21.07.2026

Un habitant de la cité du Pavé Neuf a déposé plainte pour « violences volontaires aggravées » et « injures à caractère raciste » après son interpellation le 12 juillet. Des accusations que les images des caméras-piéton des agents mis en cause ne permettent pas de recouper, selon la municipalité.
Que s’est-il exactement passé dans le hall d’un immeuble du Pavé Neuf à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) dans la soirée du 12 juillet ? Sur une vidéo tournée par un résident, on voit des policiers casqués aux prises avec un homme vêtu d’un t-shirt rouge. S’approche alors un second homme, au haut blanc. À son tour, ce dernier est plaqué au sol sans ménagement par les forces de l’ordre. « Oh mon Dieu, la bavure ! » s’écrit le vidéaste amateur tout au long de la séquence.
Des violences policières disproportionnées : c’est aussi la version donnée par Azaria, la victime au haut blanc, via son avocat, Me Hosni Maati. Âgé de 18 ans, son client a déposé plainte le 16 juillet auprès de la procureure de la République Fanny Bussac, chargée des contentieux impliquant les forces de l’ordre au parquet de Bobigny.

Article de presse réservé aux abonné.e.s

Mots clés

21.07.2026

Entre attouchements, humiliations et intimidations répétées, plusieurs jeunes de Noisy-Le-Grand témoignent de pratiques révélatrices des méthodes d’occupation racistes des banlieues et des quartiers populaires par l’institution policière. Ils dénoncent notamment des violences sexuelles lors de contrôles policiers par la BAC.
Dans une vidéo publiée le 8 Juillet sur tiktok, Sayf raconte et dénonce des faits de violences sexuelles et d’intimidations policières lors de contrôles par la Brigade anti-criminalité (BAC) de Noisy-Le-Grand (93). La vidéo dénonce le dernier contrôle qu’il a subi, lors duquel un de ces agents va retirer sans consentement le short de Sayf puis lui toucher les parties génitales. Commise rue Charles Panard, près du groupe scolaire Jules Ferry, cette violence n’est pas la première que Sayf a subi de la part de la BAC, et démontre la volonté d’humiliation et de domination de la part de l’institution policière sur les jeunes racisés dans les quartiers populaires. Le jeune explique que, malgré la présence de personnes aux alentours et ses demandes répétées de stopper ces gestes, les agents ont continué : « T’as pas intérêt à bouger parce que si tu bouges encore une fois tu vas bouffer le sol ».
Dans une deuxième vidéo publiée quelques jours plus tard, Sayf dénonce cette fois les pressions et intimidations qu’il subit suite à son premier lancement d’alerte sur tiktok ; les mêmes agents de la BAC cherchant à l’intimider en l’apostrophant de façon humiliante dès qu’ils le croisent en voiture.
Ces stratégies d’occupation des banlieues et des quartiers populaires révèlent une fois encore son rôle de bras armé du racisme d’État, avec des agents qui ciblent systématiquement les jeunes racisés dans quartiers populaires qu’ils cherchent à maintenir sous pression par l’intimidation et la terreur.
Violences sexuelles : un outil répété des agents de la BAC
Le cas de Sayf n’est pas un « abus policier » ou une « situation inédite », mais représente les méthodes d’une institution policière raciste et homophobe, utilisant les violences sexuelles comme moyen d’intervention régulier des agents de la BAC.
Une enquête dévoilé par Disclose il y a un an recensait ainsi 429 victimes ayant porté plainte pour des violences sexuelles commises par des policiers et gendarmes, concernant 215 agents mis en caus (ces chiffres ne reflètent évidemment qu’une partie des faits, la grande majorité des victimes ne portant jamais plainte). Or, seuls 18 policiers ont été sanctionnés disciplinairement pour des faits de violences sexuelles depuis 2021, illustrant le niveau d’impunité dont ils bénéficient.
En novembre dernier encore, deux policiers étaient renvoyés devant le tribunal correctionnel de Bobigny, accusés d’avoir violé une femme placée en garde à vue, des violences touchant donc toujours en priorité les personnes placées dans des situations de vulnérabilité face à des agents disposant d’un pouvoir considérable sur elles.
Le témoignage de Sayf est donc « un témoignage glaçant qui montre, une fois de plus, qu’il est impossible de réformer la police, ni de croire que quelques « formations féministes », comme le propose le féminisme institutionnel, suffiraient à transformer son rôle. », dénonçait sur Instagram Sasha Yaropolskaya, militante à Du Pain et Des Roses.
Suite à la première vidéo de Sayf, d’autres voix de victimes de la BAC se sont élevées sur le réseau social. Dans une vidéo, un jeune issu de banlieue rapporte un déroulement de contrôle proche de celui de Sayf, où un policier de la BAC lui « touche les parties intimes, puis […] les fesses » : « Tu veux te défendre, tu veux que personne ne te touche, mais t’as aussi à l’esprit que ce sont des policiers et qu’ils peuvent te faire pire ».
Les violences sexuelles sont un des instruments de domination et de coercition qu’utilisent les policiers et les gendarmes, à l’abri de leurs hiérarchies et à l’aide d’une institution judiciaire qui participe activement à leur impunité – comme l’a notamment montré l’affaire Théo -, pour maintenir la jeunesse et les classes populaires racisées dans un climat oppressif, et qui s’articulent avec d’autres formes de pression comme la distribution d’amendes à répétition.
Des outils qui vont de pair avec une légitimation institutionnelle des agissements policiers notamment avec la loi dite « permis de tuer » et la loi RIPOST votées la semaine dernière en séance publique à l’Assemblée nationale.
D’un côté la police applique physiquement et psychologiquement le racisme d’État, de l’autre, l’État soutient ces pratiques en les institutionnalisant.
Face aux agressions systémiques, une réponse populaire
À la fin de sa première vidéo, Sayf annonce avoir saisi l’IGPN en réponse à l’agression subie. Malheureusement, l’expérience montre que cette institution protège dans l’immense majorité des cas les violences et les infractions commises par ses collègues, les minimise ou les classe sans suite – et n’intervient réellement que lorsque les affaires deviennent trop médiatisées pour être ignorées, permettant à l’institution de donner l’image d’une police capable de se contrôler elle-même sans jamais remettre en cause le fonctionnement général du système et participant ainsi au maintien de l’impunité policière [1].
Face à ces agressions, chaque dénonciation comme celle de Sayf contribue à briser le silence et à rendre visibles des violences que les institutions cherchent à invisibiliser.
Pour autant, et comme le soulignent beaucoup de témoignages eux-mêmes, aucune réponse globale ne pourra venir des tribunaux ou des organes de contrôle de l’État, qui participent eux-mêmes au maintien des violences policières. Pour les combattre, nous devons exiger la mise en place d’une commission indépendante de l’État sous contrôle démocratique des classes populaires.
Nous devons aussi nous mobiliser pour stopper l’occupation policière raciste et violente des banlieues et des quartiers populaires se manifestant par des violences visant en premier lieu les personnes racisées et musulmanes ou assimilées.
Pour le faire, nous devons notamment exiger le désarmement complet de la police et la dissolution de tous les corps spéciaux à commencer par la BAC et la CSI.
À l’image de la lutte récente contre l’ICE à Minneapolis, qui a montré que l’auto-organisation de la population peut imposer un rapport de force face aux violences de l’État, c’est par la mobilisation collective que nous pourrons mettre fin à l’impunité policière.
[1] Les exemples sont nombreux : après l’immense répression du mouvement des Gilets jaunes, seuls trois policiers ont finalement été renvoyés devant un tribunal correctionnel. Lors de la répression de Sainte-Soline, l’IGPN a validé les tirs de LBD effectués par des gendarmes depuis leurs quads au nom de la prétendue « légitime défense » des forces de l’ordre. Elle a également classé sans suite l’enquête sur la mort de Mehdi Bourogaa, tué par des tirs policiers à Marseille.

Article de presse gratuit disponible

Mots clés

02.04.2026

Deux policiers ont été reconnus coupables d’avoir frappé un jeune homme noir, en 2021 à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), et ont été condamnés ce jeudi à des peines de 12 mois de prison avec sursis. Ils avaient menti dans le PV d’interpellation mais les violences avaient été filmées.

(…)

« L’altération de la vérité » via la rédaction d’un PV mensonger par Raphaël L. constitue « une atteinte grave à la confiance » envers l’institution policière, a signalé le tribunal de Bobigny en rendant sa décision, supérieure aux réquisitions.

(…)

« Les premières violences provenaient des policiers »
Les deux policiers avaient relaté être intervenus le soir du 17 septembre 2021 pour chercher l’auteur d’un refus d’obtempérer. Ils disaient avoir été confrontés à des individus « hostiles » les agonissant d’insultes, dont Aboubacar S. qu’ils connaissaient et avaient décidé d’interpeller comme « l’auteur des outrages ». Après les faits, le jeune homme avait été placé en détention provisoire pendant 22 jours.
Alors qu’il était jugé pour violences envers les deux agents – le PV d’interpellation lui reprochant d’être initiateur de l’altercation -, son avocat, Maître Arié Alimi, avait fait diffuser à l’audience une vidéo amateur montrant les coups portés au jeune homme par les deux policiers, ce qui avait changé la tournure de l’enquête. Le service de déontologie de synthèse et d’évaluation de la police (SDSE) avait conclu qu’« aucun danger pour les fonctionnaires de police n’était observé avant l’altercation » et que « les premières violences visibles à la vidéo provenaient des policiers ».
Il avait été répertorié de la part de Raphaël L. dix coups de matraque dans la partie médiane du corps et un coup de pied dans les jambes ; de la part d’Anthony C., deux coups de poing et trois coups de pied portés à la tête. Initialement établi à une journée d’incapacité totale de travail, l’impact de ces violences sur Aboubacar S. a été réévalué à 11 jours d’ITT, prenant en compte « le retentissement psychologique » des faits, a précisé jeudi 2 avril le tribunal.

Article de presse gratuit disponible

Mots clés

13.03.2026

Deux policiers étaient jugés ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des violences sur un jeune homme de 22 ans, en 2021 à Noisy-le-Grand. La vidéo d’un particulier a été décisive pour confondre les fonctionnaires.
Six mois de prison avec sursis et une interdiction d’exercer pendant deux ans ont été requis par la procureure Fanny Bussac, ce jeudi devant la 14e chambre correctionnelle de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour Raphaël L., 32 ans, ancien policier du commissariat de Noisy-le-Grand. La même sanction a été demandée pour son ex-collègue Anthony C., 29 ans. Ce dernier a déjà été radié de la police pour une autre affaire.
Les deux hommes étaient jugés jeudi pour des violences commises le 17 octobre 2021 à Noisy-le-Grand, envers Aboubacar S., 22 ans à l’époque. Les violences étaient aggravées car commises « en réunion », « par personnes dépositaires de l’autorité publique » et avec « usage d’une arme », une matraque télescopique.

Article de presse réservé aux abonné.e.s

Mots clés

12.03.2026

L’audience a porté sur des événements survenus le soir du 17 septembre 2021 à Noisy-le-Grand. Deux gardiens de la paix, Raphaël L. et Anthony C., étaient jugés pour des violences aggravées commises à l’encontre d’un jeune homme, Aboubacar S., alors âgé de 22 ans. Les débats ont notamment mis en lumière l’existence d’une vidéo amateur et d’enregistrements de vidéosurveillance municipale, qui ont contredit la version initialement consignée par les forces de l’ordre.

(…) Les investigations menées par le service interne de la police ont établi, après examen des séquences vidéo, qu’aucune menace envers les agents n’était perceptible avant le début de l’altercation et que les premiers actes de violence émanaient des policiers. Le rapport dénombre une dizaine de coups de matraque portés par Raphaël L. ainsi que des coups de pied et de poing assénés par son collègue, Anthony C., alors que la victime se trouvait au sol.

Mots clés

18/10/2025

Une vidéo amateur d’une quarantaine de secondes, filmée depuis le balcon d’un immeuble de Noisy-le-Grand, montre deux policiers en train d’interpeller un homme, maintenu à terre. Un troisième fonctionnaire de police arrive alors et lui assène un coup de poing puis un coup de pied au niveau de la tête.

(…) L’homme de 22 ans, visé par une plainte pour violences, outrages et menaces de commettre un crime ou un délit, avait été déféré en comparution immédiate et placé en détention provisoire. Il avait ensuite été libéré après la présentation de la vidéo par son avocat.

Mots clés