21.07.2026

Entre attouchements, humiliations et intimidations répétées, plusieurs jeunes de Noisy-Le-Grand témoignent de pratiques révélatrices des méthodes d’occupation racistes des banlieues et des quartiers populaires par l’institution policière. Ils dénoncent notamment des violences sexuelles lors de contrôles policiers par la BAC.
Dans une vidéo publiée le 8 Juillet sur tiktok, Sayf raconte et dénonce des faits de violences sexuelles et d’intimidations policières lors de contrôles par la Brigade anti-criminalité (BAC) de Noisy-Le-Grand (93). La vidéo dénonce le dernier contrôle qu’il a subi, lors duquel un de ces agents va retirer sans consentement le short de Sayf puis lui toucher les parties génitales. Commise rue Charles Panard, près du groupe scolaire Jules Ferry, cette violence n’est pas la première que Sayf a subi de la part de la BAC, et démontre la volonté d’humiliation et de domination de la part de l’institution policière sur les jeunes racisés dans les quartiers populaires. Le jeune explique que, malgré la présence de personnes aux alentours et ses demandes répétées de stopper ces gestes, les agents ont continué : « T’as pas intérêt à bouger parce que si tu bouges encore une fois tu vas bouffer le sol ».
Dans une deuxième vidéo publiée quelques jours plus tard, Sayf dénonce cette fois les pressions et intimidations qu’il subit suite à son premier lancement d’alerte sur tiktok ; les mêmes agents de la BAC cherchant à l’intimider en l’apostrophant de façon humiliante dès qu’ils le croisent en voiture.
Ces stratégies d’occupation des banlieues et des quartiers populaires révèlent une fois encore son rôle de bras armé du racisme d’État, avec des agents qui ciblent systématiquement les jeunes racisés dans quartiers populaires qu’ils cherchent à maintenir sous pression par l’intimidation et la terreur.
Violences sexuelles : un outil répété des agents de la BAC
Le cas de Sayf n’est pas un « abus policier » ou une « situation inédite », mais représente les méthodes d’une institution policière raciste et homophobe, utilisant les violences sexuelles comme moyen d’intervention régulier des agents de la BAC.
Une enquête dévoilé par Disclose il y a un an recensait ainsi 429 victimes ayant porté plainte pour des violences sexuelles commises par des policiers et gendarmes, concernant 215 agents mis en caus (ces chiffres ne reflètent évidemment qu’une partie des faits, la grande majorité des victimes ne portant jamais plainte). Or, seuls 18 policiers ont été sanctionnés disciplinairement pour des faits de violences sexuelles depuis 2021, illustrant le niveau d’impunité dont ils bénéficient.
En novembre dernier encore, deux policiers étaient renvoyés devant le tribunal correctionnel de Bobigny, accusés d’avoir violé une femme placée en garde à vue, des violences touchant donc toujours en priorité les personnes placées dans des situations de vulnérabilité face à des agents disposant d’un pouvoir considérable sur elles.
Le témoignage de Sayf est donc « un témoignage glaçant qui montre, une fois de plus, qu’il est impossible de réformer la police, ni de croire que quelques « formations féministes », comme le propose le féminisme institutionnel, suffiraient à transformer son rôle. », dénonçait sur Instagram Sasha Yaropolskaya, militante à Du Pain et Des Roses.
Suite à la première vidéo de Sayf, d’autres voix de victimes de la BAC se sont élevées sur le réseau social. Dans une vidéo, un jeune issu de banlieue rapporte un déroulement de contrôle proche de celui de Sayf, où un policier de la BAC lui « touche les parties intimes, puis […] les fesses » : « Tu veux te défendre, tu veux que personne ne te touche, mais t’as aussi à l’esprit que ce sont des policiers et qu’ils peuvent te faire pire ».
Les violences sexuelles sont un des instruments de domination et de coercition qu’utilisent les policiers et les gendarmes, à l’abri de leurs hiérarchies et à l’aide d’une institution judiciaire qui participe activement à leur impunité – comme l’a notamment montré l’affaire Théo -, pour maintenir la jeunesse et les classes populaires racisées dans un climat oppressif, et qui s’articulent avec d’autres formes de pression comme la distribution d’amendes à répétition.
Des outils qui vont de pair avec une légitimation institutionnelle des agissements policiers notamment avec la loi dite « permis de tuer » et la loi RIPOST votées la semaine dernière en séance publique à l’Assemblée nationale.
D’un côté la police applique physiquement et psychologiquement le racisme d’État, de l’autre, l’État soutient ces pratiques en les institutionnalisant.
Face aux agressions systémiques, une réponse populaire
À la fin de sa première vidéo, Sayf annonce avoir saisi l’IGPN en réponse à l’agression subie. Malheureusement, l’expérience montre que cette institution protège dans l’immense majorité des cas les violences et les infractions commises par ses collègues, les minimise ou les classe sans suite – et n’intervient réellement que lorsque les affaires deviennent trop médiatisées pour être ignorées, permettant à l’institution de donner l’image d’une police capable de se contrôler elle-même sans jamais remettre en cause le fonctionnement général du système et participant ainsi au maintien de l’impunité policière [1].
Face à ces agressions, chaque dénonciation comme celle de Sayf contribue à briser le silence et à rendre visibles des violences que les institutions cherchent à invisibiliser.
Pour autant, et comme le soulignent beaucoup de témoignages eux-mêmes, aucune réponse globale ne pourra venir des tribunaux ou des organes de contrôle de l’État, qui participent eux-mêmes au maintien des violences policières. Pour les combattre, nous devons exiger la mise en place d’une commission indépendante de l’État sous contrôle démocratique des classes populaires.
Nous devons aussi nous mobiliser pour stopper l’occupation policière raciste et violente des banlieues et des quartiers populaires se manifestant par des violences visant en premier lieu les personnes racisées et musulmanes ou assimilées.
Pour le faire, nous devons notamment exiger le désarmement complet de la police et la dissolution de tous les corps spéciaux à commencer par la BAC et la CSI.
À l’image de la lutte récente contre l’ICE à Minneapolis, qui a montré que l’auto-organisation de la population peut imposer un rapport de force face aux violences de l’État, c’est par la mobilisation collective que nous pourrons mettre fin à l’impunité policière.
[1] Les exemples sont nombreux : après l’immense répression du mouvement des Gilets jaunes, seuls trois policiers ont finalement été renvoyés devant un tribunal correctionnel. Lors de la répression de Sainte-Soline, l’IGPN a validé les tirs de LBD effectués par des gendarmes depuis leurs quads au nom de la prétendue « légitime défense » des forces de l’ordre. Elle a également classé sans suite l’enquête sur la mort de Mehdi Bourogaa, tué par des tirs policiers à Marseille.

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17.06.2026

En France, un rapport publié ce mercredi 17 juin alerte sur les « amendes discriminatoires » visant certains jeunes. Une enquête de plus d’un an menée par plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, pointe du doigt le « harcèlement policier » qui cible les jeunes perçus comme noirs et arabes.
Un rapport publié ce mercredi 17 juin par plusieurs ONG, Human Rights Watch, (RE)CLAIM et la Maison communautaire pour un développement solidaire (MCDS), pointe du doigt les « amendes discriminatoires » qui visent certains jeunes en France. Il s’agit d’amendes forfaitaires contraventionnelles, qualifiées par les policiers de « triplettes magiques », selon le rapport. Car ces amendes sanctionnent trois infractions à la tranquillité publique : déchets, tapage et déversement de liquides insalubres sur la voie publique.
Des infractions « vagues », estiment les auteurs du rapport, qui font l’objet d’interprétation « subjective » par les policiers et qui visent en particulier certains individus.
Ce sont souvent des mineurs, verbalisés dès l’âge de 13 ans, voire 14 ans. Des jeunes dont les familles ont peu de moyens et qui habitent dans des quartiers dits « sensibles » et populaires. Une stratégie qui semble délibérée, puisque selon un rapport du Défenseur des droits publié l’an dernier, les amendes servent des politiques publiques qui veulent évincer de l’espace public des personnes qualifiées dans certains registres de police d’« indésirables ». Un terme repris par cette mère de famille qui élève seule ses trois enfants : « Ils les appellent les indésirables car ils ne veulent pas que nos enfants soient dehors, avec leurs amis, et donc ils les bombardent d’amendes », explique-t-elle.
Un nouvel outil de harcèlement policier
Des amendes qui s’ajoutent aux contrôles d’identité aux faciès, abusifs et répétés, qui sont des pratiques policières anciennes, à l’instar des fouilles et des palpations. Depuis 2012, les policiers français ont des pouvoirs élargis avec la possibilité de recourir à des amendes forfaitaires, une mesure qui visait à désengorger les tribunaux mais qui alimente les discriminations, selon les associations autrices du rapport.
Avec de lourdes conséquences financières : les jeunes reçoivent un grand nombre d’amendes qui sont majorées en cas de retard de paiement. Quand ces amendes s’accumulent, elles peuvent atteindre jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une dette dont héritent les familles puisque ces jeunes sont souvent mineurs. Les conséquences se font aussi sentir sur la santé, comme le souligne cette même mère de famille : « Moi, il y a quelques années, je ne pouvais pas dire le mot racisme, ça ne faisait pas partie de mon vocabulaire. Mais là, je me rends compte que ça existe, et je ne sais pas quand ça va s’arrêter. L’un de mes fils a été tellement harcelé qu’il est aujourd’hui en psychiatrie. »
Les associations demandent de supprimer du Code pénal les trois infractions liées à la tranquillité publique et d’annuler toutes les dettes liées aux amendes. « Les victimes ont un sentiment de honte et n’osent pas en parler, il faut qu’on arrête de stigmatiser toujours les mêmes personnes », explique Omer Mas Capitolin, président de l’association Maison communautaire pour un développement solidaire, qui dénonce les contrôles abusifs au faciès. « Ce n’est pas parce qu’on est jeune, noir ou arabe, qu’on vit dans un quartier populaire qu’on est forcément un délinquant en puissance », souligne-t-il. Munies de cette enquête, les associations alertent le gouvernement pour qu’il mette en place un contrôle indépendant sur les amendes.
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02.06.2026

La police aux frontières suscite la peur chez les étrangers, qui représentent la moitié de la population du département. Depuis le lancement de l’opération Kingia, le 7 avril, ses agents redoublent de violence.
Ce dimanche 24 mai avait commencé tranquillement pour Samia (1). La jeune mère de famille sort dans les rues de Mtsapéré, quartier sud de Mamoudzou, lorsqu’elle tombe sur deux hommes vêtus du t-shirt de la police aux frontières (PAF) de Mayotte. Ils redoublent de zèle depuis le 7 avril et le lancement de l’opération « Kingia », l’énième chasse aux étrangers en situation irrégulière et aux logements informels dans le département.
Comorienne, Samia n’a pas vraiment peur, puisqu’elle a « déposé sa demande de papiers à la préfecture », ce qu’elle dit aux agents, et leur propose d’aller ou d’appeler chez elle pour le prouver. « Non », lance le policier en prenant son téléphone. Samia tente alors de s’enfuir, tombe par terre, comme le foulard sur sa tête, crie qu’elle a ses papiers mais est emmenée de force vers la voiture garée une rue plus loin.
Le tribunal administratif réclame la libération immédiate

 

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27.04.2026

Le père d’un enfant visé dimanche 19 avril par un retraité armé affirme que les injures racistes proférées par le tireur ont disparu de sa déposition et de celle de son fils. Le parquet dit « faire le point » avec le commissariat sur un éventuel refus de transcription et un dépôt de plainte entravé.

(…)

Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire).– Des policiers ont-ils tenté de passer sous silence le caractère raciste de l’agression dont ont été victimes des enfants du petit quartier populaire de l’Arbousset, à Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire), quand un retraité a fait feu dans leur direction ? Le père d’un enfant visé dénonce une retranscription incomplète de sa déposition et de celle de son fils au commissariat du Puy-en-Velay.

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19/12/2025

À peine descendu de l’avion, il se fait interpeller par la police aux frontières (PAF). Interrogé pendant près de deux heures, effrayé par les policiers et la tournure des événements, il se renferme et se tait petit à petit.
Le professeur de philosophie du lycée breton, Eric Lemaitre, finit par avoir au téléphone une major de police chargée de l’affaire. Elle lui annonce que l’ado va « très probablement être emmené dans un centre de rétention et renvoyé à Dakar ».

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08/12/2025

Les jeunes hommes noirs ou arabes ont quatre fois plus de risques d’être contrôlés par la police, selon le Défenseur des droits. Une discrimination qui persiste et nourrit des tensions.

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27/11/2025

Incroyable mais vrai : un homme ayant la double nationalité franco-algérienne s’est retrouvé visé par une OQTF – obligation de quitter le territoire français – et a fini au tribunal, accusé à tort par la police, après avoir été victime d’une agression raciste.

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07/11/2025

C’est un document au vitriol. Publié jeudi 6 novembre, un rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) pointe de « nombreux dysfonctionnements entraînant des atteintes graves aux droits des personnes qui sont privées de liberté » dans les locaux de la police aux frontières (PAF) de Montgenèvre, entre la France et l’Italie.

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13/10/2025

À Nice, 5 policiers insultent, passent à tabac et tentent de faire manger des pages du Coran à deux hommes.

(…) Ils subissent alors un tabassage et une humiliation en règle pendant le trajet qui les amène au commissariat.

(…) L’un des deux hommes a pu enregistrer toute la scène avec son téléphone, qui dure plus de 30 minutes. «T’es un arabe. T’es là pour violer des Françaises et nous voler ! Ici personne ne veut de toi ! Donc tu vas rentrer dans ton pays, suceur de chameaux !» Les insultes et les coups pleuvent, qui sont parfaitement audibles sur l’enregistrement. L’un des policiers va jusqu’à arracher les pages du Coran de l’un des deux hommes, et tente de leur faire manger. Il menace également de le brûler, et d’en faire un joint.

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LA POLICE IMPLIQUÉE DANS LA MORT PAR NOYADE DE JUMAA AL-HASAN, UN EXILÉ SYRIEN

DISCLOSE


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De l’autre, sur le rivage, le groupe de policiers qui vient de l’asperger de gaz lacrymogène en le braquant avec une lampe torche. « Jumaa s’est jeté à l’eau quand les policiers ont foncé sur lui en l’aspergeant de gaz lacrymogènes », rapporte Mounir*, présent sur le bateau. « Il a probablement réalisé qu’il n’avait pas d’autre option… Il a tout de suite coulé », complète Nasser, un autre exilé syrien rencontré au Royaume-Uni. L’usage du gaz lacrymogène est tellement massif que cinq témoins disent avoir ressenti des brûlures aux yeux et à la gorge. Quelques secondes plus tard, Jumaa disparaît dans les eaux troubles du canal, sans être secouru par les forces de l’ordre.

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INTERVENTIONS POLICIERS : « SEPT À NEUF FOIS PLUS DE RISQUES » DE MOURIR POUR UNE PERSONNE IMMIGRÉE, DESCENDANTE D’IMMIGRÉ OU ÉTRANGÈRE

LE BONDY BLOG


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Entre 1990 et 2016, Paul Le Derff, docteur en sciences politiques, a recensé 393 morts du fait d’une intervention mortelle de la police en France. Sa thèse “Faire voir, faire parler, faire taire : la publicisation des faits policiers mortels en France (1990-2016)” interroge la non médiatisation des homicides policiers. Interview.

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LA RÉGION PACA FINANCE LES REFOULEMENTS D’EXILÉS AU NOM DES JO D’HIVER

Reporterre


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La région Provence-Alpes-Côte d’Azur subventionne à hauteur de 1 million d’euros par an les forces de police exerçant en montagne, au prétexte des JO 2030. La sécurité est pourtant censée être une prérogative réservée à l’État.

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(suite…)
« LES JEUNES HOMMES PERÇUS COMME NOIRS ONT QUATRE FOIS PLUS DE RISQUES D’ÊTRE CONTRÔLÉS » PAR LA POLICE ALERTE LA DÉFENSEURE DES DROITS

franceinfo:


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26 % de la population a été contrôlée au moins une fois sur les cinq dernières années en 2024, note l’enquête. En 2016, le chiffre était de 16 %. L’enquête révèle ainsi que les « contrôles d’identités et les dépôts de plaintes ou mains courantes constituent les principales modalités de contact entre police et population »
(…) « En présence d’un policier ou d’un gendarme sur la voie publique, 50 % de la population se dit confiante ou rassurée, 28 % indifférente et 22 % déclare se sentir inquiète ou méfiante. » Finalement, cette confiance, note l’enquête, semble être liée « aux expériences concrètes de contacts avec elles ».

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