cette intervention a été du grand n’importe quoi. En 40 ans d’expérience, combien de jeunes en crise j’ai dû rencontrer, combien de jeunes dits violents, je ne pourrais les compter. Et pourtant j’ai réussi avec la parole et le temps à les calmer et à les ramener à la raison. »
Le porteur de la caméra, auditionné par l’IGPN, doute du bon déroulé de leur opération. Il préconise d’interroger des moniteurs de tir ou le RAID. La famille souhaite une telle expertise. « On veut que justice soit rendue », confie Adama Diagne, la sœur de Samba, depuis Dakar :
« Le meurtre de Papi nous a détruits, meurtris. Depuis lors, on le pleure encore. »
Un homme calme, en détresse
« On ne compte plus les personnes qui nous ont appelés en disant que Papi leur avait rendu service un jour », ajoute Adama, en larmes. Samba a fait l’objet de nombreux témoignages de soutien : « Samba était une personne extrêmement pondérée, quelqu’un de très poli et bien éduqué », entend-on le jour de la marche blanche à Lille. « La première chose qu’on pouvait apercevoir, c’est son sourire. Partout où il passait, il dégageait des ondes positives. »
Ses amis indiquent à la presse sénégalaise qu’« il n’a jamais présenté de signes qui pouvaient faire penser qu’il souffrait de crise psychique ». Le soir du drame, Samba n’aurait donc pas été dans son état normal. Selon ses coloc’, il pense avoir affaire à des voleurs. Selon le dossier que StreetPress a pu consulter, alors que la police est devant la porte, il leur crie :
« Vous voulez me buter (…). Moi je suis malade, je ne peux pas bouger, j’attends la police, j’ai tout ce qu’il me faut. »
Juste avant leur entrée dans l’appartement, Samba crie aux flics : « Je ne comprends pas la situation, dites-moi ce que vous voulez ». Selon une enquête de StreetPress, les écoles de police ne fournissent qu’un module de deux heures sur les enjeux des « troubles mentaux » à destination des élèves gardiens de la paix.
« Hé, tu sors, tu mets tes mains en évidence, allonge-toi par terre », lui crie un policier devant la chambre. On peut aussi entendre un policier dire : « Il est habité par les démons et il voit des voleurs. » Des propos perçus par la famille comme « étant à caractère discriminatoire ». « Ayant déjà vécu en France auparavant, il n’aurait pas imaginé que les forces de l’ordre puissent en arriver à faire usage de leurs armes à son encontre », indique-t-elle à StreetPress. Les proches de Samba renchérissent :
« D’autres approches, notamment adaptées à une situation de détresse psychologique, auraient pu être privilégiées, en faisant appel à des méthodes d’intervention non-violentes ou à des professionnels compétents en matière de santé mentale. »
Awa Gueye a fait le déplacement depuis Rennes (35) pour la marche blanche en soutien à la famille du jeune sénégalais. Le 3 décembre 2015, son frère Babacar, lui aussi en décompensation psychique, a été tué dans des circonstances semblables. Elle scande, le poing levé vers le ciel : « Ni Samba, ni personne d’autre ne mérite de mourir des mains de policiers. Ils sont censés savoir maîtriser une personne qui ne va pas bien. ». Le recours aux armes létales par les forces de l’ordre est de plus en plus banalisé lors d’une confrontation à une personne traversée par un épisode de souffrance psychique. Au moins 11 personnes ont été tuées dans ces conditions en 2025 et autant en 2024.

(…)

Questionné sur ces faits, ni le parquet de Lille, ni la com’ de la police ou le ministère de l’Intérieur n’ont répondu à nos questions. En juillet 2024, le parquet avait indiqué à StreetPress que « les résultats de l’ensemble des investigations diligentées sont indispensables pour circonscrire très exactement les circonstances du décès de M. Diagne ».
(1) Les prénoms ont été modifiés.
Illustrations de Joseph Colban.

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09.07.2026

Un détenu, décrit comme souffrant d’importants troubles psychiatriques, était déjà soumis à un régime de promenade isolée en raison de sa dangerosité.

(…)

De retour en cellule, la situation ne s’est pas apaisée. L’homme aurait poursuivi son agitation et défié le gradé présent dans le secteur. Les surveillants ont ensuite constaté qu’il avait caché plusieurs lames de rasoir dans sa bouche.
Face au danger et au caractère imprévisible de la situation, la décision a été prise d’intervenir. Les agents se sont préparés avant d’ouvrir la cellule, qui avait été barricadée par le détenu. Au moment de l’intervention, l’homme s’est porté un violent coup de lame au niveau de la gorge avant de s’effondrer au sol, victime d’une importante hémorragie.

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09.07.2026

Les organisateurs du festival de musique Yardland à Paris dénoncent des « violences policières » sur deux festivalières
« Les deux femmes ne représentaient aucune menace et se rendaient simplement à un festival », assurent les organisateurs, jeudi dans une publication sur Instagram.
Les organisateurs du festival de musique Yardland, qui se déroulait du 3 au 5 juillet sur l’hippodrome de Paris-Vincennes, dénoncent des « violences policières » sur « deux femmes noires qui se rendaient au festival », à l’entrée de l’évènement, dimanche. Ils demandent « des sanctions sérieuses » jeudi, sur le réseau social Instagram.
Les organisateurs relatent qu’une des deux jeunes femmes a été « projetée contre un véhicule de police, blessée à la tempe, la hanche et à la jambe » et que l’autre a été « traînée au sol ». Photos à l’appui, ils rapportent également que des « ongles et des cheveux ont été arrachés » et que « quatre policiers sont montés » sur une des deux festivalières « alors qu’elle est asthmatique ».
Les organisateurs expriment leur « honte »
« Les deux femmes ne représentaient aucune menace et se rendaient simplement à un festival », assurent les organisateurs, qui affirment que les policiers auteurs de ces violences faisaient partie d’une « brigade externe à tous les dispositifs prévus ». Pendant tout le week-end, les organisateurs assurent avoir été « en lien permanent avec la police » avec qui ils ont eu des « échanges fluides ». « Les forces de l’ordre n’ont eu à intervenir à aucune reprise sur le festival, malgré les 75 000 personnes accueillies », poursuivent-ils.
Les organisateurs de Yardland expriment leur « honte et leur déception » pour ces violences, alors que les équipes du festival mettent « tout en œuvre pour assurer la sécurité » des femmes, qui composent 75% des festivaliers et que « le maire de Paris était présent sur le festival » lors des faits.

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08.07.2026

Un gendarme de 27 ans vient d’être condamné pour détention d’images pédopornographiques et création de deepfakes pornographiques visant les enfants de ses collègues de brigade et des victimes de sa juridiction. Ce fils de militaire a vu sa carrière s’effondrer en plein tribunal. Le récit d’un naufrage numérique.
Dans la salle d’audience du tribunal d’Albi, l’atmosphère est lourde. Sur le banc se tient Pierre B., né en 1999 à Annecy. L’homme répond de deux infractions graves : tentative de consultation payante d’un service pédopornographique et détention d’images de mineurs à caractère pornographique entre 2022 et 2025.

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08.07.2026

Un gendarme âgé de 48 ans a comparu devant le tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) pour répondre de violences à l’encontre de sa conjointe et sur l’un de ses fils.
Excellemment noté pour ses états de service, l’homme devrait pourtant être obligé de quitter sa fonction à la suite de sa condamnation.
Relation complexe avec son enfant
Les faits ayant déclenché une enquête se sont déroulés le 1er janvier. Ce soir-là, l’épouse se voit contrainte d’appeler les gendarmes à la suite d’une altercation entre son mari et leur fils.
Le père aurait reproché à l’adolescent de faire le malin devant sa copine. S’ensuit une première dispute au cours de laquelle les lunettes du jeune sont cassées.

(…)

Il essaie d’entrer, son fils le repousse et le père l’empoigne alors par le cou et serre : un étranglement qui aurait duré plusieurs dizaines de secondes. Aux gendarmes qui sont intervenus, le fils indique qu’il a eu peur pour sa vie au moment où il a vu un voile noir devant ses yeux.
A la barre, sur le banc des victimes, la mère et le fils ne souhaitent pas enfoncer le prévenu et l’on comprend même qu’une reprise de la vie commune est peut-être envisagée.
Après les faits, le prévenu a été placé sous contrôle judiciaire et a pour l’instant interdiction de contact avec les victimes.
La femme explique que son mari, lorsqu’il n’est pas au travail, a tendance à consommer de l’alcool. Il ne conteste pas. Il ne conteste pas non plus avoir eu des paroles désobligeantes envers son épouse lorsqu’il est dans cet état.
A propos de son fils, il explique que ce dernier a parfois des paroles déplacées à son encontre et il reconnaît qu’il lui arrive de s’emporter.

(…)

Fin de carrière pour le militaire
« Tout ce que je veux c’est le bonheur de ma famille », tente le prévenu. » Votre famille elle a été terrorisée, votre femme a appelé vos collègues parce qu’elle a eu peur que votre fils meurt », réplique la magistrate.
La représentante du ministère public insiste : « En tant que gendarme vous deviez avoir les outils pour répondre au manque de respect de votre fils adolescent et la violence ne fait pas partie de ses outils ».
Elle requiert une peine de six mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans avec obligation de soins en addictologie et psychologiques. Elle ne demande pas d’interdiction de contact mais une interdiction de paraître au domicile des victimes.

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08.07.2026

Dans une décision rendue publique, ce mercredi 8 juillet, Claire Hédon estime que les tirs tendus des gendarmes constituent un «manquement déontologique grave». L’autorité administrative indépendante critique également l’absence de réaction des autorités.
C’est une dernière décision explosive que rend la Défenseuse des droits, ce mercredi 8 ;juillet, concernant l’opération de maintien de l’ordre à Sainte-Soline, le 25 ;mars 2023. Claire Hédon, qui quittera ses fonctions dans quelques semaines , souligne d’importants manquements déontologiques de la gendarmerie. Toute la chaîne hiérarchique est visée, de même que l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). L’autorité administrative demande notamment au ministère de l’Intérieur d’engager une procédure disciplinaire contre une vingtaine de gendarmes, faute d’avoir pu en identifier davantage. La Défenseuse des droits souhaite, par ailleurs, un nouveau cadre d’emploi des lanceurs de grenade, plus précis sur les tirs tendus.
Pour mener son enquête, l’autorité administrative indépendante, qui s’était saisie d’office du cas de deux manifestants dont le pronostic vital était engagé, puis a été sollicitée par 75 ;requérants, n’a pu débuter son enquête qu’en mai ;2025.

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07.07.2026

L’adolescent parisien a été interpellé après le jet d’un mortier le soir de la finale de la Ligue des champions. Dix-huit plaintes ont été recensées ce soir-là contre la police par l’IGPN.
Pour la première fois, et seulement parce que le match avait lieu à 18 heures, il avait la permission de regarder le match avec des copains. Max (le prénom a été modifié) n’a eu le temps que de voir le premier but de Dembélé. Ce collégien parisien de 14 ans, en classe de 3e, a tiré un feu d’artifice, à Paris (Xe) qu’il avait acheté en cachette « sur Snap », après quelques recherches sur Internet.
En tirant ce pétard d’une « trentaine de centimètres », il aperçoit une voisine qui lui dit d’arrêter. Mais c’est trop tard. Le tir part en direction du ciel. Personne n’est blessé, Max retourne au match, quand il voit arriver une voiture banalisée d’où sortent quatre policiers cagoulés. Ils sont venus… pour lui. Avec son maillot rose et violet, il est facilement identifiable.

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07.07.2026

Un policier de la brigade anti-criminalité est jugé depuis ce lundi devant la cour d’assises de Mayotte. Il est poursuivi pour des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les faits remontent au 13 juillet 2022, à Tsararano, lors d’une intervention menée pour interpeller un individu activement recherché. L’opération avait tourné au drame avec trois tirs mortels.
Une intervention qui a mal tourné
L’accusé devra répondre des circonstances qui ont conduit à l’ouverture du feu au cours de cette mission d’interpellation. Le procès doit permettre d’établir la chaîne des événements et de déterminer les responsabilités dans cette issue fatale. La qualification retenue par la justice écarte l’intention homicide mais retient néanmoins la gravité des violences commises.
Un procès sous haute attention
Ce procès revêt une importance particulière pour Mayotte, territoire confronté à une criminalité importante et où les forces de l’ordre interviennent régulièrement dans des conditions difficiles. L’affaire soulève la question de l’usage des armes par les policiers lors d’opérations sensibles. Le verdict de la cour d’assises est attendu dans les prochains jours.

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06.07.2026

Selon une source proche de la victime, les faits se sont déroulés en avril. La victime présumée, âgée de 35 ans, a suivi une formation au CNFPT, le centre national de la fonction publique territoriale, à Saint-Leu. Il y avait une quinzaine de stagiaires sur place.
Le mis en cause, âgé de 38 ans, aurait, dès le début du stage, « commencé à faire des blagues salaces à plusieurs stagiaires, il aurait essayé de l’embrasser jusqu’à jeudi dernier où il aurait attendu qu’elle soit seule, avant de l’agresser. Il l’aurait plaquée contre le mur, tirée par les cheveux et aurait réussi à l’embrasser avant qu’un collègue n’intervienne et le mette en fuite ».
La femme a aussitôt déposé plainte à la gendarmerie de La Possession. Placé en garde à vue vendredi 3 juillet, l’agent de police a été déféré au parquet le lendemain puis placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès.
Selon ses proches, cette dernière « ne va pas bien et fait des crises » depuis les faits présumés.
L’agent suspendu
Face à ces accusations, la mairie de Saint-Denis rappelle que « la présomption d’innocence s’applique », mais qu’elle a engagé une procédure de suspension de l’agent mis en cause.

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06.07.2026

En décembre 2025, un commissaire de police breton hors service avait eu une altercation dans un bar à Paris avec une femme. Lundi 6 juillet 2026, ce fonctionnaire en poste à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) a été reconnu coupable de violences en état d’ivresse.
Sept mois après avoir été placé en garde à vue à Paris, en décembre 2025, un commissaire de police breton a été condamné lundi 6 juillet 2026 par le tribunal correctionnel de Paris, a appris Ouest-France auprès du parquet de Paris. Affecté à la direction départementale de la police nationale à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), ce commissaire de police a été reconnu coupable de violences en état d’ivresse ayant entraîné une incapacité de travail n’excédant pas huit jours

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05.07.2026

Val-d’Oise : multiverbalisés par la police municipale, des jeunes de Pontoise dénoncent un harcèlement

(…)

Des jeunes des quartiers des Cordeliers et des Louvrais affirment être victimes de verbalisations quasi quotidiennes de la part de la police municipale de Pontoise (Val-d’Oise).

(…)

À l’initiative de membres et d’élus de la L!ste, groupe d’opposition de la gauche radicale au conseil municipal de Pontoise (Val-d’Oise), une douzaine de jeunes du quartier des Louvrais, mais aussi des Cordeliers ont accepté de témoigner pour dénoncer un climat qu’ils qualifient de « harcèlement », marqué par des contrôles fréquents et des amendes qu’ils estiment souvent injustifiées.
Jet de détritus, tapage ou encore regroupements seraient les principales infractions relevées par la police municipale.
Pour certains, les amendes s’accumulent et représentent le millier d’euros. Plusieurs renoncent souvent à les contester, faute de preuves ou découragés par des démarches jugées trop complexes.
« Dès qu’ils sortent, ils savent que ça va leur arriver », déclare Ayoub, 25 ans, qui s’est fait le porte-parole des jeunes verbalisés.
Vidéoverbalisation
Au-delà des faits, c’est une méthode qui interpelle. « Les nouvelles tablettes utilisées par les policiers municipaux proposent automatiquement plusieurs infractions possibles.
Quand les fonctionnaires procèdent à la verbalisation, la tablette suggère d’autres infractions.
C’est pour ça qu’un jeune peut recevoir jusqu’à quatre contraventions », assure Julie Vadebeaux, conseillère municipale, membre de La L!ste.
Les verbalisations visent souvent les mêmes jeunes. Parfois, les fonctionnaires ne procèdent même pas à un contrôle d’identité.
« Ça fait trois ou quatre ans qu’ils nous connaissent. Ils ont enregistré nos pièces d’identité. » La vidéoverbalisation serait aussi largement utilisée.
Un jeune raconte avoir été verbalisé alors qu’il marchait seul dans la rue. « Je marche, je mets ma musique dans mes oreilles. Ils m’arrêtent. Une semaine plus tard, j’ai reçu trois amendes de 68 euros » témoigne-t-il, sans préciser les réels motifs.
« La police municipale peut passer en voiture. Elle les voit de loin et ils ont une contravention. Elle ne s’est pas arrêtée, elle ne leur a pas parlé », témoigne un habitant du quartier.
« Les contestations ont une infime chance d’aboutir, d’abord parce qu’il n’y a pas de preuves », explique une membre de La L!ste.
« Quand tu t’en prends trois par jour, au bout d’un moment, tu n’as plus l’intention de contester. »
« Ils devraient pouvoir demander de visionner les images de surveillance pour vérifier que les infractions ont bien été commises », estime Julie Vadebeaux, qui a évoqué le sujet lors du conseil municipal le 2 juillet 2026 (lire encadré).
L’essentiel
– « La Police municipale intervient dans le cadre des compétences que lui confère la loi. Les agents sont assermentés, agréés, formés et habilités à constater les infractions relevant de leurs prérogatives. Toute verbalisation est fondée sur des faits constatés et sur une base légale », réagit François Daoust, adjoint au maire délégué à la sécurité. La Ville a pris connaissance des témoignages relayés par les médias. « À ce stade, nous ne souhaitons pas commenter des situations individuelles sans disposer de l’ensemble des éléments factuels. Les premiers éléments dont nous disposons montrent que certaines affirmations nécessitent d’être vérifiées et replacées dans leur contexte », tempère l’élu. « D’une manière générale, toute verbalisation repose sur des infractions constatées et peut faire l’objet par le contrevenant des voies de recours prévues par la loi », rappelle-t-il. « Si des situations particulières appelaient des vérifications complémentaires, elles seront examinées avec toute l’attention nécessaire », rassure-t-il.
Pratique de police
Au-delà des amendes, les jeunes décrivent des conséquences sociales importantes. « Il y en a qui n’osent plus rentrer dans la vie active parce qu’ils savent qu’ils vont avoir des saisies sur salaire. Ça les bloque dans leur vie professionnelle, personnelle, à tous les niveaux », évoque une membre de La L!ste.
« Ça a commencé après le Covid. C’est l’antiregroupement. Ils disent qu’on ne peut pas être plusieurs. Après, on ne comprend pas pourquoi on ne peut pas être entre amis », déplore un jeune.
Le phénomène ne serait pas propre à Pontoise, d’autres communes adoptent une démarche similaire.
Et les polices municipales ne sont pas les seules concernés.
En avril 9 avril 2025, la Défenseure des droits avait publié une étude sur les pratiques de la police en région parisienne.
Un rapport mettait en évidence une politique publique d’éviction de l’espace public de personnes considérées comme « indésirables ».
Cette étude, conduite par les chercheuses Aline Daillère et Magda Boutros (Sciences Po), révélait « des pratiques policières discriminatoires ciblant les jeunes hommes racisés de quartiers populaires ».
Loi Ripost
À partir de sources administratives et d’entretiens, l’étude montrait comment la police nationale utilisait les contrôles et les amendes à répétition pour impulser le départ d’habitants des espaces publics de leurs quartiers.
Une méthode adoptée. Le ministère de l’Intérieur avait fait savoir qu’il s’inscrivait « en faux des conclusions de ce rapport qui constituent une accusation particulièrement grave ».
Utilisé dans le logiciel de main courante par la police, le terme « perturbateurs indésirables » avait été définitivement supprimé.
« Sans préjudice de ce qui précède, et afin que la probité de nos forces de sécurité ne soit pas indûment mise en cause, j’ai fait procéder à la suppression de la mention ‘indésirable’ qui perdurait dans la nomenclature de la main courante informatisée des services de police », avait réagi le ministre de l’Intérieur.
Les élus de La L!ste ont décidé de médiatiser le sujet alors que la loi Ripost portée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez prévoit d’étendre les prérogatives des policiers municipaux et d’élargir le recours aux amendes.
La Défenseure des droits met en garde, dans un avis, contre « un glissement des missions régaliennes de police judiciaire vers des forces locales susceptibles d’affaiblir les garanties procédurales » et s’inquiète « d’un risque de creusement des inégalités territoriales et de dégradation du lien de proximité entre les usagers et les policiers municipaux ».
La maire s’exprime…
En séance du conseil municipal, Emmanuel Potier, conseiller municipal (Dvg), a abordé le sujet en relayant « le profond malaise », de plusieurs jeunes habitant les quartiers des Louvrais, des Cordeliers ou des Larris. Selon l’élu d’opposition, ces derniers feraient l’objet de verbalisations « abusives pour des motifs futiles : tapage nocturne non avéré, jeux de cartes dans la rue, ou encore des infractions routières mineures comme un manque de liquide lave-glace ».
L’élu de l’opposition de gauche radicale a pointé du doigt des vices de procédure. « Des amendes qui tombent sans avertissement préalable ni contrôle d’identité direct. Des jeunes de 16 à 20 ans accumulant des milliers d’euros de dettes sans avoir pu contester à temps. Un manque de dialogue de la part des agents sur le terrain. »

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03.07.2026

Un innocent a été libéré et trois policiers de la BAC d’Angers (Maine-et-Loire) ont été mis en examen en début de semaine, après la découverte d’une vidéo contredisant leur version. Dans la nuit du 3 au 4 novembre 2025, un fonctionnaire avait ouvert le feu sur un conducteur qui aurait, d’après les policiers, tenté de le tuer. Ces nouvelles images montrent au contraire, selon le procureur, que le policier n’était pas sur la trajectoire du véhicule et n’a pas été mis en danger.
Longtemps, la version des policiers de la Brigade anticriminalité d’Angers (BAC) a tenu lieu de récit officiel. Celui où ils affirmaient avoir ouvert le feu pour échapper à une mort imminente face à une voiture qui, d’après leurs dires, fonçait droit sur eux. Ce récit vient d’être brutalement ébranlé par un « film » versé au dossier. Là où les policiers décrivaient une menace immédiate et mortelle, la vidéo dessine une réalité qui paraît prendre le contre-pied des déclarations des fonctionnaires.
Ce nouvel élément a abouti par la mise en examen de trois policiers de la BAC, comme l’a indiqué le procureur de la République d’Angers Éric Bouillard, ce vendredi 3 juillet 2026. Les trois fonctionnaires ont été placés sous contrôle judiciaire le temps des investigations menées par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) : Ils ont interdiction d’entrer en contact entre eux et interdiction d’exercer leur métier de policier

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03.07.2026

Jugé à huis clos jeudi 2 juillet devant le tribunal judiciaire d’Auch, un adjudant de gendarmerie de 38 ans de la compagnie d’Eauze (Gers) a été condamné pour des faits de harcèlement sexuel, harcèlement moral, agression sexuelle et injures discriminatoires. Le tribunal a prononcé huit mois de prison avec sursis et une interdiction définitive d’exercer dans la gendarmerie.
Arrivé dans le Gers à Eauze en 2025 après un parcours en Corrèze puis à La Réunion, affichant en posant ses valises son « sens du devoir », sa « loyauté » et « la bonne humeur qu’il partage au quotidien », un adjudant de gendarmerie de 38 ans comparaissait jeudi 2 juillet devant le tribunal judiciaire d’Auch. Il répondait de faits de harcèlement sexuel, harcèlement moral, agression sexuelle et injures à caractère discriminatoire, dénoncés par plusieurs collègues. Des faits qui auraient débuté très peu de temps après son arrivée dans le département.
Au total, cinq personnes figurent parmi les victimes. Elles décrivent des propos répétés à connotation sexiste et sexuelle, des comportements déplacés, mais aussi des remarques visant l’origine ou l’orientation sexuelle, pour certaines dans un contexte hiérarchique où le prévenu disposait de l’autorité sur elles.

(…)

Le prévenu dispose de dix jours pour faire appel de cette décision.

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02.07.2026

Brutalement interpellé en 2023 lors d’une manifestation du comité Adama, Yssoufou Traoré a été condamné ce jeudi à huit mois de prison sous bracelet électronique. Cette décision s’inscrit dans le harcèlement policier et judiciaire que subit la famille Traoré depuis maintenant 10 ans.
Ce 2 juillet, Yssoufou Traoré a été condamné à huit mois de prison sous bracelet électronique, et à régler des dommages et intérêts de plusieurs centaines d’euros à trois policiers. En juillet 2023, lors de la marche annuelle en hommage à son frère, décédé lors d’une interpellation policière en 2016, Yssoufou avait été interpellé et tabassé violemment par quatre policiers de la BRAV-M. Il avait été plaqué au sol et avait subi un plaquage ventral par quatre policiers dont un qui lui pressait le genou dans le dos. Cette interpellation brutale avait occasionné une fracture du nez, un traumatisme crânien et plusieurs contusions.
Malgré les nombreuses images et preuves, il avait été convoqué au commissariat, suite à une plainte des policiers concernés, qui ont porté plainte contre lui pour « violences et outrage à policiers ». Alors que les deux plaintes de Yssoufou Traoré ont été classées sans suite, cette décision témoigne une nouvelle fois du deux poids deux mesures de est révélatrice de la fonction de la justice française : protéger les policiers et couvrir leurs actes quoi qu’il en coûte, tout en criminalisant celles et ceux qui osent se lever pour dénoncer les violences racistes commises par les forces de répression.
10 ans après la mort d’Adama Traoré, cette décision témoigne une nouvelle fois du harcèlement juridique et policier que subit la famille Traoré pour son combat. En effet, cinq membres de la fratrie ont été condamnés à de la prison ferme, car ils osent dénoncer les violences policières et continuent à exiger justice et vérité pour leur frère. Contre cette peine et pour lutter contre les violences policières, soyons nombreuses et nombreux ce samedi 4 juillet à Beaumont-sur-Oise, pour la grande marche organisée par le comité Vérité et Justice pour Adama. Cette marche doit être une véritable démonstration de force pour avancer dans le combat pour obtenir vérité et justice pour Adama, Nahel et toutes les victimes des violences policières et de l’État.

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02.07.2026

« Le parquet de Paris a confié à l’IGPN une enquête en recherche des causes de la mort à la suite du décès d’une personne en garde à vue, survenu le 1er juillet », a-t-il indiqué à l’AFP, confirmant une information du quotidien Le Parisien.
Ce décès intervient quelques mois après la mort d’un Mauritanien de 35 ans, El Hacen Diarra, lors de sa garde à vue en janvier, dans les locaux de ce même commissariat. Sa famille avait dénoncé des violences policières.
Mardi matin, l’homme de 78 ans est placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour violences conjugales, confiée au commissariat du 20e arrondissement. Son état de santé est jugé compatible avec cette mesure, prolongée mardi soir, indique le ministère public. À 9 heures mercredi matin, les policiers le voient de nouveau, « sans qu’aucune anomalie » ne soit rapportée, poursuit-on de même source.
« À 10h40, les policiers l’ont découvert inanimé dans sa cellule. Des soins d’urgence lui ont été prodigués avec usage du défibrillateur » sans succès, ajoute le parquet de Paris. Son décès est constaté par un médecin vers 11H00.
« La température des locaux a été mesurée à 26 degrés. Une autopsie a été ordonnée afin de comprendre les causes du décès », poursuit-on de même source.

(…)

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) est déjà saisie des investigations sur la mort d’El Hacen Diarra, dans la nuit du 15 au 16 janvier, dans les locaux du même commissariat de l’est parisien.
Cet homme de 35 ans avait été interpellé devant son foyer de travailleurs par des policiers avant d’être placé en garde à vue. Sur une vidéo tournée par un voisin lors de son interpellation, on voit deux policiers, dont l’un, à genoux, donner deux coups de poing en direction de l’homme qui se trouve au sol.
Le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique ».
Le ministère public avait expliqué que les caméras-piéton des policiers intervenus ce jours-là « n’étaient pas fonctionnelles, du fait selon eux de la décharge de leur batterie, ce qui a été vérifié par (un) officier ».
Lles policiers ont « dès la nuit des faits fait état, dans un procès-verbal, d’une tentative d’évasion au commissariat (…) pour justifier une altercation violente », avait souligné l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.
« Il y a eu deux épisodes violents contre M. Diarra : une première fois durant l’interpellation, avec un plaquage ventral et un étranglement ayant duré entre 3 et 5 minutes, puis des violences commises dans la salle de fouille du commissariat », avait-il affirmé.
Deux rassemblements avaient été organisés à Paris pour réclamer que toute la lumière soit faite sur ce décès et soutenir la famille de la victime.

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02.07.2026

Mercredi 1er juillet 2026, une femme est morte après avoir reçu des tirs policiers dans le 12e arrondissement de Paris. Elle s’était réfugiée dans la cave du restaurant de son frère lorsque les forces de l’ordre sont intervenues. Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris, la première pour tentative d’homicide au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique et la seconde pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Huit coups de feu tirés par la police
Selon le parquet de Paris à actu Paris, la police a été sollicitée par un homme ce mercredi vers 17 heures. Ce dernier se serait inquiété de l’état de démence de sa compagne âgée de 49 ans.

(…)

Selon les premiers éléments, la femme est descendue dans la cave dès l’arrivée des policiers. La policière descendue en premier à sa suite aurait été subitement agressée, la femme effectuant de grands gestes avec un couteau de boucher. C’est à ce moment-là que la policière a fait usage de son pistolet à impulsion électrique. Son collègue qui la suivait a ensuite fait usage de son arme à feu. Huit étuis ont été retrouvés dans l’escalier.
Malgré l’intervention des pompiers, la femme est décédée sur place.

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30.06.2026

L’un des agresseurs a été touché. Grièvement blessé, il a été transporté vers le CHU de la Martinique avec un pronostic vital engagé. Il est décédé quelques heures plus tard, selon une source policière.
Un braquage qui dégénère

(…)

Les premières constatations pointent vers une tentative de vol qui a mal tourné. « Ce qui ressort des premières constatations, c’est qu’on a à faire à deux personnes qui voulaient voler un véhicule et voyant qu’il y avait une résistance, ils ont fait usage d’une arme à feu », a précisé le procureur, qui s’est rendu sur les lieux.
Le second braqueur présumé a pris la fuite à bord d’un deux-roues.

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29.06.2026

Au cours de sa vie, Nagui a été victime de racisme à plusieurs reprises. Et l’animateur de 42 ans a rapporté une scène particulièrement glaçante avec un policier…

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Victime d’un contrôle au faciès par un policier, l’animateur de 64 ans se confie comme rarement

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D’origine franco-italienne, le sexagénaire a toujours été très attaché à ses racines. Malheureusement au cours de sa vie, l’ex-compagnon de Marine Vignes. En 2019, dans l’émission Ça ne sortira pas d’ici !, Nagui avait révélé avoir subi un contrôle au faciès par un policier à l’âge de 16 ans.
« Il me rend mes papiers et là il me regarde et me dit : ‘Maintenant, je sais où tu habites sale bougnoule' »
« Il prend un carnet, il note mon adresse. Il me rend mes papiers et là il me regarde et me dit : ‘Maintenant, je sais où tu habites sale bougnoule’. Là, au moment où je vous le raconte, j’ai encore son visage en tête », a confié Nagui en évoquant cette scène d’une violence inouïe. Même à ce jour malgré sa notoriété et sa brillante carrière, le père de famille continue d’être la cible d’innombrables insultes racistes : « Je reçois toujours et encore aujourd’hui des lettres d’insultes, des lettres racistes, des ‘retourne dans ton pays’ et des ‘casse-toi’. Alors, c’est drôle parce que j’ai des ‘casse-toi sale Arabe, sale Juif, sale Musulman’. On ne sait pas trop ! ». À savoir qu’il y a bien des années, Ringo, l’ex-mari de la chanteuse Sheila, lui aurait refusé l’entrée de son restaurant à cause de ses origines arabes…

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29.06.2026

La police judiciaire, entrée par erreur chez un Compiégnois, cherchait un homme armé. «Ils ont défoncé la porte et l’un d’eux m’a frappé.»
«Ils se sont trompés de logement, de personne, et m’ont frappé», dénonce Anas Iben Ayad. Ce Compiégnois a porté plainte pour violences à son encontre de la part des forces de l’ordre. D’après nos informations, il s’agirait d’une intervention de la police judiciaire de Creil, pour du trafic de stupéfiants et d’armes.

(…)

Anas Iben Ayad dénonce les faits suivants. «Un policier m’a donné une claque au visage, une claque sur la bouche. Il m’a dit “ferme ta gueule” à deux reprises lorsque j’étais au, les mains derrière le dos. Ce policier m’a attrapé par la barbe et m’a menacé en ces termes. “Si je te croise dans la rue, je vais te taper et si tu n’arrêtes pas, on te ramène au poste”.»
«J’ai senti des pieds sur mon dos»
Les faits remontent au mardi 23 juin, entre 8h et 9h. «Je me trouvais dans mon lit, a expliqué le plaignant aux gendarmes de Choisy-au-Bac. J’ai entendu des explosions dans mon mur. Je me suis levé et j’ai constaté que ma porte d’entrée était entrouverte. Un policier m’a pointé avec son arme et m’a donné l’ordre de me mettre par terre. J’étais choqué, je me suis mis à genoux par terre. J’ai regardé derrière moi parce que j’avais peur. Les policiers ont continué à taper dans la porte pour rentrer.»
Anas Iben Ayad s’allonge à plat ventre et met ses bras dans le dos, «pour ne pas qu’ils me fassent mal». «Une fois par terre, j’ai senti des pieds sur mon dos, des policiers se sont dirigés vers la salle de bain pour vérifier la présence d’une autre personne. Je les entendais répéter “police, police”.» Informaticien à Paris, ancien de l’UTC, l’occupant était seul dans son logement.
«Ils cherchaient quelqu’un d’armé»
A terre, Anas Iben Ayad demande ce qui se passe aux deux policiers l’ayant menotté. «Un policier m’a donné une claque sur ma bouche en me disant “ferme ta gueule, ferme ta gueule !” puis une claque sur le visage. J’étais menotté… Pourquoi il me tapait ? J’avais pas droit à la parole.» Il n’a toujours pas de réponse, une fois que les policiers l’ont relevé sur une chaise. «Je me suis levé et ils m’ont fait assoir de force», décrit-il.
Ensuite, deux autres hommes entrent, habillés en civil. Ils se présentent en tant que policiers et lui demandent de se calmer. «Ils m’ont dit qu’ils cherchaient quelqu’un d’armé, reprend-il. ils m’ont demandé ma pièce d’identité. Je me suis levé pour aller la chercher. Les deux policiers qui me surveillaient m’ont poussé violemment sur la chaise.»
La porte cassée ? «Ça va vous faire rentrer de l’air»
Le porte-feuille du locataire est sur la table. Un des policiers en civil en sort le permis de conduire. «Quand il a vu mon identité, il a compris que je n’étais pas la personne recherchée, raconte Anas Iben Ayad. Il m’a demandé si je connaissais “Samir”. Je lui ai répondu que non, que ça fait deux ans que je réside dans ce logement, et que j’avais déposé un préavis de départ depuis deux semaines. Il m’a demandé si je connaissais une dame nommée Claire. Je lui ai répondu non.» Anas Iben Ayad se souvient seulement du nom de l’ancien locataire.
Le locataire s’adresse au policier en civil : «Vous avez gagné quoi ? Vous avez défoncé la porte et le mur.» Il lui aurait répondu «en rigolant», d’après la plainte : «Ça va vous faire rentrer de l’air…»
Alors qu’il a toujours les menottes, Anas Iben Ayad demande à boire de l’eau. «Il a pris une bouteille d’eau et il a renversé dans ma bouche», dénonce le plaignant.
«Il m’a attrapé par la barbe»
A ce moment-là, il n’y a plus que ce policier et le locataire. Anas Iben Ayad entend les autres policiers casser les portes des deux voisins. Ce n’était pas non le bon endroit, d’après lui…
Le policier qu’Anas Iben Ayad accuse d’une claque au visage revient. «Je lui ai demandé si c’était bien lui qui m’avait tapé et pourquoi, raconte-t-il. Il m’a regardé avec agressivité, s’est approché de moi, m’a tiré par la barbe et m’a dit “si je te croise dans la rue, je vais te taper… Et si tu n’arrêtes pas, on te ramène au poste”.»
Le plaignant dit avoir reculé pour qu’il lui lâche la barbe et l’avoir repoussé avec ses jambes. Ses collègues, derrière lui, l’auraient raisonné. «Il s’est retourné et il est sorti de l’appartement, reprend Anas Iben Ayad. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il savait que je n’étais pas la personne recherchée. Pourtant, ce policier a continué de me provoquer et m’a menacé. Je ne comprends pas son comportement.»
«Ils sont partis sans s’excuser»
Un policier en tenue lui retire les menottes, «très serrées», qui lui ont valu des «marques aux poignets».
Le plaignant a reçu une attestation d’information pour les dégradations causées lors de cette intervention. «Ils sont partis sans s’excuser», conclut Anas Iben Ayad. Celui-ci retient de cet épisode «le mauvais comportement du policier qui m’a agressé physiquement et menacé de violences dans la rue. Cela n’a aucun sens. Il a fait son boulot et la moindre des choses, c’est de s’excuser.»
Nous avons tenté de joindre la police judiciaire de Creil. Mais nous n’avons pas eu de réponse.

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29.06.2026

Arrêtés pour un graffiti, Dava et Azur dénoncent avoir été tasés et frappés par des policiers du commissariat du 10e arrondissement. Une enquête a été ouverte pour violences et injures homophobes.
« On était à leur merci », résume Dava (1), 33 ans. Au niveau de la cuisse, l’enseignant-chercheur et doctorant en philosophie est encore marqué d’une douzaine de points de taser. À côté de lui, Azur (1), 20 ans, a le visage légèrement tuméfié et, surtout, les yeux rouges et la gorge nouée en évoquant les faits. Les deux jeunes hommes dénoncent avoir été violentés par des policiers lors de leur interpellation, puis au sein du commissariat du 10e arrondissement, fin mai. Le parquet de Paris a ouvert ce jeudi 18 juin une enquête pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique avec arme et en réunion, et injures homophobes ». Les policiers mis en cause sont présumés innocents. Sollicités, la préfecture de police et l’inspection générale de la police nationale (IGPN) n’ont pas souhaité répondre à nos questions. La direction générale de la police nationale n’a pas donné suite (2).
Taser et coups de poings
Dans la nuit du 18 au 19 mai, à 2h55 du matin, Dava et Azur sont interpellés par quatre policiers en patrouille qui les prennent en flagrant délit de graffitis sur la devanture d’une pâtisserie de haut gamme, à deux pas du métro Goncourt, à la limite entre les 10e et 11e arrondissements parisiens. « Au début, le ton est ferme mais pas agressif, ils donnent dans la leçon de morale », décrit Dava, qui dit présenter ses papiers sans problèmes et vouloir « que les choses retombent le plus vite possible ». Selon son récit, l’interpellation dégénère quand le brigadier exige son numéro de téléphone. « Je lui ai demandé : “Est-ce bien légal ?”, ça a été le déclic. Tout à coup, la tension monte, le brigadier me plaque contre la devanture. »
Immédiatement, les agents auraient tenté d’amener Dava contre le bitume. Lui explique avoir eu « très peur », et s’être accroché « par instinct » aux barres de la devanture, redoutant de se « retrouver au sol » dans une situation de violence. Arrivé avec un second équipage, l’un des policiers « grand et épais » et à l’allure de « viking », lui aurait alors porté « des coups au visage et plusieurs coups de poing au ventre ». Le jeune homme dit avoir été également tasé à plusieurs reprises par « le plus âgé », jusqu’à ce qu’il lâche prise et tombe au sol, où il est menotté.
En plus des dégradations, Dava doit comparaître en novembre devant le tribunal judiciaire de Paris pour outrages et rébellion sur personne dépositaire de l’autorité publique. Les policiers l’accuseraient de leur avoir porté plusieurs coups et de les avoir traités de « fils de pute », ce qu’il conteste. La scène se serait produite juste sous une caméra de vidéosurveillance, précise Dava qui, pour faire extraire les images, a déposé plainte le jeudi 18 juin et fait deux signalements, l’un au Défenseur des droits, l’autre à l’IGPN qui l’a transmis aux services de la préfecture de police.
Azur est également embarqué. Interdit de territoire à Paris – où il est pourtant domicilié – suite à des dégradations en manifestation, il se voit « déjà partir en prison ». Pendant l’interpellation de Dava, il aurait été également frappé alors qu’il tentait d’intervenir, déjà menotté et assis dans la voiture de police :
« Le policier à côté de la portière m’a poussé pour me rassoir, et m’a mis une bonne tarte dans la gueule. »
De nouvelles violences au commissariat
Placés en dégrisement au commissariat du 10e arrondissement, Dava et Azur décrivent avoir chacun subi une succession de nouvelles violences, tant physiques que psychologiques. Selon eux, les policiers voudraient leur faire payer la rébellion du premier. Elles auraient commencé de la part du « viking » dès la sortie du véhicule dans le parking du commissariat, témoigne Dava :
« [Il] me dit : “Tu sais qu’ici y’a pas de caméras”, et il me redonne un coup au visage devant ses collègues. »
Rebelote quelques minutes plus tard à l’intérieur du bâtiment où, juste après l’avoir fait asseoir sur un banc, alors qu’il est toujours menotté, le policier baraqué lui aurait infligé « un crochet du droit ». La scène est confirmée par Azur, assis à côté de lui, pour qui Dava « ne représentait aucune menace ». Le certificat médical de Dava, établi trois jours plus tard, fait état d’« hématomes périorbitaires (bleu autour de l’œil, ndlr) », de douleurs nasales et aux cervicales et de griffures aux avant-bras.
« Après, ils se foutent de notre gueule, nous narguent, nous disent de fermer nos gueules », continue Azur. Assis côte à côte toujours menottés, dans l’attente de savoir ce qu’on fait d’eux, les deux interpellés parlent entre eux, trop fort, d’après les réactions d’un autre agent, un « jeune brun » chargé de les surveiller. Soudainement : « Le jeune se lève brutalement en lâchant : “Je t’avais bien dit de fermer ta gueule” et prend Azur et le traîne dans le couloir », indique Dava.
Pour Azur, la scène qui suit est encore brumeuse. Il raconte, difficilement, ne se souvenir que d’avoir été « chopé par le col » et emmené par le fonctionnaire, qui l’aurait poussé dans un renfoncement à l’intersection de deux couloirs menant aux cellules. Là, il aurait reçu « un ou deux coups de poing » dans le visage, puis aurait été malmené pendant une demi-heure par plusieurs agents, se retrouvant « contre le sol avec un pied sur la tête ». Depuis son banc, Dava ne voit pas la scène mais entend « une salve de coups sourds » portés sur Azur. « Cinq minutes plus tard, un second policier lance : “Ouais Brad Pitt, on va le défigurer” », ajoute-t-il. « Quand Azur ressort, il est tuméfié. On ne parle plus. » Sur des photos prises la nuit suivante, Azur a le visage marqué de multiples traces rouges sur chacune des pommettes. Lui n’a pas consulté de médecin et n’envisage pas de déposer plainte : « Le policier ne perdra pas son travail. Ce serait juste beaucoup de procédure et de stress pour pas grand-chose », explique-t-il.
« C’est comme si on était à eux »
Pendant deux heures, les deux interpellés continuent de faire l’objet d’une « agressivité constante » de la part des fonctionnaires, qui les insultent de « sales pédés », « gauchiasses », « fils de pute » et leur répètent de « fermer leur gueule », rapportent-ils. Les policiers auraient également refusé de leur donner de l’eau, de leur permettre d’aller aux toilettes et, pour Dava, d’accéder à sa Ventoline. Régulièrement, un fonctionnaire les « prend par le col » et les tire pour les faire souffler dans l’éthylotest situé à quelques mètres du banc et alors qu’ils ne montrent « aucune opposition », assurent-ils. Toujours dans une forme de revanche, selon Dava :
« Pour eux, on avait frappé des flics, donc ils nous traitaient comme des sous-humains, on était à leur merci. »
À l’image d’autres scènes de violences filmées dans les commissariats des 5-6e et du 19e et racontées dans les colonnes de StreetPress, Dava décrit une ambiance « paradoxale, aussi violente que légère », où la brutalité des fonctionnaires rejoint « une grande familiarité » : « C’est comme si on était à eux, qu’ils pouvaient s’amuser avec nous. » Devant eux, le « jeune » policier fait des tours de trottinette. Une atmosphère toxique, « absolument délétère », qui se traduit aussi par une agressivité entre les agents :
« À un moment, un policier a dit a une autre policière : “Toi t’es vraiment un sac à merde” »
Tandis qu’Azur est relâché à l’issue de son dégrisement avec une convocation, Dava est transféré au commissariat du 13e arrondissement pour y être placé en garde à vue pour des faits d’outrages et de rébellion, faute de place dans celui du 10e. Son traitement, cette fois par des policiers « de bureaux », change alors du tout au tout : « Ce n’était plus le même type de policiers, eux étaient plus professionnels. »
(1) Les prénoms ont été modifiés
(2) Sollicitée jeudi 18 juin, la préfecture de police de Paris a renvoyé « vers le parquet et l’IGPN ». Le lendemain, l’institution a renvoyé à son tour vers le service de la communication de la police nationale (Sicop), qui n’a pas donné suite malgré une relance le jeudi 25 juin.
Illustration de Une de Caroline Varon.

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29.06.2026

Selon nos informations, un major de la gendarmerie de l’Hérault avait pris des photos des parties intimes de sa fille de 11 ans et de l’une de ses copines. Il devait être jugé ce lundi 29 juin.
Selon nos informations, un major de gendarmerie de l’Hérault a été placé à la retraite d’office, à partir de ce mercredi 1er juillet, et ce, après avoir été surpris avec des images à caractère pédopornographique conduisant le parquet de Montpellier à engager des poursuites judiciaires à son encontre.

(…)

L’affaire, sensible, a éclaté fin avril, quand, lors d’une procédure de divorce, une mère de famille a découvert ces images dans l’ordinateur de son ex-mari, commandant en second d’un Psig (peloton de surveillance et d’investigation de la gendarmerie). Elle a donné l’alerte. Informée, la hiérarchie de la gendarmerie a aussitôt réagi et a désarmé le militaire qui a été entendu sous le régime de l’audition libre avant d’être placé en garde à vue et interrogé par une brigade de recherches.
Aucun passage à l’acte
Dans l’ordinateur des dizaines de photos ont été retrouvées, certaines mettant en scène des femmes nues, mais, surtout, des photos de très jeunes filles avec des gros plans sur leur sexe. Il s’agissait de sa fille âgée de 11 ans et d’une de ses copines, fille de gendarme également, « pendant qu’elles regardaient la télé ou lors de soirées pyjamas », indique un proche de l’enquête. Lors de son audition, le mis en cause, 57 ans, n’a pu que reconnaître la prise de ces clichés avec un appareil photo, et n’a pas eu trop d’explications, si ce n’est qu’il a évoqué « des pulsions » révèle encore le proche du dossier. Mais il n’y aurait eu aucun passage à l’acte.
Le parquet de Montpellier a décidé de le placer sous contrôle judiciaire et de le poursuivre pour « détention d’image de mineur à caractère pornographique » et « atteinte à l’intimité à caractère sexuel ».

(…)

« Sensible étant donné l’actualité »
Mais la date de renvoi fait grincer des dents à l’heure où l’institution judiciaire connaît des turbulences sur sa capacité à juger dans des délais raisonnables : le 23 février 2027. « C’est la première date que l’on m’a donnée, j’ai indiqué que c’était sensible étant donné l’actualité », s’est justifiée la présidente d’audience. De quoi laisser les parties civiles dans l’incompréhension : « c’est une histoire sensible avec des conséquences psychologiques importantes », déplore Me Marie-Laure Lapetina, aux intérêts de l’ex femme et de la fille du mis en cause.
« Mes clients regrettent que le dossier soit renvoyé aussi loin, il y a eu des photos licencieuses, on a volé l’intimité de leur enfant, il y a eu trahison, ils sont bouleversés », réagit Me Luc Abratkiewicz, avocat de la seconde plaignante.

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27.06.2026

Ce vendredi 26 juin, l’un des prisonniers du centre pénitentiaire de Nantes a été retrouvé inanimé dans sa cellule. L’homme a été déclaré décédé, mais les circonstances de sa mort n’ont pas encore pu être déterminées.
C’est un nouveau coup dur pour la maison d’arrêt de Nantes-Carquefou, située rue de la Mainguais au nord de la ville. Ce vendredi 26 juin, les surveillants ont retrouvé un détenu mort dans sa cellule.
La canicule en cause ?
L’homme de 41 ans a été déclaré décédé, nous confirme le parquet de Nantes. Une mort suspecte alors que Nantes et le département de la Loire-Atlantique étaient placés en vigilance rouge canicule depuis plusieurs jours.
Ce prisonnier serait-il une victime en plus de l’impressionnante vague de chaleur qui a frappé la région et le pays ? Pour le moment difficile à dire. Une enquête pour déterminer les causes de sa mort a été ouverte.

(…)

Des conditions de détention dégradées
Un nouveau fait divers au centre pénitentiaire de Nantes après l’incendie qui s’était déclaré en mai 2026 dans une cellule et qui avait fait un blessé.

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27.06.2026

La nouvelle s’est vite répandue entre les murs de la maison d’arrêt de Besançon, puis en dehors. Ce vendredi, un détenu a été retrouvé mort dans sa cellule par les agents pénitentiaires lors de leur ronde habituelle.
La scène a été gelée pour effectuer les premières constatations d’usage, mais selon la police, tout porte à croire que le jeune homme – retrouvé pendu à l’aide de draps – s’est suicidé. Le défunt était seul et sa porte était évidemment verrouillée de l’extérieur, précise-t-on. Une enquête supervisée par le parquet devrait permettre d’entériner ces conclusions.
Le détenu est décédé au quartier disciplinaire, où il avait été transféré quelques heures plus tôt à la suite d’un incident. Selon nos informations, il aurait le matin même refusé d’intégrer sa cellule habituelle, qu’il partageait tant bien que mal avec un autre codétenu.
Surpopulation carcérale et canicule ne font pas bon ménage
Ce nouveau drame pénitentiaire s’inscrit dans un contexte doublement éprouvant : une surpopulation carcérale latente dans cet établissement bisontin , qui dépasse souvent la barre des 470 prisonniers pour 276 places maximum en théorie, ainsi qu’une canicule difficilement supportable à huis clos, dans des cellules de 9 m² surchauffées à 35 °C en moyenne. Quelques adaptations de type « système D » ont été mises en œuvre pour atténuer cet effet micro-ondes, avec une ventilation accrue des locaux et un accès légèrement favorisé à l’eau, mais ces ajustements contraints par les exigences de sécurité atteignent vite leurs limites.
Ces derniers temps, la maison d’arrêt de la Butte – récemment épinglée par un rapport cinglant du contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) – n’est pas épargnée par les difficultés. Le 21 avril dernier, un autre détenu avait mis fin à ses jours dans sa cellule, lui aussi par pendaison. Fin 2024-début 2025, trois prisonniers étaient également décédés en une semaine : deux par overdose et un par suicide.

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23.06.2026

Sans climatisation, ni volets, les prisons suroccupées peuvent devenir des étuves pour les détenus et le personnel pénitentiaire. Un détenu, via un référé déposé par son avocat, demande à pouvoir bénéficier d’une douche quotidienne.

(…)

A l’intérieur des cellules de 9 m2, la température peut devenir insupportable et dépasser les 40 degrés. Aucune cellule n’est équipée de volets ou de stores. 45 degrés dans une cellule de trois, annonce une vidéo postée sur Instagram en début de semaine. « Il fait 50 degrés dans la cellule. Normalement la porte devrait être ouverte, mais elle ne l’est jamais », décrivait le mois dernier un détenu du centre pénitentiaire…A… :

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23.06.2026

Le gouvernement s’apprête à faire voter une « présomption de légitime défense » en faveur des policiers qui font usage de leur arme. La mesure est assimilée à un « permis de tuer » par ses détracteurs et rompt avec le principe d’égalité devant la loi.
Le 7 juillet prochain, l’Assemblée nationale devra se prononcer sur une proposition de loi, portée par les députés Les Républicains (LR), instaurant une « présomption de légitime défense » pour les policiers nationaux, municipaux et les gendarmes. Jusqu’à présent, un membre des forces de l’ordre est présumé innocent – comme n’importe quel citoyen – s’il est accusé d’avoir fait usage de son arme sans discernement, de manière illégitime ou disproportionnée. En cas de doute, un policier ou un gendarme peut ainsi être mis en examen pour expliquer son acte. À la justice, ensuite, de trancher, en fonction des éléments de l’enquête, sur la « nécessité absolue » ou non de l’ouverture du feu.
Avec cette loi, tout membre des forces de l’ordre sera présumé en état de légitime défense s’il fait usage de son arme à feu, quelles que soient les circonstances ou la réalité de la menace. Même s’il tire dans le dos de quelqu’un qui n’est pas armé, par exemple. Policiers et gendarmes n’auront donc plus besoin de justifier de manière automatique de l’immédiateté d’une menace et de la proportionnalité de la riposte.
Si cette loi est adoptée, policiers et gendarmes bénéficieront d’une dérogation importante face au « principe d’égalité de toutes et tous devant la loi ». Ce qui inquiète nombre d’organisations, comme Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature, le collectif Stop aux violences d’État ou l’ONG Flagrant Déni, à l’initiative d’un recours à l’Onu, qui assimilent cette mesure à une sorte de « permis de tuer ».
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’y est déjà dit « favorable à titre personnel », et une partie du bloc central pourrait voter cette proposition de loi. Cette revendication de présomption de légitime défense ne vient pas de nulle part. Elle est portée de longue date par les organisations les plus extrémistes au sein de la police, proches de l’extrême droite, et a fini par pénétrer la droite comme une partie de la gauche.
Au début, les « colères policières »
À chaque fois qu’un policier fait l’objet d’une mise en examen pour éclaircir les conditions dans lesquelles il a ouvert le feu et tué quelqu’un, l’affaire sert de prétexte à des « colères policières », comme les nomme le sociologue Fabien Jobard. Dès les années 1970, ces « colères » visent la justice, perçue comme trop dure envers les policiers.
Début juillet 1976, 3000 inspecteurs décident ainsi de déposer leur arme pour protester contre l’ouverture d’une information judiciaire visant deux de leurs collègues de la brigade criminelle. Ceux-ci avaient tiré huit balles, tuant sur son divan, à son domicile de Fontenay-Sous-Bois (Val-de-Marne), un employé de la Banque de France, Bernard Baptedou. Les policiers l’avaient confondu avec un suspect recherché dans une affaire de kidnapping – et avaient fait irruption dans son appartement par erreur. Les policiers qui protestent alors réclament une « présomption de légitime défense » pour leurs collègues.
En 1980, c’est l’affaire du brigadier Roger Marchaudon qui provoque une telle « colère ». Le brigadier comparaît libre à son procès aux assises pour avoir abattu de plusieurs balles dans le dos Mustapha Boukhezzer, 21 ans. Le brigadier est défendu par l’avocat Henri-René Garaud, cofondateur d’une nouvelle association, Légitime défense, et membre d’un petit parti de droite extrême (le Centre national des indépendants et paysans, qui soutiendra Éric Zemmour en 2022). L’association milite pour laisser aux policiers le droit de tirer, quel que soit le danger. Au tribunal, lors de l’audience, des groupes de policiers en civil intimident la sœur de la victime.
En 1982, Céline Carré, est tuée le 9 septembre à bord d’une voiture qui prenait la fuite pour éviter un contrôle. Les agents de la brigade de surveillance de nuit tirent alors quatorze coups de feu, tous par l’arrière ou de côté. Un non-lieu clôture l’instruction en 1987 : « La légitime défense est évidente même si la jeune fille a été abattue dans le dos », tente le syndicat indépendant de la police nationale (SIPN, classé très à droite et ancêtre du syndicat Alliance). Ses membres menacent de bloquer la circulation et de manifester « en tenue ou en service » si leur revendication d’un usage plus libre des armes n’est pas entendue.
Les premiers relais politiques
C’est un socialiste, Gaston Defferre, qui est parmi les premiers ministres de l’Intérieur à se prononcer en faveur d’un usage harmonisé des conditions d’ouverture du feu entre policiers et gendarmes – ces derniers, en tant que militaires, bénéficiant de conditions encadrées mais plus souples. Jugeant cette position dangereuse, Robert Badinter, alors ministre de la Justice, et qui vient d’abolir la peine de mort, s’y oppose fermement. Tout comme les syndicats policiers majoritaires de l’époque, réunis au sein de la Fédération autonome des syndicats de police (Fasp), dont les dirigeants sont proches du Parti socialiste (PS). La Fasp craint alors une hausse des tirs par de jeunes recrues mal formées à l’usage de l’arme à feu.
En 1983, après une cérémonie d’obsèques en hommage à deux collègues tués, 2500 policiers manifestent sous les fenêtres du ministère de la Justice au cri de « Badinter démission, en prison ! » Ils répondent à l’appel de la Fédération professionnelle et indépendante de la police (Fpip), un petit syndicat d’extrême droite, et dénoncent un « laxisme de la justice » face à « la racaille ». L’un des participants, venu en soutien protester « contre la politique qui aboutit à l’insécurité dans notre pays » n’est autre que Jean-Marie Le Pen, président d’un Front national encore faible électoralement.
La Fpip s’est créée en 1973 et compte en son sein des militants néonazis du Parti nationaliste français et européen (PNFE) ou de l’Œuvre française. Plusieurs de ses membres seront ensuite révoqués de la police, poursuivis, et condamnés, pour « association de malfaiteurs ». Ils avaient inspiré ou planifié au moins deux attentats perpétrés par le PNFE contre des foyers d’hébergement de travailleurs immigrés ou le siège du magazine de gauche Globe.
Passer les portes de l’Assemblée nationale
Les partisans de cette présomption de légitime défense commencent à s’organiser, et la revendication à dépasser les cercles d’extrême droite. En 1987, l’association La France avec sa police, anciennement J’aime ma police, organise un colloque à l’Assemblée nationale sur les contrôles d’identité et la légitime défense. Cette association, qui revendique un millier d’adhérents, est fondée par l’avocat Sylvain Garant, membre du Rassemblement pour la République (RPR), le parti de Jacques Chirac. « Non pas pour justifier ces bavures, mais pour laisser la justice faire son travail », explique alors l’avocat.
Avec le retour au pouvoir de la droite chiraquienne, le sujet entre timidement dans l’Hémicycle. En 1993, un député RPR demande à ce que les policiers puissent se servir des armes dans les mêmes conditions que les gendarmes, retrace Vanessa Codaccioni, professeure de science politique à l’université Paris 8 et autrice de plusieurs ouvrages sur la répression, parmi lesquels La Légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières (CNRS éditions, 2018). Alors ministre de l’Intérieur, plutôt connu pour son soutien aux policiers auteurs de violences, avec son fameux « Allez-y, je vous couvre ! », Charles Pasqua s’oppose pourtant à cette mesure, craignant le risque qu’un adolescent « pris de panique » par un contrôle policier puisse être blessé ou tué. Le souvenir du décès de Malik Oussekine, tabassé par des policiers en marge d’une manifestation étudiante en 1986, est encore vivace.
2012 : une « victoire idéologique du Front national »
Au tournant des années 2000, l’alignement des règles d’usage des armes des policiers sur celles des gendarmes, revient via un amendement du sénateur socialiste Michel Charasse. L’élu veut autoriser l’ouverture du feu après une simple sommation. Fraîchement nommé ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy ne donne pas suite.
C’est surtout dans l’entre-deux tour de la présidentielle de 2012 que cette question s’impose durablement dans le débat public. Le 21 avril, un agent tue d’une balle dans le dos Amine Bentounsi, un détenu en cavale, à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Ce dernier invoque la légitime défense. Sa mise en examen pour homicide volontaire déclenche une manifestation des policiers, emmenés par le très droitier syndicat Alliance et la Fpip, qui réclament une présomption de légitime défense. Contre l’avis de son ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant, pour qui cela reviendrait à instaurer un « permis de tirer », Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection, reprend la revendication à son compte durant sa campagne. Marine Le Pen salue alors une « victoire idéologique du Front National », qui porte cette mesure dans son programme à chaque élection depuis 2007.
Assouplissement des règles dans un contexte d’attentats terroristes
Après cette affaire, une « mission de réflexion sur la protection fonctionnelle des policiers et des gendarmes » est commandée par Manuel Valls (PS), lors de son arrivée à l’Intérieur. La mission écarte la possibilité d’une telle présomption mais formule une série de propositions qui ouvre le débat. « L’atteinte à la vie doit toujours, sous le contrôle des juges, être strictement proportionnée à la menace qui la justifie », rappelle alors le rapport.
Dans la foulée, deux propositions de loi, venues des rangs de la droite, n’aboutissent pas. En 2013, le Sénat, à majorité socialiste, s’oppose également à une présomption de légitime défense. « Ce projet conduit à donner le sentiment que la loi applicable à l’agent de la force publique doit être moins rigoureuse que pour le citoyen, alors que le premier représente l’État et dispose d’un armement parfois conséquent et de moyens de contrainte non négligeables, dont il doit faire usage avec discernement », rappelle le Défenseur des droits de l’époque, Jacques Toubon.
« Le sujet n’est pas clos », estime au contraire le député LR – et futur allié du FN/RN – Éric Ciotti, qui revient à la charge en mars 2015 pour mettre en place une « irresponsabilité pénale au bénéfice des personnes dépositaires de l’autorité publique » agressées. Traduction : les policiers ne seraient donc pas jugés responsables du fait d’utiliser leur arme à feu dans certaines conditions.
Au mitan des années 2010, dans une France endeuillée par les attentats terroristes perpétrés par des groupes djihadistes, dont des attaques envers les policiers à Viry-Châtillon (Essonne) ou à Magnanville (Yvelines), l’idée gagne du terrain. Sur fond de défilés nocturnes de « policiers en colère », les syndicats de la corporation divergent dans leurs revendications mais s’accordent sur la nécessité d’une meilleure protection contre une supposée « insécurité juridique ». Ils arguent de devoir attendre d’être sous le feu pour pouvoir riposter, sous peine d’être poursuivis par la justice. Ce qui ne correspond absolument pas à la réalité des faits, comme l’avait montré Basta!, dans un contexte où les poursuites contre des policiers demeurent rares.
Loi 2017 : vers un « permis de tuer » ?
C’est sous le mandat de François Hollande, avec la loi du 28 février 2017, portée par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve (PS), qu’une nouvelle étape est franchie. Le fameux article L-435-1 de ce nouveau Code de sécurité intérieure prévoit quatre situations nouvelles dans lesquelles le fonctionnaire peut faire feu. Notamment sur des véhicules en mouvement, s’il « peut imaginer raisonnablement que la personne est susceptible de porter atteinte à la vie des policiers ou à celle d’autrui ». La notion d’immédiateté, fondamentale pour caractériser une défense légitime, est alors mise à mal par la rédaction confuse de cette loi qui laisse reposer l’estimation du danger sur la subjectivité à l’agent, en fonction de ce qu’il « imaginera raisonnablement ».
Les organisations de défense des droits humains, des chercheurs, avocats et familles de personnes tuées par les forces de l’ordre, dénoncent alors un « permis de tuer ». De fait, le nombre de tirs ainsi que le nombre de décès par balle, principalement lors de refus d’obtempérer, augmente sensiblement depuis 2017, comme le révèle Basta!.
En 2022, treize personnes sont tuées par des tirs policiers alors qu’elles sont à bord d’un véhicule. Parmi elles, Fadjigui et Boubacar sont abattus par un jeune agent armé d’un fusil d’assaut sur le Pont-Neuf, au soir de la réélection d’Emmanuel Macron, dans le cadre d’un contrôle routier. Sa mise en examen pour « homicide volontaire » déclenche une nouvelle manifestation policière à l’appel de deux organisations syndicales, dont Alliance.
Un an auparavant, le 19 mai 2021, le secrétaire national du syndicat policier Alliance, Fabien Vanhemelryck, lançait : « Le problème de la police reste la justice », lors d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale. Comme un écho à celui de 1983, organisé par des policiers d’extrême droite. Cette fois, les manifestants se tiennent aux côtés de figures de tout l’échiquier politique, allant d’Éric Zemmour à Fabien Roussel (Parti communiste français). Le terrain semble prêt « à un nouvel élargissement de ce qui est appelé la présomption de légitime défense policière », craint l’historien Emmanuel Blanchard, en particulier dans l’hypothèse d’une victoire électorale du Rassemblement national en 2027.

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23.06.2026

Alors que le mois des fiertés bat son plein, sept bars LGBTQI + de région parisienne alertent sur le harcèlement et les actes homophobes croissants auxquels ils sont confrontés, sur fond de hausse des violences à l’encontre de la communauté. Témoignages.

(…)

La Mutinerie fait partie des sept bars queers parisiens signataires d’une pétition lancée il y a deux mois pour alerter sur « le harcèlement constant de leurs établissements ». Ils relatent des « attaques, des intimidations, des amendes et des plaintes abusives », sur fond de hausse des violences commises à l’encontre de la communauté LGBTQI +. Le nombre de crimes et délits anti-LGBT a en effet triplé entre 2016 et 2024, selon l’Observatoire des Inégalités.

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22.06.2026

À la maison d’arrêt de Carcassonne, une trentaine de détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules, samedi 20 juin. Ils voulaient dénoncer leurs conditions de détention. Les ERIS de Toulouse, équipes régionales d’intervention et de sécurité, chargées de renforcer la sécurité des établissements pénitentiaires, ont dû intervenir sur l’établissement.
Alors qu’ils étaient en promenade, une trentaine de détenus refusaient de réintégrer leurs cellules, à la maison d’arrêt de Carcassonne, ce samedi 20 juin vers 18h. Ils voulaient dénoncer leurs conditions de détention, liées notamment à la surpopulation carcérale. « Il y a des cellules où les prisonniers sont cinq.

(…)

Manifestation pacifique
Au cœur des revendications des détenus, la surpopulation carcérale, qui n’épargne pas la maison d’arrêt de Carcassonne. Alors que la capacité de cette prison est normalement de 64 détenus, 164 y sont actuellement détenus.

(…)

Les manifestants sont restés pacifiques pendant l’incident et ont aussi dénoncé les conditions de cantinage. Il s’agit de la possibilité pour les prisonniers d’acheter des produits qui ne sont pas fournis gratuitement par l’établissement pénitentiaire : nourriture sortant de l’ordinaire, produits d’hygiène, accès à la télévision, etc.
Les ERIS, équipes régionales d’intervention et de sécurité, en charge de la sécurité des établissements pénitentiaires, sont venus de Toulouse pour conduire l’intervention. Ils sont parvenus à un retour au calme vers 20h30.

(…)

Des transferts de meneurs dans les prochains jours ?

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22.06.2026

Trois ans après les débordements, un ancien policier de la Bac Sud a été condamné pour des coups de matraque captés par vidéosurveillance sur un homme en plein centre-ville de Marseille.
Une centaine de policiers engagés. 31 blessés. 95 interpellations. La nuit du 30 juin au 1er juillet 2023, trois jours après la mort de Nahel, Marseille bascule dans le chaos. Le lendemain, Mohamed Bendriss perdra la vie lors d’une intervention des forces de l’ordre en marge des émeutes.
C’est dans ce décor que Mathieu D., ancien policier de la Bac Sud, a roué de coups de matraque Mehdi, près de la rue commerçante Saint-Ferréol, où plusieurs boutiques ont été la cible de pillages. Il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Marseille ce 17 juin 2026.
Quinze secondes sous les coups
Le 1er juillet 2023, vers minuit, Mathieu D. a rejoint son équipage place Félix-Baret (6e). En 17 ans de carrière, il n’a jamais vu un tel climat de tensions. « Tout le secteur était saccagé. On avait ordre de nettoyer la place », raconte-t-il à la barre. Son attention s’est portée sur un petit groupe qui s’était réfugié dans la cage d‘escalier du parking. Parmi eux, Mehdi, venu récupérer avec des amis son portable dans son véhicule de fonction.
En haut des marches, un premier policier a éclairé la bande avec son flashball et ordonné de remonter. Quelques instants plus tard, c’est au tour de Mathieu …

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21.06.2026

Comme la majorité de gauche plurielle s’y était engagée durant la campagne, Lormont s’ajoute aux villes métropolitaines équipant leur police municipale d’armes semi-automatiques et létales
Les élus lormontais ont voté à l’unanimité, ce vendredi soir, la possibilité pour la police municipale de se doter de pistolets semi-automatiques de calibre 9 mm. L’engagement de campagne de la majorité de gauche plurielle d’équiper les policiers communaux

(…)

Le PC approuve « par contrainte »
La décision d’équiper la police en arme létale découle également de la volonté de la majorité t’étoffer son effectif. Au nom des socialistes et apparentés, Jeoffrey Ruiz est revenu sur ce « point majeur de notre programme électoral ». Tout en souhaitant « garantir les moyens à l’exercice de leur mission », l’élu est revenu sur le « marché du recrutement des policiers municipaux [lequel] devient particulièrement tendu. » Et, comme le rappelait Philippe Quertinmont vendredi dans nos colonnes, cette disposition devient un argument pour pouvoir embaucher de nouvelles recrues, souvent des anciens policiers ou gendarmes.

(…)

À l’inverse, du côté de l’extrême droite, le Rassemblement national applaudit des deux mains : l’ancien commissaire de police Serge Blüge s’est dit « tout à fait favorable » à cet armement, les policiers municipaux étant « primo intervenants » sur bien des opérations.

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21.06.2026

«Une femme âgée d’une soixantaine d’années a été percutée par un véhicule de la Police nationale. Cette femme, ça aurait pu être ma mère».
Chauffards en uniformes, nouvel épisode
«Mercredi 17 juin vers 21h au Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis. Une femme âgée d’une soixantaine d’années a été percutée par un véhicule de la Police nationale. Cette femme, ça aurait pu être ma mère. Ça aurait pu être la vôtre. Elle était simplement sur un trottoir. Pensée à la victime ainsi que sa famille». C’est le message publié il y a trois jours par Amal Bentounsi, militante contre les violences policières, dont le frère a été abattu par un agent en 2012.
Sur la vidéo mise en ligne, on voit une voiture de la Police nationale à l’arrêt, encastrée dans des barrières en métal qui ont cédé sous la puissance du choc. Le véhicule, gyrophares allumés, a le pare-chocs brisé, et au niveau de la roue arrière gauche, au sol, se trouve une femme. Entourée par des policiers patauds, elle crie de douleur. Ses jambes paraissent encastrées sous l’automobile.
Cette dame traversait sur un passage piéton, elle a été gravement blessée aux deux jambes et a été opérée ce jeudi 18 juin. Elle s’est vue notifier trois mois d’incapacité totale de travail, ce qui est énorme.
Dans les colonnes du Parisien, un témoin explique : «La roue de la voiture a roulé sur la jambe de la dame. La police allait très vite. L’ambiance était tendue. Les policiers voulaient que les personnes présentes reculent. Ça a failli partir en émeute mais le maire est arrivé pour apaiser les choses».
Selon la version officielle, les fonctionnaires «tentaient d’intercepter deux personnes sur un deux-roues» qui auraient refusé un contrôle. Pourtant, ce sont bien eux qui ont failli tuer cette passante et mis les habitants en danger.
Cette affaire en rappelle une autre, survenue le 22 avril dernier, à Sartrouville. Vers 22h50, Mohamed El Bachiri, un habitant âgé de 81 ans, avait été renversé par une voiture lancée à pleine vitesse dans une rue passante, alors qu’il sortait de la mosquée. Les chauffards étaient des membres de la BAC d’Argenteuil, qui roulaient à vive allure. «On ne comprend pas comment cela a pu arriver sur une route limitée à 50 km/h. Mon père traversait un passage piéton donc il était totalement légitime de traverser en toute sécurité. À quelle allure allait exactement le véhicule ? C’est inadmissible d’avoir un papa qui rentre et qui d’un coup se fait faucher par une voiture de police» déclarait Youcef, le fils de la victime, en colère.
La version policière était la même : les agents menaient une course poursuite après un «refus d’obtempérer». Pour rappel, les policiers ne peuvent engager de poursuite à vive allure que pour les délits les plus graves. Et pas pour un simple refus de contrôle, une infraction qui est en principe exclue des consignes officielles. Les autorités prétendent souvent que les refus de contrôles mettraient en danger les passants et qu’il faudrait donner aux agents le pouvoir de partir en chasse à toute vitesse ou de tirer à balle réelle sur les conducteurs. Mais en l’occurrence, c’est le véhicule de police qui a provoqué un accident mortel. Et ce n’est pas la première fois.
Rappelons qu’à la fin de l’année 2023, en dix jours seulement en France, des voitures de la police et de la gendarmerie française ont tué trois piétons. Le 12 décembre 2023, en plein Paris et en plein jour, un homme de 84 ans a été percuté, alors qu’il traversait sur un passage piéton au vert, par une colonne de policiers à moto de la BRAV. Il décédait peu après. Le 18 décembre, à Senlis dans l’Oise, un homme âgé de 82 ans mourait après avoir été percuté par un véhicule conduit par des gendarmes au niveau d’une station service. C’était à 16h30, alors qu’il faisait jour et que l’octogénaire traversait la rue. Samedi 23 décembre à Saint-Pierre-des-Corps près de Tours, un jeune homme était percuté par une voiture de police dans des circonstances troubles, au petit matin. La victime est également morte.
D’autres homicides routiers ont été causés par les forces de l’ordre ces dernières années, suite à des «parechocages», une méthode violente qui consiste à percuter en voiture une personne pour l’arrêter. Sa légalisation est réclamée par les syndicats policiers, mais la pratique existe déjà en dehors de tout cadre légal.
Dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14 mars 2024, un jeune homme qui circulait à scooter à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, est mort après avoir été heurté par une voiture de police. Il n’avait que 18 ans et était originaire de La Courneuve. Selon un témoin de la scène, «il y avait 2 personnes sur le scoot’ et la voiture de police a coupé la route, ils ont tamponné le mec et après il est rentré dans la camionnette». Jeudi 13 avril 2023 à Paris, trois adolescents sur un scooter étaient percutés par une voiture de police. Une jeune fille de 17 ans avait été placée dans le coma et un jeune de 14 ans était hospitalisé dans un état grave. Les policiers avaient ouvert leur portière pour déstabiliser le scooter. Grâce aux images, trois policiers avaient été mis à pied. En 2007 déjà, deux jeunes avaient été tués à Villiers-le-Bel de la même manière, provoquant d’importantes émeutes.
Auparavant, dans la nuit du 8 au 9 janvier 2020 à Rennes, c’est une animatrice périscolaire de 21 ans, Maëva, qui avait été percutée de plein fouet sur un passage clouté par une voiture de police banalisée, sans gyrophare ni sirène. Elle était décédée. Le policier mis en cause, un ancien agent de la BAC, avait déjà commis 8 infractions pour excès de vitesse. Le meurtrier récidiviste avait écopé de sursis lors d’un procès plusieurs années après.
Cette affaire n’a jamais eu d’écho national. Qui sont les chauffards ?

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20.06.2026

L’interpellation d’un suspect le 19 avril dans le quartier de La Laiterie s’était terminé par des coups portés par les policiers dans leur voiture comme l’avait capté une vidéo amateure (lire notre article). Et l’état cabossé de l’homme de 29 ans avait poussé le surlendemain le juge des comparutions immédiates à demander des investigations complémentaires et l’audition de témoins, tout en maintenant le suspect en détention provisoire.

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19.06.2026

Pour la justice, l’affaire Henri Lenfant peut être considérée comme définitivement close. Jeudi soir tard, juste après le prononcé du verdict, l’avocat général a annoncé que le parquet, qu’il représentait à l’audience devant la cour d’assises d’appel du Nord, ne se pourvoirait pas en cassation. Précisons que ce droit ne peut pas être exercé par les parties civiles dans un dossier pénal.
La légitime défense retenue
Le gendarme Alexandre B., accusé de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, est donc définitivement acquitté de ce crime. Pour rappel, tout comme la cour criminelle du Pas-de-Calais en février 2024, la cour d’assises d’appel du Nord, formée de trois magistrats professionnels et neuf jurés populaires, a jugé qu’il avait bien commis les faits mais qu’il devait bénéficier de la légitime défense.
Le 28 septembre 2018 à Fouquières-lez-Lens, Alexandre B., alors membre du GIGN, était rentré dans une voiture conduite par Henri Lenfant, pensant le moteur éteint. Mais la voiture avait redémarré subitement, l’emportant dans un terrain vague. En position instable et alors que, selon lui, Henri Lenfant aurait tenté de l’éjecter de l’habitable, il aurait eu peur pour sa vie. Ne voyant aucune alternative, il a fait usage de son arme. La balle, tirée à bout portant, a atteint le jeune homme, à l’arrière du crâne et a traversé son cerveau. Âgé de 22 ans et père de deux fillettes, il est mort peu après.
Lors du deuxième procès à Douai, l’avocat général a requis une condamnation à une peine symbolique – un an ferme aménageable, un an d’interdiction de port d’armes et pas d’interdiction d’exercer un métier dans la fonction publique. La cour d’assises ne l’a pas donc pas suivi.

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19.06.2026

Et si la «mexicanisation», la vraie, c’était la corruption et les violences policières systémiques ?
En novembre 2024, Bruno Retailleau, Ministre de l’Intérieur d’extrême droite, déclarait : «On a le choix entre une mobilisation générale ou la mexicanisation de notre pays car je vous assure que les narcoracailles n’ont plus aucune limite».
Une formule raciste qui prétend que le niveau de criminalité en France serait comparable à celui du Mexique, où règnent des gangs de narcotrafiquants liés à la police et à la classe politique. Quelques chiffres d’abord. Au Mexique, depuis le début de la «guerre contre la drogue» lancée par le gouvernement en 2006, 400.000 personnes ont été assassinées, près de 130.000 sont déclarées «disparues» et 1.600.000 sont déplacées. C’est une guerre civile qui ne dit pas son nom, avec des viols, des meurtres, des actes de torture, des exactions commises par l’armée et les cartels. Au Mexique, le conflit a permis aux autorités de liquider des militants anticapitalistes et écologistes, qui «disparaissent» sans jamais être retrouvés.
Durant la dernière campagne électorale mexicaine, au moins 34 candidats ont été assassinés. En comparaison, la France compte moins de 1000 homicides par an, soit 1,5 pour 100.000 habitant. Il y en a plus de 30.000 chaque année au Mexique, 25,2 pour 100.000 habitants… En France, le nombre d’homicide a presque été divisé par 3 depuis les années 1980, tout comme la majorité des indices statistiques répertoriant les crimes ou délits, eux aussi en baisse. Seule exception : le nombre de violences sexuelles, marqué par une augmentation des dépôts de plainte depuis MeToo, est en forte augmentation.
Mais venons en au fond. D’autres statistiques – les violences policières et la corruption des policiers – qui ne sont pas comptabilisées dans «l’insécurité» au sens de l’extrême droite, sont en forte augmentation depuis des années, sans réponse politique. Et si la «Mexicanisation», la vraie, ce n’était pas plutôt la collusion de plus en plus évidente entre la police, la justice, et les mafias de la drogue, ainsi que la corruption massive des forces de l’ordre ?
La corruption au sein de la police en forte hausse
Les derniers chiffres de l’IGPN, révélés par le patron de l’institution à Libération le 16 juin, indiquent une hausse massive des infractions à la corruption et à la probité au sein de la police. Un vaste agrégat statistique qui comprend la corruption, le trafic d’influence, la concussion – c’est-à-dire lorsqu’un policier extorque ou reçoit de l’argent illégalement – les détournements de fonds publics, les prises illégales d’intérêt, le favoritisme, la violation du secret professionnel, les faux et les détournements de fichiers de nature corruptive au sein de la police… Ces faits ont augmenté de 70% entre 2020 et 2024.
Connaissant l’incompétence et la complaisance de l’IGPN, il ne s’agit que de la face émergée d’un iceberg de pratiques mafieuses au sein de la police. Cette explosion de la corruption au sens large se traduit aussi par un nombre conséquent d’affaires d’ampleur au cours des dernières années.
Un trafiquant en charge de la lutte contre le narcotrafic
Le 17 octobre 2015 se produit un coup de théâtre. La douane découvre 7 tonnes de résine de cannabis dans des camionnettes stationnées boulevard Exelmans, dans le 16ème arrondissement de Paris. La prise est d’une telle importance que le président de la République en personne, François Hollande, se déplace pour féliciter les limiers de la douane. Mais qui sont les coupables ? De dangereux narcotrafiquants armés jusqu’aux dents ? Un réseau sud-américain d’ampleur internationale ? Rien de tout ça, l’enquête révèle l’implication de François Thierry, qui n’est rien de moins que le chef de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), devenu Office anti-stupéfiants en 2020.
Ce dernier s’avère être mouillé jusqu’au cou dans une affaire complexe de «livraison surveillée», en réalité plus proche de trafic de drogue en bande organisée. On parle donc de quantités de drogue astronomiques, distribuée sur l’ensemble du territoire français sous le regard bienveillant de l’officine qui est justement chargée de l’empêcher. Ironie du sort, le commissaire Thierry en personne était à l’origine de la création de l’Office anti-stupéfiants en 2020, un changement d’appellation qui devait matérialiser l’abandon de pratiques douteuses.
Poursuivi pour complicité de trafic de stupéfiants et destruction de preuves, il encourait 10 ans d’emprisonnement. La justice vient finalement de le condamner à un an de sursis seulement.
Deux policiers corrompus par un réseau international de blanchiment d’argent
Un milliard d’euros. C’est le montant colossal d’argent issu du narcotrafic qui aurait été blanchi par un vaste réseau criminel, le tout en une décennie seulement. Le système, dirigé par un homme d’affaires marocain baptisé Lahoucine A.S., s’étalait sur plusieurs continents et relevait d’un «fonctionnement quasi industriel». Le rappeur Gims est d’ailleurs poursuivi dans le cadre de cette affaire tentaculaire, qui dure depuis des années.
Mais les 11 et 15 juin, nouveau rebondissement, et pas des moindres. Trois personnes, dont deux policiers, ont été mis en examen pour de lourdes infractions par le parquet. Ils sont notamment poursuivis pour «corruption passive», «blanchiment en bande organisée», «association de malfaiteurs» ou encore «violation du secret professionnel».
Le principal mis en cause, Johnny B., est brigadier-chef en Martinique et opère dans une cellule de lutte contre le narcotrafic. Il fournissait des informations policières au chef du réseau, Lahoucine A.S., contre rémunération. Le ripoux bénéficiait de 500 euros pour chaque consultation du Fichier des Personnes recherchées (FPR), un dossier ultra-sensible. L’IGPN a relevé jusqu’à 194 consultations illégales ou suspectes du brigadier chef depuis 2019, un chiffre astronomique. Ce pacte de corruption aurait permis à Johnny B. de gagner la coquette somme de 200.000 euros, tout en permettant au réseau criminel de bénéficier d’un coup d’avance face aux enquêtes judiciaires.
La policière vendait des milliers de fichiers à des mafias
Plusieurs milliers de fiches de renseignement ont été vendues à des réseaux criminels par une policière de Marseille. Amel Z., basée au commissariat du 10ème arrondissement de la Cité phocéenne, était en contact quotidien, à partir du mois d’avril 2025, avec un intermédiaire travaillant pour des narcotrafiquants. 16.000 messages ont été échangés sur la messagerie WhatsApp entre la policière et cet homme : elle lui envoyait des fichiers internes à la police, notamment les TAJ – traitement des antécédents judiciaires –, le FPR – fichier des personnes recherchées – et le SIV – système d’immatriculation des véhicules.
Son interlocuteur lui propose 200 euros par jour, «soit 6000 euros le mois». Elle lui envoie des dizaines de documents par jour, et touche en trois mois, plus de 22.000 euros. Ces ventes auraient compromis au moins une dizaine d’enquêtes judiciaires, notamment «des très gros dossiers de stups, des affaires de meurtre et des projets d’enlèvement». Elle a été arrêtée en septembre 2025. Un rapport d’enquête estime que «l’ancrage de ces pratiques, leur caractère systémique, leur finalité mercantile et leur prolongation dans la sphère du crime organisé traduisent une dangerosité majeure».
Le vice-procureur en charge de la lutte contre le narcotrafic se droguait
Un vice-procureur du parquet de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, était jusqu’à très récemment chargé spécifiquement de lutter contre le trafic de stupéfiants dans son département. Problème : le vice-procureur consommait lui-même depuis des années des drogues de synthèse, au point de «perturber le fonctionnement du parquet». Retards, réunions non honorées, absences à des audiences… Il s’est justifié auprès du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) en invoquant une «pression importante générée par les conditions de travail au parquet».
Un policier corrompu en podcast
Il y a quelques jours, Médiapart donnait à entendre un premier podcast d’une série reposant sur le témoignage d’un policier corrompu, grassement payé par des narcotrafiquants pour fournir des informations. Au-delà d’un témoignage personnel, le podcast révèle les défaillances structurelles qui conduisent des policiers à accepter des pots de vin. Une affaire tristement banale qui permet de plonger au cœur d’un système bien orchestré, au nez et à la barbe des institutions.
L’impunité policière atteint des sommets
D’après l’ONG Flagrant Déni, entre 2016 et 2024, le nombre de plaintes pour violences policières a augmenté de 60%, passant de 700 à 1100. Cette hausse des violences policières déclarées, sans compter toutes les affaires qui ne font pas l’objet de plaintes, se double d’une baisse des moyens alloués pour les sanctionner.
Le chiffre est éloquent : l’IGPN est incapable de traiter plus du dixième des affaires pénales impliquant des policiers. En cause : des effectifs en baisse depuis 2018, un manque de volonté politique sur le sujet et, surtout, un système structurellement inadapté à la prise en charge correcte des plaintes. Le manque de moyens de l’IGPN relègue l’immense majorité des dossiers à des services locaux, comme les «cellules déontologiques» des départements, ce qui conduit des fonctionnaires de police à enquêter… sur leurs propres collègues. En conséquence, le taux d’élucidation des affaires de violences policières a baissé de 25% entre 2016 et 2024.
Derrière les poncifs déshumanisants et le lexique raciste, les responsables politiques feignent d’ignorer les réalités statistiques et préfèrent surfer sur chaque fait divers sordide pour espérer en tirer des gains électoraux. La corruption, la vraie, c’est bien celle en col blanc ou en uniforme bleu, qui continue de rester largement impunie. Pendant que des équipes de communicants s’évertuent à trouver la prochaine formule choc qui aidera sa marque dans l’opinion, des milliers de victimes de violences policières, d’éborgné·es, de mutilé·es, attendent encore désespérément que justice soit faite.

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19.06.2026

Joey Thuilliers, 18 ans, a été placé en garde à vue pour outrage à agent après les heurts avec la police, mardi 16 juin. S’il ne nie pas ses outrages, il dénonce en revanche des violences de la part de la police.

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19.06.2026

La mère du petit Andréa, décédé suite à l’accident d’octobre 2025 à Virey-sous-Bar, a été mise en examen pour « homicide involontaire » par une juge d’instruction. Un statut que son avocat conteste. Le gendarme impliqué dans la violente collision a lui aussi été inculpé du même chef.

(…)

Accident mortel de Virey-sous-Bar : la mère du petit garçon décédé et le gendarme mis en examen pour homicide involontaire
C’était au matin du 2 octobre 2025. Au volant de sa voiture, une mère de famille de Virey-sous-Bar emmène ses deux enfants à l’école. Elle est alors percutée de plein fouet par une voiture de gendarmerie qui circule sur la départementale 671, le principal axe routier du village.

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19.06.2026

« Je me retrouve à découvert » : sa voiture saisie par la justice est désormais utilisée par des agents de police, elle se retrouve à payer les amendes des infractions qu’ils commettent
Depuis 2019, Jenny S. ne conduit plus sa Renault Clio, qui a été saisie par la justice lors d’une procédure pénale. Pourtant, elle continue encore de recevoir des contraventions liées à ce véhicule, utilisé depuis par un service de police. Une situation qui lui a coûté près de 3 000 euros, la perte de son permis et un quotidien devenu invivable.
Tout commence en 2019, lorsque le compagnon de Jenny S. lui offre une Renault Clio. Officiellement propriétaire du véhicule via la carte grise, la jeune femme ignore alors que la voiture appartient en réalité à son petit ami, visé à cette époque par une enquête pour trafic de stupéfiants. Dans le cadre de la procédure, la justice décide de saisir le véhicule.
Le 21 janvier 2019, Jenny S. remet donc la voiture, les clés et la carte grise au commissariat de Bobigny. Elle n’en reprendra jamais possession. Quelques mois plus tard, elle reçoit pourtant ses premières contraventions, rapporte Mediapart. Après s’être déplacée au commissariat et avoir expliqué la situation, les amendes sont annulées. Mais les courriers continuent d’arriver.
Une carte grise toujours à son nom
Au fil des années, une vingtaine de contraventions s’accumulent : excès de vitesse en Île-de-France, stationnements gênants ou encore circulation en voie de bus. Certaines sont même doublées après majoration. Dernier exemple en date : 35 euros pour un stationnement gênant à Vitry-sur-Seine fin mai 2026, ou encore 135 euros pour un excès de vitesse dans le XVIIIe arrondissement de Paris.
À bout de solutions, Jenny S. saisit le parquet de Bobigny. Selon une réponse du 19 mars dernier, la Clio aurait été « remise aux Domaines pour attribution aux services d’enquête » dès 2019, puis utilisée par des services de police dans le cadre de leurs missions. D’après Mediapart, les infractions continuent d’être enregistrées au nom de l’ancienne propriétaire car les utilisateurs actuels du véhicule n’auraient jamais effectué les démarches de changement de titulaire sur la carte grise. Résultat : toutes les infractions sont automatiquement rattachées à Jenny S.
Une spirale administrative
Entre-temps, la situation a lourdement impacté son quotidien. Bénéficiaire du RSA, elle doit payer près de 3 000 euros d’amendes et sa banque lui a envoyé une dizaine de courriers annonçant des saisies sur son compte, la plupart ayant échoué car son compte en banque est vide. Les nombreuses amendes lui ont fait perdre des points et, par conséquent, son permis de conduire.
Épuisée par les démarches, elle dit aujourd’hui vivre dans l’angoisse permanente. Malgré plusieurs recours, une main courante déposée en 2024 et une plainte pour usurpation d’identité déposée au printemps, la situation reste bloquée. « Je me retrouve à découvert à cause d’eux », confie-t-elle, dénonçant un engrenage administratif dont elle n’arrive pas à sortir.

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18.06.2026

Avec 802 personnes écrouées pour une capacité théorique de 450 places, le centre pénitentiaire de Baie-Mahault fait face à une surpopulation sans précédent.

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18.06.2026

La thèse de la famille est la suivante. Compte tenu des déclarations de la victime, des témoignages des voisins, de l’alcoolisation et de la présence d’armes, « la mise en sécurité de Malgorzata Splawska aurait dû passer, a minima, par le placement en garde à vue de Monsieur Pierre Quistrebert. »
Le 25 juillet 2022, deux gendarmes interviennent une demi-heure au domicile d’un couple après un signalement de violences. Ils repartent en laissant l’homme libre. À midi, il tue sa compagne de trente-deux coups de couteau. Aujourd’hui, l’État doit répondre de ces trente-quatre minutes : pouvait-il voir ce que les voisins jurent avoir signalé ?

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18.06.2026

La défense déplore un dossier d’une « absurdité sans nom ». Un homme a été jugé le 10 juin dernier devant le tribunal judiciaire de Paris pour outrage, rébellion et violences à l’encontre de policiers, après avoir arrosé la jardinière de son balcon au-dessus de policiers, a indiqué mercredi l’avocate du prévenu au Parisien, confirmant une information du Canard Enchaîné.
Les faits remontent au 5 mai 2025. Ce jour-là, Hugo sort promener son chien, dans son quartier, à proximité de la Sorbonne, dans le Ve arrondissement de Paris. « Le temps qu’il fasse sa balade, un dispositif est mis en place par les forces de l’ordre pour sécuriser la visite du président Emmanuel Macron au sein de la faculté », rapporte Me Olivia Ronen, qui représente le prévenu.
Quand Hugo tente de regagner son domicile, les forces de l’ordre « lui demandent un justificatif de domicile et une pièce d’identité, ce qu’il n’avait pas sur lui », affirme l’avocate, selon qui son client a été « attrapé par le dos et jeté en arrière par les policiers ».
D’après les informations du Canard Enchaîné, les agents contestent cette version et affirment que le prévenu leur a demandé d’« arrêter de casser les co*illes » et de le laisser passer.
48 heures de garde à vue
Hugo parvient finalement à arriver chez lui en empruntant un autre chemin. Une fois dans son appartement, il en profite pour arroser ses plantes, avant de partir en vacances. Sans le vouloir, « il fait tomber quelques gouttes sur des policiers, et leur dit de faire attention », explique Olivia Ronen, précisant qu’il ne s’agissait pas des agents avec qui il avait interagi quelques minutes plus tôt.
De leur côté, les policiers affirment que le prévenu a menacé de « balancer d’autres choses » depuis le balcon.
Lorsqu’il sort de son immeuble, Hugo est interpellé et placé en garde à vue pendant 48 heures au commissariat du Ve et VIe arrondissement.
Pendant la garde à vue, trois policiers se plaignent d’irritation aux yeux et soupçonnent l’utilisation de produits corrosifs. Le lendemain de l’interpellation, le domicile d’Hugo est alors perquisitionné. La gourde avec laquelle il a arrosé ses plantes est notamment saisie pour des analyses. Les examens ont permis d’établir qu’elle ne contenait pas de substance toxique.
« Une telle mobilisation de moyens pour ce type de faits, c’est aberrant », estime l’avocate.
Le 10 juin, le procureur a requis 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, et 10 000 euros d’amende, estimant que le prévenu a cherché à se venger. Le délibéré sera rendu le 10 juillet prochain, précise au Parisien Me Olivia Ronen, déplorant un « dossier d’une absurdité sans nom ».

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19.06.2026

Des parents, dont le fils accusait son baby-sitter d’agression sexuelle, ont reçu un jugement de relaxe laissant apparaître des propos déplacés des magistrats du tribunal de Bobigny, estimant que la mère, «plus bohème que bourgeoise», avait entraîné «son fils dans un délire de victimisation de violences sexuelles».
Le ton est si inapproprié, l’erreur si grossière, la blague si choquante, qu’on pourrait croire, de prime abord, à un faux. Il y a quelques jours, Isabelle B., la mère d’un petit garçon de 10 ans, qui accuse son baby-sitter de l’avoir agressé sexuellement lorsqu’il avait 7 ans, a eu l’amère surprise de découvrir le jugement de relaxe, prononcé le 12 novembre 2025, par la 14e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Bobigny. Toutefois, ce n’est pas la relaxe – certes douloureuse, mais à laquelle elle s’était préparée avec son avocat – qui l’a profondément choquée, mais la rédaction de cette décision. Une décision qui pose la question du sérieux et de la considération avec lesquels les magistrats ont jugé cette affaire de violences sexuelles sur un mineur.

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18.06.2026

Les autorités parlent d’un «risque de trouble à l’ordre public» pour le concert antiraciste de la France Insoumise du 21 juin à Paris.
La fête de la musique une nouvelle fois attaquée. Les autorités parlent d’un «risque de trouble à l’ordre public» et inventent la présence d’artistes qui ne sont pas programmés pour justifier cette censure inédite.
Après les campagnes médiatiques diffamatoires, les poursuites contre des députés insoumis pour «apologie du terrorisme», l’ingérence d’officines israéliennes lors des élections municipales pour faire perdre les candidats insoumis, voilà l’interdiction d’un concert de la France Insoumise. En France, en 2026, le premier parti d’opposition subit des assauts répressifs inédits. Jamais sans doute un grand parti de gauche n’avait été autant attaqué depuis le Parti Communiste durant la guerre froide.
À présent, c’est la fête de la musique qui est visée. Le mouvement avait annoncé un grand concert antiraciste sur la Place de la République à Paris, le 21 juin. Une bonne idée, mais qui n’a rien de particulièrement exceptionnel. D’abord parce que la fête de la musique est en principe l’un des rares moments où l’on peut jouer des chansons, y compris engagées, dans l’espace public en toute liberté depuis plus de 40 ans. Un événement, on le sait, désormais menacé depuis la noyade de Steve à Nantes lors d’une charge policière le 21 juin 2019, les attaques de sound systems, ou encore la présence de forces de l’ordre toujours plus nombreuses chaque année, pour gâcher ce moment de joie.
Ce n’est pas tout : chaque année, des organisations politiques, associations, syndicats, et même entreprises organisent des concerts le soir de la fête de la musique. LFI aussi avait tenu un concert l’an dernier aux abords du Canal Saint-Martin à Paris, qui s’était parfaitement déroulé. Cette année, le parti avait d’ailleurs contacté la préfecture depuis le mois d’avril pour organiser son concert, et il n’y avait aucun problème. Jusque récemment.
Depuis une semaine, une véritable campagne s’est organisée pour censurer ce concert. Des tweets compulsifs de toutes les officines pro-israéliennes de France, en particulier le CRIF, des attaques d’éditorialistes et de la presse d’extrême droite, mais aussi et surtout un barrage venu du Parti Socialiste. Le maire de Paris a déclaré qu’il s’opposait au concert antiraciste, et l’adjoint au maire Ariel Weil, par ailleurs soutien inconditionnel d’Israël, a appuyé cette position. Des proches du maire déclarent même dans Le Monde : «Si Reconquête ! avait voulu organiser un concert de métal nazi au Trocadéro, tout le monde aurait hurlé». Pour les sionistes du PS, un concert antiraciste est la même chose qu’un événement nazi. La confusion est maximale. Résultat ? La préfecture vient de décider, au dernier moment, d’interdire le concert.
L’arrêté officiel de la préfecture est tout aussi scandaleux que stupide. Il justifie l’interdiction par la présence d’artistes et de personnalités «controversées», comme Médine, Assa Traoré et Soso Maness. Problème : ces personnes n’ont tout simplement pas été programmées à ce concert, c’est une invention pure et simple. Du reste, s’il fallait interdire chaque événement où se trouve une personne «controversée», il faudrait probablement vider toutes les rues du pays. Enfin, qualifier de «controversés» une militante et des artistes engagés contre le racisme et les violences policières est une preuve de plus que la préfecture est déjà aux mains de l’extrême droite.
Autre motif dans l’arrêté : une liste d’affrontements entre l’extrême droite et les antifascistes qui auraient eu lieu dans plusieurs villes, dont Nantes ou Rennes, sans aucun lien avec la fête de la musique ou la France Insoumise. Non seulement il s’agit de criminaliser l’antifascisme, comme on l’a vu lors de la mort de Quentin Deranque, mais aussi d’interdire préventivement tout événement culturel et parole qui s’opposerait à l’extrême droite, car cela constituerait un «risque de trouble». C’est tout simplement totalitaire, un tel arrêté aurait pu être rédigé directement par l’état major du RN.
L’arrêté parle aussi d’une «saturation» des forces de l’ordre ce jour-là, occupées par la coupe du monde et un concert de Bruno Mars. Là aussi, c’est une logique de dictature : n’importe quel événement pourrait être interdit avec ce prétexte. La France est déjà le pays le plus militarisé d’Europe, sa police est l’une des plus nombreuses et armées, mais il faudrait toujours plus d’agents. Et si l’État estime que l’occupation de l’espace par la police n’est pas encore suffisant : interdiction d’office. Où va-t-on ?
Tout cela est d’autant plus stupéfiant qu’un «concert de musique israélienne» est autorisé Place du Trocadéro le même soir pour «soutenir Israël». Sur la chaine génocidaire I24, l’organisateur parle d’une «grande célébration de la musique israélienne» avec des «artistes israéliens, chanteurs franco-israéliens et DJ», qui «bénéficiera d’un important dispositif de sécurité mis en place en coordination avec les autorités françaises». Cette fête est organisée pour la troisième année consécutive. D’un côté, le CRIF et les lobby israéliens exigent l’interdiction d’un concert de gauche, de l’autre, les autorités valident et protègent un rassemblement pro-Israël dans l’endroit le plus prestigieux de Paris.
Tout cela est malheureusement cohérent avec l’autorisation de défilés néo-nazis dans la capitale ou à Lyon par le gouvernement, alors que les manifestations antifascistes et pro-palestiniennes ont été implacablement interdites et réprimées. Jamais, depuis des décennies, les préfets n’ont interdit autant d’évènements publics que sous Macron.
Le 21 avril 2024, une grande manifestation «contre le racisme et l’islamophobie» organisée par de très nombreuses organisations avait déjà été interdite par le préfet de Paris. Ce dernier estimait que dénoncer les violences policières pouvait «attirer des éléments violents» et qu’évoquer les enfants de Gaza est une «provocation à l’antisémitisme». La justice avait annulé l’interdiction, mais Darmanin s’était acharné, et avait lancé un nouveau recours, pour tenter jusqu’au dernier moment d’interdire cette marche, qui avait finalement eu lieu dans le calme.
Concernant la fête de la musique, les Insoumis annoncent un recours en justice, qu’ils gagneront probablement, tant l’arrêté préfectoral est indigent. Mais le signal est envoyé : le dernier grand parti d’opposition est menacé même quand il veut passer de la musique.

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17.06.2026

En France, un rapport publié ce mercredi 17 juin alerte sur les « amendes discriminatoires » visant certains jeunes. Une enquête de plus d’un an menée par plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, pointe du doigt le « harcèlement policier » qui cible les jeunes perçus comme noirs et arabes.
Un rapport publié ce mercredi 17 juin par plusieurs ONG, Human Rights Watch, (RE)CLAIM et la Maison communautaire pour un développement solidaire (MCDS), pointe du doigt les « amendes discriminatoires » qui visent certains jeunes en France. Il s’agit d’amendes forfaitaires contraventionnelles, qualifiées par les policiers de « triplettes magiques », selon le rapport. Car ces amendes sanctionnent trois infractions à la tranquillité publique : déchets, tapage et déversement de liquides insalubres sur la voie publique.
Des infractions « vagues », estiment les auteurs du rapport, qui font l’objet d’interprétation « subjective » par les policiers et qui visent en particulier certains individus.
Ce sont souvent des mineurs, verbalisés dès l’âge de 13 ans, voire 14 ans. Des jeunes dont les familles ont peu de moyens et qui habitent dans des quartiers dits « sensibles » et populaires. Une stratégie qui semble délibérée, puisque selon un rapport du Défenseur des droits publié l’an dernier, les amendes servent des politiques publiques qui veulent évincer de l’espace public des personnes qualifiées dans certains registres de police d’« indésirables ». Un terme repris par cette mère de famille qui élève seule ses trois enfants : « Ils les appellent les indésirables car ils ne veulent pas que nos enfants soient dehors, avec leurs amis, et donc ils les bombardent d’amendes », explique-t-elle.
Un nouvel outil de harcèlement policier
Des amendes qui s’ajoutent aux contrôles d’identité aux faciès, abusifs et répétés, qui sont des pratiques policières anciennes, à l’instar des fouilles et des palpations. Depuis 2012, les policiers français ont des pouvoirs élargis avec la possibilité de recourir à des amendes forfaitaires, une mesure qui visait à désengorger les tribunaux mais qui alimente les discriminations, selon les associations autrices du rapport.
Avec de lourdes conséquences financières : les jeunes reçoivent un grand nombre d’amendes qui sont majorées en cas de retard de paiement. Quand ces amendes s’accumulent, elles peuvent atteindre jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une dette dont héritent les familles puisque ces jeunes sont souvent mineurs. Les conséquences se font aussi sentir sur la santé, comme le souligne cette même mère de famille : « Moi, il y a quelques années, je ne pouvais pas dire le mot racisme, ça ne faisait pas partie de mon vocabulaire. Mais là, je me rends compte que ça existe, et je ne sais pas quand ça va s’arrêter. L’un de mes fils a été tellement harcelé qu’il est aujourd’hui en psychiatrie. »
Les associations demandent de supprimer du Code pénal les trois infractions liées à la tranquillité publique et d’annuler toutes les dettes liées aux amendes. « Les victimes ont un sentiment de honte et n’osent pas en parler, il faut qu’on arrête de stigmatiser toujours les mêmes personnes », explique Omer Mas Capitolin, président de l’association Maison communautaire pour un développement solidaire, qui dénonce les contrôles abusifs au faciès. « Ce n’est pas parce qu’on est jeune, noir ou arabe, qu’on vit dans un quartier populaire qu’on est forcément un délinquant en puissance », souligne-t-il. Munies de cette enquête, les associations alertent le gouvernement pour qu’il mette en place un contrôle indépendant sur les amendes.
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17.06.2026

Des policiers ont blessé un adolescent de 16 ans, passager d’une voiture volée, au cours d’une course-poursuite le 12 janvier dernier à Carcassonne. La préfecture a décoré les policiers. Les parents du jeune garçon sont choqués.
Vol de voiture, conduite dangereuse, course folle en centre-ville… Le 12 janvier dernier vers 15 h 30 à Carcassonne, trois adolescents de 15 et 16 ans volent un véhicule utilitaire Citroën Berlingo. Ils prennent des risques insensés dans les rues de la capitale de l’Aude.
Le véhicule est repéré par un équipage de la brigade anticriminalité, aidé par trois policiers de la brigade d’aide et d’assistance judiciaire. Au bout de 15 minutes, la voiture folle menace un brigadier-chef, qui ouvre le feu, ce qui met fin au périple des trois adolescents. Un jeune de 16 ans, passager du véhicule, est blessé au thorax.

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17.06.2026

Le tribunal retient un second tir non légitime du taser dans ce qui n’était pas un refus d’obtempérer.
Un policier municipal de Marseille a été reconnu coupable de violences par personne dépositaire de l’autorité publique. Il a été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour un tir de pistolet-taser qui avait atteint la victime aux testicules. Le tribunal a fait droit à une dispense d’inscription de sa condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire.

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16.06.2026

Ce sont les surveillants de la prison qui ont fait la macabre découverte lors de leur ronde de sécurité du petit matin. Ce dimanche 14 juin, vers 6 heures, un homme a été retrouvé décédé à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône.
Le détenu était âgé de 46 ans ; il a été retrouvé pendu dans sa cellule.
Selon le parquet de Villefranche, le détenu était en détention provisoire pour tentative d‘assassinat, dans le cadre d‘une information judiciaire suivie à Bourg en Bresse. Il était seul en cellule. Il s’est tailladé les veines puis pendu.
Un détenu se suicide tous les deux ou trois jours
En France, un détenu se suicide tous les deux ou trois jours. Selon les derniers chiffres communiqués par la direction de l’administration pénitentiaire, 157 personnes écrouées se sont suicidées en 2023 (145 en détention et 12 hors détention), contre 139 en 2022.
Parmi ces personnes décédées, quatre étaient mineures, et cinq étaient des femmes. Des chiffres plus élevés que dans la plupart des pays européens, selon l’OIP (Observatoire international des prisons).

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16.06.2026

Un gendarme originaire de La Ferté-Macé (Orne) est incarcéré depuis le 3 juin 2026 pour corruption de mineurs. Il aurait demandé à au moins quatre jeunes de lui envoyer des photos dénudées et de leurs parties intimes en contrepartie d’argent, et leur en aurait lui-même envoyé.

(…)

Il connaît la gravité de la pédocriminalité, c’est d’autant plus inquiétant.

(…)

En visioconférence depuis la prison du Mans (Sarthe), Nicolas Furne, 29 ans, conteste son placement en détention provisoire prononcé par le parquet d’Alençon (Orne)…

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16.06.2026

Basta! recense 49 décès liés à une intervention des forces de l’ordre – police, gendarmerie et police municipale – en 2025. Ce chiffre pourra éventuellement évoluer lorsque les rapports de « la police des polices », IGPN (pour les policiers) et IGGN (pour les gendarmes), seront publiés. Il est pour l’instant inférieur aux décès de 2024, au nombre de 66 – un niveau inédit depuis que nous tenons à jour cette base de données sur les interactions policières létales (chiffre auquel s’ajoutent trois décès directement ou indirectement du fait de policiers hors service). Au-delà des chiffres, ce sont les circonstances dans lesquelles ces décès se produisent qui livrent des éléments sur la légitimité – ou non – du recours à la force dans ces 49 décès [1].
La police nationale est impliquée dans plus d’une trentaine d’affaires, la gendarmerie dans une dizaine de cas et la police municipale dans cinq décès. Ces interventions létales recouvrent des situations très différentes : des personnes qui ont elles-mêmes ouvert le feu sur les forces de l’ordre ou qui viennent de perpétrer un féminicide ; des personnes en décompensation psychique et jugées, à tort ou à raison, menaçantes ; des adolescents tentant d’éviter un contrôle de police ; ou des personnes interpellées et victimes d’un « malaise » entre les mains de la police. Plusieurs affaires soulèvent des interrogations, en particulier quand la version policière diffère de celle de témoins de la scène.
Morts par balles, armés ou non
Cela reste la première cause de décès : lorsque policiers ou gendarmes font usage de leur arme à feu, ce qui est le cas dans dix-neuf de ces décès. Dans quatre de ces interventions, les forces de l’ordre ont été amenées à riposter. Sur une aire d’autoroute à Selongey, en Côte-d’Or, le 8 février 2025, des policiers du Raid en filature sont visés par des tirs d’armes automatiques venant des suspects qu’ils surveillaient dans le cadre d’une enquête pour « aide au séjour en bande organisée et association de malfaiteurs ». L’un des suspects est tué.
Un mois plus tard, un homme au masque de clown muni d’un sabre prend en otage la gérante d’une fromagerie à Bidart, près de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Au moment de la négociation avec des policiers de la Bac arrivés sur place, il pointe une arme vers eux et semble faire feu, avec un pistolet qui se révélera factice. Les policiers de la Bac ripostent et tuent cet ancien militaire. À Metz (Moselle), c’est un homme qui menace de sa fenêtre les passants avec une arme à canon long, pendant la nuit. Vers 3 heures du matin, il ouvre le feu en direction de policiers, blessant trois d’entre eux, selon le récit du parquet.
D’autres décès surviennent alors que les agents interviennent dans le cadre de violences conjugales ou intrafamiliales, comme cette affaire qui implique un homme menaçant avec un pic à brochettes les agents appelés par son ex-compagne à Wingles dans le Pas-de-Calais. Ou Franck Ollivo, qui vient de commettre un féminicide en assassinant son ex-compagne, Tatiana Mevel, à Saint-Jouan-des-Guérets (Ille-et-Vilaine), le 8 août 2025, et qui menace avec une machette les gendarmes à leur arrivée.
Armes blanches et souffrance psychique
Les forces de sécurité font de plus en plus souvent face à des profils de personnes plutôt âgées et souvent en grande détresse psychique, provoquant un comportement parfois agressif. C’est le cas de Jacky, souffrant de schizophrénie et retranché avec ses deux enfants et leur mère au Lamentin, en Martinique, avant d’être tué par le Raid alors que les policiers ont cru entendre une détonation. « Il a supplié pour qu’on lui donne des soins et, résultat, il a pris deux balles, uniquement », regrette sa cousine.
Début 2025, c’est un homme nu dans une église de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) qui menace des passants puis des policiers avec un couteau avant d’être tué. À La Réunion, Jean dit « Ti-Fred » se retranche dans son appartement pour éviter une hospitalisation sous contrainte jusqu’à ce que la gendarmerie intervienne. Selon le procureur, ce sexagénaire aurait menacé les militaires qui ont ouvert le feu après avoir tenté de le maîtriser avec leur Taser. La gendarme est convoquée par l’IGGN pour justifier son tir.
À Dugny (Seine-Saint-Denis), des habitants présents ce 26 février évoquent une « bavure policière » à propos de la mort Nicolas Larue. Présenté comme « véhément », cet homme atteint de schizophrénie et armé de couteaux est tué par les policiers. Ces derniers, alertés par un ambulancier, avaient utilisé leur Taser « sans succès », avant d’ouvrir le feu. La famille du défunt déplore une spirale d’incompréhensions.
Les zones d’ombre de la légitime défense
Juridiquement, l’ouverture du feu sur une personne armée n’est pas légitime par principe. Selon l’article 122-5 du Code pénal, les forces de l’ordre doivent justifier de conditions d’immédiateté, de nécessité, et de proportionnalité de la riposte à un danger.
Plusieurs de ces affaires sont d’ailleurs entourées de zones d’ombres. C’est le cas dans la mort de Gabriel Bée, tué par des gendarmes chez lui, près de Niort (Deux-Sèvres) le 21 mai 2025, à la suite d’un signalement pour tapage nocturne.
L’enquête a conclu que ces tirs étaient « nécessaires » face au trentenaire qui aurait brandi une matraque. Les proches du défunt contestent cette version en s’appuyant sur deux vidéos enregistrées le soir des faits. « C’est aberrant qu’on puisse mourir alors qu’on a mis la musique trop fort », déplore sa mère.
Après une fête à Plum (Nouvelle-Calédonie / Kanaky), Faara Tournier, ne détient pas d’arme quand il reçoit une balle mortelle tirée par un gendarme, en septembre. Ce dernier a ouvert le feu sur un véhicule qu’il estimait menaçant, tuant Faara Tournier qui n’en était pas le conducteur. Selon la version du gendarme, il était passager ; selon plusieurs témoins, il était à l’extérieur. Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) dénonce un « déploiement démesuré de plusieurs contingents de policiers et de gendarmes mobiles ».
Une personne a aussi succombé à une arme dite non létale. En avril 2025, un homme, « errant pieds nus » dans les rues de Paris, meurt après avoir reçu, lors d’une arrestation musclée, un tir de Taser venu d’une patrouille de police sollicitée par le Samu.
Refus d’obtempérer et fuites
Onze personnes ont péri dans un accident routier en lien direct ou indirect avec une intervention des forces de l’ordre. En décembre dernier, un policier municipal de Nice écrase une piétonne, lors d’une marche arrière au volant de sa voiture. Dans l’Oise, Sylvette C. meurt dans une collision avec un véhicule de gendarmerie qui partait en intervention.
La plupart de ces accidents mortels ont cependant lieu lors d’un « refus d’obtempérer » ou d’une tentative de fuite. Le 24 janvier, Thibaut W., dit « Bilal », meurt en scooter après avoir été pris en chasse par les polices municipale et nationale qui cherchaient à le contrôler. La famille dépose plainte et demande la saisine de l’IGPN. Des témoignages recueillis par les proches de la victime affirment que « la police le serrait ».
La cousine de Siméo Hingard, 16 ans, s’interroge aussi sur la distance à laquelle se trouvait le véhicule de police municipale de Tourcoing qui poursuivait l’adolescent à la suite d’une infraction routière en deux-roues, avant qu’il ne percute mortellement un poteau. Nolan, 13 ans, lui, meurt dans un accident de voiture alors que le véhicule était suivi par la police, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).
Par ailleurs, deux personnes migrantes ont perdu la vie en mer après que leur embarcation a été heurtée par la police aux frontières au large de Mayotte.
Morts entre les mains des forces de l’ordre
Enfin, dix personnes sont décédées lors de leur interpellation ou lors de leur détention dans un commissariat ou une gendarmerie, dans des conditions parfois floues. En Seine-et-Marne, C. aurait heurté un panneau de signalisation avant de faire un « malaise » au moment de son interpellation par la Bac.
En juin, durant son transfert à la gendarmerie de Villeneuve-Tolosane (Haute-Garonne), un automobiliste arrêté après une altercation se serait montré violent envers lui-même jusqu’à « se taper la tête dans la camionnette », d’après le parquet. Il est décédé quelques minutes après son interpellation.
Plus de 20 morts en 2026
D’autres personnes décédées dans des commissariats sont présentés comme des « toxicomanes » ou des « marginaux », et ont été interpellés pour des suspicions de vol, avec ou sans violence, ou pour ivresse sur la voie publique. En état d’ébriété, Adrian B. succombe à un arrêt cardiaque dans sa cellule de dégrisement en avril 2025, malgré les soins prodigués par les policiers et les pompiers parisiens. Le même mois, S. K. connaît une fin de vie similaire dans les locaux de la police Roubaix.
Depuis le début de l’année 2026, nous dénombrons plus d’une vingtaine de décès, en cinq mois. Auxquels s’ajoute le triple meurtre commis par un policier municipal, le 8 mai, contre son épouse et leurs deux filles de 9 et 13 ans, dans le Val-d’Oise, avec son arme de service. Ce type de drame n’est pas le premier. Et pose une nouvelle fois la question des armes qui peuvent être gardées par les policiers en dehors de leur service.

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15.06.2026

C’est un homme au profil inquiétant qui a comparu lundi 15 juin 2026 devant le tribunal judiciaire de Quimper. Ce policier qui exerce dans le Morbihan était poursuivi pour des violences sur sa fille et son ex-compagne sur plusieurs années. Le paroxysme a été atteint le 15 janvier dernier lorsque les gendarmes de Quimperlé sont intervenus à son domicile pour secourir sa femme affolée, réfugiée dans ses toilettes avec sa fille. L’homme, qui détenait un couteau, souhaitait en finir, et avait demandé aux forces de l’ordre de lui tirer dessus.
Des caméras dans la maison pour les surveiller

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15.06.2026

En décembre 2018, un policier avait gravement blessé un lycéen en utilisant son lanceur de balle de défense (LBD), lors d’une manifestation à Saint-Jean-de-Braye. Renvoyé en correctionnelle pour « violences volontaires », il s’est désisté de son pourvoi en cassation. Il sera donc jugé prochainement.
Il y aura bien un procès à Orléans pour un policier mis en cause après un tir de LBD qui date de décembre 2018. Âgé aujourd’hui de 58 ans, ce fonctionnaire de police sera jugé pour « violences volontaires » commises par « une personne dépositaire de l’autorité publique ». L’an passé , il s’était pourvu en Cour de cassation pour contester son renvoi en correctionnelle. Mais la radio ICI Orléans vient d’apprendre qu’il s’était désisté, ce qui rend le procès désormais inévitable : il devra donc s’expliquer pour ce tir effectué avec un lanceur de balle de défense et qui avait gravement blessé au front un lycéen de 16 ans.
93 jours d’arrêt de travail
Ce 5 décembre 2018 , des manifestations de lycéens ont lieu dans toute la France pour dénoncer la réforme du bac et la création de Parcoursup. À Saint-Jean-de-Braye, devant le lycée Jacques Monod, la manifestation dégénère : abribus cassé, feux de poubelles, et finalement jets de pierres contre les forces de l’ordre. L’un des policiers, un brigadier-chef affecté au commissariat d’Orléans, décide d’utiliser son LBD. Oumar, alors élève en seconde, s’écroule, gravement blessé à la tête. Bilan : 93 jours d’arrêt de travail, une opération chirurgicale, et d’importantes séquelles physiques – alors qu’il ressort de l’enquête que le jeune homme (qui est actuellement étudiant) ne faisait pas partie du groupe qui lançait des projectiles.
C’est surtout la manière avec laquelle a été effectué ce tir qui pose problème aux yeux des magistrats instructeurs. En clair, le policier n’aurait pas respecté les préconisations d’emploi de cette arme : le tir a eu lieu à une distance de 50 mètres, alors que la distance recommandée est de 3 à 35 mètres – au-delà, le tir ne peut pas être précis, surtout sur une cible mouvante. C’est ce qui explique qu’Oumar n’était pas la personne visée mais qu’il a été atteint à la tête, alors que le policier prétend avoir voulu toucher le thorax. Une imprécision aggravée par un temps de visée trop court, estimé à seulement une seconde.
Un procès en 2027 ?
C’est peu dire que ce procès est attendu avec impatience par l’ancien lycéen et sa famille. « Pour mes clients, c’est très important qu’il puisse y avoir ce procès, commente leur avocat, Me Chistophe Rouichi. Au-delà de la faute commise par le policier, ce qu’ils n’ont pas supporté, c’est qu’il certifie à plusieurs reprises que ce jeune homme jetait des pierres sur les forces de l’ordre, ce qui n’était absolument pas le cas. Et c’est avant tout pour cela qu’ils attendent ce procès : qu’on dise haut et fort qu’Oumar est simplement une victime dans cette affaire. »
L’ordonnance de déchéance du pourvoi rendue par la Cour de cassation date du 14 janvier 2026. En pareil cas, le délai moyen pour que le dossier arrive devant le tribunal correctionnel d’Orléans est de 12 à 18 mois, soit un procès en 2027. Mais « compte tenu des nouvelles priorités de la Chancellerie et du manque criant de moyens et de magistrats au sein de la juridiction orléanaise », Me Christophe Rouichi craint que ce procès ait lieu à une échéance bien plus lointaine : « Et c’est un souci, car on est déjà huit ans après les faits et je crois qu’on a toujours pas pris conscience des dangers du LBD, qui n’est pas une arme anodine ». En tout cas, à ce jour, aucune date n’a été fixée pour la tenue du procès.

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15.06.2026

Il propose les « ravitos du peuple », des ravitaillements gratuits offerts aux sportifs en région parisienne, et rencontre un grand succès sur les réseaux sociaux, au point d’attirer les chaînes de télé. Mais, dans sa dernière vidéo, « Monsieur Ravito » a pesté contre la police municipale qui est venue lui dire qu’il n’avait pas le droit de mener à bien son initiative.
Vous l’avez peut-être déjà aperçu sur les réseaux sociaux ou à l’occasion d’une sortie running ou vélo en région parisienne, Arthur, alias « Monsieur Ravito », a acquis une certaine notoriété avec un concept des plus simples : des « ravitos du peuple » gratuits, proposés aux sportifs et documentés sur la page Instagram monsieur_ravito.
Si, dans la très grande majorité des cas, l’eau fraîche et les petits snacks adaptés aux coureurs et aux cyclistes séduisent, certaines sorties ne se sont pas passées comme prévu. « Monsieur Ravito » a notamment filmé un échange tendu avec la police. Alors qu’il avait installé, comme il en a l’habitude, sa petite table pliante, sur laquelle il avait disposé un grand bidon d’eau fraîche, des gobelets et des snacks, deux policiers municipaux sont venus lui demander de plier bagage.
« Vous avez une autorisation pour être ici ? », entend-on dans la vidéo partagée sur Instagram. Celui qui propose des ravitos gratuits répond par la négative et s’étonne de cette demande, étant donné qu’il ne vend rien, mais « offre » un peu de rafraîchissement aux sportifs, gratuitement. Mais les policiers ne veulent rien entendre et menacent même de verbaliser Arthur s’il ne replie pas sa table. Ce dernier finira par s’exécuter, quelque peu étonné par cet ordre, tout comme ses followers, écœurés de voir cette initiative solidaire sanctionnée…

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14.06.2026

Déjà condamné pour un dossier connexe à l’affaire, ce gardien de la paix franco-algérien, depuis révoqué, est entendu comme simple témoin. L’information judiciaire a révélé qu’il était notamment fasciné par Hitler et Pétain.

(…)

En début d’après-midi, lundi 15 juin, Djalil M. s’avancera à la barre de la cour d’assises. Bien que gardien de la paix au moment des faits, il ne viendra pas raconter l’enquête qui a conduit au renvoi de vingt-deux personnes, des barbouzes et des patrons d’entreprise, pour la bagatelle de cent douze infractions, dont vingt-six crimes. Non, Djalil M. n’a pas enquêté sur cette affaire Athanor, du nom de la loge maçonnique depuis laquelle une officine envoyait des tueurs réaliser des contrats, et dont le procès se déroule à Paris depuis fin mars.

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14.06.2026

Le tribunal administratif de Marseille a confirmé la révocation d’un policier municipal de Nice, actée en 2022. Ce dernier a été impliqué dans une affaire de violences.
La cour administrative d’appel de Marseille a validé à son tour la révocation d’un policier municipal de la « BAC nuit » de Nice (Alpes-Maritimes) qui avait été impliqué en 2022 dans « l’arrestation arbitraire » d’un jeune homme laissé « seul » et « blessé » en pleine nuit dans un lieu « éloigné du centre-ville ».

(…)

Une « arrestation arbitraire »
Dans la nuit du 10 au 11 avril 2022, ce dernier s’était en fait rendu « sans motif professionnel » dans un bar avec ses co-équipiers « alors qu’il était en service » et « en uniforme », rappelle la cour administrative d’appel de Marseille dans un arrêt en date du 28 mars 2026 qui vient d’être rendu public. Il avait alors « conduit […] un individu qu’il présumait être le co-auteur d’un » tag « sur le véhicule de police » dans un lieu « éloigné du centre-ville », alors qu’un simple « contrôle d’identité » lui avait été « préconisé » par un officier de police judiciaire (OPJ).
Cette « arrestation arbitraire » survenue « en dehors de tout cadre légal » s’était produite après que le requérant ait « demandé » à son collègue conducteur « de se rendre à un autre lieu que la caserne à laquelle ils devaient se rendre ». Le fonctionnaire avait par la suite « reconnu avoir consommé de l’alcool avant les faits », avait-il été précisé en première instance.
« Il a fait descendre le jeune […] du véhicule, […] lui a donné une gifle avec le revers de la main et […] lui a mis la tête sur le capot » détaillait même le tribunal administratif de Nice. « Le requérant, qui n’a pas reconnu avoir porté de coups […] et qui a indiqué que ses coéquipiers n’ont pas touché à ce dernier ni proféré d’insultes, est resté insensible devant les constatations médicales qui lui ont été exposées », avait déjà relevé la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence quand elle l’avait placé sous contrôle judiciaire.
Il nie les menaces et insulte
« Si […] M. X nie avoir menacé le jeune […] de viol et de lui mettre une balle dans la tête […], les déclarations de ses coéquipiers […] ne concordent pas avec l’ensemble de ses dires », avaient relevé les magistrats. « Ils font au contraire état d’insultes, de menaces et de coups portés par le requérant à l’égard du jeune homme. » Le fonctionnaire avait au demeurant « reconnu ne pas avoir porté assistance » à sa victime, avait fait état de « problèmes familiaux » et « être sur la corde raide ». « Les déclarations de la victime concordent », était-il relevé.
Devant le conseil de discipline, en juin 2022, l’avocat du policier municipal avait d’ailleurs dit « à l’ouverture des débats » que son client « ne conteste pas » les faits commis et qu’il estimait lui-même « mériter une sanction pénale et disciplinaire ». « La réalité des faits est établie », en déduit donc la cour administrative d’appel de Marseille.
Il ne reconnaît que trois « gifles »
« Si M. X conteste avoir été l’auteur de séquestration, menace de viol ou intimidations, qu’il affirme n’avoir infligé […] que trois » gifles « ayant accidentellement provoqué une fracture du nez et que l’auteur présumé du » tag « s’était préalablement montré » insultant et insolent « […], toutefois il ne conteste pas l’étendue des blessures subies par l’individu », font observer les juges. « M. X a décidé […] de transporter ce dernier dans un lieu éloigné du centre-ville de Nice […] et il y a été laissé ensuite seul et blessé en pleine nuit », répètent-ils.

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13.06.2026

En août 2023, Yacine T. est mort à la prison de Béziers (Hérault). La dégradation brutale de son état de santé n’avait pas été comprise. Le tribunal a prononcé des condamnations pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. La médecin qui avait examiné le détenu a été relaxée.

 

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13.06.2026

5 tirs délibérés dans la tête, 4 mutilations définitives, dont 3 mineurs. C’est le bilan encore provisoire d’un week-end de sauvagerie policière.
Le bilan du week-end de sauvagerie policière s’alourdit
Médiapart a publié le 11 juin une interview de Jordan, un jeune mannequin professionnel de 26 ans et habitant en région parisienne. Il a été mutilé par un tir de balle en caoutchouc le soir de la victoire du PSG en Ligue des Champions.
L’œil bandé, Jordan raconte sa soirée du samedi 30 mai, qui a vu sa vie basculer. Il était sorti avec deux amis, et se trouvait dans le XVIIème arrondissement de Paris pour célébrer la victoire du PSG. Autour de 22 heures, la police attaque les groupes de supporters et gaze massivement, sans distinction. Il est pris dans un mouvement de foule. Avec un de ses amis, il se réfugie avec des dizaines de personnes dans une cour, le temps que les choses se calment. Une demie heure après, il sort. C’est à ce moment là que Jordan est touché à l’œil par un tir de LBD.
Autrement dit, des policiers armés attendaient que les personnes repliée dans la cour sortent pour leur tirer dessus. C’était une partie de ball trap contre la jeunesse de banlieue parisienne. L’ami de Jordan «affirme avoir vu une munition de lanceur de balles de défense tomber à ses pieds» après l’impact. Jordan saigne, il est très gravement blessé et hospitalisé en urgence, pendant plusieurs jours. Médiapart rapporte que les médecins font état d’un traumatisme d’une «gravité exceptionnelle», qui a provoqué l’éclatement de son globe oculaire et plusieurs fractures au visage. Jordan a définitivement perdu son œil.
Le même soir, le média Street Press a rapporté une autre grave blessure à la tête par une balle en caoutchouc. Celle de Mourad, 43 ans, qui n’a «rien vu arriver». Il se trouvait à Châtelet avec deux amis. Au moment de rentrer chez lui, devant le pont d’Iéna, il reçoit un tir policier. L’impact provoque sept fractures autour de son œil droit, notamment des parois et du plancher de l’orbite jusqu’au «processus condylien», par laquelle est accrochée la mâchoire inférieure, selon Street Press qui cite une source médicale. Par miracle, son globe oculaire n’a pas explosé, mais Mourad aura des séquelles.
Ces deux cas s’ajoutent à trois autres mutilations déjà répertoriées.
Celle de Daouda, un enfant de 13 ans, qui fêtait la victoire du PSG à Bobigny, en Seine-Saint-Denis. La police a tiré vers la foule au LBD directement depuis une voiture. L’adolescent a été évacué le visage en sang. La balle a frappé en pleine tête. Hospitalisé dans un établissement spécialisé en ophtalmologie, il a appris qu’il avait perdu l’usage de son œil droit.
Le même soir, à Fontenay-sous-Bois, un autre adolescent de 14 ans a reçu un tir policier dans le visage. L’impact l’a atteint au niveau du front, à quelques centimètres de l’œil, comme le montre une image diffusée sur les réseaux sociaux. Son nom n’est pas connu. Le pronostic vital du jeune homme aurait été d’abord engagé, et les médecins annoncent des conséquences irréversibles sur sa vue. La famille, «choquée et abasourdie» selon Le Parisien, exprime son «intention de porter plainte». Son frère a publié un appel à témoin sur les réseaux sociaux, expliquant que «pendant cette charge, des mères de familles et même un bébé de 4 mois ont été gazés».
Enfin, dans le Val-de-Marne, à Cachan, c’est dimanche 31 mai que la police a mutilé un autre mineur. Selon RTL, la police aurait éborgné un adolescent lors d’une intervention «sans aucun rapport avec les festivités du PSG».
5 tirs délibérés dans la tête, 4 mutilations définitives, dont 3 mineurs. C’est le bilan encore provisoire de ce week-end de sauvagerie policière en région parisienne. Combien d’autres cas ne sont pas connus ? Combien d’autres blessés n’osent pas se manifester ?
Les chaînes de télévision, à l’unisson, ont parlé pendant une semaine de quelques feux d’artifice et de quelques vitres brisées, relayant la propagande préfectorale. Mais il ne s’agit que de dégâts minuscules en comparaison des dommages irréparables causés par les forces de l’ordre.
La direction générale de la Police Nationale a reconnu auprès de Médiapart que, cette nuit-là, 1832 cartouches de LBD ont été tirées en France. Un chiffre effroyable, celui d’un pays en guerre contre sa jeunesse. Près de 2000 munitions qui ont frappé des corps et terrorisé des esprits, un soir de fête.

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12.06.2026

Martinique : Un policier soupçonné de corruption quand il était en poste à Toulouse mis en examen et écroué

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Un policier martiniquais né en 1975 a été mis en examen pour association de malfaiteurs, corruption active et passive, ainsi que blanchiment aggravé, et placé en détention provisoire en Martinique20 Minutes avec AFP

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12.06.2026

Un policier a été mis en examen jeudi 11 juin. Ce fonctionnaire du commissariat de Rouen est soupçonné d’avoir consulté illégalement des fichiers de police et procédé à des levées d’immobilisation de véhicules, contre rémunération. Sa commanditaire présumée a été mise en examen.
Un gardien de la paix de 45 ans est mis en examen jeudi 11 juin 2026, dans la soirée. Ce fonctionnaire du commissariat principal de Rouen est soupçonné d’avoir consulté illégalement des fichiers de police et procédé à des levées d’immobilisation de véhicules, contre rémunération.

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Payé plusieurs dizaines de milliers d’euros
Le parquet de Rouen saisit donc immédiatement l’IGPN de Rennes et les premières investigations révèlent que le fonctionnaire a consulté près de 2.500 fichiers de police et procédé à plus de 700 levées d’immobilisation de véhicules sur l’ensemble du territoire national. Elles mettent surtout en évidence que l’homme a été payé pour le faire. Plusieurs dizaines de milliers d’euros au total, dont une partie a été saisie. Sa commanditaire, une femme de 27 ans, est identifiée en région lyonnaise. Elle est soupçonnée d’avoir vendu à ses « clients » les informations qu’elle achetait au gardien de la paix.

(…)

Ils sont tous les deux mis en examen pour « corruption, détournement et complicité de détournement de finalité d’un système de traitement de données automatisées mis en œuvre par l’État et ce en bande organisée, violation du secret professionnel et blanchiment », précise le procureur de la République à ICI Normandie.

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En l’occurrence, le poste qu’occupait ce gardien de la paix ne justifiait pas une consultation aussi intensive des fichiers de police.

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12.06.2026

L’opération n’a pas eu l’air de les déranger. Les élèves du collège George-Onslow, à Lezoux, ont dû ouvrir leur sac vendredi 12 juin avant d’aller en classe. Les gendarmes ont effectué une opération de contrôle. Ils recherchaient des couteaux.

(…)

Le gendarme plonge la main au fond du sac à dos. Inspecte le contenu : cahiers, livres, trousse, clefs… Rien à signaler. Ce n’est pas le cas du collégien suivant. « T’es sûr que c’est autorisé ? », questionne le militaire en tirant un téléphone miniature du cartable. L’élève : « Oui s’il est éteint dans le sac ».

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11.06.2026

Très rapidement, on comprend que l’affaire n’est pas habituelle, quand la juge énonce la fonction du jeune homme : gendarme adjoint volontaire. Il est poursuivi pour avoir commis des infractions dans le cadre de son travail : « la révélation d’informations sur une enquête » et le « détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel ».
C’est en septembre 2024 qu’il arrive au sein de la brigade de gendarmerie de la région havraise. Et c’est en octobre 2025 que le jeune homme s’en ouvre à un collègue. Sur le lieu d’une intervention – pour une perquisition du domicile d’un automobiliste – quartier des Neiges au Havre pour lequel il doit surveiller le secteur, il se confie à un collègue, également gendarme adjoint volontaire. Il lui explique qu’il est en train de communiquer des informations confidentielles à sa conjointe, « influenceuse dans le marketing digital » qui est originaire de ce même quartier. À la barre, le prévenu réagit : « C’est inadmissible. J’étais content d’être dans le quartier de ma compagne. Je regrette énormément. C’est la première fois que je me retrouve devant le tribunal », exprime-t-il, penaud.
Des consultations de fichiers à sept reprises
Mais ce n’est pas tout, poursuit la présidente. Depuis qu’il est dans cette brigade, il a consulté « à sept reprises » des fichiers confidentiels, en dehors de procédures, de septembre 2024 à mars 2026. Cela pouvait être le fichier des immatriculations de véhicules ou encore des fichiers recensant les antécédents judiciaires de personnes qu’il connaissait. Il explique que ce n’était « pas pour porter atteinte à l’institution » qu’est la gendarmerie, mais « plus pour rendre service ».

(…)

Par l’inscription de cette peine à son casier, il devrait alors quitter les rangs de la gendarmerie.

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10.06.2026

L’extrait vidéo ne dure que quelques secondes. Mais il semble établir clairement les violences subies par un homme lors de son interpellation par la police. Les faits se sont déroulés vers 2 heures du matin le 3 juin, non loin de la station de métro Italie, à Rennes. Un homme est alors interpellé par la police et menotté. Accompagné par un agent, il voit un autre policier s’approcher de lui et lui asséner un coup.
Quelques instants plus tard, c’est le chien de la brigade canine qui semble mordre l’homme interpellé, qui pousse un cri. « Ces violences, sur une personne privée de sa liberté, n’apparaissaient aucunement nécessaires », dénonce la Ligue des droits humains du pays de Rennes. L’association, membre de l’Observatoire rennais des libertés publiques (Orlib), rapporte les propos tenus par le policier. « On va te mettre tout sur le dos. Tu vas prendre cher toi. » Propos que l’on entend assez distinctement dans la vidéo.
Juste avant, le policier avait crié à l’homme interpellé : « D’où tu touches les flics ? D’où tu as touché ma collègue ? ». Juste avant, un autre policier avait dit : « il lui a balancé un truc dans la tronche ».
Des violences « physiques et psychologiques »
Mardi soir, l’avocate de l’homme interpellé a annoncé que son client allait porter plainte ce mercredi. « Mon client dénonce des violences physiques et psychologiques exercées à son encontre de la part de fonctionnaires de police », explique Me Amina Saadaoui. L’avocate dénonce également un « faux et usage de faux » à l’encontre des policiers. « L’omerta sur ce sujet ne peut plus durer », ajoute l’avocate. Une enquête a été ouverte.

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09.06.2026

Un détenu du centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille, est décédé dans un feu de cellule, ont annoncé les marins-pompiers.
L’alerte a été donnée un peu avant 15h, ce mardi 9 juin, selon le bataillon des marins-pompiers de Marseille. Des secours ont été déployés pour intervenir sur un feu de cellule, au centre pénitentiaire des Baumettes, situé dans le 9ème arrondissement, dans les quartiers sud de la cité phocéenne.
À leur arrivée, les secours ont extrait de la cellule un homme, qui se trouvait en arrêt cardio-respiratoire, précisent les marins-pompiers. Malgré les tentatives de réanimation, la victime a été déclarée morte sur place par le médecin du bataillon, de même source.
Une enquête en cours
Contactée par France 3 Provence-Alpes, l’administration pénitentiaire confirme le décès d’un homme entre 30 et 40 ans, sans donner plus de précisions sur la localisation ou les circonstances du sinistre. Elle indique à France 3 Provence-Alpes qu’une enquête est en cours.
Deux autres détenus ont été pris en charge par les marins-pompiers, pour avoir inhalé des fumées. Ils ont été admis à l’unité sanitaire de la prison, mais leur état n’a pas nécessité un transfert à l’hôpital.

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09.06.2026

Un lycéen de 16 ans participant à la fête populaire de la CGT de Saint-Avold a été intimidé, bousculé et fiché par la police municipale samedi 6 juin. Son tort : avoir collé un autocollant sur son sac et porté des journaux de la Fédération anarchiste. Témoignage.
Samedi 6 juin, aux alentours de 22h30, la fête populaire de l’Union Locale CGT de Saint-Avold est finie depuis peu et les organisateurs remballent leur matériel. Un jeune lycéen de 16 ans qui participait plus tôt à la fête sort du CAC, le centre d’animation culturelle situé à côté de celle-ci. Il a en main un autocollant de La France Insoumise. Il le colle. Quelques secondes plus tard, une élue de la nouvelle majorité RN l’interpelle : « C’est interdit ». Le jeune s’excuse, décolle son autocollant, le place sur son sac à dos, et continue son chemin. Il se dirige vers la fête.
Deux minutes plus tard, une voiture de police municipale s’arrête à sa hauteur, devant un restaurant en face de l’événement. Un policier en civil en descend. « Il m’a demandé une pièce d’identité et m’a dit de le suivre. Il m’a attrapé par le bras en me faisant mal et m’a poussé contre la portière de la voiture », raconte le jeune.
Le policier lui ordonne de vider ses poches. Il saisit les autocollants, puis les journaux — des publications de la Fédération anarchiste. « Il appelle son collègue et lui dit qu’il a « chopé un jeune », mais qu’il n’est plus en service ». Le policier prend en photo la carte d’identité de la victime sur son téléphone. Puis il envoie par SMS l’ensemble de ses informations à un contact : nom, prénom, lycée, classe, numéro de téléphone, adresse. Un fichage en règle, sans aucun cadre légal.
« Il a commencé à prendre en photo mes stickers et mes journaux. Après il sort un autre téléphone, qui avait l’air beaucoup plus vieux, et reprend des photos de mes stickers et de ma pièce d’identité ».
Quand le policier repart, il conserve les autocollants et rend les journaux. « Il m’a dit que si je recommençais, ça pouvait être verbalisé ». Le jeune, choqué, rejoint la fête. Il n’a pas été verbalisé et n’a fait l’objet d’aucune procédure officielle. Il a simplement été plaqué, humilié, fiché.
Intimidations ciblées dans le contexte du bras de fer entre la mairie RN et la CGT
Ce témoignage confirme ce que les organisateurs de la fête dénonçaient dès samedi soir : les agents de la nouvelle mairie RN, qui avait tenté en vain d’empêcher l’évènement, ont passé la soirée à intimider des participants. Plusieurs jeunes présents aux abords de la fête ont été contrôlés et harcelés. Un militant CGT témoigne : « vers 17 heures j’ai vu deux jeunes visiblement mineurs se faire contrôler sur le parking de la fête, par un policier municipal et un national. Je leur ai demandé pourquoi ils contrôlaient ces jeunes participants à notre fête, et ils m’ont répondu de manière très agressive de m’éloigner ». Le syndicaliste ajoute « finalement, lorsque plusieurs camarades nous ont rejoint, les policiers ont laissé repartir les jeunes, qui nous ont remercié ».
Le mode opératoire est révélateur. Un policier qui n’est sans doute plus en service mais qui patrouille quand même. Un téléphone qui semble être personnel utilisé pour photographier des documents d’identité. Des informations transmises par SMS à un contact inconnu, en dehors de toute procédure légale. Bref, une police municipale qui agit avec zèle pour ficher et intimider des mineurs, et les décourager de tout engagement politique qui s’oppose aux autorités locales.
Une violence révélatrice
Cette scène de violence ordinaire est emblématique du projet politique de l’extrême droite : instaurer un climat de peur et d’arbitraire, où toute velléité d’opposition, même la plus modeste, est punie par l’intimidation physique et le fichage. Après avoir tenté d’interdire la fête de la CGT et avoir reculé sous la pression d’une campagne nationale, la mairie RN a choisi de criminaliser les participants eux-mêmes.
« Ces méthodes sont indignes. Elles sont le signe que le RN, une fois aux responsabilités, applique les recettes qu’il a toujours défendues : répression, fichage, harcèlement des opposants », a réagi Christian Porta, secrétaire de l’UL CGT. « Nous ne les laisserons pas faire. La fête a été un succès, nous ne nous laisserons pas intimider et encourageons la jeunesse à ne pas se laisser décourager d’exprimer ses idées. L’Union Locale CGT apporte tout son soutien aux jeunes intimidés ».
Samedi, à Saint-Avold, le RN a une nouvelle fois montré son visage : celui d’un pouvoir municipal qui répond au maintien de la fête par l’intimidation et la répression. Mais samedi, à Saint-Avold, le RN a aussi appris une leçon : il y a des travailleurs et des jeunes qui ne comptent pas se laisser faire, et qui comptent bien faire front à chaque attaque, chaque menace, pour défendre leur droit à débattre et à s’organiser.

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08.06.2026

Altercation dans un bar : un commissaire de police breton jugé pour violences à Paris

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Un commissaire de police briochin était jugé, ce lundi, à Paris pour des violences commises dans un bar du VIe arrondissement, en décembre 2025.

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« Je ne suis pas quelqu’un de violent », assure le prévenu, en se présentant à la barre du tribunal judiciaire de Paris, ce lundi matin.

(…)

Ce soir-là, il retrouve des amis dans un bar du VIe arrondissement de la capitale. Une sortie qu’il s’autorise « une fois par mois », loin de son lieu de résidence, pour éviter d’être reconnu. « C’est le seul moment ou je peux m’amuser », dit-il à la présidente du tribunal.
En état d’ivresse et son arme de service à la ceinture

(…)

Elle évoque, au contraire, une poussée violente. Désorientée, elle dit ne garder que des souvenirs flous de la scène, reprenant conscience dans une ambulance.
Autre élément sensible : le policier portait son arme de service alors qu’il reconnaît une consommation d’alcool. « Quatre bières, trois verres de vin », détaille-t-il à l’audience.

(…)

Son avocate évoque des troubles de mémoire persistants, allant jusqu’à lui faire oublier certaines recettes, et réclame 5 000 euros de dommages et intérêts.
Pour le procureur, « il s’agit bien d’un geste de violence », commis en état d’ivresse manifeste.

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06.06.2026

Le ministère public l’a annoncé ce vendredi. Le journal l’Humanité a révélé qu’un policier des Yvelines avait saisi sa hiérarchie après avoir été la cible de propos racistes de la part de deux agents de sa brigade.
Le parquet de Versailles a indiqué ce vendredi avoir ouvert une enquête pour injures non publiques et harcèlement.
Selon l’Humanité, ce fonctionnaire de police affecté à la brigade d’aide et d’assistance judiciaire (BAAJ) des Yvelines a remis fin 2025 un rapport à sa hiérarchie, expliquant avoir été traité à plusieurs reprises de « singe » par deux agents de sa brigade, dont un major.

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06.06.2026

Un gendarme jugé pour avoir abusé de ses fonctions et consulté des fichiers à données personnelles

(…)

Un gendarme, officier de police judiciaire de la compagnie d’Hallennes-lez-Haubourd…

(…)

Un gendarme jugé pour avoir abusé de ses fonctions et consulté des fichiers à données personnelles
Quinze années de service, aucun antécédent disciplinaire, mais un sérieux « dérapage » qui lui vaut aujourd’hui de comparaître au tribunal judiciaire de Lille. À 34 ans, le militaire de profession sait qu’il risque gros : une inscription au bulletin n°2 de son casier judiciaire mettrait un terme immédiat à sa carrière.

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05.06.2026

Si des débordements ont eu lieu en France après la victoire en Ligue des Champions du Paris Saint-Germain, des policiers ont commis de nombreuses violences. Trois personnes dont deux mineurs auraient été grièvement blessés par des tirs de LBD.
Coup de sifflet. Lorsque le PSG remporte sa seconde étoile lors de la finale de la Ligue des Champions, ce samedi 30 mai, les scènes de liesse ont déjà rempli les rues de la capitale. À leur manière, les 8.000 policiers déployés à Paris par le ministère de l’Intérieur « pour contenir tout débordement » se sont joints à la fête. Aussi rapidement que le nombre croissant d’interpellations est venu rythmer la soirée des chaînes d’informations en continu, sont apparues sur les réseaux sociaux les premières images de comportements problématiques et accusations de violences illégitimes perpétrées par les forces de l’ordre.
Débordements et éborgnements
Surviennent ainsi les images d’un enfant de 13 ans qui maintient un épais bandage contre son œil. Du sang coule le long de son avant-bras pendant le trajet jusqu’à l’hôpital. Selon le député LFI de Seine-Saint-Denis Aly Diouara, l’enfant aurait été frappé par un tir de LBD tiré depuis un véhicule de police à Bobigny (93). À Fontenay-sous-Bois (94), un adolescent âgé de 14 ans aurait également été grièvement blessé au visage par un tir de LBD, a indiqué dans un communiqué le maire de la commune Jean-Philippe Gautrais (liste d’union de la gauche). L’élu précise : « Les médecins ont annoncé des conséquences permanentes sur sa vue ». L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie des deux affaires, ont fait savoir respectivement les parquets de Bobigny et de Créteil.
Sur le périphérique parisien, à la Porte Maillot, un rassemblement de motards au milieu duquel s’improvise un match de foot est délogé à grand renfort de grenades lacrymogènes tombant entre les véhicules. Près de la porte de Saint-Cloud, des motards passant à côté de policiers sont aspergés de lacrymogène.
Dans les jardins du Grand Palais dans le 8e arrondissement, malgré son brassard « Presse », le reporter Enzo Rabouy, 21 ans, est frappé d’un coup de matraque derrière la tête et s’effondre par terre. Le policier qui l’a violenté l’a « laissé inconscient au sol », précise-t-il sur X à l’appui des images. À Mediapart, il confie vouloir porter plainte.
Sur la place du Trocadéro, un jeune homme recroquevillé par terre est frappé de deux coups de matraque télescopique par un policier. Il n’est pourtant pas interpellé. À la place, en repartant, le même agent lui donne un violent coup de pied dans la tête. « Il voulait me matraquer car il m’a vu filmer », ajoute l’auteur de la vidéo, qui précise avoir reçu dans sa fuite, comme d’autres supporters, plusieurs coups dans le dos.
Enfin, juste de l’autre côté du pâté de maisons, rue Magdebourg, la vidéosurveillance d’un immeuble d’habitation montre une cinquantaine de supporteurs s’engouffrer dans la cour intérieure pour fuir, certains en suffoquant, un épais nuage de gaz lacrymogènes. Quelques minutes plus tard, trois policiers rentrent à leur tour en courant, matraques et LBD à la main, suivis de fonctionnaires de la BAC. L’un d’eux, cache-cou remonté jusqu’au nez, matraque immédiatement l’un des jeunes qui essaye de fuir. Un second, carrure de rugbyman, cagoule sur la tête et LBD en bandoulière, lui porte plusieurs coups de poing.
Alors qu’une première partie des personnes sortent, le même policier se poste devant le reste du groupe, et leur porte trois coups de poing au visage, tandis que son collègue enchaîne les coups de bâton. Aucune résistance n’est pourtant décelable de la part des supporters, dont plusieurs gardent les mains en l’air. De fait, aucune interpellation n’est réalisée par les agents. À la sortie de l’immeuble, « une haie d’honneur » policière les attend, depuis laquelle s’abattent des derniers coups de matraque, toujours filmés.
Sollicité par StreetPress, le service communication du parquet de Paris a indiqué avoir transmis ces images « à la section compétente » afin qu’elle puisse « ouvrir des enquêtes ». À ce stade, les magistrats font état de trois procédures mettant en cause des membres des forces de l’ordre à Paris. Deux concernent des mineurs de 14 et 17 ans dénonçant des violences lors de leur interpellation.
Sept fractures au visage
Mourad, 43 ans, n’a « rien vu arriver ». Ce soir-là, le quadragénaire descend d’Ermont (95) pour suivre le match dans le centre de Paris, à Châtelet avec deux amis. Il est vite pris dans l’ambiance. « C’était convivial, il y avait des papas, des mamans, des enfants », mais aussi « des jeunes qui faisaient des problèmes » se souvient Nasser (1). Vers 00h25, le trio essaye de partir par le Trocadéro pour remonter dans le Val d’Oise quand, devant le pont d’Iéna qui sépare l’esplanade de la Tour Eiffel, Mourad reçoit « un projectile » policier dans la tempe. L’impact lui provoque sept fractures autour de son œil droit. Sur le coup, Mourad ne comprend pas ce qui lui arrive. Nasser, lui, voit seulement son ami « se baisser », et couler « beaucoup de sang ». « Il était sous le choc, je ne le reconnaissais pas », indique Nasser, qui cherche alors des secours :
« Il y avait des pompiers sur le trottoir d’en face. J’ai couru pour demander de l’aide. Un policier avec son flashball est arrivé par derrière, m’a dit : “Dégage”. J’ai dit que mon ami avait l’œil crevé, il m’a insulté et m’a tiré dessus à deux mètres, sans me toucher. »
Le groupe est alors séparé par une charge. Mourad, le visage toujours « en sang », est lui aussi « envoyé balader » par les policiers positionnés sur le pont, qui le laissent « marcher pendant 40 minutes à chercher des secours ». « Ils ne m’ont pas laissé traverser. Ils m’ont dit : “Tu dégages”, “Casse-toi”. J’errais comme un animal, recouvert de sang », se souvient Mourad.
Il ne comprend la cause de sa blessure que lorsqu’une médecin des unités médico-judiciaires lui explique « que ça ne pouvait être qu’un tir de flashball, vu la puissance ». Sur les photos, son œil droit est tuméfié, et ne voit « plus rien ». À côté, sa tempe est marquée d’un large hématome rond, dessinant le « projectile » circulaire. Sous le choc, sa tête a aussi été « déformée ». L’homme présente des fractures des parois et du plancher de l’orbite jusqu’au « processus condylien », par laquelle est accrochée la mâchoire inférieure, lui ont expliqué les médecins. Son état nécessite « une opération qui va laisser pas mal de cicatrices ». Si son globe oculaire n’a finalement pas été touché, « il y aura peut-être des séquelles », craint-il, en plus des douleurs et « des migraines importantes », dont il souffre depuis samedi.
« La baffe que je vais te mettre va te faire saigner »
Max (1), 14 ans, a lui été interpellé à la « 61e minute du match » près du métro Jacques Bonsergent, dans le 10e arrondissement où il habite, pour avoir tiré des feux d’artifice, rapporte sa mère Paloma (1). Selon la plainte déposée par l’adolescent, pour le faire avouer sa possession du carton d’engins pyrotechniques, les policiers lui auraient « frappé violemment » la tête contre le carton, le faisant saigner du nez. Il s’en serait suivi des menaces, des remarques racistes et homophobes. Les agents, lui auraient lancé :
« Avec les rails de train que t’as sur les dents, je te promets que la baffe que je vais te mettre va te faire saigner. »
Pour justifier son interpellation, sur dénonciation d’une voisine, un policier lui aurait aussi déclaré : « Tu es le seul PD asiatique habillé en rose », rapporte-t-il dans sa plainte. « J’ai dit que je n’étais pas asiatique, on m’a répondu en mimant un accent », dénonce-t-il également. S’il n’a pas été poursuivi à cause d’une nullité dans le dossier, le parquet lui a notifié un avertissement pénal probatoire – qui a remplacé les « rappels à la loi » – accompagné d’heures de travail d’intérêt général.
Sollicitée ce vendredi 5 juin, la préfecture de police a accusé réception de notre demande et n’y a à ce stade pas donné suite.
(1) Le prénom a été modifié.

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05.06.2026

Les images et les descriptions sont choquantes. Dans un rapport publié ce vendredi au Journal officiel, le centre pénitentiaire de l’agglomération bordelaise est une nouvelle fois épinglé pour son insalubrité et sa surpopulation. La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté adresse des recommandations d’urgence au ministère de la justice.
« La situation du centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan demeure gravement dégradée. La surpopulation carcérale s’est aggravée (191% d’occupation au moment de la visite) et affecte tous les quartiers, portant gravement atteinte aux droits fondamentaux des personnes détenues. Le nouveau centre pénitentiaire de 275 places, mis en service en 2024, n’a pas permis d’absorber la surpopulation carcérale du bâtiment A. Les conditions d’hébergement, en particulier au bâtiment A, restent déplorables ». Tel est le constat dressé par l’équipe de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté à l’issue de sa visite du centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, du 2 au 13 mars 2026.
Réalisée dans le cadre du suivi des recommandations d’urgence émises en 2022, à l’issue d’une précédente visite qui déjà faisait état de « surpopulation, vétusté, atteintes importantes à l’intégrité physique, carences dans l’accès aux soins, etc », cette inspection de contrôle déplore que « les mesures engagées, y compris la mise en service du nouveau centre pénitentiaire, apparaissent inadaptées à l’ampleur des besoins ».
Insalubrité dans l’ancien et le nouveau bâtiment
« J’y étais déjà allée en 2022, il y avait tout autant de cafards, les douches sont répugnantes, entièrement moisies, pourries, il y a de l’amiante partout, le sol se décolle, les murs sont pourris, qui supporterait ça ? » s’indigne Dominique Simonnot, Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.

(…)

Plus alarmant encore, cet état d’insalubrité concerne aussi le nouveau bâtiment du centre pénitentiaire mis en service en juin 2024.

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« Un exemple concret, actuellement on a un détenu ça fait trois semaines qu’il vit dans sa cellule avec trois centimètres d’eau au sol et rien n’est fait. Il vit dans ses excréments, il y a des asticots partout »

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Surpopulation et droits fondamentaux bafoués
Le 2 mars 2026, à l’arrivée de l’équipe de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, 1 188 personnes étaient hébergées au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan pour 622 places, soit un taux d’occupation de 191%. 639 détenus vivaient à trois en cellule, 213 sur un matelas au sol, et seulement 37 personnes au total bénéficiaient d’un encellulement individuel, pourtant prévu pour tous les détenus, depuis 1875, dans le Code de procédure pénale.
Faute de personnels et d’équipements suffisants, la plupart des détenus passent vingt-deux heures sur vingt-quatre en cellule.
L’impossibilité de sortir d’une cellule surpeuplée est susceptible de caractériser un traitement inhumain ou dégradant.
Dominique Simonnot Contrôleuse général des lieux de privation de liberté
« Cellules suroccupées et insalubres, manque d’accès à des activités physiques, au travail ou à la formation professionnelles, manque de nourriture, d’accès aux soins, insécurité généralisée, manque de personnels », la liste des griefs relevés au cours de cette dernière visite de l’établissement révèle l’ampleur des conséquences de cette surpopulation.

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De son côté, le rapport de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté affirme : « Seule l’inscription dans la loi d’un mécanisme contraignant de régulation carcérale permettrait de résorber la surpopulation des maisons d’arrêt et de garantir effectivement le respect des droits fondamentaux des personnes détenues, au premier rang desquels figurent le droit à l’encellulement individuel, le respect de leur dignité et la protection de leur intégrité physique et psychique. »
Le ministère de la justice assure qu’un plan d’action a été élaboré en juillet 2025 afin de « limiter le volume des écrous et accélérer les dynamiques de sortie » afin de répondre à la problématique de la surpopulation carcérale.
Cependant le nombre de personnes détenues en France a une nouvelle fois franchi un record historique avec 88 654 personnes incarcérées en mai 2026.
Depuis des années, la surpopulation carcérale ne cesse d’augmenter dans toutes les prisons de France. Un problème structurel pour lequel l’Etat est régulièrement condamné par la Cour européenne des droits de l’homme.

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04.06.2026

Jugé à Tarbes, un ancien policier demeurant à Argelès-Gazost a été condamné à deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis, pour avoir consulté et téléchargé plus de 80 000 fichiers pédopornographiques.

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04.06.2026

Un ancien gendarme de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) a été jugé jeudi 4 juin 2026 au tribunal de Caen (Calvados), pour répondre de faits de détention et de consultation d’images pédopornographiques. À l’issue de l’audience l’homme de 38 ans a été condamné à deux ans d’emprisonnement assortis du sursis probatoire.
Tout commence par la surveillance de paiements en cryptomonnaie pour l’achat de contenus pédopornographiques. En 2025, une enquête a été ouverte à la suite d’un signalement du service de renseignement financier Tracfin.
Les paiements permettront aux enquêteurs de remonter jusqu’au prévenu qui n’est autre qu’un gendarme affecté à la brigade de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche). La consommation d’images par ce père de famille est énorme : près de 6 500 sont retrouvées dans son matériel informatique, tout comme la trace de 7 000 autres effacées.
Les enquêteurs retracent également des connexions à des sites très ciblés, notamment sur le darknet, qui ne laissent aucun doute sur le type de recherches que faisait le militaire, souvent le soir dans la salle de bains, à l’écart de sa famille.

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04.06.2026

Un adolescent de 14 ans aurait été grièvement blessé à la tête par un tir de LBD dans la nuit du 30 au 31 mai à Fontenay-sous-Bois, lors des célébrations de la victoire du PSG en Ligue des champions.
Des célébrations qui virent au drame. Un adolescent de 14 ans aurait été grièvement blessé à la tête par un tir de LBD dans la nuit de samedi 30 à dimanche 31 mai à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), en marge des célébrations de la victoire du Paris-Saint-Germain en finale de la Ligue des champions.
Dans l’entourage du maire, on reste très prudents. D’après les informations rassemblées par le cabinet, « on a plutôt l’impression que les choses n’étaient ni plus ni moins tendues qu’ailleurs. Il y avait du monde, des feux d’artifice, ce qui reste dangereux bien sûr, mais pas d’autres comportements dangereux outre mesure ».
La famille, « choquée et abasourdie », a dit à la Ville son « intention de porter plainte ». Mais pour l’instant, l’enfant est toujours hospitalisé et « sous le choc ». Âgé de 14 ans, il est originaire d’un quartier voisin de La Redoute, où se sont produits les faits. « Il n’a pas perdu un œil, mais les médecins ont indiqué qu’il y aurait des séquelles » sur sa vision, précise-t-on dans l’entourage du maire.
« Ni escalade, ni représailles »
Dans un communiqué publié le mercredi 3 juin, le maire de Fontenay-sous-Bois, Jean-Philippe Gautrais, a apporté « tout son soutien » à l’enfant et à sa famille et réclamé que « toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ces faits ». Il a également rappelé que l’utilisation du LBD est « strictement encadrée » et que les consignes d’emploi « excluent notamment le fait de viser la tête ». Le parquet de Créteil confirme de son côté que l’IGPN, la police des polices, a été saisie de l’affaire « afin de clarifier les circonstances dans lesquelles un adolescent a été blessé le 30 mai dernier à Fontenay-sous-Bois ».
La municipalité a activé son réseau d’animateurs et d’éducateurs pour prendre le pouls et éviter tout débordement. « La famille ne veut ni escalade ni représailles », insiste la ville. « Il y a de l’émotion, un sentiment d’illégitimité, d’injustice, de colère. Pour l’instant, il n’y a aucun élément qui indiquerait que cette colère bascule dans la violence. »
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Des tirs de LBD ont déjà causé des séquelles à un adolescent de 13 ans lors des célébrations du sacre du PSG. Ce dernier a été grièvement blessé à l’œil le même soir à Bobigny (Seine-Saint-Denis), à quelques centaines de mètres de la salle Pablo-Neruda où la finale PSG-Arsenal avait été retransmise. D’après le député Insoumis Aly Diouara, qui a rendu l’affaire publique lundi sur les réseaux sociaux, le garçon aurait été opéré et « va perdre l’usage de son œil ». Le parquet de Bobigny a confirmé avoir saisi l’IGPN.

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03.06.2026

Au mois de janvier, une femme a porté plainte pour abus de faiblesse à l’encontre d’un policier du commissariat de Boulogne. Selon cette femme, il aurait profité de sa faiblesse psychologique pour entamer une relation avec elle. Une enquête a été ouverte.
C’est une femme brisée qui nous reçoit chez elle. « Je n’en peux plus, il faut que ça sorte. Je ne veux pas que ça arrive à d’autres personnes. » Cette mère de famille accuse un policier du commissariat de Boulogne d’avoir profité d’elle, alors qu’elle était dans un état de faiblesse psychologique.

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03.06.2026

Les violences post-victoire du PSG en coupe d’Europe entraînent leurs premières condamnations, mais les supporters ne sont pas les seuls à avoir affaire à la justice… Un policier ivre a été condamné pour avoir braqué et menacé deux automobilistes alors qu’il n’était pas en service. L’IGPN poursuit par ailleurs son enquête sur un possible mobile raciste.
Les conséquences judiciaires commencent à arriver après les violences et les débordements consécutifs à la victoire du PSG en Ligue des champions. Ce mardi 2 juin, de nombreuses personnes étaient jugées en comparution immédiate devant le tribunal de Paris pour des violences et dégradations commises le soir de la finale de la Ligue des champions.

(…)

Une agression raciste ?
Alors qu’ils célébraient la victoire du PSG, drapeaux en main au volant de leur voiture, un homme s’est mis en travers de leur route. « Il a sorti son arme sans se désigner en tant que policier, sans brassard de police. Il a braqué mon ami qui était au volant. Il lui a dit ‘coupe le contact’, ‘fils de pute’, ‘ne bouge pas ou je te shoot' », a expliqué l’une des deux victimes.
Ils assurent avoir été victimes de racisme. « Il y a des insultes comme ‘rentrez chez vous’, ‘vous n’êtes pas dans votre pays' », ajoute Redda.
« J’étais ivre », a répondu le policier, assurant à la cour ne se souvenir de rien. Concernant le motif raciste, l’intéressé a justifié par : « J’ai un ami arabe ».

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03.06.2026

L’association HRO dénonce une intensification des expulsions de campements de migrants sur le littoral ces derniers jours, notamment à Calais et Loon-Plage.
95 personnes exilées expulsées au Virval à Calais selon les autorités, 167 personnes exilées expulsées au camp de Loon-Plage ce mardi 2 juin.
C’est le bilan dressé par l’association humanitaire Salam.
Selon elle, l’opération des policiers a duré plus de 4h avec pas moins de 22 fourgons de CRS, des voitures de la police nationale, 5 fourgons de la police aux frontières ou encore 4 engins de chantier.
Une vingtaine de tentes et des matelas ont également été saisis.
Un « harcèlement policier »
Ambre, responsable communication et plaidoyer de l’association, évoque un « harcèlement policier » envers les personnes exilées vivant sur le campement situé près de l’hôpital de Calais, surnommé « hospital » par ses occupants.
Selon elle, six expulsions ont eu lieu en seulement deux semaines.
L’association affirme que les forces de l’ordre interviennent régulièrement tôt le matin pour évacuer les lieux, tandis qu’une société mandatée par l’État procède ensuite à la saisie des tentes, sacs de couchage et effets personnels.
Human Rights Observers estime qu’entre 1 000 et 1 300 personnes vivent actuellement sur ce site.
L’association pointe également des interrogations sur la base légale de ces opérations.
Selon Ambre, certaines personnes vivant sur le campement se seraient officiellement déclarées habitantes auprès de la justice, sans avoir été prévenues des nouvelles expulsions.
Ambre, responsable communication et plaidoyer de l’association HRO
HRO affirme ne pas avoir obtenu les documents justifiant les opérations menées depuis le 11 mai malgré plusieurs demandes adressées aux autorités.
Autre critique formulée : le manque de solutions d’hébergement proposées
L’association explique que seules quelques personnes auraient été orientées vers des centres d’accueil lors des dernières opérations, un chiffre jugé largement insuffisant au regard du nombre de personnes présentes sur le campement.
Enfin, Human Rights Observers dénonce également les transformations du terrain autour du campement : arbres coupés, terre retournée ou blocs de pierre installés pour empêcher toute réinstallation.

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03.06.2026

Un tir policier a brisé la vie d’un jeune mineur le soir de la victoire du PSG, dans la ville de Bobigny en Seine-Saint-Denis.
«Imagine : tu as 13 ans. Tu célèbres la victoire du club de ton cœur, le PSG. Et tu perds un œil parce qu’un policier a choisi de tirer au LBD depuis son véhicule pour disperser des jeunes dont le seul tort était de fêter un titre». C’est le message publié sur le réseau X par l’élu Insoumis Aly Diouara le 1er juin. Il est accompagné d’une terrible vidéo, où l’on voit un adolescent au visage juvénile couvert de sang, transporté dans une voiture, probablement vers un hôpital.
Ce tir qui a brisé la vie d’un jeune mineur a eu lieu le soir de la victoire du PSG, dans la ville de Bobigny en Seine-Saint-Denis. Suite à ce message, le parquet de la ville a décidé d’ouvrir une enquête, et se saisir l’IGPN. On connait la capacité de la police des polices et de la justice à enterrer les affaires de violences policières.
L’élu Insoumis explique : «Je ne sais pas si on se rend compte de la folie de cet acte. On a un policier qui est dans sa voiture, qui baisse sa vitre et qui tire en direction de ce garçon jusqu’à lui faire perdre l’usage de son œil». Il précise : «J’ai parlé avec la maman, qui me dit être absolument abasourdie, choquée», elle se trouve au chevet de son enfant dont la vie bascule à cause d’un policier.
Aly Diouara a dénoncé l’affaire à l’Assemblée Nationale le 2 juin : «À chaque fois que les jeunes des quartiers populaires investissent l’espace public, la même mécanique se répète. On quadrille, on disperse et on charge». Car c’est bien là le sujet : le soir de la victoire du PSG, plus de 8.000 policiers ont été déployés dans la capitale et sa banlieue pour briser la joie collective et générer de la tension, en pourchassant la jeunesse avec des moyens militarisés.
Le gouvernement a donné carte blanche à des agents surarmés pour empêcher toute liesse dans l’espace public. Les médias qui tournent en boucle depuis 5 jours sur quelques poubelles brulées sont complices : les policiers ont encore une fois brisé des vies ce soir là. Aucun supporter n’a mutilé qui que ce soit.
Des vidéos prises samedi dernier montent de violentes charges avoir lieu dès le début du match aux abords du stade. D’autre montrent des policiers gazer des motards au hasard au niveau du périphérique parisien, créant des conditions propices à de graves accidents. D’innombrables images de coups gratuits sont en ligne, par exemple celles du reporter Enzo Rabouy, qui a filmé en direct, lors d’une charge, un policier lui mettre un violent coup sur la tête alors qu’il était identifié comme journaliste. Les métros qui circulaient au niveau de Chatêlet ont été massivement envahis par de puissants gaz lacrymogènes, tellement l’usage de grenades était massif en surface, provoquant des mouvements de panique et des malaises. Sur près de 900 interpellations réalisées le soir du match, 82 étaient mineurs. Un enfant de 14 ans dit avoir été tabassé et placé en garde à vue.
Après être sorti de cellule, un jeune homme nommé Hugues témoignait sur BFM, avec un coquard prouvant les violences qu’il avait subies : «Quand je me suis fait arrêter, j’ai tout de suite été traité de sale bougnoule, sale arabe, ma mère la sale traînée…» Il poursuivait : «Tous les jeunes qui sont passés en garde à vue et au tribunal que j’ai rencontré, tous avaient des marques de tabassage des officiers de police».
Une fois de plus, le régime a lâché dans les rues une milice d’extrême droite qui a frappé et arrêté au hasard. Des centaines de personnes ont été traumatisées, blessées, et pour au moins l’une d’entre elles, mutilée. C’est une répression unique en Europe pour une fête sportive. On se souvient en 2022 du scandale des supporters de Liverpool nassés, gazés et tabassés près du stade de France par la police française, provoquant un incident diplomatique international. Dans un pays qui ne serait pas en pleine fascisation, c’est ce sujet là qui devrait faire la Une, et pas quelques dégâts matériels.

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02.06.2026

Contrairement à ce qu’avaient annoncé ses avocats à l’issue du jugement, le commissaire a finalement renoncé à faire appel, scellant ainsi sa culpabilité dans un des principaux scandales de la lutte antidrogue en France.

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02.06.2026

Un CRS de Toulouse a été condamné à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour avoir violemment projeté au sol un festayre lors de la feria de Dax 2022, causant plusieurs blessures à la victime Le tribunal judiciaire de Dax a condamné ce lundi 1er juin 2026 un f…
Le tribunal judiciaire de Dax a condamné ce lundi 1er juin 2026 un fonctionnaire de la CRS de Toulouse à six mois d’emprisonnement avec sursis. Le policier était poursuivi pour des violences commises lors de la feria de Dax en août 2022.
Une intervention survenue en pleine feria
Selon France Bleu, les faits remontent à une nuit de fête durant la feria de Dax, à proximité de la place de la Fontaine chaude.
Peu après 1 heure du matin, trois jeunes hommes venus participer aux festivités se dirigent vers une rue située près du commissariat, où plusieurs véhicules de CRS sont stationnés. Selon leurs déclarations, alors qu’ils s’apprêtaient à uriner dans la rue, un policier chargé de la surveillance leur demande d’arrêter.
Les témoins affirment ensuite que le fonctionnaire a quitté son poste avant de projeter violemment l’un des trois hommes au sol à l’aide d’un geste de balayage.
Une victime blessée et plusieurs jours d’ITT
Les jeunes hommes ont reconnu leur comportement inapproprié mais ont contesté la réaction du policier.
« Oui, on était en tort, on a uriné dans la rue », ont expliqué les témoins au cours de l’audience.
La victime, originaire des Pyrénées-Atlantiques, a été blessée lors de sa chute. Son visage et son épaule ont heurté le trottoir, nécessitant notamment cinq points de suture à l’arcade sourcilière. Une entorse de l’épaule a également été constatée.
Le médecin légiste lui a prescrit douze jours d’incapacité totale de travail.
Le parquet dénonçait une réaction disproportionnée
Lors du procès tenu le 28 avril dernier, le procureur Benoît Fontaine a estimé que le fonctionnaire était allé « au-delà de ses missions » et l’a qualifié de policier « violent sans raison valable ».

(…)

Une défense fondée sur la contestation des faits
Le CRS de 43 ans a contesté toute responsabilité. Son avocat, Me Jean-Baptiste Alary, a plaidé la relaxe, mettant en avant l’absence de preuve directe et l’état d’alcoolisation des témoins.
« Il aurait pu tomber tout seul », a notamment soutenu la défense.

(…)

Alors que le parquet avait requis une amende avec sursis, le tribunal judiciaire de Dax a retenu la qualification de violences et prononcé une peine de six mois de prison avec sursis.

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02.06.2026

C’est une sentence pour le moins légère qui a été prononcée mardi 2 juin contre cinq notables tarnais favorables à l’A69 accusés d’avoir organisé, un an plus tôt, une opération commando destinée à intimider des opposants au futur axe autoroutier. Le 7 avril dernier, le parquet avait requis contre eux trois à cinq mois de prison avec sursis et des peines d’inéligibilité s’appliquant à tous.
La présidente du tribunal correctionnel de Castres, Fabienne Karrouz, s’est contentée de condamner ces patrons – dont certains sont à la tête d’entreprises florissantes – à verser chacun autour de 10 000 euros aux parties civiles au titre du préjudice moral et matériel. Ni le sursis ni la peine d’inéligibilité n’ont été retenus.
Les cinq hommes ont été relaxés pour les faits d’« association de malfaiteurs » et « dégradations en réunion », mais condamnés pour celui de « divulgation d’informations personnelles » ou « complicité de divulgation d’informations personnelles », sans que la présidente, lors de la lecture du jugement, n’explique son choix.
Une expédition d’intimidation
Interrogé par Mediacités à la sortie du tribunal, l’un des avocats des prévenus, Me Renier s’est montré circonspect : « Mes client sont soulagés de l’abandon des deux premiers chefs d’accusation. Mais je ne comprends pas pourquoi on leur demande de payer au titre du préjudice matériel alors qu’ils ont été relaxés pour la dégradation ».
Dans la nuit du 24 au 25 juin 2025, à la suite d’une préparation minutieuse …

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02.06.2026

Six personnes détenues au sein du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Condé-sur-Sarthe portent plainte pour violences et harcèlement moral. Interrogée par l’Agence France-Presse (AFP), leur avocate décrit une situation « d’une gravité sans nom ».
Six détenus de la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne) ont porté plainte pour violences et harcèlement moral, reprochant à la direction « d’entretenir un régime de pression psychologique et de domination » qui outrepasse les « exigences de sécurité ». Une plainte a été déposée jeudi 28 mai, à Alençon, selon les indications d’une source proche du dossier à l’Agence France-Presse (AFP).
Le chef d’établissement et ses équipes sont accusés de volontairement « humilier » et « déshumaniser » les personnes incarcérées au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), afin de briser leur résistance, selon des éléments de cette plainte dont l’AFP a eu connaissance.
« Peu importe leur condition de détenus du haut du spectre, l’État a l’obligation de les respecter. Les infractions pénales dont ils sont victimes doivent cesser », a dénoncé leur avocate dans un entretien accordé à l’AFP. Selon Marie Violleau, la situation de ses clients est « d’une gravité sans nom ».
« Le problème est propre à Condé »
Les QLCO, créés après la loi contre le narcotrafic et promues par Gérald Darmanin, sont récents en France. Le premier a été instauré en juillet 2025, à Vendin-le-Vieil. Le second, à Condé-sur-Sarthe, en octobre 2025. Un troisième doit ouvrir prochainement à Réau, en Seine-et-Marne, selon l’entourage du garde des Sceaux qui estime à 500, en France, le nombre de détenus présentant un profil les rendant susceptibles d’y être incarcérés.
Ces nouveaux quartiers de détention ont déjà fait l’objet de nombreux recours administratifs, sans que les demandeurs obtiennent satisfaction, mais il s’agit de « la première plainte pénale, à ma connaissance », selon l’avocate des plaignants.
« Le problème est propre à Condé, où la loi pénale est violée, pas seulement les droits fondamentaux et la dignité humaine », affirme Marie Violleau. L’avocate fait valoir l’exemple de l’autre prison du même type, à Vendin-le-Vieil, où « il y a des conditions de détention extrêmement difficiles mais la direction, dans le cadre strict qui lui est imposé, semble respecter les détenus et leurs familles ». Contactée par l’AFP, la Chancellerie n’a pas réagi dans l’immédiat.
Inspiré de la lutte antimafia italienne, le régime de détention des QLCO a pour objectif d’isoler des détenus perçus par les autorités comme haut placés dans la criminalité organisée. Dans ces quartiers, ils sont censés être empêchés de communiquer avec l’extérieur, afin d’éviter qu’ils continuent à gérer leurs trafics. Une doctrine dont se félicitait dernièrement le ministère de la Justice auprès de l’AFP, assurant sa « parfaite efficacité ».
Fouilles à nu systématisées et accès aux activités quasi inexistant
Les six détenus à l’origine de cette plainte, sont des personnes mises en examen ou condamnées pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs criminelle ou règlements de comptes, selon une source proche du dossier. Dans leur plainte, ils rapportent des fouilles à nu systématisées, un accès à la promenade « soumis au bon vouloir » des surveillants, un accès quasi inexistant aux activités, des agents constamment cagoulés qui n’hésitent pas à les brimer ou à s’adresser à eux par ordre « sans faire de phrase ».
Des pratiques « quotidiennes » visent à les « intimider » eux et leurs proches, accusent-ils. Concernant leurs proches justement, les plaignants reprochent par exemple aux agents de palper chaque visiteur, y compris les enfants. Une pratique qui rend le droit de visite particulièrement dégradant pour leurs familles.
Quant aux parloirs, équipés d’un hygiaphone pour éviter tout contact sauf cas exceptionnel, un des détenus s’est récemment vu refuser le retrait du dispositif malgré le fait que sa mère soit « atteinte d’un cancer ». Concernant les appels téléphoniques, les détenus dénoncent des horaires trop stricts, en pleine journée, au beau milieu de la journée de travail ou d’école.
Des pratiques qui dépeignent un régime carcéral basé sur une « pression psychologique et de domination » d’après les éléments de leur plainte. « On les entasse, on les piétine, on les violente et on espère qu’ils sortent meilleurs. Si vous traitez des gens comme des chiens en prison, ne vous attendez pas à ce qu’ils ressortent comme des hommes », a prévenu Me Violleau.

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02.06.2026

La police aux frontières suscite la peur chez les étrangers, qui représentent la moitié de la population du département. Depuis le lancement de l’opération Kingia, le 7 avril, ses agents redoublent de violence.
Ce dimanche 24 mai avait commencé tranquillement pour Samia (1). La jeune mère de famille sort dans les rues de Mtsapéré, quartier sud de Mamoudzou, lorsqu’elle tombe sur deux hommes vêtus du t-shirt de la police aux frontières (PAF) de Mayotte. Ils redoublent de zèle depuis le 7 avril et le lancement de l’opération « Kingia », l’énième chasse aux étrangers en situation irrégulière et aux logements informels dans le département.
Comorienne, Samia n’a pas vraiment peur, puisqu’elle a « déposé sa demande de papiers à la préfecture », ce qu’elle dit aux agents, et leur propose d’aller ou d’appeler chez elle pour le prouver. « Non », lance le policier en prenant son téléphone. Samia tente alors de s’enfuir, tombe par terre, comme le foulard sur sa tête, crie qu’elle a ses papiers mais est emmenée de force vers la voiture garée une rue plus loin.
Le tribunal administratif réclame la libération immédiate

 

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02.06.2026

Une troisième enquête est ouverte, une nouvelle fois pour un tir de LBD soupçonné d’avoir éborgné un adolescent, à Cachan, dans le Val-de-Marne. Mais d’après les informations de RTL les circonstances sont différentes. Les faits ont eu lieu dimanche soir, sans aucun lien avec le PSG, alors que les policiers dispersaient une rixe. Un fonctionnaire a alors fait usage de son LBD et blessé gravement au visage un jeune homme par ailleurs placé en garde à vue pour « violences volontaires ».

 

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01.06.2026

Julian, 26 ans, et Adrien, 27 ans, ont été condamnés respectivement à dix-huit et huit mois de prison avec sursis et à cinq et deux ans d’interdiction de travailler dans la police à la suite d’une agression brutale, le 18 avril, dans le centre de Nice.
Deux policiers des compagnies républicaines de sécurité (CRS) ont été condamnés, lundi 1er juin, à dix-huit et huit mois de prison avec sursis et à cinq et deux ans d’interdiction de travailler dans la police à la suite d’une agression brutale, qui a été filmée, contre un jeune homme en avril à Nice.
Les peines principales pour violences aggravées rejoignent les réquisitions du parquet qui avait cependant demandé une interdiction à vie d’exercer la fonction de policier. La défense a annoncé que Julian, 26 ans, et Adrien, 27 ans, feraient « sûrement » appel de cette peine complémentaire.
Le 18 avril, après une nuit dans le centre de Nice où ils ont consommé de l’alcool, les deux CRS basés dans les Bouches-du-Rhône rentrent, en civil, à leur cantonnement provisoire dans le quartier populaire de L’Ariane. Vers 5 h 20, ils passent devant le fourgon où Sabri, 23 ans, crie au téléphone. Selon le jeune homme, qui avait bu lui aussi, il se disputait avec une jeune fille et n’avait pas vu les deux hommes, qu’il n’a pas identifiés comme étant des policiers.
Mais les deux prévenus assurent avoir entendu des insultes et des menaces : « Sales fachos », « flics de merde », « dégagez de notre quartier », « je vais te planter »… Pendant le gros quart d’heure qui a suivi, les insultes ont volé, mais aussi à plusieurs reprises les coups, chaque fois entrepris par Julian, particulièrement titubant sur les vidéos.
« Honte à l’institution »
Lors de l’audience dans une salle surchauffée du tribunal correctionnel de Nice, les magistrats ont longuement examiné les images des caméras de surveillance et la vidéo d’une partie de l’incident, filmée par un voisin. C’est la diffusion sur les réseaux sociaux de cette dernière, deux jours après les faits, qui a poussé les deux policiers à se présenter aux autorités.
Les images de la vidéosurveillance ne sont pas toujours claires, mais sur un peu plus d’une minute filmée par un voisin, on voit Julian et Sabri se battre au sol, pendant qu’Adrien maintient Sabri au sol et ramasse ce qui tombe de leurs poches. Il assure avoir voulu rendre service à Julian, mais Sabri a perdu 100 euros, retrouvés dans la chambre d’Adrien, et son téléphone portable, porté disparu. Adrien a été condamné pour vol avec violences, mais Julian relaxé de ce chef.
A plusieurs reprises quand Sabri est à terre, il demande aux voisins d’appeler la police. « La police, c’est nous », entend-on l’un des deux CRS répondre.
Devant le tribunal, Sabri, au physique bien moins solide que les deux CRS, conteste les insultes et surtout les menaces. Les deux prévenus maintiennent leur version, tout en reconnaissant qu’ils auraient dû agir autrement. « Je suis rentré dans sa provocation », regrette Julian, qui a asséné à Sabri des coups de pied et des coups de poing et l’a traîné à terre par les cheveux. « J’aurais dû m’interposer », reconnaît Adrien.

(…)

« Ils ont présenté ça comme une bagarre, mais c’était bien une agression », a commenté Sabri à l’issue de l’audience.

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01.06.2026

Alors que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez veut étendre les pouvoirs des policiers municipaux et faciliter le recours aux amendes, des habitants de quartiers populaires se disent victimes de verbalisation abusive. Certains jeunes se retrouvent fortement endettés. Reportage à Pontoise.
« Je le vis très mal. » Âgé de 20 ans à peine, Nizar doit déjà éponger une dette de près de 7 000 euros d’amendes. Les motifs de celles-ci : crachat, dépôt d’ordures ou de déchets, tapage diurne et nocturne ou émission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage. Le jeune homme habite dans le quartier prioritaire des Cordeliers à Pontoise (Val-d’Oise), commune de 32 000 habitants dirigée par la maire LR Stéphanie Von Euw qui a doublé les effectifs de policiers municipaux depuis 2020 et fait installer une centaine de caméras de surveillance.
« On se fait contrôler et chasser systématiquement »
Nizar reconnaît avoir commis une partie des infractions qui lui sont reprochées. Ce qu’il conteste, c’est la proportion dans laquelle il est verbalisé et la façon dont cela arrive. Nizar dit avoir le sentiment de se faire chasser de l’endroit où il habite et décrit ce qu’il vit comme étant du harcèlement. « On est posés dans notre quartier. Les policiers municipaux viennent avec trois ou quatre voitures, et là, ils nous contrôlent systématiquement. Dès qu’ils nous voient, ils viennent, même si le voisinage ne les appelle pas », confie le jeune homme qui raconte s’être déjà fait insulter par des policiers municipaux. Nizar y voit une forme de discrimination sociale. « On se fait chasser pour la tranquillité des gens qui ne sont pas de la même classe que nous », regrette-t-il.
Nizar raconte les tensions que cette situation a engendrées sur sa famille. « Mon père craque quand il voit les amendes. Il pense que je vends de la drogue alors que non. C’est compliqué. Il n’y a rien à faire à la maison. Je me sens mieux dehors que chez moi », confie-t-il.
« Ils cherchent toutes les amendes possibles à nous mettre »
Même situation pour Enzo, 20 ans, qui habite dans le quartier des Louvrais, toujours à Pontoise. Il doit rembourser près de 10 000 euros d’amendes. « J’en reçois presque tous les jours », assure-t-il avant d’ajouter : « On se fait harceler par la police municipale. » Les amendes qu’il reçoit sont majoritairement liées au fait qu’il dispose d’une voiture. Il énumère les motifs des contraventions : « Quand on a le moteur allumé sur un parking et qu’on ne roule pas, c’est un motif de contrôle. Il y a aussi les rétroviseurs cisaillants, quand ils sont un peu cassés. Il y a aussi l’absence de liquide lave-glace, les pneus lisses. » Le jeune homme reconnait lui aussi avoir commis une partie des infractions, mais pas toutes : « Sur cinq amendes que je reçois, il y en a deux qui sont bonnes, mais les trois autres je ne sais pas ce que c’est. »
Enzo nous montre les caméras de surveillance que la mairie a fait installer au sommet des immeubles du quartier. « Dès qu’ils nous voient, ils viennent et on se mange des amendes », déplore-t-il. Le jeune homme de 20 ans assure ne pas être prévenu de toutes les amendes qui lui sont administrées par les agents. « Parfois, j’en reçois même à des mauvaises adresses ! », ajoute-t-il. Le jeune homme de 20 ans travaille dans une usine à 60 kilomètres de Pontoise. Chaque mois, il est prélevé directement sur son salaire de 1 600 euros. « Je travaille pour eux », déplore-t-il. « Ça donne moins envie de sortir, moins envie de travailler… Ça démoralise », conclut-il.
Contactée, la maire Les Républicains de Pontoise Stéphanie Von Euw a décliné notre invitation à la dernière minute.
La Défenseure des droits s’est saisie du sujet
Alors que le projet de loi « Ripost » porté par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez prévoit d’étendre les prérogatives des policiers municipaux et d’élargir le recours aux amendes, la Défenseure des droits met en garde, dans un avisOuverture dans un nouvel onglet, contre « un glissement des missions régaliennes de police judiciaire vers des forces locales susceptible d’affaiblir les garanties procédurales » et s’inquiète « d’un risque de creusement des inégalités territoriales et de dégradation du lien de proximité entre les usagers et les policiers municipaux ».
Mercredi 9 avril 2025, la Défenseure des droits avait publié une étude sur les pratiques de la police en région parisienne
Ouverture dans un nouvel onglet qui met en évidence une politique publique d’éviction de l’espace public de personnes considérées comme « indésirables ». Cette étude, conduite par les chercheuses Aline Daillère et Magda Boutros (Sciences-po : CRIS/CESDIP), révèle « des pratiques policières discriminatoires ciblant les jeunes hommes racisés de quartiers populaires ». À partir de sources administratives et d’entretiens, l’étude montre comment la police utilise les contrôles et les amendes à répétition pour faire partir certaines catégories d’habitants des espaces publics de leurs quartiers.
Le ministère de l’Intérieur a fait savoir qu’il s’inscrivait « en faux des conclusions de ce rapport qui constituent une accusation particulièrement grave ». Utilisé dans le logiciel de main courante par la police, le terme « perturbateurs indésirables » a été définitivement supprimé. « Sans préjudice de ce qui précède, et afin que la probité de nos forces de sécurité ne soit pas indûment mise en cause, j’ai fait procéder à la suppression de la mention ‘indésirables’ qui perdurait dans la nomenclature de la main courante informatisée des services de police et sur laquelle vous aviez attiré mon attention », est-il écrit. Hormis sur ce point, le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu aux questions que nous lui avons posées sur la multiverbalisation.

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01.06.2026

La semaine de fortes chaleurs dans la Vienne et les Deux-Sèvres a été particulièrement difficile à supporter en détention. L’observatoire internationale des prisons a reçu un témoignage d’un détenu de la prison de Poitiers-Vivonne.
La vague de chaleur est enfin derrière nous. La fraicheur a été bien difficile à trouver dans la Vienne et les Deux-Sèvres, particulièrement à la prison de Poitiers-Vivonne, où le taux d’occupation de la maison d’arrêt (le quartier de la détention provisoire) est à 198% au 1er mai, selon les derniers chiffres du Ministère de la Justice. La semaine a donc été particulièrement difficile en détention. Au sein de la prison, il n’y a évidemment pas de climatisation, les cellules sans volets sont parfois exposées directement au soleil.
Au cours de la semaine dernière, alors que la Vienne a enregistré des températures très élevées, un détenu de la prison de Poitiers-Vivonne a signalé ses conditions de détention. Il a appelé l’observatoire international des prisons, relate Pauline Petitot, chargée d’enquête à l’OIP. Elle raconte ce signalement : « il a une cellule en plein soleil, il a mis une serviette mouillée devant la fenêtre pour essayer de rafraichir la pièce, mais sans grand succès. Il signale l’interdiction de descendre en short et en claquettes en cour de promenade. »
Le détenu a également expliqué qu’il n’y avait pas de point d’eau potable accessible dans la cour de promenade et que, selon le témoignage rapporté par Pauline Petiot, « la seule solution qu’il a, comme beaucoup de personnes détenues, pour se rafraichir, c’est d’acheter des bouteilles et de les mettre au frigo pour ensuite les utiliser pour se rafraichir soit en les appliquant sur la peau, soit en les buvant. » Le détenu a également relaté que son ventilateur a été pris il y a plusieurs mois par l’administration pénitentiaire et qu’il n’a pas pu le récupérer.
Pas de douches supplémentaires
Selon ce témoignage, le détenu n’a pas eu le droit de prendre davantage de douches. Pourtant, c’est ce qui est préconisé par le plan canicule du ministère de la Justice, qui prévoit plusieurs autres points : « décalage des horaires de promenades, adaptation à la saison des repas distribués, ventilation et rafraichissement des locaux par l’aération », notamment. Un intervenant associatif à la prison de Poitiers-Vivonne rapporte également plusieurs témoignages de prisonniers évoquant la chaleur intenable la nuit dans des cellules de 9 mètres carrés où se retrouvent parfois trois détenus.
Sollicitée, la direction interrégionale des services pénitentiaires a envoyé à ICI Poitou les mesures nationales sur le plan canicule et n’a tenu pas apporté de réponses à propos de la situation décrite à la prison de Poitiers-Vivonne.

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01.06.2026

Nouveau décès en milieu carcéral. Dans la nuit du dimanche 30 mai au lundi 1er juin 2026, un détenu de la prison de la Santé (Paris), est mort dans l’incendie de sa cellule, nous indique le parquet confirmant une information du Parisien.

(…)

L’alerte est donnée et les agents pénitentiaires ainsi que les pompiers interviennent dans la cellule mais il est trop tard. L’occupant est mort à la suite des inhalations de fumée.
Selon les premières constatations, c’est du matelas du prévenu que le feu aurait pris. « La fenêtre était restée ouverte, ce qui avait pu repousser le déclenchement des alertes incendie intérieures. Ce n’est qu’après l’alerte donnée par l’équipage de police-secours que d’autres détenus avaient signalé sentir de la fumée », précise le parquet.

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31.05.2026

Un homme armé de deux couteaux a été tué par un policier samedi à Bobigny lors d’une intervention pour conflit de voisinage, a indiqué la préfecture de police de Paris. La police des polices a été saisie pour enquêter sur les circonstances de ce tir.

(…)

Les policiers avaient été appelés pour un différend entre voisins. Arrivés sur place, ils se sont retrouvés face à un homme menaçant, armé de deux couteaux.
Alors qu’il fonçait vers les trois policiers, l’un d’entre eux a tiré, touchant cet homme à l’abdomen.
Malgré l’intervention du Samu, il est décédé de ses blessures.
Contacté par l’AFP, le parquet de Bobigny a indiqué que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), “ la police des polices ”, avait été saisie et qu’une enquête était ouverte pour violence avec arme ayant entraîné la mort.

 

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30.05.2026

Un jeune homme de 25 ans a été condamné par le tribunal judiciaire de Tarbes dans les Hautes-Pyrénées pour outrage et rébellion sur les forces de l’ordre. L’homme a refusé de se soumettre à un contrôle d’identité.

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Les représentants des forces de l’ordre ont dû faire usage d’un taser avant de pouvoir de le maîtriser.

(…)

Ce lundi 25 mai, ils ont poussé à bout les riverains. Près de vingt jeunes ont pris leurs quartiers sur les quais de l’Adour, vers 17 heures, près du pont de la Marne, à Tarbes, en cette chaude journée.
Mais les voisins ont appelé les policiers au secours, car les individus perturbent la tranquillité des passants avec leurs scooters.

(…)

Les forces de l’ordre lui intiment de donner ses papiers d’identité.

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C’en est trop : un policier sort son taser et le brandit devant lui.

(…)

Alors, le policier riposte et lui donne une décharge électrique à l’aide de son taser. Le jeune hurle, appelle le groupe à la rescousse et les invite à filmer la scène. De nouveau, un tir de taser. Des fonctionnaires sont appelés en renfort alors que l’un d’eux a été blessé dans l’altercation et souffre notamment de plusieurs plaies. Le policier est pris en charge aux urgences alors que le jeune individu est enfin maîtrisé.
« Je me suis vu mourir au moins trois fois »

(…)

« J’ai été victime de violences et j’ai des vidéos qui le prouvent. Ils m’ont piétiné avec le genou, j’ai perdu connaissance à deux reprises. J’étais calme alors que l’un des agents s’est montré rapidement agressif avec moi. Je me suis fait tabasser, je me suis vu mourir au moins trois fois », relate encore le jeune homme à la barre du tribunal de Tarbes ce jeudi 28 mai. « Il se positionne en tant que victime, mais c’est lui qui est en tort », veut insister Me Soulié pour défendre les policiers.
Condamnation avec bracelet électronique
« La réaction des policiers est une conséquence de votre attitude. Nous n’avons aucune vidéo dont vous parlez pour attester vos propos », recadre la procureure qui demande un an ferme muni d’un bracelet électronique.

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30.05.2026

Jamais le pays n’avait enregistré un nombre si élevé de détenus, très au-delà des capacités des établissements pénitentiaires.
88 654 détenus dans les prisons françaises au 1er mai 2026, Cela représente, sur un an, une augmentation de près de 5 000 détenus (+5,9%) pour quelque 750 places disponibles supplémentaires (+1,2%) dans les centres pénitentiaires français, d’après les données du ministère de la Justice publiées vendredi soir. Et ce sont encore 509 détenus de plus par rapport à début avril dernier…
La densité carcérale est particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt (172,6%), où sont détenues les courtes peines ou les personnes en attente de jugement – et donc présumées innocentes. Le taux de sur-occupation globale atteint 140% au 1er mai.
La France, très mauvaise élève européen
La France figure parmi les très mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers bien inférieures. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.
Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de lits: il y en avait 7.693 au 1er mai, soit une forte hausse, +47%, en un an (5.234).
Deux détenus sont incarcérés pour une seule place (taux égal ou excédant 200%) dans 33 structures. Un chiffre là encore en augmentation. La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisienne (163,7% de densité carcérale) et toulousaine (155,5%), ainsi qu’en outre-mer (150%).

(…)

Un projet de loi en préparation a pour objectif de s’attaquer à la surpopulation carcérale et prévoit notamment de mettre un terme à la pratique des matelas posés au sol dans les cellules. Aucun calendrier sur son dépôt, son examen et son adoption n’a été rendu public.
Darmanin opposé à toute régulation carcérale
Mais le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a exprimé son hostilité à tout dispositif de régulation carcérale, dispositif qui prévoit, comme c’est le cas en Allemagne, qu’au-delà d’un certain seuil, une entrée en détention doit s’accompagner d’une sortie. Le ministère de la Justice compte ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d’un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

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29.05.2026

Au milieu de l’agenda parlementaire discuté ces derniers mois, une proposition de loi voulait instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers. Récemment retoquée, elle risque de revenir à l’agenda parlementaire dans les prochains mois. Les défenseurs des droits humains alertent sur les effets catastrophiques d’un blanc-seing donné aux forces de l’ordre.
« Avec cette loi, on fait passer un message aux policiers qui pouvaient douter au moment de tirer : on leur dit qu’il n’y a plus à hésiter »
C’est une vieille proposition du Front national (devenu depuis le RN), et une toute aussi vieille revendication du syndicat de policiers Alliance qui pourrait bientôt être adoptée par le Parlement. La « présomption de légitime défense » des policiers avait été mise à l’agenda politique par le RN en 2022, mais c’est le Groupe les Républicains (LR), par l’entremise du député Eric Pauget, qui a déposé la dernière mouture du texte, dont l’examen est actuellement suspendu devant l’Assemblée. Le texte initial, d’origine parlementaire, prévoyait par une bizarre phrase tautologique que les policiers et gendarmes qui ont « dû se défendre ou défendre autrui contre une atteinte injustifiée » sont présumés « avoir agi en état de légitime défense ».
« Cette présomption existe déjà puisque la charge de la preuve repose sur nous » – Issam El Khalfaoui, père de Souheil El Khalfaoui, jeune marseillais de 19 ans abattu lors d’un contrôle de police en 2021.
Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a ajouté un amendement. Dans la dernière mouture du texte, adopté en janvier 2026, il n’est plus uniquement question de présumer la légitime défense, qui n’est qu’une des causes possibles de légalité des tirs policiers. Désormais, toutes les hypothèses sont visées par la présomption : « lorsqu’ils font usage de leurs armes, les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale sont présumés avoir agi dans l’un des cas autorisés ».
Ce faisant, le gouvernement ne fait pas qu’étendre le régime de la présomption. Bien pire : il lance un message permissif sur l’usage de leurs armes à destination des policiers et gendarmes. En clair, l’usage d’une arme à feu sera présumé légale. « Donc la réponse autorisée face à une situation de stress, ce serait le recours aux armes létales ? » s’insurge Me Margot Pugliese, avocate de plusieurs membres de la famille de Nahel Merzouk, tué par arme à feu policière en juin 2023. « Le propre des forces de l’ordre c’est d’intervenir dans des situations stressantes, face à des gens qui peuvent représenter un danger. C’est ça être policier… Donc il y a une importance capitale à gérer ça autrement qu’en tuant des gens ! »
Là où le texte initial modifiait le Code pénal, qui est une sorte de manuel pour les juges qui contrôlent l’activité policière, le texte gouvernemental modifie le Code de la sécurité intérieure (CSI), qui est le manuel des forces de police. Il s’adresse donc directement à ces dernières. Or, l’article en cause, l’article L.435-1 du CSI issu d’une réforme législative de 2017, a déjà été largement dénoncé comme un « permis de tuer ». En mai 2025, le Comité contre la torture de l’ONU s’était inquiété « de ce que l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure semble avoir élargi le champ de la légitime défense pour les policiers au-delà du raisonnable, contribuant à une augmentation du nombre de décès liés à l’usage d’armes à feu par les forces de l’ordre ». En 2024, 27 personnes ont été tuées par l’usage d’une arme à feu des forces de sécurité intérieure – un funeste record. Si la présomption passe, il y a fort à parier qu’elle sera comprise comme un second message d’assouplissement de l’usage des armes policières.
« ENCORE PLUS DE NON-LIEUX »
Dans un courrier à l’attention du Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU, Flagrant déni, aux côtés de l’association SAVE et du Syndicat des Avocat·es de France (SAF), alertait des effets d’une telle loi et de celle déjà existante :
« Les faits, et en particulier les chiffres, montrent donc que la loi « Cazeneuve » de 2017 a été interprétée par les forces de police comme un assouplissement du cadre légal, et les a conduites à tuer plus de personnes, en particulier parmi les populations racisées. »
La proposition de loi comporte plusieurs risques, pointés dans cette lettre : elle renverserait la charge de la preuve, dans un contexte où les obstacles à la manifestation de la vérité sont déjà nombreux et où un déséquilibre persiste entre la crédibilité accordée à la parole des plaignants et à celle des forces de l’ordre. « (…) Le manque d’indépendance du parquet, de l’IGPN et de l’IGGN, les liens professionnels entre les forces de l’ordre et les magistrat·es pourtant chargés de les contrôler, le manque de formation et d’encadrement par la hiérarchie policière sont autant de facteurs qui conditionnent les pratiques d’enquête et les décisions de justice, souvent plus clémentes que pour le reste de la population» pointait une tribune du Syndicat de la Magistrature, du SAF et de la Ligue des Droits de l’Homme.
« Dans les faits, cette présomption existe déjà puisque la charge de la preuve repose sur nous, les familles de victimes. C’est souvent à nous de demander des actes et de montrer que la légitime défense ne tient pas. Mais si on légitimise le recours à l’arme dans la loi, juridiquement, ça change tout ! » souligne Issam El Khalfaoui, père de Souheil El Khalfaoui, jeune marseillais de 19 ans abattu lors d’un contrôle de police en août 2021 et président de l’association SAVE (Stop Aux Violences d’Etat). « Là où le doute pouvait amener au procès, cette loi ferait qu’il n’y a plus de doute sur la légitimité de l’action des policiers ! Là où nous pouvions pointer les défaillances de l’enquête, avec cette loi, elles ne seraient plus considérées comme des défaillances. Donc il y aura encore moins de procès, encore plus de non-lieux ! »

(…)

UNE LOI À L’ENCONTRE DES DROITS HUMAINS
Introduire une présomption de légalité des tirs dépasse la simple présomption de légitime défense. Cette proposition est contraire à la jurisprudence de la Cour Européenne de Droits de l’Homme (CEDH) qui pose au contraire une présomption de responsabilité lorsqu’une personne décède aux mains des forces de l’ordre. Comme le soulignait Anja Bienert, basée aux Pays Bas et responsable du programme Police et Droits Humains au sein d’Amnesty International, lors d’un colloque organisé à l’Assemblée Nationale début mai :« C’est l’un des textes les plus préoccupants que j’ai vu dans mon travail depuis longtemps. Il est d’autant plus préoccupant qu’il constitue une réécriture d’un texte qui n’est déjà pas conforme au droit international des droits humains.» Elle pointe du doigt le fait que l’État est tenu de protéger la vie, de rendre justice aux victimes et de prévenir la réitération des faits. « La présomption d’un usage légal de l’arme à feu est une violation du principe de reddition des comptes et du droit à la vie. »
« CONSACRER L’IMPUNITE DES SERVICES DE POLICE »
Présumer de la légalité de l’usage des armes par les policiers constituerait a priori une cause objective d’irresponsabilité pénale, qui fait juridiquement disparaître l’infraction. Dès le tir, la possibilité même d’interroger le policier dans un cadre contraignant (la garde-à-vue) disparaîtrait, rendant pratiquement impossible la collecte de preuves pendant les premières heures, celles qui sont le plus souvent décisives. « Pour une enquête effective, il faut que les services de police et le procureur se mobilisent vite et dans les premiers temps ; là, personne ne le fera puisque la charge de la preuve ne repose plus sur les policiers mais sur les parties civiles et les autorités de poursuite. On consacre l’impunité des services de police ! » décrit l’avocate Margot Pugliese.
« Si l’on regarde quel pays dans la région européenne a passé une loi comparable, on ne trouve que la Turquie avec la loi de 2007 » – Sébastian Roché, chercheur
Issam El Khalfaoui témoigne, lui, du choc qu’il a ressenti à l’écoute des débats parlementaires de fin janvier : « l’essentiel des arguments, c’était de dire que ce n’était pas normal qu’un policier aille en garde-à-vue [GAV]. Mais la GAV ce n’est pas un dispositif de culpabilité, c’est un outil pour empêcher la concertation, l’influence, etc. C’est le seul dispositif pour essayer de préserver la vérité, parce que bien souvent les vidéos n’existent pas ou disparaissent. » En mars 2026, dans le procès de Gilles Guilbert, le policier condamné à 10 ans de prison pour meurtre d’Olivio Gomes en 2020 à Poissy, l’avocat général avait souligné les mensonges des policiers, leurs versions changeantes et coordonnées.
Le chercheur Sébastian Roché fait, lui, carrément le parallèle avec les régimes autoritaires : « leur caractéristique, c’est précisément l’usage généreux des armes. On introduit ici des règles qu’on voulait faire supprimer aux pays candidats pour entrer dans l’Union Européenne. Si l’on regarde quel pays dans la région européenne a passé une loi comparable, on ne trouve que la Turquie avec la loi de 2007 qui élargissait de manière très générale l’usage des armes dans différents types de situations ordinaires, hors terrorisme, attentats, prise d’otages, manifestations violentes et contrôle des frontières. » Conséquence d’une telle loi ? « On peut estimer que le nombre de tirs mortels des forces de l’ordre a augmenté de 30% dans des situations ordinaires. »
Si ce texte de loi était adopté et si cette décision judiciaire était confirmée par la Cour de cassation, l’explosion du nombre de tués serait encore plus largement à craindre, soulignent nos interlocuteurs·ices. « S’il n’y a aucune infraction a priori, aucune mesure coercitive ne sera mise en œuvre en pratique ! Avec cette loi, on fait passer un message aux policiers qui pouvaient douter au moment de tirer : on leur dit qu’il n’y a plus à hésiter » conclut Me Pugliese. « S’il n’y a plus de contrôle juridictionnel possible de l’usage des armes à feux par les policiers, on n’est plus dans une démocratie… »

 

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29.05.2026

Dans les champs comme dans les villes, l’État fait la guerre à la jeunesse, et à tout ce qui peut procurer un peu de joie, de rencontre, d’énergie collective. Il veut maintenir la population résignée et les corps isolés.
Nouvel exemple à Elven, comme de 6600 habitants dans le Morbihan. Samedi 23 mai, une free party est organisée sur un terrain, il fait beau, l’ambiance s’annonce excellente, 300 teufeurs et teufeuses se réunissent. La gendarmerie déclenche alors une véritable scène de chaos.
Un hélicoptère survole la fête à basse altitude alors que plusieurs escadrons encerclent le terrain. Au moins 100 militaires lourdement armés, qui gazent massivement la foule, puis tirent des balles en caoutchouc et des grenades explosives. «Ils ont fait entonnoir et ont tout gazé pour rentrer. On ne voyait plus rien» explique un participant.
Plusieurs personnes ont été sérieusement blessées par les munitions : des images prises par le photographe Théophane Tournemine montrent des impacts de LBD et de grenades, et une personne au visage ensanglanté. Des centaines de grenades ont été tirées. Certaines ont provoqué un départ de feu dans la forêt longeant le champ, dans laquelle la foule s’est réfugiée pour échapper à la charge.
Dans la violence et la confusion, au moment de saisir le matériel sonore, les gendarmes ont laissé tomber dans le champ un chargeur de fusil d’assaut. Une arme parfaitement scandaleuse dans un contexte de maintien de l’ordre, et encore plus de fête. Et d’autant plus dangereuse qu’elle est utilisée par des incompétents. Des munitions de guerre sont ainsi laissées dans la nature.
La semaine précédente, c’était à Ploërmel qu’une Free Party était réprimée. Ces images de fêtes écrasées par la répression deviennent banales, il ne faut pas s’y habituer. L’État sème le chaos et la désolation en lieu et place de la joie, de la solidarité et de l’auto-organisation. C’est déjà une forme de fascisme.

 

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28.05.2026

Militant d’extrême droite et indic’ : des liens accablants entre les fascistes et les autorités
La fascisation s’installe aussi par des silences, des omissions, des manières de regarder ailleurs. L’assassinat de Djamel Bendjaballah par un néo-nazi il y a presque deux ans en fait partie. Le 31 août 2024 près de Dunkerque, ce père de famille d’origine maghrébine et éducateur est tué par un militant d’extrême droite nommé Jérôme Décofour. Ce dernier écrase Djamel volontairement à deux reprises avec sa voiture, devant sa fille de 9 ans, sa compagne Vanessa et les deux enfants de cette dernière. Les médias préfèrent parler à l’époque d’une «rivalité amoureuse qui aurait mal tourné», et mettent sous le tapis le caractère haineux du meurtre.
Pourtant, les proches de la victime ont tout fait pour faire reconnaître le racisme de ce crime. Sa sœur Nadia explique : «Tout de suite Vanessa me dit que c’est raciste, vraiment dans les premiers mots de la conversation, alors qu’on pleurait toutes les deux». La justice refuse de retenir cette dimension. D’ailleurs, ni la police ni la justice n’ont pris la peine de prévenir la famille endeuillée, ni de les accompagner d’une quelconque manière. «On a le sentiment d’avoir été baladés, maltraités même» explique sa sœur.
L’assassin, Jérôme Décofour, n’est autre qu’un néo-nazi, survivaliste, leader du milieu d’extrême-droite radical. La victime le connaissait bien puisqu’il avait porté plainte pas moins de trois fois pour injures racistes comme «bougnoule» ou «sarrasin» avant d’être tué. On peut lire dans une de ses plaintes déposées : «Je tiens à vous dire que monsieur se renseigne sur ma fille, âgée de 8 ans. Il a déjà envoyé des messages à ma compagne en citant le village où elle réside. Je suis inquiet vis-à-vis de cette personne. Car je sais par madame qu’il possède des armes à feu. J’aimerais retrouver ma tranquillité». Le néonazi «offrait» à ses enfants des saucissons de porc sur lesquels il écrivait «halal», ou encore des cochons en chocolat pour Pâques.
Le tueur est membre d’une milice nommée «Brigade Française Patriote». Sur la page Facebook du groupe, il multipliait les publications racistes et islamophobes. «Il sortait qu’il fallait apprendre à résister, à repousser les Arabes qui voudraient nous envahir. Il voulait endoctriner des gens pour se préparer à l’impensable» explique un ancien membre. Malgré tous ces éléments, les plaintes déposées par Djamel sont restées lettres mortes.
Il faudra attendre le décès de Djamel pour que l’auteur du crime soit perquisitionné et qu’on découvre un arsenal de guerre : une vingtaine d’armes, dont un Famas, des grenades et des munitions. Son ex-compagne déclarait «qu’il recevait des colis, des armes, des gilets pare-balles. Il se préparait à la lutte armée». Avant son crime, il avait expliqué aux policiers que les armes à feu qu’il possédait étaient des «répliques». Et les agents l’avaient cru sur parole. Entre camarades, on ne va pas se soupçonner.
La complaisance voire la complicité policière hallucinante vis à vis de Jérôme Décofour est désormais élucidée. Le soir du crime, aux alentours de 21 heures, Jérôme Décofour reçoit un appel téléphonique de la police lilloise, située à plus de 80 kilomètres de son domicile. Au total, il est contacté à trois reprises par un numéro fixe venant du commissariat central de Lille. Il est impossible que ces échanges ne soient pas liés au crime qu’il a commis 45 minutes plus tôt. Qui a passé cet appel et pourquoi, si ce n’est un policier complice pour lui donner des conseils ?
Au sein de la Brigade Française Patriote, la milice d’extrême-droite que dirigeait Jérôme Décofour, on trouvait 700 membres dont 200 actifs, pour la majorité d’anciens militaires. Le tueur avait amené un de ses amis à l’une des réunions, qui en était revenu choqué et avait ensuite raconté : «C’était des vraies dingues qui faisaient le salut hitlérien». Après la mort de Djamel, un bulletin d’adhésion à une organisation néo-nazie a été retrouvé lors de la perquisition chez le tueur. Ce document était à retourner à un certain Teddy B, une figure du milieu skinhead d’extrême droite, la Division Nationaliste Révolutionnaire. Sur certaines photos de ce groupe, on peut voir inscrit sur un barbecue «Les juifs au four». Sur une autre image, Teddy B. et sa compagne portent chacun un T-shirt comportant un gros 8 et les inscriptions «Adolf» et «Eva», référence à Eva Braun, compagne d’Hitler. Certains proches de Décofour sont actuellement emprisonnés pour des projets d’attentats.
On sait désormais que le néo-nazi avait été approché par les renseignements français. Selon le Canard Enchainé, les services l’auraient même recruté. Le tueur écrit, dans un courrier récupéré par la justice, avoir travaillé pour la police. Son ex-compagne, dans un rapport d’enquête, estime «qu’il a participé a des rassemblements qui ont amené les renseignements généraux à le convoquer». Ce que Jérôme Décofour n’a jamais contredit, contrairement à d’autres éléments du dossier. Le Canard Enchainé pose la question cruciale : ce travail pour les services de renseignement explique-t-il toute cette protection, ce laisser-faire, et finalement cette procédure laxiste ?
Par exemple, l’assassin n’a toujours pas été auditionné par la juge. Pourquoi ? L’avocate de la sœur du défunt, Maitre Maiwelle Mezi, s’insurge : «Je ne comprends pas que depuis la mise en examen de Jérôme Décofour, la juge ne l’ait jamais entendu, malgré nos demandes insistante» et ajoute : «Il est essentiel qu’une instruction sérieuse soit menée pour montrer la dimension raciste du dossier. Nous ne comprenons toujours pas que la circonstance aggravante de la motivation raciste ne soit pas retenue».
L’excuse d’un major de la police interrogé serait que «les policiers croulent sous les dossiers, chaque service a des milliers de procédures en attente». Une mensonge éhonté : la police n’hésite jamais à mettre d’énormes moyens et à faire des mois d’enquête pour traquer des opposants, par exemple des personnes ayant fait de simples tags en manifestation, ou des militants pour la Palestine. Laisser tranquille un néo-nazi armé dans le cadre d’une affaire criminelle est évidemment un choix politique.
Un autre agent de la police judiciaire suppose : «Dans cette affaire, les flics ont un coupable et même un mobile plausible, la jalousie. Pour eux le dossier est plié, pourquoi veux-tu qu’ils s’emmerdent à ouvrir d’autres pistes que le parquet ne leur demande même pas d’étudier ?» Alors même que la qualification raciste parait évidente, aucune interrogation n’a été faite sur la Brigade Française Patriote lors de la garde à vue.
Le 12 avril, la juge en charge du dossier a même déclaré irrecevable les parties civiles d’associations antiracistes – SOS racisme, la Ligue des droits de l’Homme, le Mouvements contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, ainsi que La maison des potes. La circonstance aggravante de racisme rendrait le crime passible de la perpétuité au lieu de 30 ans requis. Qui protège Jérôme Décofour ?
Le lien entre la police et des milices d’extrême droite n’est plus à prouver. Rappelons que Loïc Le Priol, assassin du rugbyman Frederico Martin Aramburu en 2022, était lui-même militaire, membre du GUD et ami d’un policier, avec qui il avait passé la soirée avant de commettre l’assassinat. En perquisition, un brassard de police avait d’ailleurs été retrouvé. Loïc Le Priol était déjà connu des services de renseignement, condamné pour des actes de torture et interdit de paraître à Paris. Il s’y rendait pourtant armé, manifestement protégé par les autorités.
On peut aussi citer l’affaire Claude Hermant. Ce vieux militant néo-nazi lillois est le trafiquant d’armes qui a fourni les fusils aux terroristes des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher. Il était indicateur de police depuis des années et a été largement ménagé lors de l’enquête après les attentats.
Le meurtre de Djamel Bendjaballah devrait être une nouvelle affaire d’État, puisqu’elle combine les questions de racisme, de réseaux armés, de complicité policière, de services rendus, et se conclut par un homicide. Il n’en est rien, et la famille se bat toujours pour exiger la justice.
Une pétition des proches de Djamel pour faire reconnaître le caractère raciste de ce crime.

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28.05.2026

Un ancien policier de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) a comparu ce mercredi 27 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Grasse pour avoir harcelé deux de ses ex-conjointes. Les faits se sont déroulés entre mars 2023 et août 2025 entre.
Elle arrive à la barre munie d’un classeur saumon dont elle tourne les pages, une à une. R. , ancienne compagne de G. poursuivi pour harcèlement moral, n’a pas d’avocat, alors elle tient à être la plus précise possible. « Il surveillait mes réseaux sociaux, il a menacé de se suicider, j’ai reçu 50 000 messages en un an… », énonce-t-elle.
Au milieu de la lecture de son propre dossier, elle s’arrête, visiblement émue. « Prenez votre temps », l’encourage le tribunal, présidé par la juge Mariel Dubreuil. Alors R. raconte. Ce soir où elle a alerté les gendarmes de la présence de la voiture de son ex, stationnée à 50 mètres de son domicile, à Villeneuve-Loubet.
Perquisitionné, le véhicule semblait vide au premier abord. Quelle n’a pas été la surprise des forces de l’ordre de découvrir G. caché dans le coffre. « Il m’a désorientée », commente la partie civile, décrivant la prison mentale dans laquelle sa relation l’a enfermée.
État d’hypervigilance
Quelques minutes plus tard, c’est au tour de M. de prendre le relais à la barre de sa compagne d’infortune. Le classeur posé sur le pupitre est blanc et vert cette fois. Depuis le début de l’audience, elle a laissé échapper des larmes, sur le banc des parties civiles.
Avec le prévenu, G., elle, a eu une petite fille. Leur relation n’a eu de cesse de se dégrader. Chacun aurait pu tourner la page après la rupture mais M. raconte avoir été « inondée » de messages. Pour le moins brouillés. Certains concernent la garde de l’enfant, d’autres sont des messages d’amour. M. finit par déposer plainte.
Les témoignages de proches confirment une situation anxiogène. « Vous vous introduisiez dans la maison de madame, dans sa voiture alors qu’elle devait aller au travail », égrène le tribunal. Les serrures sont changées, mais le bombardement électronique se poursuit. M. décrit elle aussi un état d’hypervigilance, sursautant quand son téléphone sonne.
« Et quand elle n’a pas de nouvelles, elle se demande : qu’est-ce qu’il est en train de préparer », explique son avocate, maître Julie Kerangueven.
Pas d’intention de blesser
Longtemps interrogé à la barre, le prévenu explique : « J’espérais qu’avec le temps on retrouve une dynamique plus saine », faisant référence aux difficultés liées au mode de garde. Tout est minutieusement justifié. « C’est ce qui agace le tribunal, il a une explication et ce n’est pas celle que vous attendez », plaide son conseil, maître Emmanuelle Boukobza-Gaglio.
S’il s’est garé devant le domicile de son ex-conjointe et s’est caché dans le coffre, c’est parce qu’il est en mission de traque contre les terroristes. « Pouvez-vous reconnaître que vous avez harcelé vos ex-compagnes ? » demande le procureur Anthony Carello.
« Je reconnais que les faits aient pu les blesser mais je n’en avais pas l’intention », se justifie le prévenu. « Ces femmes ne sont pas folles, elles sont victimes », s’est exclamé le ministère public.
Et de rappeler que le prévenu est allé jusqu’à consulter un dossier de la DGSI pour obtenir des informations sur l’entourage de son ex-compagne avant de requérir 12 mois d’emprisonnement avec sursis simple.

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28.05.2026

Un homme en situation de handicap a subi une interpellation policière violente fin avril, dans la Drôme. Malgré les alertes de témoins sur son handicap, il a été placé en garde-à-vue pendant 40h, puis libéré sans poursuite. La famille a porté plainte auprès du parquet de Valence.
Autour de la table sur la terrasse, entourée de colonnes blanches et baignée par le soleil, tous les visages de la famille se concentrent sur un seul d’entre eux : celui de Toufik, 34 ans. Le jeune homme en situation de handicap, autiste, atteint d’une atrophie cérébrale et de surdité, cherche ses mots. Ses proches hochent la tête pour l’encourager. L’habituel sourire immense de Toufik a disparu : il fronce les sourcils pour mieux convoquer ses souvenirs, encore vifs. « Je me promenais dans le parc et là… » – il mime à ses poignets des menottes. « La police… Ils m‘ont traîné. J’ai eu peur. Je criais, je pleurais. Frappé ici, ici, ici » – il désigne la tête, les épaules, le dos. « Je ne pouvais plus respirer », mime-t-il encore, les mains sur la gorge.
Alors qu’il se baladait à vélo dans un parc de la commune de Portes-lès-Valence, au sud de Valence, Toufik est interpellé par les forces de l’ordre vers 17h15, le vendredi 24 avril. D’après les témoins et la presse locale, il pourrait s’agir de la brigade motorisée de gendarmes de Valence accompagnée de la police nationale de Valence. Toufik a l’habitude de se promener là à pieds ou à vélo, « presque tous les jours », explique-t-il.
Pourquoi cette intervention ? Les circonstances ne sont pas encore claires : la famille et les témoins savent qu’une mère de famille a appelé les forces de l’ordre, après que Toufik se soit approché d’elle et de sa fille. « Vers 16h45, j’étais assise sur un banc avec une amie. Toufik est venu vers moi me saluer. Il m’a expliqué qu’une dame lui avait mis une claque », raconte Lucie, une témoin des faits, qui travaille à l’hôpital de Valence et promène souvent son fils dans ce parc.
« Pour les gens qui ne le connaissent pas, son approche peut être déroutante mais il ne faut pas être gêné par son handicap : Toufik dit bonjour à tout le monde, toujours avec respect », tente d’analyser Lucie, qui assure que Toufik a toujours été bienveillant et correct avec elle et son enfant. « Je lui ai dit qu’une claque, ce n’était pas normal. Mais Toufik était déjà passé à autre chose. On a discuté pendant une demie-heure, puis il a continué son tour à vélo, quand soudain, j’ai vu arriver des policiers qui l’ont poussé du vélo. »
« Toufik, au sol, criait de douleur »
C’est à l’entrée du parc que le déchaînement de violences décrit par Toufik et plusieurs témoins commence alors. Là, un skatepark et une aire de jeux pour enfants encadrent de part et d’autre une allée boisée. Lorsque les forces de l’ordre interviennent, en ce vendredi soir d’avril, le parc est rempli de monde. De nombreux témoins assistent donc à la scène. Onze attestations ont été produites et consultées par Basta!.
Plusieurs décrivent Toufik maintenu à terre « par quatre policiers », alors que le jeune homme « est inoffensif et surtout lourdement handicapé », précise l’une d’elles. Lucie voit les policiers s’appuyer avec leurs genoux sur son dos, ce qui pourrait correspondre à la technique du plaquage ventral, dont les risques sont largement documentés. Au moins un policier aurait placé son genou au niveau de son cou, l’empêchant de respirer, selon Toufik et des témoins.
Les coups reçus cassent l’un de ses appareils auditifs, et envoient valser l’autre loin dans les buissons – la famille ne le retrouvera que deux jours plus tard. « Je les aussi ai vu traîner son visage contre le sol », ajoute Lucie. « C’était inhumain. Même à un chien, on ne fait pas ça. Mon fils était là avec moi, on était sous le choc. ».
« Toufik, au sol, criait de douleur. J’ai moi-même tenté de dire au policier en face de moi qu’il était handicapé. Toufik ne pouvait plus respirer. J’ai vu un des policiers lui mettre un grand coup de poing dans le dos », décrit Francis, la cinquantaine et commerçant à Portes-les-Valence. Ce grand homme à l’air jovial, la voix tonitruante, vient sonner au portail le jour de notre visite à la famille, pour leur apporter de nouveau son soutien.
Car Toufik est bien connu dans la commune. Tous les témoins décrivent un jeune homme « très agréable », « respectueux », « poli », « très apprécié dans le secteur », qui « dit bonjour à tout le monde » avec « gentillesse » et n’a « jamais eu de comportement déplacé » ni avec les enfants ni avec les adultes.
40 heures de garde-à-vue, « sans rien entendre ni comprendre »
Dès que Toufik est mis à terre, plusieurs personnes comme Francis s’empressent de signaler son handicap à la police. Dans une vidéo filmée de l’arrestation et consultée par Basta!, des enfants s’indignent de voir cet homme en situation de handicap maintenu ainsi à terre. Plusieurs témoins racontent également qu’un policier debout, avec une bombe lacrymogène dans la main, a empêché l’attroupement de s’approcher et de filmer davantage.
Youcef, le père de Toufik, est le premier de ses proches à arriver sur place. Quand il revit la scène, l’allure droite, ses yeux se plantent dans ceux de son interlocuteur. « Ils se sont défoulés sur lui. Un agent de la brigade motorisé m’a dit « c’est moi qui l’ai frappé », alors que mon fils est reconnu handicapé à 80 %. » Meriem, la sœur jumelle de Toufik, rejoint son père au moment où les forces de l’ordre embarquent son frère dans un fourgon. « On m’a dit que je devais aller au commissariat pour parler avec la police », rapporte-t-elle d’une voix douce. Elle a juste le temps de voir un policier refermer la porte sur le pied de son jumeau. Toufik, lui, nous mime encore des coups dans la fourgonnette : « La police était méchante. La police me disait : tais-toi ! ».
Toufik reste 40 heures en garde-à-vue. « Je faisais des cauchemars. Je ne dormais pas. Il faisait tout noir », se souvient le jeune homme. Il est libéré dimanche matin, suite à l’expertise d’un médecin psychiatre, sollicité par le parquet, qui le juge inapte à la garde-à-vue. Le hasard a voulu que ce soit le médecin psychiatre de Toufik depuis son enfance qui ait été appelé. Dans ce laps de temps, la famille s’est déplacée au commissariat, dès le vendredi soir, pour alerter sur son handicap et demander à le voir. Peine perdue. « À ce moment-là, on ne savait même pas que ses appareils auditifs étaient cassés et perdus. Il ne devait rien entendre, rien comprendre », s’attristent ses proches.
« L’expertise psychiatrique a conclu que ce client était irresponsable pénalement du fait de son handicap de sorte que la garde-à-vue n’avait plus d’intérêt et a été levée », précise l’avocat de la famille, Romaric Chateau. La famille tente de déposer plainte au commissariat dès le vendredi soir contre ces violences, quelques heures après l’interpellation. Elle assure avoir essuyé un refus net de la part des agents de prendre la plainte.
La version policière diffusée dans la presse locale en pleine garde-à-vue
La famille, encore sous le choc, a porté plainte le 29 avril auprès du procureur de la République de Valence pour violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique et atteinte aux droits fondamentaux d’une personne handicapée. « On estime que les violences utilisées par les policiers sont totalement disproportionnée. Il est handicapé, malentendant et ses appareils auditifs lui ont été enlevé donc il est complètement déboussolé et ne peut pas réagir en étant violent. On ne comprend pas ces violences dont il a été victime », résume Romaric Chateau.
L’IGPN est également saisi par le conseil de la famille. Dans un courrier du 30 avril, le directeur territorial de l’association APF France Handicap apporte son « attention particulière » à la situation de Toufik, au nom de la défense des droits des personnes en situation de handicap « en particulier celles en situation de vulnérabilité ». Et encourage la famille à saisir également le Défenseur des droits.
Sollicité sur les suites qu’il compte donner à la plainte de la famille, le procureur de la République de Valence n’a pas souhaité nous répondre, mettant en doute notre qualité de journaliste avant d’affirmer que le « parquet réserve son attention et ses réponses aux conseils et justiciables qui le saisissent ».
Pourtant, au cours de sa garde-à-vue, la presse locale s’est fait le relais de la version préfectorale. Un premier article est paru dès le samedi matin, après la première nuit de garde-à-vue de Toufik, dans Ici (ex-France Bleu). L’article indique que Toufik aurait « mordu un policier » lors de son arrestation, après avoir « abordé deux enfants de 7 et 9 ans, avant de s’en prendre à leur mère ». Un second article suit le même jour, cette fois dans Le Dauphiné Libéré. Il est titré : « Ce déferlement de violence est inadmissible ». Il ne désigne pas l’action policière… Mais bien Toufik.
Le secrétaire départemental du syndicat Alliance Drôme lui-même y donne sa version des faits. Alors même que Toufik est encore en garde-à-vue, et que la famille n’a aucune information à son sujet. « Cet individu a pris violemment à partie les policiers. Il est allé jusqu’à en frapper plusieurs et a mordu l’un d’entre eux jusqu’au sang ! », affirme le responsable syndical. Cinq jours d’arrêt de travail mais aucune incapacité temporaire de travail (ITT) n’a été délivrée au policier concerné, selon la presse locale.
La famille a également porté plainte pour diffamation publique, suite à ces articles. Ceux-ci proviennent « forcément de la communication des services de police et des services du parquet, puisqu’il n’y a qu’eux qui ont accès à la procédure », épingle l’avocat Romaric Chateau. Qui ajoute qu’une morsure, « généralement, c’est plutôt un acte de défense : on vous prend la tête vous vous débattez, vous mordez. Mais pour l’instant je n’ai pas accès au dossier », pour faire la lumière sur ces circonstances.
Aucune charge retenue, mais des séquelles graves
Toufik ne fait l’objet d’aucune poursuite suite à sa garde-à-vue. Aucune plainte n’a été portée à la connaissance de la famille. La préfecture n’a pas, pour l’heure, répondu à nos questions.
En revanche, les séquelles physiques et psychologiques qu’il en garde sont durables. Un arrêt de travail de huit jours lui est délivré à sa sortie, ainsi qu’une ITT de six jours. Des certificats médicaux attestent de contusions au visage, aux épaules ; d’hématomes aux pectoraux, au bras ; de griffures aux poignets, au thorax, aux genoux ; et d’une dent cassée. Toufik nous la montre du doigt, en première ligne de son sourire. Dans sa chambre, une fenêtre ouverte sur un balcon donne de l’air à la pièce. Le décor est simple : un lit collé au mur, un grand écran et une confortable chaise pour jouer à ses jeux vidéos préférés sur la Playstation. Le jeune homme commence tout juste à accepter de ressortir de chez lui. Plus jamais seul, toujours accompagné.
Les médecins l’ont noté dans leurs certificats : « Anxiété », « appréhension anticipatoire », « peur de sortir ». Au rez-de-chaussée, Walid, son petit frère, confie avoir vu le changement chez son frère. D’ordinaire enjoué, Toufik est devenu « souvent pensif, le visage grimaçant. Il a tout le temps peur, aussi. Il sursaute dès que j’entre dans sa chambre. »
Derrière lui, des photos montrent la famille soudée, en haut d’une montagne de la vallée de la Vanoise. Dans ce salon lumineux, parfaitement rangé, trône un piano blanc. C’est celui de Meriem, qui y a inscrit soigneusement, sur chaque touche, la note correspondante. La mère de Toufik, pilier de l’unité de la famille, apparaît discrètement dans un coin de cette grande pièce calme. Quand on lui demande ce qu’elle attend de la justice, elle balaie de la main : « Moi, tout ce qui m’importe, c’est que j’ai retrouvé mon fils vivant ». Sa paume sur le cœur et ses yeux brillants suffisent à raconter l’angoisse qui l’a étreint pendant les 40 heures de garde-à-vue sans nouvelles de son fils. « Je savais juste qu’il avait été emmené en sang là-bas. On a entendu tellement d’histoires comme celles-là… »
Pour ses premières sorties, la mère de Toufik l’a accompagné à la fête foraine de la commune. Il y ont croisé la police municipale de Portes-lès-Valence. « En les voyant, mon fils s’est recroquevillé d’un coup, ce qui ne lui arrivait jamais. D’habitude, il leur dit bonjour : les policiers municipaux le connaissent très bien, il va même prendre le café dans leurs bureaux ». Mise au courant des faits, une agente l’a rassurée : « Elle répétait : c’est moi Toufik, c’est moi, et elle l’a pris dans les bras à la fin. »
Toufik recommence aussi à se rendre dans les locaux du GEM (groupe d’entraide mutuelle) éCLAIR, une association proposant des activités en journée aux personnes avec cérébro-lésions. Dans un courrier de soutien à la famille, la responsable GEM éCLAIR décrit un homme « plein de bonne volonté, heureux de partager du temps avec ses pairs » et qui n’a jamais fait preuve « d’agressivité ou de violence ». Le jour où il est revenu dans leurs locaux, accompagné par ses parents, ses camarades lui avaient préparé un goûter d’accueil. Avec un éducateur du centre, Toufik a commencé à mettre en mots, par le théâtre, ce qui lui est arrivé.

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26.05.2026

Le numéro 2 du Raid, cette unité d’élite de la police basée à Bièvres (Essonne), aurait fait l’objet de plusieurs témoignages de femmes dénonçant des comportements et propos inappropriés. Sa hiérarchie, informée et qui l’a encore convoqué la semaine dernière pour de nouveaux faits, ne l’a pas sanctionné jusque-là.
« Depuis le début, on sent que la direction veut tout mettre sous le tapis et ça nous dégoûte. » Plusieurs membres du Raid ont fini par craquer et décidé de parler du comportement du numéro 2 de l’institution, surnommé Laser 2. Pourtant, au sein de cette unité d’intervention d’élite de la police nationale, dont la base est installée à Bièvres (Essonne), on est plutôt connu pour cultiver le silence et la discrétion. Mais depuis plusieurs mois, Philippe G., aurait eu plusieurs comportements et propos jugés inadaptés.

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26.05.2026

C’est une tentative d’homicide délibérée, lâche, incontestable, documentée. Un blindé de la gendarmerie, depuis le canon de tourelle, a envoyé en tir tendu et avec une force colossale une grenade sur une foule dense de manifestant·es. Serge a reçu la munition en pleine tête, faisant instantanément sauter son casque et fracturant son crâne. Cela aurait pu être n’importe qui d’autre dans ce cortège écologiste. Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l’État français voulait tuer.
C’est ce que confirme l’enquête minutieuse de Médiapart et Libération, qui vient d’être mise en ligne ce mardi 26 mai. Les journalistes ont réalisé ce que la justice et la gendarmerie ont choisi de ne pas faire : un vrai travail d’investigation. Ils ont utilisé les images de 51 caméras de gendarmes déployées à Sainte-Soline, d’une centaine de caméras piétons, d’une tourelle de surveillance et de reporters présents dans la manifestation. Ils ont analysé 150 heures de vidéos et un fichier «crucial» que le parquet et les enquêteurs n’ont pas cherché à utiliser, alors même qu’ils en connaissaient l’existence. Et tous ces éléments permettent d’identifier sans aucun doute possible quand, où et par qui a été fait ce tir criminel : depuis l’habitacle protégé d’un blindé militaire.
Précisons une nouvelle fois que tous les fichiers utilisés par les journalistes ont été versés dans la procédure depuis 2023. Et pourtant, en décembre 2025, le parquet de Rennes a classé «sans suite» l’enquête portant sur quatre blessé·es graves de cette manifestation. Médiapart et Libération ont donc synchronisé les séquences et ont mené un travail exceptionnel : recoupement vidéo et audio, utilisation des coordonnées GPS de chaque gendarme qui filmait, modélisation 3D des lieux, identification méthodique de chaque tir dans la période entourant la blessure… Conclusion : seul un tir en provenance du véhicule blindé de gendarmerie peut avoir frappé Serge à la tête.
Leur enquête permet de repérer tous les tirs effectués au même endroit et dans les secondes entourant celui qui a frappé Serge, et d’écarter ceux qui ne sont pas compatibles. Plus accablant encore : le tir tendu depuis le véhicule blindé a été filmé sous deux angles différents. Un gendarme, bien à l’abri dans son tank, s’est amusé à charger le canon de sa tourelle et à envoyer des munitions en tir tendu sur une foule compacte, pour provoquer le plus de dégâts possibles. Résultat, un jeune homme venu défendre les ressources en eau a frôlé la mort, fait plusieurs semaines de coma, et garde encore de très lourdes séquelles.
Le tireur aussi a été identifié : il s’appelle Arnaud F. C’est le gendarme qui était chargé de tirer les grenades depuis le blindé. Pour les enquêteurs, cet homme était très facile à identifier, puisque c’était le seul qui avait cette tâche. Contrairement aux centaines de gendarmes positionnés devant la bassine qui ont tiré de manière aléatoire des milliers de grenades, Arnaud F. est un cas spécifique. La justice n’a donc aucune excuse. D’ailleurs, ce gendarme avait lui-même été auditionné, reconnaissant avoir effectué un grand nombre de tirs depuis son blindé. Pourtant le parquet ose écrire dans sa décision : «aucune investigation supplémentaire ne peut permettre d’éclaircir les circonstances de ces tirs».
Ces nouvelles révélations constituent un scandale d’État de plus concernant Sainte-Soline : en plus d’une violence militarisée, des mensonges éhontés des autorités, d’une campagne d’intox médiatique, c’est une impunité organisée par la justice, qui a choisi de ne pas enquêter. Pour rappel, des moyens colossaux d’identification avaient été mis en œuvre pour retrouver des manifestant·es. Par exemple, en mars 2024, des écologistes avaient été lourdement condamné·es après avoir été identifié·es avec des logiciels de reconnaissance faciale, sur la base de photos prises lors de la manifestation de Sainte-Soline et comparées aux données contenues dans le fichier du Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ). À l’époque, leurs avocats dénonçaient un usage illégal et obscur de ces logiciels dans le cadre d’enquête.
Cela signifie que d’un côté, la police et la gendarmerie ont utilisé des moyens extrêmement poussés et même interdits pour traquer les opposant·es aux mégabassines, mais qu’ils n’ont même pas cherché à identifier leurs propres agents, facilement retrouvables, auteurs d’actes criminels passibles de la cour d’Assise.
Suite à ces nouvelles révélations, l’avocate de quatre blessés graves de Sainte-Soline, Chloé Chalot, a déposé un recours avec constitution de partie civile pour qu’un juge d’instruction soit désigné. Cela n’avait même pas été fait !
Le 25 mars 2023, nous écrivions en quittant la manifestation : «Le gouvernement Macron est prêt à tuer pour un trou en terre battue recouvert de plastique, creusé au milieu d’un champ». Dans les vidéos révélées en 2025, on entend effectivement les gendarmes s’exclamer : «T’en crèves deux-trois, ça calme les autres», «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné !», «Un vrai kiff !», «Mets leur une GM2L dans la gueule», «fils de pute», «pue-la-pisse », «faut les tuer», ou encore, en criant de joie : «Il l’a mis en pleine tête». Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, continue d’assurer qu’à Sainte-Soline, «il y a eu une riposte qui a été très majoritairement proportionnée». Une intention assumée d’assassiner et des tirs depuis un blindés militaire, voilà une riposte «proportionnée» pour nos dirigeants.
Sainte-Soline, en plein mouvement des retraites, et quelques semaines avant la répression féroce dans les banlieues lors de la mort de Nahel, a été une étape de plus dans la fascisation du pays, mais cette date a aussi contribué à la disparition des dernières illusions de «démocratie» et «d’État de droit » pour celles et ceux qui y croyaient encore. Il y a eux et nous. Celles et ceux qui se battent pour nos biens communs, pour le partage et pour un avenir vivable contre des autocrates qui préfèrent tuer plutôt que de partager. Et entre les deux, des soudards fascistes surarmés, avec l’autorisation de tuer.
La gendarmerie française est désormais équipée de nouveaux blindés, les «Centaures», beaucoup plus modernes et mieux équipés que ceux vus à Sainte-Soline. Ils disposent sur leur toit d’un lanceur de grenades qui permet de tirer non pas une, mais 30 munitions d’un seul coup.

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26.05.2026

L’avocat de la famille de Theo Sanha, dont la mort en cellule à Fresnes en 2022 fait l’objet d’une information judiciaire, a indiqué mardi à l’AFP avoir saisi la justice administrative pour faire condamner l’Etat, reprochant à la prison d’avoir “ laissé sombrer ” le détenu.
Theo Sanha, 28 ans, est décédé un mois et onze jours après son incarcération. Écroué le 2 décembre 2021, il devait être jugé en comparution immédiate le 11 janvier, le jour de sa mort, pour non-respect d’une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance.
C’est lors de cette audience que sa mère a appris son décès. Le cadavre de son fils a été retrouvé en position foetale, nu, baignant dans l’urine, dans une cellule jonchée de déchets.
L’Inspection générale de la justice (IGJ) a fustigé, dans un rapport rendu en mars 2022, une succession de “ défaillances ” et de “ négligences ”, aboutissant “ au délaissement puis à l’abandon du détenu ”.

(…)

Mais son profil aurait nécessité une “ réaction individuelle ou collective de prise en charge adaptée ” et non une “ gestion déshumanisée, ostensiblement distanciée et inadaptée ”, estimait l’IGJ.
Une juge d’instruction a été saisie en septembre 2023 à Paris pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Après deux ans d’investigations, elle a terminé son enquête sans mise en examen, a appris mardi l’AFP de source proche du dossier.

(…)

Sa famille se sent aujourd’hui “ trahie ” par l’Etat, qui avait “ précisément la garde et la responsabilité de leur proche ” enfermé, d’après leur recours en mai devant le tribunal administratif de Melun consulté par l’AFP.

(…)

“ Ce dossier illustre l’incapacité de l’administration pénitentiaire à traiter dignement des détenus fragiles sur le plan psychiatrique ”, a estimé leur avocat Antoine Ory. Fresnes “ était informée de la dégradation mentale de Theo Sanha et l’a laissé sombrer ”.
Sollicités par l’AFP, le ministère de la Justice, la direction de l’administration pénitentiaire et celle de la maison d’arrêt n’ont pas répondu dans l’immédiat.

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24.05.2026

Toujours plus haut, toujours plus loin dans la fascisation : un événement interdit parce que des propos portant atteinte à la République seraient «susceptibles d’y être tenus»
Nous vivons dans une dystopie. Dans le film Minority Report, sorti en 2002, des agents punissent «préventivement» les responsables de crimes avant qu’ils ne soient commis. En 2026, en France, l’État fait interdire un événement public sur la base de propos qui risqueraient d’être prononcés, mais ne l’ont pas encore été. C’est un raisonnement totalitaire.
Ce week-end du 23 et 24 mai, à Nantes, devait se tenir la rencontre annuelle des musulmans de l’ouest. Cet événement rassemble chaque année depuis 15 ans des milliers de fidèles, mobilisant une force associative et humaine. Cette année, la rencontre devait se dérouler à la mosquée Assalam, située à l’est de Nantes. Cinq jour avant, le 19 mai, une réunion s’était tenue à la préfecture afin de fixer les derniers détails de l’organisation. Jusqu’ici, rien de particulièrement nouveau.
Mais le 22 mai, au dernier moment et à la demande du ministre de l’intérieur, le préfet de Nantes Fabrice Rigoulet-Roze décidait brutalement d’interdire la rencontre. Coup de tonnerre. Saisi en urgence, le tribunal administratif a validé cette censure ce samedi. Les magistrats ne se sont pas vraiment prononcés sur le fond, mais ont donc permis l’interdiction d’un grand événement. Le tribunal a tout de même évoqué «la présence d’intervenants, (…), susceptibles de tenir des propos constitutifs d’infractions pénales». C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Qui porte atteinte aux droits de rassemblements, d’expression et de sociabilité ? Le pouvoir en place. En attendant, cela créée un précédent gravissime, qui risque de servir à interdire d’autres événements musulmans. Et après, à qui le tour ?
Derrière cette opération scandaleuse, le Ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, qui applique décidément le programme du RN. Il passe son temps à écraser les manifestations de gauche, les Free Party et les associations musulmanes tout en protégeant les fascistes. Ce 23 mai, il triomphait, et écrivait à propos de l’évènement interdit : «Les propos susceptibles d’y être tenus sont de nature à porter atteinte aux principes et aux valeurs de la République ainsi qu’à la cohésion nationale et à la dignité humaine. Le rassemblement ne peut donc pas se tenir».
Relisez attentivement. On ne sait même pas de quels propos parle Laurent Nunez. Et encore moins en quoi ils porteraient atteinte à «la République». Ni même de ce qu’un individu comme Laurent Nunez considère comme étant républicain. En France, la République laïque est sensée garantir la liberté d’expression et de foi, sans restriction ni discrimination, pour toutes et tous. La pseudo-République du régime actuel en est donc très éloignée.
Mais ce n’est pas le plus grave : le premier flic de France parle de propos «susceptibles d’y être tenus». Il faut se rendre compte du palier qui est franchi : cela veut dire qu’on peut interdire à peu près tous les événements du monde en estimant que des propos «dangereux» ou «illégaux» seraient «susceptibles» d’être prononcés. C’est une logique totalitaire, au sens littéral et historique du terme.
Cette interdiction fait écho à la tentative récente de censurer la rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF). Mais l’opération avait échoué, car elle avait été retoquée par la justice en avril dernier. Après cet échec à Paris, le gouvernement remporte donc une victoire légale à Nantes, et demain, il faut craindre que d’autres événements soient interdits sur cette base.
L’association organisatrice a publié un communiqué «prenant acte de cette décision dans le respect des institutions et de l’état de droit» tout en précisant «que cette rencontre avait pour vocation de promouvoir le dialogue, la transmission du savoir, de la spiritualité et le vivre-ensemble dans le strict respect des valeurs républicaines». Elle annonce «qu’une requête de fond sera engagée». Nantes sert, une fois de plus, de laboratoire aux innovations répressives et liberticides.
Le Premier Ministre Sébastien Lecornu enfonce le clou, en publiant un tweet digne d’Eric Zemmour : «Face à l’islamisme politique, la République doit être ferme, précise et juridiquement irréprochable. Merci au Ministère de l’Intérieur». Bizarrement, Sébastien Lecornu n’est absolument pas choqué par l’entrisme néo-nazi dans la police et l’armée, ni par l’explosion des violences racistes, ni par les banquets nationalistes organisés par l’extrême droite, qui dégénèrent en agressions de rue… Il préfère frapper sur les musulmans au nom de «la République».
Cette même république pointée par l’ONU, qui a publié plusieurs rapports sur les discriminations structurelles qui ciblent les citoyen·nes musulman·nes en France, sur fond de discours médiatico-politiques racistes.

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24.05.2026

Entre 300 et 500 élèves ont manifesté vendredi 22 mai 2026 devant le lycée Germaine-Tillion à Montbéliard (Doubs). Mais ce rassemblement a dégénéré avec des débordements de violence. Trois jeunes ont été placés en garde-à-vue tandis que les syndicats enseignants dénoncent des violences policières. On vous explique.
Ils s’étaient réunis dès 8h du matin. Devant le lycée Germaine-Tillion, à Montbéliard (Doubs) entre 300 et 500 élèves se sont rassemblés vendredi 22 mai 2026 pour protester contre la décision du proviseur (prise mercredi 20 mai) d’interdire l’accès au hall jusqu’à nouvel ordre. Cette décision avait été prise suite à l’utilisation de fumigène dans ce hall mais les élèves avaient perçu cette décision comme une punition collective. « Des problèmes organisationnels et la vétusté de certains locaux avaient également motivé leur décision », est-il écrit dans un communiqué de presse intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard.
La manifestation s’est étendue jusque dans l’après-midi. « Selon les témoignages que j’ai pu avoir, tout s’est bien passé jusqu’à 15h, où les élèves jouaient au football et le ballon a touché la voiture d’un policier. Les policiers ont gardé le ballon et ça a dégénéré », rapporte Mohamed Abohlfaya, secrétaire général de l’union syndicale lycéenne de la fédération du Doubs. Trois jeunes ont été interpellés et placés en garde à vue. Deux d’entre eux sont toujours en garde à vue et seront présentés au procureur de Montbéliard dimanche 24 mai. « Un élève serait blessé », est-il précisé dans le communiqué de presse.
« La police a chargé violemment et sans distinction »
« Suite à des débordements dus à quelques-uns, la police a chargé violemment et sans distinction le groupe restant, faisant usage de lacrymogènes », souligne le communiqué. D’après le témoignage d’un professeur que Mohamed Abohlfaya a pu recueillir, les élèves auraient subi cinq à six charges de la part des policiers. « Il y a même eu des jets de lacrymo dans la cour », rapporte-t-il. « Ça a touché les élèves et même des professeurs qui étaient au bord de la route », témoigne Lana, lycéenne présente lors de la manifestation.
« Il y a un même une vidéo qui tourne où un prof demande à un policier de se calmer et celui-ci le traite de Mélenchon », ajoute-t-elle. Les députés LFI Antoine Léaument et Danièle Obono ont réagi sur X sur ce sujet.
« Vous êtes un Mélenchon » : ce policier sort de son devoir de réserve.
— Antoine Léaument 🇫🇷 (@ALeaument) May 23, 2026
L’acclamation qu’il suscite en faveur du candidat insoumis était la meilleure réponse à faire.
Quand nous arriverons au pouvoir, ce genre de comportement, c’est fini. pic.twitter.com/9MxsIDtNnc
Selon Lana, certains policiers auraient largement abusé de leur pouvoir. « Dans une vidéo, on voit un policier qui attrape un élève et qui commence à l’étrangler, à le serrer au cou. On voit bien sur la vidéo qu’il n’arrive plus à respirer mais ils n’en ont rien à faire », lâche-t-elle. La lycéenne rapporte également que, dans un sonore enregistré par un lycéen qui se plaint auprès d’un policier d’avoir failli mourir à cause des gaz lacrymogènes, le policier lui aurait rétorqué : « T’as failli mourir et bah tant mieux. Ça fera un connard de moins ».
D’après la jeune fille, la manifestation a pris fin avec un barrage mis en place par les policiers. « Je me demande pourquoi ils ne l’ont pas fait depuis le début », se questionne-t-elle.
Un appel à la discussion des syndicats
Dans le communiqué intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard, « les enseignant.es du lycée Germaine Tillion tiennent à condamner l’absence de dialogue avec la direction de l’établissement, qui aurait permis, s’ils avaient eu lieu, d’éviter les débordements et les violences policières qui ont suivi ».
Les insultes, les flash balls et les gaz lacrymogènes lancés sur des adolescents ne constituent pas une réponse digne d’une démocratie et d’une institution qui se veut exemplaire et bienveillante avec notre jeunesse.
communiqué de presse intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard
Les syndicats enseignants souhaitent que des discussions aient lieu entre la direction du lycée et les lycéens. Ils appellent aussi le rectorat à intervenir pour apaiser les relations entre les lycéens et les forces de l’ordre et demandent « un bilan objectif des modalités d’interventions » de la police afin d’éviter de nouveaux débordements.

(…)

« L’objectif est de manifester pacifiquement mais on sent qu’ils sont tendus donc faut faire attention à ce que ça ne déborde pas », prévoit le secrétaire général de l’union syndicale lycéenne de la fédération du Doubs. « On peut espérer comme vendredi entre 300 et 500 personnes mais comme il y a eu des répressions, ils ont peur donc on ne sait pas ». Les lycéens décideront le jour même s’ils maintiendront ou non, le blocus pendant le reste de la semaine.

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22.05.2026

Au tribunal de Saint-Malo, jeudi 21 mai, trois anciens élèves de l’École de police comparaissaient pour harcèlement scolaire sur un de leurs collègues. Leurs comportements déplacés envers la victime avaient été repérés par des camarades. Une enquête administrative était ouverte. Le plaignant dénonçait le harcèlement et les humiliations qu’il avait endurées durant deux semaines, du 13 au 28 janvier 2025, alors qu’il partageait la même chambre que les trois prévenus.
Ce qu’il rapportait : des insultes régulières, dont certaines à connotation sexuelle, des moqueries, des coups durant les entraînements, des propos graveleux concernant sa mère. Et puis l’épisode où il a retrouvé du savon dans sa gourde. Ou encore son lit dépourvu de ses lattes et ce jour où il a été étranglé.

 

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22.05.2026

7 ans après la mort de Steve le soir de la fête de la musique 2019 à Nantes, les provocations d’État continuent. Un décret du 15 mai 2026 donne la liste des nouvelles personnalités décorées de «l’ordre national du Mérite». Il s’agit d’un ordre honorifique créé par le général de Gaulle pour récompenser «les mérites distingués, militaires ou civils, rendus à la nation française.» Une petite médaille bleue, que les serviteurs zélés de l’État et les amis du pouvoir peuvent porter sur leur costume.
Et dans la liste, parmi les nouveaux «chevaliers» nommés par le gouvernement, le nom de Grégoire Chassaing. «commissaire, 29 ans de service» précise le décret. Ce nom résonne comme un coup de poing pour tous les nantais. Car Grégoire Chassaing est bien connu pour avoir endeuillé la ville. C’est lui qui a lancé l’attaque mortelle du 21 juin 2019 contre des jeunes qui dansaient au bord de la Loire.
Ce soir là, des centaines de personnes font la fête sur un quai de l’île de Nantes, qui se situe à plusieurs mètres au-dessus de la Loire. Sans motif, les forces de l’ordre étaient intervenues au milieu de la nuit. Et avaient chargé après qu’un DJ ait diffusé le morceau «porcherie», une chanson contre le Front National. Ivre de violence, la police avait tiré des dizaines de grenades lacrymogènes, tabassé des personnes au sol, fracturé des os, envoyé des grenades explosives et tiré des balles en caoutchouc. Et avait provoqué des dizaines de blessés, des centaines de traumatisés et, surtout, au moins 12 personnes tombées dans l’eau sombre et dangereuse de la Loire. Et un mort noyé, Steve, 24 ans.
L’affaire avait suscité une immense émotion à Nantes et une mobilisation puissante durant des mois. Face aux éléments accablants et à la pression populaire, la justice avait fini par mettre en examen la mairie, le préfet et son adjoint, ainsi que le commissaire qui avait lancé la charge. Après avoir fait traîner la procédure, l’affaire judiciaire s’était dégonflée : la mairie et le préfet ont été mis hors de cause, et le seul à comparaître sera donc le commissaire Grégoire Chassaing.
Qui est ce commissaire qui a marqué Nantes au fer rouge ? Le journal Street Press avait dévoilé son pédigrée après la charge mortelle : déguisement raciste, engagement traditionaliste, prises de positions violentes et autoritaires. Sur les réseaux sociaux, ce policier s’affichait, en photo, aux côtés de son épouse, le visage maquillé en noir, une perruque afro sur la tête. Un «blackface», pratique raciste régulièrement dénoncée.
Toujours sur internet, la femme du commissaire dénonçait en vrac la «PMA sans père, le mariage gay et l’avortement». Le soir de la fête de la musique, les témoins parlent d’une charge sans sommation et d’insultes comme «sales gauchistes».
Ce chef de la police était connu depuis de longues années à Nantes pour ses méthodes violentes, notamment contre les cortèges revendicatifs. À la tête de ses hommes, il faisait le coup de poing et déchaînait la répression, blessant de nombreuses personnes. La même méthode a été utilisée contre les fêtards.
Rappelons également que Grégoire Chassaing a assuré, au début de sa carrière et pendant des années, une «coopération en Égypte et au Cambodge», où il avait enseigné à des Régimes autoritaires les techniques de répression françaises.
Le vendredi 20 septembre 2024, après plus de 5 ans d’une interminable procédure, le commissaire Grégoire Chassaing, qui était le seul poursuivi pour ces faits, est relaxé. Le tribunal correctionnel avait estimé que le commissaire de 54 ans, qui était mis en cause pour «homicide involontaire», n’avait pas commis de «faute caractérisée» ayant pu aboutir à la chute de Steve dans la Loire. Lors du procès qui était déjà d’une complaisance honteuse étant donné la gravité des faits, le procureur de Rennes avait demandé une «peine de principe» contre le fonctionnaire de police. Il n’a pas été suivi. La police tue, et la justice acquitte.
Pourtant, même «l’Inspection Générale de l’Administration», l’équivalent de l’IGPN pour les hauts fonctionnaires, a mis en cause la responsabilité du commissaire Chassaing : «Les enquêteurs ont établi qu’il aurait décidé d’intervenir, alors même que la consigne inverse lui avait été donnée par sa hiérarchie».
Grégoire Chassaing est régulièrement récompensé. Avant la tragique fête de la musique, le commissaire était décoré par le Ministre de l’Intérieur : une médaille offerte aux agents qui ont assuré la répression du mouvement des Gilets Jaunes. Il avait aussi reçu une médaille d’honneur de la police nationale en 2015, une médaille de la sécurité intérieure et une médaille de la défense.
En avril 2021, moins de deux ans après la mort de Steve et alors qu’il était mis en cause, Grégoire Chassaing obtenait une première promotion : il était nommé à la direction de la police de Clermont-Ferrand. Une nouvelle provocation du Ministère de l’Intérieur avait eu lieu quelques jours seulement avant le procès : le 1er juin 2024, Chassaing était nommé nouveau chef de la police nationale de Lyon, à la tête de centaines d’hommes, dans la troisième plus grande ville française. Il y sème, là-bas aussi, une violente répression contre les minorités et les contestations. Avec cette médaille du «Mérite», c’est un coup de poignard supplémentaire.
La famille de Steve subit ainsi une violence inouïe, une de plus. Et toute la population nantaise, durablement choquée par la noyade de la fête de la musique et qui s’était mobilisée en 2019 avec des fresques, des collages et de nombreuses actions, peut avoir un goût amer. La police sait qu’elle peut tuer un jeune qui danse sans même être inquiétée, et les responsables sont récompensés.

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22.05.2026

La sanction prononcée après le procès de l’ex-magistrat qui proposait de violer sa fille fait polémique sur la toile.
Les procès pour viol sont parmi les procès les plus scrutés par l’opinion publique. Lorsqu’il s’agit de viol, ou de tentative de viol, sur mineur, les observateurs attendent souvent des sanctions sévères. Cependant, il arrive que certains accusés réussissent à se sortir des mailles de la justice. Certains n’y entrent même pas. C’est le cas d’un ex-magistrat qui a failli commettre une atrocité. En effet, l’homme de 57 ans a proposé à d’autres hommes de violer sa fille âgée, au moment des faits, de 12 ans seulement. L’homme a réussi à se défaire des mailles d’une justice qu’il connaissait bien.
Un ex-magistrat accusé de tentative de viol sur sa fille
L’homme, qui jusqu’à son arrestation était vice-président du tribunal judiciaire de Dijon, avait tout d’un homme respectable. Père d’une famille de trois enfants, il menait une vie presque enviable. Cependant, il s’adonnait à des activités sordides à ses heures libres. Arpentant les sites libertins, il proposait, à qui le voulait, des relations intimes avec sa fille âgée de 12 ans. Les faits se sont déroulés entre octobre 2019 et juin 2020. Heureusement pour la petite collégienne, son père n’a pas pu trouver une personne qui acceptait de la violer. Toutefois, il a trouvé le courage de nier les faits. En effet, lorsqu’il a été appréhendé avant d’avoir commis le pire, l’ex-magistrat de 57 ans s’est vu condamner à une peine de prison qui n’a pas satisfait les personnes au courant de cette affaire.
L’ex-magistrat de Dijon échappe à une justice qu’il connait bien
L’ex-magistrat n’a guère eu besoin de beaucoup plaider en sa faveur qu’il s’est vu condamné à seulement deux ans de prison, dont un, uniquement, ferme. Une condamnation dont il fait l’objet pour “instigation à la corruption pour mineur non suivie d’effet”. Pour sa défense, le père de famille évoquait des “fantasmes non concrétisés”. Pour cet ex-magistrat de Dijon, ce qu’il n’avait pas réussi à faire parce qu’il n’en avait pas l’occasion n’était que des “fantasmes non concrétisés”.

(…)

Les affaires de viol sur mineur sont la cause pour laquelle les Français n’ont plus confiance en leur justice. Dans un récent sondage du SSER, de nombreux Français affirment ne pas avoir confiance en la justice française. En effet, plus de 51 % des personnes vivant en France confient ne pas avoir confiance en la Justice. 89 % la voient comme trop lente, 74 % comme trop coûteuse et 69 % comme inégale envers les citoyens. Par ailleurs, ces chiffres énoncent, une fois de plus, ce dont se plaignent les Français.

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22.05.2026

Quatre personnes ont été placées en garde à vue mercredi 20 mai dans le cadre d’une enquête ouverte pour proposition et sollicitation d’avantage, détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel, faux en écriture publique ou authentique
D’après nos informations, ces gendarmes étaient soupçonnés, contre rémunération, d’avoir consulté des bases de fichiers internes aux forces de l’ordre, telle des vérifications d’antécédent ou de casier judiciaire, des véhicules volés avant de divulguer ces informations protégées, entre septembre 2024 et mai 2026.
Coup de filet
Mercredi 20 mai, quatre personnes, dont les militaires fumélois, ont été placées en garde à vue et auditionnés à Agen.

(…)

Au terme des auditions devant les enquêteurs, deux des militaires ont été mis hors de cause dans ce dossier, au contraire d’un de leur collègue gendarme, exerçant comme adjoint de police judiciaire. Ce dernier, présenté à une juge d’instruction, a été mis en examen pour des faits de corruption passive, détournement de la finalité d’un fichier de police, et faux en écriture publique ce vendredi 22 mai.

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21.05.2026

Le sociologue Sebastian Roché, directeur de recherches au CNRS et auteur du livre la Police contre la rue (Grasset, 2023), analyse les raisons et les conséquences possibles du vote d’extrême droite au sein de la police.
Les syndicats comme Alliance jouent-ils un rôle dans l’essor du vote RN chez les policiers ?
Sebastian Roché Sociologue
Dans la police, les syndicats majoritaires expriment publiquement des positions très proches des partis d’extrême droite. Ils sortent de la défense des intérêts des travailleurs, notamment quand ils parlent de « nuisibles » pour qualifier des habitants de banlieue.
Il y a des passerelles avec l’extrême droite, et même d’anciens syndicalistes d’Alliance qui se lancent en politique avec le RN. Les liens sont objectivables. La thèse d’Alliance, « le problème de la police, c’est la justice », est déclinée de façon très symétrique par le RN.

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21.05.2026

Un piquet de grève de la CGT d’Eurenco délogé par la police

(…)

Alors que la CGT avait organisé un rassemblement en amont d’un CSE de l’entreprise, ce mercredi 20 mai dès 7h, le premier après les sanctions discipli…

(…)

Un piquet de grève de la CGT d’Eurenco délogé par la police
Alors qu’un rassemblement se tenait devant les grilles de la poudrerie depuis 7h, mercredi, la gendarmerie est intervenue aux alentours de 17h.
Alors que la CGT avait organisé un rassemblement en amont d’un CSE de l’entreprise, ce mercredi 20 mai dès 7h, le premier après les sanctions disciplinaires à l’encontre de trois employés membres du syndicat, dont un a été licencié, la gendarmerie est venue déloger la dizaine de manifestants restant, aux alentours de 17h.
Une intervention sur ordre du préfet après un appel de la direction du site, car des camions en attente « transportaient des matière dangereuses qui devaient impérativement entrer sur le site », assure-t-on du côté de la préfecture.
« On nous a envoyés six voitures de police avec seize agents pour neuf manifestants. C’est scandaleux », regrette Laurence de Villèle, secrétaire départementale de la CGT Vaucluse, présente sur place. Elle pointe que « quand on contacte le préfet pour faire bouger les lignes, il n’y a rien, mais que quand c’est la direction, il intervient directement ». Contacté, la direction d’Eurenco n’a pas répondue à nos sollicitations.

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21.05.2026

Un rapport mené par des associations dénonce le doublement, en cinq ans, de la durée de détention des personnes étrangères enfermées en centre de rétention administrative. Avec la députée écologiste de Paris, Léa Balage El Mariky, nous avons visité le CRA du Mesnil-Amelot. Reportage.
Trois hommes, les mains entravées dans le dos, sont escortés par plusieurs hommes en uniforme. Ils viennent de passer les portes du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), situé tout près de l’aéroport de Roissy. Le plus grand CRA de France a reçu la visite inopinée de la députée écologiste Léa Balage El Mariky, vendredi 15 mai dernier. Ces lieux d’enfermement, à l’écart du monde, échappent le plus souvent aux regards extérieurs. Les parlementaires sont toutefois autorisé·es à les visiter – et s’accompagner de médias – en vertu de leur pouvoir de contrôle.
Écusson de la police aux frontières sur l’épaule, l’adjoint-chef du CRA 2 accueille la députée et plante le décor. Réparti en deux unités, le centre de rétention du Mesnil-Amelot peut retenir jusqu’à 240 personnes étrangères. Jusqu’il y a peu, ce centre comprenait une « zone femmes et enfants ». Dans la cour d’une des zones de rétention, des jeux pour enfants vert fluo témoignent de cette période. À ce jour, la France poursuit la rétention de mineur·es seulement à Mayotte. Sur l’année 2025, ce sont 3 074 enfants qui ont été enfermés au CRA de Mayotte, territoire sur lequel la loi de 2024 interdisant l’enfermement de mineur·s étranger·es a été reportée à 2027.
Une fois les portes franchies, l’adjoint-chef présente « les Champs-Élysées » du centre de rétention. Un couloir dans lequel se côtoient les bureaux de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, les salles de visites, le bureau du greffe et celui de France Terre d’asile. Cette dernière association a succédé à la Cimade, qui a officiellement quitté le CRA du Mesnil-Amelot en janvier 2025 « en raison de la multiplication des atteintes aux droits et à la dignité humaine » et d’une « politique d’enfermement toujours plus répressive ». Présente au Mesnil-Amelot depuis son ouverture en 2011, l’association s’était plusieurs fois mise en retrait pour dénoncer « les atteintes portées à la dignité des personnes retenues », mettant l’accent sur « le recours massif et abusif à l’isolement par la PAF en dehors de tout cadre légal ».
À la demande de la députée, une de ces chambres d’isolement est ouverte. Exiguë, cette cellule aux murs rose pastel se compose d’un matelas fin, d’un point d’eau et d’un WC. Il n’existe pas de durée limite d’enfermement en chambre d’isolement, concède un fonctionnaire qui nous renseigne sur les motifs d’enfermement : « Outrage, rébellion, trouble à l’ordre public. Il peut y avoir des enfermements sécuritaires, pour protéger un retenu, ou sanitaires ; ça nous est arrivé avec une personne qui avait la gale ».
Durant l’enfermement, les retenus peuvent être mis sous contention. Le directeur adjoint du CRA présente les outils d’entrave : des sangles en velcro et un casque noir qui, à première vue seulement, ressemble à un casque de boxe. Ce « casque antichoc » prend tout le visage, laissant uniquement une ouverture au niveau du nez pour respirer. Le recours à des dispositifs de contention a déjà été dénoncé par la Défenseure des droits en juillet 2025, une pratique qui « porte atteinte à la liberté individuelle et à la dignité humaine », et se révèle contraire à la Convention européenne des droits de l’homme.
Dans son bureau, Cécile Blinet, employée de France Terre d’Asile souligne elle aussi le manque d’encadrement juridique autour du placement à l’isolement. Avec ses collègues, elle accompagne les personnes retenues dans les démarches administratives, que ce soit pour contester des OQTF, déposer une demande d’asile ou faire appel d’une décision.
Tandis que plusieurs personnes attendent à la porte de son bureau, Cécile Blinet insiste sur l’état psychologique dégradé des personnes enfermées ici. Le Mesnil-Amelot est le seul CRA à disposer d’un médecin psychiatrique présent deux matinées par semaine. Au niveau du pôle médical, une infirmière employée ici depuis quatre ans indique toutefois que le centre est en sous-effectif : « nous devrions être sept infirmières, mais nous sommes seulement trois ».
Au-delà des bureaux administratifs, se trouvent « les zones », où vivent les détenus. Deux zones séparées par des grillages, un terrain de foot avec une balle en mousse et du bitume. Dans le ciel, les avions qui décollent font un vacarme qui oblige à interrompre les conversations.
Derrière les portes qui ne ferment pas, les chambres des retenus sont spartiates. « Niveau intimité, c’est pire qu’en prison », soulève un retenu. Ni les douches ni les toilettes ne sont fermées. « Même en prison on est mieux traités », poursuit le même retenu, bonnet Kipsta vissé sur la tête. Cela fait deux mois qu’il est ici, une situation qu’il juge incompréhensible. « J’ai grandi et étudié en France », insiste-t-il.
Lui et ses camarades de rétention énumèrent leurs griefs face à la députée : l’absence d’intimité ; l’insuffisance des repas « on a tous perdu 5 ou 10 kilos ici » ; les agents de police « qui parfois ne sont pas corrects »… Un homme d’un certain âge s’approche : « Je suis un réfugié politique viêtnamien, ça fait 42 ans que je vis en France, j’ai mes enfants et mes petits-enfants ici… », fait-il valoir.
Lors de l’échange avec la députée (au cours duquel les journalistes ne sont pas autorisées à poser des questions), une bagarre éclate entre des retenus derrière un grillage. « Ils créent les conditions pour qu’il y ait des tensions », souffle un retenu. L’attente, l’enfermement, la complexité des démarches administratives et l’incompréhension des décisions rendues reviennent en boucle dans les récriminations.
Un retenu afghan présent en France depuis 2017 s’interroge : « Pourquoi je dois rester ici 90 jours ? ». La question se pose en effet particulièrement depuis la prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan, alors que les perspectives d’éloignement sont minces. À ce titre, le chef-adjoint du CRA livre un pourcentage déroutant : seulement 7 % des personnes enfermées dans ce CRA font effectivement l’objet d’une expulsion.
Un pourcentage qui rejoint les conclusions du rapport réalisé par Forum réfugiés, France terre d’asile, le Groupe SOS Solidarités, la Cimade et Solidarité Mayotte, des associations intervenant dans ces lieux. Si la durée de détention en CRA a doublé en cinq ans, le taux d’expulsion est lui en baisse, 36,1 % en 2025, documentent les associations. « La durée maximale de la rétention administrative, de dix jours en 1993, est passée à quarante-cinq jours en 2003, puis à quatre-vingt-dix jours en 2018. En 2025, la durée moyenne d’un séjour en CRA est d’un peu plus de trente-trois jours. »
Les associations dénoncent un dévoiement préoccupant pour les droits des personnes étrangères privées de liberté. « C’est une politique d’enfermement préventif, aujourd’hui. On ne cible pas les profils qui permettraient un éloignement rapide », pointe Vincent Beaugrand, directeur général de France Terre d’Asile.
« Une absurdité » que dénonce d’une même voix Léa Balage El Mariky. La députée écologiste rappelle en outre que le gouvernement prévoit la construction de 3 000 places supplémentaires en CRA d’ici 2027. Une proposition de loi visant à étendre la durée de rétention administrative à 210 jours pour les individus faisant l’objet d’une mesure d’éloignement et déjà condamnés pour des faits de terrorisme ou d’autres crimes et délits graves, a été adoptée au Sénat le vendredi 20 mai. Une commission mixte paritaire doit maintenant être convoquée pour examiner ce texte porté par un député de la majorité présidentielle.

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21.05.2026

Tandis que les affaires de discrimination se multiplient dans la police nationale, l’historienne Jeanne-Laure Le Quang revient sur plusieurs épisodes marquants de l’institution, pour interroger son rapport aux étrangers, à l’État de droit et à l’idéologie d’extrême droite. Entretien.
En 2026, la question du racisme systémique au sein de l’institution policière n’a toujours pas été réglée, comme l’Humanité le révélait dans une enquête. Dans le même temps, ses syndicats majoritaires revendiquent davantage de marge de manœuvre comme une présomption de légitime défense s’apparentant à un droit de tuer ou encore un droit de regard sur les décisions de justice. Le tout avec l’appui du Rassemblement national, de Reconquête et même d’une partie des Républicains.
Comment expliquer ces accointances ? Depuis l’époque napoléonienne jusqu’aux années 1980, en passant par l’époque coloniale, l’histoire de la police française est jalonnée de choix politiques qui l’ont façonné et de revendications professionnelles qui l’ont rapproché de certains mouvements.

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20.05.2026

Vous souvenez-vous du kit de test génétique offert par votre proche à Noël ou pour votre anniversaire ? Curieux·se d’en savoir plus sur vos origines, vous avez soigneusement emballé votre échantillon de salive pour l’envoyer à l’étranger. Puis, vous avez reçu les résultats du test, parfois évidents, parfois surprenants, mais surtout peu fiables. Avec le projet de loi « SURE » adopté le 15 avril au Sénat, vos données génétiques, et les millions d’autres récupérées et stockées par les entreprises privées réalisant les tests ADN, majoritairement situées aux États-Unis, pourront être exploitées par la police française à votre insu.
Ce texte, intitulé « Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes » et surnommé S.U.R.E. pour « Sanction Utile, Rapide et Effective », est porté par l’actuel ministre de la justice, Gérald Darmanin. Prétextant raccourcir les délais d’enquête et de jugement pour le bien des victimes, il rouvre la boîte de Pandore de l’analyse ADN. En effet, l’article 3 du projet de loi donne le feu vert à une manipulation massive des données génétiques par les services de police.
L’appétit insatiable de l’État pour la collecte de données sur sa population l’amène, à travers ce projet de loi, à rogner les gardes-fous entourant l’utilisation des données génétiques par la police, sans se soucier des dérives du fichage génétique déjà constatées dans d’autres pays.
Extension du fichier de police centralisant l’ADN
En France, l’ADN récolté par les services de police sur les scènes d’infraction (à partir de sang, salive, cheveux…) est conservé dans un endroit spécifique : le fichier national automatisé des empreintes génétiques (ou « FNAEG »). Comme son nom l’indique, ce n’est pas l’intégralité de l’ADN d’une personne qui est stockée dans ce fichier de police mais uniquement son empreinte génétique, soit certaines séquences de son ADN qui la distinguent des autres individus (sachant que 99 % de l’ADN des êtres humains est identique)1Les séquences enregistrées dans le fichier portent uniquement sur les marqueurs non codants de l’ADN, c’est-à-dire les segments d’ADN qui organisent le génome et qui ne sont pas censés révéler les caractéristiques les plus sensibles d’une personne, comme son ethnie ou son état de santé, à l’exception du marqueur du sexe qui lui peut apparaître dans le fichier. À noter que la distinction entre ADN codant et non codant tend aujourd’hui à être remise en question à l’aune des nouvelles découvertes scientifiques, ce qui interroge sur la nature des informations inscrites au FNAEG..
Créé en 1998 en réaction à l’émotion suscitée par l’affaire « Guy Georges », le FNAEG était d’abord destiné à centraliser uniquement les profils génétiques des individus condamnés pour infraction sexuelle. Depuis, son périmètre n’a cessé d’être élargi.
D’une part, la liste des infractions susceptibles de donner lieu à un enregistrement au FNAEG (prévue à l’article 706‑55 du code de procédure pénale) a été progressivement rallongée, s’éloignant de l’esprit initial affiché du fichier qui ne visait que les crimes les plus graves. D’autre part, le relevé des empreintes génétiques n’est plus limité aux personnes condamnées ; il peut notamment concerner une personne suspectée d’avoir commis une infraction, donc présumée innocente. Concrètement, lorsqu’elle est placée en garde-à-vue, des policiers prélèvent sa salive, en extraient l’ADN, reportent les marqueurs distinctifs dans le FNAEG et conservent ses données génétiques. Les données peuvent rester dans le fichier même si elle est innocentée par la suite car il faut que le procureur ou que cette personne en demande expressément la suppression, qui n’a rien d’automatique.
Afin de faciliter la récolte d’ADN, le législateur a créé une infraction spécifique sanctionnant le refus de se soumettre à un prélèvement destiné à alimenter le fichier. Ainsi, une personne simplement soupçonnée d’avoir tagué une affiche, volé des plants d’OGM ou versé de la peinture sur un·e politique peut aujourd’hui voir son empreinte génétique archivée dans le FNAEG, sans son consentement et pendant potentiellement 40 ans.
Résultat de cette boulimie politique pour notre ADN : au 1er janvier 2025, le FNAEG contenait plus de 7,4 millions d’empreintes, dont les trois-quarts appartiennent à des personnes simplement suspectées.
Une pente glissante : le fichage croissant de données ultra sensibles
L’article 3 du projet de loi SURE agrandit encore le champ du FNAEG en y associant de nouvelles infractions. Deux délits interpellent particulièrement : l’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers ; et le fait de participer à une manifestation ou à une réunion publique en étant porteur d’une arme. Ce faisant, le texte autorise le fichage génétique des militant·es et associations portant secours aux étranger·es ainsi que celui des manifestant·es dans leur ensemble car l’interprétation de la notion d’arme est généralement très large (par exemple, des pancartes ont déjà été qualifiées d’armes par destination).
Outre le coup porté à l’action militante, cette mesure traduit une « stratégie d’extension continue de fichage judiciaire de la population, avec un glissement toujours plus important vers des infractions de plus faible intensité » comme le dénonce le Syndicat de la magistrature. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) abonde en ce sens : « Il faut noter une préoccupante dérive sécuritaire présentée comme légitimant le fichage de données individuelles identifiantes. ». La Cnil relève aussi que l’article 3 du projet de loi participe à « banaliser l’usage des données génétiques » dans son avis du 5 mars 2026.
De manière générale, le fichage n’est jamais neutre et le récent scandale de l’usage illégal de la reconnaissance faciale par les policiers, mettant en cause le fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), a mis en lumière les dérives d’un tel système de surveillance étatique. L’extension du FNAEG prévue par le projet de loi SURE est particulièrement préoccupante dans la mesure où les données génétiques sont extrêmement sensibles et identifiantes à vie. De plus, il ne s’agit pas de données uniquement personnelles, comme les empreintes digitales, mais de données pluripersonnelles car elles sont transmissibles et partagées par les membres d’une même famille. Or, lorsque le nombre de données génétiques conservées dépasse un certain seuil, il devient possible de déduire les caractéristiques génétiques de l’ensemble d’une population, à l’image de ce qui est sur le point de se produire aux États-Unis à cause de la banalisation des test ADN.
Par conséquent, plus les données versées au FNAEG sont nombreuses, plus la possibilité qu’il soit utilisé à des fins de contrôle de masse ou de discrimination génétique se concrétise. Or, au regard des chiffres de 2025, 11 % de la population française a déjà son empreinte génétique enregistrée au FNAEG (mais il est à noter que ce chiffre prend en compte des doublons). Le FNAEG est donc un danger aussi bien pour sa vie privée individuelle que pour le collectif.
Au-delà de son extension potentielle, l’existence même du FNAEG est actuellement remise en question par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). En effet, dans l’affaire Comdribus, la CJUE a récemment déclaré contraire au droit de l’UE des relevés systématiques et non motivés des données biométriques par la police (en l’espèce il s’agissait des empreintes digitales, mais le raisonnement peut s’appliquer à l’ADN). Et en 2017 déjà, la France avait été condamnée pour fichage abusif par la Cour européenne des droits de l’Homme. Or, en droit français, il n’existe aucune obligation de motiver les raisons de l’inscription d’une personne au FNAEG, ce qui laisse penser que la France pourrait à nouveau se faire condamner.
Poursuivant sa fuite en avant, le gouvernement ouvre aux services de police l’accès aux bases de données génétiques constituées par des entreprises privées situées à l’étranger notamment grâce aux tests ADN vendus sur Internet.
Piochage tous azimuts dans les stocks d’ADN à l’étranger
En France, tout examen des caractéristiques génétiques dites « constitutionnelles »2La génétique constitutionnelle désigne l’ensemble des informations sur un patrimoine génétique transmis par la voie héréditaire, par opposition à un patrimoine modifié au cours de la vie, en présence de tumeurs cancéreuses par exemple. d’une personne est interdit en dehors du cadre médical ou de la recherche scientifique. Et même dans ce cadre, un examen ne peut être mené sans le consentement explicite de la personne (à la seule exception du dopage où une simple information préalable suffit).
Un individu ne peut donc pas en principe procéder lui-même à un test ADN sans l’intermédiaire d’un professionnel de santé. C’est pourquoi les fameux kits offerts par milliers à Noël sont interdits en France (pour des raisons éthiques mais aussi de fiabilité et de sécurité des données) sous peine d’amende pour les particuliers (article 226-28-1 du code pénal) et de dissolution pour les entreprises proposant ce type de service (article 226-30 du code pénal). Mais, malgré cette interdiction, entre 1,5 et 2 millions de Français auraient transmis leurs données génétiques à des entreprises localisées à l’étranger, principalement aux États-Unis. C’est sur ces données que lorgne désormais le gouvernement.
Afin que la police puisse les exploiter, l’article 3 du projet de loi introduit une nouvelle exception à l’interdiction de procéder à l’examen des caractéristiques génétiques d’un individu : la recherche et l’identification des personnes dans une procédure pénale. Contrairement aux autres exceptions (cadre médical et recherche scientifique), il supprime purement et simplement l’exigence de consentement, sans même lui substituer une obligation d’information comme pour le dopage. Cela signifie que s’il est adopté, une personne pourra avoir son ADN exploitée par la police sans même en être au courant !
Concrètement, cette exception autoriserait la comparaison de l’ADN détecté sur une scène de crime avec des bases de données étrangères et commerciales afin de trouver des parents du suspect pour remonter jusqu’à lui. Cette technique est appelée généalogie génétique d’investigation.
Si aujourd’hui, il est déjà possible de comparer une trace biologique avec celles recensées dans le FNAEG, la faible quantité de marqueurs caractéristiques extraits de l’ADN (une vingtaine) ne permet pas de remonter ou descendre très loin dans la lignée de l’auteur présumé de l’infraction (parents, enfants et frères et sœurs seulement). Avec l’intégration des bases de données commerciales, qui contiennent des milliers de marqueurs (notamment codants donc révélateurs des caractéristiques physiques, entre autres) pour chaque échantillon d’ADN collecté, il deviendrait possible d’avoir une correspondance avec un cousin jusqu’au sixième degré de la personne dont l’identité est recherchée. Aux enquêteur·rices ensuite de remonter la piste de l’inconnu·e en reconstituant l’arbre généalogique de son parent puis en éliminant, via les procédés classiques d’enquête, les membres de la famille dont le profil n’est pas compatible (personne décédée, sexe opposé, âge trop avancé, …). Il s’agit donc d’un enchaînement d’hypothèses à partir d’un lien familial parfois très mince.
En résumé, si vous n’êtes pas fichés dans le FNAEG mais que vous avez effectué un test ADN auprès d’une entreprise du style 23andMe, la police pourra s’en servir pour retrouver votre cousin, grande-tante ou petit-fils et inversement, sans vous avertir. Les banques de données génétiques étrangères et privées deviendraient ainsi une sorte de prolongement du FNAEG, sans les quelques garde-fous associés à ce fichier déjà très critiquable.
Alors que cette technique n’est pas légale aujourd’hui, la police française y a déjà eu recours en sollicitant
son homologue américaine, le FBI, pour accéder aux données génétiques stockées par les entreprises étasuniennes. Darmanin souhaite donc sécuriser un procédé illégal, au mépris du paradoxe juridique et éthique que cela engendrerait. De fait, de nombreux acteur·ices, comme la vice-présidente du comité éthique de l’Inserm, Catherine Bourgain, dénoncent le caractère contradictoire de la mesure dans le journal Le Monde : « Ce sont des données sensibles, qui concernent toute votre famille, qui sont gérées dans un cadre commercial […] On va autoriser la justice à utiliser des informations génétiques détenues par des entreprises privées étrangères, dont le business est jugé, chez nous, illégal. On marche sur la tête. »
Un accès aux allures de cheval de Troie
Selon le texte, la généalogie génétique d’investigation serait cantonnée aux enquêtes portant sur les crimes de meurtre, d’assassinat, d’actes de torture et de barbarie, de viol et d’enlèvement et de séquestration. Mais il ne fait aucun doute que cette liste sera rallongée par la suite, à l’image d’autres dispositifs de surveillance. De plus, alors que dans chaque pays ayant légalisé cette technique le droit affirme qu’elle ne peut être employée qu’en dernier recours, lorsque l’enquête est au point mort, cette condition ne figure pas dans le projet de loi où il suffirait d’avoir consulté le FNAEG au préalable.
En dehors des lacunes du projet de loi, les risques inhérents à la généalogie génétique d’investigation s’opposent à sa légalisation. En effet, une telle mesure ouvrirait une brèche en droit français dans laquelle pourraient s’engouffrer toutes les dérives de la collecte des données génétiques constatées à l’étranger : marchandisation des données génétiques pour faire de la publicité ciblée3Exemple : « Au mois de juin dernier, l’entreprise américaine 23andMe a brisé un tabou dans l’utilisation commerciale de ses données en permettant à Airbnb d’afficher des publicités ciblées, proposant des voyages correspondant à l’“héritage” génétique des internautes ciblés »., surveillance collective accrue4L’Union des Jeunes Avocats de Paris relève ainsi : « Ce dispositif présente également un risque de biais social, certaines populations étant surreprésentées dans les bases de données et susceptibles d’être davantage surveillées, ce qui accentuerait les inégalités et les discriminations existantes. L’exploitation de données étrangères soulève par ailleurs des problèmes de régulation et de souveraineté juridique, tandis que la limitation annoncée aux seules affaires anciennes et plus graves apparaît largement illusoire. Une fois introduite, cette technique pourrait facilement être détournée à d’autres enquêtes, ouvrant la voie à une surveillance génétique généralisée. » ou encore discrimination génétique. Par exemple, en Australie et en Nouvelle-Zélande, les compagnies d’assurance peuvent désormais augmenter le montant de l’assurance-vie, voire refuser d’en octroyer une, à une personne dont le test génétique révèle des prédispositions à certaines maladies. Autre exemple : au Canada, l’agence des frontières a créé un projet pilote visant à déterminer la nationalité des demandeurs d’asile par le biais de tests ADN.
Finalement, avec le projet de loi SURE, la collecte de masse des données génétiques à l’étranger serait légitimée et risquerait d’être détournée par les services de police en France, mais aussi en dehors du cadre judiciaire, à l’image de ce qui s’est déjà produit ailleurs.
Face à tous ces dangers, pour convaincre le grand public, le gouvernement soutient, dans l’exposé des motifs du projet de loi, que la généalogie génétique permettra de « mettre hors d’état de nuire de dangereux criminels en série » et d’élucider des affaires vieilles de plusieurs années (les fameux « cold cases »). Or, cet argument est à nuancer, car la qualification de l’ADN comme « reine des preuves » relève davantage du fantasme : elle est assez éloignée de la réalité des procédures judiciaires et les erreurs judiciaires liées à une prise en compte démesurée de l’ADN comme preuve sont plus fréquentes qu’on ne l’imagine. De manière générale, il n’existe aucune technique révolutionnaire qui permettrait de résoudre toutes les affaires. Cependant, cet argument technosolutionniste est ressassé à chaque fois qu’une nouvelle technique de surveillance émerge. Elle est ainsi présentée comme décisive et indispensable afin d’écarter tout débat sur sa proportionnalité.
Multiplication des agents capables de consulter des fichiers de police
Aujourd’hui, l’article 15-5 du code de procédure pénale prévoit que la consultation des fichiers de police est réservée à des agents « spécialement et individuellement habilités ». En d’autres termes, en théorie, l’accès aux fichiers n’est pas open bar mais réservé à un nombre restreint et défini de personnes. L’article 3 du projet vient vider de sens cette disposition en octroyant cette faculté à quasiment l’ensemble du personnel de la police judiciaire : officiers, agents, adjoints et même les fonctionnaires et agents administratifs dotés de fonctions de police judiciaire. Une habilitation spéciale n’est plus exigée.
Cette mesure permet ainsi un accès quasi total et non encadré aux fichiers de police. Elle vise clairement à empêcher les avocats de soulever une nullité procédurale, le ministre ne s’en cachant même pas, au mépris des droits de la défense et de la protection des données personnelles contenues dans ces fichiers.
En résumé, l’article 3 du projet de loi gave les fichiers de police de toujours plus de données sensibles tout en ouvrant leur accès à des personnels de moins en moins formés et encadrés. Le projet de loi SURE sera examiné prochainement à l’Assemblée nationale. De nombreuses organisations se sont mobilisées pour exiger son retrait et nous nous joignons à leurs revendications pour appeler les député·es à le rejeter.

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20.05.2026

Vous avez aimé la libération de Sarkozy au bout de 20 jours de prison, malgré une condamnation à 5 ans fermes ? Vous allez adorer les passe-droits hallucinants dont bénéficient les policiers tueurs.
Jurisprudence Sarkozy
En novembre dernier, l’ancien président de la République était libéré de prison après une audience express, trois semaines seulement après sa condamnation. Il était allé pleurnicher devant les magistrats que son séjour en prison était «très dur», «éreintant», et qu’il avait même dû se nourrir de yaourts. Les juges avaient fait preuve de beaucoup d’empathie et l’avaient fait sortir. Les magistrats semblent également éprouver énormément d’affection pour les policiers criminels.
Deux mois seulement après sa condamnation à dix ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Olivio Gomes, un policier de la BAC de Paris vient d’être remis en liberté le 19 mai. Il avait pourtant été lourdement condamné pour meurtre par un jury populaire le 27 mars. À l’époque, on imaginait qu’il s’agissait d’une peine exceptionnelle pour un policier, et un signal de fermeté. Pour une fois. C’était sans compter sur ce petit coup de pouce de la justice.
Le meurtre d’Olivio Gomes
Pour rappel, il y a 6 ans à Poissy, le policier Gilles Guilbert avait commis une exécution raciste. Dans la nuit du 17 octobre 2020, Olivio Gomes, jeune homme noir de 28 ans, était abattu au volant d’un véhicule. Celui-ci avait été suivi pendant 30 kilomètres sur le périphérique puis l’autoroute, jusqu’à chez lui, par la BAC de nuit de Paris. Les policiers agissaient hors de leur zone de compétence territoriale, sans même en avoir informé la salle de commandement. Une chasse à l’homme, manifestement sur la base de critères ethniques.
Contrairement aux premières déclarations mensongères des policiers, aucune infraction routière n’avait été commise par la victime, d’après la consultation des images de vidéo-surveillance. La BAC n’avait aucune raison de les pourchasser. Une fois arrivé dans une rue de Poissy, le véhicule suivi par la police se garait en bas de chez Olivio. Le policier Gilles Guilbert sortait de la voiture en braquant le conducteur avec son arme à feu. Il tirait à trois reprises, alors qu’il se trouvait à l’arrière de la victime. Le policier n’était aucunement en danger, et les munitions sont arrivées dans le dos d’Olivio. Le tireur avait pourtant juré avoir fait feu dans une situation de légitime défense, l’enquête a prouvé qu’il mentait.
Fin mars donc, après 6 ans d’attente, Gilles Guilbert était enfin lourdement condamné dans le cadre d’un procès en Cour d’Assises. Le procureur évoquait une «intention homicide» d’un agent «rompu au maniement des armes» qui «a délibérément fait feu à trois reprises sur Olivio Gomes avec une arme létale, à courte distance», c’est-à-dire entre 50 centimètres et 1 mètre de la victime, en tenant les deux mains sur son pistolet, «en visant et atteignant le torse de la victime». Un tir délibéré, injustifié, dans les parties vitales. Et des mensonges de la part d’un agent assermenté.
Ce policier tueur, un véritable danger public, est donc déjà libre, sur décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles. Des magistrats viennent de piétiner une enquête et un long procès pour aider cet agent, au grand désespoir de la famille de la victime, qui avait cru en la justice.
L’avocat du policier, Laurent-Franck Lienard, est fou de joie. Cet homme est un défenseur de toutes les forces de l’ordre qui violentent, mutilent et tuent, et a fait de l’impunité policière la mission de sa vie. La condamnation de son client était un camouflet, mais il triomphe finalement. Il explique même que lors du procès «la salle était pleine des soutiens de la famille de la victime qui mettait une très forte pression sur les jurés», décrivant une salle «emmenée par Assa Traoré et la mère de Nahel Merzouk». Que les familles endeuillées par les violences d’État se soutiennent est insupportable pour Laurent-Franck Liénard. Il s’adresse aux policiers : «Ne laissez pas Gilles seul ! Gilles mérite votre soutien !» Le procès en appel se tiendra en novembre à Nanterre.
La libération du meurtrier d’Aboubacar : un précédent
Deux mois de prison malgré une condamnation pour meurtre, c’est aussi le temps qu’a passé le CRS qui a abattu Aboubacar Fofana à Nantes. La cour d’appel de Rennes l’a remis en liberté le 27 mars 2026. Il avait pourtant été condamné en janvier à 7 années de prison ferme pour l’exécution du jeune homme en juillet 2018.
À l’époque, ce CRS avait abattu avec son arme de service, d’un tir dans le cou, le jeune de 22 ans. Aboubacar était au volant de son véhicule, au milieu du quartier populaire du Breil, à Nantes. Le CRS avait d’abord assuré qu’il s’était senti «menacé», mais une vidéo avait démontré que le véhicule était à l’arrêt, et que le policier avait tiré alors que la victime avait baissé sa fenêtre. Le tireur avait finalement avoué avoir menti. Dans sa seconde version, il expliquait avoir commis un «tir par erreur». Quasiment 8 ans plus tard, un procès criminel l’avait condamné… mais la justice l’a très vite remis en liberté. Le CRS avait plaidé : «Je me considère comme quelqu’un de très fort, mais le milieu carcéral, c’est très très difficile (…) Je commence à avoir des idées noires».
C’est étonnant, car les dizaines de milliers de détenus qui subissent des conditions de détention encore plus dures, et qui ont eux aussi des idées noires, ne bénéficient pas de la même clémence. D’ailleurs, personne, nulle part, n’est relâché en quelques semaines après une condamnation criminelle. Sauf si elle porte un uniforme.
Impunité organisée
Ces deux affaires montrent que, même quand des agents sont condamnés pour des faits accablants, ce qui est absolument rarissime, ils bénéficient encore et toujours de passe-droits. C’est le message envoyé par la justice : l’infime minorité de policiers qui sont poursuivis pour les crimes les plus graves du code pénal ne risquent tout de même quasiment rien. Et les familles qui s’arment de patience, se battent pendant des années face à un système judiciaire terrible, sont tout de même humiliées.
Dans le même registre, l’assassin de Nahel Merzouk en 2023 était lui aussi ressorti après quelques semaines seulement de détention préventive, mais en plus en étant millionnaire. Car l’extrême droite lui avait organisé une cagnotte de soutien, qui était de fait une véritable subvention pour tirer sur la jeunesse non-blanche.
Les policiers français sont devenus des fous de la gâchette. Jamais le nombre de personnes mortes lors d’interventions de police n’a été aussi élevé. Rien qu’en 2024, 65 personnes tuées par l’action des forces de l’ordre ont été recensées. Un record. Cette violence est donc exponentielle. Selon un décompte de Bastamag, depuis 1977, au moins 945 personnes sont décédées directement ou indirectement lors d’opérations policières en France, hors antiterrorisme.

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20.05.2026

Membre de la fédération SUD éducation
L’union départementale Solidaires 93 et le syndicat Sud éducation 93 dénoncent la violence et répression policière et administrative à l’encontre des élèves du lycée Jean Renoir de Bondy qui alertent depuis plusieurs semaines sur les actes et propos racistes de personnels à leur encontre.
Leurs demandes de prise en compte de leur parole et de protection sont ignorées de l’administration et alors qu’ielles se mobilisaient ce lundi 18 mai 2026 devant le lycée, la police a chargé, gazé et interpellé une élève, relâchée depuis. La direction de l’établissement menace également de représailles administratives.
L’omerta doit cesser et les élèves doivent être protégé•es, au lycée Renoir comme au lycée Utrillo de Stains. À Utrillo, depuis des années des personnels et des élèves dénoncent là encore des violences sexistes, racistes et sexuelles sans que rien ne soit fait pour, a minima, les faire cesser. Pire, l’administration a diligenté une enquête administrative à charge contre les personnels mobilisées en soutien aux élèves.
Solidaires 93 et Sud éducation 93 réaffirment leur soutien plein et entier aux personnels et élèves face aux actes et propos sexistes, sexuels et racistes, en appelant à élargir et amplifier la mobilisation pour que cessent ces violences et que les élèves soient réellement protégé•es.
Pour suivre la mobilisation au lycée Jean Renoir de Bondy :
– Instagram : https://www.instagram.com/racisme.jeanrenoir
– Pétition : https://c.org/PxD5S5tzRy
– Articles précédents : https://www.sudeducation93.org/communique-de-la-sectionn-sud-du-lycee-jean-renoir/
Pour suivre la mobilisation au lycée Maurice Utrillo de Stains :

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20.05.2026

Deux gardiens de la paix étaient poursuivis pour avoir déboîté l’épaule d’un passant en marge d’une mobilisation contre la réforme des retraites. Leur capitaine comparaissait pour « non-assistance à à personne en danger ».

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20.05.2026

Jérôme Laronze est mort en mai 2017, touché à trois reprises par les balles d’un gendarme. Neuf ans après, l’entourage de l’éleveur bovin attend toujours que la justice ouvre un procès. Une mobilisation est prévue ce mercredi 20 mai à Chalon-sur-Saône.
Un anniversaire de plus, sans que l’entourage de Jérôme Laronze n’ait obtenu un procès qui reconnaîtrait la situation de victime de l’éleveur. Le 20 mai 2017, l’homme de 37 ans est mort lors de son interpellation par deux gendarmes à Sailly (Saône-et-Loire).
Alors que l’instruction s’est close l’an dernier, l’affaire n’a pas encore donné lieu à un procès. Les proches du défunt continuent de se mobiliser pour obtenir justice, à travers l’association Justice et vérité pour Jérôme Laronze.
« Nous marcherons au rythme de la justice »
Un nouveau rassemblement se tiendra au palais de justice de Chalon-sur-Saône, mercredi 20 mai à 18 heures. De 18 à 20 heures, la déambulation se voudra aussi lente que possible. De quoi envoyer une pique à la justice, dont les retours sont toujours attendus.
Sur les réseaux sociaux, Maurice Jacquet de l’association Justice et vérité pour Jérôme Laronze, écrit : « Nous connaissons, par ces analyses, la vérité sur la mort de Jérôme Laronze. Mais neuf ans après les faits, la justice n’est toujours pas passée et aucune décision n’a été rendue ! »
Contacté, le bénévole prévient : « Ce rassemblement sera l’occasion de faire le point sur l’affaire, même si on est sans nouvelles depuis le refus de la destruction des scellés ». Une ordonnance de restitution ou destruction des scellés avait été ordonnée par une magistrate en mars 2025, puis annulée en décembre par la cour d’appel de Dijon.
Les bénévoles redoutaient que la gendarmerie ou la justice ne veuille enterrer l’affaire – d’où leur mobilisation. L’an dernier, l’avocate et soeur du paysan Marie-Pierre Laronze confiait à France 3 : “à chaque fois que le dossier a un peu avancé, c’est parce qu’on a fait le travail à la place des juges d’instruction”.
Depuis, selon Maurice Jacquet, « le parquet a demandé un supplément d’informations, notamment une reconstitution numérique tridimensionnelle de la scène de tirs. C’est une demande que nous avions formulée dès 2019, mais qui n’avait jamais été acceptée. Nous ne savons pas si la nouvelle juge sur l’affaire, la septième, l’acceptera ».
Deux versions, pas encore de conclusion
Retour en 2017. Jérôme Laronze reçoit le 11 mai une visite de vétérinaires pour contrôler ses bovins. Pendant celle-ci, l’éleveur aurait foncé avec son tracteur sur les forces de l’ordre qui accompagnaient les inspecteurs des services sanitaires. L’homme se disait harcelé par l’administration et allait bientôt se voir confisquer son bétail. Neuf jours de cavale s’en suivent.
L’habitant de Trivy (Saône-et-Loire) est retrouvé à une vingtaine de kilomètres de là par deux gendarmes, à Sailly. D’après les forces de l’ordre, Jérôme Laronze leur aurait foncé dessus à bord de son véhicule. L’un des agents a ouvert le feu et touché le conducteur trois fois. Une fois dans la cuisse, deux fois dans le dos. L’homme ne survivra à ses blessures.
Deux versions se confrontent. Le gendarme responsable des tirs plaide la légitime défense depuis le départ, il a été mis en examen pour « violence avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La famille refuse cette hypothèse, une opinion soutenue par la défenseure des droits, Claire Héron.
En mars, France Inter dédiait un épisode d’Affaires sensibles au drame, et ce qui s’en est suivi.

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19.05.2026

Pour proposer un récit alternatif à la litanie monotone des autorités et des journalistes locaux, qui transforment chaque week-end de simples fêtard·es en terroristes en puissance, Contre Attaque a voulu donner la parole aux personnes présentes sur place. Témoignages et récit, pour offrir un autre regard sur celles et ceux qui vivent la free party dans leurs corps, images à l’appui.
C’était une nuit qui avait pourtant commencé sous les auspices de la joie et de la bonne humeur. Après un week-end particulièrement dur pour le mouvement de la fête libre, marqué par plusieurs saisies de matériel de sonorisation, et dans un contexte plus large de répression de la free party au travers de lois liberticides, une fête avait été annoncée en Bretagne pour la nuit du samedi 16 mai.
Répondant au nom bien trouvé de «Bzh Contre Attaque», cette free party était justement organisée en réponse aux événements du week-end, ainsi qu’au projet de loi RIPOST, débattu à partir de ce lundi au Sénat. Le point de rendez-vous du convoi, qui permet aux fêtard·es de se réunir pour se rendre ensemble sur le site de la fête, est donné à 22h30 sur le parking du Super U de Ploërmel. Des teufeurs et teufeuses interrogé·es par Contre Attaque racontent une ambiance festive : «Ça a franchement bien démarré, l’ambiance était géniale. Le public était au rendez vous, tout se passait bien».
Marla, présente sur les lieux, décrit elle aussi un parking «pratiquement plein» où «les gens se rencontrent» dans une atmosphère joyeuse et pacifique. Fruit du hasard, un concert légal se déroulant à quelques mètres du parking dans un bar voisin ramène des curieux et des badauds. Cependant, malgré cette ambiance paisible, des escadrons de gendarmes ferment les 3 accès au parking et enferment de fait plusieurs dizaines de véhicules. À 1h15, un large convoi de véhicules tente une sortie, qui va servir de prétexte au déchaînement de violence des forces de l’ordre.
Plusieurs dizaines de grenades lacrymogènes sont immédiatement tirées sur le parking. Des grenades GM2L – pour Grenade Modulaire à 2 effets Lacrymogène – sont également projetées sur les fêtard·es. Ces grenades contiennent un «mélange pyrotechnique» avec 48 grammes d’Hexocire. Il s’agit de l’explosif RDX mélangé à de la cire. Le RDX est 1,6 fois plus puissant que la TNT. Il compose par exemple le C4, l’un des explosifs militaires les plus puissants. Elle peut tuer ou arracher des membres.
Interrogée par Contre Attaque, Léa évoque «une pluie incessante de projectiles en tous genres de la part des gendarmes mobiles» accompagnée «de coups de matraques sur les pare-brise des véhicules qui tentaient de sortir de ce piège». Pourtant restée sur le parking à distance des heurts, elle est blessée à la tête par un palet de lacrymogène, dans un chaos indescriptible.
Après plusieurs heures de tensions sur le parking, le bilan est lourd. De nombreuses personnes sont asphyxiées, des pneus ont été crevés et des rétroviseurs arrachés par les gendarmes, et un jeune homme a été violemment interpelé sans raison apparente. Plus absurde, la soirée légale aux abords du Super U s’est retrouvé encerclée par les gendarmes. Impossible pour les personnes présentes, qui n’avaient pourtant rien à voir avec la free party, de sortir ou de rentrer chez elles. Elles ont été également gazées pendant de longues heures, parfois enfermées dans leurs voitures.
En raison du dispositif policier hors norme, l’entièreté du village de Ploërmel s’est par ailleurs retrouvé cerné de gaz et inaccessible pour les riverain·es. De nombreux habitant·es, parfois âgé·es, ont dû êtres guidé·es tant bien que mal par des fêtard·es qui s’improvisaient agents de la circulation.
Finalement, le convoi parvient enfin à s’extraire d’un parking transformé en champ de bataille, et la fête commence vers 3h du matin, au sein d’une forêt de la commune de Monteneuf. Malgré la confusion générale et l’obscurité, les forces de l’ordre lancent alors une seconde attaque sur la fête.
Marla raconte que «depuis les bois, ça pète, ça explose, de fortes détonations se font entendre. La scène qui est donnée à voir et entendre semble lunaire». Sur le site, un lycéen décrit un climat anxiogène : «Ce qui était dur, c’était aussi l’endroit et le moment où ils nous réprimaient : c’était carrément irresponsable de nous gazer et de tirer en pleine nuit à 4h30 du matin […] sur un terrain mouillé, en pente, glissant, il fallait réussir à se repérer entre les fumées épaisses, les explosions de grenades de désencerclement, l’obscurité, la fatigue». Un autre participant évoque «une vraie attaque» dans le «noir absolu» sur les lieux.
À 6h du matin, après plusieurs heures de heurts, les gendarmes se retirent finalement à 500 mètres de la fête, laissant au passage le site dans un piteux état. Ce sont en effet les teufeur·ses qui ont dû ramasser les grenades et les palets de lacrymogènes carbonisés sur le terrain de la fête, qui se comptaient par centaines. L’absence de vent a en outre conduit à la stagnation des gaz pendant de longues heures sur toute la zone forestière, au mépris total de la faune et de la flore.
Dans les médias, le maire de la commune de Monteneuf, sur laquelle s’est installé la fête « à proximité d’une zone Natura 2000 » racontait son inquiétude sur l’impact environnemental que la fête pourrait avoir sur les parcelles occupées. Ce que ce dernier omet de préciser, tout comme les autorités, c’est le coût et la pollution engendrée par le déploiement d’un hélicoptère et de plusieurs escadrons de gendarmerie mobile, qui ont allègrement saccagé toute une partie de la forêt avec leurs grenades. De l’aveu même d’une habitante du village de Monteneuf, le survol en hélicoptère du site le dimanche matin faisait ainsi «largement plus de bruit» que la fête en cours.
Quelles conclusions tirées d’une telle nuit ?
Dans un communiqué, les organisateur·rices revendiquent un pic d’affluence à 500 personnes, et annoncent que le matériel de sonorisation n’a pas été saisi. Un comble, quand on fait le bilan des moyens déployés pour un évènement aussi petit.
À Redon, en 2021, c’était un contexte similaire qui avait abouti à la mutilation d’un jeune homme, après l’intervention irresponsable de la police dans une free party en hommage à Steve Maia Caniço. Le jeune homme était mort noyé dans la Loire, suite à une charge policière d’un sound system aux abords des quais du fleuve lors de la Fête de la Musique en 2019 à Nantes.
D’année en année, et malgré de graves incidents, les stratégies policières ne semblent pas évoluer et font peser toujours plus de risques sur les participant·es. Amnesty International pointait déjà du doigt dans un rapport sur le Tenknival de Redon «les dérives du maintien de l’ordre» en matière de free party. Ce même rapport appelait à «des réponses urgentes de la part des autorités françaises». 5 ans après, force est de constater que l’État semble déterminé à continuer à réprimer, mutiler et tuer les adeptes de la fête libre.

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19.05.2026

Quatre policiers d’une brigade anticriminalité qui s’en étaient pris à des passants en marge des quarts de finale de la Coupe du monde de football en 2022 ont été condamnés, lundi 18 mai, à des peines allant de trois à douze mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.
« En quoi la situation était tendue ? Où est le stress que vous subissez ? », avait interrogé la magistrate. Sur les vidéos qui venaient d’être diffusées dans la salle d’audience du tribunal, ce sont en effet des scènes de joie qui apparaissaient dans cette rue adjacente aux Champs-Elysées, à Paris, dans une ambiance manifestement bon enfant.
La magistrate a poursuivi son questionnement : « On a surtout l’impression que vous vous ennuyez… Un croche-pied à un petit jeune dans la rue ? Le coup de matraque dans le dos à un passant ? On dirait que c’est vous qui cherchez à provoquer la bagarre ! »
Car les mêmes vidéos ont en effet mis en évidence crocs-en-jambe, coups et bousculades. Surtout, l’un des quatre policiers mis en cause a mis à terre un supporteur qui se trouvait sur le toit d’une voiture, avant de le rouer de coups.
Khaled M. ne devra son salut qu’à un passant, qui est venu à son secours alors qu’il se trouvait à terre sur la chaussée. « Il peut crever dans son coin, manifestement, ça vous dépasse, a déploré la magistrate. Il est en position fœtale, par terre. Vous êtes tous les quatre, vous le voyez, il n’y en a pas un qui bouge. »
Refus de plainte au commissariat
Ce n’est pourtant pas cette victime qui a mis au jour l’affaire – sa plainte, déposée le lendemain, n’a pas été prise au commissariat –, mais les agents de l’inspection générale de la police nationale, la police des polices, qui ont découvert incidemment le comportement de ces deux brigadiers-chefs et de ces deux gardiens de la paix en visionnant ces vidéos dans le cadre d’une autre enquête.
Les quatre mis en cause, âgés à l’époque des faits entre 29 et 45 ans, ont tenté des regrets à la barre – trois d’entre eux avaient pourtant jusqu’alors contesté les faits. « Réaction démesurée », « agacement total », avance l’un ; « J’ai été un peu trop vif », complète un collègue.
Le policier qui s’en était pris à un passant en lui arrachant sa cagoule et l’avait aspergé de gaz lacrymogène plaide le « ras-le-bol », c’est-à-dire, selon lui, « de laisser s’installer l’anarchie sous couvert d’un événement festif ».
Contre le policier qui s’est montré le plus violent – quatre scènes distinctes en moins de vingt minutes –, la procureure avait également réclamé une interdiction de porter une arme pendant cinq ans, en dénonçant « une violence purement gratuite ». Le tribunal ne l’a pas suivie sur ce point. Aucun des quatre, pour l’heure, n’a fait l’objet de poursuites disciplinaires.

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19.05.2026

Surpopulation carcérale•Avec 131 détenus pour 100 places de prison, la France occupe la première place du classement de la population carcérale du Conseil de l’Europe. Une situation qui s’aggrave même selon les chiffres les plus récents20 Minutes avec AFP
Une première place dont on préférerait se passer. Selon un rapport publié ce mardi, la France est le pays du Conseil de l’Europe où la surpopulation carcérale est la plus élevée, avec 131 détenus pour 100 places. Une première place que l’Hexagone partage avec la Turquie.
Une situation qui n’est pas sur le point de s’améliorer selon les chiffres compilés par l’Université de Lausanne pour le compte de l’organisation basée à Strasbourg et qui remontent à début 2025. En effet, depuis, les autorités françaises ont fourni des chiffres plus récents et encore plus alarmants, avec une surpopulation carcérale estimée à 139,1 % en avril 2026.

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18.05.2026

Huit militants écologistes opposés à la déviation routière de Saint-Péray, en Ardèche, seront jugés le 6 juillet pour s’être suspendus d’un pont et avoir bloqué une voie ferrée le 14 mai, jeudi de l’Ascension. Ce jour-là, seize militants ont été interpellés pour « mise en danger volontaire de la vie d’autrui », « entrave à la circulation » et « refus de signalétique ».
Huit d’entre eux ont été déférés devant le juge des libertés le 16 mai, qui a placé cinq opposants au projet routier en détention provisoire dans les maisons d’arrêt de Lyon-Corbas et de Valence, et trois sous contrôle judiciaire. « Cette répression est inédite pour des actions de désobéissance civile », a dénoncé Maud Grard, conseillère régionale écologique opposée à la déviation de Saint-Péray. Faute d’avoir réussi à identifier au cours du weekend tous les militants arrêtés malgré l’usage, selon leur avocat, d’un outil de reconnaissance faciale, le tribunal de Valence les a libérés le 18 mai et renvoyé leur jugement au 6 juillet.

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18.05.2026

Ce lundi 18 mars, la cour d’appel de Douai a confirmé que les agissements subis par une de ses collègues lilloises ne relevaient pas de l’humour et a condamné un l’ancien brigadier-chef principal à dix mois de prison avec sursis.
Juliette (prénom d’emprunt) va peut-être trouver le courage de détruire le dossier qu’elle s’est constitué, avec les SMS et les messages laissés sur son répondeur, ces preuves qu’elle avait peur d’effacer par mégarde. Enfin, tourner la page.

(…)

L’ex-policier, pourtant à l’origine de l’appel, ne s’est pas présenté à l’audience. Ni lui, ni son ancien avocat, ni le syndicat qui le défendait n’ont donné suite à nos demandes d’entretien.
La cour estime dans son arrêt que la peine initiale ne prenait «pas suffisamment en compte la gravité des faits notamment au vu de leurs conséquences» pour la victime. A 27 ans, Juliette est toujours en arrêt maladie, déclarée inapte à reprendre son poste (…)

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18.05.2026

« J’en garde des séquelles »: trois policiers jugés à Brest pour des violences sur une famille lors d’une interpellation
Trois policiers de Brest sont mis en cause pour des faits de violence policière sur une mère et ses enfants. La scène s’est déroulée à leur domicile de Guipavas (Finistère), un soir d’avril 2018. Les fonctionnaires mis en cause, déjà reconnus coupables d’un faux durant l’enquête de l’IGPN, nient les faits.
Je regardais un film et j’ai entendu frapper très fort, j’ai cru que la porte allait tomber.
La mère de famille raconte la nuit du 17 avril 2018, quand des policiers de la BAC, la brigade anticriminalité, entrent dans son domicile de Guipavas (Finistère). S’ensuit, selon elle, des coups sur son fils, des violences envers elle et sa fille, et des menaces de mort. Après huit ans de procédure, trois des hommes intervenus ce soir-là comparaissent, ce lundi 18 mai 2026, devant le tribunal de Brest. « Si c’est moi qu’ils frappent aujourd’hui, ça pourra être quelqu’un d’autre demain, et je trouve ça grave venant de la police »…

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18.05.2026

Prison de Fresnes : une famille poursuit l’État après le suicide d’un détenu en 2023, cherchant à engager sa responsabilité devant le tribunal administratif.
La famille de Dennis G., un détenu retrouvé mort à la prison de Maison d’arrêt de Fresnes en janvier 2023, a déposé un recours devant le tribunal administratif de Melun afin d’engager la responsabilité de l’État.
Selon ce recours consulté par l’AFP, les proches du détenu estiment que l’administration pénitentiaire a commis des fautes dans la prise en charge du prisonnier, souffrant de troubles psychiatriques sévères.
Un détenu schizophrène retrouvé pendu dans sa cellule

(…)

Le 23 janvier 2023, il avait été retrouvé pendu dans sa cellule.
Une information judiciaire avait été ouverte après le dépôt d’une plainte contre X avec constitution de partie civile pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Mais cette procédure s’est conclue par un non-lieu prononcé fin mai 2025. L’avocat de la famille, Antoine Ory, a indiqué avoir fait appel de cette décision.
La famille dénonce des “négligences” de l’administration pénitentiaire
Malgré ce non-lieu pénal, les proches du détenu estiment que l’administration pénitentiaire a commis une faute en raison d’une « absence d’une prise en charge adaptée ». Dans leur recours, ils dénoncent »de nombreuses négligences dans la surveillance », ainsi qu’ »une désorganisation du service ralentissant le processus de réanimation ».
La famille demande désormais la condamnation de l’État et le versement de 360 000 euros d’indemnisation au titre des préjudices subis. Selon Antoine Ory, ce dossier met en lumière les difficultés de prise en charge psychiatrique en milieu carcéral.
« Ce dossier est symptomatique de la manière dont les détenus présentant des pathologies psychiatriques sont traités en détention », affirme l’avocat. »De nombreux signaux d’alertes n’ont hélas pas été entendus par l’administration pénitentiaire », ajoute-t-il.

(…)

Fresnes confrontée aux difficultés de la psychiatrie carcérale
Construite à la fin du XIXe siècle, la prison de Maison d’arrêt de Fresnes est régulièrement pointée du doigt pour sa vétusté et les conditions de détention. Dans un rapport publié en janvier 2026, le Comité européen pour la prévention de la torture évoquait « un nombre croissant de personnes détenues présentant des troubles, parfois sévères, liés à la santé mentale » ainsi qu’un manque de psychiatres dans les établissements pénitentiaires français.
Selon l’Observatoire international des prisons, un décès survient en moyenne tous les deux ou trois jours en prison en France, la plupart du temps par suicide.

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18.05.2026

Chaque année, autour du 9 mai, les néo-nazis venus de toute l’Europe défilent à Paris pour commémorer le décès d’un des leurs en 1994. Cette célébration est un prétexte pour défiler au pas cadencé dans la capitale avec des drapeaux ornés de croix fascistes, de symboles hitlériens, et pour commettre des violences. À chaque fois, ces parades d’extrême droite ont lieu avec la bénédiction des autorités. Ces dernières années, non seulement la police a protégé le défilé néo-nazi, mais elle a attaqué celles et ceux qui tentaient de s’y opposer.
Cette année, sur fond de fascisation généralisée, des collectifs antifascistes ont appelé à mettre un terme à cette tradition, et à converger pour empêcher concrètement l’événement. La préfecture a donc interdit toute manifestation, et déployé un très grand nombre de policiers, notamment des unités motorisées. Cela n’a pas empêché des groupes de néonazis d’errer dans Paris l’après-midi, certains armés de matraques et de couteaux, alors que les points de rassemblement antifascistes ont été immédiatement encerclés par la police. Selon le média StreetPress, au moins une femme a été frappée au visage et blessée après avoir voulu filmer deux militants d’extrême droite qui venaient de crier : «Paris nationaliste». Des journalistes qui tentaient de couvrir cette journée ont eux aussi été nassés, contrôlés et verbalisés par la police, qui les a empêchés de filmer. Des atteintes graves au droit d’informer.
Pire, les autorités ont laissé se dérouler, le soir même, une véritable procession fasciste digne du Klu Klux Klan ou des marches de SA, en région parisienne. Car malgré les interdictions, des centaines de néo-nazis se sont réunis dans la commune résidentielle de Verrières-le-Buisson, au sud de Paris. Très fiers d’eux, les nervis d’extrême droite ont abondamment filmé et photographié leur événement : flambeaux en mains, symboles suprémacistes, tambours des jeunesses hitlériennes, discours glaçants. Des militants venus de Pologne, d’Allemagne ou d’Italie étaient présents. Un retour dans les années 1930 dans l’espace public, en France, en 2026. Sur internet, le «Comité du 9 mai» agrémente ses images de propagande de citations militaristes et mortifères telles que «Nos marches guerrières feront frémir la terre». Opération réussie pour les néo-nazis.
Ils ont même installé des stands de tatouages et vendu des T-shirts d’extrême droite. Un concert de métal ouvertement nazi a eu lieu, ainsi que de nombreux saluts hitlériens. Une témoin estime que plus d’une centaine de militants auraient effectué des bras tendus, et un habitant dit à Street Press avoir vu certaines personnes se dire «au revoir avec des saluts nazis». Un autre riverain a appelé le commissariat de Verrières-le-Buisson, sans réponse, puis la police nationale pour réclamer l’envoi d’une patrouille. Le maire de la ville se dit quant à lui «atterré».
C’est bien là qu’est le problème. Selon le quotidien Le Parisien, «la police s’est rendue sur place mais n’a relevé aucun débordement avant de quitter les lieux». Des néo-nazis, des bras tendus, des apologies de régimes totalitaires, des violences commises quelques heures plus tôt, mais «aucun débordement» pour les forces de l’ordre.
Nous sommes pourtant dans un pays où de simples conférences pour la Palestine ou contre la guerre sont censurées dans les universités, où des rassemblements anti-colonialistes sont interdits de manière très brutales, et où globalement la liberté de manifester et d’exprimer le moindre désaccord se réduit de jour en jour. Mais les nostalgiques d’Hitler continuent de bénéficier d’une complaisance évidente des autorités.
Une nouvelle preuve que la lutte contre l’extrême droite de viendra jamais de l’État, et qu’il n’y a rien à attendre d’un régime qui préfère écraser les mobilisation sociales et antiracistes que les héritiers des SS.

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17.05.2026

Quatre policiers de la Bac seront jugés ce lundi à Paris. En visionnant les images de caméras de vidéosurveillance à l’occasion d’une autre enquête, l’IGPN a découvert leurs agissements après la qualification de la France et du Maroc pour les demi-finales de la Coupe du monde au Qatar.
La preuve par l’image. Sans les vidéos de surveillance de la ville de Paris, il n’y aurait sans doute jamais eu d’enquête ni de procès pour les quatre policiers convoqués ce lundi au tribunal judiciaire de Paris pour des violences sur des passants n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail, lors du Mondial 2022 qui se déroulait au Qatar.

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16.05.2026

Encore plus de trente-deux ans à tenir. Avec une telle perspective, Rédoine Faïd, le braqueur de 51 ans originaire de Creil (Oise) écroué depuis le 1er juillet 2011 et dont la fin de peine est précisément prévue le 17 août 2057, aspire à des conditions de vie derrière les barreaux les plus normales possibles. Un vœu qui reste pieux malgré plusieurs décisions de justice déclarant ses conditions de détention « contraires à la dignité de la personne ». Elles se heurtent, en effet, à la position de l’administration pénitentiaire (AP), qui, en la matière, a le dernier mot. Et s’oppose le plus souvent aux décisions favorables à ce prisonnier, célèbre pour ses deux évasions, et donc surveillé de près.
Selon nos informations, Rédoine Faïd, détenu depuis octobre 2025 au centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), vient de remporter une nouvelle partie dans son désormais très long bras de fer avec l’AP. Par une ordonnance du 15 mai, une juge d’application des peines d’Alençon (Orne) a déclaré bien-fondée la dernière requête de Rédoine Faïd, déposée par son avocat, Me Benoît David, le 9 avril, quant à ses conditions de détention depuis son transfert à Condé.

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16.05.2026

La police est devenue religion d’État, critiquer la répression est le nouveau blasphème
En France, la police tire à balle réelle lors de contrôles routiers, mutile avec des armes de guerre, envoie des grenades sur des écologistes en hurlant «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné», multiplie les actes racistes. Tout cela est filmé, documenté, prouvé. Et dans l’écrasante majorité des cas, ces violences ne sont même pas poursuivies. Les rares fois où elles le sont, la justice ne les condamne pas, ou très légèrement. À l’inverse, si vous avez le tort de dénoncer la police, l’État mettra tous les moyens pour vous retrouver et vous réprimer.
Encore un exemple à Reims le 11 mai. Ce jour là, le tribunal devait juger une étudiante de 21 ans pour «outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique». Deux ans plus tôt, le 1er mai 2024, lors du défilé syndical traditionnel, elle avait crié le slogan «ACAB» – un acronyme mondialement connu, utilisé massivement, qui veut dire «All Cops Are Bastards» mais peut aussi signifier «All Cats Are Beautiful» ou «All Colors Are Beautifull», et autres.
Ce 1er mai donc, l’étudiante s’était rendue devant la Maison des syndicats de Reims après la manifestation, avant d’en ressortir. Elle ne savait pas que des agents étaient à ses trousses depuis des heures et l’attendaient pour lui faire payer son terrible forfait. Elle était arrêtée par des policiers en civil puis placée en garde à vue. Et le procureur avait réclamé un procès. Il paraît que les tribunaux sont engorgés.
Pour sa défense, au tribunal, l’étudiante explique à juste titre que le terme ACAB «est un symbole politique, absolument pas un outrage», et surtout qu’il «n’était pas adressé à un policier en particulier», ce qui est nécessaire pour qualifier le délit «d’outrage». Pourtant, ce 11 mai 2026, la justice a prononcé une condamnation à verser des dommages et intérêts à trois policiers ayant porté plainte. Les juges estiment que le slogan leur était adressé en raison «d’un regard tourné vers eux» et qu’ils ont donc ressenti un «préjudice moral». Si des hommes adultes et en uniformes sont fragiles au point d’être traumatisés par un regard et un mot, il faut leur retirer de toute urgence leur armement et les démobiliser, car ils représentent un grave danger pour la population.
Derrière ce jugement ridicule, c’est la possibilité pure et simple de critiquer la police qui est menacée. Si l’on peut être suivi et enfermé pour un slogan en manifestation, qui osera encore s’exprimer dans la rue ? C’est ce qu’ont rappelé les nombreux soutiens de l’étudiante devant le tribunal de Reims. Ils ont d’ailleurs été empêchés par la police d’entrer dans le tribunal pour assister au procès, ce qui est parfaitement illégal puisque l’audience est publique.
L’objectif de ce harcèlement policier et judiciaire est de faire un exemple pour tou·tes les étudiant·es de la ville qui relèvent la tête. À Reims, en moins d’un an, une quinzaine de personnes ont été arrêtées et/ou poursuivies pour des motifs fantôches» rappelle un communiqué de soutien. En effet, à Reims, la police semble particulièrement sensible et zélée. Le 18 mai 2024, deux autres personnes étaient arrêtées lors de la Marche des fiertés pour avoir porté un tee-shirt avec l’inscription «ACAB» et une pancarte avec le même acronyme. Et pour ces deux fauteurs de trouble aussi, garde à vue et procès.
Dans le même registre, dans la Drôme en 2023, la police avait traqué pendant des semaines une jeune militante âgée de 24 ans avec une balise GPS sous sa voiture, des planques devant sa maison, des fouilles de ses comptes bancaires, des réquisitions à son opérateur et des géolocalisations de son téléphone pour avoir fait des tags de soutien à la Palestine, contre la guerre, et tracé le mot «ACAB». Encore. Elle n’avait finalement été jugée que pour «dégradations légères» et «outrage» aux forces de l’ordre.
Le délire judiciaire qui vise toute parole hostile à la police est inédit, et frappe à la fois des manifestant·es, des artistes, des internautes… L’extrême droite a tous les droits, mais interdiction formelle de toucher à la police, qui est désormais une véritable religion d’État qu’il ne faut pas blasphémer.
Avec une telle débauche répressive, des chanteurs comme Brassens ou Renaud qui crachaient sur les forces de l’ordre auraient fini derrière les barreaux dans les années 1960 et 1970. La France de Macron est plus liberticide que celle de l’après-guerre.
Une cagnotte pour soutenir l’étudiante de Reims

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15.05.2026

Sept détenus du quartier de lutte contre la criminalité organisée de cet établissement ont déposé un recours pour «humaniser» le fonctionnement de cette prison.
Une fronde de détenus à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne), vitrine de la politique sécuritaire du garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Sept détenus du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de cet établissement, que Libération avait pu visiter en janvier, ont déposé mardi 12 mai des référés-liberté devant le tribunal administratif de Caen pour dénoncer leurs conditions de détention, rapportent Mediapart et France Inter. Leur avocat, Charly Salkazanov, réclame que le juge enjoigne l’administration pénitentiaire à «humaniser» le fonctionnement de la prison et s’inquiète d’un régime qui risque, selon lui, de «pousser à bout» les détenus.
Ouvert en octobre, le QLCO de Condé-sur-Sarthe est l’un des deux établissements de ce type actuellement en service en France, avec celui de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Voulus par le ministre de la justice, Gérald Darmanin, ces quartiers ultrasécurisés accueillent chacun une quarantaine de détenus relevant, selon l’administration pénitentiaire, «du haut du spectre de la criminalité organisée». Ils seront bientôt quatre sur l’ensemble du territoire.
Migraines, fouilles, réveils nocturnes
Les conditions de détention décrites par les plaignants, et détaillées par Mediapart à partir des témoignages écrits joints aux requêtes, sont sévères. Les détenus passent vingt-deux à vingt-trois heures par jour seuls en cellule, dont les fenêtres sont en partie obstruées, contraignant à laisser la lumière électrique allumée en journée et provoquant fatigue visuelle et migraines. Ils sont soumis à des fouilles intégrales et des fouilles à nu régulières, avant et après chaque parloir, alors que les visites se déroulent derrière un hygiaphone et que les visiteurs subissent des contrôles de sécurité poussés. Les réveils nocturnes imposés par les surveillants – qui allument la lumière et tapent aux portes pour effectuer des vérifications – sont également dénoncés dans plusieurs témoignages.
L’accès aux communications est drastiquement encadré : deux fois deux heures de téléphone par semaine, à des créneaux fixés arbitrairement par l’administration. Ces créneaux coïncident parfois avec l’unique heure de promenade quotidienne, forçant les détenus à choisir entre appeler leurs proches, consulter leur avocat ou voir un médecin. Les parloirs, eux, peuvent être refusés pour des motifs dérisoires : une minute de retard après plusieurs centaines de kilomètres de trajet ou un soutien-gorge déclenchant un portique de sécurité. «Mes liens familiaux sont violés», écrit l’un des détenus dans son courrier joint à la requête.
La contestation monte
Depuis janvier, la contestation monte dans cette prison. Dix-sept des quarante détenus ont engagé un mouvement de protestation pacifique : restitution symbolique de leurs télévisions, réfrigérateurs et produits de cantine, grève de la parole avec les surveillants, grève des déplacements… Un mouvement quasi similaire avait déjà eu lieu en septembre à Vendin-le-Vieil, rappelle Mediapart. Les requêtes déposées mardi visent à obtenir, entre autres, un meilleur accès aux produits d’hygiène, une facilitation des parloirs et des communications téléphoniques, deux heures de promenade quotidienne et un accès effectif aux activités sportives, éducatives et culturelles.
La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, a effectué une visite d’inspection approfondie dans l’établissement la semaine passée, précise Mediapart, sans que ses conclusions aient encore filtré. Mais dans son dernier rapport sur cet établissement, publié en octobre 2025, son institution avait pourtant déjà critiqué le «fonctionnement déshumanisé» à Condé-sur-Sarthe, avant même l’ouverture du QLCO.

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15.05.2026

«C’est un peu comme quand on dresse des animaux»: gendarme à Versailles, il contraignait ses compagnes au libertinage
La justice doit se prononcer fin juin pour des violences sur conjoint commises par un homme de 35 ans. Il contraignait des femmes à avoir des relations avec d’autres hommes, filmées. Une interdiction d’exercer la profession de gendarme pendant cinq ans a été requise à l’encontre du militaire, aujourd’hui affecté en Seine-et-Marne.
Les insultes étaient « principalement des maladresses ». Les propos humiliants, aussi. Et les relations avec d’autres hommes imposées à ses anciennes compagnes n’étaient « que des jeux ». C’est, en substance, ce que Philippe R., 35 ans, a expliqué devant la septième chambre du tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines), vendredi.
Ancien gendarme mobile dans le quartier militaire de Satory, à Versailles, il est aujourd’hui affecté à un poste administratif dans une compagnie de Seine-et-Marne. Sous contrôle judiciaire depuis janvier 2026, il sera fixé sur son sort le 26 juin prochain.

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14.05.2026

« Le gendarme m’a dit : tu n’es personne ici et moi je vais te montrer qui je suis » : un retraité affirme avoir été victime de violences physiques et verbales lors d’une garde à vue en Guyane

(…)

Fonctionnaire à la retraite résidant à Régina, Auguste Prosper, affirme avoir été victime de violences lors d’une garde à vue liée à un conflit de voisinage. Une enquête pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte par le parquet.

(…)

Ce matin-là, Augustin Prosper, fonctionnaire à la retraite, vient faire ses courses au bourg de Régina. Deux gendarmes l’abordent pour le placer en garde à vue. Selon ses dires, lui notifient ses droits. « Vous avez le droit de garder le silence, vous avez le droit d’avoir un avocat, vous avez le droit d’avoir un médecin, et vous pouvez faire un appel à la personne de votre choix, cite le retraité. Tout de suite, j’ai répondu, je veux un avocat, je veux être vu par un médecin, je vais garder le silence. »
Des droits contestés dès l’arrivée à la brigade selon le retraité
La garde à vue commence à la brigade. « Le gendarme me dit « vous avez dit que vous ne voulez pas d’avocat, vous ne voulez pas être vu par un médecin ». Il a considéré que tout ce qui a été dit dans la rue n’a pas de valeur. » Auguste Prosper aurait alors réaffirmé sa volonté de garder le silence.
« Le gendarme est parti dans des insultes : « pour qui tu te prends, j’ai déjà remarqué que tu te prends comme si tu étais un esprit supérieur ici, tu n’es personne ici, et moi je vais te montrer qui je suis, je vais te faire rester tranquille. » »
Auguste Prosper
Des accusations de violences lors d’un passage en cellule
Le motif de la garde à vue, selon le retraité: insultes et dégradation d’un bien privé dans le cadre d’un supposé conflit de voisinage. L’homme est placé en cellule, quelques heures plus tard, lorsque la garde à vue s’achève, le sexagénaire ne peut plus se lever. Il nous explique que lorsqu’il est stressé, il ne peut plus bouger. Cela lui serait déjà arrivé par le passé. Auguste Prosper aurait alors renouvelé sa demande auprès des gendarmes de voir un médecin, en vain.. Auguste Prosper réclame à nouveau un médecin en vain.
« Ce gendarme s’est penché sur moi, il a déposé son genou sur mon plexus, et il m’a dit: « s’il arrive quelque chose à ma maison, à moi, à mes chiens, à tes voisins, à leurs maisons, à leurs chiens ou à un bien quelconque, je te tue ». Il m’a dit ça devant tous ses collègues. Si tu ne te lèves pas, tu vas voir. Et c’est comme ça qu’ils se sont mis à me taper. Ils m’ont donné des coups de genoux, des coups de pied, des coups sur le visage »
Auguste Prosper
Examiné le lendemain à Saint-Georges
Puis il dit avoir été transporté par les gendarmes devant la brigade. Sans téléphone, il ne peut appeler les secours. Les pompiers sont contactés via un passant. Arrivés sur place, ils sont interpellés par un gendarme, selon le retraité. « Il lui a dit: « celui-là, ne le ramasse pas, c’est du cinéma qu’il fait. Donc laisse-le, il va bien finir par rentrer chez lui » » Les pompiers repartent en le laissant couché là. D’autres pompiers le prennent en charge plus tard.
Amené à Saint-Georges, il est examiné le lendemain par un médecin. Dans sa maison, piste Ineri, Auguste Prosper nous montre le certificat médical. Il relève deux écorchures dans le dos, mais pas d’autres traces. « Je certifie que j’ai été tapé. On sait, très bien que sur la peau noire, il est très difficile de voir des bleus. »
Deux enquêtes ouvertes
Le retraité a porté plainte. La procureure a ouvert une enquête pour violence sans Incapacité Totale de Travail (ITT) par personne dépositaire de l’autorité publique, confiée à la brigade territoriale de gendarmerie de Macouria.
Sollicitée, la direction de la gendarmerie évoque « le comportement délétère et irrespectueux de Monsieur Prosper, documenté au cours de la garde à vue en lien avec le parquet ». L’intéressé dément et précise qu’on ne lui a pas fait présenté de procès-verbal de garde à vue pour signature.
De plus, lors de notre reportage sur place le 29 avril, nous avons pu échanger brièvement avec l’un des gendarmes concernés par cette garde à vue, lequel nous a précisé que c’était Monsieur Prosper qui avait donné des coups. Des accusations rejetées par ce dernier.
De son côté, le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) a ouvert une enquête administrative. « Quand on se déplace auprès d’une victime, on a l’obligation de la prendre en charge sauf si la victime signe une décharge pour que ce ne soit pas le cas », indique le colonel Jean-Paul Levif, directeur du SDIS. « L’enquête administrative vise à déterminer les circonstances qui ont conduit à ne pas prendre en charge ce monsieur dans un premier temps », ajoute le commandant des pompiers de Guyane. « En fonction des éléments recueillis, on prendra une décision qui pourra être disciplinaire ou pas si la décision était fondée », conclut le colonel.
Par ailleurs, Auguste Prosper est convoqué en octobre devant le tribunal pour violence avec arme, en l’espèce une débroussailleuse, contre sa voisine et la fille de celle-ci. Le sexagénaire reconnaît des insultes réciproques, mais récuse les violences.
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14.05.2026

La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Douai a confirmé mercredi 13 mai le non-lieu dans l’affaire de la mort de Brahim Moussa, survenu en 2018.

(…)

Les proches de Brahim Moussa espèrent toujours assister à un procès, sept ans après sa mort. Ce jeune homme de 25 ans avait été blessé par balle, lors d’une intervention de la police, fin 2018, pour le vol d’une voiture. Il est mort à l’hôpital un mois plus tard.
Mercredi 13 mai, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Douai a confirmé le non-lieu prononcé en faveur du fonctionnaire de la BAC, qui avait ouvert le feu alors que Brahim Moussa a accéléré, pour tenter de fuir l’interpellation.

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14.05.2026

Une jeune a été condamné lundi 11 mai 2026 pour des insultes et violences sur policiers sur le front de mer à Dieppe. Il a nié en bloc et dit être victime de violences policières.
Ce jeune de 20 ans a-t-il été victime de violences policières ? C’est en tout cas ce qu’il clame haut et fort à la barre du tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) ce lundi 11 mai 2026. « Je me suis fait tabasser au sol, je me prends des coups dans les côtes, il y a quatre policiers contre moi. Je veux porter plainte contre eux », affirme-t-il, en montrant ses bleus. Pourtant, c’est bien lui qui comparaît pour des faits de menaces, violences et outrages envers les policiers. Les faits se sont déroulés quelques jours plus tôt, le samedi 9 mai, sur le front de mer de Dieppe.
Il s’enfuit menotté
Le jeune, venu d’Évreux, est sur la plage avec des amis lorsqu’éclate une altercation avec un sexagénaire. La police est appelée sur les lieux, et retrouve rapidement deux des agresseurs présumés, dont l’un est facilement identifiable grâce à son t-shirt rose, ses cheveux longs et son bonnet.
Les forces de l’ordre fouillent ce dernier et trouvent ce qu’ils pensent être du cannabis, mais qui est en fait du CBD.

(…)

Pas de caméras

(…)

« J’en avais marre, je voulais vous voir directement au tribunal comme je ne suis pas pris au sérieux », avance-t-il à la barre.
Le jeune Ébroïcien volubile remet en cause la version des policiers. « J’ai été tapé comme de la merde et laissé dans ma merde », lance-t-il. Il affirme qu’il s’est enfui lorsque les policiers ont découvert le CBD sur lui.
Il a la solution toute trouvée pour prouver son innocence. « Pourquoi vous ne regardez pas les caméras pour voir qui a raison ? », interroge-t-il. Seulement voilà, il n’y en a pas sur le front de mer, et les caméras piétons des policiers n’ont pas été activées.
« On est en 2026, dans une cité portuaire et il n’y a pas de caméras, c’est fou ! Je me suis fait plier comme un saucisson, enrage le prévenu. Donc ça sert à rien que je me défende ? Ma parole ne pèse rien ! »
La présidente du tribunal rappelle toutefois que ses amis ont témoigné et que leurs versions semblent rejoindre celles des policiers. « Il n’y a aucune preuve matérielle dans ce dossier », insiste l’avocate du jeune homme, qui plaide la relaxe et précise qu’un des policiers dit ne pas avoir été témoin d’injures.
La défense remet en question la supposée ivresse de son client lors des faits. Son alcoolémie n’a pas pu être mesurée lors de son interpellation. Il est également question d’un téléphone dont il n’aurait pas voulu donner le code, or, le jeune dit ne pas avoir de portable sur lui.
Le prévenu reste en prison
Elle requiert 12 mois d’emprisonnement, dont cinq mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans, avec notamment l’interdiction de paraître à Dieppe.

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14.05.2026

Depuis janvier dernier, la Ville de Pontoise facture aux personnes en état d’ivresse manifeste sur la voie publique le coût de l’intervention des services de police. Un montant de 150 euros qui vient s’ajouter à la contravention – allant jusqu’à 150 euros – sanctionnant cette infraction.
« Nous appliquons simplement l’article L3341-1 du Code de la santé publique qui prévoit cette mesure », explique François Daoust, adjoint au maire en charge de la sécurité à Pontoise.
Une délibération municipale
En effet le texte de loi dispose qu' »une personne trouvée en état d’ivresse dans les lieux publics est, par mesure de police, conduite à ses frais (…) dans une chambre de sûreté (…) ».
Pour l’élu, il s’agit d’abord d’appliquer une disposition prévue par la loi mais méconnue. Le conseil municipal a ainsi statué en décembre dernier sur un montant recouvrant le coût d’une intervention de deux heures réalisée par deux agents. D’un point de vue pratique, la commune émet un titre de recettes et le Trésor public prend le relais pour l’encaissement effectif.
En moyenne, la municipalité estime faire face à environ quatre interventions mensuelles de ce type sur son périmètre, avec des pics lors d’évènements, par exemple sportifs, et de fêtes.

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13.05.2026

Trois agents de la Police Aux Frontières (PAF) et un policier réserviste ont été interpellés en début de semaine et placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants.

(…)

Selon nos informations, une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue ce début de semaine dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants. Parmi ces personnes, trois agents de la Police aux Frontières et un policier réserviste.

(…)

Des policiers adjoints de la PAF condamnés pour trafic de stupéfiants l’an dernier
Ce n’est pas la première fois que la Police Aux Frontières est visée par une enquête en Guyane pour ce motif : en mars 2025, onze policiers adjoints qui exerçaient à l’aéroport Félix Eboué ont été condamnés par le Tribunal Judiciaire de Créteil dans le cadre d’un trafic de cocaïne entre la Guyane et l’hexagone. Leur rôle était de faciliter le passage de la drogue à l’aéroport de départ, notamment en la cachant dans des faux plafonds après les points de contrôle, avant qu’elle soit récupérée par des mules pour être acheminée vers Paris.
Les onze policiers avaient écopé de peines allant de douze mois de prison avec sursis jusqu’à huit ans ferme, d’amendes comprises entre 5000 et 80 000 euros, et d’une interdiction d’exercer dans la fonction publique.

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13.05.2026

80 669 personnes étaient détenues dans les prisons françaises en 2024, soit un taux de 117 pour 100 000 habitants. AFP/JULIEN DE ROSA
Selon les données d’Eurostat, le nombre de personnes détenues en 2024 dans les prisons des 27 pays de l’Union européenne s’établissait à 508 746, en hausse de 2 % par rapport à 2023. Il avait atteint un pic en 2012 (552 954), avant de reculer jusqu’à un plus bas niveau en 2020 (463 376). Il a augmenté, depuis, de 9,8 %.
En 2024, la France était de loin le pays de l’UE à compter, en chiffre absolu, le plus grand nombre de détenus (80 669), devant la Pologne (69 850), l’Italie (63 524), l’Espagne (59 226) et l’Allemagne (58 798). À l’autre bout de l’échelle, le Luxembourg n’en recensait que 628, Malte 697 et Chypre 965.

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13.05.2026

Depuis un an, dans l’Indre, des contrôles à l’entrée des établissements scolaires sont régulièrement effectués. Les sacs des élèves sont fouillés par des agents de la police municipale, police nationale et de la gendarmerie nationale. Des vérifications destinées à surveiller, rassurer et éduquer.
Ce mardi, devant l’entrée du collège Rosa Parks à Châteauroux, les surveillantes ne sont pas seules à accueillir les élèves. Une dizaine d’agents de la police municipale et de la police nationale sont présents et demandent aux collégiens d’ouvrir leurs sacs pour qu’ils puissent en inspecter le contenu. « Nous recherchons tout objet dangereux comme un couteau, un cutter ou une paire de ciseaux avec des grandes lames pointues », précise l’agent Renard, chargée de l’inspection. Les élèves se soumettent au contrôle, en s’interrogeant parfois sur ce qui est recherché.
À quelques mètres de là, la principale du collège, Françoise Laloë, observe le contrôle: « la sécurité dans les établissements concerne tout le monde », explique-t-elle, « il y a bien sûr les professionnels, mais les parents ont un rôle à jouer, les services de l’État, et même les jeunes. C’est l’affaire de tous ». La cheffe d’établissement insiste néanmoins sur un point : « il y a de la violence, c’est indéniable, et peut-être même plus qu’avant. Mais il ne faut pas non plus créer un climat anxiogène. C’est de la vigilance, tout en veillant à être le plus rassurant possible, sinon ça ne mène à rien ».
Deux armes retrouvées en un an
Avant mars 2025, le contrôle des sacs était effectué directement par le personnel de l’établissement. Une circulaire du gouvernement permet désormais aux agents de sécurité de l’État, policiers et gendarmes, de faire ces fouilles. « Près de 75 contrôles ont été effectués, ils ont permis de trouver deux couteaux, ainsi qu’un pistolet de « airsoft » (pistolet à air comprimé projetant des billes en plastique) », détaille le nouveau directeur de cabinet de la préfète de l’Indre, Alexandre Météreaud.

(…)

Selon la préfecture, l’ensemble des collèges et lycées de l’agglomération castelroussine a été contrôlé au moins une fois au cours de l’année passée.

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12.05.2026

Deux enquêtes, l’une administrative et l’autre judiciaire, ont été ouvertes ce mardi 12 mai 2026, après le décès d’un sexagénaire dans une geôle du commissariat de police d’Agde, apprend Métropolitain. Une autopsie a été ordonnée par le procureur de la République de Béziers.
Machette et taser
La victime, qui appartient à la communauté gitane sédentarisée de la commune, a été interpellée vers 2 h, dans la nuit de lundi à mardi, par des policiers de la brigade anti-criminalité (Bac) dans une rue du centre-ville

(…)

Il a alors été transféré dans une geôle du commissariat, où il a de nouveau opposé une vive résistance aux policiers qui géraient la procédure. Il s’est notamment volontairement donné des coups de tête contre le mur de la cellule. Un médecin est intervenu pour se pencher sur son état de santé à la demande des policiers et, peu après, le sexagénaire a succombé, sans qu’il ait pu être réanimé. Un décès constaté en milieu de nuit.
Enquêtes de la police judiciaire
Deux enquêtes sont en cours, dont celle de « recherche des causes de la mort », confiées au Service interdépartemental de la police judiciaire (Sipj) de Montpellier, dont des enquêteurs de permanence dépêchés dans la nuit procèdent aux auditions des policiers de la Bac et de leurs collègues présents dans le commissariat.
IGPN pas saisie
Selon une source proche de l’enquête, les policiers du Sipj ont saisi les bandes de vidéosurveillance du commissariat, dont celle de la geôle, et les bandes de vidéoprotection de la ville d’Agde, les faits ayant été filmés. Une source syndicale assure que « l’interpellation du sexagénaire s’est faite dans les règles ». Pour l’heure, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) n’est pas saisie.

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12.05.2026

Dans l’exercice de ses fonctions, ce policier municipal ne s’est pas privé de peloter ses collègues. Pour la peine, il a été condamné à de l’emprisonnement avec sursis.
Prévenu pour harcèlement sexuel, le retraité de la police municipale, âgé d’une soixantaine d’années, aurait abusé de son autorité pour imposer des caresses, des massages et des mots plus que déplacés à deux de ses collègues féminines. Allusions lubriques et gestes de nature sexuelle : l’homme ayant comparu mardi 14 avril dernier devant ce même tribunal avait justifié ses comportements par l’humour. Quant aux raisons de ces accusations, il avait évoqué la jalousie de ses collègues vis-à-vis de son poste de chef au sein de la brigade.
C’est une épée de Damoclès qui a été placée au-dessus de la tête du prévenu ce mardi 12 mai. Véhément lors de l’audience au fond, le sexagénaire a été condamné à 12 mois d’emprisonnement avec sursis et à une privation d’éligibilité de 5 années. Pour rappel, le ministère public avait requis 1 an d’emprisonnement avec sursis à son encontre.

 

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12.05.2026

Le ministre de l’Intérieur et la députée Laetitia Saint-Paul (Horizons) se sont unis pour durcir l’arsenal contre les teufs gratuites avec une proposition de loi anti-raves, adoptée le 9 avril par l’Assemblée. De quoi donner une base légale à la tolérance zéro en vigueur… et répondre aux pressions de l’extrême droite.
Le ministre de l’Intérieur et la députée Laetitia Saint-Paul (Horizons) se sont unis pour durcir l’arsenal contre les teufs gratuites avec une proposition de loi anti-raves, adoptée le 9 avril par l’Assemblée. De quoi donner une base légale à la tolérance zéro en vigueur… et répondre aux pressions de l’extrême droite.
Il ne fait pas bon raver ces temps-ci, comme l’a montré la free party qui a rassemblé 40 000 amateurs de musique techno du 1er au 3 mai dans la campagne de Bourges. Si la plupart des médias présents, comme « Le Berry républicain » et l’AFP, ont relevé la dimension pacifique et organisée de cette fête gratuite – c’est si rare, la gratuité ! –, CNews a insisté, des heures durant, sur son illégalité et sur ses participants, « des drogués dans tous les sens » qui n’auraient pas hésité à doper la chèvre d’un agriculteur. Avec de l’herbe ?
Même écart de ressenti entre les habitants du coin, surpris par la politesse des teufeurs, et le ministre de l’Intérieur, qui a improvisé sa venue, le dimanche matin, pour délivrer un message simple : la fête est finie. Après avoir rappelé qu’il était né à Bourges, et sans préciser qu’il possédait une résidence à un jet de pavé du terrain militaire choisi par les organisateurs, Laurent Nuñez a vanté les vertus d’un futur durcissement des sanctions contre les amateurs de raves. La trique plutôt que la zik ?
Article paru dans le N° 5505.

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11.05.2026

Tribunal de Bobigny : La policière municipale rêvait d’une « vie de princesse »
Jeudi 7 mai, deux policières municipales étaient jugées pour détournement de fichier et corruption. L’une d’elles aurait vendu des centaines de fiches d’immatriculation, ce qui lui aurait rapporté plus de 76 000 euros.
La 14e chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny, une fois par mois, consacre une audience aux délits commis par des policiers. Le plus souvent, les fonctionnaires sont jugés pour des faits de violence, et alors, de chaque côté de la salle, les proches du fonctionnaire et du plaignant s’amassent et bruissent d’indignation contre la version forcément « mensongère » de l’autre camp.
Parfois, ce sont des agressions sexuelles – toujours un supérieur sur une subordonnée – et alors, il est plus rare de voir des collègues du prévenu en soutien, pas plus que des amies et collègues des plaignantes, car ces affaires provoquent surtout de la gêne.
Il arrive que l’infraction relève de l’atteinte à la probité. C’est le cas pour Inès et Hind, deux agents administratifs en police municipale, prévenues d’avoir détourné des fichiers de police et violé le secret professionnel, en vue de revendre les fiches détournées à des tiers (corruption passive). Pour leur procès, personne ne s’est déplacé, car dans ces affaires, c’est un sentiment de honte qui prédomine.
Les deux prévenues comparaissent libres. L’une est habillée entièrement de noir, l’autre porte une longue tunique beige. Sur le banc, elles se tiennent très proches sans jamais interagir. À la barre, la juge leur demande de s’écarter un peu l’une de l’autre. Inès et Hind sont amies.
L’enquête fut ouverte il y a quelques mois à peine, après le signalement d’un juge d’instruction de Lille, lorsqu’il découvrit dans le téléphone d’un homme qu’il venait de placer en garde à vue, de nombreuses photos de fichiers du S.I.V (Système d’immatriculation des véhicules). Les enquêteurs désignés sont alors aisément remontés vers Hind et Inès, qui comparaissent ce jeudi 7 mai à la barre.
4 772 consultations injustifiées de fiches, 76 000 euros de gains
C’est, de très loin, à Hind que sont reprochés le plus grand nombre de faits. De mars à décembre 2025, elle a consulté le SIV 3 012 fois, et d’autres fichiers aussi, comme le FPR (fichier des personnes recherchées), pour un total de 4 772 consultations. En épluchant ses nombreux comptes bancaires, les policiers ont dénombré plus de 280 virements, émanant de 173 personnes différentes, pour un total de 76 604 euros.
Depuis qu’elle a été mise en cause, Hind reconnaît les faits dans leur intégralité. La juge rapporteuse le note une nouvelle fois et commence à lui poser des questions sur ses motivations et son mode opératoire, car si sa culpabilité est acquise, la question de la peine demeure entière.
Alors Hind explique avoir rencontré, et même « flirté » sur Snapchat avec un homme au pseudo, « SIV 51 », assez transparent sur son objet. Elle lui a confié travailler au commissariat du Blanc-Mesnil, il lui a proposé un business, elle a dit oui afin de « rembourser ses crédits ». « Vous pensez qu’on peut faire quoi avec ces fiches SIV ? » Demande la juge.
Hind confie n’y avoir jamais réfléchi, mais que l’IGPN l’a affranchie de l’usage que divers réseaux délinquants en faisaient, et, admet-elle, ça l’a « mise mal »*. Simplement, explique-t-elle, elle a mis le doigt dans un engrenage, téléguidée par ce compte Snapchat – dont les policiers n’ont jamais pu identifier le propriétaire, et que Hind refuse de dénoncer – grâce à qui elle gagnait jusqu’à 50 euros par fiche SIV.
Les enquêteurs comme les juges pensent que le compte SIV 51 est un leurre, et que c’est Hind elle-même qui était à l’initiative de ce trafic. À l’appui, ils produisent des SMS dans lesquels la prévenue semble présenter ses tarifs et monnayer des transactions avec des clients, loin, comme elle le prétend, de se contenter de percevoir un tarif fixé par son mystérieux commanditaire, qui lui fournirait des clients. La juge sort un message de 2021, quatre ans avant le début de la période de prévention, dans lequel elle semble vouloir vendre à son interlocuteur une fiche issue du FPR (300 euros).
« Je n’avais pas réellement mesuré l’impact »
Hind serait la tête et Inès sa sous-traitante. Les deux collègues se sont connues lorsqu’elles étaient en poste à Saint-Maur-des-Fossés, jusqu’en 2021. Elles ont tissé des liens d’amitié très forts et sont restées proches depuis.
Un peu plus jeune que Hind, elle-même âgée de 31 ans, Inès était en poste à Roissy et Marseille durant la période de prévention – la même que sa coprévenue ; elle a consulté 23 fois le FPR et perçu 700 à 900 euros. Elle s’explique : « Je savais que ce que je faisais, c’était pas légal, j’avais besoin d’argent pour payer mon loyer.
— Qui vous sollicitait ?
— Une personne.
— Vous ne voulez pas dire qui c’est ?
— Non.
— Vous savez ce qu’est le FPR madame ?
— Oui.
— Est-ce que vous avez conscience de ce que vous avez fait ?
— Je n’avais pas réellement mesuré l’impact. »
Même naïveté affichée, même excuse : toutes deux faisaient face à des difficultés financières. « Je devais payer mon loyer », dit Inès. « Je devais rembourser des crédits à la consommation », avance Hind. La juge fait les gros yeux. Elle répète, en détachant les syllabes, qu’elle a perçu 76 000 euros en 8 mois, soit 8 500 euros par mois. « J’ai un énorme crédit », rétorque Hind.
« Quelles sont les mensualités ?
— 1 750 euros par moiS.
— Et les 30 000 euros retirés sur vos comptes ?
— J’ai mangé, rien d’exceptionnel.
— Vous êtes aussi partie en vacances, allée au restaurant, vous avez refait la cuisine de votre mère.
— J’ai voulu goûter à un confort que je n’avais jamais eu. J’ai eu une enfance précaire, ma mère m’a beaucoup aidée, j’ai voulu lui rendre la pareille. »
La présidente revient à la charge : « On ne peut pas dire qu’avec 8 000 euros par mois, en plus de votre salaire, vous soyez en difficulté financière.
— (la juge rapporteuse) C’est maladif votre rapport à l’argent, Madame ? »
L’avocate de Hind intervient : « expliquez votre parcours de vie. » La prévenue semble émue. L’avocate reprend : son père était un ancien trafiquant d’arme et il a fait beaucoup de prison pour des crimes commis dans sa jeunesse. Après la naissance de Hind, son dernier enfant, il a cessé ses activités délinquantes. Mais un jour, alors qu’elle avait quatre ans, des inconnus armés ont débarqué chez elle et ont tiré partout. Ça l’a marquée durablement.
Les juges ne réagissent pas vraiment, alors l’avocate ajoute qu’Hind a porté plainte contre son ex-conjoint pour violences, viols, harcèlement et menace. Ce qu’elle veut dire, c’est que la vie de sa cliente est une vie de violences, qu’il faut la traiter avec indulgence car « elle voulait enfin avoir cette vie de princesse qu’elle n’a jamais eue ».
Prison ferme
La procureure, contre ces deux amies « qui refusent de se mettre en cause », attirées par « l’appât du gain », demande une « vraie sanction » afin que « ça s’arrête » (elles ne sont déjà plus fonctionnaires) : 12 mois de prison avec sursis probatoire et 5 000 euros d’amende contre Inès. 18 mois avec sursis probatoire et 15 000 euros d’amende contre Hind. L’avocate de cette dernière plaide l’indulgence.
Quant à l’avocat d’Inès, il est « abasourdi » par la lourdeur des réquisitions contre sa cliente. Elle a touché moins de 1 000 euros, pourtant, le ministère public réclame à son encontre les deux tiers de la peine requise contre son amie qui, elle, a perçu 76 000 euros. Les calculs sont vite faits, et le tribunal adhère partiellement aux demandes de l’avocat, en condamnant Inès à « seulement » 10 mois de prison avec sursis simple et à 2 000 euros d’amende, tandis que Hind écope de 18 mois de prison dont 9 mois avec sursis simple. La partie ferme est aménagée ab intio sous la forme d’un bracelet électronique. Elle devra en outre s’acquitter de 15 000 euros d’amende, est définitivement interdite de fonction publique et inéligible pendant deux ans (un an pour Inès, peine obligatoire).
Les deux jeunes femmes quittent la salle en toute discrétion, tandis qu’un dossier de violence en garde à vue est appelé : un policier se lève, les bancs bruissent d’indignation et le public s’agite soudainement.
*Un rapport de la Cour des comptes publié en mars évalue à 1,5 milliard d’euros le montant du manque à gagner lié à la fraude aux immatriculations.

 

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10.05.2026

Un triple homicide et un suicide dans un village du Vexin. Un policier est soupçonné d’avoir tué son ex-compagne et leurs deux enfants, à Villers-en-Arthies (Val d’Oise) avant de retourner l’arme contre lui, a appris l’AFP dimanche 10 mai auprès du parquet de Pontoise, confirmant une information du Parisien.

(…)

Arrivés sur place, les gendarmes ont remarqué la présence du véhicule de la compagne devant le domicile, dont la porte était verrouillée et les volets baissés. Un impact de balle était également visible. Une fois entrés à l’intérieur, les gendarmes ont trouvé les corps sans vie de la femme, de l’ex-conjoint et de leurs deux enfants, âgés de 9 et 13 ans. Une arme de poing a également été découverte au domicile du fonctionnaire.
Le suspect, un policier qui aurait conservé son arme de service
Une enquête en flagrance des chefs de meurtres précédés ou suivi de meurtres a été ouverte après la découverte des quatre corps, a précisé le parquet. Elle a été confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles. Selon les premiers éléments, l’homme, un policier municipal des Hauts-de-Seine âgé d’une quarantaine d’années, est suspecté d’être l’auteur des coups de feu mortels avant de se donner la mort. Il aurait conservé son arme de service, avancent également les enquêteurs.

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09.05.2026

Une agression policière qui visait à arracher une effigie de Macron en papier mâché à Saint-Nazaire : un crime de lèse-majesté insupportable.
Scène aussi surréaliste que révoltante à Saint-Nazaire, le 8 mai. Alors que des centaines de personnes commençaient à se rassembler dans le centre-ville pour manifester contre la guerre et le projet de porte-avions, et que des syndicalistes faisaient un discours, une violente charge policière a eu lieu. Pluie de coups de matraques, manifestante trainée au sol, grenade lacrymogène lancée dans la foule. Brutalement, le rassemblement familial a été transformé en scène de guerre par les forces de l’ordre.
Cette agression visait à arracher une effigie de Macron en papier mâché. Une œuvre réalisée par le comité de Guerre à la guerre venu de Caen. La création n’avait rien à envier aux meilleurs carnavals : une caricature présidentielle portant des cornes en forme de missiles et vomissant un flot de petits soldats. Cette marionnette devait parader à l’avant du cortège sous forme de créature hybride : un dragon présidentiel avec une traine en tissu.
Un manifestant du comité de Caen nous raconte : «On a vu se positionner la CRS 8 à l’arrière de la manif, direct, on s’est dit que c’était pour nous, on a voulu tracer devant avec la tête et le corps du dragon. […] Ni une ni deux, la tête a été tirée en arrière et là, ce fut le drame, tête déjà explosée dans les pattes des CRS, tandis que notre valeureuse amie était par terre à essayer de retenir le tissu de toutes ses forces».
Il ajoute que «quelques uns d’entre nous ont pris des coups», alors que les policiers ont manifesté un plaisir sadique : «Certains CRS aux casques noirs avaient le sourire en nous tapant et agitant leurs matraques. Ils venaient de partout».
La foule a tenté de se masser pour protéger les camarades et récupérer l’effigie, mais il était trop tard face à la violence brute et rapide.
La presse locale parle d’une intervention pour «saisir» – notez le sens de l’euphémisme venant de gens qui dramatisent le moindre tag en manifestation – «deux fusées potentiellement fumigènes». Un autre article évoque même des fusées sur la tête «dont on ignore si elles étaient factices». Les journalistes ont pourtant bien vu que les seuls individus armés sur cette place portaient un uniforme. «On trouve ça vraiment bidon, ça sentait plutôt le crime de lèse-majesté» répond le manifestant. «On n’arrive plus à défiler avec des caricatures, où est l’esprit Charlie ? Ça donne envie d’embraser un flic».
En effet, il ne s’agissait aucunement d’un motif «sécuritaire» mais bien d’empêcher toute moquerie à l’égard du président. Et ce type de répression est récurrent. En 2019 à Nantes, deux personnes étaient condamnées pour avoir jugé symboliquement et pendu, lors d’une manifestation, une marionnette en papier et en chiffon avec la tête de Macron. Ils avaient subi des arrestations brutales, garde à vue et poursuites pour cette simple scène de carnaval.
En 2020, pendant le confinement, plusieurs personnes ayant eu l’insolence de déployer des pancartes ou des banderoles avec le mot «macronavirus» avaient été poursuivies et parfois placées en garde à vue. Depuis 2017 les plaintes pour des outrage au président de la République se sont multipliées, alors qu’elles avaient quasiment disparu durant les décennies passées.
Lors des manifestations contre la réforme des retraites, la police avait multiplié les arrestations pour des crimes de lèse-majesté : un homme de 77 ans pour une banderole “Macron, on t’emmerde”, une femme pour l’avoir traité “d’ordure” sur sa page Facebook. À Grenoble, une enquête avait été ouverte pour un mannequin avec le visage de Macron incendiée.
Cette explosion de la répression contre celles et ceux qui moquent la figure du monarque pourrait bien se retourner contre lui : pourquoi pas multiplier les grosses têtes de Macron lors des manifestations ? C’est en tout cas ce que répondent les militant·es de Caen : «Ce dragon était comme les cabanes à la ZAD, à chacune détruite, à chacune reconstruite».

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07.05.2026

Abdallah, un jeune homme de 24 ans, est décédé ce lundi sur l’A86 alors qu’il fuyait la police pour avoir fumé un joint. Un drame de plus, produit du harcèlement policier quotidien contre les quartiers populaires et la consommation de cannabis.
Ce lundi 4 mai, Abdallah, un jeune homme de 24 ans, est décédé après avoir été renversé sur l’A86 alors qu’il tentait de fuir la police. La situation faisait suite à un contrôle, alors qu’il fumait un joint dans une voiture stationnée sur le parking d’un McDonald’s avec des amis. Par peur d’écoper d’une amende ou d’un contrôle policier violent, Abdallah a voulu traverser une autoroute en plein après-midi, où il a été mortellement percuté par une voiture.
Le drame a connu un certain écho sur les réseaux sociaux, notamment du fait des réactions de l’extrême-droite. Avec Jean Messiah en tête, cette dernière s’est empressée de faire circuler massivement la vidéo de l’accident, suscitant des milliers de commentaires goguenards, se félicitant de la mort du jeune homme, et appelant à « obéir à la police ».
Des discours ignobles face à un drame qui témoigne, au contraire, de la terreur suscité par la police, des conséquences de son harcèlement raciste permanent, et de la criminalisation de la simple consommation de cannabis. Ces dernières années, de telles situations dramatiques se sont multipliées, notamment dans le cadre de course-poursuite, à la suite du durcissement sécuritaire opéré par la macronie.
En particulier, la criminalisation de la consommation de cannabis a connu un tournant en 2020 avec la généralisation par Darmanin d’amendes forfaitaires de 200 euros pour usage de stupéfiants. Avec son projet de loi RIPOST, Laurent Nuñez compte encore accélérer cette dynamique en faisant passer cette sanction financière de 200 à 500 euros, en plus des différentes attaques déployées dans ce projet de loi.
Loin d’être une solution à un enjeu de santé publique, la prohibition et la répression en matière de consommation de drogue ont toujours été des outils de contrôle social et de criminalisation des habitants des quartiers populaires, tout en aggravant la précarité qui alimente les réseaux de trafic. Pour s’attaquer à ce harcèlement policier, il faut revendiquer la légalisation du cannabis, dont la vente doit être assurée par un monopole public sous contrôle des travailleurs et de la population, et adossé à un financement massif des services publics, à commencer par ceux de la santé et de l’éducation, au service de la prévention.
Dans le même temps, contre le harcèlement policier, il faut exiger la suppression des corps spéciaux (BAC, CSI, etc.) ainsi que l’abrogation de toutes les lois sécuritaires et racistes.

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07.05.2026

La famille d’un détenu retrouvé mort par suicide le 11 avril à la maison d’arrêt de Béthune a déposé plainte, dénonçant ses conditions de détention, a appris l’AFP, ce jeudi, auprès du parquet et de la famille. La plainte vise des faits de « conditions de détention indignes » et « manquements graves à la sécurité ». Le détenu de 31 ans était mis en examen pour tentative de meurtre.
Selon le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, le détenu était incarcéré dans une cellule présentant de « graves dysfonctionnements sanitaires », rendant « les conditions d’hygiène inacceptables », selon cette plainte. La famille dénonce aussi une cellule « sur-occupée » et un défaut de surveillance. Selon l’avocat de la famille, Me Charly Salkazanov, « plusieurs choses interrogent » dans cette affaire.
Des travaux à effectuer
« Les conditions de détention ont eu un impact sur son état physique et mental. C’est une victime collatérale de la surpopulation carcérale », a-t-il estimé. Par ailleurs, « les faits se seraient passés au quartier disciplinaire où les conditions de détention sont les pires, une sorte d’angle mort de la détention », a-t-il ajouté. Selon Étienne Thieffry, le détenu était seul dans une cellule du quartier disciplinaire au moment de sa mort, et l’autopsie « n’a pas mis en évidence » l’intervention d’un tiers.
Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte après son décès. Cette affaire intervient alors que le tribunal administratif de Lille, saisi par l’Observatoire international des prisons (OIP), a enjoint en avril à l’État d’effectuer des travaux en urgence dans cette maison d’arrêt vétuste et particulièrement touchée par le phénomène de surpopulation carcérale. Le juge des référés a notamment enjoint au ministère de la Justice d’effectuer des travaux permettant une « séparation effective » entre les sanitaires, non cloisonnés actuellement, et le reste des cellules, de nettoyer « de la moisissure sur les murs et plafonds », d’équiper des cellules en « mobilier de rangement » ou encore de réparer des fuites d’eau. Alors que sa capacité d’accueil théorique est de 177 places, la prison de Béthune affiche régulièrement un taux d’occupation de plus de 200 %.

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07.05.2026

Contrairement à ce qu’avait demandé la famille de Mohamed Gabsi, un homme de 33 ans décédé en avril 2020 après une arrestation par la police municipale de Béziers, un seul policier sera renvoyé devant le tribunal correctionnel et non devant une juridiction criminelle, selon une décision de la cour d’appel de Montpellier, ce jeudi 7 mai.
Une première bataille judiciaire a été remportée par la défense des policiers dans l’affaire Mohamed Gabsi, ce Biterrois de 33 ans décédé après avoir été interpellé par la police municipale en pleine période du Covid, le 8 avril 2020. Alors que sa famille avait saisi la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier pour demander un procès criminel contre trois policiers, un seul d’entre-eux a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Béziers, selon la décision des magistrats donnée ce jeudi 7 mai.

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07.05.2026

Lundi 13 avril 2026, au tribunal de La Roche-sur-Yon, un gendarme de 45 ans a comparu pour plusieurs délits commis entre août 2025 et mars 2026 dans cette même ville. Il lui était reproché des faits de harcèlement sur son ex-compagne, deux cambriolages, des dégradations et la collecte frauduleuse de données à caractère personnel.
Le prévenu avait accédé au « TAJ » (Traitement des antécédents judiciaires), une base de données contenant des informations sur les auteurs d’infractions et leurs victimes. Cette consultation lui était possible en raison de sa fonction au sein de la gendarmerie.
Les faits de harcèlement remontent à août 2025, lorsque sa compagne a mis fin à une relation de trois ans. L’accusé a alors multiplié les messages et appels téléphoniques, y compris en pleine nuit, contraignant la victime à le bloquer. Il lui a également écrit une lettre de quinze pages. Ces agissements ont conduit à son jugement pour harcèlement moral.
Cambriolages contestés
Le gendarme était également accusé de deux cambriolages, survenus entre le 26 et le 28 décembre 2025, puis entre le 13 et le 15 février 2026. Lors du second vol, des bijoux avaient été dérobés et des dégâts des eaux importants causés par des robinets laissés ouverts avec des éviers et une baignoire obstrués. L’accusé a nié toute implication, affirmant : « Aucune investigation ne prouve que j’étais dans cette maison. »
Lors de l’audience, la procureure de la République avait souligné la « gravité des faits » et requis une peine de douze mois de prison avec sursis probatoire d’une durée de trois ans. Elle avait également demandé une obligation de soins, une obligation d’indemniser la victime, une interdiction de contact, une interdiction de paraître au domicile de la victime et une interdiction de port d’arme pendant cinq ans.

(…)

Elle a également rappelé que son client, après plus de vingt ans de service dans la gendarmerie, était bien noté par sa hiérarchie.
Le jugement, mis en délibéré, a été rendu lundi 4 mai 2026. Le tribunal a relaxé le gendarme des accusations de cambriolage, mais l’a condamné à six mois de prison avec sursis pour la consultation illégale du TAJ et pour harcèlement.

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07.05.2026

La condamnation de Julien Le Guet à six mois de prison ferme sous bracelet avec exécution provisoire, pour sa participation aux mobilisations de Sainte-Soline, marque une nouvelle étape dans la criminalisation du mouvement écologiste.
Depuis plusieurs années, l’État français durcit méthodiquement sa répression contre toutes les formes de contestation sociale. Syndicalistes, militants antiracistes, gilets jaunes, étudiants mobilisés contre la guerre ou contre les réformes antisociales : tous ont subi la violence policière, les gardes à vue massives et les poursuites judiciaires. Ce mercredi 6 mai, la criminalisation du mouvement écologiste a franchi un nouveau cap. La cour d’appel de Poitiers a condamné Julien Le Guet à six mois de prison ferme sous bracelet électronique avec exécution provisoire pour sa participation à des mobilisations contre les méga-bassines en 2022, notamment à Sainte-Soline. Le militant est également interdit de paraître à Sainte-Soline et Mauzé-sur-le-Mignon pendant trois ans.
Parmi les faits retenus contre lui figure notamment… le vol d’une pelle lors d’une action baptisée « Grillade Party » le 2 octobre 2022, ou encore d’avoir fait tomber 123 grilles. Des accusations dérisoires, absurdes, mais qui suffisent désormais à condamner à du ferme une figure du mouvement écologiste. De fait, cette décision s’inscrit dans une stratégie politique assumée : faire payer cher à celles et ceux qui osent s’opposer aux intérêts de l’agrobusiness, aux multinationales de l’eau et à l’accaparement des ressources naturelles par une minorité de grands exploitants.
Depuis les gigantesques mobilisations contre les mégabassines à Sainte-Soline, le gouvernement cherche à écraser un mouvement qui a réussi à articuler critique écologique, dénonciation du capitalisme agricole et mobilisation de masse. Le pouvoir n’a jamais pardonné au mouvement des bassines d’avoir mis en lumière ce que sont réellement ces projets : des infrastructures financées par l’argent public permettant à une poignée d’exploitations intensives de monopoliser l’eau, au détriment des écosystèmes et des populations locales. Face à cette contestation, l’État a répondu par les blindés, les grenades, et désormais la prison.
Il faut mesurer ce que signifie l’exécution provisoire dans cette affaire. En envoyant immédiatement un militant écologiste en prison, avant même l’épuisement des voies de recours, la justice adresse un message de fermeté. L’inverse de son attitude lorsqu’il s’agit de faire payer aux grands exploitants agricoles protégés par les syndicats agricoles comme la FNSEA, la destruction du vivant et l’empoisonnement de la population. Une volonté claire d’intimider tout un mouvement par des peines exemplaires.
Cette évolution s’inscrit dans un tournant autoritaire plus large du régime. Alors que la crise climatique s’aggrave sous les effets du système capitaliste et des politiques qui le soutiennent, détruisant toujours davantage les écosystèmes et les conditions de vie, les mouvements écologistes sont désormais traités comme des adversaires politiques de premier plan. Le pouvoir le sait : derrière la lutte contre les mégabassines se pose une question explosive, celle du contrôle des ressources, de l’agriculture et plus largement de l’organisation de la société. Qui décide de l’usage de l’eau ? Les multinationales et les grands propriétaires, ou la population ?
En criminalisant Julien Le Guet, le gouvernement cherche donc à décapiter une contestation qui dépasse largement la seule question environnementale. Car le mouvement écologiste radical remet en cause les profits, l’agriculture industrielle et l’ordre social lui-même. Voilà pourquoi Darmanin et l’appareil d’État ont multiplié ces dernières années les dissolutions, les campagnes médiatiques hystériques et les poursuites judiciaires contre les organisations écologistes. Comme l’affirme Julien Le Guet à la sortie de la cour d’appel, « je me bats pour l’intérêt général, je me bats pour l’eau, pour la vie et la biodiversité. On me prête des pouvoirs et des attitudes qui ne sont pas les miennes. En soi, ce qu’on me reproche, c’est d’être porte-parole d’un mouvement qui agit pour le bien commun ».
Dans ce contexte, l’acharnement judiciaire contre Julien Le Guet est loin d’être terminé. Le 21 mai prochain, il sera jugé à Paris pour diffamation envers l’ancienne préfète des Deux-Sèvres, Emmanuel Dubée, après l’avoir qualifié d’« assassin » à la suite de la manifestation de Sainte-Soline du 25 mars 2023. Cette manifestation avait fait près de 200 blessés, dont une quarantaine grièvement touchés, principalement par des éclats de grenades de désencerclement et des tirs de lanceur de balles de défense. Deux manifestants avaient plongé dans le coma, dont Serge. Le 27 mai, le porte-parole de Bassines Non Merci participera également au procès concernant l’organisation de la deuxième manifestation de Sainte-Soline. Enfin, le 29 juin, Julien Le Guet comparaîtra à nouveau dans l’affaire du tag : « Pour Serge et les 200 blessés de Sainte-Soline : Dubée, Vestieu et Darmanin en prison », pour laquelle il avait été relaxé il y a quelques mois.
Mais cette condamnation peut aussi produire l’effet inverse de celui recherché. Car de plus en plus de militants, de travailleurs, de jeunes prennent conscience que la défense de l’environnement se heurte frontalement aux intérêts du capitalisme. « Ce jugement confirme cette volonté de m’entraver dans ma liberté pour me réduire au silence, de faire de moi le bouc émissaire d’un mouvement qui ratisse large et grand. Mais je ne vais pas me laisser abattre », promet dans ce sens le porte-parole de BNM. Face à cette offensive, la solidarité est indispensable. Le mouvement ouvrier, les syndicats combatifs, les organisations de jeunesse et les collectifs écologistes ont tout intérêt à construire une riposte commune contre la criminalisation des luttes. Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse le cas de Julien Le Guet : c’est le droit même de s’organiser et de lutter contre la destruction écologique qui est attaqué.
La répression ne fera pas disparaître la colère. Elle montre au contraire que ceux qui gouvernent craignent l’émergence d’un mouvement capable de contester à la fois la catastrophe écologique et le système qui la produit.

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06.05.2026

Plusieurs femmes dénoncent des palpations « abusives » qui se seraient déroulées avant la rencontre entre les Girondins de Bordeaux et l’ACB, ce samedi 2 mai au stade Jean Dauger.

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« Elle m’a levé le t-shirt devant tout le monde ». Dans la tête de Laura*, le traumatisme est encore présent. Ce samedi 2 mai, alors qu’elle se rendait au stade Jean Dauger, à Bayonne pour soutenir les Girondins de Bordeaux lors de la 28e journée de National 2, cette supportrice de 19 ans va subir des fouilles « abusives » comme le qualifie le club de supporters, les Ultramarines qui rapportent plusieurs signalements similaires.
Au total, une vingtaine de témoignages serait parvenue à l’association Her Game Too, une association qui lutte contre le sexisme dans le football. Le préfet assure de son côté que les palpations ont été réalisées « dans les règles » et en adéquation avec le risque de débordements. Certaines supportrices envisagent de déposer plainte.
« Elle m’a déboutonné le pantalon »
Supportrice depuis plusieurs années, Laura est habituée aux fouilles à l’entrée des stades. « La première fouille avec la sécurité privée s’est d’ailleurs très bien passée, souligne-t-elle. Mais quand je me suis approchée de la policière,elle m’a levé mon t-shirt jusqu’au cou. Je n’avais qu’un soutien-gorge dessous donc on a vu ma poitrine. »
Selon la jeune femme, elle va également subir des « palpations très appuyées sur les parties intimes ». « Elle m’a débouté le pantalon alors qu’elle venait de faire le tour de ma taille avec ses pouces », souffle Laura, encore en état de choc. Des gestes déplacées que vont également subir Andréa et sa fille. « Quand on s’est assises dans les tribunes, ma fille s’est mise a pleuré en disant qu’elle était choquée de ce qu’il venait de lui arriver », explique-t-elle.
Normalement, la palpation est faite avec la tranche de la main. Là, c’était fait à pleine main et sur une durée prolongée.
Maëva Lagarde,Ambassadrice de l’association HGT
Si les deux femmes confient n’avoir pas pu réagir sur le moment, ce n’est pas le cas de Marie. La supportrice de 20 ans indique à la policière que ses gestes sont déplacés lorsque cette dernière glisse sa main dans son jean, »jusqu’à la culotte ». « Je lui ai dit que la dernière fois que j’ai subi des palpations pareilles, c’était à Pau. Elle m’a souri et m’a répondu que c’était normal puisqu’il s’agissait aussi d’elle », relate, stupéfaite, Marie.
Fervente soutien des Girondins depuis trente ans, Andrea confie n’avoir jamais vécu de fouilles aussi intrusives. « La seule fois où plusieurs personnes ont vécu des palpations similaires, c’était à Pau et c’était la même brigade de policiers, fulmine-t-elle. Il faut que ça cesse. » Les trois supportrices devraient porter plainte la semaine prochaine. « Même si ça fait peur parce qu’il s’agit d’une policière, reconnaît Andréa. C’est pour ça qu’il faut qu’on se regroupe pour réunir le plus de victimes possibles. « 
Une vingtaine de signalements
Maëva Lagarde, ambassadrice de Her Game Too (HGT) pour le Football Club des Girondins de Bordeaux était aussi au stade Jean Dauger à Bayonne, ce 2 mai. Elle a assisté à la rencontre entre son club et l’Aviron Bayonnais Football Club. Comme avant chaque rencontre, au moment de rentrer dans le stade, elle a été contrôlée.
Une première fois par le service de sécurité privée, où « tout se passe bien », puis une deuxième fois par une policière. « Et là, j’ai remarqué que la palpation était plus poussée au niveau de la poitrine. Elle s’est faite dans mon soutien-gorge », décrit la supportrice. Et là, je remarque autour de moi des personnes en pleurs »
Samedi, plusieurs supportrices nous ont signalé des fouilles abusives réalisées par la sécurité privée de l’@abfc_officiel ainsi que par les forces de l’ordre. En question des palpations exagérées jusqu’au parties intimes.
— Ultramarines Bordeaux 1987 (@ub87officiel) May 5, 2026
Ces actes humiliants et dégradants sont inadmissibles⬇️
Lors du match, la supportrice se rapproche immédiatement du référent des supporters de la Fédération Française de Football et lui explique la fouille à laquelle elle a été soumise. « Il me confirme qu’elle a été trop poussée », explique l’ambassadrice de HGT.
L’association Her Game Too rassemble des femmes passionnées par le football et vise à lutter contre le sexisme dans le monde du ballon rond. Elle a été fondée il y a 5 ans au Royaume Uni et une antenne existe en France depuis 2021. Elle bénéficie du soutien de la Ligue de Football Professionnel et de la Fédération Française de Football. C’est la raison pour laquelle Maëva Lagarde a immédiatement rapporté les faits à un représentant de la FFF sur place.
Cela concerne des femmes adultes, mais aussi deux hommes aussi, et deux femmes mineures.
Maëva Lagarde,Ambassadrice HGT
Elle a également invité les autres victimes présumées de ces « palpations abusives » à se rendre sur le site internet de son association pour y remplir un formulaire de signalement. « On en a reçu une vingtaine depuis samedi », explique-t-elle.

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Cette affaire de « fouilles abusives » a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Sur son compte X, le club de supporters Ultramarines a relayé ces signalements.

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L’association Her Game Too a invité toutes les victimes ayant fait un signalement à déposer plainte. « On ne peut pas le faire à leur place, explique Maëva Lagarde. On va faire une action commune mais on ne sait pas encore sous quelle forme ».

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Maëva Lagarde, elle, n’a pas encore déposé plainte. « J’y réfléchis dit-elle, psychologiquement il faut réussir à passer le cap ».

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06.05.2026

Une enquête avait révélé que l’agent possédait des parts dans une société exploitant un pressing à proximité du commissariat de Voiron, laquelle employait un individu non déclaré et non officiellement rémunéré. Le mis en cause a reconnu les faits et a usé de la procédure dite du « plaider coupable ».
Un policier condamné pour travail dissimulé ? C’est ce que révèle le parquet de Grenoble, via un communiqué du mercredi 6 mai 2026. L’affaire concerne un « fonctionnaire de police, officier de police judiciaire », exerçant au sein du commissariat de Voiron et possédant des parts dans une société exploitant un pressing, situé à proximité du commissariat.

(…)

Mais le problème est ailleurs, indique le parquet de Grenoble : « Depuis le début de l’année 2025, l’enquête a objectivé que ce pressing fonctionne grâce au travail d’une connaissance de ce fonctionnaire de police sans être déclarée ni officiellement rémunérée ».
Le policier en question a été placé en garde à vue le 23 avril 2026, un temps au cours duquel il a reconnu les faits.

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06.05.2026

Y’a un os • Un notaire à la retraite a été conduit au commissariat pour avoir promené son chihuahua sans laisse près du Champ de Mars. Il a déposé plainte pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire » et « mise en danger d’autrui »J.D.
Un homme a été interpellé et amené dans un commissariat de police pour avoir promené l’un de ses deux chiens, un chihuahua, sans laisse, évoque Le Parisien. Selon le quotidien, cet ancien notaire à la retraite promenait ses deux animaux à proximité du Champ de mars lorsque plusieurs policiers nationaux lui ont demandé d’attacher son animal, comme l’exigent les arrêtés municipaux en vigueur dans la capitale.
Le propriétaire a alors expliqué que ce n’était pas possible « au regard de son bien-être », le chien faisant, selon le maître « un blocage ». Le ton serait alors monté. Devant le refus du sexagénaire de décliner son identité, les policiers municipaux ont alors fait appel à leurs collègues de la police nationale.
Les fonctionnaires ont embarqué chiens et propriétaire, sirène hurlante, jusqu’au commissariat. A l’issue de son audition dans les locaux de la police, l’ancien notaire explique avoir refusé de signer le procès-verbal et avoir déposé plainte contre les policiers pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire », et « mise en danger d’autrui ».

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05.05.2026

Au moment de la conception de la prison de Riom, la population carcérale dans le département était de près de 400 détenus. Les plus optimistes étaient sans doute rassurés de penser qu’avec ses 566 places, cette prison flambant neuve avait les capacités de répondre à l’avenir. Las ! La réalité, une fois encore, s’est chargée de faire voler en éclats ces illusions.
À l’instar de ce qui est constaté au niveau national, le nombre des détenus à Riom a très rapidement augmenté. Et le centre pénitentiaire de Riom a dû prendre des dispositions pour y répondre. Les premières demandes de lits supplémentaires ont été faites dès 2017. Rebelote en 2022, où une soixantaine de lits sont encore ajoutés.
Les années 2023-2024 ont été celles d’une augmentation très importante des effectifs de détenus au sein des deux maisons d’arrêt (de 164 places théoriques chacune). Le maximum a été atteint en mai 2025, avec plus de 760 personnes incarcérées à Riom. Le reste de l’année a heureusement été plus calme. Depuis le début de 2026, le nombre de prisonniers repart fortement à la hausse pour flirter une fois encore avec les niveaux records.

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04.05.2026

Nouvelle affaire aux airs de tremblement de terre au commissariat d’Angoulême. Lundi 27 avril, une jeune policière adjointe, Marie Gallois, a été interpellée par les fonctionnaires de l’IGPN (l’inspection générale de la police nationale), placée en garde à vue, mise en examen, puis incarcérée. Depuis mercredi, elle dort dans une prison de la région Nouvelle-Aquitaine.

(…)

Le procureur d’Angoulême Benoit Bernard confirme ce lundi que cette jeune femme a été mise en examen pour « détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel, en l’espèce le système d’immatriculation des véhicules, et pour corruption passive par acceptation d’avantages par une personne dépositaire de l’autorité publique ».
Concrètement, les enquêteurs la soupçonnent d’avoir vendu des informations sur des affaires en cours à des mis en cause, ainsi que d’avoir monnayé des levées d’immobilisation. Ces levées concernent notamment des véhicules ou des cartes grises dans le cadre de délits routiers ou d’infractions, comme des défauts de contrôle technique ou d’assurance. Moyennant finances, la jeune femme aurait arrangé les dossiers pour des clients encombrants.

(…)

Cette nouvelle affaire a porté un coup de massue à la plupart des fonctionnaires du commissariat d’Angoulême. Trois ans après l’affaire Alhoussein Camara. À peine quelques mois après celle de Rodolphe Akyol, ce fonctionnaire accusé d’avoir tenté d’enlever plusieurs jeunes femmes, et d’en avoir enlevé et violé une autre.
Et alors même qu’un autre fonctionnaire devait comparaître mardi dernier devant le tribunal correctionnel d’Angoulême pour des faits de harcèlement sexuel visant plusieurs victimes venues porter plainte… au commissariat.
Par ailleurs, une ex-gendarme de la brigade de Hiersac est mise en examen pour abus de faiblesse, soupçonnée d’avoir pillé la fortune d’un retraité. Quatre anciens surveillants de la prison d’Angoulême sont aussi mis en examen pour corruption.

(…)

La Cour des comptes a, de son côté, pointé des failles persistantes : contrôle interne perfectible, traçabilité des accès aux fichiers encore incomplète, supervision inégale selon les services.

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04.05.2026

« C’est un procès bâillon » dénoncent les collectifs de soutien devant le tribunal correctionnel de Lyon. Ce lundi 4 mai, quatre militants de l’association Résistance à l’Agression Publicitaire comparaissaient devant le tribunal pour avoir remplacé des panneaux publicitaires par des affiches politiques antipublicité et de soutien à la Palestine, lors d’une action militante le 27 septembre dernier. Arrêtés par les forces de l’ordre, ils avaient été placés en garde à vue pendant 42 heures.
Les quatre militants, au casier judiciaire vierge, sont poursuivis pour dégradation en réunion et risque 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende. À l’issue de l’audience, la procureure a requis à leur encontre trois mois de prison avec sursis.
Une peine disproportionnée pour leur avocat qui dénonce une criminalisation du militantisme. « C’est stratosphérique, ça n’a aucun sens ! Ce sont des militants politiques qui se sont retrouvés convoqués devant le tribunal alors qu’ils n’ont aucune infraction à se reprocher. Cela n’a aucun sens de mettre le mot prison sur une action comme celle-ci, et c’est absolument scandaleux.

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« Des citoyens qui se mobilisent sont légitimes à le faire en démocratie »
Même son de cloche du côté de David Cormand, député européen Europe Ecologie qui a apporté son témoignage lors de l’audience : « On a tendance à penser que la publicité est un outil commercial assez neutre. Or, elle occupe l’espace public et notre cerveau. J’ai pu apporter mon expertise pour expliquer en quoi la publicité peut porter atteinte à l’intérêt général, donc que les citoyens qui se mobilisent sur cette question sont légitimes à le faire dans une démocratie ».
JC Decaux et Cytis Media, propriétaires des panneaux publicitaires, demandent 460 euros pour les frais de nettoyage. Le délibéré sera rendu le 15 juin prochain.

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04.05.2026

Mi-avril, des policiers débarquent dans les logements de plusieurs familles roms à Stains. L’un d’eux a tué le chien de Tatiana, un bichon maltais de trois ans, qui l’aurait mordu. D’autres habitants les accusent de plusieurs actes brutaux.
« C’était mon bébé », répète Tatiana, 47 ans. Dans un café de Stains, en Seine-Saint-Denis, la surveillante scolaire d’origine rom, arrivée en France en 2002, fait défiler sur son téléphone les photos de sa chienne « Pamela », un bichon maltais de trois ans qu’elle a recueillie à la naissance.

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Sur la dernière image de son répertoire, la petite chienne à poil frisé blanc, à peine plus grosse qu’un chat, gît sur le dos à côté d’une large mare de sang, abattue d’une balle dans la tête par un fonctionnaire de police. Une enquête judiciaire a été ouverte, le policier est présumé innocent.
Le parquet a ouvert une enquête pour « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort ».

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Le dimanche 19 avril, il est un peu plus de 19 heures quand une demi-douzaine d’agents de la brigade anti-criminalité (Bac) de Stains, des brassards fluo « police » aux bras, forcent le portail et pénètrent dans le bidonville de Roms installé dans les jardins ouvriers, à la recherche de deux jeunes hommes à interpeller dans le cadre d’une enquête pour « recel de vol » de câbles de cuivre. Tatiana, qui n’y habite plus depuis un an mais passe tous les week-ends pour apporter des provisions et aider aux démarches administratives, revient tout juste des courses. L’ambiance festive du dimanche soir, habituellement dévolu à un repas partagé entre les différentes familles du bidonville, qui incluent plusieurs enfants en bas âge , tourne immédiatement au chaos.
« Dès qu’ils sont rentrés, ils couraient. On a crié, on ne savait pas ce qui se passait, ils couraient vers les gens, les pourchassaient », raconte Geanina, une habitante du bidonville de 36 ans, agent de nettoyage au chômage, dans une alternance de français et de romani qu’Anina Ciuciu, l’avocate de Tatiana – également cofondatrice du collectif Romani et Voyageurs ZOR (1) – aide à traduire. Enceinte de sept mois, Geanina témoigne avoir été notamment poussée par les policiers , ainsi qu’une « autre dame qui est cardiaque, qui a fait un malaise ».

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Une balle dans la tête de sa chienne
Selon Geanina, à ce moment-là, l’un des agents court en tenant son arme de service dans la main, « un pistolet » affirme-t-elle catégoriquement. Lorsque Nicolae, le mari de Tatiana âgé de 52 ans, sort « voir ce qui se passe » après avoir été interpellé par les cris, il voit le même policier « défoncer son portail à coups de pied ». À côté du quinquagénaire, Pamela, une des trois chiens du couple, s’échappe. Le policier fait feu , Nicolae dit n’avoir rien pu faire :
« Elle est morte tout de suite, la balle lui a transpercé le crâne. »

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Le parquet a ouvert une enquête pour « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort », confiée au commissariat de Saint-Denis (93).

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Nicolae, lui, soutient que le chien était à « environ 1m50 de distance » du fonctionnaire lorsque ce dernier a tiré. « Je vous informe que si l’agent de police prouve qu’il a été mordu par mon chien, je retirerais ma plainte », déclare de son côté Tatiana sur le procès-verbal en gage de bonne foi, assurant auprès de StreetPress que sa chienne « n’est pas agressive » :

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La race du bichon maltais ne fait pas partie des catégories des chiens susceptibles d’être dangereux selon la réglementation , qui inclut les chiens dits d’attaque, de garde et de défense. Dans sa nomenclature, la fédération cynologique internationale décrit son comportement normal comme « vif, affectueux, très docile et très intelligent » .
Une fiche interne de « maîtrise des risques » de l’inspection générale de la police nationale ( IGPN ) concernant l’intervention face à des chiens agressifs, consultée par StreetPress, fait bien reposer la responsabilité de la sécurité de l’intervention sur les agents, à qui il est notamment recommandé « d’adopter une attitude la plus calme possible et éviter les gestes brusques » quitte à « différer l’intervention » si « l’environnement n’est pas favorable ».

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Le coup de feu résonne dans tout le bidonville. « On a cru que quelqu’un de la famille était mort », se souvient Geanina. Nicolae soutient qu’il s’est alors « mis devant » ses deux autres chiens et demandé au policier, en romani, pourquoi il avait tiré. Là, le fonctionnaire l’aurait « mis en joue », l’arme pointée vers sa tête, et aurait « compté jusqu’à trois » . Arrivant tout juste sur la scène, Tatiana indique qu’elle se serait interposée à son tour entre le policier et son mari jusqu’à ce que le premier ne baisse son arme, avant qu’elle ne fasse un malaise . Le récit du couple, répété dans leur plainte enregistrée au nom de Tatiana au commissariat de Stains le lendemain des faits et consultée par StreetPress, est confirmé par Geanina. À ce stade, l’enquête ne vise pas le chef de menaces avec arme.
Tatiana et Geanina affirment par ailleurs que les femmes et enfants du bidonville auraient ensuite été retenus pendant près d’une heure par les policiers, alors que les deux jeunes recherchés par la police auraient déjà été interpellés. Nicolae, lui, aurait été repoussé en dehors du bidonville. Durant tout ce temps, les agents qui se relayent leur auraient interdit d’aller boire de l’eau, d’utiliser leurs téléphones ou d’appeler les secours pour Tatiana, indiquent-elles, à l’exception d’un seul agent qui « voulait appeler les pompiers, mais les autres ne l’ont pas laissé », se souvient Geanina.

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« Moi, je pleurais sur mon chien et eux riaient de moi. »
Pour son avocate, maître Ciuciu, « les règles de déontologie et de sécurité ont été manifestement violées par cet agent qui courait l’arme au poing dans un espace occupé par de nombreux enfants et femmes ». Elle dénonce la « brutalité » qui n’était « en aucun cas justifiée ni proportionnée » face à son client « non armé, non violent, obéissant à ses instructions et qui pour le surplus n’était pas concerné par cette interpellation » . Selon elle, « les agents de police se sont permis d’agir avec une telle violence parce que les victimes sont d’origine rom en situation d’extrême précarité ». En parallèle de l’enquête judiciaire, elle indique avoir fait un signalement administratif à l’ IGPN afin de « sonner un signal d’alarme face à ces abus anti-tsiganes systématiques ».

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03.05.2026

Chaque année, les néonazis du Comité du 9 mai défilent à Paris. Chaque année, la préfecture de police produit un dossier trop creux pour convaincre le juge des référés d’interdire la parade. Dans sa grande bonté, Au Poste a décidé d’effectuer son travail, et de documenter ce que le tribunal administratif de Paris n’a ni su ni pu juger avec la rigueur que la situation commande.
Pour rappel, la marche du Comité du 9 mai est un rassemblement annuel d’extrême droite radicale organisé à Paris depuis 1994. Longtemps confidentielle, cette mobilisation a connu un regain de visibilité depuis la fin des années 2010 : participation en hausse, dimension internationale assumée, plusieurs centaines de participants issus des mouvances néofascistes et néonazies de toute l’Europe. Une niche, devenue rendez-vous. Un rituel, devenu vitrine, prétexte à l’hommage à Sébastien Deyzieu, mort en 1994 lors d’une manifestation interdite alors qu’il tentait d’échapper à la police.
Chaque année, c’est le même cri de ralliement: « Sébastien, présent ! ». Inspirée des rituels bellicistes des fascistes Mussoliniens, cette pratique consiste à scander le nom d’un camarade tombé au combat. L’hommage prend la forme d’une marche organisée et codifiée. Apogée néonazie vue à la télé, sur les chaînes en continu.
Face au juge des référés, l’incompétence policière
A plusieurs reprises, la préfecture de police de Paris a tenté (mollement, on va le voir) d’interdire la manifestation du Comité du 9 mai. Ses arrêtés ont tous échoué au pied du tribunal administratif de Paris. L’année dernière, on assistait même à un festival des services de police peinant à énumérer et à caractériser précisément les faits reprochés. Que ce soit par oubli, par manque de rigueur ou par complaisance.
Ainsi, la veille de la manifestation déclarée par la militante d’extrême droite Maylis de Cibon, le 9 mai 2025, le tribunal administratif de Paris infligea, comme chaque année, un camouflet à la Préfecture de police: son arrêté «porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester».
Contre-enquête
Dans un élan citoyen, et en vue de la manifestation annoncée du prochain 9 mai 2026, Au Poste a repris la dernière décision en date du Tribunal administratif (2025), basée sur le travail bâclé des services de police. Et présente un certain nombre d’éléments et de contre-arguments en vue des prochaines démarches qui ne vont pas manquer d’agiter tout ce beau monde.
Rappel salutaire de la préfecture concernant la dissimulation de visage. Pourtant, ni en 2023, ni en 2024, toujours pas en 2025, elle n’a eu l’audace ni de verbaliser ni d’interpeller le moindre militant pour ces faits, ce qui facilite largement les nationalistes pour contredire la Préfecture de police de Paris devant le juge des référés. Effectivement, pourquoi la Préfecture évoque-t-elle des articles de loi si elle ne se prend pas la peine de les appliquer (du moins, ici, lors de ces cortèges singuliers, contrairement à tant d’autres) ?
À aucun moment, dans son arrêté d’interdiction, la préfecture de police n’évoque les violences subies par des passants en 2023, ni celles visant plusieurs journalistes en 2024, pas plus que l’apologie de crimes contre l’humanité régulièrement prônée par des militants lors de cette marche néonazie, que l’organisation du C9M est la première à mettre en avant.
On est tout de même soufflé par tant d’innocence de la part des autorités : le slogan « Europe, jeunesse, révolution » est un slogan d’inspiration néofasciste, dont l’origine remonte au Movimento sociale italiano (MSI), parti dont le Front national a repris le logo. De même, ce slogan était scandé à plusieurs reprises dans l’Hexagone lors de manifestations violentes d’extrême droite, qui ont très souvent tourné aux « ratonnades ».
Si la question de la « reconstitution » du GUD, groupe nationaliste révolutionnaire ultra-violent et néonazi, est bien soulevée, il faut revenir à 2023 pour cerner les contours de l’approche préfectorale de la question. Cette année-là, Laurent Nuñez affirmait ne pas disposer d’éléments suffisants pour interdire la marche du C9m, ce qui interrogeait au regard des signalements d’un certain nombre d’associations et des articles de presse. À l’époque, la situation s’inscrivait déjà dans un contexte où plusieurs structures héritières du Bastion Social, de Génération Identitaire et des Zouaves Paris, toutes dissoutes pour violences et incitation à la haine raciale par le gouvernement, appelaient à rejoindre la marche. Signataire des arrêtés de 2023 et 2025, l’actuel ministre de l’Intérieur, alors Préfet de Police, n’évoquait pas la question de la « reconstitution » des Zouaves lors de la manifestation de 2023, ni le rôle du GUD dans l’organisation de l’édition 2025, bien que celui-ci ait été dissous le 26 juin 2024.
En 2023, suite à des dizaines de collages néonazis dans l’hexagone, une marche néonazie et des violences dans les rues dans la capital, la marche du C9m s’est achevée par un concert de « rock aryen » organisé dans une salle municipale des Yvelines, baptisée Simone Veil.
Devant un dossier aussi creux, le Tribunal administratif démonte avec astuce la rhétorique policière : « Aucune pièce du dossier, au-delà de la proximité idéologique alléguée de l’organisatrice de la manifestation, n’est produite pour en justifier, la note des services de renseignement du 5 mai 2025 indiquant que le GUD “reste en sous-main aux commandes de l’événement et compte lui donner une tonalité et une importance particulières”. »
Quand la préfecture s’intéresse aux antifa, la mémoire lui revient
Le même jour, dans une seconde ordonnance distincte, le tribunal administratif examinait cette fois les motifs d’interdiction d’une contre-manifestation antifasciste. Sur ce dossier-là, la Préfecture avait soudainement retrouvé le sens du détail, avançant, cette fois, une série d’éléments précis et circonstanciés. La Préf’ cite le collectif « antifasciste Paris 20 », accusé d’encourager à la création de « brigades d’autodéfense », ou « Urgence Palestine », présenté comme appelant à « mener l’intifada » en France. Elle remonte jusqu’à 2013, en évoquant la mort de Clément Méric.
Abreuvé de détails, le juge des référés désigne alors aisément les militants antifascistes comme les porteurs de troubles à l’ordre public. Il rejette l’appel des contre-manifestants antifascistes.
La mobilisation antifasciste statique, place du Panthéon, est, elle, jugée acceptable…
Une tolérance abyssale au néonazisme
Après les arguments, Au Poste expose les documents.
Fasciste, la marche C9m est aussi nazie. Les croix celtiques, dont les drapeaux flottent par dizaines, puisent leurs origines dans les Équipes nationales sous Vichy, pérennisées dans le panthéon nationaliste français par le néonazi Pierre Sidos, avec son mouvement antisémite Jeune Nation, puis au sein d’Occident et des mouvances nationalistes pétainistes. Aujourd’hui, ce drapeau représente, au choix, la suprématie blanche, ou la « race aryenne ».
En 2020, sur l’affiche du C9m, Sébastien Deyzieu est présenté avec un « Soleil noir », symbole mystique créé pour la Schutzstaffel à Wewelsbourg. En 2022, l’organisation illustre son visuel avec une œuvre de Arno Breker, artiste fort estimé par Adolf Hitler.
Dans la marche, en tête de cortège se distinguent deux runes Algiz: la Lebensrune (rune de vie) et la Todesrune (rune de mort), que la SS utilisait pour orner les stèles de ses membres tombés au combat.
Pour marteler le caractère funèbre de la marche, les organisateurs ont ajouté des tambours, dont l’esthétique reprenait celle des Hitlerjugend (jeunesses hitlériennes). Des instruments également repris, depuis les années 1960, par des néonazis allemands du Nationaldemokratische Partei Deutschlands – Heimat ! (Parti national-démocrate d’Allemagne, aujourd’hui appelé Heimat ! – Patrie), lesquels participent depuis des années à la manifestation du C9m à Paris.
L’année dernière, le 10 mai 2025, Libération a eu accès à des images de la petite cour de l’immeuble de la rue des Chartreux (VIᵉ arrondissement), où se concluait la marche. On y voyait plusieurs militants faire des saluts nazis. Parmi eux, des Espagnols de Devenir Europeo, dont Au Poste a pu consulter leur canal Telegram et constater que la propagande nazie y a bonne place. Un autre Espagnol néonazi, poursuivi pour trafic de drogues et exploitation sexuelle, marche en plein Paris avec une croix gammée sur le bras, comme le révélait Reflets.
À cet égard, il convient de noter que le service d’ordre du C9m à Paris était en partie le même que celui mobilisé le 21 février 2026, à Lyon, lors de la marche en hommage à Quentin Deranque, elle aussi marquée par des gestes et de symboles fascistes et nazis.
Alors que l’organisation du C9m avait donné des consignes de retenue (vêtements, insignes, etc), pour ne froisser ni médias ni police, Reflets, en collaboration avec le collectif Indextrême, a pu répertorier une dizaine de symboles nazis, ainsi qu’une vingtaine de symboles fascistes et suprémacistes blancs, utilisés notamment par des milices terroristes ou des armées accusées de crimes de guerre, comme le bataillon ukrainien d’Azov, exhibés par des centaines de militants.
Au-delà des symboles, certains militants du service d’ordre vont jusqu’à arborer le slogan « Au fusil, au couteau, nous imposerons l’Ordre nouveau », relevant d’une rhétorique fasciste. C’est ballot: les fonctionnaires de la Préfecture sont incapables de les lire.
De même, l’iconographie « Defend Europa », incluant la représentation d’une kalachnikov, ainsi que la présence de militants français radicalisés et de groupes étrangers, dont la milice étasunienne le Patriot Front, ou des groupes néonazis allemands, pourtant déjà documentées en 2024, ne semblent pas non plus émouvoir les services préfectoraux. Nulle prise en compte explicite ne figure dans ses argumentaires.
Tout cela sous la supervision du chef du service d’ordre du C9m : Marc de Cacqueray-Valménier, ancien chef du GUD, çi-devant employé par Vincent Bolloré comme gardien de son île privée du Loc’h, dans le Finistère. En février dernier, De Cacqueray-Valménier a été condamné à un an de prison, dont six mois ferme aménageables sous bracelet électronique, pour les violences commises contre des militants de SOS Racisme lors d’un meeting d’Éric Zemmour en 2021.
Le C9m, vitrine de la radicalité
Au-delà de sa mise en scène aux allures miliciennes et soigneusement élaborée, visant à éprouver les seuils de tolérance à l’expression d’idéologies fascistes dans l’espace public, le C9M est devenu une vitrine pour les différents groupuscules d’extrême droite radicale qui y participent. Il leur permet de mettre en scène leur radicalité, d’afficher une cohésion (davantage performative que réelle) tout en laissant entrevoir la possibilité d’une convergence entre mouvances fascistes, une “interfaf”. L’événement tend à fonctionner comme une plateforme de socialisation politique, contribuant, en amont comme en aval de sa tenue, à des dynamiques de radicalisation et de recrutement.
Selon nos informations, le C9m compte toujours sur les anciens cadres du GUD pour son organisation, et reste placé sous l’aile des pétainistes du Comité de liaison et d’aide nationaliste (CLAN), structure liée au parti Les Nationalistes. Un détail révélateur : jusqu’en 2023, l’adresse de ce site officiel, identifiée sur sa page Facebook, renvoyait vers le canal néonazi Ouest Casual, fermé à plusieurs reprises par Youtube et Telegram.
L’administrateur du site du C9m est le multirécidiviste Théodore R., développeur web de profession. En 2019, avec une quarantaine d’individus « au visage dissimulé », armés de « barres de fer, de battes de baseball et de matraques », il participe au saccage de plusieurs bars du centre-ville du Mans. Théodore R. sera condamné en 2020.
Théodore R. est à l’époque militant au sein du groupuscule raciste l’Alvarium, dissous pour « faits de violences » et « incitation à la discrimination ou à la violence envers des personnes en raison de leur origine ou de leur religion ». En 2023, à Angers, il participe à des violences contre plusieurs personnes venues manifester après la mort de Nahel Merzouk. Il est condamné à huit mois de prison avec sursis.
Haine raciale qui cible une partie de la population
Ce qui apparaît particulièrement problématique tient à une série de choix révélateurs d’un angle mort persistant : pendant que des militants néonazis sont autorisés à occuper l’espace public avec une visibilité assumée, les citoyens qui constituent de facto les cibles de ces idéologies haineuses sont, eux, renvoyés aux marges du débat.
Réduire la question à un exercice de pure liberté d’expression (et de manifester) serait une erreur et pas une erreur anodine. Nous ne sommes pas dans une société théorique: nous sommes dans une société traversée par un racisme systémique, une extrême droite partisane en pleine ascension, et par des groupuscules qui appellent ouvertement à l’expulsion des étrangers (la “Remigration”), et prennent pour cibles les Français racisés, les personnes LGBT, et assument des positions antisémites. Dans ce contexte, la mise en balance des libertés ne doit pas se réduire à un simple exercice de style : autoriser quelques centaines de militants radicaux à parader produit, chez des milliers de personnes, un sentiment d’insécurité et de peur, renforcé par la conviction, de plus en plus difficile à contester, que les institutions ne veulent pas, ou ne peuvent pas, agir.
Reste une ultime question, qui s’adresse directement à Patrice Faure, désormais aux commandes de la Préfecture de police de Paris (qui a refusé de répondre à nos interrogations): en 2026, pourra-t-il se permettre d’ignorer les conséquences d’un tel laisser-faire à répétition ? Ou présentera-t-il, cette fois, un dossier sérieux, étayé, factuel, à la hauteur de ce que la situation exige?
Contre la Bollorisation des esprits !
Depuis 5 ans, #AuPoste défend les libertés publiques, la gauche critique, l’histoire vivante, les arts de la fugue et les voix qu’on bâillonne. Depuis 5 ans, nous avons choisi de rendre accessible gratuitement toute notre production car nous défendons l’information en circuit libre.
Plus que jamais, une presse libre, fouilleuse et indocile est vitale.
Au Poste n’a pas de prix. Mais un coût. vos dons font tourner la baraque.

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03.05.2026

Plongée au cœur d’un établissement pénitentiaire au bord de l’implosion. Pour des centaines d’hommes, la promiscuité est devenue la norme et un simple lit un luxe. Le personnel, dépassé, tire la sonnette d’alarme face à cette situation intenable.
Dès les premiers pas, le ton est donné. Cris étouffés derrière les portes, sifflets, bruits métalliques des clés… Une chaleur lourde s’accroche aux murs. Nous pénétrons dans le centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne, un lieu sous haute surveillance où chaque mouvement est contrôlé et surveillé.
À l’intérieur, des murs jaunes et des barreaux gris s’étirent le long de couloirs interminables. Contrairement à l’image que l’on pourrait s’en faire, rien ici n’est délabré. Les locaux sont propres, entretenus. Mais derrière cette apparente normalité se cache une réalité bien plus dure : celle de la surpopulation.
Le taux d’occupation atteint 200 %.

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Un espace sans intimité
« On est trois par cellules, on n’est pas des chiens » , crient certains à travers les barreaux. « Libérez-nous ! », « Il y a des cafards ! ». Les voix résonnent dans les couloirs, mélange de colère et d’épuisement.
Les cellules mesurent entre 9 et 10 m². À l’intérieur, un bloc sanitaire, quelques livres, une télévision ou de la vaisselle. Des objets du quotidien qui tentent de recréer un semblant de vie normale. Mais l’espace manque cruellement. L’intimité, elle, a totalement disparu.
Dans l’une de ces cellules, un matelas est posé au sol, sur des journaux censés isoler de l’humidité. « Ça fait 14 mois que je dors par terre », confie un détenu. Près de 420 nuits dans ces conditions.

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Lui travaille à la cantine. « Ça me permet de sortir de la cellule… Parce qu’être à trois, depuis plus d’un an, ce n’est pas très agréable. » Des mots presque trop faibles pour décrire la réalité.

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03.05.2026

Dans un communiqué, la Fédération du Parti communiste regrette « des charges policières » et « une pluie de lacrymogènes » lors du défilé du 1er

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« Alors que la manifestation s’est déroulée sans débordements, la police a fait le choix de la provocation », regrette dans un communiqué la Fédération Rhône du Parti communiste faisant état de « plusieurs incursions dans le cortège syndical », de « coups de matraque reçus par des militants syndicaux du service d’ordre » et « d’une grenade de désencerclement lancée au milieu du carré de tête ». Par ailleurs, des cartouches de balles en caoutchouc ont été retrouvées au sol, selon Benoît Roux, secrétaire de la Fédération.
« Plusieurs charges policières »
Le PC dénonce aussi « une pluie de gaz lacrymogènes sans aucune raison apparente, suivie de plusieurs charges policières ». Et de remettre en cause les quatre interpellations réalisées « dans des circonstances qui restent à éclaircir ».
« Aux honnêtes travailleurs et travailleuses la matraque, aux patrons hors la loi les mots doux ! », ajoute Benoît Roux à propos de la visite de soutien de Sébastien Lecornu à un boulanger qui a été verbalisé pour avoir fait travailler ses salariés un jour chômé.

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02.05.2026

Nantes : la police agresse l’hommage à un syndicaliste récemment décédé

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L’hommage à Oussama au Premier Mai interrompu par des agents casqués et armés à Nantes.

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En 1973 au Chili, des militaires d’extrême droite renversent le gouvernement de gauche de Salvador Allende et installent une dictature. Deux semaines après le putsch, le poète chilien de gauche Pablo Neruda meurt à Santiago. Le nouveau régime autorise les funérailles, qui se transforment en manifestation, au chant de l’Internationale.
Le 8 février 1921, le grand penseur anarchiste Pierre Kropotkine meurt à l’âge de 78 ans près de Moscou. La dictature bolchevique s’installe, et les révolutionnaires sont déjà pour la plupart arrêtés. Le corps de l’anarchiste est transféré dans un train orné de drapeaux noirs et de banderoles. Le régime a beau être répressif, il laisse faire : on ne profane pas la mémoire d’un mort. Lors des obsèques, le corps est suivi par une foule immense. Le cortège va s’arrêter devant la prison de Moscou, où s’entassent déjà nombre de prisonniers politiques. C’est la dernière grande manifestation anarchiste en Russie.
En France, en 2026, rendre hommage sur la place publique à un camarade récemment décédé est violemment réprimé, sous les coups de matraque et les lacrymogènes. Alors même que le Parlement a organisé une minute de silence pour un néo-nazi violent quelques semaines plus tôt. Autrement dit, la police française et sa hiérarchie sont plus autoritaires et fascistes que des militaires chiliens ou des autocrates soviétiques. Plus obscènes aussi.
Ce 1er mai, après la grande manifestation traditionnelle, environ 200 personnes se sont retrouvées à Nantes, sur la place du Bouffay, pour saluer la mémoire d’Oussama, militant syndicaliste, artiste, ouvrier, qui a marqué l’histoire des luttes en Bretagne. L’appel était public et clair : il invitait
C’était sans compter la fascisation presque complète du gouvernement français. À peine les premiers mots étaient prononcés, devant une banderole avec le slogan «Oussama présent», surmonté d’un accordéon, instrument cher au cœur du défunt, qu’une armada de policiers et de gendarmes cagoulés et lourdement armés ont débarqué. Malgré les appels au calme des militants, une première charge à lieu. Puis la banderole est arrachée par les forces de l’ordre, qui distribuent des coups de matraque.
Au mégaphone, un organisateur continue d’appeler au calme, rappelle qu’il s’agit d’une cérémonie, d’un recueillement pour un défunt, rien n’y fait. La milice cogne. L’ensemble des personnes présentes sur la place, même extérieures à l’hommage, sont outrées. Des grenades lacrymogènes sont tirées. Des personnes en deuil reçoivent du gaz en plein visage à bout portant. L’ignominie.
Un témoin raconte qu’il a demandé à un agent qui était le responsable de cette opération. Ce dernier a répondu «c’est Dieu», en pointant son doigt vers le ciel. Un autre rapporte qu’un des gendarmes lui a reconnu avoir demandé confirmation à sa hiérarchie, pour savoir s’il fallait empêcher l’hommage, et que l’ordre lui aurait été répété plusieurs fois. Nous avons donc dans les préfectures et les commissariat des individus plus lâches et fourbes que Pinochet.
La foule pleure, crie, mais elle refuse de quitter la place. Nous sommes dans l’espace public. On crie aux agents qu’ils devraient avoir honte. On scande aux policiers que, s’ils empêchent cet hommage, une manifestation monstre aura lieu le soir même, en direction du commissariat. Que leurs actes sont filmés, et seront massivement diffusés. Un début d’hésitation se faire sentir sous les casques, où remuent peut-être encore quelques neurones.
Finalement, une députée de la France Insoumise arrive sur place. Elle échange quelques mots avec un des chefs en uniforme. Et l’armada repart, après avoir semé le chaos et la violence. Sans rendre la banderole, comme si Oussama partait une dernière fois en garde à vue.
La foule réoccupe la place sous les applaudissements. Une suite d’interventions, ponctuées de récits de lutte, d’anecdotes amusantes, de témoignages poignants et de lectures sont finalement exprimées au mégaphone. Une nouvelle banderole est réalisée à la hâte, reprenant le slogan de celle qui venait d’être volée : «Oussama, présent». Les prises de parole se terminent avec le crépitement d’un fumigène et la promesse de se revoir. Le cœur noué, mais ensemble.
C’est finalement un bel hommage, qui ressemblait à Oussama : bordélique, visé par la brutalité d’État, résistant, tendre. Tout l’inverse de la noirceur stupide et violente de ceux qui prétendent maintenir l’ordre.

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02.05.2026

Des taux d’occupation qui explosent : les chiffres (édifiants) de la surpopulation dans les prisons d’Occitanie
Les derniers chiffres officiels sont catastrophiques. La quasi-totalité des établissements pénitentiaires en région accueillent le double de détenus que leurs capacités ne leur permettraient.
Avec un taux d’occupation de 235,9 % au 1er avril 2029, la maison d’arrêt de Carcassonne est la plus engorgée de la région. Elle est suivie de très près par celle de Nîmes (225,8 %) et les centre pénitentiaire de Toulouse Seysses (225,5 %) et Perpignan (225 %). Globalement les établissements de la région (hormis celui de Mende) accueillent le double de détenus qu’ils ne le pourraient officiellement.
À Carcassonne qui bat tous les records, 151 prisonniers occupent les 64 places officielles.

(…)

86 700 détenus en France
Selon les chiffres publiés dernièrement par le service de la statistique des études et de la recherche, au 1er avril 2026, la France comptait globalement + 6,3 % de personnes détenues sur un an. « 86 700 personnes sont détenues en France. Parmi ces dernières, 63 900 sont condamnées et 22 700 sont prévenues. »
2 300 personnes sont condamnées à plus de dix ans de prison, 55 200 à cinq ans ou moins (en hausse de + 62 % en un an). Afin de lutter contre la surpopulation carcérale, les aménagements de peines ont également tendance à augmenter.  » Au 1er avril 2026, 19 200 personnes condamnées à une peine d’emprisonnement ferme sont non détenues. Celles-ci exécutent leur peine d’emprisonnement ferme en dehors d’un établissement pénitentiaire dans le cadre d’un aménagement de peine : à domicile sous surveillance électronique ou en placement à l’extérieur dans une structure habilitée. Leur nombre augmente de 7,4 % sur un an. »

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01.05.2026

Une semaine avant cet évènement, un policier avait été condamné pour avoir exercé des violences sur ce mineur de 16 ans poursuivi pour vol. La direction départementale de la sécurité publique dément toute vengeance et nie toute utilisation d’un taser lors de cette arrestation.
Des policiers qui débarquent à 6 heures du matin, défoncent la porte d’un appartement et tasent leur suspect. Tout ça pour un adolescent de 16 ans, dont le casier est loin d’être vierge certes, mais qui ne se borne qu’à des vols commis sans violence selon son avocat, Me Jacques Bourdais.
Son adresse, chez ses parents en Essonne, est connue de la justice. Et le mineur a toujours répondu aux convocations, comme nous le confirme son conseil, consterné et en colère face à la méthode employée.
Selon lui, cette manière de faire ne doit rien au hasard. En septembre dernier son client et sa mère avaient déposé plainte contre un policier du petit dépôt du tribunal d’Évry-Courcouronnes pour des faits de violences ayant entraîné cinq jours d’incapacité totale de travail.
Une affaire qui remonte à juillet 2024
Le 15 avril, le fonctionnaire a été condamné dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) à 500 euros d’amende, plus 600 euros au titre de la réparation du préjudice moral et 700 euros de remboursement des frais d’avocat de la victime. Une affaire que nous avions relatée.
Pour Me Bourdais, les moyens employés contre cet adolescent n’ont donc rien d’une coïncidence. « C’est une vengeance suite à la condamnation de leur collègue, s’agace-t-il. Mon client n’est pas dangereux, il a toujours déféré aux convocations. Là, il s’agit d’une affaire de vol en réunion de trottinette et de portable remontant à juillet 2024. Ce n’est pas un hasard qu’ils le ressortent maintenant. Ils pouvaient parfaitement le convoquer, il était d’ailleurs au tribunal la semaine précédente. Ou venir le chercher mais en frappant à la porte. La manière dont ça s’est passé relève du grand banditisme, des gens dangereux. Là, il était dans sa chambre en train de dormir. »

(…)

Me Bourdais évoque pourtant une marque ayant laissé trois points sur l’épaule de son client. Le certificat médical fait état de douleurs à la palpation au niveau de l’omoplate entraînant une incapacité temporaire d’un jour.
« Ils veulent le pousser à bout pour qu’il les insulte ou pire, estime Jacques Bourdais. C’est la chronique d’une bavure judiciaire annoncée. Tout ça a été géré de manière invraisemblable. Je vais saisir le parquet », assure son conseil.
Placé en garde à vue dans la foulée, le jeune avait finalement été remis en liberté quelques heures plus tard, à 15 heures. Il comparaîtra devant le tribunal pour enfants en juillet prochain.

 

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30.04.2026

Dimanche 19 avril, dans le quartier de la Laiterie à Strasbourg, un homme a été violemment interpellé par la police à la suite d’une tentative de vol de vélo. Une vidéo transmise à Rue89 Strasbourg montre un policier frappant et secouant le jeune homme, pourtant déjà maîtrisé. En raison des lacunes dans l’enquête, son procès a finalement été renvoyé.

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30.04.2026

Une décision de justice ravive la douleur de la famille de Sulivan Sauvey, 19 ans, tué par une policière à Cherbourg-en-Cotentin le 9 juin 2024. Ses proches ont appris de leur avocat que la fonctionnaire, mise en examen pour homicide volontaire, a vu son contrôle judiciaire allégé et peut de nouveau se rendre à Cherbourg.
Voilà bientôt 2 ans que Sulivan, 19 ans, a été tué à Cherbourg-en-Cotentin par une policière en service. Les proches du jeune homme sont toujours en attente du procès.
Et aujourd’hui leur douleur est ravivée par une décision de justice qu’ils ne comprennent pas. La fonctionnaire, placée sous contrôle judiciaire après les faits, peut de nouveau se rendre à Cherbourg. « Inacceptable » pour Mehdi Sauvey, le frère de Sulivan.
Une série « d’injustices » selon la famille
Le 9 juin 2024, après un contrôle routier, Sulivan a été touché mortellement au niveau de la poitrine, par le tir d’une policière, alors qu’il tentait de prendre la fuite à pied. La fonctionnaire de police a été placée en garde à vue, puis mise en examen pour homicide volontaire et placée sous contrôle judiciaire.
Première « injustice » pour la famille de Sulivan, qui ne comprend pas pourquoi la policière n’est pas incarcérée. Leur avocat Yassine Bouzrou, spécialiste des violences policières, dénonce même à l’époque « un scandale judiciaire » : « 100 % des personnes qui viennent de commettre un crime vont en prison, au moins les premiers jours de l’enquête ».
Deux ans plus tard, nouveau coup pour la famille, qui apprend que le contrôle judiciaire concernant cette policière a été allégé… depuis juin 2025.
On ressent de la colère, de l’angoisse, de la tristesse. C’est comme si on tuait mon frère une deuxième fois.
Mehdi Sauvey
« J’ai été alerté par plusieurs témoins qui disaient avoir vu cette policière, en civil », raconte Mehdi Sauvey, qui vit en région parisienne. En cette fin avril, un coup de fil à son avocat confirme l’information : la fonctionnaire de police est depuis 10 mois de nouveau autorisée à venir à Cherbourg.
Contacté à ce sujet, le procureur de Coutances indique ne pas communiquer sur le sujet, précisant seulement que « l’instruction est toujours en cours. »
« On peut tomber sur elle à tout moment »
La maman de Sulivan vit et travaille pour la ville de Cherbourg. Mehdi Sauvey et deux de ses sœurs résident eux en région parisienne, mais viennent régulièrement dans la ville pour voir leur famille. Aujourd’hui âgé de 38 ans, le grand frère de Sulivan connaît le visage de la policière mise en examen, pour avoir eu affaire à elle lors de contrôles il y a quelques années.
On peut tomber sur elle à tout moment. On reste des êtres humains, on n’a pas peur d’elle, mais de notre réaction : va-t-on faire un malaise, ressentir de la haine…?
Mehdi Sauvey
Selon Mehdi Sauvey, la famille reste aujourd’hui « soudée », mais encore meurtrie et fragile psychologiquement. « On essaie de limiter les séquelles, on essaie de protéger nos enfants. Mais nous n’avons bénéficié d’aucun suivi, alors qu’il s’agit d’un homicide volontaire. »
Malgré cette nouvelle épreuve, le grand frère de Sulivan affirme que la ligne de conduite de la famille depuis le drame est « d’avoir confiance en la justice ».
La mère, le frère, les trois sœurs et tous les proches de Sulivan attendent désormais le procès de la policière « avec impatience, pour pouvoir enfin passer à autre chose. »

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30.04.2026

Les prisons françaises comptaient 88 145 détenus au 1er avril, un nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les chiffres officiels de la chancellerie publiés jeudi 30 avril. Cela représente sur un an une augmentation de plus de 5 000 détenus (+ 6,3 %) pour une augmentation de moins d’un millier du nombre de places disponibles dans les centres pénitentiaires français (+ 1,6 %).
Particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt, où sont détenues les personnes purgeant une courte peine ou les personnes en attente de jugement et donc présumées innocentes (171,1 %), le taux de suroccupation globale atteint 139,1 %.
La France figure parmi les très mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers bien inférieures. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement relevées.
Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de places dans les lits : il y en avait 7 540 au 1er avril, soit une hausse spectaculaire de près de 60 % en un an (4 752). Deux détenus sont incarcérés pour une seule place (taux égal ou excédant 200 %) dans 30 établissements sur les 190 que compte le territoire. Un chiffre là encore en augmentation.

(…)

La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisienne (+ 162,9 %) et toulousaine (+ 156,3 %), ainsi qu’en outre-mer (+ 148,1 %).

 

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29.04.2026

Entre les clients et la violence, son quotidien dans l’illégalité — le racolage étant puni par le Code pénal à l’article 225-10-1 — était aussi rythmé par les interventions des forces de l’ordre. « Ceux qui nous faisaient peur, c’était la police de nuit. Avant minuit, les policiers étaient adorables. Ils nous faisaient un contrôle d’identité et nous mettaient un PV pour racolage, ça passait… Après minuit, c’était autre chose: ils étaient méchants. L’un d’entre eux était surnommé ‘Hitler’. Une fois, j’ai couru, ils m’ont rattrapée et ce policier m’a donné un coup de pied dans le ‘panier à salade’. »
Outre les violences physiques, Stella Rocha dénonce également des violences sexuelles: « On est exposées à plein de choses… J’ai été violée par deux policiers. C’était très, très difficile. Normalement, ce sont eux qui doivent nous protéger, pas nous agresser », déplore-t-elle.

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29.04.2026

Le parquet de Perpignan a ouvert deux enquêtes après la mort dans la nuit de mardi à mercredi d’un sexagénaire armé, tué chez lui par un gendarme du GIGN après avoir refusé de se rendre aux forces de l’ordre, selon un communiqué du procureur.

 

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29.04.2026

Six anciennes bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance (ASE) du Morbihan étaient attendues devant le tribunal. Seules deux se sont finalement déplacées pour évoquer des faits commis entre 2014 et 2018 : deux agressions sexuelles dont une par personne abusant de l’autorité que lui conférait sa fonction et cinq faits de harcèlement sexuel.
Ces jeunes femmes ne se connaissaient pas entre elles mais, devant les enquêteurs puis le juge d’instruction, elles ont décrit les mêmes comportements du prévenu.
Que s’est-il passé ?
Il les accueillait seul dans son bureau, il pouvait faire des réflexions sur leur physique, leur tenue ou leur éventuel copain, leur proposer d’aller boire un verre, leur faire des cadeaux, leur rendre visite au matin à leur appartement ou encore leur promettre, dans le cadre de l’aide sociale, une aide pécuniaire ou l’affectation d’un logement.
Les déclarations de ces parties civiles – auxquelles se sont jointes deux éducatrices ainsi qu’une ex-compagne du prévenu, violée et violentée – sont demeurées constantes tout au long de la procédure comme durant le procès.
Seule l’une d’elles, la plus vulnérable, a fait état d’une dizaine de relations sexuelles non consenties, des viols donc.
Pas devant les Assises
Ces faits criminels ont été jugés par le tribunal judiciaire de Lorient et non devant une cour d’assises car ils ont été requalifiés en accord avec les parties civiles.
L’ancien inspecteur est, lui aussi, resté constant sur ses dénégations. « Je ne reconnais rien de ce qui peut m’être reproché », a-t-il déclaré à la barre.
Tout juste a-t-il regretté d’avoir créé « de l’anxiété et du mal-être » chez ces jeunes majeures auprès de qui il était, selon lui, « trop impliqué ».
Mais il affirme que, derrière cette « posture professionnelle pas adaptée », il n’y avait aucune « intention sexuelle ou de séduction ».
Autant dire « qu’il n’a pas avancé d’un centimètre », déplore Maître Nelly Magendie, avocate de la jeune femme vulnérable qui vit aujourd’hui « à la rue, à Toulouse ».

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29.04.2026

Lundi 27 avril, un CRS de la région Occitanie était jugé à Dax pour des violences commises lors de l’édition 2022 des Fêtes de Dax, sur un festayre qui urinait dans la rue. Il nie les faits. Le délibéré est attendu pour le 1er juin 2026
Samedi 13 août 2022, heure avancée de la nuit. Les fêtes de Dax battent leur plein, les festayres s’entassent dans la rue.

(…)

Un festayre accuse le CRS en question de violences suivies d’incapacité totale de travail de douze jours. Des blessures dont la victime, près de quatre ans plus tard, porte toujours des séquelles. Le policier, lui, nie les faits.

(…)

À la barre devant le tribunal de Dax, ce lundi 27 avril 2026, le jeune fêtard raconte son histoire. Alcoolisés comme le sont souvent les festayres, lui et ses deux compères décident d’uriner en pleine rue, contre un local poubelle, pas très loin du commissariat, sans apercevoir le camion de CRS situé non loin. C’est alors que le policier se serait approché des trois jeunes hommes, et aurait mis « une balayette par-derrière » dans les deux jambes de la victime. Ce dernier tombe au sol et se fracture l’épaule contre le trottoir. Il présente une blessure à l’arcade, et saigne abondamment au visage.

(…)

Pour autant, les témoignages concordants, la reconnaissance du visage du CRS par des témoins de la scène, le fait qu’il était seul au moment des faits et les conclusions de l’IGPN (1), validant l’accusation, sont autant d’éléments sur lesquels s’appuie le procureur pour demander une condamnation (mais ne réclamer que du sursis), considérant la réaction du CRS « fortement disproportionnée par rapport aux faits que l’on peut reprocher à la victime, à savoir d’uriner sur la voie publique ». Le délibéré est attendu pour le 1er juin 2026.

 

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29.04.2026

Loi sur la police municipale : l’État veut renforcer l’arsenal répressif contre les quartiers populaires

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Dans la nuit de mardi à mercredi, les députés ont approuvé en commission un projet de loi visant à élargir le champ de compétence et d’action des policiers municipaux. Un projet qui promet une intensification du harcèlement et de la répression qui ciblent les habitants des quartiers populaires.

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Dans la soirée du mardi 28 avril, les députés ont approuvé en commission le projet de loi « relatif à l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales ». Ce texte répressif a obtenu un large soutien, allant de la macronie à l’extrême droite.

(…)

Le projet s’appuie sur un rapport sénatorial paru en mai 2025 et écrit en « réponse » aux révoltes qui avaient suivi la mort de Nahel. Celui-ci préconisait notamment d’étendre le pouvoir de la police municipale en leur attribuant des prérogatives d’ordinaire réservées à la police nationale. L’objectif du texte approuvé ce mardi est donc clair : en mettant en place un dispositif de police municipale à « compétence judiciaire élargie », faire la guerre à la jeunesse des quartiers populaires, dont la mise en place est facultative et laissée à la discrétion des communes.
Ce dispositif, dont la mise en place reste à discrétion des communes, doterait les policiers municipaux de pouvoirs étendus, tout particulièrement la possibilité d’établir des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour 18 infractions : vente à la sauvette, tags, usage de stupéfiants, abandon de déchets, « occupation » de halls ou de toits d’immeuble, ou encore « installation en vue d’y établir une habitation ». L’élargissement du champ d’action de l’AFD a été maintes fois décrié par diverses associations, notamment comme « un mode de traitement de masse du contentieux pénal et permet de prononcer des peines de plus en plus lourdes sans passer devant un juge ». L’extension de cette procédure aux policiers municipaux constituerait alors un nouveau pas dans la généralisation de ces véritables peines sans procès, déjà largement utilisées pour réprimer les mouvements de lutte.
Le projet inclut également la possibilité de « procéder […] au contrôle de l’identité de toute personne » pour laquelle les policiers municipaux estimeraient qu’elle « a commis, tenté de commettre ou se prépare à commettre un crime ou un délit ». Une formulation floue qui ouvrirait indubitablement la voie à des contrôles arbitraires et réalisés au faciès, puisque fondés sur de simples soupçons. Cette nouvelle loi ne ferait donc que renforcer le harcèlement de certaines catégories de la population, subissant déjà le racisme structurel de la police nationale.
De plus, un rapport paru début avril, écrit par les sociologues Aline Daillère et Magda Boutros et intitulé « Amendes, évictions, contrôles : une étude sur la gestion des « indésirables » par la police » pointe du doigt les pratiques d’amendes et de contrôles abusifs déjà menées par la police nationale. Ces dernières sont symptomatiques de la volonté d’exclusion de l’espace public de certaines catégories de la population, et notamment les jeunes de quartiers populaires. En ce sens, plusieurs députés insoumis rapportaient ces dernières semaines les témoignages de jeunes ayant subi ces abus : « J’ai 19 ans et j’ai 9 000 euros de dettes. Ma vie est foutue ! ». La possibilité ouverte par le projet de loi d’autoriser les policiers municipaux à établir des AFD et de multiplier les contrôles d’identité viendraient indubitablement renforcer ces mécanismes déjà à l’œuvre.
En somme, le projet de loi ambitionne donc d’étendre les pouvoirs des agents de police municipale, en transférant partiellement des compétences auparavant réservées à la police nationale. En témoignent les déclarations de Laurent Nuñez, qui défendait lundi un texte qui fera de la police municipale « une force complémentaire d’appui aux forces de sécurité intérieure », afin que ces dernières puissent « se concentrer sur les missions régaliennes ».

(…)

Ce transfert a en réalité déjà lieu : la Cour des comptes notait déjà en 2020 que les polices municipales « sont de plus en plus nombreuses à intervenir activement dans la prévention et la lutte contre la délinquance, avec un équipement et des modalités parfois proches de celles de la police nationale ».
Mais ce débat occulte les véritables objectifs du projet de loi. La volonté première du gouvernement est de renforcer l’arsenal répressif des polices municipales, notamment par l’élargissement de leurs prérogatives, avec en toile de fond l’essor spectaculaire de leurs effectifs à travers le pays (+40% entre 2013 et 2023). Cela vient compléter d’autres tendances à l’œuvre, comme l’armement létal croissant des agents (62% en 2024 contre 39% dix ans plus tôt), une décision qui relève uniquement de l’autorité du maire. L’ensemble de ces mesures sert avant tout à doter les élus locaux d’un corps répressif au service de leurs politiques et de celles du gouvernement : répression de la contestation sociale, processus de gentrification et d’exclusion des classes populaires, harcèlement des sans-papiers…
Les exemples de l’action concrète des polices municipales ne manquent pas. Mathieu Hanotin, maire socialiste de Saint-Denis de 2020 à 2026, a fait de sa municipale le bras armé de sa politique de gentrification : armement, généralisation de la vidéosurveillance, arrêtés anti-chicha, harcèlement des vendeurs à la sauvette et de la jeunesse, le tout dans l’ambition de criminaliser et d’exclure les populations les plus exploitées et les plus opprimées du centre-ville. Pierre Hurmic, ancien maire EELV de Bordeaux, avait également armé sa police municipale et en avait fait la pointe avancée de sa politique de répression : expulsions de squats, démantèlements de campements de sans-abris, renforcement considérable de la présence policière… À Paris, Emmanuel Grégoire ambitionne de recruter 1000 policiers municipaux supplémentaires et de poursuivre les politiques sécuritaires d’Anne Hidalgo. À Marseille, la police municipale de son compère Benoît Payan mène déjà depuis des années une véritable offensive raciste et anti-pauvres ciblant particulièrement les sans-papiers.
Ce projet de loi promet donc de prolonger et d’accélérer ces tendances. Si le texte doit encore être adopté en séance publique à l’Assemblée nationale puis réécrit en commission mixte paritaire entre les deux chambres, il demeure symptomatique des visées autoritaires du gouvernement et de certains élus municipaux. Si ce renforcement des pouvoirs de la police municipale venait à être entériné, nul doute que les premières victimes seraient les habitants des quartiers populaires, les personnes opprimées et toutes celles et ceux qui luttent contre les politiques racistes, austéritaires ou anti-pauvres du gouvernement et de ses relais locaux.
Face à cette énième offensive autoritaire, il est essentiel non seulement de dénoncer fermement le consensus sécuritaire à l’œuvre, mais également d’exiger en premier lieu l’abandon de ce projet de loi, et plus largement le désarmement des policiers municipaux, la fin de la vidéosurveillance et, pour les habitants des quartiers populaires qui y sont confrontés, la dissolution des corps spéciaux qui les violentent et les harcèlent quotidiennement, tels que la CSI ou la BAC.

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28.04.2026

Elle a beau être neuve, elle n’échappe pas au phénomène de surpopulation carcérale qui touche toute la France. En ce mois d’avril 2026, la prison de Caen-Ifs est déjà saturée.
Le chiffre officiel en dit long sur les difficultés du ministère de la Justice en France, à accueillir dans ses prisons, les personnes condamnées par les tribunaux. 137,5 % ! Tel est le taux d’occupation des centres pénitentiaires français, traduisant une impressionnante surpopulation carcérale. Le centre pénitentiaire de Caen-Ifs, inauguré en octobre 2023, n’échappe pas à la tendance. Bien au contraire. La surpopulation y est encore plus conséquente, et pour plusieurs raisons.
150 % d’occupation ? Le ministère ne répond pas !

(…)

Selon les chiffres que la rédaction de Liberté Actu.fr a pu obtenir, en date du 27 avril 2026, la prison de Caen-Ifs dispose d’une capacité théorique de 551 places, à raison d’un prisonnier par cellule. Pas moins de 724 détenus s’y trouvent, soit un taux d’occupation de 131,4 %. De nombreux lits superposés y ont finalement été installés depuis l’inauguration du site.

(…)

Le désencombrement du grand Ouest
Qu’il soit de 150, 131,4 ou 122,29 %, le taux d’occupation indique une saturation des capacités d’accueil. Comment est-ce possible alors que l’établissement caennais est récent, et qu’il a doublé ses capacités d’accueil : 269 places autrefois, contre 551 désormais ? Selon l’APIJ, l’Agence publique pour l’immobilier de la justice, l’ancienne maison d’arrêt de Caen avait accueilli jusqu’à 480 détenus, faisant grimper le taux d’occupation à 178,4 % !
La réponse est simple. Selon plusieurs sources, la nouvelle prison de Caen-Ifs sert au « désencombrement » d’autres centres pénitentiaires dans le grand ouest. C’est le cas par exemple de détenus en provenance des sites de Vannes, Rennes ou de La Roche-sur-Yon, saturés également.
Aussi, des personnes condamnées dans l’Orne, qui étaient auparavant orientées vers Le Mans, atterrissent désormais à Caen.

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28.04.2026

La vidéo dure une trentaine de secondes. Elle montre une collision violente entre le Titan, une vedette d’interception rapide de la police aux frontières de Mayotte, et une embarcation transportant une vingtaine de migrants, dont sept femmes et trois enfants en bas âge.
Ce document, obtenu par Le Monde et ses partenaires (Lighthouse Reports, Der Spiegel, Komune), interroge la version de la police, qui a affirmé que les passeurs avaient « volontairement percuté » leur bateau.
Quelques jours après les faits, le 24 février, les deux pilotes de l’embarcation ont été condamnés à trois ans de prison ferme en comparution immédiate. Ils ont fait appel.

 

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28.04.2026

La famille a porté plainte avec constitution de partie civile et demande l’ouverture d’une information judiciaire. L’avocate de la famille de Mehdi, l’homme de 26 ans abattu par un policier municipal dans le 11e arrondissement de Marseille, a communiqué de nouvelles informations concernant les circonstances de la mort.
Ce mardi 28 avril, l’avocate de la famille de Mehdi, Maître Kedjar, a communiqué de nouvelles informations concernant les circonstances entourant la mort de l’homme de 26 ans abattu de trois balles, dans le 11e arrondissement de Marseille, jeudi 23 avril vers 17h45. « La famille de Mehdi exige qu’une information judiciaire soit ouverte et confiée à un magistrat réellement impartial, l’accès au rapport d’autopsie du défunt et l’exploitation des caméras municipales et caméras-piétons », écrivent Me Kayna Kadjar et Me Nicolas Chambardon.
En ce qui concerne les caméras piétons des policiers, « elles n’ont pas fonctionné », indique le parquet de Marseille à France 3 Paca ajoutant que celles présentes « aux abords de la déchetterie ne pointaient pas sur les lieux des faits ».
Des témoins auraient une autre version que celle donnée par les policiers
Quatre jours après la mort de Mehdi, la famille continue de se poser des questions. Après l’autopsie, qui devait être réalisée vendredi dernier, le corps leur a été rendu ce lundi. Selon elle, les impacts de balles montrent que Mehdi aurait été touché par un impact de balle dans le dos.

(…)

C’est pourquoi, elle réclame l’ouverture d' »une information judiciaire pour avoir accès au dossier d’instruction » en précisant « qu’un juge d’instruction » impartial soit « saisi ».
Selon le parquet,  » l’enquête de flagrance se poursuit », et confirme « la plainte déposée par la famille et la constitution de partie civile ».
Selon l’avocate : « des témoins qui n’ont pas été entendus par les enquêteurs ont donné une version qui diffère grandement de celle des tireurs. »
Ces témoins affirment que « Mehdi n’aurait pas été abattu à proximité de son véhicule », il « aurait été menotté et maintenu au sol alors qu’il était agonisant et se vidait de son sang ».
Toujours selon ces témoignages, « avant l’arrivée des secours, les policiers auraient déplacé leur voiture à plusieurs reprises, pour adopter finalement la position photographiée lors des premiers constats », reprend le communiqué de l’avocate de la famille.
« Toute information qui peut aider à la manifestation de la vérité est la bienvenue », souligne le parquet, invitant ces témoins à se présenter à la police pour apporter leurs témoignages.

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28.04.2026

Une action a été menée lundi matin par la police devant un établissement chartrain.
Des policiers étaient présents à l’entrée du collège Victor Hugo de Chartres lundi matin. Ils ont mené une nouvelle opération de contrôle et fouille des sacs de 300 élèves. Aucun objet dangereux ou illicite n’a été découvert par les policiers.
(…)

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28.04.2026

L’affaire provoque un malaise grandissant et une colère sourde dans les rangs des 1 400 policiers de La Réunion. Le directeur territorial adjoint de la police nationale (DTPN), un commissaire divisionnaire de 54 ans, est mis en cause par une attachée administrative, une cadre qui travaillait sous ses ordres, pour des faits présumés de harcèlement sexuel.

(…)

Les faits présumés remontent à la période entre juillet et septembre 2025.

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27.04.2026

Le père d’un enfant visé dimanche 19 avril par un retraité armé affirme que les injures racistes proférées par le tireur ont disparu de sa déposition et de celle de son fils. Le parquet dit « faire le point » avec le commissariat sur un éventuel refus de transcription et un dépôt de plainte entravé.

(…)

Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire).– Des policiers ont-ils tenté de passer sous silence le caractère raciste de l’agression dont ont été victimes des enfants du petit quartier populaire de l’Arbousset, à Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire), quand un retraité a fait feu dans leur direction ? Le père d’un enfant visé dénonce une retranscription incomplète de sa déposition et de celle de son fils au commissariat du Puy-en-Velay.

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27.04.2026

Le 22 avril dernier, à Niort (Deux-Sèvres), les élèves de l’école élémentaire Pasteur ont été fouillés par la police à l’entrée de leur établissement. Des délégués de parents d’élèves jugent la démarche violente et réclament des comptes.

(…)

Selon nos informations, un cutter a bien été découvert dans le sac d’un élève de l’école élémentaire Pasteur.

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25.04.2026

La tension est montée en ce samedi 25 avril 2026 à Ecquevilly (Yvelines), après une collision entre le conducteur d’un deux-roues et une patrouille de gendarmerie. Le jeune homme de 20 ans, très grièvement blessé, a été transporté dans un état critique vers un hôpital parisien.
Par le plus grand des hasards, vers 16 heures à hauteur de la salle le Ferry, un journaliste d’Actu.fr a assisté à ce qui semble être le début de la prise en chasse par une patrouille de gendarmerie d’un individu au guidon d’une motocross bruyante, qui roulait en direction de la rue de la République.
On ne sait pas si cet événement est lié au drame qui a suivi. Toutefois, quelques minutes plus tard, le conducteur d’une motocross est entré en collision avec une autre patrouille de gendarmerie à quelques centaines de mètres de là, à l’entrée du village.
Le pilote sortait du rond-point reliant la D113 et la D43 pour s’engager dans la rue du Grand Étang quand il se serait retrouvé nez à nez avec un véhicule sérigraphié qui remontait en direction de la départementale. Le jeune homme, non casqué selon les pompiers, a été projeté au sol.

(…)

Tensions entre des jeunes et les gendarmes
Rapidement après l’accident, des habitants du quartier, dont des amis de la victime, se sont massés sur les lieux. Des gendarmes ont été pris à partie physiquement et verbalement, pendant que les plus âgés tentaient de canaliser les plus jeunes.
Très vite, on pouvait compter près d’une vingtaine d’individus, certains très véhéments, que les militaires essayaient d’éloigner de la scène de l’accident. De nombreux renforts ont été dépêchés en provenance de différentes casernes du département.
Dans la confusion la plus totale, les secouristes s’affairaient à soigner le blessé, d’abord au sol, puis dans une ambulance, entre les cris, les invectives, les coups, les jets de projectiles et les nuages de lacrymogène.
Le jeune homme a été évacué à 16 h 40, mais le SMUR s’est stationné un petit moment à la sortie du village, avant d’être escorté par des motards de la gendarmerie jusqu’à l’hôpital.
Le village bouclé par les forces de l’ordre
Pendant ce temps, sur les lieux de l’accident, la tension ne redescendait pas. Ecquevilly a été complètement bouclé. On a pu voir des dizaines de véhicules sérigraphiés et plus d’une cinquantaine de gendarmes, dont certains habillés en tenue anti-émeute. Vers 18 heures encore, il était très difficile de circuler sur la départementale.
Les forces de l’ordre, par petits groupes, se sont déployées dans le village, pour parer à toute échauffourée. Alors qu’un jeune homme formait une barricade avec une poubelle, rue Jules-Ferry.
Une enquête est ouverte pour faire la lumière sur cette triste affaire.

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24.04.2026

Les trois agents impliqués ont été entendus plusieurs heures sous le régime de l’audition libre par la police vendredi matin.

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Jeudi, vers 17 h 30, trois agents de la police municipale de Marseille procédaient à un contrôle routier à l’est de la ville après avoir aperçu cet homme au volant de sa voiture avec son téléphone, selon une source proche du dossier.

(…)

Un des agents a tiré à trois reprises sur le conducteur, poursuit cette source.

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24.04.2026

Un octogénaire qui sortait d’une mosquée de Sartrouville, dans les Yvelines, a été fauché par la voiture d’une brigade anticriminalité (BAC) à hauteur d’un passage piéton dans la soirée de mercredi. Une enquête pour « homicide involontaire par conducteur d’un véhicule terrestre à moteur » a été confiée à l’IGPN. Le véhicule de police aurait été engagé dans une course-poursuite après un refus d’obtempérer au moment des faits.
Le drame s’est produit mercredi soir et la famille de la victime attend « de comprendre exactement ce qu’il s’est passé ». Un octogénaire qui sortait d’une mosquée de Sartrouville, dans les Yvelines, a été fauché par la voiture d’une brigade anticriminalité (BAC) à hauteur d’un passage piéton.
« J’ai découvert mon père qui était projeté à plusieurs mètres du passage piéton, nous ne comprenons pas…

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24.04.2026

Les équipes de la CGLPL dénoncent des pratiques attentatoires à la dignité au sein de l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris. Des conclusions déjà formulées à l’identique, il y a près de quinze ans.

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Des patients isolés systématiquement, parfois attachés au lit au moyen d’une chaîne. Telles sont les pratiques, qualifiées d’«indignes et illégales», constatées par une équipe de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, lors d’une visite, en mars, de l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, dite «I3P». Cette structure hybride, à la croisée du médical et du sécuritaire, reçoit au 3, rue Cabanis (XIVe arrondissement) des personnes en situation d’urgence psychiatrique emmenées par les services de police pour des soins sans consentement.

(…)

Dans ses recommandations rendues publiques ce vendredi 24 avril, la CGLPL dresse, au sujet de l’I3P, un tableau pour le moins préoccupant.

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24.04.2026

Le policier soupçonné d’avoir passé à tabac Angelina, alors âgée de 19 ans, en marge d’une manifestation, a été mis en examen pour violences aggravées. Alors que le parquet avait requis son placement en détention provisoire, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer sur la voie publique.

(…)

Depuis le début des investigations, près d’une quinzaine de fonctionnaires de police ont fait l’objet de poursuites dans l’agression d’Angelina, initialement connue sous le pseudonyme de « Maria », alors âgée de 19 ans, et de son ami, le 8 décembre 2018 dans le centre-ville de Marseille. Plus de sept ans après les faits, les enquêteurs estiment avoir identifié le principal suspect, selon une source proche du dossier.
Le principal mis en cause, affecté aujourd’hui aux renseignements territoriaux, a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi du chef de « violences ayant entraîné une ITT [incapacité totale de travail] supérieure à huit jours » avec trois circonstances aggravantes par une personne dépositaire de l’autorité publique, en réunion et avec arme, fait savoir le parquet de Marseille.

(…)

Ce dernier avait requis son placement en détention, mais le juge des libertés et de la détention a décidé de placer le fonctionnaire de police sous contrôle judiciaire avec une interdiction d’exercer une activité professionnelle de police sur la voie publique.
L’affaire avait fait grand bruit quand la victime avait porté plainte auprès de la police des polices, l’IGPN. Des photos d’elle à l’hôpital, le crâne rasé balafré de deux énormes cicatrices, avaient été diffusées dans la presse.

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24.04.2026

« C’est nous la police, fils de pute ! » Avec ses mots, c’est un déferlement de violences qui s’est abattu sur un homme au sol, samedi 18 avril, dans le quartier de l’Ariane à Nice. Une nouvelle fois, c’est une vidéo filmée par un voisin vers 5 heures du matin qui permet d’attester des coups et des insultes qui ont donné lieu à une plainte de la victime.
En conséquence, deux CRS en déplacement dans la ville des Alpes-Maritimes ont été placés en garde à vue pour « violences aggravées et vol aggravé », a annoncé, mercredi 22 avril, le procureur Damien Martinelli.

(…)

Le juge des libertés et de la détention s’est également saisi d’une demande de placement sous contrôle judiciaire des deux mis en cause jusqu’à l’audience. Ils ont désormais l’interdiction de détenir ou porter une arme et l’interdiction de paraître à Nice.
Un vol de 100 euros et de documents personnels dénoncé par la victime

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Dans sa plainte déposée samedi, l’homme agressé, né en 2003, indique « qu’une dispute a éclaté avec deux individus alcoolisés qui pensaient avoir été insultés par lui alors qu’il téléphonait dans sa voiture », a également indiqué le procureur de Nice dans un communiqué. La vidéo donne à voir le reste de la scène : le plaignant maintenu au sol, frappé à coups de poing au visage et dans le dos, traîné par les cheveux, et copieusement insulté.
De son côté, le plaignant décrit une scène dans laquelle il « recevait plusieurs coups au visage et était amené au sol. Il parvenait à se relever et à s’éloigner en traitant de ”lâches” les deux mis en cause » avant d’être « de nouveau frappé et amené au sol où il recevait des coups par les deux mêmes individus ».
Lorsqu’il a demandé à son voisin d’appeler la police, ses agresseurs ont indiqué que « c’était eux la police ». « C’est nous la police, fils de pute ! », entend-on en effet sur la vidéo. L’un des hommes lui a, en outre, dérobé « différents objets tombés dont une somme de 100 euros et son permis de conduire », précise le procureur.

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23.04.2026

Responsable d’une association de quartier, Sylvain Tessier a eu le tort d’alerter des policiers municipaux sur le déroulement désorganisé d’un chantier. Suite à une critique de la police, l’un des agents est allé l’extraire dans son domicile, l’a menotté et embarqué devant sa famille qui a filmé la scène. Visé par une plainte pour outrage et rébellion, le riverain pourrait attaquer pour usage disproportionné de la force et violation de domicile.

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« Police de merde »
Père de famille, chef de plusieurs entreprises (immobilier, escape games…), Sylvain Tessier décide donc de laisser ses pâtes pour toucher un mot aux trois agents municipaux dépêchés devant chez lui.

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23.04.2026

Les chiffres récents de la surpopulation carcérale restent très préoccupants : au 1er mars 2026, les prisons françaises comptaient 87 126 détenus, un record. Les établissements de Charente-Maritime ne font pas exception, notamment la maison d’arrêt de Saintes, que nous avons visité aux côtés du député Fabrice Barusseau.
Fleury-Mérogis, Les Baumettes ou encore Toulouse-Seysses, les plus grandes maisons d’arrêt de France sont surpeuplées. Celle de Saintes, en Charente-Maritime, ne déroge pas à cette règle, comme une grande majorité des établissements pénitentiaires de France. Construit au XIXe siècle, ce bâtiment, situé en plein centre-ville, devrait accueillir 81 détenus, mais la réalité est tout autre.
« 81 places pour 132 personnes détenues »

(…)

Dans cette cellule censée être pour deux, le nouveau venu est obligé de dormir sur un matelas, à même le sol. « Le soir, je dors par terre, il n’y a pas de place. La journée, je remets le matelas debout, au bout du lit », précise le condamné.
Des matelas au sol, y compris dans les cellules plus grandes.

(…)

« Cela fait un petit moment que je suis là, depuis 2024. Il y a des choses qui sont un peu bafouées, notamment sur nos droits. C’est le cas dans les cantines : en tant que musulmane, je n’ai pas forcément de denrées alimentaires halal, conforme à ma religion », souligne l’une d’entre elles.
Dix femmes sont détenues dans cette maison d’arrêt pour seulement cinq places. Elles peuvent sortir quelques heures chaque jour dans une petite cour. Mais le quotidien, c’est la cellule et la promiscuité. Une surpopulation qui renforce les effets de l’enfermement. Au sein de l’unité sanitaire de cette maison d’arrêt se trouvent deux médecins et trois infirmières, sursollicités. « En moyenne, un détenu voit un médecin généraliste 14 fois par an.

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22.04.2026

Un détenu de 25 ans a été retrouvé pendu mardi 21 avril au soir dans sa cellule à la maison d’arrêt de Besançon, a indiqué mercredi à l’AFP le procureur de la République de cette ville, confirmant une information du quotidien régional « L’Est Républicain ».

 

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22.04.2026

Scoops rémunérés•Un journaliste et un officier de la police judiciaire de Paris sont mis en examen, notamment pour corruption.
La course au scoop va les conduire devant la justice. Libération révèle ce mercredi la mise en examen du journaliste Stéphane Sellami, aujourd’hui à Paris Match, et d’un officier de la police judiciaire de Paris à la retraite. Les deux hommes sont poursuivis pour « corruption », « détournement de fichiers » et « violation du secret professionnel », comme le confirme l’AFP.
Le commandant divisionnaire de police aurait fourni des informations confidentielles au journaliste contre d’importantes sommes d’argent. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) s’est penchée sur ce dossier suite à la plainte, en novembre 2022, du célèbre chef pâtissier Yazid Ichemrahen.
Quatre plaintes déposées
A l’époque, Stéphane Sellami avait très rapidement publié un article dans le Journal du dimanche sur des soupçons de fraude à l’assurance visant le pâtissier. Le journaliste aurait tenté de convaincre Yazid Ichemrahen de retirer sa plainte en avril 2023. Alors que le pâtissier lui demandait comment il avait eu ces informations, Stéphane Sellami lui aurait répondu qu’ « avec le bon prix, on peut obtenir ce qu’on veut ».
Un autre article, sur une plainte pour viol, a mis la puce à l’oreille de la justice. La femme concernée fait partie des quatre personnes à avoir porté plainte contre le journaliste et le policier.
« Crédule et con »
L’IGPN a noté que 5.600 euros ont été déposés en espèces sur le compte bancaire du policier entre décembre 2022 et janvier 2024. Des retraits de plusieurs centaines d’euros ont dans le même temps été enregistrés sur le compte du journaliste.
Le policier assurait lors d’une audition en 2023 que Stéphane Sellami était un « copain », mais qu’il ne lui « communique jamais rien ». Il a finalement reconnu avoir transmis des informations, parce qu’il était « crédule et con », rapporte Libération.
En revanche, il nie avoir reçu « quelconque rémunération » ou « quelconque service en échange ». Stéphane Sellami a aussi assuré, en novembre 2025, qu’il n’avait jamais rétribué le commandant.

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21.04.2026

La police utilise illégalement une technologie permettant de scanner les visages de la population qu’elle contrôle et d’accéder à des informations hautement confidentielles les concernant. C’est ce que révèle la dernière enquête de Disclose. Cette pratique, totalement illégale, s’inscrit dans une dynamique de surveillance de plus en plus intrusive. Elle cible particulièrement les personnes racisées, faisant de l’intelligence artificielle le bras armé d’une police raciste. Dans ce Focus pour Blast, Ariane Lavrilleux, journaliste d’investigation pour Disclose, et Katia Roux, experte plaidoyer à Amnesty International France, reviennent sur cette enquête et ses implications.

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21.04.2026

Plus de 87 000 prisonniers ont été recensés en France le 1er mars dernier. Jamais ils n’ont été aussi nombreux, avec pour conséquence directe, une surpopulation carcérale. A la maison d’arrêt de Villepinte en Seine-Saint-Denis, 1200 détenus vivent dans des conditions déplorables.

(…)

Promiscuité et insalubrité, les images sont édifiantes.
Impossible de circuler dans cette cellule car comme dans presque toutes les autres de la maison d’arrêt de Villepinte, un matelas jonche le sol. Chaque cellule mesure 9 m² et devrait accueillir en temps normal deux détenus. Mais ils sont presque toujours trois.
Dans une cellule, un détenu dort par terre. Mais avant lui, un autre dormait déjà par terre.
Du linge pour colmater les trous
Les prisonniers en sont réduits à utiliser du linge pour colmater les trous et les fuites par lesquelles passent les rongeurs. Aucune intimité, une promiscuité étouffante, insalubrité des douches communes et des toilettes.

(…)

« Ils sont à trois dans un espace insalubre. Le plus choquant, ce sont les toilettes. Il y a quelques années que je n’étais pas venue et je suis choquée. Je vois l’état de détérioration et je n’avais pas le souvenir de voir des choses aussi terribles et les conditions d’inhumanité lesquelles sont enfermés les prisonniers ».
Deux fois trop de détenus
Sur le papier, la maison d’arrêt de Villepinte compte 589 places. Au final, ils sont plus de 1200 détenus. Des chiffres qui impactent toute l’organisation de la prison et parfois même, la répartition des prisonniers. Ce détenu, condamné pour meurtre, doit par exemple sa cellule avec ce qu’il appelle « un primaire, jamais il est allé en prison, son affaire est simple ».
La surpopulation alourdit également toutes les procédures et augmente tous les délais d’attente. Cette conjointe d’un détenu témoigne que pour la cantine, « il faut attendre beaucoup de temps avant de recevoir ses bons. Il y a régulièrement des bagarres lors de la promenade car elle n’est pas forcément surveillée. Pour le linge, il y a des horaires à respecter. L’attente pour aller au parloir est assez longue, » témoigne-t-elle.

(…)

L’exemple allemand
Il n’y a jamais eu autant de détenus en France. Et pourtant, d’après la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simmonot, le monde politique détourne les yeux alors que des solutions existent. « J’ai visité les prisons allemandes et la règle là-bas est un prisonnier par cellule. Et lorsque la prison arrive à un taux de remplissage de 90 %, vous allez voir la différence, elle se déclare ‘suroccupée’ et plus personne n’entre. Et ils ont des taux de récidive inférieurs de moitié. Pourquoi nous, on rate ça? »
Le cas de la maison d’arrêt de Villepinte n’est pas un cas isolé en Île-de-France. Des situations similaires ou encore plus graves ont été dénoncées à Fresnes, à Bois D’Arcy et à Nanterre.

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21.04.2026

 

 

 

 

Elu lepéniste de la 12e circonscription du Nord, Michaël Taverne est dans le viseur de la justice pour avoir perçu de façon frauduleuse durant deux ans son salaire de policier, en plus de ses indemnités de parlementaire. Un coup de matraque sur le Code électoral !
Pour gagner en respectabilité, Marine Le Pen avait ordonné à ses parlementaires de porter la cravate dans l’hémicycle, mais pas de s’en mettre plein les poches ! Le député Michaël Taverne, porte-voix des flics au Rassemblement national, a manifestement mal compris la consigne…
L’élu RN de la 12e circonscription du Nord est sous la menace d’un renvoi en correctionnelle par le Parquet national financier (PNF). Motif ? Depuis son entrée à l’Assemblée, en juin 2022, ce policier de métier a barboté 63 462 euros à son ancien employeur, le ministère de l’Intérieur. Un hold-up avec gyrophares !
L’affaire démarre le 4 juin 2025 quand la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) se fend d’un signalement à la justice. L’instance, chargée de contrôler la probité des parlementaires, vient de découvrir que le député Taverne continue de toucher son salaire de brigadier-chef comme si de rien n’était. Le Code électoral est pourtant clair : toute personne occupant un emploi public est tenue de se mettre en disponibilité le temps de son mandat. Autrement dit, Taverne aurait dû se contenter de sa seule rémunération de député, à savoir 5 953 euros net par mois.

 

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20.04.2026

Un gendarme tire sur un homme violent près de Toulouse : « Pourquoi sortir son arme ? Il y avait d’autres solutions », la famille de la victime livre sa version des faits
Deux jours après l’intervention des gendarmes à Escalquens, près de Toulouse, la famille du père de famille de 38 ans, hospitalisé au CHU Rangueil après avoir été touché par balle, livre sa version des faits. Les proches évoquent une dispute conjugale sans coups et dénoncent un recours disproportionné à l’arme à feu.
Pour la première fois depuis le drame, elle a pu entrer dans la chambre d’hôpital. Ce lundi, au CHU Rangueil, à Toulouse, les médecins ont expliqué à cette femme de 34 ans qu’ils faisaient « tout leur possible ». Son mari, artisan peintre de 38 ans, grièvement touché par balle lors d’une intervention des gendarmes samedi à Escalquens, reste dans un état critique. « Ils ne savent pas encore s’il va s’en sortir », confie L., la mère de la compagne.
Deux jours après les faits, la famille conteste la version d’un épisode de violences conjugales à l’origine de l’intervention des militaires. Selon L., 55 ans, l’altercation qui a précédé l’arrivée des gendarmes n’était qu’une dispute bruyante dans le couple. « Il avait bu des bières, oui. Mais il n’y a pas eu de coups. Chez les gens du voyage, ça peut crier fort. On s’emporte, mais ça ne veut pas dire qu’il y a de la violence. »
Dans cet appartement d’un petit immeuble d’Escalquens, le couple se dispute parfois, mais sans violences physiques, jure la famille. « Sa femme, c’est sa vie. Ils peuvent s’engueuler, mais ça ne va pas plus loin », insiste la belle-mère. Elle pense que ce sont des voisins qui ont alerté les forces de l’ordre après avoir entendu les cris.
Lorsque les gendarmes de la compagnie de Villefranche-de-Lauragais arrivent sur place, la situation se tend rapidement. Selon les proches, l’homme aurait alors voulu sortir pour se calmer. « Il leur a dit : ‘Poussez-vous, je m’en vais’. Les gendarmes lui ont demandé de reculer. »
La confrontation se déplace dans la cage d’escalier. Les militaires utilisent alors un pistolet à impulsion électrique. « Un taser ne fonctionne que si les deux fils touchent la peau. Il n’y en avait qu’un seul », croit savoir la belle-mère qui ajoute que « dans la bousculade, ils se sont retrouvés coincés dans le hall d’entrée. »
« Pourquoi sortir son arme »
Selon la famille, l’homme aurait porté des coups à un gendarme. Dans l’appartement se trouvaient également un adolescent de 15 ans et un jeune de 17 ans, membres de la famille. « Mon petit-fils a voulu défendre son père quand il l’a vu tomber au sol », affirme L.

(…)

Touché au ventre, il est pris en charge par le Smur 31 et transporté en urgence au service de déchocage du CHU Rangueil, où il est opéré dans la nuit. Sous le choc, la famille conteste la nécessité d’avoir fait usage d’une arme à feu. La compagne de la victime a pris un avocat et envisage de déposer plainte. « Pourquoi sortir son arme ? Il y avait d’autres solutions », estime la belle-mère.
Le parquet de Toulouse a ouvert trois enquêtes distinctes. La première porte sur l’usage de l’arme par la gendarme. Les investigations ont été confiées à la section de recherches de Toulouse, chargée de déterminer si le tir s’inscrit dans un cadre de légitime défense.

(…)

Les investigations devront désormais établir si l’usage de l’arme était justifié face à la violence de la situation, ou s’il s’agit d’un recours disproportionné à la force.

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20.04.2026

L’IGPN saisie•Un homme affirme avoir été « frappé alors qu’il se trouvait menotté à un banc » par des policiers de Sarcelles lors d’une garde à vue, et assure avoir été violé avec une matraque télescopique.
L’IGPN, la « police des polices », a été saisie d’une enquête visant trois policiers du commissariat de Sarcelles (Val-d’Oise). Cette saisie fait suite à la plainte d’un homme qui a dénoncé des violences et un viol pendant sa garde à vue. Les faits dénoncés auraient été commis vendredi dernier au cours de la garde à vue d’un homme arrêté pour détention de stupéfiants, précise le parquet de Pontoise.
Selon Le Parisien, cet homme, connu des services de police, affirme avoir été « frappé alors qu’il se trouvait menotté à un banc », avant d’être conduit dans les toilettes où, « à l’abri des caméras, les policiers lui auraient introduit une matraque télescopique dans l’anus ».
Le parquet de Pontoise indique qu’une enquête a été ouverte pour des faits de violences ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à huit jours, commis en réunion et par des personnes dépositaires de l’autorité publique. Ainsi que pour viol par personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions.

(…)

L’homme a été remis en liberté et les faits de détention de stupéfiants qui lui étaient reprochés ont fait l’objet d’un classement sans suite. De leur côté, les trois policiers concernés n’ont pas été placés en garde à vue et doivent être entendus mardi par l’IGPN, selon une source proche du dossier.

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20.04.2026

Le centre pénitentiaire de Sainte-Clotilde est confronté à une surpopulation importante, avec près du double de détenus par rapport à sa capacité. Une situation qui pèse sur les conditions de détention.

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Presque 1 000 détenus pour 576 places
Conçu pour accueillir 576 détenus, le centre pénitentiaire de Domenjod héberge aujourd’hui près de 990 prisonniers.

(…)

Jusqu’à 4 lits par cellule de 10m2
L’éloignement géographique de l’île limite en effet les transferts vers d’autres établissements.

(…)

Dans des cellules d’environ 10 m², jusqu’à quatre lits sont installés. Les cellules adaptées aux personnes à mobilité réduite, d’une surface de 15 m², peuvent accueillir jusqu’à sept détenus. À l’ouverture de l’établissement en 2008, chaque cellule ne comptait pourtant qu’un seul lit. Faute de place, 123 matelas ont été ajoutés au sol, dont 90 dans le quartier des hommes et 33 chez les femmes.

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Dans ce contexte, la surpopulation carcérale apparaît comme un facteur aggravant des difficultés en détention.

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18.04.2026

Un fonctionnaire de police aussi mis en examen
Selon la presse locale, certains électeurs avaient découvert en se rendant au bureau de vote qu’ils avaient déjà voté par procuration alors qu’ils démentaient avoir effectué cette démarche.
Le Républicain Lorrain rapporte qu’un fonctionnaire de police du commissariat de Val de Briey a par ailleurs été mis en examen pour complicité de fraude électorale.

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18.04.2026

Le Ministre de l’Intérieur a fait traquer l’eurodéputée Rima Hassan et a dissimulé des éléments cruciaux dans l’affaire Deranque : il doit tomber.
La police a pisté Rima Hassan pendant trois mois pour la faire tomber
Le 2 avril dernier, l’eurodéputée Rima Hassan subissait une garde à vue arbitraire pour un tweet. Mais le véritable but de cette arrestation était de la salir : pendant 24 heures, quasiment minute par minute, BFM, LCI, France Info et les autres ont commenté une prétendue consommation de 3MMC, une drogue de synthèse, par Rima Hassan. En quelques heures, la chaîne BFM a affiché pas moins de 12 bandeaux répétant que l’élue détenait de la «drogue dure», tout en invitant sur le plateau des élus d’extrême droite pour salir l’élue. Une semaine plus tard, la justice annonçait pudiquement que la procédure pour détention présumée de stupéfiants était «classée sans suite», car les fameuses analyses avaient conclu… qu’il n’y avait aucune drogue dans le sac de l’eurodéputée. Toute la campagne diffamatoire reposait sur des mensonges. Aucune excuse n’a été présentée par les médias, ni par un quelconque responsable policier.
On sait désormais que c’est le porte-parole du ministère de la Justice en personne, Sacha Straub Kahn, ancien communiquant de Nicolas Sarkozy, qui a organisé cette mise en scène, en «informant» des journalistes pendant la garde à vue.
C’est donc, déjà, une affaire d’État. Mais le 16 avril, Médiapart révèle qu’en plus, la police a pisté Rima Hassan jour et nuit pendant trois mois, sans aucune justification, avant sa garde à vue. Pour «définir son emploi du temps», une équipe d’enquêteurs a contacté Air France et la SNCF pour retracer tous ses déplacements, ils ont épluché ses publications en ligne, analysé ses vidéos «pour déterminer où elle se situe» et ont même travailler avec l’agence Europol, la police criminelle européenne ! Oui, pour un tweet.
Mais ce n’est pas tout, les policiers «ont effectué des recherches en passant par l’Agence nationale des données de voyage pour savoir où elle avait circulé par le passé», ils ont géolocalisé son téléphone en temps réel pendant des semaines, mais aussi sur les trois mois précédant sa convocation. Dans le dossier, ils font une liste détaillée de chaque trajet, en nommant des villes et des rues. Et tout cela sans qu’il n’y ait aucun lien avec la procédure visant son tweet.
Au moment où Rima Hassan se rend à sa convocation au commissariat, les policiers sont encore en train de la traquer, elle explique à Médiapart : «Lorsque mes affaires ont été inventoriées, un policier s’est étonné de constater que j’avais seulement un iPad, et pas mon téléphone. Il m’a indiqué savoir que je l’avais quelques minutes avant à gare du Nord. J’ai précisé l’avoir laissé à un collaborateur mais cette question m’a interpellée». Et si l’objectif réel de cette convocation n’était pas, surtout, de pouvoir saisir et fouiller de fond en comble le téléphone ? Et avant cela, de trouver des informations compromettantes ou personnelles sur l’élue, pour la faire chanter, la salir ?
Quoiqu’il en soit, cette affaire relève de la barbouzerie. L’État français a inventé une présence de drogue pour salir une députée de l’opposition, après avoir mis une équipe d’enquêteurs pour fouiller son intimité jusqu’aux moindres recoins. Ce sont des méthodes de dictature. Et si la police se permet cela avec une élue de premier rang, imaginez le niveau de surveillance et de perversité déployée contre de simples militant·es qui dérangent, par exemple sur les questions de répression, d’antiracisme ou d’anticolonialisme.
L’affaire Deranque, une autre barbouzerie
À la fin de mois de mars, on apprenait que les services de renseignement, sous l’ordre de Laurent Nunez, avaient assisté à toute la bagarre mortelle du 12 février à Lyon. Selon BFM, des policiers du renseignement se trouvaient «dans les rues aux alentours plus d’une heure avant le début» de la conférence de Rima Hassan. Ils ont donc tout vu : les provocations de Némésis, le groupe néo-nazi qui préparait le guet-apens, le groupe antifasciste, l’affrontement… Tout !
Plusieurs photos prises par la police montrent le groupe antifasciste, puis la bagarre, et enfin Quentin Deranque qui repart : «Grâce à sa tenue vestimentaire, il est formellement identifié, tentant de se relever», expliquait une source proche de l’enquête. Les policiers ont tout vu, tout photographié, et ont délibérément laissé la bagarre se produire, en connaissant parfaitement le risque. Ils étaient d’ailleurs sur les lieux précisément pour cela. Ils ne sont pas intervenus alors que le groupe néofasciste avait des armes et utilisait notamment un fumigène brûlant. Ils ont vu le néo-nazi se relever et repartir, et ne lui ont pas porté secours. Était-ce un choix pour incriminer le plus durement possible les antifascistes ?
Tout le monde, dans l’appareil policier, jusqu’au Ministre de l’Intérieur, connaissait le déroulé des faits et les protagonistes dès l’instant où il s’est produit. Pourtant les médias ont lancé une campagne sur un «lynchage» de «jeune catholique» inventé de toutes pièces, et ont relayé pendant des semaines la parole de l’extrême droite. À aucun moment Laurent Nunez et ses services, qui avaient tous les éléments, n’ont fait de démenti. Pire, le lendemain de la mort de Deranque, Nunez parlait lui aussi d’un «lynchage» et d’une «violence criminelle» alors que ses agents avaient toutes images. Et l’Assemblée Nationale a rendu hommage au néo-nazi, alors que le gouvernement n’ignorait rien.
L’affaire est tellement crapuleuse qu’on peut désormais se demander si les agents du renseignement n’ont pas demandé à leurs collègues policiers lyonnais de ne pas être présent dans le périmètre de la conférence, pour laisser l’extrême droite agir. Ces révélations auraient dû provoquer une déflagration, mais tout le monde fait comme s’il ne s’était rien passé. Alors qu’un mensonge d’État a été fabriqué pour criminaliser l’antifascisme et le premier parti de gauche.
Laurent Nunez à la manœuvre
Derrière ces deux opérations de déstabilisation politique, on trouve un même homme : Laurent Nunez, Ministre de l’Intérieur. Il n’est pas un simple politicien, c’est l’architecte de la répression en France depuis des années. Haut fonctionnaire, issu de l’ENA, il a été l’ancien patron de la DGSI, la police politique, celle qui élimine et surveille les opposant·es, et préfet. Il connaît par cœur les rouages de la répression et ses réseaux. Bien mieux que les hommes politiques.
Nunez était Préfet des Bouches-du-Rhône en 2016. Des militants CGT tentaient alors de bloquer une raffinerie à Fos-sur-Mer pour protester contre la loi Travail. Ils ont été chargés sans sommation par les CRS. À l’époque les syndicalistes choqués disent avoir assisté à des «scènes de guerre». «Ils ont gazé, on s’est fait tirer dessus au flash-ball et ils ont arrosé tout le monde au canon à eau» rapportait le secrétaire général de l’union départementale de la CGT, précisant qu’il y avait des blessés. Un an plus tôt, Laurent Nunez était impliqué dans ce qui sera le scandale des Uber files. En juin 2019, Nunez est interrogé par la chaîne LCI à propos des violences policières contre les Gilets Jaunes. Il répond : «Pas de regrets», «pas d’excuses». Il dira la même chose sur Sainte-Soline, et toutes les brutalités les plus accablantes de ces dernières années. En tant que préfet de Paris, il a organisé une répression implacable des mouvements sociaux et des révoltes dans les quartiers.
Mais sa fonction la plus importante est dans le renseignement. En juin 2017, Nunez est nommé Directeur Général à la Sécurité Intérieure, un poste clé disposant de tous les réseaux d’information et de surveillance, puis secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur. En 2020, il est coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. C’est cette fonction qui est centrale dans les affaires que nous évoquons : il sait tout, il est informé en temps réel, il est en lien avec les agents secrets et officines de surveillance. Il connaît la vie privée des puissants, des opposants, peut entrer dans l’intimité de n’importe quelle personne.
En deux mois, Nunez a donc organisé la traque d’une eurodéputée pro-palestinienne et dissimulé des informations centrales pour couvrir des néo-nazis dans une affaire aux conséquences politiques gigantesques. Il doit tomber.

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17.04.2026

Un détenu a été transféré contre son gré dans un centre pénitentiaire se trouvant à 522 km du domicile de sa femme et ses trois enfants en Eure-et-Loir, il fait appel à la justice.

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La cour administrative d’appel de Paris dans une décision venant d’être rendue publique, a désavoué le détenu transféré contre son gré du centre pénitentiaire d’Orléans-Saran (Loiret) à celui de Joux-la-Ville (Yonne). Un établissement qui se trouve à « 522 km » du domicile de sa femme et de ses trois enfants qui résident à Vernouillet (Eure-et-Loir), près de Dreux.

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Une décision qui « le prive définitivement de ses liens familiaux »
Il avait donc dans un premier temps formé un « recours gracieux » auprès du ministère de la Justice, en vain. Les services d’Eric Dupond-Moretti avaient rejeté sa demande le 30 janvier 2024. Le détenu avait donc porté l’affaire devant le tribunal administratif de Paris pour espérer rester à Orléans, mais il avait été désavoué le 8 juillet 2024.

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Désormais, le centre de détention de Joux-la-Ville se trouve à « 522 km », soit à « 5h32 » de route et avec un coût de trajet de « 76 € », calculait-il. Sa femme et ses trois enfants ne pourront donc plus « effectuer régulièrement » ces visites, expliquait-il au premier juge.
Son épouse reconnue travailleuse handicapée
Le détenu a donc porté l’affaire devant la cour administrative d’appel de Paris. Il persistait à soutenir que cette décision d’affectation portait « atteinte à son droit au maintien des liens familiaux », d’autant que sa femme est reconnue « travailleuse handicapée« .
Le motif de la prise en charge psychologique au centre de Joux-la-Ville ne pouvait plus être fondé. Un an après son transfert, il est toujours sur liste d’attente à la 131e place.

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17.04.2026

Avec un taux d’occupation de 209 %, la maison d’arrêt de Limoges fait face à une surpopulation record. Six détenus ont été transférés cette semaine, une vingtaine en quinze jours.

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Selon les chiffres de l’Observatoire international des prisons (OIP), le taux d’occupation atteignait 209 % en mars 2026 dans l’établissement limougeaud.

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Des chiffres confirmés par l’administration pénitentiaire de Nouvelle-Aquitaine. Contactée jeudi 16 avril, elle précise : « A ce jour, la maison d’arrêt de Limoges accueille 157 personnes détenues pour une capacité opérationnelle de 83 places, ce qui conduit à l’installation de 47 matelas au sol ».

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« Tout est impacté : les promenades, les douches, tout prend plus de temps. Le matin, on se retrouve avec trois détenus par cellule de 9 m², dont un qui dort au sol. Il y a des tensions, des sautes d’humeur. Maintenir une hygiène correcte devient compliqué. »

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Les fortes chaleurs printanières ont encore accentué les difficultés dans ces espaces exigus.

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Conditions de vie dégradées
Du côté des familles de détenus, les témoignages font état de conditions de vie dégradées. Plusieurs évoquent des proches contraints de dormir au sol, dans des cellules surchargées. Si l’accès aux parloirs reste globalement assuré, le quotidien est plus difficile : moins d’activités proposées, gestion du linge compliquée, promiscuité accrue.
Une situation qui pourrait rapidement se reproduire malgré les transferts en cours. Tous les acteurs s’accordent : sans solutions structurelles, la maison d’arrêt de Limoges risque de replonger dans les mêmes niveaux de surpopulation dans les mois à venir.
La direction régionale de l’administration pénitentiaire en a également conscience et tente de sensibiliser les magistrats des « cinq cours d’appel de Nouvelle-Aquitaine afin de les sensibiliser à l’évolution des taux d’occupation des établissements du ressort ».

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17.04.2026

Cyril Brunebarbe est désormais équipé d’un 9 mm pour assurer « la sécurité et le bien-être » de la population.
Les fonctions du « garde champêtre » d’antan ont bien changé.

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17.04.2026

Un gendarme en poste dans la Manche, des milliers d’images de mineurs retrouvées sur ses appareils, et à quelques mètres, sa compagne qui gardait des enfants en bas âge chez eux. L’affaire, révélée par la cellule investigation de Radio France, secoue le village de Saint-Vaast-la-Hougue et pose une question glaçante : pourquoi les familles n’ont-elles jamais été prévenues ?
Un signalement venu des cryptomonnaies
Tout commence loin des côtes normandes, dans les serveurs de Tracfin. Ce service de renseignement, spécialisé dans la traque des circuits financiers clandestins, repère des transactions suspectes en cryptomonnaies. Elles pointent vers un site pédocriminel. Et au bout du fil numérique : un gendarme de la brigade de Saint-Vaast-la-Hougue, petite commune du Cotentin d’à peine 2 000 habitants.
Le 10 décembre 2025, l’homme est placé en garde à vue à Caen. Selon les informations de Radio France, les enquêteurs fouillent ses appareils électroniques. Ce qu’ils y trouvent dépasse le simple soupçon : environ 6 500 images de mineurs à caractère pornographique. Le chiffre est vertigineux. Plus de six mille fichiers stockés par un homme dont le métier consiste précisément à protéger la population.
Le parquet de Caen a confirmé auprès du Parisien l’ouverture d’une enquête pour « consultation habituelle de service de communication en ligne mettant à disposition l’image ou la représentation pornographique de mineurs » et « détention d’images de mineurs à caractère pornographique ».

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« Ce qui nous met en colère, c’est qu’à aucun moment nous n’avons été alertés »
Car il y a un détail qui transforme cette affaire judiciaire en bombe à retardement locale. Le gendarme mis en cause vivait avec sa compagne, assistante maternelle, qui gardait à leur domicile des enfants en bas âge. Autrement dit : des tout-petits étaient confiés quotidiennement dans le foyer d’un homme soupçonné de consulter et stocker des milliers d’images pédopornographiques.
Le 6 janvier, le gendarme a été de nouveau entendu puis présenté au procureur de la République de Caen. Selon une source judiciaire citée par Radio France, il aurait reconnu « l’essentiel des faits ». Une audience est prévue le 4 juin prochain.
Juste après cette mise en cause, sa compagne a brutalement mis fin à l’ensemble de ses contrats de garde d’enfants. Sans préavis. Radio France rapporte qu’elle aurait évoqué auprès de certains parents un « burn-out professionnel » de son mari et son intention de quitter la gendarmerie. Des explications qui, à la lumière de l’enquête, prennent une toute autre résonance.
Les parents, eux, sont tombés des nues. Plusieurs d’entre eux ont tenté d’obtenir des réponses auprès des autorités. Sans succès immédiat. Pire : le commandant de la brigade locale aurait demandé à une mère de garder « un silence absolu », d’après les révélations de Radio France. Cette même mère a confié aux journalistes sa colère : « Ce qui nous met en colère, c’est le fait qu’à aucun moment nous n’avons été alertés. » Une phrase qui résume le sentiment d’un village entier.

(…)

Saint-Vaast-la-Hougue, c’est un port de pêche classé parmi les plus beaux villages de France. Tout le monde se connaît. Alors quand la rumeur d’une enquête visant le gendarme a commencé à circuler, les langues se sont déliées vite. Trop vite pour les autorités, pas assez vite pour les familles concernées.
Le décalage est saisissant. D’un côté, une hiérarchie militaire qui demande le silence. De l’autre, des parents qui découvrent par la bande que leurs enfants passaient leurs journées dans le domicile d’un homme soupçonné de pédocriminalité. Entre les deux, un procureur qui estime avoir agi conformément aux éléments du dossier.
L’affaire rappelle d’autres dossiers récents où la communication autour d’enquêtes sensibles impliquant des mineurs a fait débat. On pense notamment à ces accusations contre Cash Investigation d’avoir retenu des informations sur des violences faites à des enfants. Ou encore à cet animateur de maternelle à Toulouse écroué après les témoignages de jeunes enfants. À chaque fois, la même question revient : qui savait, et depuis quand ?
Un procès prévu en juin, des zones d’ombre persistantes

(…)

L’enquête devra aussi déterminer si le gendarme a eu un quelconque contact inapproprié avec des mineurs dans le cadre de ses fonctions ou de sa vie privée. Pour l’instant, rien ne l’indique dans les éléments rendus publics. Mais le simple fait qu’un représentant de l’ordre soit mis en cause dans ce type d’affaire fragilise la confiance que les citoyens placent dans leur gendarmerie locale.
La gendarmerie, institution militaire, communique traditionnellement peu sur les affaires internes.

 

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16.04.2026

Le lundi 20 avril à 14h, une audience devant le juge des référés du tribunal administratif de Lille sera consacrée à l’examen des conditions de détention dégradantes de la maison d’arrêt de Béthune. Saisi par l’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF), avec le soutien de l’Association des avocats pour la défense des droits des détenus (A3D), du syndicat des avocat•es de France (SAF), du Conseil national des barreaux (CNB) et de l’ordre des avocats au barreau de Béthune, ce dernier est appelé à prononcer des mesures d’urgence pour protéger les droits fondamentaux des personnes incarcérées dans cet établissement.
Ouverte à la fin du 19e siècle, la maison d’arrêt de Béthune est conçue pour accueillir 180 personnes. Elle en accueille aujourd’hui plus du double avec un taux d’occupation qui dépasse 200 %. La surpopulation est massive, chronique, et ses conséquences se font sentir à tous les niveaux : conditions matérielles, accès aux soins, sécurité, relations humaines.
Sur place, les constats sont sans ambiguïté.
Dans des cellules prévues pour une ou deux personnes, trois détenus cohabitent souvent dans un espace réduit à quelques mètres carrés par personne. L’intimité y est inexistante. Les sanitaires, séparés par un simple muret, restent exposés au reste de la cellule, si bien que les gestes les plus élémentaires du quotidien se font sous le regard des autres.
Dans ce contexte déjà intenable, les conditions matérielles aggravent encore la situation. Les bâtiments sont vétustes, dégradés, marqués par l’humidité, les moisissures, les pannes et les infiltrations. L’absence d’eau chaude en cellule, pourtant signalée depuis des années, perdure. Les nuisibles — punaises de lit, rongeurs — s’ajoutent à un environnement devenu insalubre.
Les espaces collectifs ne constituent pas une alternative. Ils prolongent la même indignité. Les douches sont vétustes, sans cloisonnement, parfois sans eau chaude suffisante. Les personnes détenues s’y lavent sans intimité, dans des conditions qui peuvent porter atteinte à leur santé. Les parloirs se déroulent dans des conditions de promiscuité qui rendent toute confidentialité illusoire. Les salles d’attente, exigües et dépourvues d’équipement, imposent des temps d’attente dans des conditions indignes pour les proches des personnes détenues.
Ces constats ne sont ni isolés ni nouveaux et ont été récemment confirmés, notamment, par les observations du député Ugo Bernalicis qui s’est rendu sur place ainsi que par une visite du bâtonnier de Béthune, sur lesquelles l’OIP-SF s’appuie pour fonder son recours. Dès 2018, en effet, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté décrivait déjà une surpopulation « endémique » et des conditions matérielles dégradées. Six ans plus tard, la situation n’a donc pas changé et s’est même aggravée.
Face à cette situation, l’OIP-SF et ses partenaires demandent au juge des référés d’intervenir sans délai pour protéger les droits fondamentaux des personnes détenues dans ces conditions indignes.

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16.04.2026

L’altercation entre le jeune et un policier s’est déroulée au petit dépôt du tribunal, sous les yeux d’une avocate et d’une éducatrice, alors que le mineur était déféré pour un vol de portable. Le fonctionnaire a été condamné ce mercredi mais la défense dénonce un jugement trop clément.
Me Jacques Bourdais ne décolère pas. Ce mercredi 15 avril 2026, un policier comparaissait dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) au tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes (Essonne).
Le fonctionnaire, qui travaille au petit dépôt du tribunal, était accusé d’avoir exercé des violences sur un mineur de 15 ans ayant provoqué cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT). Le prévenu a été condamné à 500 euros d’amende, plus 600 euros au titre de la réparation du préjudice moral et 700 euros de remboursement des frais d’avocat de la victime. Le fonctionnaire a par ailleurs bénéficié d’une non-inscription de cette condamnation à son casier.
Un jugement qui révolteMe Bourdais, l’avocat de la partie civile : « Il n’a jamais reconnu les faits ! Il a nié pendant toute la procédure. Il a seulement concédé un geste disproportionné. Il ne s’est même pas excusé et a conservé son poste au petit dépôt. Ce jugement est une honte, c’est une perversion de la CRPC. Quelle image renvoie-t-on de la justice ? C’est ce qu’on nous prépare en criminel avec le plaider-coupable. »
Des violences commises devant une avocate et une éducatrice
Les faits remontent au 16 septembre dernier. Me Diana Chicheportiche, en tant qu’avocate de permanence, se trouvait au petit dépôt du .

(…)

Alors qu’elle était présente, ainsi qu’une éducatrice, elle accuse un policier de s’en être pris violemment à l’adolescent.
« Le jeune avait un entretien avec son éducatrice, rembobine l’avocate. Puis, il a demandé un verre d’eau au policier. Ce dernier lui a répondu non et qu’il boirait après son entretien avec moi. Là, le jeune a tchipé (le tchip est un son de mépris d’origine africaine couramment utilisé par les jeunes). Ça a rendu fou le policier. Il lui a mis son front contre le sien en criant : Qu’est-ce qu’il y a ? Il l’a attrapé par le col, le jeune l’a injurié. Le policier l’a alors plaqué contre un mur, la main autour du cou. On lui a dit d’arrêter mais il nous a répondu qu’il n’avait pas à l’insulter. Il a fini par le lâcher. »

(…)

L’avocate et l’éducatrice signalent alors au fonctionnaire qu’elles vont faire remonter ce qu’il vient de se passer. Durant toute la scène, deux autres policiers étaient présents.
« Il était choqué, en pleurs »
« Ils n’ont pas bougé regrette l’avocate. Ils ont même dit qu’ils témoigneraient en faveur de leur collègue. Le jeune n’était pas agressif. Il est connu pour des petits vols, pas pour des violences. Il était choqué, en pleurs. On sait que des policiers peuvent se montrer violents, mais devant nous ? C’est assez choquant. Surtout que là, on n’a pas affaire à un policier qui travaille sur Grigny dans des conditions difficiles et qui peut être excédé. Là, on est au tribunal. »
Une agression qui aurait laissé des traces physiques et psychologiques, selon l’adolescent : « J’avais des marques dans le cou, sur les coudes, dans le dos, le torse, plein de marques, c’était violent. Les premières semaines, je n’arrivais pas à dormir, j’étais traumatisé. »
« Cette violence, il n’avait jamais eu ça, souffle sa maman, ça m’a choquée. Il a un torticolis, il a raté deux semaines d’école, il fait des cauchemars. » La mère de l’adolescent avait déposé plainte à la gendarmerie le soir même des faits.

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16.04.2026

La tasse approche de ses lèvres quand il entend frapper à la porte. Il se lève, attrape ses clés, tente d’ouvrir. Une fois, deux fois, trois fois : la serrure résiste. « Quelqu’un la retenait de l’autre côté », raconte ce père de famille. À la quatrième tentative, elle cède. Sur le seuil, son fils, Zakariyya, est plaqué au sol, le corps coincé entre les jambes d’un policier en civil :
« À côté, un deuxième agent échangeait avec mon beau-fils, un troisième était au téléphone. Ils étaient dans la cour de mon ex-femme ! »
En survêtement noir et gris, Zakariyya, 23 ans, est allongé sur le seuil de la maison, inconscient, d’après une vidéo consultée par StreetPress. « Un des policiers a étranglé mon fils. Son visage était tout bleu. Son corps se tordait de douleur et on voyait ses yeux rouler », décrit Djellali. En chaussons et jogging, le quinquagénaire tente de « plonger » vers son fils mais en est empêché par un second fonctionnaire. Au même moment, son ex-femme hurle pour que l’agent desserre son étreinte. Djellali se souvient, agacé :
« Un policier la regardait comme s’il était satisfait. »
Sur les images récupérées par StreetPress, le fonctionnaire tente de réanimer le vingtenaire et prend son pouls. De la mousse et du sang sortent de sa bouche.

(…)

Une fois réveillé, le garçon est placé en position latérale de sécurité. Selon des vidéos consultées, il laisse échapper des râles, comme s’il tentait de reprendre son souffle. Lui ne se souvient de quasi rien :
« J’avais l’impression qu’on me guillotinait. Quand je revois les vidéos, je suis choqué. »

(…)

D’après son récit, il est alors directement projeté au sol par les forces de l’ordre, à l’entrée du domicile familial. Le portail, lui, a été brisé. Zakariyya ajoute d’une voix triste :
« Je n’ai même pas résisté. Vous avez vu mon gabarit comparé à celui du policier ? »

(…)

Sur le terrain, la situation, elle, s’est rapidement emballée. Au total, le calvaire dure plus de deux heures, selon la famille. Les Seddaoui ne comprennent pas ce qui leur arrive : le village de 4.500 habitants aurait été bouclé vers 11h15 par une cinquantaine de policiers appelés en renfort. « On aurait cru qu’ils avaient arrêté un grand criminel alors que mon fils voulait juste être avec sa mère », s’indigne Djellali, ex-médiateur aujourd’hui au chômage. Encore sous le choc, il fulmine lorsqu’il aperçoit dans son jardin des hommes en uniforme procédant à un contrôle d’identité de son beau-fils et de son petit-fils de quatre ans : « Je leur ai demandé de sortir de chez moi. »

(…)

En détresse respiratoire, il est transporté aux urgences de Lens (62) où les infirmiers s’agitent devant lui. « On m’a fait deux prises de sang, on m’a pris dix tubes au total. Tout est un peu flou », admet-il. Quand la soirée tombe, il n’a pas le temps de comprendre qu’il est déjà transféré au commissariat de Lens.

(…)

Impossible de vérifier précisément l’heure, aucun document de sortie, pourtant unique preuve d’une durée de détention, ne lui a été remis. « Ce n’est pas obligatoire », pose maître Brunisso. « En revanche, l’officier de police judiciaire nous avait indiqué qu’une convocation en vue d’une audience devait lui être remise dans les jours à venir. Il semblerait que le parquet de Bethune ait changé sa décision. De notre côté, on pense que c’est une manière d’entraver l’avancement des investigations et d’éviter qu’on puisse avoir accès à la procédure. C’est un processus fréquent lorsque des violences policières sont commises. »

(…)

« Il était éreinté et a vomi à plusieurs reprises. Je lui ai donné un Efferalgan et, avec sa mère, on est restés à son chevet toute la nuit. »
Sur les photos que StreetPress a pu consulter, le jeune homme présente des bleus au cou et sur les bras. Mais les séquelles les plus lourdes restent invisibles. Depuis les faits, Zakariyya ne dort plus correctement : « Je suis traumatisé. J’ai senti qu’ils voulaient me tuer parce que j’étais d’origine arabe. » Ses nuits sont hachées, marquées par des cauchemars et des réveils en sursaut. Lui qui était plutôt actif ne sort presque plus depuis deux semaines. Il voit peu ses amis, ne va plus manger dehors et limite ses déplacements à quelques courses. Le reste du temps, il se fait livrer via Uber Eats. Suivi par un psychiatre, le jeune homme déplore :
« Je sors juste pour acheter des cigarettes ou du pain. Je n’ai plus envie de rien faire, j’ai peur et j’ai du mal à me remettre de ce traumatisme. Je n’ai même pas le courage de chercher du travail. »
Une plainte mal engagée
Ce jeudi 16 avril, les Seddaoui ont déposé plainte contre X pour violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique. Mais pour l’heure, l’affaire semble mal engagée. « J’ai écrit au procureur de la République, qui nous a répondu en demandant des précisions sur Zakariyya, puis en indiquant qu’après consultation de la procédure, il refusait de saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Cela entrave grandement les investigations. On doit pouvoir déposer plainte dans un service spécialisé », explique maître Pierre Brunisso.

(…)

« J’ai peur qu’on n’obtienne pas gain de cause alors qu’on a des preuves que j’ai été laissé pour mort. »
Autour d’eux, la mobilisation s’organise : Latifa Rondo, militante antiraciste et amie de la famille, crée, dès le dimanche 5 avril, le « Comité vérité et justice pour Zakariyya ». Alors qu’une mobilisation devrait s’organiser dans les prochains jours, une pétition tourne sur les réseaux sociaux. Une cagnotte a également été ouverte pour les aider à payer les frais d’avocat. « Ils sont complètement détruits. On a un État qui tend vers la fascisation. Ce qui leur est arrivé aurait pu arriver à tout le monde »

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16.04.2026

Mardi 14 avril, le tribunal correctionnel de Nîmes (Gard) a jugé l’ancien chef de la police municipale de Villeneuve-lès-Avignon. Il est suspecté de harcèlement sexuel sur deux anciennes subordonnées, qui ont dénoncé un comportement malsain et des gestes déplacés. Ce que le sexagénaire, depuis radié, conteste fermement.

(…)

Il évoque des « jalousies »
L’avocat d’une des deux femmes a expliqué qu’elle n’avait « pas osé dire quoi que ce soit » car « elle était tétanisée ». Elle a fini par porter plainte après un ultime geste déplacé, indiquent nos confrères. Une autre plaignante a, elle aussi, dénoncé un comportement malsain.

(…)

De son côté, il nie l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Il a simplement reconnu des propos « gras », avant d’évoquer des « jalousies à cause d’un changement de planning ». Le procureur a requis un an de prison, qui pourrait être assorti d’un sursis probatoire, note le quotidien régional. Le jugement, mis en délibéré, est attendu le 12 mai 2026.
Pour en savoir plus : lire l’article de Midi Libre .

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16.04.2026

Ce mardi 14 avril, la présidence de l’Université du Mirail a appelé la police et fait appel à une entreprise de sécurité privée pour réprimer violemment un rassemblement contre l’austérité. Des étudiant.es ont été frappé·es et ont subi de violentes intimidations de la part de la brigade spécialisée de terrain (BST), une équipe de priximité de la police nationale. Cette répression est inacceptable et marque un saut dans le mode de gouvernance autoritaire au sein des universités.
Alors que les étudiant·es sont mobilisé·es depuis plusieurs semaines, aux côtés des personnels, contre les coupes budgétaires, la présidence fait la sourde oreille. Depuis le début de la mobilisation, elle a refusé de répondre aux étudiant·es mobilisé·es. La mobilisation a mis en lumière une situation catastrophique à l’université où l’austérité fait rage. La bibliothèque universitaire ne va quasiment plus pouvoir commander de livres (hors concours) pour les deux prochaines années, et les départements subissent des coupes budgétaires drastiques (43 % en anthropologie, 50 % en philosophie, 60 % en sociologie).
Ces coupes budgétaires vont renforcer les mécanismes de sélection et la précarité des étudiant·es, mais également du personnel, car elles attaquent une université où la précarité règne déjà à tous les étages. Mais comme l’ont rappelé les étudiant·es mobilisé·es : l’austérité n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques de la part du gouvernement, qui sous-investit les services publics au profit de la militarisation. Une austérité renforcée par l’accaparement des moyens par le pôle gouvernance-pilotage. Face à cette mobilisation nécessaire, la seule réponse de la présidence est la répression.
Nous, enseignant·es, chercheur·es, de cette université, dénonçons cette répression inacceptable. Nous adressons notre solidarité aux étudiant·es réprimé·es. En même temps que la police empêchait les étudiant·es de se réunir à l’université du Mirail, de violentes interventions policières ont également réprimé des mobilisations à la Sorbonne et à Sciences Po Paris. Nous dénonçons cette généralisation des interventions policières dans les universités qui nie le principe, très ancien, des franchises universitaires.
Nous défendons le droit de se réunir, de manifester et de s’exprimer dans nos universités. La police n’a rien à y faire !

 

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15.04.2026

Tribunal de Bobigny (93), 2 avril 2026 — Trois policiers jaillissent de la porte du fond, escortent un jeune homme menotté qui salue d’un mouvement de tête ses proches, son avocat, avant de s’asseoir sur le banc des parties civiles. Les policiers lui défont ses menottes et se positionnent, debout, à deux mètres de lui. Côté prévenu, un homme libre prend place : Mohamed M., 45 ans, chef de la brigade anti-criminalité (Bac) de Pantin (93).

(…)

Pour ces violences, le policier a été condamné ce 17 avril 2026 à dix mois de prison avec sursis et dix mois d’interdiction d’exercice, avec exécution provisoire.
Le 19 mai 2024, à 17h30, Rachid et un ami se font interpeller avec quelques grammes de shit dans leurs poches. Embarqués au commissariat de Pantin, qu’ils connaissent bien, ils se voient signifier leur placement en garde à vue. Le motif ? Vente ou cession de produits stupéfiants. Le mineur de 17 ans explose : ces quelques grammes étaient destinés à sa consommation, c’est l’évidence même. Ils n’étaient même pas postés à un point de deal et Mohamed le sait bien. Il connaît le garçon depuis ses 11 ans. En 21 ans de Bac à Pantin, Mohamed connaît tout le monde.

(…)

Il était menotté à un banc, assis, et certes il insultait tout le monde dont Mohamed, c’est exact, et surtout la mère de Mohamed. Ce dernier, à bout de nerfs, aurait répliqué : « Tu sais où elle est, ma mère », puis lui aurait asséné « quatre, cinq bonnes baffes ». L’ami de Rachid confirme. Les collègues du policier n’ont rien vu. L’une d’entre elles a rapporté en audition avoir entendu le son d’une claque, ce qui colle avec la version du mis en cause.
Une protection sur l’oreille deux ans plus tard
Deux jours après les faits, un médecin constate une ecchymose, un acouphène et prescrit un traitement antibiotique de sept jours. Un médecin ORL constate une perforation du tympan gauche. Près de deux ans plus tard, Rachid continue de se doucher avec une protection sur l’oreille. Il ne peut pas mettre la tête sous l’eau, et souffre encore.

(…)

« – Il a 17 ans. Il est mineur. Est-ce que c’est normal qu’un jeune de 17 ans entre dans un commissariat et en ressorte avec un tympan perforé ?
– J’ai jamais eu de problème en 24 ans de carrière. Je suis chef de la Bac de Pantin.
– Je ne pense pas que ce soit ma question. Quel danger il représente à partir du moment où il est menotté ? »

(…)

« – C’est un gamin qui réagit à des coups qu’il a reçus. Il est très virulent, mais il réagit, il vous interpelle.

(…)

Une audition du policier qui choque le juge
Ces violences interviennent dans un contexte. Rachid dit : « Il vient dans ma cité et contrôle les gens, tout le temps. Les policiers m’appellent “tête à claque”. Depuis les faits, il dit à tout le monde que “Rachid va sauter”. Il se fait passer pour un gentil, mais il en a frappé, des gens. » Le président le met en garde :
« – C’est important votre parole aujourd’hui, c’est important de dire la vérité.
– Monsieur, je me suis fait frapper par plein de policiers, mais lui, ce qu’il m’a fait… »

(…)

Cinq gifles, comme le prétend le plaignant, ou une seule, comme l’affirme le prévenu ? La procureure n’a pas besoin de trancher : un seul coup suffit à perforer un tympan.

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15.04.2026

Un homme de 37 ans a été interpellé par le RAID après avoir voulu «tester la fiabilité et la surveillance de l’IA»
L’affaire est cocasse. Sans doute préoccupé par le recul des libertés publiques, un strasbourgeois a décidé de se saisir lui-même des inquiétudes qui devraient toutes et tous nous mobiliser en matière de surveillance numérique. Pour ce faire, rien de plus évident. Sur Chat GPT, l’homme de 37 ans a simplement évoqué son intention d’acheter une arme pour s’en prendre à «un agent du renseignement de la CIA, du Mossad ou de la DGSI» en vue de «tester la fiabilité et la surveillance de l’IA».
Une vaste chaîne répressive se met alors en branle. De l’autre côte de l’Atlantique, les échanges en question sont transmis par OpenAI à des agents du FBI, qui décident à leur tour d’alerter les autorités françaises à travers la plateforme de délation en ligne PHAROS, réputée pour son inefficacité. Mais cette fois, cette étrange coopération internationale conduit au déploiement du RAID, une unité d’élite de la police nationale dédiée à l’antiterrorisme, pour procéder à l’interpellation du malheureux.
Immédiatement placé en garde vue, sa détention a finalement été levée dès le lendemain et l’affaire a été classée sans suite, des échanges numériques n’étant pas suffisamment caractéristiques d’un projet d’attentat. Il a cependant été hospitalisé d’office à l’issue de sa garde à vue en raison d’antécédents psychiatriques. S’il a effectivement obtenu la réponse à son interrogation initiale – oui, l’IA nous espionne – cette affaire soulève des préoccupations quant au monde numérique de demain.
Cette réaction en chaîne – OpenAI, FBI, PHAROS, Raid – illustre un basculement concret dans l’usage des intelligences artificielles conversationnelles. Ce qui nous est vendu comme un espace privé de dialogue fonctionne en réalité comme un environnement surveillé, capable de déclencher une cascade d’interventions d’ampleur mondiale en quelques heures. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt : une part grandissante de la population confie sa vie aux data center. Bilan médical, fiches de paie, conseils psychologiques : en invitant l’IA dans notre intimité, nous donnons souvent sans le savoir des mines d’informations extrêmement précieuse à des entreprises privées. Le vieil adage «quand c’est gratuit, c’est que c’est toi le produit» n’a jamais semblé aussi vrai.
Chaque jour, des millions de personnes copient collent leurs résultats sanguins, leurs IRM, leurs diagnostics de cancer, leurs ordonnances ou encore leurs situations financières dans des applications comme ChatGPT pour les analyser ou demander conseil. Et de fait, ces données finissent stockées sur des serveurs californiens quasiment libre d’accès. Si non seulement les entreprises comme OpenAI se réservent le droit d’utiliser ces conversations pour entraîner leurs modèles, elles sont donc également rendues accessibles aux autorités. Autrement dit, un moteur d’IA en sait probablement plus sur vous que votre propre famille proche ou même que votre médecin !
Alors que l’IA conversationnelle est aujourd’hui massivement utilisée à l’échelle de la planète, la concentration de données sensibles dans de telles proportions fait peser un risque immense sur la protection de la vie privée. Des entreprises tentaculaires réalisent donc un tour de passe passe vertigineux ; la dépossession massive et volontaire de toute forme de souveraineté informationnelle pour des millions d’êtres humains, le tout à des échelles qui font rêver les gouvernements les plus répressifs.
N’importe quelle police n’aura bientôt plus qu’à demander à OpenAI pour connaitre les préférences culinaires, maladies, situation amoureuse ou financière d’une personne qu’elle veut surveiller.

 

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15.04.2026

Autre exemple de cette guerre contre la jeunesse ces derniers jours : des descentes de police dans des chambres d’adolescents. Un compte de la Police Nationale publiait le 10 avril des photos d’opérations de contrôle dans des dortoirs d’internats à Gap, revendiquant «150 chambres contrôlées». On y voit des agents en civil et en uniforme fouiller les affaires personnelles des élèves. La presse explique que tout ce cirque a lieu «à la demande des chefs d’établissement et sur réquisition du parquet». Il y a donc, en France, des magistrats, du personnel éducatif et des forces de l’ordre qui n’ont rien de mieux à faire que de harceler des jeunes dans leurs espaces d’intimité.
Et pour quel résultat ? Attraper quelques cigarettes électroniques. «Un mineur sur cinq» en possédait selon la police. Quel gros coup de filet ! Au moins aussi grave que le CBD de Rima Hassan… Les policiers disent aussi avoir saisi du tabac, de l’alcool et des recharges de cigarettes électroniques qui ont été «confisquées». La belle affaire.
Pour quiconque né avant 2000, il était courant de fumer des cigarettes dans la cours de son lycée, de sortir boire des cafés ou même quelques verres après les cours. Les vieux cons qui répètent que «c’était mieux avant» n’ont aucune mémoire : «avant», il n’y avait pas des réacs qui fliquaient les faits et gestes des jeunes. Ni de médias complaisants pour les applaudir. Les enfants ont TOUJOURS crié dans les cantines. Le bruit des cours de récré était une musique normale dans les villes et villages, un signe de vitalité. Quant aux adolescents, ils ont toujours fumé, bu, fait le mur pour aller s’amuser. «Il faut bien que jeunesse se passe» disait-on jadis. Les enfants ne sont pas plus bruyants ou fumeurs qu’avant. C’est le seuil de tolérance générale qui s’est effondré.
La réaction à chaque coin de rue
On ne pardonne plus rien aux plus jeunes. La génération du baby-boom, qui a bénéficié de la vague libertaire de Mai 68, qui a proclamé qu’il fallait «jouir sans entraves» et qu’il était «interdit d’interdire», qui a participé à tous les excès et révoltes, est désormais retraitée. Et elle ne tolère pas chez les jeunes de ce qu’elle a elle-même fait. Ce sont souvent les mêmes qui racontent avec un œil humide leur folle jeunesse étudiante, les fêtes et la libération sexuelle qui se réjouissent devant Cnews quand la police harcèle des ados jusque dans leurs chambres.
Et ces deux exemples ne sont malheureusement pas isolés. Le 20 novembre, à Nogent-le-Roi, dans l’Eure-et-Loir, des élèves de maternelle ont vu la police municipale débarquer dans la cantine. Les agents ont été appelés «pour rappeler à l’ordre les enfants qui faisaient trop de bruit». Certains ont été choqués. Il y a également le mouvement «No kid» qui ne supporte plus les enfants dans les trains et bientôt voudra les chasser de l’espace public. Il y a la répression sanglante des Free Party, et plus globalement de quoique ce soit de joyeux ou débordant venu de la jeunesse. Ces mesures disciplinaires imposées dès les bancs de l’école préparent les adultes de demain à n’être que des esclaves, sans esprit de créativité, sans possibilité du moindre pas de côté, sans joie ni pulsion de vie. Bientôt des barbelés et des miradors autour des rares berceaux ?
Une société qui ne supporte plus que les enfants soient des enfants et les adolescents des adolescents est en phase terminale. La France est en train de devenir un EHPAD réactionnaire qui ne laisse aucun horizon aux plus jeunes. Un pays animé par une pulsion de mort.

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15.04.2026

Islam, 19 ans, a subi la morsure d’un chien de la police municipale de Rilleux-La-Pape le 21 mars au soir, alors que la police nationale procédait à un contrôle d’identité. Depuis, il est recherché par la police, qui a déposé plainte pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. Islam a lui aussi porté plainte – pour tentative de meurtre. Il attend toujours d’être entendu.

(…)

Samedi 21 mars 2026, en soirée. « C’était la fête de l’Aïd. On devait aller manger avec des amis. On sort du parking de notre quartier pour aller prendre le bus. Des policiers de la BST [Brigade Spécialisée de Terrain, NDLR] arrivent pour un contrôle d’identité et des palpations. » témoigne Islam D., 19 ans, habitant dans le quartier de la Velette à Rilleux-La-Pape (69) depuis 2018. « On leur dit : même pour l’Aïd vous nous contrôlez ? Lâchez le morceau, vous nous contrôlez toujours… » L’ambiance se calme, jusqu’à ce que la police municipale arrive en renfort, accompagnée d’un maître-chien. « D’un coup, la police municipale arrive à 2 voitures. Ils sortent casqués, avec le gilet par balles, le flashball, les matraques, le chien. Mes amis leur demandent pourquoi ils font les cowboys. Ça chauffe. On ne les insulte pas mais on leur demande plutôt pourquoi ils viennent tout le temps. »

(…)

Sur une vidéo filmée ce soir-là par un témoin, et diffusée sur les réseaux sociaux, on entend le chien du brigadier canin aboyer presque en continu. Il semble assez excité et tire parfois sur sa laisse sans être réprimandé. On entend les amis d’Islam interpeller les policiers : « pourquoi il lâche son chien ? ». Un jeune qui s’avance est repoussé par un policier. Le malinois, toujours en laisse, fonce sur lui dans ce qui ressemble à une technique de percussion muselée. « Il attaque mon ami puis il s’attaque à moi », raconte Islam. « Par réflexe, comme j’ai peur des chiens, je mets un coup de pied en disant ‘‘prends ton chien’’. Un policier de la BST me prend et me plaque au sol. Il me gaze en même temps, je ne voyais plus rien. D’un coup, je sens que quelque chose me mord la nuque. Je ne vois qu’après que c’est le chien. Je me suis dit que si je ne m’échappais pas, j’allais mourir. Aucun policier ne m’est venu en aide pendant ces quelques secondes. Je crie qu’il me mord et mes amis m’aident à me relever, j’étais sonné. »
Islam s’enfuit avec ses amis. Lorsqu’arrivé chez l’un d’eux il va se laver le visage, il prend conscience de l’ampleur des blessures : « j’ai failli m’évanouir. J’ai vomi plusieurs fois. J’ai cru que j’allais mourir. » Son ami le conduit à l’hôpital Médipôle de Villeurbanne, où le certificat médical relève notamment « trois traces de crocs profondes » et une « morsure profonde en regard de la zone jugulaire et carotidienne ».
Le lendemain,le jeune homme décide de porter plainte : « ce n’était pas possible de laisser passer ça. D’autant que ce n’est pas la première fois que je subis des violences policières ; des CRS m’avaient frappé il y a un an environ, alors que j’étais en bas de chez moi et que j’avais refusé de suivre l’ordre de rentrer. Cette fois-là, on avait refusé ma plainte » se souvient Islam. Il dépose plainte pour tentative de meurtre et violences volontaires aggravées auprès du Procureur de la République le 24 mars.
Mesures de rétorsion ?
Ce même jour, deux jeunes amis d’Islam ont été jugés en comparution immédiate pour outrage et violence contre personne dépositaire de l’autorité publique (PDAP) le soir de cette morsure : ils ont été condamnés à 6 mois fermes de détention domiciliaire sous surveillance électronique pour l’un et 6 mois de prison avec sursis pour l’autre. « Aucun des policiers entendus dans le cadre de cette procédure n’avait fait état de l’agression par le chien et de la morsure subie par [Islam] » écrivent ses avocat·es, Me Bouqin et Me Foray, dans une lettre envoyée à la Défenseure des Droits. « Cette réalité documentée par des vidéos circulant sur les réseaux sociaux depuis le 22 mars 202[6] était délibérément occultée de l’enquête », appuient les deux juristes. Diego* (prénom changé à sa demande) est l’un d’entre eux. S’il reconnait l’outrage, il relate sa version des faits de violences sur PDAP qui lui sont reprochés : « On m’a reproché d’avoir tiré sur le gilet pare-balle du policier [qui a eu 6 jours d’ITT, NDLR]. La vidéo, on ne l’a regardé que quand je tirais sur son gilet. Pas avant où on voit la morsure » raconte-il. Il dit avoir lui aussi vécu des violences de la part des policiers : « l’un m’a frappé. Dans mon dossier de garde-à-vue, on voyait sur l’une des photos que le médecin a prise que ma bouche était gonflée. Ça prouve bien qu’ils m’ont frappé. Mais au tribunal, on me répond qu’on ne voit pas le policier me frapper sur l’extrait de vidéo diffusé ».

(…)

Diego*, quant à lui, affirme qu’il voit le policier municipal enlever la laisse du chien. « Quand je vois ensuite courir le chien pour sauter sur Islam, je suis certain qu’il n’a plus de laisse et plus de muselière. Je suis traumatisé par cette soirée, je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai bien vu que si le chien l’avait mordu encore deux minutes, Islam serait enterré à l’heure qu’il est. Il l’a vraiment échappé belle. Tout ce que raconte le maire de Rilleux est faux et les vidéos qui circulent le montrent bien. »
Les avocat·es d’Islam pointent une « déclaration mensongère dans le but de couvrir une situation problématique ».

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« Personne ne nous donne de garanties d’indépendance de l’enquête »
Depuis ce samedi-là, Islam ne dort plus : « J’ai vu le médecin légiste le lundi, qui m’a prescrit 8 jours d’ITT et 3 semaines de rétablissement. Si j’y étais allé le soir-même, il m’aurait sans doute donné un mois… À 2cm ça a failli toucher la jugulaire. A 19 ans, j’aurais perdu ma vie… ça m’a vraiment traumatisé, j’ai vu la mort. Je ne mérite pas de vivre ça. » Islam enchaîne insomnies et cauchemars depuis ce soir de violence. « Les douleurs ça se soigne, mais le mental ça prend du temps… J’ai demandé à voir une psychologue, j’en ai vraiment besoin. » Son angoisse est renforcée par la procédure parallèle à la sienne, dans une plainte où il est accusé de violences sur PDAP.

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: « c’est le policier le moins aimé dans tout Rilleux, il veut toujours faire le cow-boy, il veut toujours provoquer. Il ne veut pas parler avec les gens, on a l’impression qu’il pense qu’on est tous des délinquants. » Diego*, l’ami d’Islam, le rejoint : « ce policier est connu sur Rilleux pour des faits de violences. On est quasiment habitués, ça ne nous fait plus rien. Mais ce soir-là, quand la police municipale débarque, j’ai senti que le contrôle allait prendre une autre ampleur ; ils nous parlaient mal dans leur intonation, ils étaient provocants et arrogants. »
Comme souvent dans les affaires de violences policières, une procédure parallèle s’ouvre où la victime des policiers se retrouve sur le banc des accusés. Depuis, Islam est recherché par la même police que celle contre laquelle il a porté plainte.

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Au téléphone, les policiers du commissariat de Villeurbanne lui confirment qu’Islam sera placé en garde-à-vue s’il se présente : « Surprise, j’explique que je pensais qu’il souhaitait l’entendre suite à la plainte pour tentative de meurtre que nous avions déposée mais le fonctionnaire me répond qu’il n’est pas au courant, que c’est à part. Je réponds alors que c’est hors de question qu’Islam se présente puisqu’il a déposé plainte contre les enquêteurs en charge de la procédure. On me répond : on fera un mandat contre votre client, on va le toper. »
Dans la lettre envoyée à la Défenseure des Droits, ses avocats dénoncent l’absence d’impartialité de l’enquête en cours contre Islam, pourtant victime de cette intervention : « ce climat est contraire aux exigences rappelées par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) d’une enquête diligente, effective et crédible devant être réalisée, dès lors qu’une personne soutient avoir subi une brutalité policière. » écrivent-iels. La jurisprudence de la CEDH a plusieurs fois rappelé le droit à un procès équitable et à une enquête indépendante. « Elle rappelle qu’il faut une enquête dès lors que des brutalités policières sont alléguées, à partir du moment où elles sont vraisemblables. Là, il y a les vidéos, les morsures on est au-delà du vraisemblable. Et personne ne nous donne de garantie d’indépendance de l’enquête », regrette Me Bouquin.

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15.04.2026

Quelque 76 étudiants propalestiniens de Sciences Po ont reçu, mardi 14 avril, une contravention de 400 euros inscrite au casier judiciaire. L’examen de la proposition de loi Yadan, prévu jeudi à l’Assemblée nationale, a réactivé la mobilisation dans l’enseignement supérieur.

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https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/15/soutiens-a-la-palestine-des-etudiants-evacues-par-la-police-apres-avoir-occupe-sciences-po-et-la-sorbonne-deux-conseils-de-discipline-aux-beaux-arts_6680330_4401467.html
Devant les Beaux-Arts de Paris, mercredi 15 avril, deux étudiants attendent leur passage en conseil de discipline. « Soutenir la Palestine n’est pas un crime », scande une centaine d’étudiants et quelques enseignants autour d’eux. « Nous sommes des symboles brandis par la direction, mais, derrière nous, c’est bien l’ensemble des étudiants qu’elle cherche à intimider », déclare Raphaël (il n’a pas souhaité donner son nom), l’un des deux étudiants convoqués. « Cette répression que nous vivons essaye de détourner le débat, mais c’est très important de se mobiliser à travers notre art, dans nos emplois et partout », ajoute la seconde étudiante, Clara Paillettes.

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Aux Beaux-Arts, la mobilisation s’est accentuée en février après que la direction a effacé au nettoyeur à haute pression une fresque aux couleurs du drapeau palestinien peinte la veille sur les marches d’un immense escalier, où des œuvres sont régulièrement taguées par les étudiants. La direction accuse les étudiants d’avoir utilisé, pour fixer des affiches, une colle qui a entraîné une dégradation de locaux classés monument historique, « ce qui constitue une atteinte à un patrimoine qui appartient à toutes et à tous », indique au Monde le directeur, Eric de Chassey. Ces affiches dénonçaient le fait que l’administration était plus prompte à intervenir pour effacer un drapeau palestinien qu’à régler d’autres problèmes, à commencer par la présence de plomb dans l’eau à l’école.

 

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14.04.2026

Alors que la surpopulation carcérale atteint des records, une vague de souffrance psychique submerge les prisons françaises. Un psychiatre et une psychologue nantais alertent sur cet enjeu de droits humains et de santé publique.
David Sechter est psychiatre, Laura Tabet psychologue. Tous deux travaillent pour le service médico-psychologique régional de Nantes. Ils dépendent de l’hôpital public de la ville mais exercent leurs missions dans un lieu bien particulier, éloigné des regards : le centre pénitentiaire de Nantes.
Le premier au sein de la maison d’arrêt, laquelle est au bord de l’implosion, avec 200 % d’occupation, soit quelque 1007 détenus au 1er janvier 2026 pour… 508 places. La seconde assure ses consultations au sein du centre de détention, où sont incarcérés les détenus condamnés à une peine supérieure à deux ans, ainsi que dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs. Tous les deux, comme l’ensemble des soignants du service médico-psychologique régional, affrontent quasi quotidiennement une vague de souffrance psychique et de dégradation de la santé mentale qui submerge les prisons françaises.
Les soignants, médecins ou infirmiers et infirmières, animent dans les prisons des groupes thérapeutiques, y assurent des rendez-vous avec psychologues ou psychiatres, ou dans le cadre de soins et de prévention en addictologie. La tâche est d’ampleur. Dans l’environnement clos du milieu carcéral, rixes, crises clastiques (où le patient devient violent) ou suicidaires, consommation de stupéfiants et décompensations sont monnaie courante.
« Le contexte anxiogène lié à la prison peut favoriser les décompensations, là où la personne aurait peut-être continué à être stable à l’extérieur, explique le psychiatre David Sechter. On peut aussi avoir du mal à délivrer un traitement car le patient craint d’être trop sédaté, là il a besoin de « rester sur ses gardes ». » Tant bien que mal, dans un contexte où les personnes sont d’une grande vulnérabilité, lui et ses collègues tentent de faire du soin une expérience positive.
Des troubles jusqu’à dix fois supérieurs en prison
Les patients nécessitant un accompagnement psy, et qui le souhaitent, sont reçus en consultation de trente minutes environ par le psychiatre dans son bureau, à raison d’une douzaine de personnes par jour. Troubles de la personnalité, maladies psychiatriques, troubles anxiodépressifs, addictions… Certains étaient déjà suivis avant et sont au fait de leur pathologie. « Mais pour d’autres, on découvre parfois un trouble non traité, ou bien des personnes qui se sont automédicamentées », précise le psychiatre.
Les soignants observent que l’immense majorité des détenus souffrent d’un ou plusieurs antécédents d’addictions. Quant aux troubles psychiatriques, ils sont quatre à dix fois supérieurs en prison que dans la population générale. Le nombre de détenus ayant été exposés, pendant l’enfance, à au moins un traumatisme (négligence ou abus) est énorme, selon l’étude « Santé mentale en population carcérale », publiée en février 2023. C’est le cas pour 98 % des hommes participants à l’étude et 99 % des femmes.
Cette surprésence des psychotraumas nécessite un accompagnement de qualité, aussi dans la perspective de la sortie de prison, de la réinsertion, de la protection des personnes elles-mêmes et de la sécurité d’autrui. La même étude révèle qu’un tiers des hommes détenus et près de six femmes sur dix « sont considérés comme modérément à gravement malades » en matière psychique lors de leur libération, avec notamment un risque suicidaire important.
La surpopulation engendre trafics et violences
Mais aujourd’hui, les psychiatres, psychologues, infirmiers et infirmières du service médico-psychologique régional n’arrivent plus à suivre. D’autant que les services publics de santé « à l’extérieur », à commencer par l’hôpital public et ses services de psychiatrie, sont eux aussi exsangues. Le suivi des patients-détenus se révèle de plus en plus compliqué. « La surpopulation engendre trafics et violences. Or, cette violence du milieu peut aussi favoriser les troubles psychiatriques, note David Sechter. Sans compter le parcours chaotique des personnes et l’omniprésence de psychotraumas. C’est pourtant ces derniers qu’il faut absolument traiter. »
Dans le contexte de surpopulation, « le fait d’avoir deux fois plus de patients espace évidemment les rendez-vous de suivi. À quel moment ne devient-on pas maltraitants nous-mêmes ? » s’interroge David Sechter. Quant aux groupes thérapeutiques, l’équipe de la maison d’arrêt de Nantes n’a plus le temps de les mettre en place.
On compte en France, au 1er janvier 2026, 86 229 détenus pour 63 613 places de prison : une surpopulation record, particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt (plus de 160 %) avec plus de deux détenus dans une cellule d’une place. Celle de Nantes peut parfois compter trois ou quatre détenus dans un même espace.
Cet établissement dispose d’un hôpital de jour permettant d’accueillir une vingtaine de patients dans une unité d’hébergement spécifique de la maison d’arrêt, pour une prise en charge soignante du lundi au vendredi. Les patients qui y sont suivis font face à une souffrance psychique aiguë, le but étant de permettre la stabilisation de la personne avant sa sortie. Ils restent en moyenne un mois et demi dans cet hébergement spécifique, plus sécurisant pour eux.
Davantage de consignes sécuritaires
La surpopulation en maison d’arrêt et la prévalence des troubles psychiques massifs rejaillissent sur le centre de détention, pour les détenus avec des peines de plus de deux ans, où travaille la psychologue Laura Tabet. Le centre de détention était jusqu’alors relativement épargné par la surpopulation, contrairement aux maisons d’arrêt. Le temps long de la peine, la plus grande liberté de mouvement à l’intérieur, l’emploi du temps rythmé, y permettaient jusqu’ici un suivi individualisé assez solide.
C’en est terminé. « Aujourd’hui, le turn-over des détenus commence ici aussi à nous poser problème. Avant, au centre de détention, il restait aux détenus au minimum trois années de peine à purger. Mais la surpopulation et le turn-over en maison d’arrêt sont tels que certains arrivent ici pour six mois, explique Laura Tabet. En prison, plus tu crées de turn-over, plus tu crées de la panique. Ce qui engendre davantage de consignes sécuritaires, et vient aggraver un environnement déjà anxiogène. Cela dégrade considérablement la santé mentale des personnes. »
Le centre compte 480 détenus. Normalement, entre ceux qui sortent après avoir purgé leur peine, et ceux qui y arrivent à la suite de leur condamnation, le renouvellement est d’un tiers par an. Désormais, la proportion de « nouveaux » atteint les deux tiers, témoigne la psychologue. Cette tentative de « désencombrement » de la maison d’arrêt a des conséquences sur le travail des soignants et la qualité des soins. « Des cellules solo ont été doublées. Les courtes peines sont inadaptées à la vie d’un centre de détention, ce qui crée davantage d’incidents, de bagarres, et donc plus de mesures sécuritaires », observe la psychologue.
« Normalement, le centre de détention est une sorte de village où les gens circulent, vont à l’atelier pour travailler, en promenade. Mais l’ambiance dégradée a davantage sectorisé et rigidifié les règles. Pour les longues peines, c’est très dur. Leurs besoins fondamentaux d’espace, de relative liberté, pour pouvoir tenir sur la durée, sont mis à mal. C’est un drame pour eux. Ils sont de plus en plus mal », énumère-t-elle. Signe d’une ambiance qui se tend, depuis le 1er mars, les surveillants du centre de détention nantais sont équipés de bombes lacrymogènes.
« Des sorties sans aucune solution »
Là encore, les projets de réinsertion et l’accompagnement vers la sortie en pâtissent. « On n’a plus le temps de penser le soin, ni la réinsertion d’ailleurs. Les projets de sortie ne peuvent pas suivre. Notre équipe n’est pas pensée pour ce temps court, et on se retrouve avec des sorties sans aucune solution », déplore Laura Tabet.
Les activités dont pouvaient bénéficier les détenus se réduisent comme peau de chagrin. « Avant, il y avait beaucoup d’ateliers d’artistes, de concerts à l’intérieur de la prison. On avait aussi un marathon, un tournoi de pétanque, de foot. Cela tend à disparaître, il n’y a plus de souplesse, de créativité. Tout ça est pourtant nécessaire à la réinsertion. Il ne faut pas oublier que ce qui répare le mieux, c’est le lien ! »
Les sorties collectives ont été réduites, voire ont quasiment disparu, sur décision du ministère de l’Intérieur. Ces activités, avec l’accès aux parloirs, sont pourtant considérées « comme facteur de protection de la santé mentale », rappelait l’étude « Santé mentale en population carcérale », qui relevait qu’un tiers des détenus hommes et plus de la moitié des femmes n’avaient pas accès, par exemple, aux activités sportives.
En tant que soignants en milieu carcéral, Laura Tabet et David Sechter, comme nombre de leurs collègues, sont là par choix, non par défaut. Ce qui ne les empêche pas de se demander : comment composer avec un milieu qui entasse sans considération, au mépris de la santé mentale des personnes ? Comment mettre en place un soin de qualité à effectif constant malgré des conditions de vie indignes et une surpopulation démentielle, qui sont autant de constats condamnés à de nombreuses reprises par la Cour européenne des droits humains (CEDH) ?
David Sechter est également membre de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, qui bataille pour défendre la qualité des espaces de soin en prison. « Il y a aussi un manque d’effectifs côté personnel pénitentiaire, un manque de moyens humains important, du personnel qui bouge beaucoup et donc ne connaît pas les détenus, et inversement, ce qui crée trop d’arbitraire, dit-il. On nous demande d’intervenir sur cette violence, mais elle est iatrogène, propre au système, et nous, soignants, on n’est pas là pour soigner le système, mais des gens. »
« Le soin c’est à nous de définir comment on le fait ! »
Ce cercle vicieux – surpopulation, violences, mesures sécuritaires, dégradation des conditions de détention, aggravation des problématiques de santé mentale – ne semble pas préoccuper les politiques, qui continuent de prôner la mise en détention comme seule solution, sans trop s’intéresser au sujet, pourtant crucial, de la réinsertion une fois la peine effectuée. En témoigne le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a évoqué en janvier 2026 un projet de « prisons hôpitaux », qui, pour l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, serait « une nouvelle attaque au modèle intégratif français de soin aux personnes détenues défini par la réforme de 1994 ».
« Aujourd’hui, le sécuritaire prime sur le programme de soin, dénonce David Sechter. La direction pénitentiaire en vient même à nous imposer parfois certains détenus pour l’hôpital de jour, alors même qu’ils vont venir perturber les autres, qui sont déjà en grande souffrance. On voit parfois des détenus qui ont encore les menottes aux poignets. Ce n’est pas ça faire du soin de qualité. Le soin c’est à nous, soignants, de définir ce que c’est et comment on le fait ! »
Pour autant, si les soignants de Nantes souhaiteraient réussir à débloquer quelques nouveaux postes pour les épauler, ils ne veulent pas en faire une priorité, au risque de normaliser une situation scandaleuse. « Le soin et les personnes à soigner sont mieux à l’extérieur », rappelle David Sechter. « C’est le principe même d’incarcérer de plus en plus qu’il faut traiter, analyse de son côté la psychologue Laura Tabet. Aujourd’hui c’est un pansement, mais il faut venir questionner les réponses sociétales et politiques qui sont uniquement répressives. Il faut se reposer la question : quelle est la fonction de l’incarcération ? La question de l’accompagnement doit se faire avant. C’est ça qui fait le lit du passage à l’acte. »
La situation actuelle des centres pénitentiaires français, que la CEDH qualifie d’« inhumaine et dégradante », devrait poser la question de l’attention accordée à la santé mentale des détenus et, plus largement, de l’intérêt de la détention tout court. Là se trouve sans doute le véritable débat de société à avoir.

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14.04.2026

Fin mars 2026, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié un rapport sur l’état de la prison de Besançon dans le Doubs. Le constat est sans appel. Les conditions de détention y sont indignes en raison de la vétusté des lieux et d’une surpopulation carcérale.
Derrière les murs de la prison de la Butte, une réalité qui fait froid dans le dos. Six contrôleurs de la CGLPL, une autorité indépendante chargée de vérifier que les droits fondamentaux des personnes détenues ou retenues sont respectés dans tous les lieux de privation de liberté ont effectué un contrôle de la maison d’arrêt de Besançon du 2 au 9 septembre 2024. La prison date de 1885, on y trouve 273 cellules. Des majeurs et des mineurs y sont placés en détention. La population pénale est composée d’un tiers de prévenus qui attendent d’être jugés et deux tiers de condamnés.
138 % de taux d’occupation à l’automne 2024
Au moment de la visite des contrôleurs en septembre 2024, 376 personnes étaient hébergées, soit un taux d’occupation de 138 %, sans matelas disposé au sol. La moitié des détenus étaient hébergés à deux dans une cellule individuelle de 9 m2. La surpopulation reste endémique, écrit le rapport et a même atteint le seuil de 450 détenus pendant l’été 2023, mettant en grande difficulté le fonctionnement global de l’établissement et ses infrastructures, note le rapport.

(…)

Le taux d’occupation sera actuellement de 166% dans le prison de Besançon.
Hygiène, cafards, nuisibles et des équipements qui ont atteint « un point de non-retour ».
La vétusté de la prison de Besançon est pointée du doigt par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Le vieillissement de l’infrastructure et des équipements atteint un point de non-retour, particulièrement dans les cellules du bâtiment C où la situation est jugée indigne : il manque du mobilier ou celui-ci est dégradé au point de ne plus être adapté, les sols sont trop abîmés pour que le nettoyage ait un impact positif, nombre de sanitaires sont vétustes et irrécupérables.
La présence de nuisibles type cafards est également un indicateur tangible des problèmes d’hygiène liés à la vétusté de l’infrastructure et des installations.
Extrait du rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL)
Les douches collectives sont pour la plupart abîmées : plafonds moisis, peinture qui tombe en lambeaux, carrelage cassé, presto et pommeaux encrassés de calcaire, cloisons chancelantes, l’ensemble nécessitant une réfection totale. La fréquence minimale de trois douches par semaine n’est pas respectée au bâtiment C pointe du doigt le rapport.

(…)

Sport, activités, parloirs, des manquements également présents
Le rapport des contrôleurs estime que l’accès au sport s’est amélioré depuis la dernière visite qui remontait à 2018, mais les conditions matérielles dans des salles étouffantes avec du matériel souvent vétuste ne sont pas acceptables, tant pour l’encadrement que pour les personnes détenues. D’autre part, les sports collectifs en extérieur sont trop souvent remis en question et l’accès est inéquitable selon le bâtiment.
Les activités socioculturelles ne sont pas suffisamment développées, l’absence de lieux dédiés aggrave la situation.
Comme en 2018, la configuration des parloirs ne permet pas l’intimité des échanges. De même, le tri et la distribution du courrier s’effectuent toujours dans des conditions qui n’en garantissent ni la confidentialité, ni l’intégrité, ni le bon acheminement. Depuis la visite précédente, les cabines téléphoniques ont été installées en cellule mais 51 d’entre elles étaient hors service.
Dans le fonctionnement courant, il est souvent fait recours à la palpation et aux portiques. Les gestes professionnels lors des fouilles intégrales semblent maîtrisés mais le nombre d’agents assistant à la fouille est parfois bien trop important et les fouilles intégrales ne sont pas toujours tracées.
La majorité des fouilles ont lieu dans des lieux non prévus ni équipés pour ce faire, notamment les douches et les cellules.
Extrait du rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL)
Du mieux côté santé, mais des personnels insuffisants
L’unité sanitaire bénéficie de nouveaux locaux depuis le dernier contrôle réalisé en 2018. Ils sont en parfait état. Cependant, les ressources médicales sont insuffisantes, particulièrement le dentiste générant un temps d’attente pour une consultation pouvant aller jusqu’à six mois. Par ailleurs, il n’y a aucun temps de kinésithérapeute prévu alors que les besoins de la population pénale sont conséquents, en lien avec la sédentarité et les violences entre détenus.
Les extractions médicales, réduites à deux jours par semaine, ne sont pas adaptées au temps de présence de certains spécialistes au CHU. Les annulations des extractions médicales sont bien trop nombreuses et parfois à l’initiative de l’administration pénitentiaire. La présence de l’escorte pendant les consultations ou les soins au CHU est attentatoire à la dignité des patients et enfreint le respect du secret médical.
Des mineurs parfois « 20 heures par jour en cellule »
Six mineurs étaient incarcérés au moment de la visite des contrôleurs.
La présence d’un seul surveillant au quartier pour mineurs n’est pas adaptée pour leur prise en charge, que ce soit pour la sécurité, les mouvements, la surveillance des promenades, les activités ou tout autre besoin quotidien des mineurs.
Extrait du rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL)
Si la présence de la PJJ est effective, son implication auprès des mineurs est insuffisante, à l’instar de l’offre d’enseignement, particulièrement en période de vacances scolaires, dénonce les contrôleurs.
Des travaux d’ampleur à venir ?
Le rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a fixé au total 51 recommandations sur la maison d’arrêt de Besançon, mais il n’a aucun pouvoir de contrainte sur l’administration pénitentiaire.

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14.04.2026

Une femme avait déposé plainte contre un policier d’Alençon (Orne), l’accusant de l’avoir violentée en intervention, le 11 septembre 2023. Jugé au tribunal d’Alençon le 19 mars 2026, le fonctionnaire plaidait un « geste réflexe » pour se protéger d’un crachat. Le parquet avait requis la relaxe, ce qui a été suivi par le tribunal dans son délibéré rendu ce mardi 14 avril 2026.

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14.04.2026

Lundi 13 avril, un militaire était jugé devant le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon (Vendée). Il est suspecté d’avoir harcelé son ex-compagne, de l’avoir cambriolée à deux reprises, d’avoir inondé son logement et d’avoir illégalement consulté des fichiers personnels de cette dernière grâce à sa qualité de gendarme.

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13.04.2026

Un policier est jugé pour avoir dissimulé des munitions chez ses parents. Une affaire troublante.

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Les munitions, cachées dans deux malles noires dans la chambre d’enfance de Théo, ont suscité des interrogations.

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Des confiances douteuses

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Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la responsabilité des forces de l’ordre lorsqu’elles mélangent vie professionnelle et personnelle.

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13.04.2026

Dimanche 29 mars, le carnaval de la Plaine a été une nouvelle fois stoppé par une intervention des forces de l’ordre. Le parquet a ouvert une enquête pour « violences aggravées », qu’il a confiée à l’Inspection générale de la Police nationale.

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Cinq jours d’interruption temporaire de travail (ITT), sept points de suture sur l’arête du nez et un traumatisme psychologique toujours vif. Jeudi 2 avril, quatre jours après le carnaval de la Plaine, Erhan Kaya a porté plainte contre X pour “violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique” en marge de la manifestation festive et populaire, qui a rassemblé plus de 14 000 personnes cette année, selon les forces de l’ordre elles-mêmes.

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13.04.2026

Les images de vidéosurveillance montrent l’un d’eux gifler et intimider le jeune homme alors qu’il est menotté à un banc, sous le regard amusé de plusieurs autres effectifs, qui le traînent de force dans la salle de fouille, puis affirment qu’il s’y est blessé seul. Aucun d’eux n’avait activé sa caméra-piéton.
Le commissariat du 19e a déjà été le théâtre de plusieurs épisodes de violences commises par des fonctionnaires de police. En 2021, des enquêtes de Mediapart et StreetPress pointaient notamment des coups d’une grande brutalité contre plusieurs gardés à vue et « des actes de torture ». Ces faits avaient été soutenus par l’enquête du journaliste infiltré, Valentin Gendrot (1).

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L’auteur de la gifle, Jean-Michel G., a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et interdit d’exercer dans la police nationale, municipale et gendarmerie pendant cinq ans. Une peine qui comprend ces faits et une seconde affaire de violences, jugée en même temps. Les deux autres agents, Marc B. et Guillaume G., ont écopé de quatre et six mois avec sursis pour les violences — et faux en écriture pour le second. Un quatrième policier, poursuivi pour complicité, a été relaxé au bénéfice du doute.

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Giflé puis traîné dans la salle de fouille

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À 19h30, la vidéosurveillance du commissariat, que StreetPress s’est procuré, montre l’un des policiers, Jean-Michel G., visiblement excédé, s’approcher de lui et lui mettre un coup de pression. Deux minutes plus tard, le gardien de la paix revient et commence à le détacher du banc. Là, soudainement, il le frappe au visage. Le coup est brusque, alors qu’Ali est encore attaché. À l’audience, l’avocat de l’agent maître Mathieu Bourgeois concède :
« Des images qui ne souffrent d’aucune complaisance, celles d’un homme qui lève la main sur un autre menotté à un banc. »
Les violences ne s’arrêtent pas là. Pendant près d’une minute, sous le regard d’au moins cinq autres membres du commissariat et de la 22e compagnie d’intervention qui a procédé à l’interpellation, le gardien de la paix joue le dur et enchaîne les feintes et les mouvements soudains sur le jeune homme qui, apeuré, se recroqueville à chaque brimade, les genoux contre lui pour se protéger. Autour de lui, la scène amuse. Plusieurs policiers rigolent, l’un d’eux garde tout le long le sourire jusqu’aux oreilles. Sur la dizaine de policiers présents dans la salle, aucun n’intervient à son secours.
Au contraire, les secondes qui suivent, Ali H. est tiré par le col par Jean-Michel G. puis mis à terre avec le croche-patte d’un autre, et tiré de force par quatre fonctionnaires vers la salle de fouille, dépourvue de caméra. Trois d’entre eux s’enferment avec lui. Il en ressort moins de deux minutes plus tard, en pleurs, le visage rouge, couvert d’hématomes. À nouveau menotté au banc, il s’affole, retire son tee-shirt, insulte les policiers et se plaint longuement des violences qu’il a subies. « Je te connais même pas et tu m’as fait tout ça », l’entend-on hurler vers l’un d’eux, Guillaume B., qui vient seulement d’activer sa caméra-piéton.
Le soir même, un médecin des unités médico-judiciaires constate à Ali H. plusieurs hématomes au visage ainsi que des rougeurs au cou et aux poignets. Le certificat médical fait état de quatre jours d’incapacité totale de travail. Dans sa plainte, Ali H. dénonce avoir également été frappé dans un véhicule de police puis à son arrivée au commissariat. Ces faits n’ont pas pu être corroborés par l’enquête. Guillaume B., de son côté, a déposé plainte pour outrage.
« Des omissions qui interrogent » dans le procès-verbal
En introduisant l’affaire, le 16 mars 2026, la présidente Martine Timsit donne le ton en récitant le code de la Sécurité intérieure : « Toute personne appréhendée est placée sous la protection des policiers ou des gendarmes et préservée de toute forme de violence et de tout traitement inhumain ou dégradant. » Puis, elle lance aux prévenus :
« C’est ce qui définit dans notre État de droit les missions d’une police républicaine, messieurs. »
L’auteur de la gifle, Jean-Michel G., n’assiste pas à la leçon de droit. Le gardien de la paix de 36 ans est coincé à l’aéroport de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, en raison de la guerre au Moyen-Orient. C’est son avocat qui répond pour lui.

(…)

En ce qui concerne la salle de fouille, en revanche, lui ainsi que Guillaume B. et Marc B. nient toute violence et répètent la version du procès-verbal : Ali H. se serait infligé ses blessures tout seul, en se jetant par terre et en se cognant contre une colonne de béton et des casiers métalliques. Et ce, malgré les tentatives des trois policiers pour le maîtriser, si on en croit le procès-verbal rédigé par Guillaume B. juste après l’incident. Le document, pour lequel il est également poursuivi pour faux en écriture publique, ne mentionne ni la gifle — qu’il affirme ne pas avoir vue — ni les intimidations, auxquelles il a pourtant bien assisté. À l’inverse, l’agent est très précis sur le comportement d’Ali H. et les insultes qui lui sont reprochées.

(…)

Les caméras-piétons activées de manière sélective
Étrangement, aucun des trois policiers qui s’enferment avec Ali ne déclenche leur caméra-piéton, dans la seule pièce du commissariat où l’enregistrement est « obligatoire et systématique », comme le prescrivent successivement trois notes de service prises après des incidents antérieurs.

(…)

« Tout le monde regarde, va et revient de la salle de fouille. Ça doit faire un boucan du diable. Je ne peux pas croire qu’il se blesse entièrement lui-même. Je suis certain qu’il y a des violences dans la salle de fouille, la question c’est par qui et comment. »
Selon le magistrat, « tout le monde est content qu’[Ali H.] se prenne une correction » et le jeune homme « a compris que ça allait être sa fête ». Des actes parfaitement volontaires, juge-t-il, qui ont conduit le ministère public à ratisser large et poursuivre les trois policiers pour violences « en réunion » au nom de la « scène unique de violences », ainsi qu’un quatrième — qui a assisté à la gifle puis aidé à traîner le jeune homme — pour complicité, un chef de poursuite rarissime dans les affaires de violences policières.

(…)

Le policier pas à sa première gifle
Jean-Michel G., lui, n’est pas à son coup d’essai. En plus des violences sur Ali H., il est jugé lors de la même audience – toujours en son absence – pour avoir giflé un homme sortant de dégrisement en juillet 2024, devant la compagne et la fille de ce dernier. La similarité avec l’histoire d’Ali deux mois après est troublante. Le coup qui a fait dégénérer la scène jusqu’à conduire à l’usage de taser par ses collègues a, là aussi, été passé sous silence dans la fiche événement du policier, avant d’être repéré sur les images de vidéosurveillance.

(…)

Placés sous contrôle judiciaire, Jean-Michel G. et Marc B. avaient été interdits d’exercer puis réintégrés par la préfecture de police dans des services sans contact avec le public, à la transmission pour le premier, au matériel pour le second. Des restrictions levées avec le jugement, prononcé sans exécution provisoire, ce qui signifie qu’ils peuvent théoriquement retourner en poste d’ici leur appel. Une enquête administrative serait toujours en cours. Les agents n’auraient, en tout cas, pas encore fait l’objet de mesures disciplinaires.

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13.04.2026

Au lendemain du drame survenu rue Duchassaing, au Moule, l’émotion reste vive. Entre incompréhension, colère et attente de réponses, habitants, élus et personnes ayant connu la victime tentent de faire face. Une enquête est en cours pour éclaircir les circonstances de cette intervention mortelle.

(…)

Ce lundi 13 avril, les traces de l’intervention sont encore visibles rue Duchassaing. Les services municipaux s’affairent à nettoyer les stigmates laissés par le drame survenu la veille en fin de journée. Rapidement, cet événement tragique s’est retrouvé au cœur de toutes les discussions.
Sur place, les habitants peinent à comprendre ce qu’il s’est passé. Beaucoup refusent de s’exprimer, encore sous le choc. D’autres évoquent un sentiment mêlé de tristesse et d’incompréhension face à la mort de cet homme, bien connu dans le secteur. « Ici, c’est difficile de passer à autre chose ce matin. Quand vous voyez encore les traces, que vous savez ce qu’il s’est passé hier, ça marque forcément les esprits », confie un riverain.
Une victime connue, un profil qui interroge
L’homme, âgé d’une soixantaine d’années, était une figure familière du quartier. Souvent assis à proximité d’une boulangerie, il faisait partie du quotidien des habitants. Décrit par certains comme calme et poli, il pouvait aussi, selon d’autres, se montrer parfois dérangeant.
Plusieurs témoignages évoquent une personne fragile, souffrant de troubles psychologiques et vivant en marge de la société.
« C’est quelqu’un qui est très connu ici. Tous les matins on le voit, il est assis là, tranquille. Il dit bonjour, il n’embête personne. Moi je ne l’ai jamais vu être violent. »

(…)

Une intervention contestée, une enquête en cours

(…)

L’usage d’un taser n’ayant pas permis de le maîtriser, un gendarme a ouvert le feu à trois reprises, touchant mortellement l’homme qui n’a pas immédiatement succombé à ses blessures. Les riverains témoins de ce drame ont alors vivement invectivé les forces de l’ordre au moment des faits et s’interrogent aujourd’hui sur la façon dont la situation a été gérée.
« C’est dommage qu’on en soit arrivé là. On dit qu’il voulait agresser avec un couteau, mais je pense qu’ils auraient pu essayer de le blesser, pas de tirer comme ça. On attend de savoir si c’était vraiment de la légitime défense. »

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12.04.2026

Une scène insolite et rarissime dans le Val-de-Marne : les locaux de la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges perquisitionnés par leurs collègues… de la Police Nationale ce mercredi 8 avril. Un combat inédit et fratricide entre porcs.
11 policiers municipaux ont donc été arrêtés puis placés en garde à vue dans différents commissariats du département. Il s’agit de plus de la moitié des effectifs de cette unité de la ville. La maire LR de Villeneuve-Saint-Georges, Kristell Niasme, «prône une politique sécuritaire, dont l’une des principales mesures a été la hausse des effectifs de policiers municipaux, passés de quatre à dix-sept» comme le révèlent nos confrères de l’Humanité. Les agents sont soupçonnés par les enquêteurs «de violences aggravées, faux en écriture, violations de domicile, vol ou encore dégradation». Ces pratiques mafieuses n’ont rien à envier aux fonctionnaires assermentés de l’État. Les voyous sont en uniforme.
Mais avant de rentrer dans les détails, souvenez-vous de la polémique qui a visé pendant des jours le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Ce dernier avait décidé de retirer le Lanceurs de balles de défense de sa police municipale. Une mesure timide, mais juste. Insupportable pour BFM, Cnews et France Info qui en avaient fait un scandale médiatique considérable. À l’inverse, le fait que plus de 50% des agents d’une unité de police municipale de droite soit arrêtés pour des actes criminels ne fait quasiment aucun bruit, n’est pas à la Une des plateaux télé, et aucun éditorialiste ne lance de débat sur la dangerosité des polices municipales, ou leur armement de plus en plus offensif.
À Villeneuve-Saint-Georges, une série de plaintes a donc forcé les enquêteurs de la police nationale à intervenir. Une victime raconte aux journalistes de France 3 un déferlement de violence un soir de janvier 2026 après un match de football : «Ils m’ont frappé à l’intérieur, dans le bar. Ils m’ont tasé». Elle assure avoir reçu entre dix et quinze décharges de pistolet à impulsion électrique dans les toilettes d’un bar. Électrocuter une personne à plusieurs reprises est un acte de torture, et donc en principe un crime passible de la cour d’assise.
Pour rappel, le Taser tue chaque année. Cette arme qui envoie des décharges de plus de 50.000 volts et 2 milliampères par cycle de 5 secondes est en dotation chez les effectifs de la gendarmerie nationale depuis 2004 et de police nationale depuis 2008. C’est aussi en 2008 que le gouvernement Fillon de Nicolas Sarkozy autorise les polices municipales à acquérir les Taser. Aujourd’hui, on retrouve donc cette arme létale dans les mains de simples policiers municipaux.
Les politiques sécuritaires de plus en plus droitières des mairies, du Parti Socialiste au Rassemblement National, militarisent à marche forcée leurs agents. À la mairie de Béziers, dirigée par l’élu d’extrême-droite Robert Ménard, la municipale est équipée d’armes à feu depuis des années, et beaucoup d’autres mairies, y compris «de gauche», l’ont imitée. Fin 2025, Robert Ménard créait une unité spéciale municipale « anti-stup ». Gilets tactiques, casques anti-émeute, armes et véhicules : un copier-coller des brigades anti-gang de la police nationale. Les policiers municipaux, parfois qualifiés de «police de proximité», qui étaient encore rares et sans armes il y a 20 ans, ressemblent désormais à des soldats en guerre qui font régner la terreur dans certains quartiers populaires.
Une photo du quotidien Le Parisien montre d’ailleurs des policiers de Villeneuve-Saint-Georges avec un LBD en main, des gilets pare-balles, la mention «Brigade cynophile» – comme si des agents municipaux avaient besoin de chiens d’attaque – et des cranes rasés à blanc avec un tatouage douteux. Une autre capture un agent cagoulé avec un chien en laisse. Le compte Instagram de la ville de Villeneuve-Saint-Georges, très actif, publie chaque semaine des vidéos et photos d’arrestations, de fouilles et de descentes avec des chiens de la police municipale. Ambiance.
Conséquence logique, les sociétés de sécurité privées et les polices municipales sont de plus en plus mises en cause dans des affaires de violences. C’est la suite directe de cette militarisation d’agents des mairies. L’affaire Villeneuve-Saint-Georges le prouve : il faut désarmer la police.

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11.04.2026

Ce vendredi 10 avril, Mika, un sans-abri vivant à Antibes, dans les Alpes-Maritimes, s’est fait enlever le camion dans lequel il vivait par la police municipale. Le véhicule n’était pas assuré et n’avait pas de contrôle technique.
« Je les ai suppliés de toutes mes forces ». Des larmes dans la voix, Mika a raconté sa mésaventure à Nice-Matin. Ce vendredi 10 avril, les policiers municipaux ont embarqué le camion de ce sans-abri, qui vivait dans le véhicule depuis qu’il a perdu son logement, il y a plusieurs mois.
Le camion de Mika n’est pas assuré et n’a pas de contrôle technique. “On va embarquer le camion et c’est la destruction”, lui ont indiqué les fonctionnaires.
La solidarité s’organise
« Je leur ai demandé de me laisser un délai de quelques jours pour pouvoir au moins l’assurer et je leur ai prouvé ma bonne foi, raconte-t-il à nos confrères. Je leur ai expliqué que je ne roule pas avec ce camion, l’endroit a toujours été propre et on n’a jamais rien eu à me reprocher. »
Forcé à sortir toutes ses affaires, Mika se retrouve à la rue, avec son chien. Alors que la mairie d’Antibes n’a pas répondu aux sollicitations de nos confrères, une chaîne de solidarité tente de s’organiser sur les réseaux sociaux pour venir en aide au sans-abri.

 

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10.04.2026

En mars, le taux d’occupation de la maison d’arrêt du Val-d’Oise frôlait les 200 %, obligeant notamment l’administration à faire dormir des personnes incarcérées sur des matelas à même le sol.
Jusqu’où ira le nombre de détenus de la Maison d’arrêt du Val-d’Oise (Mavo), à Osny ? Ce sujet était déjà évoqué en janvier, lors de l’audience solennelle du tribunal judiciaire. « Après une baisse, le taux de surpopulation est ainsi passé de 180 % au mois d’août à 192 % au début de ce mois », a rappelé le procureur, Guirec Le Bras, indiquant que « tous les acteurs locaux » se sont investis l’été dernier pour la juguler.
Malgré cela, plus deux mois plus tard, la députée (LFI) du Val-d’Oise, Gabrielle Cathala, n’a pu que constater lors d’une visite que la situation est inchangée. Elle était déjà venue fin 2024 sur le même sujet de la surpopulation carcérale. À l’époque, le taux d’occupation était de 162 %. Désormais, il oscille entre 192 % et 198 %. Une situation que connaissent la plupart des prisons franciliennes, comme Nanterre (Hauts-de-Seine) ou Bois-d’Arcy (Yvelines).

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10.04.2026

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 9 avril, un texte visant à renforcer les sanctions contre les free parties, après un passage au Sénat. Le projet de loi prévoit notamment la création de nouveaux délits, visant les organisateurs mais aussi les participants. Alors que le texte suscite de vives critiques, notamment dans le monde associatif, Sophie Mazas, avocate à la Ligue des droits de l’homme (LDH) dans l’Hérault, dénonce une évolution « disproportionnée » et « autoritaire ».
Depuis plusieurs mois, la Ligue des droits de l’homme s’oppose à ce texte. Dans un plaidoyer adressé aux députés et signé par sa présidente, l’association alerte sur un renforcement de la pénalisation des free parties et une atteinte aux libertés fondamentales. Ce document, très juridique, critique notamment la création de nouveaux délits et l’abandon d’une logique d’encadrement au profit d’une approche répressive.
Concrètement, qu’est-ce que cette loi change ?
Sophie Mazas : Avant, quand des personnes allaient danser, il n’y avait pas de problème en soi. Si elles violaient le droit, par exemple en circulant sur un terrain privé, elles pouvaient être sanctionnées. Si elles conduisaient après avoir bu ou consommé des stupéfiants, elles étaient sanctionnées. C’était le droit commun.
C’est-à-dire que, comme pour tout le monde, si quelqu’un allait sur la propriété d’autrui, il pouvait être poursuivi. Là, on crée un délit spécial qui n’existait pas : le fait d’organiser une fête devient puni de six mois de prison. Et le fait d’y participer peut être sanctionné par une amende d’environ mille euros. On crée donc un délit d’organiser une fête.
Ces sanctions vous paraissent-elles proportionnées ?
Non, c’est totalement disproportionné. On est dans une bascule totalement autoritaire. La question, c’est celle de la régulation. Je vous donne un exemple très parlant : dans un même espace, disons une forêt, différentes activités coexistent. Vous pouvez avoir des personnes qui cueillent des champignons, d’autres qui font du VTT, d’autres qui marchent, d’autres encore qui chassent. Chacun peut générer des nuisances ou des risques, mais l’État régule : il fixe des règles, des périodes, des conditions : on ne cueille pas tout le temps, on ne chasse pas tout le temps, les pratiques sont encadrées.
Avec les free parties, c’est la même chose : l’État aurait pu réguler. Mais il ne l’a jamais fait, il a refusé de le faire. Et aujourd’hui, on en arrive à vouloir mettre en prison des gens pour avoir installé un système de son et organisé une fête, quel que soit le lieu. C’est une criminalisation de l’activité en soi : le fait d’écouter de la musique dans des espaces ouverts devient passible de six mois de prison.

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10.04.2026

Un cadre administratif, qui officiait de 2020 à 2023 à la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN, ex-DDSP) du Pas-de-Calais, a été condamné à l’issue de sa garde à vue. Il aurait soustrait et revendu du matériel de police à son profit.

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10.04.2026

Interrogé sur ses publications sur les réseaux sociaux Facebook et X (ex-Twitter), sous pseudonyme, Alexandre Gilloir, fraîchement élu au Conseil municipal d’Ondres, a ensuite fait disparaître ses messages
Vous connaissez le jeu des sept différences ? Pour Alexandre Gilloir, l’un des nouveaux conseillers municipaux élus à Ondres sur la liste divers centre de Patrick de Casanove, l’enquête peut s’avérer insoluble. « À part la couleur de la bagnole, je vois pas… », commentait-il sur son profil Facebook, le 27 août 2020, en partageant deux photos de véhicules surmontés, pour l’une, de singes, et pour l’autre, d’individus manifestant leur colère suite à la défaite du PSG contre le Bayern de Munich, trois jours avant.
« Attention, je ne mets pas tous les supporters du PSG dans le même lot, j’ai des amis qui sont supporters du PSG avec qui j’ai bu des bières après les matchs et qui ne sont pas partis casser des voitures ! », plaide ce fonctionnaire de police, au matin de ce vendredi 3 avril 2026. « Je l’ai supprimé parce que maintenant, elle est hors contexte et que je n’ai pas envie que ça fasse d’amalgame », argumente-t-il alors qu’on le questionne sur cet effacement.

(…)

Le doute subsiste lorsqu’on se plonge dans le réseau social X. Inscrit depuis 2015, Alexandre Gilloir y apparaissait sous le pseudonyme de@euskadjill jusqu’à ce que son compte soit désactivé, ce même vendredi 3 avril 2026. Le policier commentait plus qu’il ne postait, comme un troll des réseaux sociaux allant jusqu’à menacer de mort des élus de la République, en novembre 2023 : « Mais crève Louis Boyard ! Toi et toutes tes merdes LFI ! »
« Tu pollues pas notre France »
Des commentaires haineux étaient également adressés à Rima Hassan, au moment où l’eurodéputée a été arrêtée par Israël, en juin 2025 : « Reste là-bas, meurt là-bas, on s’en fout, pendant ce temps tu pollues pas notre France avec des discours nauséabonds. » Trois mois plus tard, une flottille pour Gaza n’avait pas non plus trouvé grâce à ses yeux : « Je vous souhaite de couler en mer et d’être dévoré par les poissons plutôt que d’aller en prison pour longtemps… »
« J’ai réagi et répondu à chaud. Avec l’énervement du moment, je me suis peut-être laissé emporter »
Le conseiller municipal d’Ondres « regrette » ses messages. Il dit s’être « éloigné des réseaux sociaux » ces derniers mois, sans faire état de la future suppression de son compte X. « J’ai réagi et répondu à chaud. Avec l’énervement du moment, je me suis peut-être laissé emporter », explique Alexandre Gilloir.
« Sélection naturelle… quand on est assez con pour ramasser des grenades, pour balancer des pavés sur des gens alors on vient pas se plaindre quand on perd la bataille », s’emportait Alex Gillouze au sujet des violences policières commises sur des manifestants. Mis durant un temps au service de la protection (SDLP) de Marine Le Pen, le policier réfute toute appartenance au Rassemblement national ou autre formation politique. « J’ai mes idées personnelles, mais étant donné que je suis policier, je les garde pour moi. » Il en aurait été de même au moment de se lancer en campagne avec Patrick de Casanove.
« On n’en parle pas »
« Qui est plus de gauche que de droite, que ci ou ça, on n’en parle pas. C’est clair depuis le début : on bosse pour la municipalité », confirme Jean-Guy Renon, nouvel adjoint au maire d’Ondres. Cela n’empêche visiblement pas le chargé de l’urbanisme et de la voirie de s’intéresser au sort des demandeurs d’asile.
Ainsi, en mai 2025, sur Facebook, il donnait son avis sur un reportage de « La Montagne » consacré à ces personnes accueillies en Corrèze, sans avoir aucune attache avec ce département : « Ils n’ont rien à faire dans notre pays, nous n’avons plus les moyens d’accueillir la terre entière […] Nous n’avons pas besoin de main-d’œuvre extérieure. »
Jean-Guy Renon aurait « mal exprimé sa pensée ». L’élu se défend de tout racisme et met en avant son parcours professionnel dans les travaux publics. « Je ne peux pas penser de telles choses en ayant fait vingt-cinq ans d’expat’, à travailler avec des populations locales, à Madagascar et en Afrique. » Autre temps, autres mœurs.

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09.04.2026

Le 28 février 2024, Wafik Haouaneb, 25 ans, est retrouvé pendu dans sa cellule de la maison d’arrêt de Fresnes. Plusieurs détenus affirment qu’il a été frappé par des surveillants peu avant sa mort. Cinq agents seront jugés pour leur rôle cette nuit-là. L’affaire soulève une question cruciale : pourquoi les gardiens ont-ils mis de longues minutes à intervenir alors que le jeune homme était déjà pendu ?

(…)

La cellule n°6 du quartier disciplinaire ressemble à un cloaque composé d’un petit lit en fer bleu, déglingué, d’une petite table rouillée où des barquettes à peine entamées pourrissent dans l’air confiné, et d’un WC en inox, sans abattant, collé à un lavabo du même métal. Le sol et les murs sont maculés de crasse et de matières organiques, sang, excréments, vomissures, au point qu’on ne distingue plus leur couleur d’origine. Un blanc sale domine, comme du guano séché.

(…)

C’est dans ce trou puant de neuf mètres carrés que Wafik Haouaneb, 25 ans, s’est suicidé dans la nuit du 27 au 28 février 2024.

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Aux alentours de minuit, les gardiens le retrouvent suspendu par son pantalon, dont les jambes ont été nouées au grillage de la fenêtre. Celle-ci, située à environ un mètre du sol, ne permet pas une suspension complète : quand ils décrochent Wafik, ses pieds touchent le sol. Il ne respire déjà plus. Les pompiers le sortent sur la coursive et commencent un massage cardiaque, poursuivi par le Samu à son arrivée. À 1h33, le médecin constate le décès. Le corps maigre de Wafik, vêtu d’un simple caleçon noir, gît au sol, les bras écartés. Une marque violacée entoure son cou, sa barbe est noire, ses yeux mi-clos. Son nez et sa pommette gauche sont tuméfiés.
Un rapport administratif rédigé et transmis dès le lendemain

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L’autopsie conclut à une mort par pendaison. Elle révèle également une fracture du nez.

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Ils les soupçonnent aussi de violences. Selon eux, après une altercation sur la coursive, filmée par les caméras de surveillance, des agents auraient furtivement frappé Wafik dans sa cellule, à l’abri des regards.

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Aux urgences où il est conduit, un psychiatre évalue son état psychique. Il ne relève pas d’épisode dépressif, mais note que Wafik a proféré « des menaces suicidaires si retour en prison ». Le médecin conclut en quelques lignes que son état est compatible avec un retour en détention. Il recommande toutefois des mesures de prévention du risque suicidaire. Le compte rendu précise que ces informations ont été « transmises à l’agent de police présent ». Wafik repart avec une prescription d’anxiolytiques. De son côté, le président du tribunal correctionnel signale aussi le comportement suicidaire du détenu dans sa notice individuelle et en informe par courriel l’adjointe au directeur du centre pénitentiaire de Fresnes, où Wafik va être transféré.

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En attendant, Wafik est enfermé à Fresnes, dans le Val-de-Marne, la deuxième prison de France par la taille. L’établissement traîne une réputation sombre. Vétuste, infestée de rats et de nuisibles, il a valu à la France plusieurs condamnations devant les juridictions françaises et européennes pour les conditions de détention. À Fresnes, la surpopulation reste chronique. Dans la maison d’arrêt pour hommes, on compte 1696 détenus pour 1184 places au 1er janvier 2024, soit un taux d’occupation de 143,2%. Un univers carcéral saturé, souvent décrit par les détenus, les associations, l’ONU et la Cour européenne des droits de l’homme comme un milieu où l’hygiène se dégrade et où la vie quotidienne se déshumanise.

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En plus de l’anxiolytique prescrit aux urgences, les médecins lui donnent du valium.

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Selon lui, tout se passe mal dès son arrivée. « J’étais soi-disant en retard de cinq minutes et ils n’ont pas voulu me laisser entrer tout de suite », raconte-t-il. Les surveillants refusent également de prendre le sac d’habits qu’il a apporté pour Wafik. Surtout, affirme Adam, la prison n’a pas prévenu son frère de cette visite. Lorsque les agents finissent par conduire Wafik au parloir, le temps imparti est déjà presque écoulé. « Sur les 45 minutes prévues, je n’ai pu le voir que dix ou quinze minutes », se souvient Adam. « Il n’allait pas bien, il pleurait, et il disait qu’il était maltraité par les gardiens ».

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Les entretiens menés avec les infirmiers et les psychiatres dressent de Wafik un portrait nuancé. Wafik n’apparaît pas comme un détenu endurci. Mais c’est un homme à bout. Plusieurs événements l’ont fragilisé : sa blessure au genou, qui lui complique chaque déplacement ; ses affaires, restées à Laon ; les visites familiales qu’on lui refuse. À cela s’ajoute, selon lui, l’attitude de certains surveillants, qu’il juge agressive ou vexatoire. Peu à peu, la pression s’accumule. Wafik dit se sentir traqué, et cette tension permanente le rend nerveux, parfois agressif. En quelques semaines, son état psychologique se dégrade nettement.

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Le 26 février 2024, vers 12h15, des policiers viennent chercher Wafik pour l’emmener au tribunal de Créteil. Les témoignages des agents pénitentiaires et les vidéos montrent qu’il porte une attèle au genou et boîte beaucoup. Sans ses béquilles, il avance avec difficulté. Mais comme Wafik ne présente aucun certificat autorisant leur utilisation lors du transfert, les agents refusent de le laisser partir avec.

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Aucune caméra ne filme l’intérieur de la cellule. Lors de son audition du 19 mars, Alain* déclare qu’« à aucun moment [le détenu] n’a été frappé ». Pourtant, l’autopsie réalisée dans la nuit met en évidence une fracture du nez et plusieurs tuméfactions. Les surveillants évoquent alors l’hypothèse d’une automutilation.

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Hanyss explique avoir entendu Wafik crier « Vous m’avez cassé le poignet ! » au moment où il se débattait pour ne pas réintégrer sa cellule.

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Noah dit, lui, avoir entendu un surveillant crier aux détenus d’aller « niquer leur mère ». À travers les barreaux, Wafik lui aurait ensuite confié qu’il s’était fait taper par des surveillants.

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Pascal affirme avoir entendu l’embrouille entre Wafik et un surveillant. Selon lui, l’agent aurait lancé : « Suicide-toi, sale blédard de merde ».

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Dans la cellule voisine, Salou dit avoir entendu distinctement plusieurs « boum boum boum » venant de la cellule de Wafik. Celui-ci lui aurait ensuite confié avoir été frappé par les surveillants. Salou rapporte également avoir entendu un surveillant lui crier « Suicide-toi ».

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Un autre détenu, David, se souvient de la suite de la nuit : « Après minuit, j’ai entendu un bruit de balle de ping-pong qui rebondissait, des surveillants qui rigolaient. Je me suis mis à lire mon livre, je n’arrivais pas à dormir. Puis j’ai entendu comme des grosses bottes, je n’arrivais toujours pas à dormir. J’ai compris que c’était les pompiers. J’ai entendu la machine qui fait le massage cardiaque, pendant très longtemps. On a compris qu’il était mort. »

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Alain* part chercher le défibrillateur. Les images de vidéosurveillance montrent qu’il revient avec l’appareil sans accélérer le pas, note également l’officière de police judiciaire dans son rapport.

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Lors de son audition, Alain* déclare avoir mis « cinq à dix minutes » pour rejoindre la cellule et situe son arrivée à 00h08. Cette heure correspond précisément à celle inscrite dans le cahier de main courante par Mathias*. Pourtant, la vidéosurveillance montre clairement que Rémi* et Alain* ont mis 13 minutes pour parcourir les 300 mètres les séparant de la cellule n°6, et qu’ils se trouvent devant sa porte à 00h19.

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Mais malgré cet écart, l’enquête interne de l’administration pénitentiaire a conclu que l’intervention des surveillants a été conforme à la rapidité exigée par la situation d’urgence.

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La famille de Wafik conteste vivement cette conclusion. Selon elle, la contradiction entre les déclarations des surveillants et les délais visibles sur les images n’a jamais été réellement éclaircie. Malgré cela, à l’issue de l’instruction clôturée le 7 février 2025, le parquet classe l’affaire sans suite le 11 juillet 2025.

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Cette décision provoque colère et incompréhension chez les proches de Wafik. Refusant d’en rester là, la famille décide d’engager elle-même des poursuites. Fin février 2026, ses avocats saisissent le tribunal pour que Brandon*, Alain*, Rémi*, Mathias* et Paul* soient jugés pour leur rôle dans cette nuit.

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Tous les cinq sont poursuivis pour violences volontaires en réunion, pour ce qui se serait passé dans la cellule avec Wafik. Quatre d’entre eux devront aussi répondre du chef de non-assistance à personne en danger.

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Au cœur du dossier demeure une question centrale : comment expliquer les tuméfactions et la fracture du nez relevées à l’autopsie, alors que le médecin n’avait relevé aucune blessure lors de l’examen effectué à l’infirmerie, quelques minutes avant le retour en cellule et l’altercation avec les surveillants ? Plusieurs détenus disent avoir entendu l’intervention et rapportent les plaintes de Wafik, ce qui alimente le doute autour de la version officielle des faits.
Surtout, au regard de l’état suicidaire de Wafik Haouaneb, connu dès son arrivée en détention, régulièrement mentionné lors des consultations médicales et consigné dans les documents de suivi, l’exceptionnelle lenteur de l’intervention des surveillants constitue, selon les avocats de la famille, un délit de non-assistance à personne en danger.

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09.04.2026

L’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF) a saisi le juge des référés afin d’obtenir des mesures immédiates pour mettre fin aux atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales des personnes détenues au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe. L’audience devant le juge des référés se tiendra le mercredi 15 avril.
Cette procédure d’urgence intervient après plus de dix ans d’alertes, de décisions de justice et de condamnations internationales restées partiellement inexécutées. Ce qui est aujourd’hui soumis au juge ne résulte pas d’une dégradation ponctuelle mais de l’installation durable d’un fonctionnement incompatible avec les exigences minimales de l’État de droit.
Lors de sa visite en octobre 2025, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a constaté un taux d’occupation de 251 % dans le quartier maison d’arrêt pour hommes. Des centaines de personnes vivent dans des cellules surpeuplées jusqu’à vingt-deux heures par jour. Dans certaines cellules, l’espace réellement disponible pour chaque personne détenue ne dépasse pas un mètre carré.
Surpopulation endémique, humidité, moisissures, installations sanitaires défaillantes, manque d’activités…, ces conditions ne relèvent plus de la seule insuffisance matérielle. Elles rendent impossible la préservation de l’intimité, exposent les personnes détenues à des tensions constantes et alimentent un climat de violence que l’administration pénitentiaire ne parvient plus à maîtriser.
Le CGLPL évoque également une situation particulièrement préoccupante concernant les mineurs détenus. Le quartier qui leur est réservé connaît lui aussi une suroccupation persistante, rendant impossible le respect de l’encellulement individuel. Les adolescents y sont maintenus dans des cellules dégradées, avec des toilettes insuffisamment cloisonnées et des conditions d’hygiène défaillantes. L’accès à l’éducation demeure très en deçà des obligations légales, certains jeunes ne bénéficiant que de quelques heures d’enseignement hebdomadaire, tandis que les activités éducatives et sportives restent limitées. Les contrôleurs du CGLPL signalent par ailleurs le recours à des fouilles intégrales systématiques, mises en œuvre dans des conditions soulevant de sérieuses questions quant au respect des garanties fondamentales applicables aux personnes mineures privées de liberté. Pour l’OIP-SF, ces constats révèlent l’impossibilité d’assurer la prise en charge spécifique et protectrice pourtant requise pour des adolescents incarcérés.
Des constats ni isolés, ni récents
Dès 2014, un rapport remis au ministère de la Justice dénonçait un « surencombrement chronique » générateur d’incidents et une insuffisance grave de la prise en charge sanitaire au centre pénitentiaire de Baie-Mahault. En 2015, le CGLPL décrivait déjà une prison où la violence dissuadait certaines personnes détenues de quitter leur cellule. En 2020, la Cour européenne des droits de l’homme condamnait la France dans l’arrêt J.M.B. c. France, jugeant que les conditions de détention notamment imposées à Baie-Mahault relevaient de traitements inhumains et dégradants.
En juin 2024, le tribunal administratif avait ordonné des mesures concrètes pour améliorer la situation. Plus d’un an après, certaines injonctions demeurent partiellement exécutées.
Par sa requête, l’OIP-SF demande au juge d’ordonner sans délai la réduction effective de la surpopulation carcérale, la suppression des matelas au sol, l’amélioration des conditions matérielles de détention, la prévention des violences et la garantie effective des droits fondamentaux, notamment pour les personnes mineures.
L’OIP-SF entend rappeler une nouvelle fois que la privation de liberté ne saurait en aucun cas justifier des conditions de vie contraires à la dignité humaine, et exiger du ministre de la Justice qu’il prenne les mesures d’urgence qui s’imposent pour assurer le respect des droits fondamentaux des personnes incarcérées.

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08.04.2026

Trois policiers de la BAC de nuit de Noisiel (Seine-et-Marne) seront jugés le 7 septembre devant le tribunal de Meaux pour violences et faux en écriture. Dans la soirée du 16 mars, ils ont violemment interpellé deux personnes, dont une mineure, lors d’une intervention faisant suite à des tirs de mortiers sur les locaux de la police municipale.

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Selon des documents consultés par l’Agence France Presse, et qui confirment une information du journal Le Monde, les trois agents sont poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de 5 jours, avec pour circonstances aggravantes que les faits ont été commis par des personnes dépositaires de l’ordre public et en réunion. L’un des trois policiers est également poursuivi pour faux en écriture, la justice estimant qu’il aurait menti lors de la rédaction de son procès-verbal.

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Munis de flash-balls, de matraques et de grenades, les policiers sortent de leur véhicule et vont ensuite s’avancer dans la rue avant de déchaîner leur violence sur Flavel, 35 ans. Alors qu’il s’apprête à rentrer dans le restaurant où il venait prendre son dîner, il entend un des fonctionnaires lui crier « cours ! » avant de le frapper.
L’homme se relève, tente de s’enfuir, mais se retrouve vite au sol les bras plaqués. Tandis que les coups de pied pleuvent, une grenade lacrymogène explose à quelques centimètres de son visage. « J’ai vu les étincelles, je ne pouvais plus respirer », raconte le père de famille et musicien à l’AFP qui par la suite porté plainte auprès de l’IGPN.
« Très satisfait de l’enquête et des mesures provisoires »
Les agents de la BAC de nuit de Noisiel, sont également poursuivis pour avoir commis des violences sur une autre personne, mineure. Ils lui auraient porté plusieurs coups directs au cours de son interpellation, notamment des coups de pied, ayant entraîné une incapacité totale de travail de 10 jours.

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Quant au faux en écriture, l’agent poursuivi explique qu’il « n’y avait aucune mauvaise intention » de sa part, évoquant des « conditions apocalyptiques » lors de la rédaction du procès-verbal.

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08.04.2026

La surpopulation carcérale s’est considérablement aggravée à la maison d’arrêt du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand où le nombre de détenus a atteint un record. Les matelas au sol ont été doublés pour que les détenus soient à trois par cellule de 9 m2 prévue pour deux personnes.
« Quand on arrive en dernier dans la cellule, on n’a pas le choix. On dort sur le matelas au sol. » Cette phrase est revenue à plusieurs reprises à l’occasion de comparutions immédiates au tribunal de Chalon-sur-Saône, quand la présidente interrogeait les prévenus sur leurs conditions de détention à Varennes-le-Grand. Placés en détention provisoire avant d’être jugés, ils étaient plusieurs à s’en plaindre à la même audience.
Il faut dire que le taux d’occupation à la maison d’arrêt* de Varennes-le-Grand a explosé. De 164,7 % au 1er mars 2025, il a atteint 182,1 % au 1er mars 2026. Du jamais vu à la maison d’arrêt qui a une capacité opérationnelle de 207 détenus mais qui en accueillait pourtant 377 au 1er mars. Au centre de détention*, la situation est moins tendue avec 178 détenus pour 191 places opérationnelles.

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* La maison d’arrêt accueille les prévenus et les accusés en détention provisoire en attendant leur jugement et les condamnés à une peine d’emprisonnement inférieure à deux ans. Le centre de détention accueille les condamnés à plus de deux ans de prison.

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08.04.2026

Un ancien détenu du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne (Vienne) a obtenu la condamnation de l’État après avoir dénoncé des fouilles corporelles intégrales répétées et injustifiées. Comme le révèle « La Nouvelle République », une seule fouille n’a été jugée légale sur la vingtaine contestée.

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Dans une décision rendue le 2 avril 2026, la justice administrative a donné raison à un ancien détenu incarcéré au centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne (Vienne). Comme l’explique La Nouvelle République , il contestait la légalité de 22 fouilles intégrales subies durant sa détention de 2022 à 2025. Des fouilles qui, selon lui, avaient pour seul but de l’humilier.

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Selon nos confrères, l’administration du centre pénitentiaire n’a apporté aucune preuve de la nécessité de ces fouilles répétées. Une seule fouille n’a d’ailleurs été jugée légale sur l’ensemble des mesures contestées. L’État a ainsi été condamné à verser au requérant la somme de 2 000 €, assortie des intérêts légaux.
Une pratique strictement encadrée
Les fouilles corporelles à nu sont encadrées par le code pénitentiaire afin de garantir aux détenus le respect de leur dignité et de leurs droits. « Les fouilles intégrales ne sont possibles que si les fouilles par palpation ou l’utilisation des moyens de détection électronique sont insuffisantes », peut-on par exemple lire sur le site Légifrance.
C’est sur cette base qu’un homme incarcéré au centre pénitentiaire d’Argentan (Orne) entre mai 2021 et août 2023 a saisi la justice administrative, se plaignant d’avoir subi 28 fouilles corporelles intégrales au cours de sa détention. Le tribunal administratif de Caen a relevé le caractère injustifié de trois fouilles et lui a alloué une somme de 300 € pour son préjudice moral.

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08.04.2026

Racisme, humiliation, violences… Une enquête a été ouverte pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique par le parquet de Paris, à la suite d’une plainte d’un ressortissant chinois, selon les informations du Monde. Le commissariat concerné est celui des 5e et 6e arrondissements de Paris, dont trois agents avaient été condamnés en 2024 pour des violences sur un ressortissant péruviens.
Le commissariat des 5e et 6e arrondissements de Paris est, encore une fois, accusé de violences policières. Selon les informations du Monde, un ressortissant chinois a déposé une plainte après des sévices subis au cours de sa garde à vue survenue en décembre 2025.

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08.04.2026

Ce samedi 5 Avril, un détenu âgé de 18 ans a été retrouvé mort sur le sol de sa cellule. Les surveillants l’ont découvert à l’occasion de leur ronde. « Il s’agit en l’état d’un suicide », nous fait savoir Jean-Baptiste Miot, procureur de Laon.
Pour les besoins de l’enquête, une autopsie va être pratiquée.

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Population carcérale, record battu
Même s’il était seul dans sa cellule, dès que l’on parle des prisons, un chiffre doit être donné. Selon le ministère de la Justice, 86 645 personnes étaient détenues dans les prisons françaises au 1er février 2026. Il s’agit d’un record. Alors qu’elles ne comptent que 63 289 places opérationnelles, le taux de densité carcérale est de 136,9 %. Ce fait a d’ailleurs été évoqué par un prévenu lors de son procès à Saint-Quentin il y a quelques jours. « Ce n’est pas normal d’en arriver là », avait-il balancé aux juges qui demandaient comment se passait son incarcération préventive. Il avait alors expliqué qu’il dormait par terre sur un matelas.

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07.04.2026

Un policier de Boulogne visé par une enquête pour tentative de viol sur une jeune femme
C’est une affaire toujours en cours et qui n’a pas encore livré ses conclusions. Mais elle a, logiquement, provoqué des remous au sein du commissariat de Boulogne où l’on se refuse à tout commentaire.

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07.04.2026

Le pronostic vital de cet homme, qui a été hospitalisé lundi 6 avril à Marseille, après avoir été percuté par une voiture de police municipale à la suite d’un refus d’obtempérer, n’est plus engagé, indique à « Ouest-France » la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

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07.04.2026

Même le porte-parole du ministère de la Justice s’est montré bavard avec la presse pendant la garde à vue de l’eurodéputée insoumise, le 2 avril, à tel point que l’épisode a quasiment été relayé en direct. L’IGPN sanctionnera-t-elle les indiscrets dans les rangs des forces de l’ordre ?
L’enquête sur les fuites qui ont entaché la garde à vue de Rima Hassan, le 2 avril, risque d’atteindre des sommets. Dès le lendemain matin, le parquet de Paris a annoncé des investigations pour « violation du secret de l’instruction », étant donné « la temporalité et le degré de précision des informations qui ont été publiées dans les médias ». Quasiment en temps réel !
A 12 h 30 − trois heures à peine après l’arrivée de la députée européenne LFI au commissariat du Xe arrondissement −, « Le Parisien » révèle le placement de celle-ci en garde à vue pour apologie du terrorisme. Même célérité au chapitre « stupéfiants » : en fouillant la gardée à vue, les poulets « auraient » récupéré une boulette de cannabis et, selon les gazettes, entre 1 et 1,90 gramme de drogue de synthèse, de la « 3-MMC » !
Article paru dans le N° 5500.

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07.04.2026

Ripou•Epinglé par des écoutes de l’OFAST sur une importation d’une centaine de kilos de cocaïne, ce policier, ex-délégué syndical, et consommateur de drogue a été condamné et radié pour corruption passive, faux, usage et offre de stupéfiantsA.V.
La main, le pot et la confiture. Un policier marseillais a été condamné la semaine passée à trois ans de prison avec sursis et radié de la police pour corruption passive, violation du secret professionnel, détournement de données de fichiers, faux, usage et offre de stupéfiants et détention d’arme, a rapporté La Marseillaise.
Cet ancien délégué syndical d’Alliance a été épinglé pour sa trop grande proximité avec des narcotrafiquants, apparaissant notamment dans des écoutes de l’OFAST sur deux personnes, écrouées depuis, suspecté d’avoir transporté 124 kg de cocaïne à Marseille.
Trafic de fichiers de police
Le fonctionnaire s’en est défendu, justifiant ses quelque 120 échanges téléphoniques en l’espace de cinq mois avec l’un des suspects, qu’il disait avoir recruté comme indicateur, tout en omettant de le renseigner et de l’inscrire au bureau central des sources.
Consommateur de drogue, cet ex-policier a également monnayé des données issues des fichiers de polices contre de l’argent et de petites quantités de drogue.

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05.04.2026

«Je vais te demander de te faire très petit et de t’acclimater» : une enquête est en cours à Paris après la plainte d’un gendarme dénonçant «un harcèlement raciste» au sein de la prestigieuse Garde républicaine, révèlent ce dimanche 5 avril Mediapart et l’Agence France presse (AFP).

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Ryan (prénom modifié) raconte avoir reçu un courrier dans sa boîte aux lettres le 16 décembre 2025 : «On est en France ici habille-toi comme tel sale bougnoule», y était-il écrit, faisant référence à une tenue traditionnelle algérienne que Ryan avait portée pour un mariage, en dehors de ses heures de service.

(…)

Le commandant lui lance, d’après ses souvenirs : «J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne» ; «Tu me tombes pas dans les bras pendant le ramadan».
«T’es de la banlieue, ici, les gens viennent de milieux ruraux», aurait aussi dit son commandant. «C’est des Blancs, ils n’ont pas l’habitude de voir des Arabes du 93 en jogging. En plus, t’es Algérien, ça parle fort, vous avez un ton que les gens connaissent pas trop…» Et le gradé de lui livrer un conseil «amical» : «Je vais te demander de te faire très petit et de t’acclimater».

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«Mes visiteurs étaient contrôlés comme des délinquants».
Il affirme aussi qu’un gradé a cherché à entrer dans son logement en son absence et que sa femme aurait été convoquée pour savoir s’il la violentait : «Chez les rebeus, il y a des violences, c’est normal chez vous», lui aurait-on dit.

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03.04.2026

La justice vient d’autoriser l’événement et de donner un camouflet au gouvernement, mais un nouveau palier inquiétant est franchi à la veille d’une nouvelle «loi séparatisme»
En novembre 2024, l’État français déployait des centaines de policiers pour protéger un gala génocidaire en plein Paris, destiné à récolter des fonds pour l’armée israélienne et la colonisation en Cisjordanie. Intitulée «Israël for ever», cette soirée était organisée par l’avocate Nili Kupfer-Naouri, une suprémaciste sioniste qui affirme qu’il «n’y a pas de population civile innocente à Gaza» et qui a personnellement participé au blocage de convois humanitaires pour Gaza. Elle avait invité le ministre fasciste israélien Bezalel Smotrich à ce gala. Si le droit international était respecté, Smotrich et sa complice seraient arrêtés et incarcérés pour des faits de crimes contre l’humanité. Pourtant, le préfet de Paris de l’époque, Laurent Nuñez, autorisait ce meeting et offrait d’énormes moyens de sécurité à cette soirée de la honte.
Le même Nuñez a aussi autorisé des défilés ouvertement néo-nazis dans Paris, organisés au début du mois mai tous les ans. Ces marches de nostalgiques d’Hitler sont, elles aussi, protégées par des lignes de forces de l’ordre qui répriment tout rassemblement antifasciste. Nuñez, encore lui, a transformé des salons de l’armement organisés autour de Paris en véritables bunkers sous très haute protection policière, pour garantir aux exposants israéliens de pouvoir venir vendre leurs armes en France en tout sérénité, sans aucun risque de manifestation.
Nuñez, désormais Ministre de l’Intérieur, vient de décider d’interdire la Rencontre annuelle des Musulmans de France. Il s’agit de la 40ème édition de cet événement réunissant des milliers de musulmans et de musulmanes au salon du Bourget, situé au nord de Paris. Cette interdiction est tout simplement sans précédent.
Le préfet indique de façon laconique : «À la demande du ministre de l’Intérieur, j’ai pris un arrêté interdisant la Rencontre du 3 au 6 avril 2026. Cette décision s’inscrit dans un contexte national et international marqué par des tensions accrues et un niveau de menace terroriste élevé, des risques de troubles à l’ordre public et la forte mobilisation des effectifs de la préfecture de police sur les jours à venir».
L’avocat Sefen Guez-Guez, qui plaide pour maintenir la Rencontre, rappelle : «Il y a plus d’une quarantaine d’événements publics organisés ce week-end et le seul qui a été interdit est la Rencontre Annuelle des Musulmans… c’est une décision inique». Mais qui peut croire à la version préfectorale ? Comme si l’État français manquait de policiers pour sécuriser une simple rencontre.
En réalité, l’arrêté de la préfecture est encore plus grave : il évoque une menace «d’attentat d’ultra-droite» contre les participant·es. En d’autres terme, le gouvernement macroniste explique que, lorsque la communauté musulmane est menacée, c’est elle qui est punie. Il dit aussi aux musulmans et musulmanes : non seulement nous ne vous protégeons pas face aux menaces d’extrême droite, mais nous les encourageons en vous interdisant d’exister. En vous réprimant. Ce message est gravissime, et il donne raison aux groupes racistes : il suffit désormais de faire planer la menace d’une attaque pour faire interdire tout événement musulman.
Par un formidable cynisme, la décision est tombée au dernier moment, pour empêcher les organisateurs de trouver un plan B. Ce sont des milliers de personnes concernées, des stands et des entrées qui devront être remboursées, des exposants ayant engagé des frais… Imaginez une seule seconde qu’une grande rencontre chrétienne, juive ou bouddhiste soit interdite, au prétexte qu’elle ait été menacée. Impensable n’est-ce pas ? C’est pourtant le traitement réservé au fidèles de l’Islam en France.

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02.04.2026

Une étude de l’Institut Paris Région dévoile l’ampleur de l’augmentation du nombre de policiers municipaux dans la région depuis le milieu des années 2010.

(…)

Dans une étude publiée le 30 mars, l’Institut Paris Région (IPR) dévoile l’ampleur du phénomène d’équipement des communes franciliennes de ces forces de sécurité locale entre 2014 et 2024. Alors qu’un projet de loi a été déposé pour renforcer leurs prérogatives, elles sont désormais présentes dans l’immense majorité des communes.
En France, les polices municipales représentent un contingent de 29.000 agents répartis dans plus de 4.600 communes et intercommunalités en 2024. Dans la région, 6.450 policiers sont désormais actifs, soit une explosion de 92 % en dix ans. Largement portée par Paris qui a créé sa force de sécurité en 2021 et compte plus de 1.700 membres, cette progression touche inégalement les départements. Déjà bien pourvu en 2014, le département des Hauts-de-Seine voit leur nombre progresser de 20 %, quand la hausse est de 72 % en Seine-Saint-Denis.

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02.04.2026

Atteint de schizophrénie, Islam a subi un « déchaînement de violence » au cours d’une perquisition infructueuse menée le 17 mars. Une plainte pour violences volontaires sur personne vulnérable a été déposée. Récit d’une opération policière chaotique.

(…)

Au bout du couloir principal, la chambre d’Islam : il est réveillé par quatre agents, qui lui donnent un premier coup de Taser. Au moins l’un d’entre eux – qu’il décrit comme « grand et métisse » –, le frappe dans la foulée.
« J’étais en train de dormir, d’un coup ils sont venus, un monsieur m’a tapé. Il m’a déchiré la bouche. Il m’a déchiré aussi l’oreille, avec un coup de crosse ou de matraque. Tu vois, ici », montre-t-il. Plusieurs points de suture referment les plaies noircies de son oreille et de sa lèvre. « Ils m’ont tapé. Viens voir ici, il y a des taches de sang », nous guide-t-il jusqu’à la porte d’entrée de sa chambre. Là, sur l’encadrement de la porte, apparaissent des traces de sang séché. Le t-shirt et le jogging gris qu’il portait pour dormir en sont encore maculés.

(…)

C’est dans cette salle de bains, attenante à la chambre, qu’Islam est en effet traîné après avoir essayé de sortir de sa chambre. Et de nouveau frappé. « Il y avait du sang partout dans la salle de bains. Puis, ils l’ont forcé à s’essuyer le visage. Après, il a couru, ils l’ont plaqué au sol, juste là », désigne Bilal en montrant le couloir principal qui mène vers l’entrée. Le calvaire d’Islam ne s’arrête pas là : maintenu au sol contre la moquette du couloir, le jeune homme dit avoir subi un étranglement, et de nouveaux coups de Taser.
Au total, « ils m’ont mis quatre coups de Taser », répète-t-il en boucle, en montrant sa cuisse gauche, puis sa main gauche, qui porte encore, dix jours après, la marque de la décharge électrique. La famille a conservé un aiguillon de Taser oublié sur place par la police, taché de sang. Les photos prises le jour même confirment des blessures au visage, au dos, à la cuisse, au poignet et à la main.

(…)

Réveillées par des agents qui « essaient de casser la porte, j’ouvre et je dis : “Entrez, c’est une chambre.” À peine la porte ouverte, un monsieur avec un pistolet a dit : “Mettez-vous à terre !” avec son pistolet vers nous », raconte Lezina, la plus grande. Les quatre sœurs se regroupent, assises sur le lit central, surveillées par deux agents, interdites de toucher à leurs téléphones.
Mais la porte reste grande ouverte et les sœurs voient soudain leur frère, « la bouche en sang, poussé dans le couloir » par d’autres policiers. « Après ça, ils l’ont tasé », chuchote Tanzila, 9 ans, en jouant du bout des doigts avec une peluche rose accrochée à son collier pailleté. « Le problème, c’est que je sais pas pourquoi ils ont frappé mon frère handicapé. Moi, si j’étais à leur place, si j’étais policier, j’aurais vu sa tête, je l’aurais laissé », souffle-t-elle. Ses sœurs protestent d’ailleurs en choeur : « On a crié : “Il est handicapé !” » explique Samira, 16 ans. « Un policier qui nous surveillait a dit : “Ah, c’est lui le schizophrène ?”, il l’a répété à son collègue dans le couloir, qui a dit : “Ah, c’est lui ? Ah, trop tard, je l’ai déjà tasé. » »
Islam est ensuite descendu, menotté, aux côtés de ses frères. Dans l’escalier, il assure que les agents lui ont donné de nouveaux coups et ont cogné sa tête contre les murs. « Je l’ai vu arriver en sang, oreille arrachée, visage défiguré, se souvient Imam, le troisième frère. J’ai demandé tout de suite : “Qui a fait ça ?” Le grand métis m’a regardé et m’a dit : “Tu vas faire quoi sinon ?” Un autre m’a dit : “Ça fait 35 ans qu’on fait ce métier”. Je lui ai répondu : “Nous ça fait 15 ans qu’on vit là, on a jamais eu de problèmes, c’est la première fois qu’on vit ça.” »
Six points de suture seront nécessaires pour recoudre l’oreille droite d’Islam, trois pour sa lèvre, indiquent ses certificats médicaux. Sur la cuisse gauche et les pommettes, les certificats mentionnent des érythèmes (rougeurs cutanées), ainsi qu’une inflammation au niveau de la mâchoire. Islam est dispensé de scolarité pendant cinq jours.

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Plainte pour violences volontaires, avec facteurs aggravants
Une plainte contre X a été déposée le 25 mars auprès du parquet de Créteil pour « violences volontaires, aggravées par le fait qu’elles ont été commises en réunion, avec usage d’armes, sur une personne vulnérable, par plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ».
Aucun motif de perquisition ne peut justifier de tels comportements, insiste l’avocate Camille Vannier. « Quel que soit le cadre légal de cette intervention, des violences de cette nature sont toujours inacceptables. Même s’il s’était agi de la personne recherchée, il s’agit là de violences volontaires, pas de légitime défense. En l’occurrence, dans le cas d’Islam, c’est de la sauvagerie à l’encontre d’un jeune homme particulièrement vulnérable, dont nul ne pouvait ignorer l’état. »

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En plus de la plainte concernant Islam, l’avocate a également saisi le Défenseur des droits au sujet des « manquements déontologiques périphériques à ce déferlement de violences sur la personne d’Islam ». La saisine mentionne « des termes déplacés et des violences sur certains des membres de la famille, alors même que l’opération d’ampleur s’est avérée être une erreur ». De fait, les forces de l’ordre ont appelé les pompiers pour qu’ils prennent en charge Islam, puis sont parties, sans emmener personne.
À l’hôpital, alors qu’Eliza se tient à ses côtés, le pompier explique à la médecin des urgences qu’Islam « est tombé dans l’escalier ». La mère de famille intervient, scandalisée, pour mentionner les violences.

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Elle a des marques de sang sur sa robe et son voile, qui seraient à son fils. Elle est arrivée avec des pleurs, angoisse à la poitrine », note son certificat médical émis le jour même.
« Je ne savais pas qui appeler pour m’aider. La police ? » se désespère Eliza. La mère de famille parvient à joindre leur ancien travailleur social, devenu un ami, qui l’aide à constituer un dossier avec l’avocate Camille Vannier. En posant sa main sur son cœur, la mère de famille lâche : « Si, en France, il y a des lois solides, alors, que ces quatre-là soient punis d’avoir frappé mon fils. Je ne trouverai la paix qu’à ce moment-là. »

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À celle qui assume seule la charge de ses enfants, avec un salaire de femme de chambre dans un hôtel parisien, la médecin de l’hôpital prescrit quinze jours d’arrêt de travail. Mais aussi quinze jours de Xanax et un suivi par une psychologue. Car l’intervention a ravivé d’anciens traumatismes. « J’ai fui la guerre en Tchétchénie, les soldats russes », raconte Eliza, qui subissait à cette époque de violentes intrusions à son domicile. Aux agents français, elle a dit : « Vous êtes comme les soldats russes ! Ça, ce n’est pas la police… Rentrez calmement, expliquez-nous… Respectez les femmes, respectez les enfants ! Ils ne m’ont fait aucune excuse en partant. »

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02.04.2026

Deux policiers ont été reconnus coupables d’avoir frappé un jeune homme noir, en 2021 à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), et ont été condamnés ce jeudi à des peines de 12 mois de prison avec sursis. Ils avaient menti dans le PV d’interpellation mais les violences avaient été filmées.

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« L’altération de la vérité » via la rédaction d’un PV mensonger par Raphaël L. constitue « une atteinte grave à la confiance » envers l’institution policière, a signalé le tribunal de Bobigny en rendant sa décision, supérieure aux réquisitions.

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« Les premières violences provenaient des policiers »
Les deux policiers avaient relaté être intervenus le soir du 17 septembre 2021 pour chercher l’auteur d’un refus d’obtempérer. Ils disaient avoir été confrontés à des individus « hostiles » les agonissant d’insultes, dont Aboubacar S. qu’ils connaissaient et avaient décidé d’interpeller comme « l’auteur des outrages ». Après les faits, le jeune homme avait été placé en détention provisoire pendant 22 jours.
Alors qu’il était jugé pour violences envers les deux agents – le PV d’interpellation lui reprochant d’être initiateur de l’altercation -, son avocat, Maître Arié Alimi, avait fait diffuser à l’audience une vidéo amateur montrant les coups portés au jeune homme par les deux policiers, ce qui avait changé la tournure de l’enquête. Le service de déontologie de synthèse et d’évaluation de la police (SDSE) avait conclu qu’« aucun danger pour les fonctionnaires de police n’était observé avant l’altercation » et que « les premières violences visibles à la vidéo provenaient des policiers ».
Il avait été répertorié de la part de Raphaël L. dix coups de matraque dans la partie médiane du corps et un coup de pied dans les jambes ; de la part d’Anthony C., deux coups de poing et trois coups de pied portés à la tête. Initialement établi à une journée d’incapacité totale de travail, l’impact de ces violences sur Aboubacar S. a été réévalué à 11 jours d’ITT, prenant en compte « le retentissement psychologique » des faits, a précisé jeudi 2 avril le tribunal.

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02.04.2026

« Vous vous rendez compte, vous venez travailler le matin et on vous dit que vous êtes accusé de harcèlement sexuel, alors que vous n’avez rien fait ? » Cela fait plus d’une heure que son procès a commencé à Bobigny, et à entendre Gino S., à la barre de la 14e chambre, ses longs bras levés d’incompréhension, on voit bien qu’il n’a toujours pas compris.
Pas compris qu’on ne peut pas envoyer un déluge de SMS à connotation sexuelle à une subordonnée, lui écrire qu’on « l’imagine bien en bottes de cuir avec un fouet », lui proposer de lui « faire des jumeaux, des triplés ou plus », « je peux pas m’empêcher de mater tes fesses », lui envoyer des photos de dessous, lui proposer encore, en réponse à l’envoi d’un arrêt maladie, « le meilleur remède, c’est du Gino, si tu veux goûter ». Ni l’embrasser malgré elle.

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02.04.2026

Un ancien gendarme du Peloton motorisé d’Ancenis (Loire-Atlantique) a été condamné le vendredi 6 mars 2026 par le tribunal correctionnel de Nantes pour « importation » et « détention d’images pédophiles », après avoir été « piégé » par sa compagne.
Loire-Atlantique : trahi par sa femme, le gendarme téléchargeait des images pédophiles
Cette mère de famille de Mésanger avait eu des doutes sur son compagnon après que sa fille de 15 ans, née d’une première union, ait révélé les « agressions sexuelles » de celui-ci. L’homme l’aurait « prise en photo pendant qu’elle dormait » en « soulevant sa couette au niveau de ses jambes ». Elle se souvient d’un « flash » dans la nuit alors qu’elle était « peu habillée ». Ces premiers faits avaient donné lieu à un « signalement du collège » de l’adolescente.

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Sa belle-fille visée

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L’adolescente avait aussi révélé que son beau-père lui aurait « caressé le mollet en remontant la cuisse », un soir, alors qu’elle faisait une « crise d’angoisse ». Il l’aurait aussi « embrassée contre son gré ».
La présence de son téléphone « en mode caméra » au sol des « vestiaires de la piscine » municipale, un jour qu’il l’accompagnait, l’avait aussi intriguée.
« Elle a toujours été une enfant perturbée : elle consultait un psy avant-même que je connaisse sa mère », s’est défendu le prévenu, qui ne nie pas les faits, mais qui juge qu’ils ont été « mal interprétés » par sa belle-fille. « Sa mère voit ces images sur mon appareil, mais elle a continué d’avoir des relations avec moi », a-t-il fait observer.
Sa compagne le piège en ligne
Reste que la mère de la collégienne était revenue à la gendarmerie d’Ancenis le 21 mai 2024, moins de deux semaines plus tard. Elle s’était entre-temps connectée sous un faux nom sur un site de rencontres pour « échanger » avec son compagnon.
« Elle va vous piéger et se rendre compte que vous êtes intéressé par les jeunes filles », a résumé la présidente du tribunal à l’attention de ce père de cinq enfants. « J’aime les jeunettes », avait-il confié en ligne.
C’est dans ces conditions que les gendarmes avaient passé au peigne fin ses « comptes Google » et « Apple » : on y voyait des « fillettes de 5 à 15 ans » faire « des fellations à des adultes » ou encore « des bébés de 1 mois ».
« Je me fais gerber »
Placé une première fois en garde à vue le 31 mai 2024, puis une seconde le 14 janvier 2025, le gendarme avait expliqué avoir voulu « mettre un peu de piment dans sa vie sexuelle », qu’il trouvait « monotone » avec sa compagne rencontrée cinq ans plus tôt.

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18 mois de prison requis

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Le représentant du ministère public, qui n’était « pas sûr » que l’homme ait « pleinement conscience » des « préjudices considérables » qu’il a pu causer, avait donc requis 18 mois de prison avec sursis probatoire au vu de la « dangerosité » de ce prévenu et du « risque évident de réitération » des faits.

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Condamné à trois ans de prison avec sursis
Le tribunal a finalement prononcé trois ans de prison avec sursis probatoire à son encontre : pendant deux ans, il sera obligé de suivre des soins.

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01.04.2026

Prisons françaises : 87 126 détenus, un nouveau record de surpopulation carcérale

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Au 1er mars 2026, les prisons françaises comptent un taux d’occupation de 137,5 % pour 87 126 détenus, un niveau inédit. une hausse inscrite dans un contexte de surpopulation carcérale persistante, déjà dénoncée par plusieurs instances européennes.

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Le nombre de personnes incarcérées a progressé de près de 5 000 en un an, soit une augmentation de 6,1 %. Dans le même temps, le parc pénitentiaire n’a gagné qu’environ 1 000 places supplémentaires, soit une hausse de 1,5 %. Un véritable écart qui accentue mécaniquement la pression sur les établissements, déjà confrontés à un manque de place et de capacités.

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Le taux d’occupation global atteint désormais 137,5 %, traduisant une surpopulation généralisée. La situation est particulièrement marquée dans les maisons d’arrêt, où le taux d’occupation s’élève à 168,4%. Ces établissements accueillent notamment des personnes en attente de jugement, présumées innocentes, ainsi que des condamnés à de courtes peines.
La saturation du système se traduit par une augmentation du nombre de matelas installés au sol dans les cellules, faute de lits disponibles. Au 1er mars, 6 875 matelas étaient recensés, contre 4 580 un an plus tôt, soit une progression de 50 %.
Par ailleurs, 29 établissements affichent un taux d’occupation égal ou supérieur à 200 %, ce qui signifie que deux détenus, voire davantage, partagent une place prévue pour une seule personne. Certaines zones apparaissent particulièrement touchées, notamment la région parisienne (+161,3%), la région toulousaine (+154,8%) et les territoires d’outre-mer (+147,6%).
Surpopulation, insalubrité, violences… un système carcéral « au bord de l’explosion »
Dans un rapport publié fin janvier, le Conseil de l’Europe a alerté sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain », pointant la surpopulation, l’insalubrité et les violences. La France figure parmi les pays européens les plus concernés par la densité carcérale.

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01.04.2026

Une absence de désescalade, des gestes d’interpellation dangereux et une défaillance du ministère de l’Intérieur dans son devoir de réaction face à cette situation. Dans une décision datée du 23 mars et rendue publique ce mercredi 1er avril, Claire Hédon, la Défenseuse des droits, estime que les policiers qui ont participé à l’interpellation mortelle de Cédric Chouviat, à Paris, en janvier 2020, doivent être sanctionnés pour un usage disproportionné de la force, selon le terme consacré par le code de déontologie de l’institution. L’autorité administrative indépendante tance également la hiérarchie qui n’a pas sanctionné les agents mis en cause alors même qu’un rapport administratif établissait les faits dès l’été 2021. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, n’a pour l’heure pas publiquement réagi à cette décision.

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01.04.2026

Le procureur Jean-Luc Blanchon précise qu’il s’agit d’un jeune de 25 ans condamné pour de multiples délits routiers. Il était incarcéré depuis 2025, sa peine de prison allait jusqu’à 2027.
L’enquête s’oriente vers un suicide
Une enquête est ouverte pour recherche des causes de la mort. D’après le parquet, cette enquête s’oriente vers un suicide par pendaison. Les suicides sont fréquents dans les prisons : d’après l’Observatoire international des prisons, un décès survient en moyenne tous les deux à trois jours en France en milieu carcéral, la plupart du temps par suicide.

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31.03.2026

Après les élèves du lycée François 1er, en centre-ville du Havre le 10 mars 2026, puis une première mobilisation le 20 mars, c’est à nouveau au tour des lycéens de Claude-Monet, situé rue Félix-Faure, en ville haute, de manifester leur mécontentement à l’encontre notamment de la Dotation Horaire Globale pour la rentrée 2026.
Dès 6 heures ce mardi 31 mars 2026, une centaine d’entre eux, rejoints par des camarades d’autres lycées du Havre et de la région (François 1er, Jules-Siegfried, Jean-Prévost à Montivilliers…), ont bloqué l’accès à l’établissement pour dénoncer « la suppression de matières comme la section histoire de l’art ou des options comme le chinois, l’arabe, le grec et le latin qui auront moins d’heures à la rentrée, indique Coline, élève en classe de première. Nous sommes là aussi pour soutenir les personnels du lycée qui ne sont pas assez nombreux : les infirmières, les surveillants… »
Intervention de la police pour débloquer l’accès au lycée
Le blocage ne s’est pas fait sans heurts puisque, peu avant 9 heures, une dizaine de policiers ont chargé et aspergé de bombes lacrymogènes un groupe installé devant la grille afin de les faire reculer. « Ils les font tomber ! », s’écrie un jeune qui assiste à la scène sur le trottoir d’en face. Une personne est à terre alors que plusieurs autres ont les yeux rougis. « Il n’y a pas de blessés graves mais ils nous ont insultés, agressés », regrette Coline.

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Après l’intervention, les élèves de Claude-Monet, qui avaient prévu de bloquer toute la journée, sont partis en direction de la maison des syndicats avant de se rendre devant le lycée François 1er pour tenter de « faire sortir les élèves ». À Franklin, environ 150 à 200 professeurs étaient réunis en assemblée générale dans le cadre d’une journée d’action nationale avant de défiler.

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31.03.2026

Saisie par la plaignante, l’autorité indépendante fait état, à l’issue de son enquête, d’« atteintes aux droits » et de « questions inadmissibles » revêtant un « caractère culpabilisant » et véhiculant « des préjugés sexistes ».
Des propos sexistes pointés du doigt
Dans sa décision, elle pointe « une méconnaissance totale du phénomène des violences sexuelles de la part d’une enquêtrice ayant pourtant été spécialement formée ». Selon le magazine Elle, les faits se sont déroulés au commissariat de Nice.
Parmi les questions posées à la plaignante et son compagnon, figurent notamment « avez-vous résisté ? Vous êtes-vous débattue ? Comment expliquez-vous que vous ne vous êtes pas débattue ? », « est-ce qu’elle est du genre timide dans l’acte sexuel […] ou du genre entrepreneuse, à être une petite cochonne ? » ou encore « est-ce que vous avez pris du plaisir lors des rapports sexuels que vous avez eus avec lui ? ».
Pour Claire Hédon, la fonctionnaire de police a manqué à « son obligation de discernement » et « a manqué à ses devoirs d’exemplarité et d’attention particulière aux victimes ».
Procédure disciplinaire et formations demandées
Face à ce constat, la Défenseure des droits annonce saisir « le ministre de l’Intérieur afin qu’il engage une procédure disciplinaire à son encontre ». Elle recommande parallèlement la généralisation auprès des forces de sécurité, de formations spécifiques sur l’audition et la confrontation de victimes de violences sexuelles.
Dans sa décision, Claire Hédon déplore également plus largement et sans en imputer la responsabilité à l’enquêtrice l’« absence d’information donnée à la victime sur les suites de la procédure à la fin de l’enquête pénale » et s’interroge sur l’opportunité de la confrontation organisée avec le mis en cause.
Elle recommande au ministre de l’intérieur et au ministre de la Justice d’« améliorer les processus de notification des classements sans suite aux victimes » et d’« engager une réflexion » sur la pratique des confrontations dans les affaires de violences sexuelles « afin d’en évaluer l’utilité et de n’y recourir qu’en cas de stricte nécessité ».

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31.03.2026

Fin février, en pleine nuit, Alexandre s’est fait violemment frapper par un policier à Ivry-sur-Seine, au point d’être inanimé sur le trottoir. Une vidéo filmée par des voisins montre l’agent s’éloigner de la victime, les mains dans les poches.
« J’ai cru voir un jeune homme mourir en bas de chez moi », témoigne Agathe.

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Lorsqu’il s’arrête et « attend que la voiture s’arrête à son niveau », elle voit « la portière qui s’ouvre très vite, et le policier se précipite sur lui avec tout son élan et lui porte un coup avec toute sa force » avec un coup de poing « en marteau », détaille-t-elle. La victime, qu’elle décrit comme parfaitement calme et les « mains le long du corps », chute alors « comme un domino », avec la tête qui part en arrière et frappe brutalement le bitume, indique-t-elle.

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Une vidéo, filmée quelques secondes plus tard par son compagnon qu’elle appelle à la fenêtre, montre le policier s’éloigner, les mains dans les poches, d’un corps inanimé étendu sur le trottoir.
Fracture de l’os frontal et traumatisme crânien

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Les médecins lui constatent une « fracture non déplacée de l’os frontal droit » et un traumatisme crânien léger, d’après son compte-rendu des urgences. « Les infirmières m’ont demandé si j’avais reçu un coup de matraque ou de crosse, tellement la blessure était grande », témoigne-t-il.

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« Il est tombé tout seul »
Côté policier, pourtant, le récit est tout autre. Car le fonctionnaire, rejoint trente secondes plus tard par ses collègues, raconte à ces derniers qu’Alexandre a chuté seul dans sa course, indiquent les deux témoins qui entendent la conversation depuis leur fenêtre.

(…)

Pour Alexandre, la victime du coup, « la vidéo montre que le policier ment ».

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Une marque sombre, décelable sur la vidéo dans l’éclairage des lampes torches des policiers, semble confirmer la présence de cette tâche de sang avant tout déplacement d’Alexandre.

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Au contraire, elle affirme que les policiers auraient par la suite éclairé sa fenêtre avec leur lampe en mode clignotant, une pratique policière observée régulièrement dans les manifestations pour saturer les caméras des témoins et des journalistes.
Alexandre a déposé plainte auprès du procureur de la République pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.

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31.03.2026

Du nouveau dans l’enquête ouverte après la mort d’un homme retranché avec un couteau à son domicile à Sainte-Rose en novembre 2025. Ce lundi 30 mars, la gendarme, déjà auditionnée à l’époque, a été placée en garde à vue par l’IGGN. Dès le lendemain des faits, l’auteure du tir mortel avait été entendue par la section de recherches de Saint-Denis, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour “violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner”.

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20.04.2026

Fouilles, palpations, possibilité de saisies d’armes et d’objets dangereux, possibilité de patrouiller aux abords immédiats des gares et des stations de métro : le décret d’application de la loi du 28 avril 2025, paru au Journal officiel dimanche, donne aux 4 000 agents des services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP – respectivement la SUGE et le GPSR – des moyens d’action renforcés pour intervenir plus vite.
104 700 victimes de vols, de violences ou d’escroqueries
Ces agents auront aussi la possibilité d’interdire l’accès aux lieux de transports à des « individus indésirables », a précisé le ministre, ainsi que « la possibilité de saisir la marchandise dans le cadre de vente à la sauvette y compris aux abords immédiats des réseaux », selon un communiqué du ministère diffusé parallèlement.

(…)

Le texte élargit aussi les compétences des agents de sécurité privée intervenant dans les réseaux de transport. Ces derniers peuvent désormais « enjoindre aux personnes présentes dans les réseaux et troublant l’ordre public de sortir des lieux de transports et des véhicules ». Le décret fixe par ailleurs les modalités de leur formation.

(…)

La loi poussée par Philippe Tabarot, destinée à « rendre les transports collectifs plus attractifs », a aussi permis la mise en œuvre des caméras-piétons pour les agents de contrôle, des caméras dans les tramways, et l’autorisation à titre expérimental de l’utilisation des pistolets à impulsion électrique par les agents de la SUGE et de la RATP.

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30.03.2026

« Honte à la police » : des parents dénoncent des enquêtes « insuffisantes » sur les violences sexuelles dans le périscolaire en région parisienne
Un an après le début du scandale du périscolaire en région parisienne, des parents dénoncent des enquêtes qui ne sont pas à la hauteur des faits. Malgré trois interpellations ces dernières semaines, certains regrettent des procédures classées sans suite, des enfants pas ou mal auditionnés, des mis en cause laissés en liberté.

(…)

« Ces cartables sont là pour dire que nous n’oublierons pas nos enfants. Nous sommes là parce que, trop souvent, des faits graves ont été étouffés, minimisés, classés sans suite. Ça suffit ! », clame Barka, membre du collectif #MeTooécole, à l’origine du rassemblement.
Au premier rang, Clémence* essuie ses larmes derrière ses lunettes de soleil, en s’agrippant à sa pancarte. « J’ai écrit : ‘Pas de classement sans suite’. Car l’un des adultes qui étaient ciblés à l’école Alphonse-Baudin [dans le 11e arrondissement de Paris, là où le scandale a démarré au printemps 2025] n’a pas été poursuivi, classé sans suite. Pourtant, ma fille a beaucoup parlé de cet homme-là et notamment des secrets qu’elle avait avec lui », raconte cette mère de famille.
Sur les conseils d’une pédopsychiatre, elle contacte alors la brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris pour demander à ce que sa fille soit auditionnée. Mais malgré plusieurs relances, elle n’est jamais rappelée, comme « beaucoup d’autres enfants », selon elle.
« Honte à la police, honte à la brigade de protection des mineurs », fulmine Clémence. « Depuis un an, on a touché le fond. Je n’arrive plus à mettre mes enfants au périscolaire, ma famille a éclaté, je me suis séparée, je n’ai aucune aide », poursuit celle qui n’ose même plus aller chez les commerçants de son quartier, où elle croise régulièrement celui que sa fille accuse. Contactée par franceinfo, la préfecture de police de Paris assure accueillir « toutes les victimes » et « recueillir l’ensemble des plaintes ».
« Est-ce qu’ils vont détruire les preuves ? »
Clémence n’est pas la seule à s’interroger sur les enquêtes menées par la BPM de Paris. Dans le salon de son petit appartement du très chic 7e arrondissement de Paris, à côté du camion de police avec lequel son fils adore jouer, Grégoire* aussi se sent démuni.
Fin janvier, il découvre avec horreur le reportage de l’émission Cash Investigation sur France 2 consacré au scandale du périscolaire et surtout les images tournées en caméra cachée à l’école publique Saint-Dominique, où son fils est scolarisé. Le lendemain, il interroge son petit garçon de 4 ans. « Il nous raconte un épisode traumatique pour lui. Un de ses camarades envoyé dans la ‘prison’ de l’école. Une salle polyvalente où sont enfermés à clé les enfants, dans le noir, pour les punir », rapporte Grégoire.
Quelques jours plus tard, son fils parle à nouveau, cette fois pour dénoncer des violences qu’il a lui-même subies : « des sévices sexuels », précise Grégoire. « On l’a obligé à faire des bisous sur les parties intimes des animateurs », raconte son père, très ému. « Pour nous, c’est comme une descente d’organes, tout s’effondre », confie Grégoire, qui décide très vite d’aller déposer plainte.
« Quand il a voulu parler, il ne restait que 30 minutes »
Au commissariat du 7e arrondissement, affirme-t-il, les enquêteurs lui expliquent ne plus prendre que les plaintes pour violences sexuelles et pas pour violences physiques ou verbales. « Débordés », assure Grégoire face à la multitude de plaintes venues de l’école Saint-Dominique. Des accusations démenties par la préfecture de police de Paris, qui assure que ses services « ont la capacité » de traiter l’ensemble des plaintes.
Trois semaines plus tard, le petit garçon est convoqué avec ses parents dans les locaux de la BPM de Paris. Mais l’enfant se braque. « Notre fils s’est complètement refermé, caché derrière nous, il ne voulait pas y aller. Là-bas, tout est très minuté donc quand il a voulu parler, il ne restait que 30 minutes. Il a raconté des choses pas forcément cohérentes avec ce qu’il avait dit avant » et c’est le cas de beaucoup des camarades de son fils, assure Grégoire.
« Si tous les enfants passent par ce filtre et que personne ne parle, qu’est-ce qu’on amasse comme preuve dans le dossier et dans l’enquête pour ensuite avancer ? »
D’autant que, sur les animateurs accusés aussi, l’enquête semble au point mort, regrette Grégoire. « Un mois et demi après la révélation des faits, aucune personne mise en cause n’a été interpellée, aucune perquisition n’a été faite, y compris sur leurs matériels informatiques. Ces personnes sont donc en totale liberté et notre première question c’est : Est-ce qu’ils n’ont pas détruit les preuves ou fait en sorte de se protéger ? »
« La politique pénale ne prend pas encore la mesure de la pédocriminalité en France »
Une inquiétude partagée par l’avocate de Grégoire. Pour Negar Haeri, « la politique pénale ne prend pas encore la mesure de la pédocriminalité en France ». Selon elle, « la France n’est pas démunie de moyens ». Il suffit, dit-elle, de comparer « avec l’antiterrorisme, où les mis en cause sont rapidement interpellés, et les outils informatiques sont immédiatement saisis et exploités ».
Sur ce point, la préfecture de police de Paris aussi se défend. D’après les autorités, les effectifs de la brigade des mineurs de Paris ont augmenté de 40% depuis 2019 pour faire face à l’augmentation des affaires (de 600 à 1500 entre 2019 et 2025, tous types d’affaires confondus). Mais ces affaires « ne se traitent pas en quelques jours », explique la préfecture de police de Paris, qui dit être confrontée à une « réalité matérielle ».
« Les enquêteurs de la brigade de protection des mineurs (BPM) doivent réaliser les auditions de toutes les victimes en suivant le protocole NICHD [adapté à l’audition de jeunes enfants, ndlr] – ce qui induit des disponibilités, y compris des parents d’élèves, la réalisation de l’audition, sa retranscription, puis une visite de la victime aux unités médico-judiciaires (UMJ), ainsi que son expertise psychologique – qui s’ajoutent aux auditions des parents et des différents témoins et ce, avant d’envisager un placement en garde à vue du ou des mis en cause », détaille la préfecture.
« Les enquêteurs apportent un soin tout particulier à leurs investigations afin que les faits puissent être jugés sereinement par un tribunal », concluent les autorités. Pas de quoi rassurer complètement Grégoire, qui craint plus que tout que le dossier de son fils soit classé sans suite.
« Elle nous a expliqué qu’un animateur lui avait montré son zizi »
Cette réalité dépasse largement les frontières de Paris. À Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, Olivia* et Jacques* gardent un constat amer de leur expérience avec la police. En novembre 2025, après les vacances de la Toussaint, leur petite fille de deux ans et demi, se met à pleurer tous les matins et refuse d’aller à l’école Jean-Jaurès où elle est scolarisée en petite section depuis la rentrée. Inquiets, ses parents finissent par l’interroger sur les raisons de ces pleurs.
« C’est là qu’elle nous a expliqué qu’un animateur avait fait une grosse bêtise, qu’il lui avait montré son zizi, raconte Olivia. Elle nous a montré comment cet animateur avait procédé et elle nous a dit qu’on lui avait indiqué que c’était un secret, qu’il ne fallait en parler ni à son papa, ni à sa maman, ni à son grand frère scolarisé dans la même école. » Au fil de la discussion, la petite fille évoque finalement le nom de trois animateurs.
Là encore, les parents préviennent immédiatement l’école, puis la police. La brigade de protection des mineurs de Seine-Saint-Denis est saisie. Une semaine plus tard, une brigadière de la BPM contacte le couple. Sur conseil d’une avocate, Olivia demande alors à ce que sa fille soit auditionnée selon le protocole Mélanie, adapté au recueil de la parole des jeunes enfants. « Là, j’ai senti tout de suite que le ton avait changé », affirme Olivia qui dit se souvenir mot pour mot des déclarations de la policière.
« Votre fille n’a pas été violée, est-ce que cela ne vous suffit pas ? »
À ce moment-là, sa fille a été examinée par un médecin qui conclut à l’absence de viol, mais à la possibilité d’une agression sexuelle : « La policière me dit : ‘Votre fille n’a pas été violée, est-ce que cela ne vous suffit pas ?’ Puis elle me dit : ‘Dans la mesure où elle n’a pas été violée, il n’y aura rien dans notre dossier et ce sera classé sans suite’. »

(…)

« J’ai eu l’impression d’être considérée comme une maman hystérique qui exagérait, je me suis sentie déraisonnable et pas prise en considération. »
Trois semaines plus tard, le dossier est effectivement classé sans suite par le parquet de Bobigny, car la petite fille « était revenue sur les déclarations relayées par ses parents et ne faisait plus état de rien », explique à franceinfo une source proche du dossier.
Inacceptable pour l’avocate d’Olivia et Jacques, Laure Boutron-Marmion. « À quel moment on se contente de sa parole à elle, sans faire une véritable enquête sur les animateurs mis en cause ? Ces animateurs ont déjà exercé dans d’autres écoles, a-t-on appelé ou pas ces écoles ? La réponse est non. Aucun outil numérique n’est regardé. On sait pourtant que la pédocriminalité passe aussi par là », dénonce l’avocate spécialisée dans les affaires de violences sur mineurs.
« Le problème c’est qu’on se contente de la parole de la victime alors qu’il s’agit d’enfants en très bas âge. »
Pour elle, les policiers n’ont pas non plus étudié, lors de cette enquête, les signalements d’autres parents. Pourtant, selon elle, trois autres familles ont fait état d’accusations sur ces mêmes animateurs. D’après nos informations, deux nouvelles enquêtes sont effectivement ouvertes depuis le début de l’année sur ces signalements. De leur côté, Olivia et Jacques ont saisi jeudi 26 mars, la justice pour demander la réouverture des investigations concernant leur fille.

(…)

Des propos qui hérissent Kathleen Taieb. Cette avocate, membre de l’antenne mineurs du barreau de Paris représente une vingtaine de parents, surtout parisiens, dans les affaires du périscolaire. Pour l’avocate, on ne peut accepter un classement sans suite que si l’enquête a été à la hauteur, ce qui n’est pas souvent le cas dans ces affaires, selon elle.
« Je constate quasiment tous les jours que le nécessaire n’a pas été fait et n’est pas satisfaisant, je ne peux pas dire aux parents : ‘C’est sûr votre enfant n’a rien vécu’. Donc il y a un problème », poursuit l’avocate. Des enquêtes qui, parfois aussi, sont totalement à l’arrêt, deux ou trois ans après les plaintes. Le risque, dit Kathleen Taieb, c’est donc que l’on ne tire aucune leçon de ce scandale. « On attend que la vague passe, dit l’avocate. Au risque que cela recommence. »

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30.03.2026

Douze personnes sont jugées à Boulogne-sur-Mer depuis ce lundi dans une affaire de fraude d’ampleur à l’immatriculation. Parmi elles, un policier originaire de l’est de la France accusé de corruption : il reconnaît avoir envoyé des captures d’écran de fichiers d’immatriculation ou de véhicules volés.

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30.03.2026

Un gendarme forçant ses compagnes à pratiquer le libertinage ? C’est l’affaire que le tribunal de Versailles devra juger le 15 mai 2026.
L’homme de 34 ans est donc accusé d’avoir poussé ses deux conjointes successives à s’offrir à d’autres hommes, dont un pompier, entre le 1er septembre 2018 et le 31 juillet 2023. Des faits qui auraient été commis à Versailles (Yvelines), alors qu’il était affecté à la gendarmerie mobile de Satory.
Il demandait parfois à ce que les scènes soient filmées pour les regarder par la suite.

(…)

Les deux femmes concernées, dont une est gendarme, auraient soutenu avoir agi contre leur gré. Une des plaignantes a, en plus, fait état de paroles dégradantes et dénigrantes. Des paroles portant sur son poids, par exemple
Pour le moment, le gendarme concerné a été envoyé en Seine-et-Marne, retiré du service actif alors qu’il était officier de police judiciaire (OPJ). Il s’occupe de faire de l’archivage.

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30.03.2026

Samedi, une femme est décédée au large de Mayotte.

(…)

Nouveau drame au large de Mayotte. Une femme dont la nationalité n’a pas été précisée est morte samedi 28 mars après le chavirage de son kwassa au large de l’îlot Mtsamboro – la plus petite île de l’archipel français. Selon Mayotte 1ère, le drame s’est déroulé lors de l’interception de l’embarcation par la Police aux frontières (PAF).

(…)

Malgré la tentative de réanimation du Smur (Structure mobile d’urgence et de réanimation) et des pompiers à Longoni, la femme tombée à l’eau n’a pas pu être ranimée.

(…)

En juillet 2025, un kwassa transportant des migrants était entré en collision avec un bateau de la police nationale. Selon les autorités, le canot avait là encore refusé d’obtempérer. Le choc a provoqué le chavirage de l’embarcation. Deux personnes sont décédées et dix-sept autres ont été secourues.
Aucun bilan précis sur cette route migratoire
Selon une enquête du Monde, paru en septembre 2025, les forces de l’ordre françaises sont pointées du doigt pour leur mode d’interception des kwassas – susceptible de provoquer des naufrages.
Depuis des années, des groupes de migrants espèrent rejoindre le département français perdu dans l’océan indien. De plus en plus d’exilés venant de la région des Grands Lacs entreprennent la dangereuse traversée depuis les côtes de Tanzanie pour tenter de rejoindre l’archipel.

(…)

Aucun bilan précis n’existe sur cette route migratoire dans l’océan indien. Mais d’après les données publiques du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Sud océan Indien, au moins 477 exilés sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un rapport du Sénat français de 2012 qui soulignait « les dangers de longue date de cette route » estimait que ces traversées ont causé « entre 7 000 et 10 000 morts entre 1995 et 2011 ».
Pour rappel, aucune ONG ne sillonne la zone, il est ainsi probable que de nombreuses embarcations précaires aient pu couler sans avoir été répertoriées.

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29.03.2026

Selon l’ordonnance du juge des référés rendue le 13 mars, des efforts ont été faits à la maison d’arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont le taux de surpopulation atteint 213 %. Et nombre de mesures relèvent d’un « choix de politique publique ».
Trois semaines après la sanction disciplinaire infligée à un détenu parce qu’il a refusé l’arrivée d’un cinquième homme dans la cellule, un autre détenu de la maison d’arrêt de Nanterre se plaint des conditions de détention dans ce centre pénitentiaire surpeuplé des Hauts-de-Seine. Pas de procédure disciplinaire pour celui-ci, puisqu’il a attaqué l’État au tribunal administratif.
Par la voix de son avocat, Me Fabien Arakelian, cet homme incarcéré depuis juillet 2023 a demandé que soient ordonnées des mesures d’urgence censées améliorer les conditions de détention « alarmantes » dans cet établissement où le taux de surpopulation atteint 213 %, où 220 détenus dorment sur des matelas au sol, où les douches sont sales, les cafards à la fête, les cellules « vétustes et insalubres », ne comportant ni mobilier suffisant pour le nombre de détenus qu’elles hébergent ni cloisonnement des sanitaires, où le système électrique est « défectueux », l’aération dysfonctionnelle… Un tableau sinistre qui décrit « des conditions de détention indignes ».
« Circulez, y’a rien à voir »
Pour le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), aucune des mesures demandées par le détenu via son avocat ne peut être acceptée. Premier argument : le juge des référés ne peut ordonner des mesures d’urgence que si celles-ci lui « apparaissent de nature à sauvegarder, dans un délai de 48 heures, la liberté fondamentale à laquelle il est porté une atteinte grave », lit-on dans la décision. Deuxième argument : les demandes portent « sur les mesures structurelles et des choix de politique publique ».
En juin 2023 pourtant, le même tribunal administratif avait enjoint le ministère de la Justice de procéder à des travaux « sans délai », pour réparer les fenêtres cassées, les installations électriques… Sept mois plus tôt, le juge des référés avait rendu une ordonnance enjoignant le ministère de prendre huit mesures d’urgence.

(…)

Bref, « circulez, y’a rien à voir », s’étrangle Me Arakelian. « Le mandat de dépôt de mes clients ne mentionne pas qu’ils doivent purger leur peine dans des conditions indignes », grince l’avocat, promettant de « multiplier les saisines du tribunal administratif » pour le compte de ses clients. « C’est peut-être le moment de se reposer la question du mécanisme de régulation carcérale », exhorte le pénaliste.

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28.03.2026

14 mars 2026, Grenoble : un supporter fracassé au visage

(…) Les Red Kaos, groupe de supporters Grenoblois, ont annoncé sur les réseaux sociaux porter plainte contre la police. Dans un communiqué, ils dénoncent « une violence brutale et disproportionnée » alors « que les supporters des deux camps se repliaient ». Selon l’avocat de la victime, sa blessure aurait nécessité plus de 70 points de suture sur le visage. Les coups portés ont été tellement violents qu’un bout de chair lui pendait du nez… Le seul blessé grave de cette après-midi là est le fait de la police, pas de la bagarre que la police prétendait empêcher.


Noisiel, 16 mars : déferlement de violences racistes

(…) On y voyait un policier s’exclamer dans la rue : «Vous voulez jouer ? On va vous enc*ler !» C’est ensuite un déferlement de violences aussi extrêmes que gratuites. Des policiers hurlent, armes au poing, sur des passants. Un tir de LBD part aux cris de «lève toi».

Puis un homme subit un lynchage. Un agent lui crie de courir, avant de tenter de lui mettre une balayette, un autre le met en joue au LBD. L’homme est plaqué au sol et immédiatement tabassé. Une grenade lacrymogène se déclenche au niveau de sa tête, pouvant occasionner de graves blessures. Il est traîné au sol, inanimé. La vidéo s’arrête là.

(…) Ce soir là, trois mineurs de 15 ans ont aussi été placés en garde à vue. L’un d’eux est celui qui reçoit un tir de LBD dans la vidéo. Il est lui aussi tabassé au sol à coup de pieds par un policier. Sa sœur, Meliane explique : « Il a ensuite essayé de courir. On lui a dit : ‘Arrête-toi’. Il s’est arrêté immédiatement, il a mis les mains en l’air. On lui a tiré dessus avec un flashball, il s’est fait menotter et ensuite il s’est pris des coups de pied », rapporte-t-elle. La jeune femme assure qu’il a été hospitalisé 24 heures à la suite de cette interpellation. Il a aussi été victime d’insultes racistes : « Il s’est fait traiter de ‘sale bougnoule, sale n***’ ».

(…) Enfin, un autre homme, Bader Ibrahim, qui était présent sur les lieux, se dit recherché par la police qui veut le « faire taire ». Il a expliqué au journal l’Humanité avoir « peur ».


21 Mars, Vitry-sur-Seine : passé à tabac pour un barbecue

(…) Ce sont des adolescents de 16 et 17 ans pour la plupart. Vers 21h, la soirée vire au cauchemar : ils vont être victimes d’une descente punitive de police.

Plusieurs d’entre eux sont poursuivis et coursés par les policiers, certains frappés. Adel, 17 ans se retrouve coincé dans un hall d’immeuble. Menotté, il est frappé par plusieurs policiers et reçoit une décharge de pistolet électrique. C’est une maman du quartier qui s’interpose en filmant la scène. « Ferme ta gueule, tu vas mourir ce soir sale arabe ». Ce sont les mots menaçant et racistes d’un agent assermenté de l’État. Sans l’intervention du voisinage, Adel serait-il mort tabassé par la police ? Malgré ses blessures lourdes, et son admission à l’hôpital, le jeune homme sera placé en garde à vue par les fonctionnaires de police. Il y a derrière les images de blessures un enfant, une famille, des vies.


22 mars, Rilleux-la-Pape : morsure de chien policier à la gorge

Ce dimanche, lors d’un contrôle, un chien policier démuselé a été lâché sur un jeune homme de 16 ans, qui a été mordu à la gorge. Des vidéos montrent les traces de crocs des deux côté de son cou, dont une enfoncée profondément près de la carotide. Les médecins ont expliqué à la famille qu’à 2 centimètres près, il serait sans doute mort. Les habitants dénoncent un climat détestable dans cette commune, avec une omniprésence policière et des violences répétées, notamment de la police municipale.

(…) Cette fois-ci, le maire raconte que « la laisse du chien cède » et que « l’animal est alors frappé au visage ». Sauf qu’une vidéo montre la scène : des jeunes en bas d’une tour, encerclés par des policiers municipaux agressifs équipés de lampes, et un agent de police qui tire le chien d’attaque vers lui, détache sa laisse et sa muselière, avant que le canidé ne saute sur le jeune, suivi d’un gazage, de coups et d’une mêlée générale.


11 mars Ivry-sur-Seine : un homme handicapé frappé chez lui

Cette affaire a eu lieu durant une perquisition. Ce matin là, la police débarque dans un appartement pour interpeller quelqu’un qui n’était pas sur-place. Pour rien donc. Et plutôt que de repartir, elle en profite pour tabasser un jeune homme de 24 ans soufrant d’un handicap mental lourd. Il est dans un état grave, son oreille a été partiellement découpée. Il s’appelle Islam M., et ne peut pas s’exprimer sur ce qu’il a subi.

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28.03.2026

Lors de la dizaine de coups de feu tirée par le fonctionnaire, un passant a été légèrement blessé, a priori par ricochet. Le parquet a ouvert une enquête.

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27.03.2026

Deux participants à une rave party organisée en décembre à Carhaix (Finistère), dont le camion avait été touché par les tirs d’un gendarme, ont demandé la saisie d’un juge d’instruction pour « tentative de meurtre », a annoncé leur avocat vendredi 27 mars 2026.
« J’ai fait des demandes de suivi de procédure et nous n’avons reçu aucune réponse du parquet. Mes clients n’ont été ni auditionnés, ni convoqués », a déclaré Me Pierre Brunisso à l’AFP.
« Violences volontaires »
Il a ajouté avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile, visant également des faits de « violences volontaires », afin qu’un juge d’instruction soit saisi. Dans cette plainte, dont l’AFP a obtenu copie, Me Brunisso demande notamment que l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) soit en charge de l’enquête.
Elle est accompagnée de la photo du camion présentant deux impacts de balle dans la porte avant gauche. Les deux tirs ont eu lieu dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 janvier alors que Victor, 28 ans, et Emmanuel, 37 ans, quittaient la fête illégale ayant rassemblé 2.500 personnes sur un ancien site industriel Entremont.

(…)

Le 16 décembre dernier, le procureur de Brest Stéphane Kellenberger avait confirmé avoir ouvert une enquête en vue d' »éclairer les circonstances de cet usage d’arme à feu ».

(…)

Victor, le conducteur du camion a lui nié tout refus d’obtempérer, disant avoir été visé par les tirs alors qu’il sortait du site de la rave party au milieu des gaz lacrymogènes et du vacarme des explosions de grenades.

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27.03.2026

Le carnaval de La Plaine est de retour à Marseille ce dimanche 29 mars 2026. La préfecture de Police a pris plusieurs mesures fortes, dont son interdiction à partir de 19h.
Il est redouté chaque année, mais il aura une nouvelle fois bien lieu. Ce dimanche 29 mars 2026, la 27e édition du carnaval de La Plaine se déroule à Marseille.
Depuis des années, l’événement est très critiqué en raison de certains débordements en soirée. Alors, la préfecture de Police a décidé de prendre des mesures avant même sa tenue.

(…)

Chez les autorités aussi, l’événement est craint. Déjà, car il « ne fait l’objet d’aucune déclaration », mais aussi car depuis quelques années, « de graves troubles à l’ordre public » y sont constatés.

(…)

Le carnaval interdit dès 19h
Face à ces enjeux, les services de l’État ont décidé de l’interdire purement et simplement à partir de 19h.
Plusieurs autres ont été prises :
– La détention et le transport d’objets susceptibles de constituer une arme par détention, du dimanche 29 mars 13h, au lundi 30 mars, 3h.
– L’utilisation, le port et le transport d’artifices de divertissement du 28 mars 8h au 30 mars 3h.
– La vente de boissons alcoolisées à emporter et la vente de boissons dans un contenant en verre sur la voie publique à proximité de la place Jean Jaurès du 29 mars 10h au 30 mars 3h.
– La vente de carburants, gaz inflammable ou produits combustibles du 28 mars 8h au 30 mars 6h.
La préfecture de Police indique que tout non-respect de ces règles peut être sanctionné de six mois de prison et 7 500 euros d’amende.

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27.03.2026

Les affections dentaires sont particulièrement fréquentes en prison. Mais se faire soigner est souvent un parcours du combattant.
« Je demande depuis mai à être extrait à l’hôpital pour que l’on m’arrache six dents mortes. Mais à ce jour, rien. […] Ma santé dentaire se détériore de jour en jour, tout comme ma santé mentale. Je ne sais plus quoi faire. » Le témoignage de Monsieur T., incarcéré au centre de détention de Bapaume, est tout sauf isolé. De nombreuses personnes détenues font état de leur attente, de leur souffrance et de leur abattement face aux difficultés d’accès aux soins dentaires en prison. Cette situation, corroborée par les professionnel·les de santé, est d’autant plus alarmante que les personnes détenues sont particulièrement touchées par des problèmes de santé dentaire.
Saisies par l’OIP, plusieurs agences régionales de santé (ARS) et unités sanitaires en milieu pénitentiaire (USMP) confirment un accès aux soins particulièrement sinistré. Dans un contexte de surpopulation, les délais d’attente s’allongent et le nombre de consultations dentaires accessibles diminue.
Le rapport d’activité de l’USMP de la maison d’arrêt de Périgueux souligne ainsi qu’« un nombre important de reports ou d’annulations de consultations médicales est constaté tout au long de l’année » dernière. En 2024, 64% des rendez-vous pris ont dû être annulés. De son côté, l’USMP de la maison d’arrêt de Strasbourg fait état de six mois d’attente pour une consultation de médecine dentaire, en dehors des situations urgentes. Pour les nouveaux arrivant·es, l’ARS de Martinique évoque trois à quatre mois d’attente avant qu’un premier bilan dentaire soit effectué, alors même que chaque personne détenue devrait normalement « bénéficier d’un examen médical dans les plus brefs délais[1]».
Des moyens humains et matériels dégradés
Les longs délais, l’annulation et le report de consultations sont principalement dus au manque de personnel médical dans les USMP. Dans de nombreux établissements pénitentiaires, les postes de dentistes et d’assistant·es dentistes sont très peu pourvus, voire pas du tout. Au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, le poste de chirurgien-dentiste serait ainsi vacant depuis deux ans. L’ARS d’Auvergne-Rhône-Alpes parle d’« un sous-effectif quasi chronique et sur toutes les USMP du territoire en dentistes ».
Ce manque d’effectif s’explique, selon les ARS, par les difficultés de recrutement de praticien·nes, du fait d’« un manque d’attractivité spécifique au milieu carcéral » et de la localisation de certains centres pénitentiaires dans des déserts médicaux. De nombreux postes d’infirmier·ères sont également vacants, limitant les possibilités de prise en charge médicale des personnes détenues. Dans certains cas, des tensions entre les équipes médicales et les directions d’établissements pénitentiaires aggravent cette situation[2]. Le sous-effectif est encore exacerbé par la surpopulation carcérale : alors que les besoins ne cessent de croître, le nombre de soignant·es reste calculé sur la base du nombre de prisonnier·ères théorique et non effectif.
Le manque de moyens humains est couplé à un matériel parfois dégradé et insuffisant. C’est le cas du centre pénitentiaire de Fa’a’ā-Nu’utania, en Polynésie française, qui indique dans son rapport d’activité de 2024 devoir travailler dans des locaux « en sous-sol, sans aération ni issue de secours », ne « répondant pas aux normes de sécurité des personnels ». Le cabinet dentaire de la maison d’arrêt de Périgueux, quant à lui, a dû fermer trois semaines cette année pour « contamination dans le système d’eau ». L’ARS de Martinique, pour sa part, indique ne disposer « que d’un fauteuil [de dentiste], initialement prévu pour 500 détenus », alors que le centre pénitentiaire de Ducos, unique prison de l’île, enferme plus d’un millier de personnes.
Arracher plutôt que soigner
En réponse à cette situation, de nombreuses ARS et USMP ne peuvent avoir recours qu’à des solutions de court terme, insuffisantes au regard des besoins de la population pénale. Il est fait appel à des étudiant·es dentistes, à des dentistes libéraux ou intérimaires pour combler les postes non pourvus. Des journées de prévention sur l’hygiène buccale sont également organisées.
À défaut d’une intervention médicale adaptée, les personnes détenues se voient régulièrement administrer des antalgiques, dont certains présentent de forts risques de dépendance. Monsieur B., incarcéré au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure et ne bénéficiant plus de soins depuis janvier 2025, explique ne pas avoir de prise en charge médicale « à part des bains de bouche et du Tramadol », malgré une santé bucco-dentaire catastrophique : « Il me reste deux dents. Je souffre, j’ai mal aux gencives, mon visage change tous les deux ou trois mois. »
Pour les personnes détenues parvenant à obtenir un rendez-vous avec l’unité sanitaire, l’opération dentaire pratiquée le plus souvent est l’arrachage de dents. En effet, l’impératif pour un personnel médical en sous-effectif de traiter un nombre trop élevé d’urgences dentaires ne permet pas d’envisager les traitements nécessitant un suivi régulier. L’arrachage de dents, peu coûteux en temps et en moyens humains, apparaît alors aux soignant·es comme la seule solution. Monsieur E., incarcéré au centre de détention de Joux-la-Ville, rapporte avoir eu « 19 dents arrachées sur 32 ». Ces interventions sont parfois questionnées par les personnes détenues, considérant que d’autres formes de soin auraient été possibles.
S’automutiler comme dernier recours
Face à la douleur et à l’impossibilité de se faire soigner dans un délai raisonnable, les automutilations sont courantes. C’est le cas de Monsieur T., qui rapporte avoir dû « intervenir deux ou trois fois pour crever un abcès avec une aiguille, [s]’arracher un bout de dent avec un coupe-ongle ou [s]’ouvrir la gencive ». Une autre personne détenue, incarcérée au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran, raconte s’être ouvert la gencive « avec une lame de rasoir désinfectée au briquet ». Ces interventions improvisées dans la détresse, avec un matériel non conforme et dans un environnement non stérile, sont très dangereuses et présentent des risques d’infection.
Le problème structurel d’accès aux soins dentaires en milieu carcéral affecte lourdement la santé des personnes détenues concernées. Elles sont confrontées à d’intenses souffrances quotidiennes, les entravant dans des choses aussi élémentaires que la communication ou l’alimentation. Monsieur B. dit avoir « du mal à parler, à prononcer certaines syllabes et consonnes » et souhaiter un certificat médical pour qu’on lui donne du pain de mie plutôt que du pain classique, qui lui « fait mal aux gencives ». À ce jour, sa demande est restée lettre morte. Ces situations ont également un effet délétère sur la santé mentale des personnes détenues : « Ça joue sur mon mental, psychologiquement je ne suis pas bien. […] Elle est où, ma dignité ? »
Face à des problèmes que l’OIP observe depuis sa création dans les années 1990[3], et qui semblent empirer[4], il est urgent de prendre les mesures nécessaires pour assurer le respect de l’article L. 322-1 du code pénitentiaire, disposant que « la qualité et la continuité des soins sont garanties aux personnes détenues dans des conditions équivalentes à celles dont bénéficie l’ensemble de la population ».
par le groupe Collecte de l’OIP
Cet article est paru dans la revue de l’Observatoire international des prisons – DEDANS DEHORS n°128 – Préparation à la sortie de prison : le grand renoncement
[1] Article R. 212-16 du code pénitentiaire
[2] Voir par exemple : « Absence de médecin depuis plus de quatre mois au centre de détention de Joux-la-Ville : la santé d’une personne détenue en danger », OIP, 8 juillet 2025.
[3] Voir par exemple : « Édenté… », Dedans Dehors n° 4, novembre/décembre 1997.
[4] La santé incarcérée. Enquête sur l’accès aux soins spécialisés en prison, OIP, juillet 2022.

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27.03.2026

Roxane Sinigaglia, 26 mars. Ce jeudi 26 mars, le tribunal judiciaire de Paris a rendu son jugement dans la procédure visant Olivia Zemor, présidente d’Europalestine, poursuivie pour « apologie du terrorisme » en raison de son soutien au peuple palestinien.
Le verdict est d’une brutalité inouïe :
24 mois de prison avec sursis,
une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes,
3000 euros de dommages et intérêts,
2000 euros de frais de justice,
ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans.
Dès la sortie du tribunal, elle a dénoncé la brutalité de cette condamnation, et a annoncé faire appel de cette décision qui marque un saut dans la répression de ceux et celles qui ont dénoncé le génocide du peuple palestinien : « Cette décision a remis une couche sur les décisions déjà très graves du procureur ».
Depuis plusieurs mois, l’association Europalestine est visée par une offensive répressive brutale de la part du gouvernement. Il y a seulement quelques jours, son vice-président, Nicolas Shahshahani, âgé de 77 ans, a été perquisitionné et interpellé violemment dans le cadre d’une nouvelle procédure d’« apologie du terrorisme ».
Loin de se laisser intimider, Olivia Zemor appelle à poursuivre la mobilisation : « Les actes d’Israël continuent à Gaza, en Iran, au Liban, en Cisjordanie, et le gouvernement collabore depuis le début de ce génocide avec les responsables. On ne nous empêchera pas de soutenir les gens qui luttent contre la colonisation israélienne. On ne nous intimidera pas. Cela fait 24 ans qu’on lutte pour la cause palestinienne, on ne s’arrêtera pas ».
Il est essentiel de faire front face à la criminalisation des soutiens de la Palestine. Alors que le gouvernement cherche à faire du cas d’Olivia Zemor un exemple de répression pour terroriser le mouvement de solidarité avec Gaza, il faut organiser un large front en solidarité avec les réprimés et contre le génocide en cours. Ce samedi, soyons nombreux à Paris et partout en France à manifester pour la Palestine, exiger la fin du génocide en Palestine et de la guerre impérialiste au Moyen-Orient, ainsi que l’abandon des poursuites contre les militants d’Europalestine et les militants de la cause palestinienne.
Source : Révolution permanente

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27.03.2026

Le Ministre de l’Intérieur connaissait en temps réel tout le déroulé des faits, que l’attaque venait des fascistes et le pedigree nazi du défunt, mais a laissé se répandre un narratif totalement mensonger visant à diaboliser la gauche depuis plus d’un mois : il doit démissionner.
(…) Vu la gravité de ces informations, toute cette affaire apparaît comme une barbouzerie de très haut niveau, visant à détruire le seul parti d’opposition et à diaboliser l’antifascisme. Il s’agit d’une manœuvre de police politique digne de romans noirs ou de régimes corrompus. Les députés qui ont fait une minute de silence pour un nostalgique d’Hitler doivent s’excuser, les Ministres de l’Intérieur et de la Justice doivent tomber, les médias doivent réaliser un démenti général, et les antifascistes doivent être libérés immédiatement.

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27.03.2026

Renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bergerac, ce vendredi 27 mars, après l’échec de sa comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) en décembre 2025, le policier qui avait percuté deux pompiers sur la RN 21 à Douville, le 6 juin, devra une nouvelle fois se présenter à la barre dans les mois qui viennent.

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27.03.2026

Ils comparaissaient ce vendredi 27 mars devant le tribunal correctionnel de Nouméa, pour des faits de vols et de violences survenus en mai 2022 à Nouméa.
Sur les images, on les voit intervenir, fortement alcoolisés, dans le squat de Kowe Kara.

(…) Il va même plus loin. Devant le tribunal, cet ancien policier « déplore, dans les auditions, qu’il manque des noms » au dossier.
Le plus âgé, déjà interdit de voie publique pour deux condamnations pour violences, lorsqu’il était encore en fonction, a réfuté une partie des faits qui lui étaient reprochés. Ce jour-là, il avait rejoint l’équipe au commissariat avec un pack de bière et une bouteille de whisky, avant de partir en intervention avec ses collègues. Il n’était pourtant plus affecté à ce service.

(…) L’audience révèle que deux de ces agents de Police ont agi en toute impunité pendant des années. Ils se rendaient régulièrement dans les mêmes secteurs de Nouméa, afin de soutirer de l’argent à des jeunes dont les dossiers judiciaires étaient bien remplis.

(…) « Comment voulez-vous que les jeunes croient en la police, si on se comporte comme ça ? Vous portez une lourde responsabilité de l’image que vous donnez à la population », a déploré le ministère public. « On a affaire à un groupe de Police totalement hors sol. Ils se sont comportés comme les délinquants qu’ils traquaient. C’est un système mafieux. »

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27.03.2026

Condamné à sept ans de prison par la cour criminelle de Loire-Atlantique, le CRS responsable du tir ayant conduit à la mort d’Aboubacar Fofana, en 2018 à Nantes, a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire ce vendredi 27 mars 2026.

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26.03.2026

Au petit matin. Une opération de contrôle des sacs, réalisée par la police nationale de Tarn-et-Garonne, s’est déroulée à l’entrée du collège Olympe-de-Gouges de Montauban le mardi 24 mars.
Près d’un millier d’élèves fouillés
Réalisée dans un contexte de vigilance face aux risques d’atteinte à la sécurité au sein des établissements scolaires, cette action dite de « prévention », réalisée en présence du préfet de Tarn-et-Garonne Vincent Roberti et du directeur académique des services de l’Éducation nationale en Tarn-et-Garonne Cyril Le Normand, visait à « rechercher des objets prohibés (couteaux, armes..) et des produits stupéfiants », a confirmé le préfet.

(…)

Si aucun objet illégal n’a été trouvé durant cette opération, Vincent Roberti a confirmé que « des opérations similaires sont prévues d’ici à la fin de l’année à l’entrée des collèges et lycées du département ».

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26.03.2026

Il y a plusieurs mois, il avait accédé, en dehors de tout cadre légal, aux images de vidéosurveillance de la ville. C’est-à-dire sans autorisation, alors que les besoins du service ne nécessitaient pas qu’il pénètre dans le système informatique.

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26.03.2026

Selon le parquet de Paris, sollicité par franceinfo, la jeune policière, affectée à l’accueil du public dans un commissariat marseillais, est accusée d’avoir consulté plus de 5 000 fiches et d’avoir vendu des informations confidentielles au grand banditisme : personnes recherchées, antécédents judiciaires ou encore voitures volées. Elle vendait la fiche 15 euros, contre des prix allant de 50 à 100 euros habituellement. Elle avait ainsi gagné au moins 10 000 euros sur un compte PayPal en quatre mois seulement, entre mai et septembre 2025. La policière remettait les informations puisées dans les fichiers confidentiels à un intermédiaire sur l’application Telegram.
Des fiches revendues à des criminels chevronnés
Cet intermédiaire revendait à son tour les fiches à des criminels chevronnés dans toute la France. Il a été arrêté il y a deux semaines, le 11 mars dernier, avant d’être mis en examen et placé en détention provisoire le 13 mars. Selon le parquet de Paris, au moins une dizaine d’opérations de police judiciaire ont été concernées, que ce soit en matière de trafic international de stupéfiants, de tentative de meurtre, ou encore de détention d’armes.

(…)

L’enquête de la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a été ouverte notamment pour « corruption active » et « corruption passive », « accès frauduleux en bande organisée dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’Etat », « extraction et transmission frauduleuse en bande organisée de données d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’Etat », ou encore « participation à association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement ».

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26.03.2026

L’homme a été reconnu coupable de corruption passive et de violation du secret professionnel pour avoir monnayé des informations confidentielles.

(…)

Ce jeudi (26 mars), le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a prononcé une peine de quatre ans de prison de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, et une interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique à l’encontre d’un policier de 47 ans.
Le 12 février 2026, l’affaire avait été jugée et le fonctionnaire était poursuivi pour corruption passive et violation du secret professionnel.
Cinq ans de prison avait été requis

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26.03.2026

L’homme reconnaît qu’il était saoul après avoir absorbé « des bières 8’6» qui, comme leur nom l’indique, sont fortes en alcool. Mais pour le reste, sa version est totalement différente. « Je n’ai pas frappé le policier. Une fois dans leur véhicule, ils m’ont coincé la tête entre les sièges avant et je prenais une baffe à chaque fois qu’ils passaient une vitesse. À l’hôpital, ils m’ont traîné au sol. Au commissariat, ils m’ont claqué la tête contre une porte. »
« Moi aussi, je veux porter plainte »
(…)
L’avocat de la défense apporte alors quelques précisions décisives. « Mon client s’était auparavant rendu au commissariat pour porter plainte contre des squatteurs qui l’agressaient. Sa plainte a été refusée. Il est ensuite allé à la gare pour recharger son téléphone puis sur les lieux de l’incendie après avoir aperçu un nuage de fumée. C’est totalement fantaisiste mais il voulait filmer pour revendre les images à la presse !
C’est là qu’un voisin l’a aperçu et l’a accusé d’avoir mis le feu. Il a été plaqué au sol. Une fois arrivés sur les lieux, les policiers ont pris pour argent comptant la déclaration du voisin. Il aurait fallu consulter les vidéosurveillances du commissariat et de la gare ce qui aurait prouvé qu’il ne pouvait être, au même moment, à l’origine de l’incendie. Les vidéos de l’hôpital n’ont pas été vérifiées non plus. Enfin, pourquoi n’a-t-on pas auditionné l’infirmière qui se trouvait présente dans le box où il a censément donné un coup de pied dans les parties génitales du policier ? »

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26.03.2026

Le 1er janvier 2019, Brahim Moussa, 25 ans, décédait un mois après avoir été atteint par une balle de la police, à Lille. La juge d’instruction chargée du dossier a prononcé en non-lieu en faveur du fonctionnaire de la BAC. L’avocat des proches du défunt a fait appel.

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26.03.2026

L’ex-policier Laurent D. a été condamné à six mois avec sursis et interdit définitivement d’exercer, huit ans après des violences. Depuis dix ans, StreetPress avait relaté quatre autres accusations de violences de l’agent, toutes classées sans suite.

Mehdi B. est le cinquième habitant de la Seine-Saint-Denis à avoir déposé plainte en moins d’un an, entre octobre 2016 et août 2017, contre Laurent D., dit « Skoll », alors policier au sein de la brigade anti-criminalité (BAC) du Raincy. Ce 26 mars, après neuf ans d’une procédure passée entre les mains de plusieurs juges d’instruction, l’ancien policier de 45 ans a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis par le tribunal de Bobigny pour des violences volontaires sur Mehdi B. lors de son interpellation puis dans le commissariat de Raincy à l’été 2017, quelques mois avant d’être radié de la police nationale pour vol. La peine d‘« avertissement » est accompagnée de l’interdiction définitive d’exercer la fonction de policier et de détenir une arme pendant cinq ans, Il doit également verser 4.000 euros à la victime.
Les quatre autres affaires de violences le concernant, relatées par StreetPress dans deux articles, avaient été classées sans suite par le parquet.
(…)
L’un de ses deux amis indique que Mehdi B. aurait alors chuté, un geste qui a pu être « mal interprété » par les policiers. De leur côté, ces derniers l’accusent sur procès-verbal de s’être « levé avec brutalité » et d’avoir « tenté de [leur] porter un coup ». En tout cas, les secondes qui suivent, Laurent D. le frappe au visage puis lui fait une clé d’étranglement et le plaque au sol. Mehdi dit être ensuite roué de coups de pied et tazé à deux reprises par les autres membres de l’équipage, jusqu’à son menottage.
(…)
Là, Laurent D. lui aurait porté un coup de pied au visage et plusieurs coups aux côtes avec un autre fonctionnaire, avant d’être interrompu par l’irruption de l’officier de police judiciaire de permanence. Des lésions traumatiques sont constatées par un médecin le soir-même — la garde à vue toujours en cours — au cou et au thorax de Mehdi B., qui se plaint également de difficultés à respirer et de douleurs costales. Trois jours plus tard, une radio révèle qu’il a deux côtés cassées. Six jours d’incapacité de travail lui sont délivrés, dont deux pour le retentissement psychologique. Laurent D., de son côté, dépose plainte contre lui pour une douleur à la main droite.
(…)
À l’audience, il affirme que Mehdi B. était « alcoolisé et sous stupéfiants » — ce que rien dans les deux procédures ne vient corroborer — et assure n’avoir pas été présent dans la salle de fouille du commissariat, contre les déclarations de l’officier de police judiciaire, ou encore justifie son interprétation des gestes de Mehdi car « il faisait nuit ». Pour rappel, il était 18 heures en plein mois d’août. Lorsque l’avocate de la partie civile, Maître Dilane Aydin, l’interroge sur les décalages entre ses déclarations et le procès-verbal d’interpellation, il enchaîne les remarques sarcastiques, puis, rappelé à l’ordre par Youssef Badr, souffle bruyamment et « garde le silence » — c’est son droit.
(…)
Depuis son entrée dans la police nationale en 1998, à 18 ans, Laurent D. s’est constitué victime dans 40 procédures, la plupart entre 2008 et 2011, dont 21 pour outrage ou rébellion et 12 pour violences, pour lesquelles il ne se présentait « très rarement, pour ne pas dire jamais » aux procès, un palmarès qui étonne les juges.
(…)
Le dossier est également coloré par les autres accusations de violences relatées par StreetPress en 2017. En lisant à haute voix des extraits du témoignage de Maxen, 16 ans, frappé à l’arcade dans des conditions similaires à celles de Mehdi B, le président lève un sourcil : « Si un lycéen mineur vient vers vous et arme ses poings, on vous apprend à le frapper ? »
(…)
Sur le plan administratif, Laurent D. n’a pas non plus été inquiété. À la place, il est ballotté de service en service, jusqu’en octobre 2017 où il est viré de la police nationale pour avoir volé l’argent d’une personne décédée. Pour ces faits, il a été condamné le 4 octobre 2018 par le tribunal de Bobigny à neuf mois d’emprisonnement avec sursis avec une interdiction d’exercice de l’activité professionnelle pendant deux ans, qu’il n’a donc jamais reprise.
(…)
Pour Mehdi B., le délibéré signe peut-être la fin de l’épée de Damoclès qui le menace depuis huit ans. Depuis 2017, il doit répondre présent tous les trois puis six mois devant la 12e chambre du tribunal correctionnel, où son procès pour violences et rébellion est sans cesse repoussé.

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26.03.2026

Il y a quatre ans, ce chef d’entreprise alors âgé de 33 ans succombait au tir d’un fonctionnaire de police. Amalia, sa veuve, raconte sa vie brisée et celle de ses quatre jeunes enfants. L’auteur du coup de feu mortel sera jugé en novembre. L’instruction a écarté la légitime défense.
C’est devenu un rituel. Ce jeudi à 18h30, Amalia et ses quatre enfants commémoreront le quatrième anniversaire de la mort de Jean-Paul Benjamin.

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25.03.2026

La Cour de cassation a rejeté, ce mardi 24 mars, le pourvoi formé par Christophe Mercier, le fonctionnaire de police qui avait éborgné Maxime Beux, le supporter du SC Bastia, en 2016. Cette décision met un terme à dix années de contentieux et rend définitive la condamnation du policier à la peine de deux ans de prison avec sursis.

(…)

Un soulagement pour Me Benjamin Genuini, le conseil de Maxime Beux : « C’est une grande satisfaction que cette affaire se termine sur le plan pénal, se réjouit l’avocat. C’est une décision parfaitement logique sur un plan juridique puisque l’arrêt de la cour d’assises était incontestable. » En parallèle, l’affaire se poursuit sur le volet indemnitaire.

(…)

En octobre 2025, l’ancien membre de la brigade anticriminalité rémoise avait été reconnu coupable, en appel, de violences volontaires avec arme ayant entraîné une infirmité permanente par la cour d’assises de la Marne.
Il avait écopé de deux ans de prison avec sursis. Une peine à laquelle s’était ajoutée la confiscation de l’arme ayant servi lors des faits. En première instance, en octobre 2022, il avait été condamné à la même peine.

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25.03.2026

Un signalement au procureur de la République de Meaux a été transmis, ce mercredi 25 mars, par l’avocat de Flavel, Me Pierre Brunisso, pour « subordination de témoin ». Présent sur les lieux des violences, le 16 mars, Bader Ibrahim serait recherché par la police afin de « le faire taire ». Joint par « l’Humanité », l’homme confie sa « peur ».
(…)
Depuis une semaine et les violences subies par Flavel, 35 ans, lors d’une intervention de la BAC à Noisiel (Seine-et-Marne), révélée par des vidéos accablantes, le scénario des faits se précise de jour en jour et il n’est guère favorable aux forces de police. C’est une première interpellation violente et injustifiée, le 16 mars à 17 heures, qui aurait contribué à mettre le feu aux poudres : celle du jeune Marco (le prénom a été modifié), 18 ans, pour outrage et rébellion.
Des faits que conteste l’intéressé, qui a déposé plainte ce mercredi 25 mars par l’entremise de son avocat, Me Théo Kermagoret, pour « violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ». Condamné le 18 mars à 70 heures de travaux d’intérêt général (TIG), le jeune homme va également faire appel de cette sanction.
(…)
« Lors de ce contrôle, les policiers soutenaient vouloir faire taire Monsieur Bader Ibrahim en ce que celui-ci avait ”trop parlé”, une photographie du visage de Monsieur Bader Ibrahim était exposée. (…) Il est patent que Monsieur Bader Ibrahim est visé en raison de sa collaboration avec les services d’enquête. »
Hésitant sur la conduite à suivre, l’intéressé semblait quelque peu désemparé. « Porter plainte ? Mais je ne sais pas ce qui m’arriverait si je franchissais la porte d’un commissariat. Je n’ai pas confiance. »

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25.03.2026

Islam, 19 ans, a été sévèrement mordu à la gorge par un chien de la police municipale le 21 mars à Rillieux-la-Pape. Une vidéo que nous nous sommes procurée montre comment le chien a été lâché par un policier. Islam a porté plainte pour tentative de meurtre. Depuis qu’il a été blessé, les quartiers de la banlieue lyonnaise s’embrasent.

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25.03.2026

Le 22 février 2023, Armandina B.P. se rendait au commissariat pour déposer plainte pour violences conjugales contre son conjoint. Elle accuse l’ancien policier de lui avoir imposé une fellation. Un premier viol, puis un second, le 1er mars 2023, lorsque Jean-Pierre D. la convoque à nouveau dans son bureau du commissariat au store baissé.
Viols aggravés, abus de l’autorité que lui confère sa fonction

(…) La mère de famille témoigne de sa peur ressentie : elle pensait l’agent armé et en capacité de la renvoyer en Angola, loin de ses trois enfants nés en France, si elle tentait de se débattre. Armandina P. se souvient de ses insomnies et de ses difficultés à manger après ces viols. « Je voyais ma bouche sale », confie-t-elle.

(…) Des comportements inappropriés avec plusieurs plaignantes
S’il dit avoir débuté un suivi pour ne « pas continuer à vivre comme ça », et pour qu’il n’y ait pas « d’autres madame P », cette dernière n’est pas la seule plaignante à avoir été victime des agissements du policier. Ce même lundi, un enquêteur de l’IGPN auditionné a signalé que sur les 176 plaintes de femmes que Jean-Pierre D. a enregistrées en 2023, 19 ont relevé des comportements a minima inappropriés.
En 2010, il avait été condamné à un mois de prison avec sursis pour exhibition sexuelle envers plusieurs factrices. (…) une ancienne conjointe le qualifie de « prédateur sur le plan sexuel ».

(…) Dans une enquête difficile mais indispensable publiée en juin 2025, le média d’investigation Disclose a retrouvé 57 femmes, qui affirment avoir été harcelées, agressées ou violées, entre 2012 et 2025, en France, par les fonctionnaires chargés de recueillir leurs plaintes.
L’association Mémoire traumatique et victimologie rappelle que seulement 20% des victimes de violences conjugales poussent la porte d’un commissariat pour raconter ce qu’elles ont subi, par peur, entre autres, d’être culpabilisées, jugées, pas crues, ou classées sans suite. Un chiffre déjà bas, et qui tombe à 12% pour les victimes de viols et tentatives de viols.

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25.03.2026

Il a accepté une peine de 7 mois de prison avec sursis.
Un procès express et en catimini. Ce mercredi 25 mars, un policier affecté au centre de rétention administratif (CRA) du Canet dans le 14e arrondissement de Marseille a accepté d’être jugé pour des violences selon une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Une sorte de « plaider-coupable » à la française qui se joue à huis clos dans le bureau du procureur, jusqu’à l’homologation en quelques secondes, par un juge, de la peine proposée au prévenu et accepté par toutes les parties.

Âgé de 56 ans, le fonctionnaire en question était convoqué pour des violences aggravées par deux circonstances, par personne dépositaire de l’autorité publique et avec une arme, « en l’occurrence un couteau », relève la magistrate chargée d’acter la procédure. Le profil des victimes des brutalités commises en janvier puis en septembre 2025 au sein même du CRA ? Deux étrangers en situation irrégulière, qui ne sont pas présents ni représentés dans l’enceinte du tribunal judiciaire de Marseille. Et pour cause : sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) ils ont, depuis, été expulsés du territoire français.

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24.03.2026

Rebondissement dans l’affaire des mercenaires colombiens.

(…) Le policier est notamment suspecté d’avoir assisté le puissant réseau de narcotrafiquants de la région lyonnaise, dont le chef présumé est détenu à Bogota, en Colombie. Selon les enquêteurs, cette organisation a recruté des tueurs à gages colombiens, suspectés d’une série d’expéditions punitives.
En poste dans le service de garde et de transfert de la sous-direction de la lutte contre l’immigration irrégulière, le fonctionnaire est soupçonné d’avoir fourni des renseignements très précis à ce réseau criminel hors norme, en puisant sans vergogne dans les fichiers policiers. 

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24.03.2026

« Elle a vécu ça de manière humiliante et dégradante »
Trébuchant une première fois, l’étudiante en deuxième année d’art avait tenté de se relever, poursuivie par deux policiers. Casqué, armé d’un bouclier antiémeute et d’une matraque, l’un d’eux lui avait alors asséné un coup du plat du pied aux fesses en hurlant « casse-toi ! ». Chutant la tête la première, la victime avait évité le bord du trottoir de quelques centimètres.
« C’est bon, oui oui, je me casse », avait-elle répondu, apeurée, alors que le deuxième CRS venait la bousculer brutalement à son tour, la faisant retomber. « Pardon, pardon », avait-elle imploré en se redressant avec difficulté avant de quitter les lieux en titubant, visiblement très choquée.

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23.03.2026

Lieutenante au commissariat de Suresnes, elle est accusée de faux en écriture publique pour avoir inventé la présence du propriétaire d’une cave fouillée par la police, et lui avoir fait signer le PV à son insu.

(…)

Il n’y a pas mort d’homme, certes, mais bidouiller un procès-verbal est une infraction classée parmi les crimes, qui fait encourir à la policière une peine de quinze ans de réclusion et 225 000 euros d’amende.

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23.03.2026

Lors de sa comparution devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), mardi 13 janvier 2026, l’ancien gendarme de 79 ans, droit dans ses bottes, avait nié toute agression sexuelle sur deux de ses petites-filles entre 1998 et 2012.
En proie à diverses difficultés, l’une d’elles, aujourd’hui âgée de 28 ans, avait finalement confié ce secret à sa maman, à ses sœurs, dont l’une, de cinq ans son aînée, avait eu à se plaindre une fois également de son grand-père paternel. Une plainte avait été déposée en novembre 2023.
Trois ans avec Sursis.
(…) Sa tante avait alors confessé « avoir subi la même chose quarante ans plus tôt ».

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22.03.2026

Ce dimanche 22 mars 2026, peu avant 14 h, un homme a été retrouvé mort par un surveillant pénitentiaire dans sa cellule au centre pénitentiaire de Nantes, boulevard Albert-Einstein.

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22.03.2026

Ce jeune gendarme volontaire, né en 2001, était affecté à la base militaire d’Istres. Mais il verbalisait des automobilistes lorsqu’il était en repos, hors de son périmètre de compétence et notamment à Marseille.

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21.03.2026

Au lycée Saint-Exupéry à Lyon, plus de 200 lycéens ont bloqué leur lycée mercredi et jeudi contre l’extrême-droite et les idées réactionnaires. Ils ont subi une répression brutale, avec un lycéen hospitalisé, 6 personnes placées en garde-à-vue dont une qui doit être déférée.

(…) Mais à partir de 10h, la police pénètre subitement dans la cour du lycée et gaze les lycéens du blocage, pris par surprise. Les policiers lancent aussi des grenades de désencerclement. Une répression très violente, qui se poursuit dans la rue Hénon où se trouve l’établissement.

(…) Le 18 mars, la police aurait interpellé 3 lycéens.
Le lendemain, les lycéens décident de reconduire le blocage dès 7h30. À peine un quart d’heure plus tard, la répression commence déjà, avec des policiers de la BAC en civils.

(…) C’est à ce moment-là que la police saisit l’opportunité pour gazer de nombreux lycéens à seulement quelques centimètres du visage !
Pour contrer la résistance des lycéens qui veulent tenir leur blocage, la violence de la police est déchaînée. Des lycéens sont plaqués très violemment au sol et matraqués. Un lycéen blessé est même évacué et part à l’hôpital, et trois personnes sont interpellées. Un épais brouillard de gaz lacrymogène s’étend sur la rue Hénon, ce qui gêne des passants et la crèche à proximité.

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21.03.2026

Une semaine après, les Red Kaos, groupe d’ultra grenoblois annonce avoir déposé plainte contre les forces de l’ordre et dénoncent des violences policières commises pendant la bagarre de supporters.

(…) Dans un communiqué publié sur la page Facebook du groupe de supporters, les Red Kaos dénoncent l’usage « d’une violence brutale et disproportionnée » alors « que les supporters des deux camps se repliaient. » Plusieurs membres auraient été blessés par les agents de police  » dont un très lourdement après un énorme coup de matraque en plein visage ». La blessure aurait nécessité plus de 70 points de suture sur le visage.

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21.03.2026

Dans la nuit du 17 octobre 2020, à Poissy, le jeune homme de 28 ans est abattu au volant d’un véhicule. Celui-ci avait été suivi pendant 30 kilomètres sur le périphérique puis l’autoroute, jusqu’à chez lui, par la BAC de nuit de Paris. Elle agissait hors de sa zone de compétence territoriale, sans même en avoir informé la salle de commandement. Une chasse à l’homme, manifestement sur la base de critères ethniques.
Contrairement aux premières déclarations mensongères des policiers, aucune infraction routière n’a été commise par la victime d’après la consultation des images de vidéo-surveillance.
Une fois arrivé dans une rue de Poissy le véhicule, talonné par la BAC, stationne. Le policier Gilles G. sort de la voiture en braquant le conducteur avec son arme à feu. Celui-ci redémarre, pour pouvoir ouvrir sa portière coincée par la voiture de police selon les proches du défunt. L’agent tire à trois reprises, alors qu’il se trouve à l’arrière du conducteur. Encore un mensonge : il n’était aucunement en danger, et les munitions sont arrivées dans le dos de la victime.
Le policier est mis en examen pour homicide volontaires quelques jours plus tard, mais laissé libre sous contrôle judiciaire. Il continuera néanmoins d’exercer comme policier dans un bureau, sans arme de service.
Le procès du policier s’est ouvert ce vendredi devant la Cour d’Assises de Versailles et se tiendra jusqu’à vendredi prochain.

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21.03.2026

Un jeune homme de 23 ans, incarcéré à la maison d’arrêt de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, a été retrouvé mort ce vendredi 20 mars. Il s’est pendu dans sa cellule. Une enquête a été ouverte.

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21.03.2026

Une vidéo filmée le 14 mars à Guiche (Pyrénées-Atlantiques) montre deux hommes en polo de gendarme tenir des propos racistes et faire un salut nazi.
(…) Elle circule d’abord discrètement, sous la forme d’une story privée sur Instagram, avant d’être rendue publique le 18 mars sur Facebook par le mouvement antifasciste basque Ipeh Antifaxista. Ses militants affirment ne pas vouloir laisser passer « saluts nazis de comptoir » ni ces appels aux violences racistes et dit avoir identifié les deux protagonistes.
(…) L’un d’eux désigne son voisin et lance : « Lui, c’est un monstre, il a attrapé trois bougnoules ce soir. » Son interlocuteur répond aussitôt : « Trois Arabes en moins ! » Le premier enchaîne alors avec un « Viva la France ! Heil, heil, heil ! », accompagné d’un salut nazi.
Selon les militants d’Ipeh Antifaxista, le premier homme serait un membre du comité des fêtes de Came, commune voisine. Le second serait un gendarme, une piste que les investigations internes de la gendarmerie départementale n’ont, à ce stade, pas confirmée, établissant au contraire que la personne « n’est pas un militaire d’active de la gendarmerie nationale ».

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20.03.2026

« Au début des années 1990 […], dans cette “centrale” comme ailleurs, des perpètes sortaient encore (en conditionnelle) après 16 à 18 ans de cage. […] À l’heure actuelle, des perpètes (dont la plupart avaient une “période de sûreté” de 15 ans) sont encore en taule après une quarantaine d’années de cage (et deux, trois, quatre… passages au CNE : centre national d’élimination, si j’ai bien compris sa finalité). Et cette réalité : que l’on puisse passer quarante années (voire plus) en cage, sans avoir encore aucune date de sortie en perspective, ne choque (apparemment) personne. […]
Ces prisonniers très très longues peines, âgés à l’heure actuelle, sont traités comme des arrivants de la veille. Car il n’y a aucune progression dans le déroulement (interminable) des peines. En Belgique, une prison adaptée à l’âge (et à l’état de santé) des vieux prisonniers existe. Ici, on est encagé dans des bâtiments hors de toute norme (européenne), construits en 1885 et rafistolés depuis. Ces très très longues peines, encore en taule après une quarantaine d’années, ne sont pourtant pas des “tueurs en série médiatisés” (sic). […]
Il est courant, dans les télés, radios et autres grosses machines […], de faire (et laisser) croire qu’en France, les perpètes sortent de prison aussitôt leur temps de sûreté fini. […] La réalité est hélas tout autre. […] De plus, le délai légal de réponse à une demande de conditionnelle est de six mois, mais en réalité cette réponse arrive après deux, trois années d’attente : les “expertises” et autre ne sont alors plus valables, la “promesse d’emploi” ne tient plus, le stage formation visé est terminé depuis longtemps et la place d’hébergement au foyer est prise…
Cet acharnement à éliminer les longues comme les très longues peines n’est pas justifiable par le taux de récidive (0,8% chez les perpètes, 2 à 3% pour les moyennes et longues peines, tous crimes confondus). Cela n’est dû qu’à une volonté politique. »
Courrier reçu à l’OIP en septembre 2025

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20.03.2026

Les faits étaient survenus en marge du mouvement “Bloquons tout” le 10 septembre 2025, à Gap. Des manifestants s’étaient rassemblés devant le commissariat pour demander la libération de leur compagnon, en garde à vue pour un tag devant la pyramide de l’esplanade Desmichels.

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20.03.2026

Un Choletais de 27 ans a comparu mardi 17 mars devant le tribunal correctionnel d’Angers, poursuivi pour outrages, rébellion et provocation à la rébellion. Deux policiers avaient porté plainte contre lui, l’accusant de s’en être pris à eux dans la nuit du 3 au 4 juillet 2025 à Cholet. Sauf qu’une vidéo, tournée par un témoin, a contredit la version policière.

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20.03.2026

Un contrôle routier tourne mal dans la commune de Tsingoni à Mayotte. Un gendarme tire sur un homme armé. Celui-ci décède.

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19.03.2026

Une femme accuse un policier d’Alençon (Orne) de l’avoir frappée lors d’une intervention le 11 septembre 2023. Dans le cadre de son placement en garde à vue pour violences conjugales, elle était « dans un état second » lors de son transport à l’hôpital : insultes, crachats… Et c’est en voulant se protéger d’un crachat que le policier aurait eu un mauvais réflexe.

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18.03.2026

Le 6 mai 2018, à Caen (Calvados), vers 1 h du matin, un groupe de cinq amis est agressé par un autre groupe, composé de dix membres, près du port, devant l’hôtel Mercure.
Quand le premier groupe voit la police arriver, ils sont soulagés. L’un des cinq amis s’avance vers les forces de l’ordre. Un premier policier lui dit de reculer en lui donnant un coup assez sec au niveau de l’estomac, ce qui le vexe parce qu’il ne comprend pas cette réaction.
Mais un second policier arrive derrière le premier et donne un coup de poing au visage du passant

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18.03.2026

Plus de deux ans après la mort de Rony Cély, tué par des gendarmes le 9 janvier 2024 à Goyave lors d’une intervention, la justice a prononcé un non-lieu. Une décision contestée par la famille de cet homme de 39 ans, atteint de schizophrénie au moment des faits, qui estime que la riposte des forces de l’ordre a été disproportionnée.
(…) C’est une décision judiciaire qui ravive la douleur et la colère des proches de Rony Cély.
(…) En quelques secondes, un gendarme ouvre le feu. Huit tirs sont effectués. Rony Cély s’effondre et succombe à ses blessures.
Cette séquence, brève et violente, est au cœur de la procédure judiciaire ouverte après les faits. Elle nourrit depuis plus de deux ans une vive controverse en Guadeloupe autour de l’usage de la force face à une personne souffrant de troubles psychiatriques.
(…) Pour l’avocate de la famille, Me Gladys Démocrite, plusieurs zones d’ombre demeurent, notamment à la lecture des images issues de la caméra-piéton versées au dossier. Selon elle, l’attitude du gendarme et la rapidité de l’intervention interrogent.
« Le gendarme a fait tout le contraire puisqu’il a pointé son arme, il lui a parlé avec agressivité et, en réalité, Rony a été abattu en 30 secondes. »
(…) Elle estime que la vidéo doit permettre à chacun d’apprécier les circonstances exactes du drame, tout en posant une question de fond : la prise en charge d’une personne en crise psychique par les forces de l’ordre.
La défense de la famille dénonce aussi l’absence de secours immédiats apportés à Rony Cély après les tirs. Pour les proches, la réponse apportée ce jour-là par les gendarmes n’était ni adaptée à l’état mental de la victime, ni proportionnée à la situation.
(…) Dans un communiqué publié ce mercredi 18 mars, l’UPLG apporte son soutien « total et indéfectible » à la famille Cély dans son combat pour la vérité et la dignité.
« Ce non-lieu n’est pas seulement une déni de justice, c’est une insulte à la mémoire de Rony et à la douleur de ses proches. Le mépris atteint son paroxysme quand nous apprenons que le gendarme, auteur des tirs mortels, ose réclamer la somme de 35 000 euros à la famille CÉLY pour un prétendu « préjudice moral » lié à la diffusion de la vidéo des faits. »
(…) La famille a déjà fait appel de l’ordonnance de non-lieu, déterminée à obtenir un réexamen de l’affaire.

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Autres articles en lien avec l’affaire

17.03.2026

Le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans par une ordonnance de fin janvier 2026 qui vient d’être rendue publique, a fait « injonction » à la préfète du Loiret de « faire procéder à la restitution provisoire » de l’arme de service d’un gendarme du groupement du Loiret visé par une enquête pénale. L’arrêté ordonnait au militaire de se dessaisir de ses armes.
Un rapport par le commandant de la compagnie
Ce sous-officier dans la gendarmerie nationale avait en fait été visé par un « rapport administratif« , le 7 mai 2025, par le commandant de sa compagnie d’affectation. Dans la foulée, le 12 mai suivant, la préfète du Loiret avait ordonné à ce gendarme de « remettre immédiatement les armes, munitions et éléments d’armes en sa possession » et lui avait fait « interdiction d’acquérir ou [d’en] détenir ».
Sophie Brocas avait également prévu la « mention de cette interdiction au Fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes » (FINIADA) et lui avait retiré son permis de chasse.
Un militaire déjà visé par des antécédents judiciaires
Mais le militaire – déjà visé par une « mention » au fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) qui recense les personnes faisant l’objet d’une enquête – avait saisi le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans pour obtenir la suspension de cette décision, jusqu’au réexamen au fond de l’affaire par une formation collégiale de trois magistrats d’ici dix-huit mois à deux ans.

(…)

Il était enfin empêché de s’adonner à ses « loisirs », la chasse et le tir sportif, et subissait donc « une atteinte disproportionnée à ses libertés » alors qu’il est « présumé innocent ».
Un obstacle certain à l’exercice de son métier
Son « impossibilité de s’adonner à la chasse (…) ainsi qu’au tir sportif » – de « simples loisirs » – ne constitue qu’une « atteinte limitée » à ses libertés, constate tout d’abord le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans dans une ordonnance en date du 26 janvier 2026 et qui vient d’être rendue publique. Elle ne permet donc pas de « caractériser (…) une situation d’urgence ».
Pas les armes de chasse et et de loisirs mais l’arme de service

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17.03.2026

Une opération de fouille de sacs menée par la police nationale a surpris les élèves du collège Flamens dans le Tarn-et-Garonne. En une trentaine de minutes, près de 360 collégiens ont été contrôlés par une douzaine de policiers. Il s’agit de la quatrième intervention du genre organisée dans les établissements scolaires de la commune depuis 2025.
Les collégiens ne s’y attendaient pas.

(…)

 » Ils ont vraiment été surpris « , confie une source proche de l’établissement.

(…)

Pour mener cette opération, dix policiers de la police nationale, sous l’autorité du commandant Lilian Clément, chef de la circonscription de police de Castelsarrasin, étaient mobilisés, épaulés par deux agents de la police rurale de Castelsarrasin.
À l’issue de l’intervention, aucun objet compromettant n’a été découvert, ni arme ni produit stupéfiant. Mais l’opération a visiblement marqué les esprits chez certains élèves, peu habitués à ce type de dispositif.

(…)

À chaque fois, les contrôles n’ont pas permis de découvrir d’objets dangereux, mais les autorités défendent l’intérêt de ces opérations.
Dans les établissements castelsarrasinois, les élèves savent désormais que les contrôles peuvent surgir à tout moment. Une stratégie assumée par les forces de l’ordre, qui misent sur l’effet de surprise pour maintenir un climat de sécurité autour des établissements scolaires.

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17.03.2026

Sept ans et demi après les faits, les CRS qui ont violenté des gilets jaunes dans un Burger King de Paris en 2018 ont été condamnés à de la prison avec sursis.
Neuf CRS ont été condamnés mardi 17 mars 2026 à des peines d’emprisonnement avec sursis de 6 à 24 mois pour avoir matraqué des « gilets jaunes » dans un Burger King parisien le 1er décembre 2018, le troisième week-end de manifestations.
Aucun des prévenus n’était présent
« L’usage de la force ne présentait pas les conditions strictes et impératives de nécessité et proportionnalité », a souligné le président du tribunal correctionnel de Paris en rendant son jugement, alors qu’aucun des mis en cause ne s’était déplacé pour l’entendre.
Tous les policiers condamnés étaient membres de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire. Ils comparaissaient pour violences volontaires aggravées. Un procès qui a été d’autant plus médiatisé que les scènes de matraquages ont été filmées et largement relayées sur les réseaux sociaux, accentuant l’indignation générale.

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17.03.2026

Ces images montrent une situation de gangstérisme. Une pratique milicienne ou mafieuse, qui consiste à terroriser, tabasser et faire fuir des gens dans l’espace public.

(…) Un policier lance d’emblée : «Vous voulez jouer ? On va vous enc*ler !» Une voix fluette répond : «On va manger, là», le policier hurle «J’men fous, y’a tout ici !» Un fast food se trouve le long de la rue.
C’est ensuite un déferlement de violences aussi extrêmes que gratuites. Des policiers hurlent, armes au poing, sur des passants. Un tir de LBD part aux cris de «lève toi». Une balle en caoutchouc, mutilante, pour faire fuir un passant.
Puis un jeune qui refuse de s’enfuir face aux menaces, et qui se contente de marcher dans la rue, subit un véritable déchainement.
Une policière exhibe un lanceur de grenade. Un agent crie au jeune homme de courir, avant de tenter de lui mettre une balayette. Le jeune homme se met finalement à courir.

(…) Le jeune s’arrête, il est plaqué au sol et immédiatement tabassé. Une grenade lacrymogène se déclenche au niveau de sa tête, pouvant occasionner de graves blessures. Tout en étant frappée, la victime a la tête maintenue dans un épais nuage de lacrymogène, en continuant d’être rouée de coups. Finalement, cet homme est traîné au sol, inanimé. La vidéo s’arrête là.
Pour chasser des jeunes sortis manger dans un fast food, une bande d’agents armés a créé une zone d’ultra-violence.

(…) Cette vidéo de quelques secondes, c’est un aperçu du fascisme déjà là, celui qui frappe tous les jours dans les quartiers, dans l’indifférence générale.

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17.03.2026

Justice. La cour criminelle condamne un ancien élève de l’école nationale de police de Oissel à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis.

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17.03.2026

Mardi 17 mars, un policier municipal de Briançon, ancien légionnaire, comparaissait devant le tribunal de Gap pour menace de mort à l’encontre de la commandante du commissariat de Briançon.

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16.03.2026

Les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale sur leur téléphone professionnel depuis 2022. Relié au TAJ, le fichier d’antécédents judiciaires, l’outil permet d’obtenir des informations personnelles sur plus d’un quart de la population française grâce à une photo prise sur le vif. Des fonctionnaires ont recours à cette pratique hors de tout cadre légal, en particulier lors de contrôles d’identité, révèle Disclose, témoignages et documents à l’appui. Jusqu’à présent, le ministère de l’intérieur laisse faire.
Avril 2025, dans le centre-ville de Marseille. Ahmed, 18 ans, profite de l’ombre d’un platane avec des amis. Plusieurs camions de police se garent, des agents en sortent puis se dirigent vers eux. Rien d’inhabituel : sur la place Jules-Guesde, à deux pas de la porte d’Aix, les contrôles d’identité sont fréquents. La suite est plus inhabituelle. « Ils nous ont contrôlé direct et ont sorti de gros portables rectangulaires, raconte Ahmed. Ils les ont pointés vers nous et nous ont pris en photo ». Le jeune homme, apprenti pâtissier, n’a même pas eu à présenter de papiers d’identité : sa photo a suffi à renseigner les policiers. « Comme ils ont vu que je suis régularisé, ils m’ont laissé tranquille », dit-il.
D’après notre enquête, les fonctionnaires qui ont contrôlé le jeune marseillais ont utilisé un logiciel de reconnaissance faciale installé sur leurs téléphones de service. L’appareil baptisé « NEO », pour « nouvel équipement opérationnel », est une sorte de smartphone dont sont dotés tous les policiers et gendarmes français. Depuis 2022, outre les fonctions habituelles d’un smartphone, la lecture automatisée de cartes d’identité ou de plaques d’immatriculation, le NEO donne accès à un outil de reconnaissance faciale. Une technologie directement branchée sur un immense fichier de police : le TAJ.

(…)

Mis en service en 2014, le TAJ, pour « traitement d’antécédents judiciaires », contient environ 17 millions de fiches sur des personnes mises en cause dans une enquête, mais aussi 48 millions de victimes. Sur chaque fiche, on trouve le nom de l’individu, sa date de naissance, son adresse, sa profession, ses coordonnées téléphoniques voire des informations personnelles sensibles telles que l’appartenance politique ou religieuse. Et parfois, sa photo – le TAJ contient jusqu’à 9 millions de portraits de face, d’après un document du secrétariat général du ministère de l’intérieur obtenu par Disclose.
Dans le cas d’Ahmed, les policiers ont donc consulté un fichier de police en le rapprochant d’une photo prise sous la pression. C’est totalement illégal : la consultation du TAJ et l’utilisation de la reconnaissance faciale lors « d’une opération de contrôle d’identité » sont interdites en France. C’est ce que révèle une instruction du ministère de l’intérieur relative à la « consultation de l’application » TAJ, datée de février 2022, que Disclose s’est procurée.
Instructions du ministère de l’intérieur liées à l’utilisation du fichier TAJ sur les appareils NEO. Source : Disclose.
Dans ce document, on apprend sous la plume de Céline Berthon, à l’époque directrice centrale de la sécurité publique — elle dirige aujourd’hui la DGSI –, que le « rapprochement par photographie » est disponible sur « les tablettes et smartphones » depuis le 24 janvier 2022. En clair, cela fait quatre ans que les policiers se promènent avec cette redoutable technologie dans la poche et qu’ils peuvent s’en servir sans la moindre autorisation. Côté gendarmerie, l’accès à la fonctionnalité reconnaissance faciale a été ouvert aux agents de la voie publique et de la sécurité routière deux ans plus tôt, d’après une autre note interne.
Problème : le code de procédure pénale limite strictement la consultation de ce fichier à des agents « individuellement désignés et spécialement habilités » à y avoir accès. Et ce, dans le cadre d’une enquête criminelle, une infraction ou un délit. Le TAJ ne peut aucunement être consulté lors de contrôles en « temps réel ».
Photo extraite de l’enquête vidéo de Camille Reporter, réalisée en partenariat avec Disclose.
À Marseille mais aussi à Paris et à Lyon, Disclose a recueilli les témoignages de six hommes, dont Ahmed, qui ont été photographiés par des policiers et identifiés à l’aide de la reconnaissance faciale, entre fin 2021 et 2025. Certains ont fait l’objet d’un contrôle d’identité dans la rue. D’autres ont été ciblés lors de l’évacuation de squats ou encore en marge d’une manifestation. C’est le cas de Roger*, un manifestant contrôlé place de la République, à Paris, lors d’un rassemblement de soutien à la Palestine. « Le policier sort quelque chose qui ressemble à un téléphone, un pavé noir, et il essaie de me prendre en photo », témoigne-t-il de manière anonyme, de crainte d’éventuelles représailles. Son tort ? Il n’a pas de pièce d’identité sur lui. « Je ne trouvais pas ça normal, alors j’ai tourné la tête, j’ai grimacé pour éviter d’être pris en photo, poursuit-il. Le policier a demandé à deux de ses collègues de me tenir. Je sentais leurs mains gantées sur mon visage… Ils me forçaient à faire face à la caméra ». Quelques instants après avoir pris la photo, l’agent énonce son nom, prénom, mais aussi le motif d’une ancienne garde à vue. L’affaire en reste là.
Un fichier de police hors de tout contrôle
Nous nous sommes procuré le mode d’emploi sur ordinateur de la fonctionnalité reconnaissance faciale du TAJ, conçue par la société allemande Cognitec. Son interface ressemble en tout point à celle qui équipe les téléphones NEO. D’après la notice d’utilisation, il suffit de charger la photo d’un individu dans le logiciel puis de cliquer sur le bouton « rapprocher » pour activer la machine : « Les 200 photos les plus pertinentes » enregistrées dans le TAJ s’affichent au bout de « quelques secondes, normalement moins d’une minute ».
Extraits de la notice d’utilisation de la reconnaissance faciale dans le TAJ. Source : Disclose
Un jeu d’enfant expérimenté sous nos yeux par un policier basé dans le sud de la France. Son NEO en main, Tony* ouvre l’application TAJ, sélectionne l’onglet « rapprocher », avant de cliquer sur « photo de personne ». « Je n’ai plus plus qu’à sélectionner dans mon album la photo d’une personne et on y est » commente-t-il sans aller plus loin pour ne pas laisser de traces. « Un compte nous est attribué dès qu’on sort de l’école de police. Tout le monde y a accès », raconte Tony, absolument pas étonné d’apprendre que des collègues se branchent au système sans autorisation : « Ils contrôlent 10 à 15 gars à la journée, toujours les mêmes têtes. Certains collègues abusent en se disant qu’ils vont pouvoir verbaliser pour du stup, par exemple, sur le thème : “tiens t’es connu, et bien je t’en remets une” ».
Vous avez été victime ou témoin d’utilisation de la reconnaissance faciale par la police :
Écrivez-nous via l’application Signal au 06 58 05 14 35
L’affaire est sérieuse : les règles d’utilisation du TAJ précisent bien que « chaque agent doit être individuellement désigné et spécialement habilité par une autorité hiérarchique eu égard à son service d’appartenance et aux missions à accomplir. » Et le document de rappeler que « toute utilisation frauduleuse entraîne la mise en jeu de la responsabilité professionnelle de l’agent » mis en cause.
« Je ne suis pas physionomiste, mais il me semble que c’est lui ».
Une fonctionnaire de police
Le sentiment d’impunité est tel que des membres des forces de l’ordre se laissent filmer en pleine infraction. En janvier 2022, dans un numéro de l’émission Sept à huit consacré à la police, repéré par l’association de défense des libertés numériques La Quadrature du Net, on peut entendre une policière commenter le résultat obtenu grâce à son NEO : « Je ne suis pas physionomiste, je ne reconnaîtrais même pas mon frère, mais il me semble que c’est lui ». Un autre reportage exhumé par Disclose montre cette fois un policier en train de braquer un smartphone sur le visage d’un homme au visage flouté. « On n’arrête pas le progrès », commente-t-il, amusé.
Un policier utilise son téléphone NEO pour contrôler une identité avec la reconnaissance faciale.
Place Beauvau, le détournement est connu et signalé depuis au moins trois ans. C’est ce que dévoile le rapport d’activité de l’IGPN pour l’année 2023. À la page 35 du document, la police des polices écrit noir sur blanc que le TAJ est « très fréquemment utilisé sur la voie publique lors des contrôles d’identité ». Plus loin, les auteurs relèvent aussi que l’accès au fichier sur les appareils NEO laisse « craindre que le nombre de consultations injustifiées s’accroisse ». En apparence, l’administration s’est donné les moyens techniques de contrôler sa bonne application : à chaque fois qu’un policier consulte ou ajoute une photo au TAJ, l’opération est tracée à la minute près et l’information conservée pendant trois ans. Utiliser le TAJ hors des clous expose à des peines de prison et jusqu’à 300 000 euros d’amende.
Sollicité pour savoir si ses services contrôlent l’usage du TAJ et de la reconnaissance faciale et comment ils s’y prennent, le ministère de l’intérieur n’a pas voulu répondre à nos questions. Même silence du côté de la police nationale et de la gendarmerie*.
« Surveillance de masse »
Une chose est sûre : l’exploitation du TAJ, associée à la reconnaissance faciale, a plus que doublé en cinq ans. De 375 000 consultations en 2019, elle est passée à près de 1 million en 2024. Cela correspond à 2 500 consultations quotidiennes, selon un document du secrétariat général du ministère de l’intérieur, sans que l’on puisse détailler le nombre d’utilisations illégales de celles liées à une enquête judiciaire ou administrative.
« Quand des policiers peuvent photographier qui ils veulent pour savoir qui est qui, c’est un renversement de l’État de droit. On bascule dans un État policier ou de surveillance de masse », alerte Noémie Levain, juriste à la Quadrature du net. Une bascule d’autant plus préoccupante que le fichage de la population est loin d’être un sujet superflu. « Quand il a été mis en place à la fin du 19 ème siècle, le fichage devait permettre de retrouver les personnes récidivistes, poursuit Noémie Levain. Mais assez vite, il a été utilisé pour ficher les étrangers et les gens du voyage. En 1940, très peu de changements ont été nécessaires pour qu’il puisse cibler les Juifs, les communistes et toutes les personnes tuées par le régime de Vichy ». Il a suffi d’un « tout petit changement de curseur », poursuit-elle, pour que les archives de la police servent à « aller chercher les gens chez eux ».
C’est la deuxième fois que Disclose prend le ministère de l’intérieur en flagrant délit d’utilisation illégale de la reconnaissance faciale. En novembre 2023, nos révélations sur le logiciel de vidéosurveillance Briefcam, déployé illégalement dans des dizaines de service de police et gendarmerie, ont conduit Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, à déclencher une enquête administrative. Un mois après la publication de l’enquête, ses services ont dû désactiver le logiciel.
*Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés.
Reconnaissance faciale : l’enquête vidéo
*Mise à jour, le samedi 21 mars à 11h45 :
Nous écrivions dans une précédente version que la gendarmerie « n’a pas souhaité répondre à nos questions » . Samedi 21 mars, son service de communication nous précise qu’il a répondu à nos questions puis les a transférées au ministère de l’intérieur, qui devait centraliser les réponses. Celles-ci ne nous ont jamais été communiquées.

(…)

En partenariat avec Disclose, la Quadrature du Net a édité un guide sur la reconnaissance faciale et les contrôles d’identité intitulé : « Que peut faire la police ? » Un manuel en accès libre pour connaître vos droits et savoir comment vous défendre face aux abus.

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16.03.2026

« J’avais l’impression d’être leur petit monstre. » Assis•e à la terrasse d’un café autour d’une boisson réconfortante, Axel se remémorre le déferlement de violence de genre qu’iel a subit de la part des policier•e•s ce soir là. « C’est la première fois que j’éprouve cette enbyphobie de façon aussi frontale. » [L’enbyphobie est une forme de transphobie à l’égard d’une personne non-binaire]. La veille, alors que les militant•e•s du groupe local d’Extinction Rebellion repartent sur leur vélo après avoir remplacé les publicités d’un abribus par leurs propres affiches, une voiture de police arrive dans leur direction. Iels tentent de repartir par des petites rues résidentielles mais se font vite rattraper par les gyrophares. « Ils sont arrivés pleine balle ! Heureusement qu’on s’est arrêté », se souvient Juliette. « Après tout est allé très vite », poursuit-t-elle.
« Toi, on ne sait même pas de quel sexe t’es »
« Iels nous demandent de poser nos vélos, nos sacs et de retirer nos cache-cou. » C’est à ce moment que les ennuis commencent pour Axel. « Quand je retire le cache-cou qui me masque le visage, un des policiers commence par me genrer au masculin. » D’un mouvement brusque, il lui baisse ensuite la partie qui lui recouvre les cheveux. « Quand il voit ma coupe, il me dit : ‘toi, on ne sait même pas de quel sexe t’es !’ « . Ces violences de genre vont revenir constamment. Le petit groupe de quatre n’est pas très bavard face aux forces de l’ordre. Certain•e•s préfèrent garder leur droit au silence, ce qui a pour effet de les agacer. « Ca n’existe pas, c’est dans les films », répond l’un d’entre eux à Juliette. Tous•tes, excepté Benoît, sont ensuite menotté•e•s puis conduit•e•s au commissariat. Juliette et Axel sont côte à côte, dans la même voiture. Iels font part de leur stress et de leur incompréhension sur la conduite qu’adopte le policier au volant. « On roule à plus de 100 km/h avec les gyrophares et la sirène en slalomant entre les voitures ! Au niveau de la place de Verdun on a failli écraser un piéton. Il a dû courir pour éviter la voiture qui n’a même pas ralenti ! C’est une dinguerie de conduire comme ça, on n’a vraiment pas compris ! » Iels arrivent en premier•e•s au commissariat, suivi par Benoît et Dylan qui se trouvent dans une autre voiture.
Harcèlement et intimidations
Les quatre membres d’Extinction Rebellion sont d’abord assis•e•s dans une même pièce. Mais rapidement, Axel est mis•e à l’écart du groupe. Juliette se souvient d’avoir eu vraiment peur pour sa•on camarade qui subit clairement un traitement différencié et plus violent que le reste du groupe. Axel est emmené•e par la policière pour se faire fouiller dans une salle à part. « Elle me guide dans un couloir avec plein de cellules et d’un coup, elle me pousse de façon démesurée vers la salle de fouille comme si j’essayais de m’enfuir », raconte-t-iel encore offusqué•e par cette scène. En dépit de ce geste, la fouille est « réglo » témoigne Axel. « J’avais peur des autres flics. Alors quand elle me met dans cette salle fermée et non visible les mecs qui me font des remarques sur mon identité de genre, le stress redescend ». Mais iel continue quand même de recevoir des remarques hostiles de la policière. « Le fait de sourire et de ne pas répondre quand elle me pose des questions, ça l’énerve vraiment ! », ressent-iel. Elle lui dit : « Pourquoi vous êtes autant anti-flic ? Vous ne respectez tellement pas l’ordre et la loi ! » Pourtant, les « Rebel•le•s » ne montre pas d’animosité envers les forces de l’ordre. C’est plutôt ce que leur renvoient les quatre acolytes qui ne leur plaît pas. « A un moment, j’entends le chef dire de nous ‘ça c’est ce que je déteste le plus’ « , se remémore Axel.
Après la fouille, iel est placé seul•e, dans une cellule. « Quand je passe devant iel pour me faire fouiller à mon tour et que je vois son sourire, ça me rassure », se rappelle Juliette. Mais son isolement ne va rien arranger à sa situation. Au contraire. « Ils discutent alors entre eux pour essayer de déterminer mon ‘sexe’ « , soupire Axel. « C’est arrivé à plein de moments, ça ! », s’exaspère Juliette. « Je les entends faire l’hypothèse que mon genre c’est ‘libertin’ « , s’étonne-t-iel. Puis l’un des policiers parle du terme non-binaire. Celui qui se montre, dès le départ, particulièrement violent avec Axel, s’approche avec sa lampe torche en lui braquant la lumière dans les yeux. Derrière la vitre de la cellule, il dit « ça c’est non-binaire ? » Face à la violence que dégage cet homme en uniforme, Axel est inquiet•e. « Parfois il vient, se pointe, me fixe pour m’intimider et repart. J’appréhendais le fait qu’il essaye de me toucher », se remémorre-t-iel.
Racisme et menaces d’agression physique
Les policiers vont ensuite se pencher sur les affiches que le groupe était en train de poser dans les abribus des quartiers ouest de La Rochelle au moment de leur arrestation. « INDUSTRIES TOXIQUES DÉNI PUBLIC » peut on lire en lettres capitales de couleur violettes sur fond vert. Au centre de l’image, on distingue un dessin de poumons malades, avec du liquide qui s’en échappe. De part est d’autre, deux masques à gaz et cette description en rouge : « Mireuil, La Pallice, Portneuf, Laleu et La Rossignolette : +27% de cancers du poumon +33% des voies aériennes digestives supérieures chez les hommes » par rapport au reste du département. Des chiffres faisant référence à l’étude commandée et financée par la Ligue contre le Cancer de Charente-Maritime publiée en juillet 2023 et cachée par la mairie pendant plus de deux ans. En lisant les affiches réalisées par les Rebel•le•s rochelais•e•s, le policier le plus virulent fait état de son ignorance. « C’est ça votre lutte : c’est les cancers ? », s’étonne-t-il. « Mais ya pas de cancers en France ! » Son collègue rétorque : « Les cancers c’est qu’en Afrique ! » Une remarque raciste, provocant la sidération des militant•e•s. Tous•tes sont unanimes : comment est-ce possible de dire une énormité pareille ?
Dylan, avec qui les policiers n’ont pas montré d’hostilité particulière, est le premier à sortir. Il est suivi quinze minutes plus tard par Juliette puis Axel, qui tour à tour vont donner leur identité. Mais Benoît s’y refuse encore. Il devient alors le centre de l’attention et le nouveau bouc émissaire de l’équipe. Le policier qui s’était donné un malin plaisir à harceler Axel, se tourne désormais vers le dernier membre du groupe et cherche, lui aussi, à l’intimider. « Je l’entends dire ‘moi quand je suis avec un taser c’est la bavure’ « . Seul avec les forces de l’ordre à ce moment, il comprend que cette remarque lui est destinée. Une atmosphère d’intimidation et de menaces de violences bien installée qui se poursuit, jusqu’à la fin. Alors qu’il est replacé dans la cellule où était sa•on camarade quelques minutes plus tôt, le même policier demande à Benoît, juste à côté de son supérieur qui ne relève pas : « Est-ce que tu t’es dejà bien fait casser la gueule, mais vraiment bien ? C’est ce qu’il te manque, une bonne claque ! », raconte-t-il, encore stupéfait par cette scène. « Tu as vraiment le sentiment que tout peut arriver et qu’au moindre truc de travers tu peux te faire frapper. Tu sens qu’ils font ce qu’ils veulent, malgré la présence de leur supérieur. » Benoît qui se sentait plutôt à l’aise au début de son récit, se rend finalement compte de toute la violence qu’il a essuyé. « C’est vrai que ça a été violent psychologiquement », concède-t-il.
Culture du viol et attitude décomplexée
Benoît est également témoin de conversations très dégradantes au sujet de femmes avec qui les policiers disent avoir eu des relations. « C’est un moment de discussions assez lunaire entre trois policiers qui évoquent de façon ultra dégradante leurs relations sexuelles. Des trucs vraiment horribles », ajoute-t-il. Le militant ne souhaite pas s’étendre sur cette scène, ni avec ses camarades, ni lors de notre échange. Juliette aussi constate la façon qu’ils ont de parler des femmes, très rabaissante et sexualisante. Elle est profondément choquée par certains propos qu’elle a entendu. « L’un d’entre eux raconte qu’il ne se protège pas pendant les rapports car ‘les capotes c’est pour les gauchos’ « , raconte-t-elle, blasée par cette atmosphère omniprésente dans le commissariat. « C’est aussi à ce moment qu’il dit de nous ‘ça j’y touche pas’ « . Ce à quoi l’un de ses collègues répond : « C’est fou que tu dises ça alors que toi t’es connu pour viol. » Des échanges tout à fait décomplexés et vraiment déroutants pour la personne qui entend ça, impuissante. « Ils parlent de « baiser des meufs », ils se questionnent sur la possibilité de « nous baiser » aussi. Ça instaure clairement dans l’espace la possibilité du viol », analyse a posteriori Axel. « Ils font aussi des commentaires sur mon physique, mon corps est un sujet », poursuit-iel. « Ce n’est pas circonscrit à des moments en particulier, c’est une atmosphère continue. » Culture du viol, violence de genre, racisme, menaces d’agressions physiques, les quatre militant•e•s sont témoins d’une ambiance nauséabonde pesante dès l’instant où iels sont arrêté•e•s.
Benoît finit par coopérer et donne son identité vers deux heures du matin, deux heures environ après le départ de ses camarades du commissariat. Mais le militant devra malgré tout attendre une demi-heure supplémentaire pour être libéré, sans qu’aucune justification ne lui soit donnée.
Des méthodes disproportionnées pour une action « légitime »
Les quatre membres d’Extinction Rebellion témoignent d’une nuit particulièrement éprouvante. Même Dylan, épargné par les forces de l’ordre, constate le traitement infligé à ses camarades dès leur arrestation et se fait du souci notamment pour Axel et Juliette.
Benoît raconte aussi ce moment où l’un des policiers a essayé de voler la casquette de Juliette. « C’est la seule fois où j’ai entendu le chef dire à l’un des policiers qu’il ne pouvait pas faire ça », se rappelle-t-il, encore scandalisé. Cette scène est pour Juliette particulièrement révélatrice de cette ambiance généralisée où tout semble permis et admis, sauf quand il s’agit de s’en prendre aux effets personnels.
Ce qui les choc aussi c’est leur réponse totalement disproportionnée alors même que les policiers ne savent pas vraiment ce que le groupe est en train de faire. Les policier•e•s avouent facilement le fait qu’iels les arrêtent car iels sont masqué•e•s. « Vos affiches on s’en fout », affirme la policière. Certains policiers iront mêmes jusqu’à dire que leur « combat » est « légitime ». Pour Benoît, « ça insiste encore plus sur le côté ultra arbitraire de ce qu’il s’est passé. C’était « gratos » dès le début.

(…)

« Quand tu saisis les derniers espaces d’expressions qu’il te reste, c’est-à-dire la rue, la police revient assumer son rôle de contrôle de l’espace public et tu te fais ramasser la gueule. Sur ce sujet au moment des municipales, c’est significatif », observe Benoît, furieux.

(…)

APPEL À TEMOIGNAGE
Si vous aussi vous avez été victime de violences policières par la police de La Rochelle, vous pouvez contacter l’auteurice de cet article via son adresse mail : solene.carpenter@proton.me. La libération de la parole permet de porter un coup à l’impunité de la police.

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16.03.2026

Les faits étaient survenus le 27 juillet 2025, le lendemain d’un mouvement social des fonctionnaires du centre pénitentiaire d’Aix-en-Provence. 45 jours d’interruption temporaire de travail avaient été constatés sur la victime.
Stéphane E. exerce le métier de surveillant pénitentiaire depuis 2016.

(…)

45 jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Voilà le bilan qui avait été constaté, à trois reprises par différents professionnels de santé, sur la victime, un détenu.

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13.03.2026

Le militaire, parti dans un autre département, était absent de l’audience devant le tribunal correctionnel d’Agen, ce vendredi 13 mars

(…)

« Tu ne sais pas de quoi je suis capable. Je vais te massacrer. » À défaut d’entendre les explications de la bouche du prévenu, les juges du tribunal correctionnel d’Agen ont été contraints de se contenter de la retranscription d’un aperçu des messages, parmi les milliers recensés par la procédure.

(…)

De leur relation amoureuse de quelques mois au début de l’année 2025, succédera une rupture inconcevable pour le trentenaire, en proie à une addiction à l’alcool.
Fausse alerte
Outre les insultes et propos dénigrants, le militaire tente par tous les moyens d’entrer en contact avec son ex, après que celle-ci a tenté de l’aider, puis bloqué son numéro de téléphone, jusqu’à se claquemurer dans son logement. Entre le 10 et le 17 juillet 2025, le gendarme lui adresse 359 messages, dont certains revêtent un caractère menaçant, notamment pour la carrière de la jeune femme. Un mois plus tard, le trentenaire, n’ayant aucune réponse téléphonique, ni physique lorsqu’il tambourine à sa porte ou tente d’escalader son balcon, contacte le Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie en prétextant une menace visant sa collègue, afin d’envoyer une patrouille sur les lieux.
« Ce dossier est celui d’une pression qui a progressivement envahi la vie de ma cliente, l’a complètement détruite », a illustré Me Sophie Lagarde, conseil de la partie civile.

(…)

« Courageuse, elle tenait à être présente pour clore ce chapitre, contrairement à monsieur qui se retranche derrière une obligation professionnelle pour ne pas se déplacer », a déploré l’avocate, glissant que le militaire avait déjà fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour des attitudes inconvenantes envers des gendarmes adjoints volontaires et utilisé un Taser sur la conjointe d’un collègue.

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13.03.2026

Des membres de la communauté dénoncent toutefois la brutalité qu’ils affirment subir au quotidien.

(…)

La porte d’une caravane s’ouvre. Nous sommes jetés de partout ! , peste Jean-Paul Chevalier, bientôt 60 ans, quelques heures après l’opération de police menée ce jeudi matin 12 mars 2026 sur ordre de la préfecture.
Les policiers nationaux sont intervenus dans la zone commerciale Mendès-France pour expulser des citoyens français itinérants (CFI) installés de manière illégale, sur des parkings de magasin : derrière Aldi et devant l’ancienne boutique « 4murs ».

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13.03.2026

Le fonctionnaire était poursuivi pour des violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique, pour avoir donné un coup de bouclier à une femme qui « ne représentait à ce moment précis aucun danger pour les forces de l’ordre », selon le tribunal.

(…)

« Une peine d’avertissement sur des faits considérés comme graves, d’autant plus dans le contexte de l’exercice de vos fonctions. » A la 10e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, vendredi 13 mars, c’est ainsi que la présidente a présenté au gardien de la paix S. sa peine : huit mois de prison avec sursis.

(…)

Le fonctionnaire de police était poursuivi pour des violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique n’ayant pas entraîné d’interruption totale de travail (ITT), commises sur une jeune femme en marge d’une manifestation, le 23 mars 2023. La victime n’avait pas été identifiée à l’époque, il n’avait donc pas été possible d’évaluer les conséquences du coup porté.
Mais à l’audience, en janvier, la victime, Mme M., s’était finalement présentée à la barre, après avoir appris par un concours de circonstances, a-t-elle expliqué, la tenue de ce procès. Elle avait alors présenté un certificat médical faisant état de quinze jours d’ITT. Le tribunal a décidé de lui reconnaître sa qualité de victime, et pris en compte cette évaluation médicale. Il a donc condamné le policier S. pour des violences ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours, des faits passibles de plus lourdes sanctions.
Le soir des faits, le gardien de la paix S. a été amené à poursuivre des cortèges sauvages avec des collègues de sa brigade territoriale de contact du 20e arrondissement de Paris et d’autres unités. Sur les images amateurs de la scène, sans raison apparente, deux agents poussent d’abord au sol puis aspergent de gaz lacrymogène Mme M. Alors qu’elle se relève péniblement, le policier S. arrive en courant et la propulse au sol d’un coup de bouclier.

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13.03.2026

Deux policiers étaient jugés ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des violences sur un jeune homme de 22 ans, en 2021 à Noisy-le-Grand. La vidéo d’un particulier a été décisive pour confondre les fonctionnaires.
Six mois de prison avec sursis et une interdiction d’exercer pendant deux ans ont été requis par la procureure Fanny Bussac, ce jeudi devant la 14e chambre correctionnelle de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour Raphaël L., 32 ans, ancien policier du commissariat de Noisy-le-Grand. La même sanction a été demandée pour son ex-collègue Anthony C., 29 ans. Ce dernier a déjà été radié de la police pour une autre affaire.
Les deux hommes étaient jugés jeudi pour des violences commises le 17 octobre 2021 à Noisy-le-Grand, envers Aboubacar S., 22 ans à l’époque. Les violences étaient aggravées car commises « en réunion », « par personnes dépositaires de l’autorité publique » et avec « usage d’une arme », une matraque télescopique.

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12.03.2026

L’audience a porté sur des événements survenus le soir du 17 septembre 2021 à Noisy-le-Grand. Deux gardiens de la paix, Raphaël L. et Anthony C., étaient jugés pour des violences aggravées commises à l’encontre d’un jeune homme, Aboubacar S., alors âgé de 22 ans. Les débats ont notamment mis en lumière l’existence d’une vidéo amateur et d’enregistrements de vidéosurveillance municipale, qui ont contredit la version initialement consignée par les forces de l’ordre.

(…) Les investigations menées par le service interne de la police ont établi, après examen des séquences vidéo, qu’aucune menace envers les agents n’était perceptible avant le début de l’altercation et que les premiers actes de violence émanaient des policiers. Le rapport dénombre une dizaine de coups de matraque portés par Raphaël L. ainsi que des coups de pied et de poing assénés par son collègue, Anthony C., alors que la victime se trouvait au sol.

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12.03.2026

Il était tranquillement chez lui lorsque les policiers de la brigade anticriminalité, alertés pour une suspicion de cambriolage, sont tombés sur Evan de manière musclée. Le jeune Toulousain, âgé de 20 ans raconte cette soirée de cauchemar.

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12.03.2026

« Ma jambe était coupée en deux, elle pendait complètement. C’était une vision d’horreur », indique-t-il. Ses souvenirs ont été ravivés par une vidéo tournée par un voisin après le tir. On voit Jean-Marie ramper sur 71 m, en laissant une traînée de sang derrière lui. On voit aussi Nicolas continuer de s’en prendre à lui. « Il n’a pas arrêté. Je ne sais plus combien de coups il m’a mis. C’était tellement violent »

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11.03.2026

Pour cette journée, aucun objet dangereux ou arme n’a été trouvé.
Une petite surprise aux abords du collège Christian-Poncelet (ex-Tertre), à Remiremont, ce mercredi matin. Huit agents de la police nationale de Remiremont ont procédé à des fouilles de sacs à l’entrée de l’établissement scolaire. Une opération qui a duré de 7 h 30 à 8 h, juste avant le début des cours, et qui s’est déroulée à l’extérieur du bâtiment. « On fait ça selon les instructions nationales. C’est une fouille de sacs en tous genres à titre préventif pour laquelle on a une réquisition du procureur », fait savoir une source policière.
Dans ce cadre, un magnétomètre est privilégié sur les élèves « pour éviter le contact physique ». Si l’outil détecte un objet métallique, les agents procèdent à une fouille au corps par palpation.
Pour cette journée, aucun objet dangereux ou arme n’a été trouvé. « On préfère, ça veut dire que ça va bien ».

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11.03.2026

« Les journalistes restent dehors », lui annonce la commandante Dubos. La raison : officiellement, les locaux seraient « assimilables à de la garde à vue (GAV) ».
À l’extérieur, l’observatrice associative échange avec nous un regard lassé : ce scénario se répète depuis des années, alors même qu’à l’exception de deux d’entre eux, les Algeco où sont quotidiennement enfermées des dizaines de personnes exilées ne relèvent pas du régime de GAV. « Ils jouent là‑dessus », glisse Agnès Lerolle, de la Coordination d’actions aux frontières intérieures (Cafi).

(…) Dans les préfabriqués, la température oscille, les matelas se posent à même le sol, et des hommes s’enroulent dans des couvertures de survie. « On traite comme des délinquants des gens qui n’ont commis ni crime ni délit »,

(…) Agnès Lerolle témoigne en outre d’une mécanique administrative qui fonctionne hors des radars : téléphones confisqués au mépris du droit, interprétariat expéditif, signatures de documents incompris, contrôles au faciès. En clair, la frontière franco‑italienne fonctionne comme un sas où les droits fondamentaux sont devenus optionnels. Un détail cristallise le fossé entre parole policière et réalité. La commandante assure qu’un représentant du Conseil départemental est « toujours présent » pour les mineurs isolés. Les bancs, pourtant, ce jour-là, sont bel et bien vides.

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11.03.2026

Mohamed Gabsi, 33 ans, est mort le 8 avril 2020 à Béziers lors d’une interpellation. En plein confinement, l’homme de 33 ans qui circule dans les rues de la cité biterroise avec une attestation de déplacement est contrôlé par une patrouille de trois policiers municipaux. Le contrôle dégénère. Selon plusieurs témoins, Mohamed Gabsi est plaqué au sol. Menottes dans le dos, il est transporté dans le véhicule de police.
Pendant sept minutes, Guillaume L., un des policiers restera seul avec lui à l’intérieur. Les mouvements de la voiture filmés par les caméras de surveillance laissent craindre une scène de violence dans l’habitacle. La voiture prendra ensuite la direction du commissariat, à 400 mètres de là. L’homme y décédera quelques minutes après son arrivée.

(…) Des témoignages mettent à mal la thèse de l’accident : le policier incriminé aurait à plusieurs reprises refermé la portière du véhicule sur la tête de Mohamed Gabsi en lui lançant : « Je vais te faire dormir ». L’agent serait ensuite sorti du véhicule en disant : « Putain, ça fait du bien. »

(…) Éléments troublants, lors de cette intervention pourtant décrite comme la plus difficile de leur carrière, aucun policier municipal n’a activé sa caméra piétonne. Quant aux enregistrements radio, ils sont inexploitables à la suite d’un problème technique.

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10.03.2026

A bord se trouvaient sa sœur et la fille de celle-ci, une enfant de 5 ans…

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10.03.2026

« Ils arrivent sans gyrophare, ni sirène. À aucun moment, on entend : ‘Gendarmerie’. Ils tirent la grille, le rideau et braquent tout de suite leur lampe sur Gabriel, qui surgit et les menace », raconte Isabelle Bée, pour qui son fils a eu peur d’une « intrusion » chez lui dans la nuit.

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08.03.2026

Il avait faim. Alors il a volé quelques denrées au supermarché. Mais ce n’était pas la première fois, et la récidive lui a coûté une peine de prison ferme.
Il avait faim. Il ne se sentait pas bien et il voulait manger. Mais il n’avait pas d’argent. Aussi, en ce mois de février 2025, ce Guinéen de 22 ans s’est résolu à entrer dans un supermarché de la rue des Salines à Lons-le-Saunier…

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07.03.2026

La lecture de ses publications sur X dévoile une obsession destructrice envers les populations maghrébines, systématiquement rabaissées à un stade animal ou pathologique. Julien Thion, le responsable de l’équipe de la police technique et scientifique (PTS) de Moulins, n’hésite pas à traiter ses contradicteurs de « blédard », « inculte consanguin » ou à s’interroger publiquement si « leur arbre généalogique ne comporte pas quelques animaux bizarres ».

(…) Il déclare sans filtre que la Tunisie est « un peuple de fils de pute », qu’il « emmerde comme tous les autres pays du Maghreb » et fustige « ces Algériens qui hantent ce pays et qui constituent un véritable poison pour la France. »

(…) Pour ce policier scientifique, le simple fait d’être musulman est incompatible avec l’humanité, déclarant « qu’ils ne sont pas civilisés ».
Il insulte copieusement les Musulmans, en les traitant « de fils de pute » et « d’adorateur du diable ».

(…) La rhétorique bascule dans la menace de mort pure et simple lorsqu’il promet à ses cibles qu’elles auront bientôt le choix entre « le cercueil et se barrer. »

(…) Face au portrait du militant politique RN, Yann Fleruquin, condamné à douze années de réclusion criminelle pour avoir assassiné un homme et placé sa tête démembrée dans une jardinière, le chef de la police scientifique de Moulins laisse éclater sa complaisance, déclarant qu’il s’agit « d’un homme d’action qui sait se salir les mains ».

(…) Le doute est désormais jeté sur l’ensemble de son travail et, par extension, sur les enquêtes passées par son laboratoire de Moulins. Le fait qu’un fonctionnaire ait pu cultiver et exprimer une telle radicalisation pendant des années, tout en grimpant les échelons jusqu’à un poste à responsabilités, interroge sur la vigilance de l’institution. Sa tentative désespérée de supprimer ses publications et de se terrer dans le silence prouve qu’il sait pertinemment avoir franchi la ligne rouge de l’indéfendable.

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06.03.2026

La police est intervenue par erreur au domicile de Franck Burin. L’homme a été frappé, plaqué au sol devant ses enfants et sa compagne. Il a saisi l’inspection générale de la police nationale
Un Niçois affirme avoir été victime d’une intervention policière particulièrement brutale, qu’il qualifie de «bavure», à son domicile, le 22 janvier dernier au petit matin.
Dans un courrier adressé au procureur de la République de Nice, Franck Burin demande l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de cette opération menée par des agents du Raid ou de la BRI – il n’a pas eu la précision -, et de la police nationale.
Il a également saisi jeudi l’Inspection générale de la police nationale.
Selon son récit, une dizaine de policiers seraient intervenus vers 6 heures du matin à son domicile situé rue de la Villette, une perpendiculaire au boulevard de la Madeleine.
Les agents auraient forcé le portail et la porte de la maison à l’aide d’un bélier.
«J’ai entendu un bruit anormal, très fort au niveau de la porte d’entrée. J’ai vu des individus armés, cagoulés, entrer, j’ai pensé à un cambriolage. Ils ne se sont pas présentés. »
Franck Burin, arraché à son sommeil, se trouve dans son plus simple appareil. Il affirme ne pas avoir opposé de résistance.
«Je suis resté parfaitement immobile. Malgré le fait que je ne présentais aucune agressivité, l’un des hommes m’a porté un violent coup de bouclier au visage. Il m’a cassé l’arête nasale.»
Il a ensuite été plaqué au sol avant d’être menotté, mains dans le dos. «Pendant de longues minutes je n’ai pas su s’ils étaient de la police ou des cambrioleurs.»
Franck Burin indique avoir signalé à plusieurs reprises des difficultés à respirer pendant qu’il était maintenu au sol.
«Ma compagne était là, ainsi que mes enfants. Ils m’ont traîné nu, et menotté, dans ma chambre et maintenu au sol. D’autres sont allés chercher les enfants sans ménagement et ils ont regroupé toute le monde dans la chambre.»
Selon Franck Burin, c’est à ce stade qu’on lui demande son identité.
«J’ai obtempéré. Et là il y a eu un blanc. Rapidement ils se sont rendus compte que je n’étais pas la personne qu’ils recherchaient.»
Selon lui, l’intervention visait en réalité son locataire, qui habite à proximité immédiate de son logement.
«Malgré cette erreur, je suis resté menotté au sol de manière très violente, une quinzaine de minutes supplémentaires avant d’être maintenu sous surveillance, toujours nu, devant ma famille. Nous sommes restés de longues minutes hébétés après leur départ.»
Il précise également que son locataire aurait été placé brièvement en garde à vue – «A peine une heure» – avant d’être remis en liberté, mis hors de cause.

(…)

Dans sa lettre, au procureur, Franck Burin évoque des violences volontaires, un usage disproportionné de la force et une atteinte à la dignité.
Il demande à la justice de faire toute la lumière sur cette intervention et indique pouvoir fournir certificats médicaux, photographies et témoignages.
«Je ne comprends pas la violence dont j’ai été victime. Vraiment, pas du tout. La seule réponse que j’ai eue, c’est « Vous avez une assurance pour ça ? ». Ce que je trouve très déplacé comme réponse. L’assurance a pris en charge la réparation des portes, certes. Mais j’ai payé une franchise qui est de ma poche, ce que je trouve pas normal. J’attends, a minima, une réparation des dégâts matériels.»

(…)

«Le fait que la police se trompe de porte, a priori, ça arrive. Mais j’aurais aimé qu’ils s’excusent en partant, en disant qu’ils s’étaient trompés de porte. Ce n’a jamais été le cas. C’est quand même l’élite de la police», regrette Franck Burin.
Le Niçois dit avoir également rédigé un courrier au maire. «J’ai été recontacté tout de suite. Ils m’ont mis à disposition un psychologue pour me soutenir. C’était très appréciable.»
Très marqué par cette intervention opérée devant ses enfants, il affirme rencontrer depuis des troubles du sommeil.
«Je me réveille au moindre bruit, je suis très irritable. La petite amie de mon fils fait des crises d’angoisse, elle a eu cinq jours d’ITT après cette intervention. C’est moralement très compliqué.»

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06.03.2026

Plaintes refusées ou bâclées, biais sexistes et propos culpabilisants : aujourd’hui encore, les femmes qui ont le courage de porter plainte pour dénoncer les violences sexuelles et/ou conjugales qu’elles subissent se heurtent parfois à un traitement judiciaire source de victimisation secondaire. Pour la présidente du Collectif féministe contre le viol, Emmanuelle Piet, l’accueil des victimes par les forces de l’ordre en 2026 reste « une loterie ». Parallèlement, le nombre de victimes de violences conjugales enregistrées chaque année en France par les forces de l’ordre a doublé en l’espace de dix ans, pour dépasser la barre des 270 000 en 2024. Or seule une victime sur six franchit la porte d’un commissariat, selon le ministère de l’Intérieur. Le nombre de personnes se disant victimes de violences sexuelles (physiques et non-physiques) a lui augmenté de 16 % entre 2022 et 2023, d’après le SSMSI, le service statistique ministériel de la sécurité intérieure, et seulement 7% d’entre elles portent plainte.Ouverture dans un nouvel onglet Les raisons les plus fréquentes invoquées sont que « cela n’aurait servi à rien », ou encore que le témoignage n’aurait pas été « pris au sérieux » par la police ou la gendarmerie.
Depuis le Grenelle contre les violences conjugales fin 2019, la formation des policiers et gendarmes a pourtant été renforcée, des dispositifs ont été créés pour accueillir et protéger les victimes, à l’instar du Tableau d’accueil confidentialité dans les commissariats, de la grille d’évaluation du danger ou encore de la possibilité de déposer plainte à l’hôpital. Les bracelets anti-rapprochement et les téléphones grave danger ont été multipliés, les ordonnances de protection davantage déployées. Plus de 180 000 policiers et gendarmes ont été formés à la prise en charge des violences intrafamiliales depuis 2020 estime le gouvernement. Et si tous les policiers sont aujourd’hui formés sur les violences intra-familiales (VIF) et les violences sexuelles et sexistes (VSS) en formation initiale assure le ministère de l’Intérieur, cette formation d’une trentaine d’heures reste très limitée. Quant à la formation continue, elle se fait sur la base du volontariat et reste tributaire des manques d’effectifs mais aussi des impulsions départementales.
En Ile-de-France, le centre Hubertine Auclert centre de promotion de l’égalité femmes-hommes associé à la région Île-de-France,
qui coordonne depuis 2022 des formations destinées aux policiers nationaux et municipaux, ainsi qu’à la gendarmerie. Des formations assurées par des associations de terrain d’Ile-de-France dont l’expertise n’est plus à démontrer, comme les CIDFF, les centre d’informations sur les droits des femmes et des familles, dans l’objectif notamment de renforcer la coopération et le liens entre effectifs de police et associations. Sauf qu’en mai 2025, la Préfecture de police de Paris a arrêté ses subventions de l’ordre de 94 000 euros au Centre Hubertine Auclert sans donner d’explications officielles indique sa présidente, Charlotte Baelde, quand bien même la formation des forces de l’ordre fait partie des compétences de l’Etat. Désormais, seuls les policiers municipaux d’Ile-de-France continuent d’être formés via ce dispositif.
Est-ce parce que les policiers veulent désormais se former entre eux, entre fonctionnaires ? C’est ce qu’indiquent certains agents. L’un des policiers interrogés indique ces formations assurées par les associations de terrain « à la tradition féministe » n’étaient pas toujours appréciées par certains de « ses collègues » y compris les plus jeunes, « rentrés dans la police avec une logique d’affrontement et de combat et qui ne partagent pas la même vision de la société. Certains types de discours n’ont plus envie d’être entendus. »
Si certains agents sont davantage formés, comme ceux de la PNAV, la plateforme d’accompagnement des victimes, ou ceux des Brigades de protection de la famille, le rôle des policiers exerçant en police-secours est pourtant essentiel. En temps que primo-intervenants, ils sont « les yeux de l’officier de police-judiciaire » et doivent savoir analyser ce qui se joue dans leurs multiples interventions à domicile, alors que les forces ont réalisé 244 000 interventions à domicile pour violences conjugales en 2024, soit une toutes les deux minutes. Les premiers actes d’enquête, de la prise de la plainte au recueil des preuves sont également primordiaux pour faire aboutir des procédures judiciaires. Autant de points sur lesquels insistent les intervenants extérieurs, magistrats comme médecins-légistes, lors des formations aux violences conjugales dispensées aux policiers en exercice.
Téléphones grave danger, ordonnances de protection : des dispositifs insuffisamment déployés
Mais il arrive que le danger encouru par une victime de violences conjugales ne soit pas correctement évalué. Depuis 2024, le nombre de féminicides repart à la hausse. Or près de la moitié des 107 femmes tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints en 2024 (d’après les chiffres officiels) avaient pourtant signalé les violences et les menaces qu’elles subissaient à la police ou la gendarmerie. Des « défaillances » au sein de la chaine judiciaire, dont les policiers et gendarmes sont les premiers maillons, et à l’issue desquelles de plus en plus de familles de victimes de féminicides assignent l’Etat pour faute lourde.
L’invitée de ce Grand Reportage est Ernestine Ronai, engagée depuis quarante ans contre les violences faites aux femmes. Ancienne coordinatrice nationale de la lutte contre les violences faites aux femmes de janvier 2013 jusqu’à 2017 au sein de la MIPROFOuverture dans un nouvel onglet, la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains, elle a créé le premier Observatoire départemental des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis en 2002. Elle préside le Comité national de pilotage de l’ordonnance de protection et coordonne le Diplôme universitaire « Violences faites aux femmes » à l’Université Paris 8. Ernestine Ronai continue de former les gendarmes au centre national de la gendarmerie nationale.

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05.03.2026

Alors qu’ils étaient sortis boire un verre entre collègues, un agent de la police technique et scientifique, âgé de 46 ans, a agressé sexuellement une contractuelle de 24 ans, de retour au bureau, au commissariat de Strasbourg. Tape sur les fesses, main dans le dos et les cheveux, câlin torse nu…

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05.03.2026

« Ce qui est pernicieux dans le harcèlement sexuel au travail, c’est que vous subissez des choses… mais c’est votre travail. Il vous faut y retourner, jour après jour, vous n’avez pas vraiment le choix. Et c’est parce qu’on sait que cette position est contrainte qu’il existe normalement des procédures protectrices ». Tout est dans le « normalement ».
Ce mardi 3 mars devant la cour d’appel de Douai, Me Vincent Bethouart, avocat d’une policière municipale lilloise victime d’harcèlement sexuel par l’un de ses ex‐collègue, a tenu à souligner les lourdes responsabilités de la Ville de Lille dans l’aggravation de l’état de santé de sa cliente. Alors que le mis en cause, pourtant à l’origine de l’appel, ne s’est pas déplacé à l’audience et n’était pas représenté, ce nouveau procès a en effet été l’occasion d’une diatribe à l’encontre de la hiérarchie municipale lilloise. Celle‐ci s’est rendue coupable d’une série de manquements déjà décrits par une enquête du site d’investigation indépendant Disclose.
https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2025/06/26/metoopolice-la-gestion-desastreuse-dun-cas-de-harcelement-sexuel-dans-la-police-municipale-de-lille/
Une hiérarchie « extrêmement défaillante »
« L’absence de protection a participé au préjudice de [ma cliente] », a martelé son avocat. Le rapporteur public s’est lui aussi livré à des critiques, considérant que la hiérarchie de la police municipale …

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05.03.2026

En 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, a été tué par un policier lors d’un contrôle routier. Près de trois ans après le drame, la justice a décidé que ce dernier serait jugé pour violence, et non pour meurtre.
Le 27 juin 2023, à Nanterre, Nahel Merzouk, un jeune homme âgé de 17 ans, a été tué lors d’un contrôle routier. Après un refus d’obtempérer de sa part à bord d’une Mercedes, il a été suivi par deux policiers à moto. La voiture a été bloquée par la circulation, les deux policiers sont descendus de leurs véhicules et ont pointé leurs armes sur Nahel pour l’empêcher de repartir.

(…)

Mais à ce moment-là, la voiture, en boîte automatique, a redémarré et l’un des deux policiers a tiré à bout portant à travers le pare-brise, tuant Nahel. La scène avait été filmée et la vidéo a largement été diffusée sur les réseaux sociaux. Si des émeutes avaient éclaté à travers la France pour défendre Nahel, une cagnotte ayant récolté 1,6 million d’euros avait également été créée pour soutenir le policier.
Jugé pour violence et non pour meurtre
Le policier qui a tiré sur Nahel, Florian M., devait être jugé pour meurtre. Cependant, affirmant qu’il ne voulait pas tuer Nahel, le policier a fait appel de cette décision. Cinq mois après la mort du jeune homme, il avait été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.
Ce jeudi 5 mars 2026, nous avons des nouvelles sur cette affaire. La demande de Florian M. a été entendue et la cour d’appel de Versailles a déclaré que le policier serait jugé non pas pour meurtre, mais pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
“La cour d’appel n’a pas suivi les juges d’instruction quant à l’intention d’homicide, estimant qu’il n’était pas établi que Florian M. était animé, au moment du tir, de la volonté d’ôter la vie au conducteur. Florian M. avait pu avoir la conviction qu’en redémarrant, la Mercedes était susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique de tiers ou à la sienne”, a déclaré le communiqué relayé par Midi Libre.
Pénalement, si une personne est jugée pour meurtre, elle risque une peine maximale de 30 ans de réclusion criminelle. Dans le cas où elle est jugée pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la peine maximale est de 15 ans de prison.
Une décision “scandaleuse et honteuse”
Ce jugement ne fait cependant pas l’unanimité. Maître Frank Berton, l’avocat de la mère de Nahel, affirme que cette décision est “scandaleuse et honteuse”.
“Je peux vous dire que la mère de Nahel est scandalisée, tous ses comités de soutien le sont aussi : jusqu’à présent, ils ont fait confiance à la justice, et la chambre de l’instruction de Versailles confisque le débat qui devait se tenir devant une cour d’assises”, a déclaré l’avocat.
Le deuxième policier, qui était présent au moment de la scène, devait au départ être jugé comme témoin assisté pour complicité de meurtre. Mais il a finalement bénéficié d’un non-lieu, qui a été confirmé en appel ce jeudi.

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05.03.2026

La journaliste Léane Alestra appelle à documenter systématiquement les dispositifs policiers et à rendre politiquement coûteuse la complicité avec des groupes comme Némésis ou Nous Vivrons.
Depuis 2019, le groupuscule identitaire Némésis tente d’imposer sa présence dans les manifestations féministes parisiennes. Trop marginal pour mobiliser seul, il parasite des cortèges massifs depuis #MeToo, entouré d’hommes issus des sphères néonazies chargés d’en assurer la protection.
Après le 7 octobre 2023, Nous Vivrons s’invite à son tour dans les mobilisations féministes en instrumentalisant les violences sexuelles commises par le Hamas au service d’une ligne inconditionnellement pro-israélienne. Le 8 mars 2024, le groupe défile avec une cinquantaine d’hommes cagoulés et armés constituant un service d’ordre menaçant. Pour la première fois, des hommes armés occupent durablement l’espace d’une manifestation féministe.
Le 22 novembre 2024, Némésis et Nous Vivrons bénéficient d’un dispositif policier commun pour essayer d’infiltrer la marche contre les violences sexistes et sexuelles. En janvier 2025, Bruno Retailleau affiche publiquement son soutien à Némésis. Le 7 mars, il tente d’interdire la marche de nuit féministe ; l’interdiction est levée par la justice in extremis. Le lendemain, les manifestantes bloquent la place de la République pour refuser de défiler avec ces groupes, toujours protégés par des fourgons de CRS.
Le 22 novembre 2025 marque un nouveau seuil : plus d’une centaine de CRS et une cinquantaine d’agents de la brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M) tentent de garantir leur intégration. L’asymétrie étatique est par ailleurs particulièrement flagrante. Qui a déjà vu 150 CRS et 50 agents de la BRAV-M escorter un groupe antifasciste au milieu des néonazis du 9 mai ? Personne. Au contraire, le 9 mai dernier, la contre-manifestation antifasciste a été interdite, et les militant·es de gauche qui se rendaient au rassemblement d’extrême droite ont été nassé·es par la police pendant des heures.
Par Némésis et Nous Vivrons, l’objectif de l’État est donc clair : imposer de force, à grand renfort policier, des organisations racistes contre le mot d’ordre et le consentement des organisatrices. Il s’agit ainsi d’une police politique. En effet, depuis 2024, l’État avance à coups de bélier – un bélier qui frappe, revient, insiste, dans l’espoir de créer une brèche dans un des mouvements sociaux les plus dynamiques de notre période.
Mais, plus encore, le but est de broyer toute mobilisation sociale. C’est pourquoi les féministes nous avertissent depuis deux ans : ce qui est testé par l’État sur elles risque de devenir une procédure générale. Si le bélier s’installe ici, il frappera demain le 1er Mai, les mobilisations étudiantes, puis chaque espace où la rue échappe encore partiellement au contrôle du pouvoir.
Un bélier cherche une porte. Il exploite les failles, les divisions, les ambiguïtés. Celles du féminisme sont connues : la tentation d’un féminisme sécuritaire, la hiérarchisation raciale des violences, la tentation de la respectabilité institutionnelle…
Face à ces enjeux, la riposte doit être claire : exiger collectivement que les groupes Némésis et Nous Vivrons ne soient pas admis dans les manifestations féministes. En effet, rien ne les empêche d’organiser leurs propres rassemblements, avec leurs mots d’ordre, plutôt que d’investir des espaces qui s’opposent explicitement à leurs positions.
Mais il nous faut aussi documenter systématiquement les dispositifs policiers et rendre politiquement coûteuse la complicité d’un État qui escorte des organisations d’extrême droite. Et, surtout, être toujours plus nombreuses et nombreux aux rassemblements féministes. Puisque certes un cordon policier peut protéger un groupuscule ; mais il ne peut l’imposer à une marée compacte.
La Pride de juin dernier en a apporté la preuve. Lorsque le ministre de l’Intérieur a tenté d’imposer la présence du groupe pro-Zemmour Éros – qui qualifiait la marche des Fiertés de « marche des déchets » – l’unité des organisations et les 500 000 personnes dans la rue ont fait reculer la préfecture. Le dispositif était prêt mais il n’a pas été déployé, parce que le rapport de force l’a neutralisé.
À nous de décider si nous restons une porte ou si nous décidons de faire front, pour de bon.
Face à l’extrême droite, ne rien lâcher !
C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.
Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine : soutenez-nous ! Ensemble, faisons entendre une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond.
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05.03.2026

Depuis 2023, un mystérieux policier multiplie les  » PV à la volée  » en Seine-et-Marne, sans jamais arrêter les conducteurs. Une pratique légale mais très contestée.
Sur une route allant du Val-d’Oise à la Seine-et-Marne, des automobilistes ont reçu chez eux des avis de contravention pour des dépassements jugés dangereux ou l’oubli de clignotant, assortis de retraits de 3 points et d’amendes de 135 euros.
Ces procès-verbaux sont dressés sans aucune interception, selon la procédure dite des « PV à la volée », qui permet de sanctionner certaines infractions au Code de la route sur simple constat visuel de l’agent.
Un collectif d’automobilistes en colère
Face à la multiplication des témoignages, un collectif d’usagers s’est constitué sur Facebook pour confronter les expériences et analyser les procès-verbaux reçus. Rapidement, les membres constatent que l’immense majorité des contraventions semble avoir été commise par le même policier, issue d’un service seine-et-marnais, à des horaires récurrents correspondant visiblement à ses déplacements domicile – travail.
Le groupe dit vouloir saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) afin de dénoncer ce qu’il considère comme un usage abusif, voire détourné, d’une prérogative pourtant prévue par la loi et qui pour une grande majorité, des infractions non constituées.
En attendant, les contestations s’accumulent auprès des autorités compétentes en Seine-et-Marne et dans le Val-d’Oise, nourrissant un climat de défiance chez des automobilistes qui ne se sont jamais vus arrêter ni notifier sur le bord de la route d’infractions supposées.
Nacer* fait partie de ces conducteurs stupéfaits : il découvre trois avis d’infraction qu’il affirme « n’avoir jamais commises et qu’il a contestées immédiatement auprès de l’officier du ministère public (OMP) de Meaux ». (…) Ce policier a un vrai problème. C’est le shérif de la route mais il fait n’importe quoi, il invente les délits. Il veut être le meilleur verbalisateur de France ou quoi ? J’ai équipé depuis mon véhicule d’une caméra pour prouver ma bonne foi.

(…)

La petite commune de Villevaudé a, elle aussi, découvert la réalité de ces PV en série. À l’automne 2023, de nombreux habitants signalent au premier magistrat de la ville la réception de contraventions pour non-respect de stop ou autres infractions, toujours sans interception, déclenchant une vague d’indignation.
Nicolas Marceaux, maire de Villevaudé, s’est alors tourné vers le préfet de Seine-et-Marne pour demander des explications sur l’action de ce policier agissant seul, en civil. La réponse reçue mettait en avant l’objectif de lutte contre la délinquance routière, arguant que la verbalisation contribuait à faire baisser le nombre de blessés et de tués sur les routes, sans remettre en cause la légalité de la méthode.
Une rencontre tendue avec les CRS
Après une accalmie, les habitants de Villevaudé commencent à recevoir de nouveaux avis de contravention à la fin de l’année 2025, ravivant les inquiétudes. Le maire parvient alors à identifier le service de rattachement de l’agent et obtient finalement un rendez-vous d’une heure, via le Préfet, avec le commandant de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) autoroutière de Pomponne et l’un de ses collaborateurs, chargés de la surveillance du secteur.
À sa grande surprise, l’élu découvre que c’est ce même commandant qui est l’auteur de l’ensemble des « PV à la volée », depuis son véhicule banalisé, sans jamais procéder à l’interception des conducteurs. Le commandant de la Compagnie assure que son action est parfaitement légale et justifie l’absence d’arrêt des véhicules par des impératifs de sécurité, ne pouvant intervenir seul.
Pédagogie contre la répression à distance
Pour Nicolas Marceaux, la méthode pose cependant un problème de fond : il défend une approche pédagogique de la sécurité routière, fondée sur des contrôles visibles et des échanges directs entre policiers et contrevenants.

(…)

L’utilisation des smartphones NEO dans le viseur
Le recours massif aux « PV à la volée » soulève également la question de l’utilisation des smartphones professionnels NEO (Nouvel Équipement Opérationnel), système qui équipe depuis 2016 les forces de l’ordre et qui leur permet d’accéder en temps réel aux nombreux fichiers informatisés, comme celui des personnes recherchées ou des antécédents judiciaires.
Ces smartphones permettent notamment de verbaliser de manière dématérialisée. Des restrictions ont ainsi été rappelées pour limiter les verbalisations prises en solo, hors service, ou dans des contextes où la neutralité et la sincérité de l’agent peuvent être mises en cause.

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05.03.2026

Trois agents de la police municipale de Marseille ont été interpellés par la douane ce mardi 3 mars 2026, soupçonnés d’avoir accepté des marchandises contrefaites à proximité du Marché du Soleil, en échange d’informations sur les contrôles.

(…)

Trois policiers municipaux marseillais ont été interpellés et placés en garde à vue ce mardi 3 mars 2026, dans le cadre d’une enquête préliminaire sur des faits de corruption passive et de détention de marchandise contrefaite. Ces agents municipaux affectés à la base du centre-ville de Marseille sont soupçonnés d’avoir accepté des vêtements et des baskets de contrefaçon, offerts ou proposés à des prix défiant toute concurrence, en échange d’informations sur les contrôles régulièrement menés par les forces de l’ordre, dont la police municipale, aux abords du Marché du Soleil.

(…)

L’un des principaux mis en cause venait par ailleurs d’être sanctionné par sa hiérarchie pour une « attitude inappropriée » sur la voie publique.
Retour de flamme en pleine campagne des municipales

(…)

Mais il s’avère que les deux principaux mis en cause, un ancien gendarme et un ancien policier municipal de la ville de Nice, avaient été recrutés sous la mandature de Jean-Claude Gaudin, en 2016 et en 2018.
Le troisième est, quant à lui, arrivé à Marseille en 2023, mais il était déjà policier municipal à Carry-le-Rouet auparavant.

(…)

« Ces agents étaient déjà là, et avaient même été recommandés et validés par d’autres municipalités », s’étrangle-t-on dans l’entourage du maire de Marseille, assurant que tous les candidats passent désormais devant une commission avant leur recrutement.
L’affaire dans l’affaire
Mises en avant du fait du contexte de campagne des municipales, ces trois interpellations ne sont pourtant qu’une partie presque marginale d’un dossier beaucoup plus vaste centré sur le Marché du Soleil portant sur de la contrefaçon en bande organisée mais aussi des faits de blanchiment aggravé. Menée principalement par les douanes judiciaires, l’enquête a abouti au renvoi devant le tribunal correctionnel de pas moins de 18 personnes, dont trois personnes morales et les trois agents municipaux évoqués précédemment. Une fonctionnaire de la préfecture des Bouches-du-Rhône est également poursuivie pour corruption.

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05.03.2026

Un gendarme de la brigade maritime de Marseille faisait du recouvrement de créances pour un escroc fini, tout en consultant des fichiers et gérant une société à Dubaï.
Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.
Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement.

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05.03.2026

Un policier a envoyé, en deux ans et demi, près de 68 000 textos à la mère de sa fille, dont il s’est séparé. Des faits pour lesquels il a été jugé lundi au tribunal d’Évry.

(…)

Il sait qu’il risque gros pour avoir inondé son ex-compagne de dizaines de milliers de messages malveillants.

(…)

À l’époque, le prévenu se faisait déjà pressant. Il lui faisait des remarques quotidiennes sur son apparence, sur ses tenues vestimentaires.
Il lui envoie près de 85 messages par jour en moyenne
Le moindre regard, une conversation anodine pouvaient tourner au drame, sans qu’il se montre violent physiquement. Il n’en avait pas besoin. La jeune femme était sous son strict contrôle.
Elle devait obéir, respecter ses instructions multiples, céder à ses avances sexuelles.

(…)

Il lui envoie en moyenne près de 85 messages par jour, sans s’arrêter, dont le contenu, souvent horrible, est difficile à relater.

(…)

Sur le banc des parties civiles, la victime reste muette, incapable de s’exprimer, la tête baissée, elle a du mal à respirer, comme si la vue de son ex la plongeait encore dans un état de sidération.

(…)

C’est son avocate qui a pris la parole à sa place : « Votre objectif était de soumettre votre compagne. Elle attendait aujourd’hui que vous lui présentiez au moins des excuses. Mais vous en êtes incapable. Vous vous présentez comme la victime dans ce dossier. C’est désarmant », l’a-t-elle fustigé en décrivant les dommages toujours présents dans la vie quotidienne de sa cliente.
Le procureur de la République n’est pas allé jusqu’à demander que le prévenu soit révoqué de la police nationale dans ses réquisitions, s’appuyant notamment sur ses états de service soulignés par sa hiérarchie.
Le tribunal a condamné le prévenu à deux ans d’emprisonnement avec sursis.

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04.03.2026

Inspections des cartables pour les élèves du collège Boieldieu à Rouen, ce mercredi 4 mars 2026. Une surprise pour les élèves et les professeurs, qui n’en avaient pas été informés. Ces fouilles inopinées avaient été annoncées par Élisabeth Borne, le 21 février 2025.
Postée à l’entrée de l’établissement depuis 7h30, ce mercredi 4 mars 2026, la police municipale fouille les sacs des collégiens pour s’assurer de l’absence d’objet interdit. Il s’agit d’un contrôle surprise, le 27ème depuis la rentrée scolaire de septembre.

(…)

Cette opération intervient quelques semaines après la violente bagarre entre deux collégiens dans l’Eure. L’un d’eux avait attaqué son camarade avec un couteau de cantine.
Des élèves curieux de comprendre
Les élèves, évidemment surpris, n’hésitent pas à poser des questions aux forces de l’ordre. « Est-ce que vous pouvez expliquer pourquoi ce dispositif de sécurité intense s’il vous plaît ? », lance cet adolescent en classe de 4ème.
« Ce sont des mesures de sécurité au niveau des établissements scolaires, on a l’autorisation du procureur de la République de vérifier dans tous les sacs des étudiants, de manière à vous protéger, et protéger également le personnel, tout simplement », justifie la policière qui fouille son sac.
Certains élèves sont tout de même inquiets. « Pourquoi ce collège ? », demande un élève. « C’est aléatoire, pas uniquement ciblé sur Boieldieu », tente de rassurer l’agent. « On n’a pas vraiment l’habitude d’avoir ça, donc, c’est peut-être qu’il se passe quelque chose, on ne sait pas », témoigne un autre élève, âgé de 13 ans.

(…)

Des professeurs sceptiques quant à l’effet de surprise
L’intervention s’est organisée avec l’accord du chef d’établissement. En revanche, les professeurs ne semblaient pas au courant, générant de l’inquiétude de leur côté. « Avec l’actualité qui n’est déjà pas très fun, c’est un petit peu anxiogène, je trouve », révèle Emmanuelle Lechevallier, professeure d’arts plastiques au collège Boieldieu depuis 12 ans.
L’enseignante, marquée par les différents récits d’agressions de professeurs par des élèves en France, confie être stressée par ce sujet et souhaite ne pas trop y penser « donc de voir ces contrôles de sacs, je trouve que c’est pas évident ».
Pour Catherine Mezaad, professeure d’histoire-géographie, l’effet de surprise est même contre-productif. « C’est mieux d’être informée avant, en tant que personnel de l’établissement, pour pouvoir préparer, voire discuter après », observe-t-elle.
Concernant l’opération en elle-même sur la question de la sécurité, l’enseignante estime manquer de recul pour la juger et pense que d’autres problèmes liés à des manques de moyens sont prioritaires « que ce soit de la prévention auprès des élèves, le bâti scolaire ou les difficultés sociales, avant de conclure, la surveillance, elle est d’abord dans l’établissement ».
Le personnel éducatif et les élèves n’étant pas informés d’une possibilité de contrôle aléatoire des cartables, se pose la question de l’efficacité de cette mesure, cette dernière étant avant tout une mesure dissuasive.

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03.03.2026

Selon l’Observatoire International des Prisons (OIP) et le député Pouria Amirshahi, le centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan priverait volontairement d’éducation certains mineurs afin de les punir de leur mauvaise conduite.

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03.03.2026

Militant LGBT de 27 ans, Alexandre perd un œil lors d’une intervention policière à Marseille le 1ᵉʳ février 2024, en marge d’un rassemblement contre une conférence LGBT-phobe. Alors qu’il porte plainte contre le policier qui l’a frappé, la procédure se retourne contre lui : il est désormais poursuivi pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ».
L’enquête de l’IGPN, que ses proches espéraient impartiale, disculpe largement le policier et met en cause Alexandre, malgré de nombreux témoignages, dont celui d’un adjoint au maire présent ce jour-là. Alexandre dénonce des pressions policières et un traitement judiciaire à deux vitesses.

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03.03.2026

Un fonctionnaire de la police aux frontières était accusé d’avoir blessé involontairement un manifestant en lui roulant sur le pied en 2017.

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03.03.2026

En France, qui enquête sur les violences policières ? En principe, l’IGPN, la « police des polices » nationale. Mais, de plus en plus souvent, les procureurs transmettent les plaintes à des services locaux appelés « cellules de déontologie ». Ces cellules sont composées de policiers qui enquêtent sur d’autres policiers, parfois au sein du même commissariat. Le problème ne tient pas seulement à cet entre-soi. Ces structures manquent de moyens et croulent sous les dossiers. Résultat : des enquêtes fragiles, parfois bâclées. Les victimes, pour la plupart issues des quartiers populaires, en paient le prix.

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02.03.2026

Arrêtée en mai 2025, un mois après le décès du retraité, la trentenaire a alors quitté la gendarmerie.

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02.03.2026

L’ancienne gloire des stups français et son principal informateur sont jugés à partir de ce lundi 2 mars à Bordeaux pour l’importation d’au moins 15 tonnes de résine de cannabis en octobre 2015. Une affaire emblématique des dérives de la lutte antidrogue.

(…) Un an et demi après son acquittement surprise face à la cour criminelle du Rhône, François Thierry est de retour ce lundi 2 mars à la barre, cette fois devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. L’ancien patron de l’Office antistupéfiants (Ocrtis, devenu Ofast) s’apprête à être jugé pour «complicité de trafic de stupéfiants» et «destruction de preuves», aux côtés de 17 autres prévenus.

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02.03.2026

Cette surpopulation carcérale oblige 6 596 prisonniers à dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 un an plus tôt. La densité carcérale dépasse même les 200% dans 25 établissements pénitentiaires français.

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01.03.2026

Pour la cour d’appel, toutes les pistes n’ont en effet pas été explorées jusqu’au bout, notamment celle d’une fiche attestant de l’usage d’un lanceur de balle de défense (LBD), remplie près de deux mois après les faits par un gardien de la paix d’une brigade territoriale de contact. Dans son rapport, celui-ci avait raconté avoir tiré sur une personne à une trentaine de mètres, qui avait ramassé un objet au sol et allait l’envoyer vers les CRS. Il a vu la victime du tir, peu après, avec une blessure « saignante » à la tête. Lieu, horaire et type de blessure concordent avec celle de d’Alexandre Frey, souligne la cour.

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28.02.2026

Le 17 février 2026, le tribunal correctionnel de Rennes condamnait quatre policiers à six mois de prison avec sursis.

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27.02.2026

Lors des auditions réalisées peu après le décès de l’homme interpellé le 15 janvier à Paris, les policiers de la brigade territoriale de contact ont livré des versions divergentes sur les circonstances d’une fouille réalisée au commissariat du 20ᵉ arrondissement.

(…) Dans les heures qui suivent sa mort, une enquête en recherche des causes de celle-ci est ouverte. L’inspection générale de la police nationale (IGPN) en sera chargée le lendemain après-midi, mais les premiers actes d’enquête sont réalisés par des policiers du commissariat du centre (3e arrondissement), avant même la levée du jour. Ils auditionnent leurs collègues ayant interpellé El Hacen Diarra, qui ne sont pas placés en garde à vue mais entendus en qualité de témoins.

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27.02.2026

Le fonctionnaire, en poste à Saint-Denis, employait sa victime au noir, dans l’Oise. Suite à un différend, il l’a menacée de mort avant d’être interpellé. Le tribunal l’a condamné à 18 mois de prison avec sursis.

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27.02.2026

Le 14 juin 2025, au départ d’une manifestation de soutien au peuple palestinien, place de la République à Paris, une action organisée par Extinction Rébellion (XR) a pris une tournure surréaliste. En l’espace de quelques heures, une pièce s’est jouée. Ses acteur·ices : sept activistes, un préfet de police adepte des réseaux sociaux, des centaines de policiers, des manifestant·es… et une statue.
Plusieurs mois après les faits, j’ai rencontré les activistes au cœur de cet événement singulier. Iels ont entre 25 et 53 ans et viennent pour la plupart de la région parisienne et de milieux sociaux et politiques très différents.

(…)

Au début de la manifestation du 14 juin, la branche francilienne d’XR choisit de réaliser une action symbolique : habiller la statue située place de la République d’un gilet aux couleurs du drapeau palestinien, portant l’inscription « Free Gaza ».
Le choix de cette statue n’est pas anodin. Haute de 9,5 mètres, cette Marianne debout est juchée sur un piédestal de pierre de 15,5 mètres. Dans sa main droite, un rameau d’olivier ; dans la gauche, une tablette gravée « Droits de l’Homme ». Le monument s’élève sur un large socle, relativement accessible, culminant à environ quatre mètres. C’est depuis ce socle que les grimpeurs, équipés de cordes et de harnais, entament l’ascension vers la partie supérieure de la statue.
Peu après le départ du cortège, les activistes se hissent sur le socle. Aussitôt, une dizaine de policiers se positionnent en contrebas et les encerclent. Malgré l’intervention d’un militant resté en bas et chargé d’expliquer le déroulement de l’action, la réponse des forces de l’ordre est immédiate : « Cela dégage ! »
Pris au piège
Le ton est donné. Les policiers leur ordonnent de descendre. Du fait de la hauteur du socle, ils ne peuvent pas intervenir directement, et aucune négociation ne semble possible, comme le résume l’un des grimpeur·ses :
« Au bout de trois secondes, ils ont compris ce qu’on faisait. On avait le matériel, ils [les policiers] ne voulaient pas ça. »
L’apparition de ce qu’iels décrivent comme une « nasse » les sidère. Aucun·e n’en comprend la raison. L’action est pourtant connue et maîtrisée. C’est la quatorzième fois sur cette statue qu’iels mènent ce type d’action, et la troisième fois de l’année.
En temps normal, montée et descente prennent environ une heure. Les grimpeur·ses sont aguerri·es à l’exercice et ne dégradent rien. Certain·es ont même prévu de rejoindre la manifestation ensuite.

(…)

La réponse policière face à la solidarité militante
En fin d’après-midi, le camion d’une unité habilitée à monter sur la statue arrive. Spontanément et contre toute attente, les soutiens encore présents se positionnent devant la statue et font barrage. Pour les activistes, ce moment est incroyable :
Voir les gens d’un coup qui se mettent à bloquer : c’est un de mes plus grands fantasmes. Des citoyen·nes qui font front et qui empêchent la police de mettre son échelle sur la statue.
Malheureusement les forces de l’ordre répondent à ce moment d’espoir par une première charge qui repousse les soutiens. Plusieurs charges similaires ont lieu par la suite, élargissant progressivement le périmètre policier et isolant peu à peu les activistes. Ce moment a été très éprouvant, comme le souligne l’une d’entre elleux :
Avec les camarades, on a fait front ensemble. Mais les gens en bas, c’était trop : j’étais au bout de ma vie.
J’avais l’impression d’être responsable parce que c’était l’action qu’on menait. Alors que ce n’est pas notre faute si on a des policiers qui tapent à tout bout de champ. J’ai vu des gens par terre, j’ai vu un camarade se faire martyriser par 6 policiers au sol. De voir tous les gens, de se dire qu’iels se sont fait massacré·es. Franchement, c’était vraiment dur.
J’en veux énormément à la police.
Iels sont unanimes : dans un cadre non violent et sans aucune provocation, les forces de l’ordre répondent de manière violente. L’un d’elleux résume les faits :
Il y a juste un ordre qui est donné, il y a des mouvements policiers, il y a des coups de matraque, il y a des gaz lacrymogènes. Il n’y a pas de facteur déclencheur autre qu’un ordre qui est reçu, qui descend et qui met en branle ce rouleau compresseur qui ratisse la place. Je ne sais pas comment dire cela mais c’était très sale ce qu’il s’est passé.
Violences et arrestations
Une fois la place vidée, après de nouvelles injonctions à descendre et une tentative infructueuse d’escalade des policiers spécialisés, l’arrivée d’un camion de pompiers équipé d’une nacelle précipite la fin de l’occupation.
Voyant la nacelle s’élever, les militant·es se rassemblent, assis·es, s’agrippant les un·es aux autres, formant ce qu’ils appellent une « tortue ». Ultime acte de résistance pour ralentir l’évacuation.
Arrivés sur la plateforme grâce à la nacelle, les policiers s’attaquent immédiatement à la tortue. L’un des militant·es résume :
Ce n’est pas possible de défaire une tortue ou alors cela prend beaucoup trop de temps si on ne veut pas faire souffrir les gens qui la font. Ils ont essayé pendant 10 minutes puis ont commencé à être violent, à étrangler les gens, à s’agenouiller sur la poitrine de certaines personnes, à faire des clés de bras et à menacer.
Ce sont un peu les limites de notre stratégie de désobéissance civile non violente. A un moment donné, quand ils n’ont plus de limites et qu’ils se disent qu’ils vont être violent à outrance, cela ne marche plus.
Tous·tes font état de violences à leur encontre et d’une volonté des policiers d’instaurer un sentiment durable de peur et d’insécurité. Iels évoquent des phrases telle que : “Toi je vais t’étrangler jusqu’à ce que tu t’endormes” et des menaces de tir de LBD à bout portant. Cette approche est contre-productive comme le souligne l’un des activistes :
On a refusé d’agir devant cette menace-là et cela nous a fermé encore plus dans notre position de rester là-haut.
Certain·es ont encore des séquelles physiques, tel qu’un coccyx déplacé ou des poignets abîmés.
Iels résument l’évacuation ainsi :

(…)

Tous les activistes arrêtés, la police charge les manifestants restés sur la place, faisant usage de gaz lacrymogènes. Elle a ensuite pris soin de faire disparaître toute trace de l’action.

(…)

Après l’intervention policière et l’évacuation de la place, les activistes sont conduit·es au commissariat. Sur place, iels sont regroupé·es dans une petite salle où iels attendent d’être interrogé·es, puis séparé·es et placé·es en cellule. Le sentiment d’injustice, mêlé à celui de l’angoisse, remplace désormais la peur ressentie durant l’interpellation. Iels le résument en ces termes :

(…)

Face à ce flou, les interrogatoires commencent. Selon les activistes, les officiers de police judiciaire (OPJ) cherchent à formuler des motifs d’inculpation. Les questions sont volontairement orientées : “Est-ce que vous pensez que le drapeau de la Palestine est compatible avec les valeurs de la République française ?” Questions auxquelles les activistes répondent par : « Je n’ai rien à déclarer. »

(…)

Encore aujourd’hui, pour l’activiste, cela reste incompréhensible :
« Ils sont partis hyper loin alors qu’on a juste mis un gilet. On a fait des vidéos de 2 minutes et on est descendu. Je ne comprends pas trop.

(…)

Privation de liberté et poursuites judiciaires

(…)

Après avoir été incarcéré·es le maximum de temps permis à ce stade, nos sept activistes sont passé·es en comparution immédiate le mardi 17 juin 2025, en attendant leur audience prévue deux mois plus tard, le 19 août devant le tribunal judiciaire de Paris.
Iels ont été soumis à un contrôle judiciaire particulièrement strict, généralement réservé au grand banditisme : interdiction de contact entre elleux, interdiction de se rendre place de la République, obligation de se présenter toutes les deux semaines au commissariat et interdiction de manifester.
Les motifs finalement retenus contre elleux par la police sont : mise en danger de la vie d’autrui (celle des policiers…), rébellion en réunion contre des personnes dépositaires de l’autorité publique, refus de se soumettre à des relevés signalétiques (empreintes) et, pour l’un des activistes, refus de transmettre le code de son téléphone.
Dès l’audience du 19 août, la procureur a requis leur relaxe du chef de « mise en danger de la vie d’autrui », celui-ci considérant que, bien que périlleuse, l’intervention des policiers rentrait dans le cadre de leurs missions.
Le 10 septembre, jour de leur jugement, iels seront relaxé·es de l’ensemble des charges retenues contre elleux. Le tribunal a considéré que leur interpellation n’était pas fondé, notamment en l’absence de flagrant délit caractérisé. Cela a été un soulagement pour chacun d’eux, mais aussi une source de frustration :
Tu sors après le délibéré du jugement et on te dit “ben voilà nullité de l’interpellation”.
Ben voilà ciao, on passe à l’affaire suivante. Et du coup, on fait quoi des deux mois et demi qui viennent de passer où on n’a pas pu se voir, on n’a pas pu faire nos trucs, on n’a pas pu manifester, on n’a pas pu organiser les événements qui allaient arriver !
Tu sors sans un merci, sans un au revoir, sans rien. C’est vraiment très frustrant, un goût d’inachevé.
La Garde à Vue comme arme politique
L’illégalité de l’interpellation souligne une réalité décrite par l’un des militant·es : l’utilisation de la Garde à Vue (GAV) comme arme politique :
Ils n’avaient pas le droit, mais juste, ils font ce qu’ils veulent. Comme on gagne beaucoup de nos procès en ce moment, j’ai l’impression qu’ils utilisent la GAV comme un outil répressif.
Ils nous gardent le plus longtemps possible. Moi, je le vis vraiment comme ça, pour que ce soit décourageant, traumatisant.
Comme ils ne peuvent pas nous sanctionner au niveau juridique, au moins ils nous enferment un peu.

(…)

Que penser lorsque l’État fait usage de violence pour instiller la peur à l’encontre de citoyens non violents ?
Que penser des trois jours de privation de liberté, des deux mois de contrôle judiciaire strict imposés sans motif retenu par la justice ?
Enfin, que penser des moyens de l’État : police, secours, administration et justice mobilisés ce jour-là et pendant des mois, pour une affaire finalement jugée sans fondement, sous l’autorité d’un préfet de police qui deviendra quelques mois après ministre de l’Intérieur ?
Photoreportage de Julien Gate.

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27.02.2026

« Alors que l’IGPN avait conclu en une violation de la loi et que le parquet avait requis un procès à l’encontre du gardien de la paix, la chambre de l’instruction vient de donner un blanc seing au policier. La famille demande justice »

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26.02.2026

Courtney, victime américaine de Jeffrey Epstein et de Jean-Luc Brunel, n’a jamais été contactée par les enquêteurs français ou américains. Elle a pourtant raconté dans les médias, en 2019 puis 2020, les agressions sexuelles qu’elle a subies à Paris.

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26.02.2026

Il y a un an, alors qu’il est tranquillement assis au pied d’un immeuble, il a le malheur de croiser un équipage de police. Un des agents lui hurle immédiatement «Eh babouin ! Eh macaque !» en courant dans sa direction. Dans un déferlement de violence gratuite, Ousmane va alors recevoir de ce même policier un torrent d’insultes ainsi que deux coups de poing au visage, avant d’être menotté. La scène, insoutenable, dure 16 longues minutes.
Lors de la rédaction du procès-verbal consécutif à l’interpellation, le policier écrira pourtant que l’adolescent a essayé de s’enfuir à plusieurs reprises et va même jusqu’à porter plainte pour «violences et rébellion sur personne dépositaire de l’autorité publique».

(…) Loin d’être anecdotique, ou le fruit d’une énième «brebis galeuse», cette violence d’État est bien le produit d’un système entier fondé sur la violence, l’impunité et l’omerta généralisée.

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26.02.2026

Matthieu R., 34 ans, policier à l’époque au sein de la Brigade anticriminalité (BAC) et présent jeudi, a « sciemment rédigé un faux » et « ne pouvait ignorer les modalités du déroulement de l’interpellation »

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26.02.2026

Après six ans d’instruction autour d’un accident de la mer qui avait coûté ses deux jambes à un jeune Comorien, la justice a mis hors de cause quatre policiers. Plusieurs éléments de l’enquête posent cependant question, à commencer par les méthodes utilisées pour intercepter les embarcations clandestines.

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26.02.2026

Olivier, 34 ans, s’est donné la mort en détention provisoire le 17 février 2026. Incarcéré depuis 4 jours pour des faits présumés de violences conjugales, il a écrit une lettre à son ex-compagne et mère de son fils avant d’effectuer son geste fatal. Cette dernière, Janik, lui rend hommage. « C’était une belle personne mais l’alcool l’a détruit », confie-t-elle.

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25.02.2026

 

Les images de cette femme aux cheveux gris entourée de policiers, d’abord debout avec un drapeau arc-en-ciel puis inanimée au sol après la charge, avaient fait des remous, tout comme les efforts des autorités pour tenter de disculper la police ou les propos du président Emmanuel Macron souhaitant « une forme de sagesse » à la septuagénaire.

Victime de multiples fractures, en particulier au crâne, Geneviève Legay était restée deux mois à l’hôpital. Elle en garde des séquelles : plus d’odorat, ouïe et goût perturbés, 45 séances de kiné pour retrouver un peu d’équilibre et un long suivi psychologique.

En mars 2024, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Rabah Souchi à six mois de prison avec sursis pour « complicité de violence par une personne dépositaire de l’autorité publique ».

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25.02.2026

D’après Yves Dupas, deux policiers de la nationale sont poursuivis pour « faux en écriture publique ou authentique » et « violence sans incapacité de travail par personne dépositaire de l’autorité ».

(…) Toujours selon le procureur, un des policiers est par ailleurs soupçonné d’avoir asséné plusieurs coups de poing au visage du jeune homme, « lorsque celui-ci était menotté et placé dans le véhicule de service ».

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25.02.2026

Ce général dirigeait depuis quatre mois l’OCLCH. Ce service de la gendarmerie est chargé d’enquêter sur les « crimes ou délits motivés liés à l’appartenance réelle ou supposée de la victime à une race, une nation, une religion ou à raison, réelle ou supposée, de son orientation sexuelle ou de son identité de genre ».

(…) Lors d’un pot, « un moment de convivialité », le général s’interroge : « Pourquoi les gendarmes noirs travaillent-ils tous à l’accueil ? » À une dizaine d’occasions, parfois lors d’entretiens individuels, il tient des propos, jugés sexistes, qui choquent ses interlocuteurs.

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23.02.2026

Une source proche du dossier affirme que ce détenu âgé de 19 ans et qui suivait un lourd traitement médicamenteux a fait plusieurs crises d’épilepsie dans sa cellule, la première se déclenchant vers 1 h du matin.
Malgré des alertes d’un co-détenu, qui a hurlé pour prévenir les surveillants bientôt rejoints par les autres détenus de la section, le personnel pénitentiaire n’est pas venu, affirme cette source.
Impuissant, le co-détenu a assisté à l’agonie du jeune homme pendant plusieurs heures, décrit-elle. Avant de finir par réussir à prévenir quelqu’un à l’extérieur, qui appelle à son tour les pompiers.

(…) il « n’était pas exact » qu’une enquête administrative avait été ouverte. « Tout semble avoir été fait dans les règles »

(…) Selon l’Observatoire international des prisons, en France, un décès survient en moyenne tous les deux ou trois jours en milieu carcéral, la plupart du temps par suicide.

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23.02.2026

Au-delà de la justification (bien réelle) de l’adhésion du corps policier aux idées d’extrême-droite, il y a une raison très simple : il existe des liens directs entre les groupes d’extrême-droite et les services de police.

(…) Ne vous étonnez donc pas : l’impunité est organisée puisque la police protège tout simplement les siens. La proximité n’est pas qu’idéologique, elle est intrinsèque et filiale. Leur amour de la violence est également le même.

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22.02.2026

Il est reproché à cet ancien gendarme d’avoir transmis frauduleusement ou détourné des données à caractère personnel, issues de plusieurs fichiers de la gendarmerie, du 13 mai 2024 au 28 mars 2025. Il lui est également reproché des dénonciations mensongères, la conduite d’un véhicule sans permis, et d’avoir eu recours à des prostituées, à 37 reprises, à La Loupe et dans plusieurs villes de France (Dijon, Alès) en mars et avril 2025. C’est le procureur de Chartres qui avait demandé une enquête pour corruption de gendarmes, après des soupçons liés à du trafic de stupéfiants. Son téléphone portable contenait notamment des captures d’écran de l’annuaire interne des gendarmes.

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21.02.2026

Après la mort d’un homme à Valenciennes dans le Nord trois jours plus tôt, le policier municipal qui a ouvert le feu a été mis en examen pour homicide volontaire, écartant ainsi l’état de légitime défense a appris samedi 21 février dans la soirée ICI Nord(Nouvelle fenêtre), dans un communiqué du parquet de Valenciennes.

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21.02.2026

Le policier auteur d’un tir ayant blessé un homme de 26 ans à Angers a été mis en examen pour « violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique », a annoncé ce samedi soir le procureur de la République, Eric Bouillard, dans un communiqué.

(…) De son côté, le jeune homme blessé a été hospitalisé puis placé en garde à vue.

(…) Une information judiciaire a également été ouverte à son encontre et il a été placé en détention provisoire.

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21.02.2026

Soignée ce jour-là aux urgences de l’hôpital, la fonctionnaire de police a tenté de procéder à un contrôle d’identité, allant pour cela jusqu’à solliciter le soutien de ses collègues.

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20.02.2026

Ce jour-là, des agents interpellent violemment une travailleuse sociale qui assiste à un contrôle, la plaquent au sol sur les rails du tramway et la placent garde à vue. Des images circulent. Un médecin constate les blessures. Malgré cela, la municipalité défend l’action de ses agents… et renvoie la faute sur la victime.

(…) Quand nous retrouvons Marie, lundi 2 février vers 20 heures, près de la gare RER D de Saint-Denis, les traces de l’agression sont encore bien visibles. Sa tempe est violette, une marque souligne son arcade, et sa lèvre supérieure reste gonflée. Elle nous montre aussi des griffures au cou et des éraflures sur les mains. Quelques jours plus tôt, le jeudi 29 janvier, la police municipale l’a violemment interpellée.

(…) « J’ai reçu un coup de matraque au visage. Je ne sais pas s’il était volontaire. Il m’a attrapée par les cheveux et a plaqué ma tête assez violemment contre les rails. »

(…) Ce sont eux qui contrôlent, poursuivent, interpellent. Et leurs pouvoirs pourraient bientôt s’élargir. Un projet de loi, examiné en ce moment au Parlement, prévoit d’autoriser les policiers municipaux à dresser des amendes forfaitaires délictuelles, des AFD, pour huit nouveaux délits, dont la vente à la sauvette. Concrètement, cela change la donne. Les agents pourraient sanctionner immédiatement, sur place, sans passer par la procédure judiciaire classique. Plus besoin d’attendre une décision du parquet. L’amende tomberait directement. Sur décision policière. Le Défenseur des droits met en garde.

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20.02.2026

Le fonctionnaire avait pris la fuite après avoir heurté avec une violence inouïe les deux jeunes gens qui circulaient à trottinette. L’interdiction d’exercer sa profession, qui avait été requise, a été écartée par le tribunal.

(…) Fortement alcoolisé – son taux serait mesuré une heure et demie plus tard à 0,83 mg/L d’air expiré, soit presque 2 g/L de sang – il avait percuté deux frères de 16 et 23 ans qui circulaient à trottinette sur l’avenue de Hambourg à Marseille (8e), roulant sur l’un et traînant l’autre, coincé sous sa voiture, sur près de 200 m. Il avait ensuite pris la fuite, roulant dangereusement sur plus de 6 km et heurtant une voiture avant d’être arrêté par un mur et interpellé.

(…) Une position qui avait frustré le père des deux jeunes gens grièvement blessés, « brisés dans leur jeunesse et handicapés à vie »

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20.02.2026

L’Inspection générale de la Justice vient de publier un rapport sur les différences défaillances de la police et du parquet poitevins, dans l’affaire de la mort d’Inès Mecellem. La jeune femme avait été poignardée à son domicile le 8 septembre dernier après avoir déposé plusieurs plaintes.

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20.02.26

Un homme de 26 ans qui avait percuté un père et sa fille à moto, provoquant l’amputation d’une jambe et d’un pied, répondait de ses actes ce jeudi 19 février 2026 au tribunal de Lisieux (Calvados).

(…) « pour l’expert, la vitesse était excessive »

(…) Il plaide pour éviter la suspension du permis et l’inscription au casier judiciaire de son client, qui pourrait donc perdre son emploi.

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19.02.26

Des images captées par un interphone vidéo montrent un agent en uniforme de la police municipale déposer des tracts de campagne de François Bernardini dans des boîtes aux lettres d’Entressen. De quoi interroger sur le respect du devoir de neutralité des agents publics en période préélectorale.

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18.02.2026

La policière avait filmé les images de vidéosurveillance montrant les violences commises par une de ses collègues dans les sous-sols du tribunal judiciaire.

(…) De fait, la scène a été filmée. Sur les images de vidéosurveillance, qu’Amandine G. enregistre dans la foulée avec son téléphone, la gardienne de la paix Mathilde C., équipée de gants coqués, enchaîne plusieurs coups de poing sur le déféré, toujours tenu au sol.

(…) Pendant neuf mois, la vidéo enregistrée par Amandine G. aurait circulé dans le service sans que personne ne la transmette à l’autorité judiciaire, installée quelques étages au-dessus.

(…) La machine judiciaire s’enclenche également contre Amandine G., lorsque l’autrice des coups porte plainte contre elle pour diffamation et « diffusion d’images relatives à la commission d’une atteinte volontaire à l’intégrité de la personne ». En interne, les syndicats s’en mêlent et un groupe composé du compagnon policier de Mathilde C., de son supérieur hiérarchique et de « deux-trois » collègues de cette dernière met la pression à Amandine G. pour connaître l’identité de la taupe auprès de StreetPress. Il n’a pourtant « été trouvé aucune trace de transmission à d’autres personnes », relève la juge assesseure. La policière, « mise de côté toutes les nuits » par ses collègues, doit demander à changer de service, avant d’être mutée au commissariat de Vincennes (94).

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18.02.26

Le préfet de la Gironde a saisi le procureur après la destruction d’une voiture de police factice aux Beaux-Arts de Bordeaux

(…) De son côté, le directeur de l’école, Audry Liseron-Monfils, maintient une ligne de défense axée sur les principes fondamentaux de l’institution. Contacté mardi 17 février, il a réaffirmé que les Beaux-Arts demeurent, avant tout, un « lieu de création artistique et de liberté d’expression ».

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17.02.26

Le tribunal correctionnel de Rennes a reconnu coupables d’homicide involontaire les quatre policiers du commissariat de Saint-Malo qui surveillaient la cellule d’Allan Lambin en février 2019, lorsqu’il a été retrouvé mort. Ils ont été condamnés ce mardi à six mois de prison avec sursis.

(…) Par la voix de l’un de leurs avocats, les policiers n’excluent pas de faire appel de la décision

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17.02.2026

Frédéric Grochain, militant indépendantiste Kanak, avait été emprisonné après les soulèvements populaires de juin 2024 en Kanaky. Comme 80 autres personnes, il avait été déporté dans une prison en métropole, loin des siens. Il n’avait pas vu sa famille depuis 2 ans. Dans un dernier élan d’irrespect à sa mémoire, l’État français n’a même pas daigné en informer ses proches, qui ont appris sa mort par hasard le 9 février, soit 3 jours après son décès.

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17.02.2026

Le 6 février, Frédéric Grochain a été retrouvé mort dans une cellule de la prison de Varennes-le-Grand. L’autopsie a révélé une cause naturelle. Le Kanak, transféré en métropole en 2024, était par ailleurs atteint de tuberculose. Ce qui nécessitera une prise en charge médicale du personnel et de certains détenus.
Varennes-le-Grand Mort en prison, le détenu était atteint de la tuberculose
Pour la famille, c’est un choc. Et un cri de colère exprimé par la voix de Maître Julie Jarno, son avocate dans ce dossier. « Comment est-ce possible que quelqu’un de 31 ans meure seul dans sa cellule ? », s’étrangle la pénaliste marseillaise. Frédéric Grochain, qui allait prochainement souffler ses 32 bougies, s’est éteint le 6 février, en prison, à Varennes-le-Grand , établissement dans lequel il avait été transféré depuis sa Nouvelle-Calédonie natale, en 2024. Sur ses terres, il purgeait une peine qui, selon l’avocate, n’était pas en lien avec les événements ayant abouti aux transfèrements d’une petite centaine de Néo-Calédoniens dans les pénitenciers français.

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14.02.26

L’homme grièvement blessé mercredi par un tir d’un policier après avoir menacé d’un couteau un chauffeur de bus à Paris est décédé samedi des suites de ses blessures, a-t-on appris de source proche du dossier. L’homme avait été transporté à l’hôpital avec un pronostic engagé.

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14.02.2026

En novembre 2024, neuf mois après son incarcération, un détenu de 24 ans se pendait dans sa cellule à la prison de Fresnes, l’une des plus insalubres de France. Sa mère, qui accuse l’administration pénitentiaire de « dysfonctionnements majeurs », a décidé de porter plainte.
Morgan A. avait été placé en détention provisoire pour des faits de nature sexuelle, le 20 février 2024. Le jeune homme, jusque-là inconnu de la justice, a subi un choc carcéral « très violent », selon Valérie, sa maman. « Il n’avait aucun antécédent psychiatrique à son entrée en prison. Pourtant, j’ai vu son état se dégrader très vite. Il se grattait partout à cause des punaises de lit. Comme il ne mangeait plus, il a commencé à beaucoup maigrir. Et il tremblait tout le temps », se souvient-elle, des larmes dans la voix.
Selon Antoine Ory, l’avocat de Valérie, le détenu aurait « déclaré, douze jours à peine après son incarcération, avoir des pensées tournées vers le suicide ».
« Détresse psychologique »
Le pénaliste décrit une « détresse psychologique » grandissante au fil des mois, au point que Morgan commette « deux tentatives de suicide par absorption massive de médicaments, en mars et en avril » – des faits que l’administration pénitentiaire aurait « ignoré » jusqu’à un « signalement » effectué par le juge d’instruction qui avait mis le jeune homme en examen.
« Après ces deux TS, Morgan aurait dû faire l’objet d’une attention particulière et d’un suivi médical renforcé. Il n’en a rien été », dénonce Me Ory. Il faudra attendre le mois d’août, et des « menaces proférées par des codétenus », pour qu’un placement au quartier spécialement adapté (QSA), réservé aux prisonniers fragiles, soit décidé.
Un traitement lourd, mêlant « antipsychotiques, anxiolytiques, antidépresseurs et antiépileptiques », est mis en place fin octobre. Quelques jours avant un retour en détention ordinaire, « sans l’attention particulière ni la surveillance que son état exigeait pourtant ».
« J’ai tout fait pour le raccrocher à la vie »

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13.02.26

L’homme, armé d’un couteau, avait été touché de plusieurs balles par l’un des gendarmes.

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11.02.2026

La police française brutalise, traque, harcèle et mutile déjà les migrant·es aux frontières quotidiennement. L’agence Frontex, le pendant de l’ICE en Europe, est complice de naufrages d’embarcations en mer Méditerranée. Au moins 32.000 personnes sont mortes noyées en tentant la traversée depuis 2014. Des victimes sans sépulture, condamnées à l’oubli. Des arrestations de masse d’exilé·es sont organisées dans toute la France.

(…) Ce mardi 10 février 2026, c’est à Nantes que le préfet a organisé une grande opération policière à grand coup de projecteurs médiatiques, et avec la complicité de la mairie PS. La presse locale, ou plutôt le torchon Ouest-France, titrait avec un certain enthousiasme dans ses colonnes : «Mobilisation policière XXL et interpellations en série en centre-ville de Nantes ce mardi».

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09.02.2026

Aujourd’hui âgé de 66 ans, il attend beaucoup du procès qui s’ouvre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon : l’un de ces agents est jugé pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ».

(…) Selon son récit, la manifestation avait été interdite quelques minutes avant son départ, ce que les manifestants ignoraient. « À partir de 14h08, ça a été un carnage. Il y a eu 28 blessés, dont au moins huit au visage par des tirs de LBD. La police s’est déchaînée, comme elle le faisait tous les samedis à l’époque », assène-t-il.

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09.02.2026

Il était accusé des faits de viol et d’agression sexuelle sur une ancienne gendarme volontaire.

S’il avait été placé en détention provisoire, en avril 2024, c’est libre que le jeune homme a comparu aux côtés de son avocat, Me Antoine Fourcade. Et c’est également libre qu’il est ressorti de la salle d’audience.

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09.02.2026

Les images avaient fait le tour du monde, démontrant la férocité de la répression subie par les Gilets Jaunes. Le 1er décembre 2018, pendant l’acte III du mouvement, une bande de CRS entrait dans une enseigne Burger King au cœur de Paris, après avoir inondé la rue de lacrymogènes, et avaient passé à tabac pendant de longues minutes les personnes qui s’y étaient réfugiées. Une scène de violence gratuite et d’une brutalité inouïe, envers des personnes désarmées et pour certaines en train de vomir, levant les mains en l’air à l’arrivée des policiers.

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07.02.2026

En réalité ces jeunes, incarcérés alors qu’ils étaient parfois mineurs, étaient accusés à tort d’avoir attaqué une voiture de police au cocktail Molotov, sur la base de faux procès-verbaux, d’intimidations et de mensonges policiers. Ils avaient été arrêtés au hasard, des policiers leur avaient extorqué des aveux trafiqués avec la complicité d’avocats véreux. Ils sont ainsi condamnés et emprisonnés à tort pendant plusieurs années, avant d’être enfin innocentés et libérés en 2021. «Certains avaient à peine 15 ans quand ils ont été incarcérés, restant jusqu’à quatre années en détention provisoire».

(…) Pourtant, la falsification d’un document officiel pour un agent assermenté est, en principe, passible de la Cour d’Assises : c’est un crime considéré comme très grave dans le droit.

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01.02.2026

Le début de la discussion est coupée, mais on entend le syndicaliste policier dire «une grosse partie». Il parle des personnes favorables à la police. Knafo répond : «70% des français. Les autres, c’est ceux qu’on doit abattre hein». Et le chef d’Alliance de s’exclamer : «exactement» !

30% des français, c’est tout de même 20 millions de personnes. En gros, ce qu’il reste de la gauche en France, ainsi que les minorités ethniques et religieuses. Voilà ce que l’extrême droite et le premier syndicat policier de France veulent «abattre». Rien d’étonnant puisqu’en 2023, Alliance appelait déjà à la «guerre» contre les «hordes barbares» et les «nuisibles» dans les quartiers populaires. C’est aussi ce syndicat qui réclame la présomption de légitime défense, qui est un permis de tuer et de tirer à vue.

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31.01.2026

(…) Si l’impossibilité de manifester ce samedi laisse un goût amer, la situation est tout de même révélatrice de l’époque : l’extrême droite et les syndicats policiers n’ont aucune base populaire réelle, aucun vrai soutien dans la rue. Mais ils bénéficient d’appuis écrasants dans les médias et au sommet du pouvoir. Ainsi que d’un armement et d’une impunité totale garantis par l’État. Si le syndicat Alliance n’était pas le bras armé du gouvernement, il ne représenterait rien. Mais le régime ne tient que par sa police.

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18.01.2026

Il aura fallu 7 ans d’attente, de larmes, de persévérance et de combat au père d’Allan Lambin pour que le procès de quatre policiers se tienne devant le tribunal correctionnel de Rennes ce lundi 19, mardi 20 et mercredi 21 janvier 2026.

(…) Selon le père, ils auraient été maltraités par les policiers, recevant des coups et son fils étant violemment plaqué au sol.

(…) Ausculté par un médecin à son arrivée au commissariat, Allan est déclaré apte à être placé en garde à vue. Quelques minutes plus tard, les images de la vidéosurveillance le montrent à terre, la tête contre le mur, sans bouger. Le jeune homme est mort d’un syndrome asphyxique avec hémorragie.

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18.01.2026

Prisons saturées, psychiatrie en crise, rétention toujours plus carcérale : jamais autant de personnes n’ont été enfermées en France. Pour Dominique Simonnot, la situation se dégrade et l’humiliation est devenue la norme derrière les murs.

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16/.01.2026

D’après les personnes qui ont assisté à la scène Hacen Diarra était en train de boire un café « lorsque la police est venue vers lui, l’a interpellé, puis violemment frappé ». Ladji Sako corrobore ses témoignages et ajoute : « il y avait du sang partout sur le sol ».

Mais alors que l’interpellé blessé à l’arcade, était dans l’attente de son transport à l’hôpital « il est tombé du banc où il était installé » et, malgré l’intervention des secours, est décédé selon les premiers éléments.

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16.01.2026

La librairie café parisienne Violette and Co, spécialisée dans la littérature féministe et LGBTQI +, a été perquisitionnée ce mercredi 7 janvier par les forces de l’ordre et un procureur de la République. Les policiers étaient à la recherche d’un livre de coloriage sur la Palestine.

(…) Selon le communiqué publié sur les réseaux sociaux de la librairie spécialisée dans la littérature féministe et LGBTQI +, le local « a fait l’objet d’une fouille méthodique : rayonnages inspectés, cartons de livres ouverts un à un, réserves et salle de pause fouillées ». L’ouvrage n’étant plus en stock, les forces de l’ordre sont reparties bredouilles.

(…) Les propriétaires de la librairie café ont été convoqués au commissariat, le jeudi 22 janvier, pour une audition libre.

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16.01.2026

Le lieu était occupé depuis la veille par des migrants dans le cadre d’une « occupation amie », acceptée par l’association gestionnaire du site.

(…) Selon Mathilde, militante présente sur place, le groupe comptait notamment « 13 enfants de moins de 14 ans et une dizaine de mineurs étrangers non accompagnés » hébergés dans le centre social.

(…) Lors de l’intervention, un contrôle d’identité a été effectué sur les personnes présentes. D’après plusieurs témoignages, sept mineurs non accompagnés ont ensuite été conduits au commissariat central. Mathilde décrit une intervention qu’elle qualifie de « brutale », affirmant que « les mineurs étrangers n’ont reçu aucune explication » et que « certains ont été traînés au sol alors qu’ils étaient paniqués ».

(…) Dans un communiqué, l’association Utopia 56, qui vient en aide aux migrants, dénonce une « évolution des pratiques institutionnelles ». Suzanne, coordinatrice de l’antenne rennaise, évoque « une nouvelle limite franchie par les institutions, du jamais vu à Rennes », et décrit un climat de « peur et d’angoisse » lors de l’évacuation, qu’elle contraste avec des opérations précédentes.

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16.01.2026

Derrière le volant, Bac Fend, un policier de la Brigade anti-criminalité de Créteil (Val-de-Marne) devenu influenceur, diffuse des images captées sur ses heures de travail.

(…) Le policier diffuse des courses-poursuites où les pointes à plus de 100 km/h en centre-ville sont monnaie courante, et le trafic infernal du périphérique un circuit où tutoyer les 160 km/h, en dépit des risques associés à de telles vitesses.

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15.01.2026

Si la loi est votée le 22 janvier, policiers et gendarmes bénéficieront d’une « présomption de légitime défense », véritable permis de tuer.

(…) Celle-ci vise à restreindre les poursuites à l’encontre de gendarmes et policiers mis en cause à la suite d’un tir.

(…) Les policiers et gendarmes ne seraient plus considérés comme suspects à l’ouverture des investigations, ni placés en garde à vue, quelles que soient les conséquences de leur tir. Cette mesure dérogatoire inverserait la charge de la preuve : ce serait à la justice de démontrer le caractère « disproportionné » du tir, alors que le policier ou le gendarme serait présumé avoir agi de manière conforme au code de la sécurité intérieur.
Cette loi constituerait un approfondissement majeur de l’impunité policière.

(…) La « présomption de légitime défense » pour la police est une mesure phare du programme de l’extrême droite et de la droite dure depuis de nombreuses années. Elle figurait déjà dans le programme de Jean-Marie Le Pen en 2007, puis dans celui de Marine Le Pen en 2012 et 2017, mais était également défendue par Nicolas Sarkozy en 2012, ainsi qu’Éric Ciotti. Éric Zemmour soutient la mesure et va plus loin encore, en proposant une « défense excusable » qui correspondrait à un droit de riposte absolu.

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15.01.2026

C’est la neuvième fois depuis 2013 que la France est condamnée par la CEDH pour les conditions de vie dans ses prisons, a précisé à l’AFP Patrice Spinosi, l’avocat qui a porté ces dossiers avec l’Observatoire international des prisons (OIP). Au total, ces arrêts concernaient 42 détenus, mais « ce n’est que la partie émergée de l’iceberg » car seule une minorité des personnes concernées ont « l’énergie et le temps » pour saisir la justice, jusqu’au Conseil d’Etat et à la CEDH, afin de dénoncer leurs conditions de détention, a souligné l’avocat.

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15.01.2026

Mardi 13 janvier devant le tribunal de Saint-Nazaire, un homme de 79 ans a comparu pour des agressions sexuelles dénoncées par deux de ses petites-filles entre 1998 et 2012.

(…) Les attitudes des prévenus comparaissant pour incestes sont souvent les mêmes : ils reconnaissent rarement les faits.

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14.01.2026

La victime qui se rendait à son arrêt de bus avait été agressée par un homme encagoulé et armé d’un couteau, qui l’avait forcée à monter dans sa voiture

(…) Un policier du commissariat d’Angoulême, soupçonné de l’enlèvement et du viol d’une adolescente de 17 ans sous la menace d’un couteau l’an dernier à Nersac (Charente)

(…) D’après le quotidien, deux femmes ont été agressées dans des conditions similaires ces dernières semaines dans la même commune de Nersac.

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13.01.2026

D’après nos informations, la brigade de nuit de la Police Nationale a croisé un véhicule feux éteint aux alentours de 3 heures du matin et lui a fait signe de s’arrêter.

(…) La CRS autoroute est en charge de l’enquête.

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13.01.2026

Un jeune homme, placé en cellule de dégrisement ce samedi, est décédé après avoir provoqué l’incendie de son matelas avec un briquet dissimulé.

(…) Alors qu’une enquête est ouverte pour déterminer d’éventuelles failles de sécurité lors de la fouille, une marche blanche est organisée ce samedi à 10 heures au centre-ville.

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13.01.2026

 

Un policier a blessé par balle un adolescent au thorax en plein centre-ville de Carcassonne, lundi 12 janvier, en après-midi. Un véhicule, avec plusieurs personnes à bord, aurait foncé sur les forces de l’ordre après un refus d’obtempérer. L’un des policiers a alors ouvert le feu.

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13.01.2026

Manifestement, elle ne fuit pas les policiers qui la rattrapent rapidement. En arrivant à sa hauteur, un premier fonctionnaire en civil se jette sur elle, le coude en avant, et la fait brutalement chuter à terre. Lorsqu’il s’écarte, un second asperge à deux reprises avec du gaz lacrymogène la manifestante, recroquevillée au sol, avant de reprendre sa course. Ces deux policiers, respectivement major et brigadier de la Bac 11, ne sont pas poursuivis par le parquet de Paris.

(…) Alors qu’elle se relève difficilement, encore soutenue par un autre manifestant, le gardien de la paix la frappe avec son bouclier au niveau de la tête, la projetant à nouveau dans les sacs poubelle, puis reprend immédiatement sa course.

(…) Examinée aux urgences le 26 mars, elle souffre d’une commotion cérébrale et d’une fracture du nez. Retrouvée par StreetPress, elle témoigne deux ans après les faits d’une vie bouleversée, encore handicapée au quotidien par des migraines et crises d’anxiété laissées par la commotion cérébrale. Elle souffre notamment d’une vision floue et des vertiges qui nécessitent des soins de rééducation.

(…) « Il y avait un non-sens complet d’aller porter plainte à des policiers contre des policiers. Sur la vidéo, ils sont une dizaine à avoir vu ce qu’il s’est passé et sont partis en courant. Y’en a pas un qui s’est demandé comment j’allais. »

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12.01.2026

Le CRS accusé d’avoir tué l’homme de 22 ans en 2018 avait d’abord évoqué un tir de légitime défense, avant de parler d’un tir accidentel. Une version mise à mal par les investigations.

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12.01.2026

Ses tirs à l’encontre de deux manifestants contre la réforme des retraites en janvier 2020 n’étaient « ni nécessaire, ni proportionnée ».

(…) Le 9 janvier 2020, dans un cortège parisien qui s’était élancé trois heures plus tôt de la place de la République, alors qu’il est à environ deux mètres de Moukran S., un ancien gilet jaune âgé de 66 ans au moment des faits, le policier le vise au torse avec son lanceur LBD 40, et effectue un tir à bout portant.

Le manifestant s’effondre, avant d’être pris en charge par les street medics quelques minutes plus tard. Pour rappel, les LBD ne doivent être utilisés que si le tireur est entre 10 et 50 mètres de la cible, selon la doctrine de la police nationale.

Peu après, lorsqu’un épais nuage de lacrymogènes a envahi la rue, le policier tire à nouveau dans la poitrine d’un autre manifestant, Peter B., 41 ans au moment des faits.

(…) « T’en veux encore ? », lui avait alors lancé le gardien de la paix, 32 ans à l’époque, depuis muté dans une brigade anti-criminalité (BAC) d’Occitanie.

Dans sa décision, le tribunal correctionnel a justifié la condamnation à une peine d’emprisonnement avec sursis « simple » par « la prise en compte du contexte », en notant qu’il s’agissait d’une « énième journée de mobilisation nationale ». Comme si les violences policières en devenaient plus légitimes.

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12.01.2026

Les victimes présumées, une mère et son fils, expliquent que le voisin du dessus aurait jeté sur leur terrasse, depuis son balcon, une bouteille d’alcool vide, un morceau de rôti et la litière de son chat, avant de jeter une bombe de gaz lacrymogène, qui provoquera trois jours d’incapacité totale de travail pour la mère et son fils.

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11.01.2026

Arrivés dans l’allée des Mimosas, quatre à cinq fuyards décident d’enjamber une grille de portail pointue pour échapper aux forces de l’ordre. Mais l’un d’eux est agrippé par les policiers, qui font également usage d’un pistolet à impulsion électrique Taser. Le jeune homme parvient tout de même à se débattre et à prendre la fuite.

À l’arrivée des secours, le jeune homme, victime d’une hémorragie massive à l’artère fémorale, est en arrêt cardiorespiratoire. Malgré les tentatives de réanimation, il décède sur place.

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11.01.2026

La drogue, sous forme de paquets, avait été placée sous scellés.

Mais voilà, lors d’une nouvelle analyse quelques mois plus tard, une drôle de surprise attend la magistrate. Le taux de cocaïne présent dans les sachets a considérablement diminué. Tout laisse penser qu’une substitution s’est produite avec… du plâtre ou encore de la pâte à sucre.

(…) Ce qu’on leur reproche : s’être servis dans les saisies de cocaïne afin de la revendre. Les deux agents auraient aussi rédigé de faux procès verbaux pour couvrir leurs méfaits.

(…) Au total, c’est plus de 9 kg de poudre blanche qui ont été dérobés. Soit une valeur d’environ 270 000 euros.

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10.01.2026

Le juge d’instruction en charge de l’affaire a d’emblée envisagé de le placer sous contrôle judiciaire, un choix « pas habituel » a commenté ce jeudi à Rennes le rapporteur du dossier. Le parquet a d’ailleurs saisi un juge des libertés et de la détention (JLD) qui a placé le suspect en détention provisoire le 24 décembre 2025, près d’un an après la plainte.

Ce jeudi 8 janvier 2026, Me Ramzi Sahli a donc fait appel de cette décision et sollicité le placement de son client sous contrôle judiciaire rappelant que son casier est « vierge » et que son client n’a pas tenté de « faire pression » sur les témoins. Une année s’est pourtant écoulée entre la plainte et sa présentation devant le juge d’instruction.
Retour à paris

« Les services de la mairie de Paris ont confirmé qu’il était bien en formation rémunérée au sein de la police municipale », a insisté l’avocat nantais. « Il n’y a aucune indication disant que son poste serait remis en cause. » Me Ramzi Sahli a donc proposé un placement sous contrôle judiciaire chez le père de son client, dans le 20e arrondissement de Paris.

La « double personnalité » de l’auteur présumé inquiète toutefois la représentante du parquet général : cette « emprise chimique générée » et sa « capacité à détourner des médicaments » est « en totale contradiction avec son projet professionnel ». « Et puis, il y a le contexte : on est quand même après le procès Pélicot [affaire des viols de Mazan, ndlr], tout le monde a entendu parler de la soumission chimique et il y a eu un avertissement donné à toutes ces personnes qui procèdent ainsi », grince l’avocate générale à l’audience.

« Comprenez que les faits qui me sont reprochés et mon statut professionnel font de moi une cible », a déploré celui qui a sollicité « plusieurs fois » sans succès son placement à l’isolement. « J’ai toujours eu des engagements professionnels portés vers l’aide aux autres, et l’engagement dans la police montre que je ne suis pas de composition criminelle », a conclu le suspect. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes s’est rangée à son avis et l’a remis en liberté ce vendredi 9 janvier.

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09.01.2026

Le conducteur d’un véhicule de police qui avait, le 13 avril 2023, renversé volontairement trois adolescents en scooter sera jugé pour « violence aggravée » et « faux en écriture publique ». L’une des victimes avait été grièvement blessée.

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05.01.2026

Il était incarcéré depuis quelques jours seulement, le 27 décembre 2025, pour des faits de violences commis sur des forces de l’ordre.
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a confirmé le décès et indiqué qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la mort.
L’individu devait être extrait de prison pour être entendu aujourd’hui.

(…) Les derniers chiffres de l’OIP recensent 149 morts par suicide dans les prisons françaises en 2023. Un chiffre plus élevé que dans la plupart des pays européens.

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05.01.2026

Sauf que Loïc Carron a la bonne idée de faire des doigts d’honneur aux gendarmes en leur criant «allez niquer vos mères».

(…) Il est interpellé et placé en garde à vue.

(…) Pour le tout, le parquet requiert dix mois de prison dont cinq mois de sursis probatoire pendant deux ans, avec une obligation de travail, un stage de citoyenneté à réaliser et une interdiction de port d’armes pendant cinq ans. Ainsi que les 200 € d’amende pour le défaut de contrôle technique. Le tribunal suivra ces réquisitions. Le jeune homme devra également s’acquitter de 100 € à chaque gendarme pour leur préjudice moral.

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05.01.2026

Sortant de ses gonds, il avait projeté l’un des hommes à terre, lui occasionnant une plaie à la tête et 7 jours d’incapacité totale de travail. Il avait aussi donné un coup de pied à un autre, qui venait d’être maîtrisé par ses collègues, et violenté le troisième.

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05.01.2026

Conseillers d’insertion, magistrats et avocats dénoncent l’instauration d’un filtrage par l’administration pénitentiaire des demandes de permission de sortie collective, privant de leurs droits des détenus. À Marseille, l’administration va jusqu’à réclamer aux juges le retrait de permissions déjà octroyées.

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03.01.2026

La surpopulation carcérale est particulièrement forte en Île-de-France. La densité carcérale atteint 160,5%, le taux le plus élevé de France.

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02.01.2026

Au 1er décembre, 86 229 personnes étaient incarcérées, selon des données publiées ce vendredi 2 janvier 2026 par le ministère de la Justice.

(…) Au total, 104 380 personnes sont écrouées dans l’Hexagone, alors que 23 097 sont des « prévenus », c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas encore été condamnées mais qui sont placées en détention provisoire dans le cadre d’une mise en examen, par exemple.

(…) L’Hexagone figure parmi les mauvais élèves en Europe, en troisième position derrière la Slovénie et Chypre, selon une étude publiée en juillet par le Conseil de l’Europe.

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02.01.2026

Selon plusieurs proches, il était poursuivi par un véhicule de police lorsque sa moto a percuté une camionnette dans une ruelle étroite. Il est décédé le 2 décembre après douze jours de coma.

(…) Selon Me Margot Pugliese, qui accompagne des proches du défunt, un témoin a déclaré à la famille « avoir assisté à la course-poursuite d’Abdulaï sur sa moto-cross par une voiture de police qui roulait à très vive allure derrière lui ».

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