22.07.2026

Contrôlés et verbalisés à répétition, de nombreux jeunes racisés subissent dès l’enfance un harcèlement policier dans l’espace public. La docteure en science politique Aline Daillère a enquêté auprès de ces jeunes sur leurs expériences du pouvoir punitif policier. Entretien.
– La loi Ripost, pour « réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens », a été adoptée par une majorité de députés du centre, de droite et d’extrême droite ce 21 juillet.
– Cette loi élargit la procédure de l’amende forfaitaire délictuelle : la possibilité pour les policiers de délivrer une amende en cas d’infraction sans recourir à une procédure judiciaire.
– Or, ces amendes, infligées par exemple si vous jetez un déchet par terre, en cas de tapage nocturne, ou pour ne pas avoir emprunté un passage piéton, sont laissées au pouvoir discrétionnaire des agents, qui peuvent en abuser.
– C’est le cas pour certains jeunes, racisés en général, ciblés par des contrôles systématiques et des milliers d’euros d’amendes pour des infractions parfois imaginaires.
– La chercheuse Aline Daillère les a rencontrés et raconte leurs quotidiens face à la police, dont peu de Français ont conscience faute d’y être confrontés.
Des enfants contrôlés par la police dès l’école primaire, verbalisés sans cesse à l’adolescence, accumulant plusieurs milliers d’euros d’amendes avant leur majorité… En France, la nature des rapports entre certains jeunes et la police est difficile à imaginer pour le reste de la population.
Le travail de recherche d’Aline Daillère, réalisé dans le cadre de sa thèse en science politique, apporte des éléments de compréhension et des précisions sur le vécu de ces jeunes, principalement issus de milieux populaires. La chercheuse a, notamment, démontré l’usage très fréquent du gaz lacrymogène sur ces jeunes ou des fouilles systématiques lors des contrôles, que l’on peut qualifier d’agressions sexuelles. Le tout, visant principalement des adolescents encore mineurs. Autrement dit, des enfants.
Lorsqu’Aline Daillère a décidé de s’intéresser à l’expérience des personnes multiverbalisées, elle n’avait pas ciblé de profil d’enquêtés particulier. Mais elle a identifié, parmi les personnes rencontrées, un fil rouge : tous sont de jeunes hommes, vivant dans des quartiers de Paris ou de la région parisienne à forte densité de population, d’origine afro-subsaharienne ou nord-africaine.
Entre 2019 et 2024, elle a interrogé 44 personnes concernées, venues de huit quartiers parisiens et cinq hors de Paris. Les expériences vécues au contact de la police tout au long de leur enfance créent une forte méfiance à l’égard des institutions, et a un impact négatif sur l’espoir qu’ils placent dans leur avenir. Pour Basta!, Aline Daillère revient sur les résultats saillants de sa thèse.
Basta! : Souvent, ces jeunes, dans l’espace public, sont connus des policiers : ils ont affaire à eux depuis l’enfance… Pourquoi, alors, ces interactions avec la police se poursuivent-elles dans le temps ?
Ces jeunes ne sont pas seulement multiverbalisés mais aussi multicontrôlés. Les premières expériences de contrôle remontent en moyenne à l’âge de 11 ou 12 ans. Parfois, plus tôt. Certains subissent leur premier contrôle dès la fin de l’école primaire. Ils racontent qu’au début, les contrôles d’identité sont relativement peu fréquents, mais qu’entre 15 et 19 ans, là, leur fréquence s’accentue beaucoup. Quand ils atteignent 20 ans, ils connaissent par cœur ce que j’appelle les « expériences du pouvoir punitif policier ».
Vous parlez d’un « continuum de “violences policières” », comment cela se manifeste-t-il ?
En allant voir ces jeunes, on s’aperçoit à quel point tout se cumule, et qu’un même jeune va éprouver, au cours de sa vie, toute la palette de ces « expériences du pouvoir punitif policier ». Cela va des contrôles, des pratiques de police moins invasives, à des pratiques qui vont être extrêmement invasives, comme les conduites au poste pour vérification d’identité – c’est une privation de liberté, une mesure de détention. Si elle n’est pas contrôlée par un juge, si le procureur n’est pas informé, ça peut être une mesure de détention arbitraire.
Cela passe aussi, par exemple, lors des contrôles d’identité, par la prégnance de l’usage de l’aérosol de gaz lacrymogène. Les jeunes ne l’envisagent même pas comme une violence : ça fait partie du contrôle. Un des enquêtés a terminé à l’hôpital parce que le produit a opéré une réaction avec ses lentilles de contact. Il a été hospitalisé quatre jours alors qu’il était encore adolescent.
J’ai aussi récolté des récits de violence physique, que certains ont expérimentée au point qu’ils ont cru qu’ils allaient mourir. Les injures racistes ressortent aussi beaucoup dans les entretiens. Et tout cela s’ajoute à la multiverbalisation. C’est là où on voit le cumul, tout s’additionne pour créer ce réservoir d’expériences de violences.
Vous mentionnez dans votre travail le « rituel dégradant de la fouille » et des agressions sexuelles…
À un moment assez avancé de l’enquête, je me suis rendu compte que, quand les jeunes parlaient de « contrôle », on ne parlait pas de la même chose. Pour moi, un contrôle, c’est un contrôle d’identité. Mais quand les jeunes parlent de contrôle, ils parlent de fouille corporelle, c’est-à-dire de palpations. Pour eux, c’est le contrôle du corps.
Les autres « expériences du pouvoir punitif policier » sont décrites par les enquêtés avec détails, y compris celles de violence. Seules les fouilles sont souvent énoncées dans des termes très euphémisés. Ce qui est également le cas quand on travaille sur les cas de violences sexuelles – on sait que ce sont des choses qui sont indicibles pour les victimes. Certains ont quand même réussi à exprimer en entretien que les policiers, je cite, leur « touchaient les couilles ». D’autres disaient que les policiers « mettaient leurs mains dans des endroits pas très corrects », ou leur « touchaient le caleçon »… Ce qui est apparu, surtout, c’est que c’est systématique.
Normalement, une fouille par palpation dans l’espace public n’est autorisée que pour vérifier l’absence d’objet dangereux pour la personne contrôlée ou la personne qui contrôle. Elle n’est pas censée viser la présence de produits stupéfiants. Ça, ça doit être fait au commissariat, dans le cadre d’une procédure. Mais, en fait, le cadre déborde tout le temps. Les jeunes n’ont pas de moyen de se défendre face à cela, ils ne savent même pas cela pour la plupart.
Quel rapport aux institutions, au sens large, ces expériences créent-elles chez les enquêtés ?
Cela crée chez eux une défiance vis-à-vis de la police qui est énorme, parfois même totale. Et à partir de cette défiance, certains jeunes expliquent qu’eux-mêmes n’iraient pas saisir la justice s’ils étaient victimes d’une infraction – d’une agression ou d’un vol, par exemple. Le premier bureau des plaintes, c’est le commissariat de police, et ils sont intimement convaincus qu’on ne les prendrait pas au sérieux. Ils se disent donc que ça ne sert à rien de saisir la justice parce que, de toute façon, eux sont vus comme des suspects, des coupables et jamais comme des victimes.
Est-ce que ces jeunes hommes sont particulièrement visés parce qu’ils commettent en effet plus d’infractions ? Ne pourrait-on pas dire qu’ils « méritent » ces punitions de la part de la police ?
Les amendes sont un très bon exemple de cela. Les enquêtés eux-mêmes reconnaissent commettre une partie des infractions qu’on leur reproche. Ils habitent tous dans des espaces urbains très denses et ils ont conscience que, parfois, leur groupe crée un volume sonore important, que parfois il y a des crachats, il y a des déchets… Mais tous les enquêtés contestent la quantité d’amendes.
Ils expliquent, par exemple, dans certains cas, qu’ils ont en effet commis une infraction mais que, pour une infraction commise, le policier en ajoute deux, trois, dix. Dans d’autres situations, ils expliquent qu’il existe vraiment une infraction, commise par un ou deux jeunes, mais que tout le groupe est verbalisé, peu importe qui a commis l’infraction.
À cela s’ajoutent les témoignages de verbalisation à distance, d’amendes dites « sans contact ». C’est-à-dire des verbalisations qui ont lieu alors que les policiers ne sont même pas présents sur les lieux. Les outils techniques dont sont dotés les policiers permettent ça – les tablettes Neo rendent possible la verbalisation d’une personne dont le policier connaît l’identité mais qui n’est pas physiquement avec lui. Certains évoquent même parfois des amendes sans qu’il n’y ait eu d’infraction.
Le sur-ciblage ressort quand il s’agit d’infractions comme la traversée de chaussée irrégulière. Ne pas traverser au passage piéton, traverser quand le bonhomme est rouge : je pense que c’est une infraction qu’une grande partie de la population commet plusieurs fois par jour. En France, quasiment personne n’est verbalisé pour ça. Mais ces jeunes, pour certains, l’ont été plusieurs fois.
Ces dernières années, plusieurs médias se sont saisis de la question des amendes forfaitaires à répétition et des conséquences sur ces jeunes hommes. Malgré la médiatisation de ces pratiques, est-ce un phénomène voué à continuer, selon vous ?
Je suis partagée entre ce que je constate et ce que j’ai envie de croire. Pour l’instant, on ne va que vers du pire. Le nombre d’amendes forfaitaires contraventionnelles et délictuelles n’a cessé d’augmenter. Les policiers verbalisent de plus en plus et avec de moins en moins de contrôle. Le policier exerce donc une fonction de justice dans la rue, sans le regard du juge. En termes de séparation des pouvoirs, y a une confusion extrêmement importante.
Mais l’amende, comme la violence policière, laisse des traces et peut être contestée, contrairement au contrôle d’identité. L’amende permet de savoir qu’un jeune a été verbalisé à tel endroit, à telle heure, pour tel motif, par tel agent. Ça a été le cas dans l’affaire de Nanterre, où un jeune a porté plainte pour faux et usage de faux car il était sûr d’être chez lui le soir où il a été verbalisé. Le juge a fait borner les téléphones du policier et du jeune et s’est rendu compte que ni l’un ni l’autre n’était présent au même endroit au moment de la verbalisation. Le fait que l’amende soit un acte administratif permet quand même un peu de contrepouvoir.
Le projet de loi « visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens », dit « loi Ripost », qui élargit la procédure de l’amende forfaitaire délictuelle à de nouveaux délits, comme les rodéos, la participation à des rave parties, l’usage de protoxyde d’azote, a été récemment discuté à l’Assemblée nationale. Que pensez-vous d’une telle loi ?
Viser le rodéo urbain, l’usage du protoxyde d’azote, cela cible certains types de population. On élargit le pouvoir policier de verbaliser alors même que les problématiques de multiverbalisation sont de plus en plus médiatisées, que l’on questionne dans le débat public la partialité des policiers, que des pratiques abusives sont dénoncées. Le Défenseur des droits, des associations, des syndicats de magistrats et d’avocats contestent cette procédure en disant qu’elle porte atteinte à l’accès aux droits, à l’égalité des droits, à l’accès à la justice… Et, pourtant, le législateur continue d’élargir le pouvoir de verbaliser des policiers sans même vraiment faire un état des lieux de ces pratiques. C’est dramatique.
Dans ces conditions, comment ces jeunes perçoivent-ils leur avenir ?
De tout ce qui leur arrive avec la police, c’est presque la verbalisation qu’ils trouvent le pire. Les dettes d’amendes que cela génère créent beaucoup d’angoisse. Ils ne savent pas comment ils vont pouvoir trouver un logement, si les dettes vont être transférées un jour s’ils ont des enfants, s’ils vont pouvoir trouver un emploi et récupérer le fruit de leur travail ou si le Trésor public va prélever l’argent sur leur salaire… Il y a le sentiment d’un avenir complètement entravé, bouché.
Quels modes de résistance mettent-ils en place face à ce type d’intervention policière ?
On a volontiers la représentation du jeune de quartier populaire qui est dans la violence, qui veut mettre le feu… Sur mes 44 enquêtés, je n’ai que deux jeunes qui revendiquaient ce genre de réaction. Les autres optaient pour des formes de soumission, « faire profil bas ». Les formes de résistance sont plutôt à bas bruit : demander le motif d’un contrôle, alors qu’ils savent que le policier ne va pas être content, ou sortir le téléphone pour filmer, ce sont des formes de résistance.
De quels outils disposent les citoyens témoins ou inquiets de telles situations ?
Rien que de prendre conscience que ces jeunes-là ne vivent pas du tout la même expérience que la majorité de la population française est important. C’est une expérience minoritaire que l’on ne peut pas se représenter si on ne s’y intéresse pas. Il faut prendre conscience de cette différence et accepter de regarder le fait qu’on bénéficie d’un privilège que ces jeunes n’ont pas dans notre rapport à l’espace public et aux policiers.
Parmi les formes d’action, il peut y avoir le fait de nous faire témoins, nous, citoyens qui ne sommes pas concernés par les contrôles à répétition, d’une telle situation, éventuellement filmer. Ou juste observer, sans même sortir de caméra, se poser à distance, peut être une forme d’engagement. Et puis, aller voir ce que disent les collectifs, les associations spécialisées sur ces questions pour prendre en compte leurs conseils.

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20.07.2026

Ritchy Thibault a été interpellé en marge du défilé militaire du 14 juillet, dans le 8ème arrondissement de Paris.
«Je sors de 58 heures d’enfermement : en garde à vue, puis au dépôt du tribunal judiciaire». C’est ainsi que commence le communiqué de presse du militant Ritchy Thibault paru le 17 juillet. Il avait été interpellé en marge du défilé militaire du 14 juillet, dans le 8ème arrondissement de Paris.
Il explique qu’il a été arrêté par «une compagnie d’intervention», des policiers chargés du maintien de l’ordre, eux-mêmes accompagnés «de 10 membres du Renseignement de la Préfecture de police et de 5 membres de la police judiciaire». Une véritable meute pour traquer cet activiste âgé de 22 ans. Ritchy Thibault précise : «J’ai été géolocalisé, mon domicile a été surveillé puis perquisitionné, mon ordinateur saisi puis mis sous scellés, mon téléphone portable fouillé». Pour la police, il était hors de question que le jeune homme puisse approcher, et éventuellement perturber le défilé de l’armée, qui était très lourdement protégé et auquel on ne pouvait accéder uniquement en scannant un QR code.
Lors de sa très longue garde à vue, Ritchy Thibault a été «auditionné à deux reprises et expertisé psychiatriquement», comme dans les régimes totalitaires qui envoyaient les dissidents à l’asile pour les faire passer pour «fous».
Désormais libéré, il est convoqué en procès le 8 septembre, «assorti d’un contrôle judiciaire infâmant m’interdisant de manifester et d’entrer en contact avec les ‘victimes’, à savoir tous les agents de la Préfecture de police de Paris».
Ritchy Thibault subit un acharnement policier et judiciaire hors norme depuis l’adolescence, pour son engagement et ses discours révolutionnaires. Dès 14 ans, ce fils d’une famille Tzigane s’engage dans les luttes sociales, occupe les ronds-points et rejoint le mouvement des Gilets Jaunes. Nous étions alors en 2018. Depuis, il ne cesse de s’indigner face à la montée du fascisme et les violences d’État, réclamant une justice sociale et une vie meilleure pour toutes et tous, et va critiquer les puissants là où ils se trouvent.
Résultat : en quelques années Ritchy Thibault a subi plus de 20 gardes à vue et auditions, plusieurs contrôles judiciaires et interdictions de manifester, et 6 procès passés et à venir, notamment suite à des plaintes de Macron, Retailleau ou de policiers. Le palmarès d’un ennemi public.
Le précédent épisode de cet acharnement avait lieu le 8 juillet au tribunal de Paris. Ritchy Thibault était jugé pour «atteinte à la sûreté de la nation». L’audience a été reportée à l’an prochain, mais la répression a eu lieu à l’intérieur même du tribunal : des dizaines de policiers ont évacué et violenté les soutiens du jeune homme qui étaient présents dans la salle.
Autre exemple en février 2024. Il avait passé 50 heures en garde à vue parce qu’il avait scandé, lors du salon de l’agriculture, en direction d’Emmanuel Macron : «L’éborgneur, n’oublie jamais que nous sommes dans le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber la tête des monarques !» Pour ce simple rappel historique, il avait immédiatement et brutalement été embarqué par les services de sécurité, menotté et jeté en cellule.
Quelques mois plus tard, la police le convoquait au commissariat dans le cadre d’une enquête préliminaire pour «menace de crime ou délit contre un élu public» suite à une plainte de Jordan Bardella. Il avait déclaré lors d’une interview : «Oui, le fascisme est une menace à éradiquer». Le militant ne peut plus prononcer un discours ni se déplacer sans être surveillé et parfois arrêté.
Quand on lui demande comment il supporte l’enfermement et les menaces policières régulières, il nous répond : «Tu sais, quand t’as vu le GIGN débarquer chez toi dès 3 ans… ça définit ton rapport à la police». Après son dernier passage en cellule, Ritchy Thibault écrit dans son communiqué : «Je ne respecterai pas ce contrôle judiciaire indigne. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent : qu’ils m’envoient en prison. Rien ne me fera reculer». Il avertit également : «Le fascisme est déjà là. Nous sommes tous visés». Ce que subit Ritchy et les moyens mis en œuvre pour le briser illustrent la brutalisation du régime. À travers lui, ce sont toutes les paroles divergentes et les actions militantes qui sont menacées.
Une cagnotte pour le soutenir dans ses procès

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10.07.2026

Trois victimes lui reprochent des propos grivois, des rabaissements, des brimades et des coups. Deux ont déposé plainte, les 6 et 7 juillet.
“Violence par personne dépositaire de l’autorité publique suivie d’une incapacité n’excédant pas huit jours”. “Harcèlement”. Et “outrages sexistes et sexuels”. C’est ce que reproche une jeune assistante temporaire de police municipale (ATPM), âgée de 21 ans, à un brigadier-chef principal exerçant ses fonctions depuis plusieurs années à La Grande-Motte.
Dans une plainte déposée au commissariat central de Montpellier, la jeune femme dénonce un comportement harceleur du mis en cause à son encontre, depuis sa prise de poste estivale, le 1er juin dernier. « L’an passé, ça s’était bien passé pour moi car il avait trouvé en une autre ATPM son souffre-douleur. Mais cette année, il est constamment sur moi avec des brimades quasi-quotienne. À titre d’exemple, quand je lui ai expliqué que mon objectif était de passer le concours de la police municipale, il m’a rabaissée devant les autres, en me disant : “tu serviras à rien, t’es qu’une femme”. »
Un autre jour, lors d’une formation “menottage”, en lui montrant une clé de bras, il a serré si fort qu’ »il était à la limite de me casser le poignet », rapporte-t-elle. Sans parler des claques dans le dos ou des coups de pied au niveau des cuisses qu’elle dit avoir subi de manière inexpliquée.
Il m’a fait un étranglement, j’avais du mal à respirer
Jusqu’à ce 2 juillet où la situation a complètement dégénéré. « Il était vers 11 heures, nous passions avec mon binôme par la salle à manger des titulaires quand, subitement, il s’en est pris à moi une nouvelle fois pour me rabaisser en me disant : “Si tu fais la prochaine formation, je te mettrai des coups de tonfa”. J’ai alors répliqué en disant : “Oui, oui, on verra” et on a continué notre route. Mais d’un coup il m’a sifflée et m’a dit de me retourner et quand j’ai fait volte-face, il m’a mis un grand coup de pied dans la cuisse gauche. »
« Je me suis mise en garde. Et là, il m’a attrapé la tête et m’a fait un étranglement en passant ma tête sous son bras. J’avais du mal à respirer et j’ai senti une pression importante dans l’œil gauche comme si on me mettait les doigts dedans. Il m’a ensuite amené au sol où je me suis retrouvée sur le dos. Il était carrément sur moi. C’est là qu’il a relâché l’étranglement. J’avais du mal à reprendre ma respiration. J’étais choquée. Je lui ai dit qu’il m’avait vraiment fait mal. Il s’est levé et m’a dit : “Tu vas faire quoi ? Tu vas porter plainte ?”. »
Six jours d’ITT
C’est ce qu’elle a fait le 6 juillet, après que son médecin lui a prescrit une incapacité totale de travail de six jours pour « des douleurs orbitales avec ecchymose de la paupière gauche, du cou et de la cuisse gauche ». Soulignant, en outre, « un état de choc psychologique ».
Une souffrance qu’elle n’est pas la seule à avoir subie. En effet, apprenant la survenance de ces faits, une ancienne policière municipale, partie depuis sous d’autres horizons, a elle aussi déposé plainte contre ce brigadier-chef principal, sous les mêmes chefs de prévention.
Parler, c’est se cramer dans la profession
« J’ai passé neuf mois à la police municipale de La Grande-Motte, de juillet 2024 à mars 2025, et il m’a fait vivre un enfer. C’est d’ailleurs ce qui a précipité mon départ. J’ai même été en binôme avec lui au début », raconte cette quadragénaire. « Il est toujours en train de rabaisser les femmes. Avec lui, les outrages sexistes, sexuels, racistes, homophobes et misogynes sont monnaie courante. Ainsi que les brimades envers les nouveaux arrivants. »
« Et je ne vous parle pas des sorties d’arme, que ce soit son pistolet chargé ou son bâton télescopique. Quand on va au travail, ce n’est pas pour se faire insulter et pour prendre des coups. J’ai des photos de bleus qu’il m’a faits sur le cou, les bras, les cuisses… Mais parler, c’est se cramer dans notre profession. J’ai moi-même fait le choix parfois d’en rire, de me mettre en colère ou d’ignorer selon la situation. »
Une enquête administrative ordonnée
« Dès que j’ai eu connaissance des faits, j’ai tout de suite pris attache avec cette jeune femme », a confié à Midi Libre Stéphan Rossignol, le maire de La Grande-Motte. J’ai eu rapidement en ma possession sa plainte. Et à sa lecture, j’ai pris immédiatement des mesures conservatoires. C’est-à-dire que j’ai suspendu de ses fonctions le policier incriminé. Parallèlement, j’ai ouvert une enquête administrative car je juge cette accusation grave. Comme toute affaire de ce type, il faut entendre, ensuite, les uns et les autres. »
Une troisième jeune femme confie avoir été « son bouc émissaire », durant six mois, lors d’une formation au centre national de la fonction publique territoriale à Montpellier. Parlant elle aussi de rabaissements, de brimades et de réflexions à connotation sexuelle. « Il m’a fait perdre ma confiance en moi. Je n’en ai jamais parlé avant. J’avais peur des répercussions car c’est lui qui me notait. »

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22.05.2026

Au tribunal de Saint-Malo, jeudi 21 mai, trois anciens élèves de l’École de police comparaissaient pour harcèlement scolaire sur un de leurs collègues. Leurs comportements déplacés envers la victime avaient été repérés par des camarades. Une enquête administrative était ouverte. Le plaignant dénonçait le harcèlement et les humiliations qu’il avait endurées durant deux semaines, du 13 au 28 janvier 2025, alors qu’il partageait la même chambre que les trois prévenus.
Ce qu’il rapportait : des insultes régulières, dont certaines à connotation sexuelle, des moqueries, des coups durant les entraînements, des propos graveleux concernant sa mère. Et puis l’épisode où il a retrouvé du savon dans sa gourde. Ou encore son lit dépourvu de ses lattes et ce jour où il a été étranglé.

 

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05.04.2026

«Je vais te demander de te faire très petit et de t’acclimater» : une enquête est en cours à Paris après la plainte d’un gendarme dénonçant «un harcèlement raciste» au sein de la prestigieuse Garde républicaine, révèlent ce dimanche 5 avril Mediapart et l’Agence France presse (AFP).

(…)

Ryan (prénom modifié) raconte avoir reçu un courrier dans sa boîte aux lettres le 16 décembre 2025 : «On est en France ici habille-toi comme tel sale bougnoule», y était-il écrit, faisant référence à une tenue traditionnelle algérienne que Ryan avait portée pour un mariage, en dehors de ses heures de service.

(…)

Le commandant lui lance, d’après ses souvenirs : «J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne» ; «Tu me tombes pas dans les bras pendant le ramadan».
«T’es de la banlieue, ici, les gens viennent de milieux ruraux», aurait aussi dit son commandant. «C’est des Blancs, ils n’ont pas l’habitude de voir des Arabes du 93 en jogging. En plus, t’es Algérien, ça parle fort, vous avez un ton que les gens connaissent pas trop…» Et le gradé de lui livrer un conseil «amical» : «Je vais te demander de te faire très petit et de t’acclimater».

(…)

«Mes visiteurs étaient contrôlés comme des délinquants».
Il affirme aussi qu’un gradé a cherché à entrer dans son logement en son absence et que sa femme aurait été convoquée pour savoir s’il la violentait : «Chez les rebeus, il y a des violences, c’est normal chez vous», lui aurait-on dit.

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06/09/2025

Extrait

Christophe G., gendarme de son état, est jugé pour violences

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HARCÈLEMENT POLICIER : DES MILLIERS D’EUROS DE DETTE POUR LES JEUNES DES QUARTIERS POPULAIRES

Contre Attaque


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Extrait

L’amende forfaitaire est un outil répressif de masse utilisé auprès des classes populaires et des personnes racisées et discriminées. Cette sanction pénale est infligée par la police ou la gendarmerie hors de tout contrôle de magistrats indépendants, hors de tout procès.

« VOUS ÊTES POLICIER MONSIEUR, C’EST INADMISSIBLE ! » UN FONCTIONNAIRE ABUSE DE SA FONCTION ET HARCÈLE SON EX-COMPAGNE

La Dépêche


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Extrait

L’agent usait de son statut pour divulguer illégalement des informations personnelles à son ex-compagne, sur les personnes qu’elle côtoyait. (…)
Par ailleurs, le prévenu harcelait et insultait régulièrement son ex-concubine.

L’ANCIEN COMMANDANT DE BRIGADES DE BRAINE ET VAILLY JUGÉ POUR HARCÈLEMENT MORAL SUR DEUX GENDARMES

L’union


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Extrait

Après avoir récupéré la communauté de brigades de Braine et Vailly dans une situation compliquée en 2018, l’adjudant-chef aurait exercé une forte pression psychologique sur son équipe. Quatre ans après les faits, il était poursuivi pour harcèlement moral contre deux de ses anciens collègues.