06.03.2026

La police est intervenue par erreur au domicile de Franck Burin. L’homme a été frappé, plaqué au sol devant ses enfants et sa compagne. Il a saisi l’inspection générale de la police nationale
Un Niçois affirme avoir été victime d’une intervention policière particulièrement brutale, qu’il qualifie de «bavure», à son domicile, le 22 janvier dernier au petit matin.
Dans un courrier adressé au procureur de la République de Nice, Franck Burin demande l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de cette opération menée par des agents du Raid ou de la BRI – il n’a pas eu la précision -, et de la police nationale.
Il a également saisi jeudi l’Inspection générale de la police nationale.
Selon son récit, une dizaine de policiers seraient intervenus vers 6 heures du matin à son domicile situé rue de la Villette, une perpendiculaire au boulevard de la Madeleine.
Les agents auraient forcé le portail et la porte de la maison à l’aide d’un bélier.
«J’ai entendu un bruit anormal, très fort au niveau de la porte d’entrée. J’ai vu des individus armés, cagoulés, entrer, j’ai pensé à un cambriolage. Ils ne se sont pas présentés. »
Franck Burin, arraché à son sommeil, se trouve dans son plus simple appareil. Il affirme ne pas avoir opposé de résistance.
«Je suis resté parfaitement immobile. Malgré le fait que je ne présentais aucune agressivité, l’un des hommes m’a porté un violent coup de bouclier au visage. Il m’a cassé l’arête nasale.»
Il a ensuite été plaqué au sol avant d’être menotté, mains dans le dos. «Pendant de longues minutes je n’ai pas su s’ils étaient de la police ou des cambrioleurs.»
Franck Burin indique avoir signalé à plusieurs reprises des difficultés à respirer pendant qu’il était maintenu au sol.
«Ma compagne était là, ainsi que mes enfants. Ils m’ont traîné nu, et menotté, dans ma chambre et maintenu au sol. D’autres sont allés chercher les enfants sans ménagement et ils ont regroupé toute le monde dans la chambre.»
Selon Franck Burin, c’est à ce stade qu’on lui demande son identité.
«J’ai obtempéré. Et là il y a eu un blanc. Rapidement ils se sont rendus compte que je n’étais pas la personne qu’ils recherchaient.»
Selon lui, l’intervention visait en réalité son locataire, qui habite à proximité immédiate de son logement.
«Malgré cette erreur, je suis resté menotté au sol de manière très violente, une quinzaine de minutes supplémentaires avant d’être maintenu sous surveillance, toujours nu, devant ma famille. Nous sommes restés de longues minutes hébétés après leur départ.»
Il précise également que son locataire aurait été placé brièvement en garde à vue – «A peine une heure» – avant d’être remis en liberté, mis hors de cause.

(…)

Dans sa lettre, au procureur, Franck Burin évoque des violences volontaires, un usage disproportionné de la force et une atteinte à la dignité.
Il demande à la justice de faire toute la lumière sur cette intervention et indique pouvoir fournir certificats médicaux, photographies et témoignages.
«Je ne comprends pas la violence dont j’ai été victime. Vraiment, pas du tout. La seule réponse que j’ai eue, c’est « Vous avez une assurance pour ça ? ». Ce que je trouve très déplacé comme réponse. L’assurance a pris en charge la réparation des portes, certes. Mais j’ai payé une franchise qui est de ma poche, ce que je trouve pas normal. J’attends, a minima, une réparation des dégâts matériels.»

(…)

«Le fait que la police se trompe de porte, a priori, ça arrive. Mais j’aurais aimé qu’ils s’excusent en partant, en disant qu’ils s’étaient trompés de porte. Ce n’a jamais été le cas. C’est quand même l’élite de la police», regrette Franck Burin.
Le Niçois dit avoir également rédigé un courrier au maire. «J’ai été recontacté tout de suite. Ils m’ont mis à disposition un psychologue pour me soutenir. C’était très appréciable.»
Très marqué par cette intervention opérée devant ses enfants, il affirme rencontrer depuis des troubles du sommeil.
«Je me réveille au moindre bruit, je suis très irritable. La petite amie de mon fils fait des crises d’angoisse, elle a eu cinq jours d’ITT après cette intervention. C’est moralement très compliqué.»

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UN POLICIER DE LA BRI DE DIJON MIS EN EXAMEN POUR UN TIR QUI A GRAVEMENT BLESSÉ UN HOMME

Libération


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Extrait

Ce policier de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Dijon a ouvert le feu sur l’homme, aujourd’hui âgé de 31 ans, au cours d’une perquisition, alors qu’il ne représentait aucun danger, telle que l’atteste une vidéo cruciale de la scène. L’agent de 39 ans est toujours en poste en dépit de la gravité des faits. L’enquête administrative a été classée sans suite et aucun contrôle judiciaire n’a été décidé pour empêcher une éventuelle réitération des faits.

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