16.05.2026

Encore plus de trente-deux ans à tenir. Avec une telle perspective, Rédoine Faïd, le braqueur de 51 ans originaire de Creil (Oise) écroué depuis le 1er juillet 2011 et dont la fin de peine est précisément prévue le 17 août 2057, aspire à des conditions de vie derrière les barreaux les plus normales possibles. Un vœu qui reste pieux malgré plusieurs décisions de justice déclarant ses conditions de détention « contraires à la dignité de la personne ». Elles se heurtent, en effet, à la position de l’administration pénitentiaire (AP), qui, en la matière, a le dernier mot. Et s’oppose le plus souvent aux décisions favorables à ce prisonnier, célèbre pour ses deux évasions, et donc surveillé de près.
Selon nos informations, Rédoine Faïd, détenu depuis octobre 2025 au centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), vient de remporter une nouvelle partie dans son désormais très long bras de fer avec l’AP. Par une ordonnance du 15 mai, une juge d’application des peines d’Alençon (Orne) a déclaré bien-fondée la dernière requête de Rédoine Faïd, déposée par son avocat, Me Benoît David, le 9 avril, quant à ses conditions de détention depuis son transfert à Condé.

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13.05.2026

80 669 personnes étaient détenues dans les prisons françaises en 2024, soit un taux de 117 pour 100 000 habitants. AFP/JULIEN DE ROSA
Selon les données d’Eurostat, le nombre de personnes détenues en 2024 dans les prisons des 27 pays de l’Union européenne s’établissait à 508 746, en hausse de 2 % par rapport à 2023. Il avait atteint un pic en 2012 (552 954), avant de reculer jusqu’à un plus bas niveau en 2020 (463 376). Il a augmenté, depuis, de 9,8 %.
En 2024, la France était de loin le pays de l’UE à compter, en chiffre absolu, le plus grand nombre de détenus (80 669), devant la Pologne (69 850), l’Italie (63 524), l’Espagne (59 226) et l’Allemagne (58 798). À l’autre bout de l’échelle, le Luxembourg n’en recensait que 628, Malte 697 et Chypre 965.

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05.05.2026

Au moment de la conception de la prison de Riom, la population carcérale dans le département était de près de 400 détenus. Les plus optimistes étaient sans doute rassurés de penser qu’avec ses 566 places, cette prison flambant neuve avait les capacités de répondre à l’avenir. Las ! La réalité, une fois encore, s’est chargée de faire voler en éclats ces illusions.
À l’instar de ce qui est constaté au niveau national, le nombre des détenus à Riom a très rapidement augmenté. Et le centre pénitentiaire de Riom a dû prendre des dispositions pour y répondre. Les premières demandes de lits supplémentaires ont été faites dès 2017. Rebelote en 2022, où une soixantaine de lits sont encore ajoutés.
Les années 2023-2024 ont été celles d’une augmentation très importante des effectifs de détenus au sein des deux maisons d’arrêt (de 164 places théoriques chacune). Le maximum a été atteint en mai 2025, avec plus de 760 personnes incarcérées à Riom. Le reste de l’année a heureusement été plus calme. Depuis le début de 2026, le nombre de prisonniers repart fortement à la hausse pour flirter une fois encore avec les niveaux records.

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03.05.2026

Plongée au cœur d’un établissement pénitentiaire au bord de l’implosion. Pour des centaines d’hommes, la promiscuité est devenue la norme et un simple lit un luxe. Le personnel, dépassé, tire la sonnette d’alarme face à cette situation intenable.
Dès les premiers pas, le ton est donné. Cris étouffés derrière les portes, sifflets, bruits métalliques des clés… Une chaleur lourde s’accroche aux murs. Nous pénétrons dans le centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne, un lieu sous haute surveillance où chaque mouvement est contrôlé et surveillé.
À l’intérieur, des murs jaunes et des barreaux gris s’étirent le long de couloirs interminables. Contrairement à l’image que l’on pourrait s’en faire, rien ici n’est délabré. Les locaux sont propres, entretenus. Mais derrière cette apparente normalité se cache une réalité bien plus dure : celle de la surpopulation.
Le taux d’occupation atteint 200 %.

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Un espace sans intimité
« On est trois par cellules, on n’est pas des chiens » , crient certains à travers les barreaux. « Libérez-nous ! », « Il y a des cafards ! ». Les voix résonnent dans les couloirs, mélange de colère et d’épuisement.
Les cellules mesurent entre 9 et 10 m². À l’intérieur, un bloc sanitaire, quelques livres, une télévision ou de la vaisselle. Des objets du quotidien qui tentent de recréer un semblant de vie normale. Mais l’espace manque cruellement. L’intimité, elle, a totalement disparu.
Dans l’une de ces cellules, un matelas est posé au sol, sur des journaux censés isoler de l’humidité. « Ça fait 14 mois que je dors par terre », confie un détenu. Près de 420 nuits dans ces conditions.

(…)

Lui travaille à la cantine. « Ça me permet de sortir de la cellule… Parce qu’être à trois, depuis plus d’un an, ce n’est pas très agréable. » Des mots presque trop faibles pour décrire la réalité.

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02.05.2026

Des taux d’occupation qui explosent : les chiffres (édifiants) de la surpopulation dans les prisons d’Occitanie
Les derniers chiffres officiels sont catastrophiques. La quasi-totalité des établissements pénitentiaires en région accueillent le double de détenus que leurs capacités ne leur permettraient.
Avec un taux d’occupation de 235,9 % au 1er avril 2029, la maison d’arrêt de Carcassonne est la plus engorgée de la région. Elle est suivie de très près par celle de Nîmes (225,8 %) et les centre pénitentiaire de Toulouse Seysses (225,5 %) et Perpignan (225 %). Globalement les établissements de la région (hormis celui de Mende) accueillent le double de détenus qu’ils ne le pourraient officiellement.
À Carcassonne qui bat tous les records, 151 prisonniers occupent les 64 places officielles.

(…)

86 700 détenus en France
Selon les chiffres publiés dernièrement par le service de la statistique des études et de la recherche, au 1er avril 2026, la France comptait globalement + 6,3 % de personnes détenues sur un an. « 86 700 personnes sont détenues en France. Parmi ces dernières, 63 900 sont condamnées et 22 700 sont prévenues. »
2 300 personnes sont condamnées à plus de dix ans de prison, 55 200 à cinq ans ou moins (en hausse de + 62 % en un an). Afin de lutter contre la surpopulation carcérale, les aménagements de peines ont également tendance à augmenter.  » Au 1er avril 2026, 19 200 personnes condamnées à une peine d’emprisonnement ferme sont non détenues. Celles-ci exécutent leur peine d’emprisonnement ferme en dehors d’un établissement pénitentiaire dans le cadre d’un aménagement de peine : à domicile sous surveillance électronique ou en placement à l’extérieur dans une structure habilitée. Leur nombre augmente de 7,4 % sur un an. »

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30.04.2026

Les prisons françaises comptaient 88 145 détenus au 1er avril, un nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les chiffres officiels de la chancellerie publiés jeudi 30 avril. Cela représente sur un an une augmentation de plus de 5 000 détenus (+ 6,3 %) pour une augmentation de moins d’un millier du nombre de places disponibles dans les centres pénitentiaires français (+ 1,6 %).
Particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt, où sont détenues les personnes purgeant une courte peine ou les personnes en attente de jugement et donc présumées innocentes (171,1 %), le taux de suroccupation globale atteint 139,1 %.
La France figure parmi les très mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers bien inférieures. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement relevées.
Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de places dans les lits : il y en avait 7 540 au 1er avril, soit une hausse spectaculaire de près de 60 % en un an (4 752). Deux détenus sont incarcérés pour une seule place (taux égal ou excédant 200 %) dans 30 établissements sur les 190 que compte le territoire. Un chiffre là encore en augmentation.

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La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisienne (+ 162,9 %) et toulousaine (+ 156,3 %), ainsi qu’en outre-mer (+ 148,1 %).

 

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28.04.2026

Elle a beau être neuve, elle n’échappe pas au phénomène de surpopulation carcérale qui touche toute la France. En ce mois d’avril 2026, la prison de Caen-Ifs est déjà saturée.
Le chiffre officiel en dit long sur les difficultés du ministère de la Justice en France, à accueillir dans ses prisons, les personnes condamnées par les tribunaux. 137,5 % ! Tel est le taux d’occupation des centres pénitentiaires français, traduisant une impressionnante surpopulation carcérale. Le centre pénitentiaire de Caen-Ifs, inauguré en octobre 2023, n’échappe pas à la tendance. Bien au contraire. La surpopulation y est encore plus conséquente, et pour plusieurs raisons.
150 % d’occupation ? Le ministère ne répond pas !

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Selon les chiffres que la rédaction de Liberté Actu.fr a pu obtenir, en date du 27 avril 2026, la prison de Caen-Ifs dispose d’une capacité théorique de 551 places, à raison d’un prisonnier par cellule. Pas moins de 724 détenus s’y trouvent, soit un taux d’occupation de 131,4 %. De nombreux lits superposés y ont finalement été installés depuis l’inauguration du site.

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Le désencombrement du grand Ouest
Qu’il soit de 150, 131,4 ou 122,29 %, le taux d’occupation indique une saturation des capacités d’accueil. Comment est-ce possible alors que l’établissement caennais est récent, et qu’il a doublé ses capacités d’accueil : 269 places autrefois, contre 551 désormais ? Selon l’APIJ, l’Agence publique pour l’immobilier de la justice, l’ancienne maison d’arrêt de Caen avait accueilli jusqu’à 480 détenus, faisant grimper le taux d’occupation à 178,4 % !
La réponse est simple. Selon plusieurs sources, la nouvelle prison de Caen-Ifs sert au « désencombrement » d’autres centres pénitentiaires dans le grand ouest. C’est le cas par exemple de détenus en provenance des sites de Vannes, Rennes ou de La Roche-sur-Yon, saturés également.
Aussi, des personnes condamnées dans l’Orne, qui étaient auparavant orientées vers Le Mans, atterrissent désormais à Caen.

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24.04.2026

Les équipes de la CGLPL dénoncent des pratiques attentatoires à la dignité au sein de l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris. Des conclusions déjà formulées à l’identique, il y a près de quinze ans.

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Des patients isolés systématiquement, parfois attachés au lit au moyen d’une chaîne. Telles sont les pratiques, qualifiées d’«indignes et illégales», constatées par une équipe de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, lors d’une visite, en mars, de l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, dite «I3P». Cette structure hybride, à la croisée du médical et du sécuritaire, reçoit au 3, rue Cabanis (XIVe arrondissement) des personnes en situation d’urgence psychiatrique emmenées par les services de police pour des soins sans consentement.

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Dans ses recommandations rendues publiques ce vendredi 24 avril, la CGLPL dresse, au sujet de l’I3P, un tableau pour le moins préoccupant.

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23.04.2026

Les chiffres récents de la surpopulation carcérale restent très préoccupants : au 1er mars 2026, les prisons françaises comptaient 87 126 détenus, un record. Les établissements de Charente-Maritime ne font pas exception, notamment la maison d’arrêt de Saintes, que nous avons visité aux côtés du député Fabrice Barusseau.
Fleury-Mérogis, Les Baumettes ou encore Toulouse-Seysses, les plus grandes maisons d’arrêt de France sont surpeuplées. Celle de Saintes, en Charente-Maritime, ne déroge pas à cette règle, comme une grande majorité des établissements pénitentiaires de France. Construit au XIXe siècle, ce bâtiment, situé en plein centre-ville, devrait accueillir 81 détenus, mais la réalité est tout autre.
« 81 places pour 132 personnes détenues »

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Dans cette cellule censée être pour deux, le nouveau venu est obligé de dormir sur un matelas, à même le sol. « Le soir, je dors par terre, il n’y a pas de place. La journée, je remets le matelas debout, au bout du lit », précise le condamné.
Des matelas au sol, y compris dans les cellules plus grandes.

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« Cela fait un petit moment que je suis là, depuis 2024. Il y a des choses qui sont un peu bafouées, notamment sur nos droits. C’est le cas dans les cantines : en tant que musulmane, je n’ai pas forcément de denrées alimentaires halal, conforme à ma religion », souligne l’une d’entre elles.
Dix femmes sont détenues dans cette maison d’arrêt pour seulement cinq places. Elles peuvent sortir quelques heures chaque jour dans une petite cour. Mais le quotidien, c’est la cellule et la promiscuité. Une surpopulation qui renforce les effets de l’enfermement. Au sein de l’unité sanitaire de cette maison d’arrêt se trouvent deux médecins et trois infirmières, sursollicités. « En moyenne, un détenu voit un médecin généraliste 14 fois par an.

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21.04.2026

Plus de 87 000 prisonniers ont été recensés en France le 1er mars dernier. Jamais ils n’ont été aussi nombreux, avec pour conséquence directe, une surpopulation carcérale. A la maison d’arrêt de Villepinte en Seine-Saint-Denis, 1200 détenus vivent dans des conditions déplorables.

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Promiscuité et insalubrité, les images sont édifiantes.
Impossible de circuler dans cette cellule car comme dans presque toutes les autres de la maison d’arrêt de Villepinte, un matelas jonche le sol. Chaque cellule mesure 9 m² et devrait accueillir en temps normal deux détenus. Mais ils sont presque toujours trois.
Dans une cellule, un détenu dort par terre. Mais avant lui, un autre dormait déjà par terre.
Du linge pour colmater les trous
Les prisonniers en sont réduits à utiliser du linge pour colmater les trous et les fuites par lesquelles passent les rongeurs. Aucune intimité, une promiscuité étouffante, insalubrité des douches communes et des toilettes.

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« Ils sont à trois dans un espace insalubre. Le plus choquant, ce sont les toilettes. Il y a quelques années que je n’étais pas venue et je suis choquée. Je vois l’état de détérioration et je n’avais pas le souvenir de voir des choses aussi terribles et les conditions d’inhumanité lesquelles sont enfermés les prisonniers ».
Deux fois trop de détenus
Sur le papier, la maison d’arrêt de Villepinte compte 589 places. Au final, ils sont plus de 1200 détenus. Des chiffres qui impactent toute l’organisation de la prison et parfois même, la répartition des prisonniers. Ce détenu, condamné pour meurtre, doit par exemple sa cellule avec ce qu’il appelle « un primaire, jamais il est allé en prison, son affaire est simple ».
La surpopulation alourdit également toutes les procédures et augmente tous les délais d’attente. Cette conjointe d’un détenu témoigne que pour la cantine, « il faut attendre beaucoup de temps avant de recevoir ses bons. Il y a régulièrement des bagarres lors de la promenade car elle n’est pas forcément surveillée. Pour le linge, il y a des horaires à respecter. L’attente pour aller au parloir est assez longue, » témoigne-t-elle.

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L’exemple allemand
Il n’y a jamais eu autant de détenus en France. Et pourtant, d’après la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simmonot, le monde politique détourne les yeux alors que des solutions existent. « J’ai visité les prisons allemandes et la règle là-bas est un prisonnier par cellule. Et lorsque la prison arrive à un taux de remplissage de 90 %, vous allez voir la différence, elle se déclare ‘suroccupée’ et plus personne n’entre. Et ils ont des taux de récidive inférieurs de moitié. Pourquoi nous, on rate ça? »
Le cas de la maison d’arrêt de Villepinte n’est pas un cas isolé en Île-de-France. Des situations similaires ou encore plus graves ont été dénoncées à Fresnes, à Bois D’Arcy et à Nanterre.

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20.04.2026

Le centre pénitentiaire de Sainte-Clotilde est confronté à une surpopulation importante, avec près du double de détenus par rapport à sa capacité. Une situation qui pèse sur les conditions de détention.

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Presque 1 000 détenus pour 576 places
Conçu pour accueillir 576 détenus, le centre pénitentiaire de Domenjod héberge aujourd’hui près de 990 prisonniers.

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Jusqu’à 4 lits par cellule de 10m2
L’éloignement géographique de l’île limite en effet les transferts vers d’autres établissements.

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Dans des cellules d’environ 10 m², jusqu’à quatre lits sont installés. Les cellules adaptées aux personnes à mobilité réduite, d’une surface de 15 m², peuvent accueillir jusqu’à sept détenus. À l’ouverture de l’établissement en 2008, chaque cellule ne comptait pourtant qu’un seul lit. Faute de place, 123 matelas ont été ajoutés au sol, dont 90 dans le quartier des hommes et 33 chez les femmes.

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Dans ce contexte, la surpopulation carcérale apparaît comme un facteur aggravant des difficultés en détention.

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17.04.2026

Avec un taux d’occupation de 209 %, la maison d’arrêt de Limoges fait face à une surpopulation record. Six détenus ont été transférés cette semaine, une vingtaine en quinze jours.

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Selon les chiffres de l’Observatoire international des prisons (OIP), le taux d’occupation atteignait 209 % en mars 2026 dans l’établissement limougeaud.

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Des chiffres confirmés par l’administration pénitentiaire de Nouvelle-Aquitaine. Contactée jeudi 16 avril, elle précise : « A ce jour, la maison d’arrêt de Limoges accueille 157 personnes détenues pour une capacité opérationnelle de 83 places, ce qui conduit à l’installation de 47 matelas au sol ».

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« Tout est impacté : les promenades, les douches, tout prend plus de temps. Le matin, on se retrouve avec trois détenus par cellule de 9 m², dont un qui dort au sol. Il y a des tensions, des sautes d’humeur. Maintenir une hygiène correcte devient compliqué. »

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Les fortes chaleurs printanières ont encore accentué les difficultés dans ces espaces exigus.

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Conditions de vie dégradées
Du côté des familles de détenus, les témoignages font état de conditions de vie dégradées. Plusieurs évoquent des proches contraints de dormir au sol, dans des cellules surchargées. Si l’accès aux parloirs reste globalement assuré, le quotidien est plus difficile : moins d’activités proposées, gestion du linge compliquée, promiscuité accrue.
Une situation qui pourrait rapidement se reproduire malgré les transferts en cours. Tous les acteurs s’accordent : sans solutions structurelles, la maison d’arrêt de Limoges risque de replonger dans les mêmes niveaux de surpopulation dans les mois à venir.
La direction régionale de l’administration pénitentiaire en a également conscience et tente de sensibiliser les magistrats des « cinq cours d’appel de Nouvelle-Aquitaine afin de les sensibiliser à l’évolution des taux d’occupation des établissements du ressort ».

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16.04.2026

Le lundi 20 avril à 14h, une audience devant le juge des référés du tribunal administratif de Lille sera consacrée à l’examen des conditions de détention dégradantes de la maison d’arrêt de Béthune. Saisi par l’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF), avec le soutien de l’Association des avocats pour la défense des droits des détenus (A3D), du syndicat des avocat•es de France (SAF), du Conseil national des barreaux (CNB) et de l’ordre des avocats au barreau de Béthune, ce dernier est appelé à prononcer des mesures d’urgence pour protéger les droits fondamentaux des personnes incarcérées dans cet établissement.
Ouverte à la fin du 19e siècle, la maison d’arrêt de Béthune est conçue pour accueillir 180 personnes. Elle en accueille aujourd’hui plus du double avec un taux d’occupation qui dépasse 200 %. La surpopulation est massive, chronique, et ses conséquences se font sentir à tous les niveaux : conditions matérielles, accès aux soins, sécurité, relations humaines.
Sur place, les constats sont sans ambiguïté.
Dans des cellules prévues pour une ou deux personnes, trois détenus cohabitent souvent dans un espace réduit à quelques mètres carrés par personne. L’intimité y est inexistante. Les sanitaires, séparés par un simple muret, restent exposés au reste de la cellule, si bien que les gestes les plus élémentaires du quotidien se font sous le regard des autres.
Dans ce contexte déjà intenable, les conditions matérielles aggravent encore la situation. Les bâtiments sont vétustes, dégradés, marqués par l’humidité, les moisissures, les pannes et les infiltrations. L’absence d’eau chaude en cellule, pourtant signalée depuis des années, perdure. Les nuisibles — punaises de lit, rongeurs — s’ajoutent à un environnement devenu insalubre.
Les espaces collectifs ne constituent pas une alternative. Ils prolongent la même indignité. Les douches sont vétustes, sans cloisonnement, parfois sans eau chaude suffisante. Les personnes détenues s’y lavent sans intimité, dans des conditions qui peuvent porter atteinte à leur santé. Les parloirs se déroulent dans des conditions de promiscuité qui rendent toute confidentialité illusoire. Les salles d’attente, exigües et dépourvues d’équipement, imposent des temps d’attente dans des conditions indignes pour les proches des personnes détenues.
Ces constats ne sont ni isolés ni nouveaux et ont été récemment confirmés, notamment, par les observations du député Ugo Bernalicis qui s’est rendu sur place ainsi que par une visite du bâtonnier de Béthune, sur lesquelles l’OIP-SF s’appuie pour fonder son recours. Dès 2018, en effet, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté décrivait déjà une surpopulation « endémique » et des conditions matérielles dégradées. Six ans plus tard, la situation n’a donc pas changé et s’est même aggravée.
Face à cette situation, l’OIP-SF et ses partenaires demandent au juge des référés d’intervenir sans délai pour protéger les droits fondamentaux des personnes détenues dans ces conditions indignes.

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14.04.2026

Alors que la surpopulation carcérale atteint des records, une vague de souffrance psychique submerge les prisons françaises. Un psychiatre et une psychologue nantais alertent sur cet enjeu de droits humains et de santé publique.
David Sechter est psychiatre, Laura Tabet psychologue. Tous deux travaillent pour le service médico-psychologique régional de Nantes. Ils dépendent de l’hôpital public de la ville mais exercent leurs missions dans un lieu bien particulier, éloigné des regards : le centre pénitentiaire de Nantes.
Le premier au sein de la maison d’arrêt, laquelle est au bord de l’implosion, avec 200 % d’occupation, soit quelque 1007 détenus au 1er janvier 2026 pour… 508 places. La seconde assure ses consultations au sein du centre de détention, où sont incarcérés les détenus condamnés à une peine supérieure à deux ans, ainsi que dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs. Tous les deux, comme l’ensemble des soignants du service médico-psychologique régional, affrontent quasi quotidiennement une vague de souffrance psychique et de dégradation de la santé mentale qui submerge les prisons françaises.
Les soignants, médecins ou infirmiers et infirmières, animent dans les prisons des groupes thérapeutiques, y assurent des rendez-vous avec psychologues ou psychiatres, ou dans le cadre de soins et de prévention en addictologie. La tâche est d’ampleur. Dans l’environnement clos du milieu carcéral, rixes, crises clastiques (où le patient devient violent) ou suicidaires, consommation de stupéfiants et décompensations sont monnaie courante.
« Le contexte anxiogène lié à la prison peut favoriser les décompensations, là où la personne aurait peut-être continué à être stable à l’extérieur, explique le psychiatre David Sechter. On peut aussi avoir du mal à délivrer un traitement car le patient craint d’être trop sédaté, là il a besoin de « rester sur ses gardes ». » Tant bien que mal, dans un contexte où les personnes sont d’une grande vulnérabilité, lui et ses collègues tentent de faire du soin une expérience positive.
Des troubles jusqu’à dix fois supérieurs en prison
Les patients nécessitant un accompagnement psy, et qui le souhaitent, sont reçus en consultation de trente minutes environ par le psychiatre dans son bureau, à raison d’une douzaine de personnes par jour. Troubles de la personnalité, maladies psychiatriques, troubles anxiodépressifs, addictions… Certains étaient déjà suivis avant et sont au fait de leur pathologie. « Mais pour d’autres, on découvre parfois un trouble non traité, ou bien des personnes qui se sont automédicamentées », précise le psychiatre.
Les soignants observent que l’immense majorité des détenus souffrent d’un ou plusieurs antécédents d’addictions. Quant aux troubles psychiatriques, ils sont quatre à dix fois supérieurs en prison que dans la population générale. Le nombre de détenus ayant été exposés, pendant l’enfance, à au moins un traumatisme (négligence ou abus) est énorme, selon l’étude « Santé mentale en population carcérale », publiée en février 2023. C’est le cas pour 98 % des hommes participants à l’étude et 99 % des femmes.
Cette surprésence des psychotraumas nécessite un accompagnement de qualité, aussi dans la perspective de la sortie de prison, de la réinsertion, de la protection des personnes elles-mêmes et de la sécurité d’autrui. La même étude révèle qu’un tiers des hommes détenus et près de six femmes sur dix « sont considérés comme modérément à gravement malades » en matière psychique lors de leur libération, avec notamment un risque suicidaire important.
La surpopulation engendre trafics et violences
Mais aujourd’hui, les psychiatres, psychologues, infirmiers et infirmières du service médico-psychologique régional n’arrivent plus à suivre. D’autant que les services publics de santé « à l’extérieur », à commencer par l’hôpital public et ses services de psychiatrie, sont eux aussi exsangues. Le suivi des patients-détenus se révèle de plus en plus compliqué. « La surpopulation engendre trafics et violences. Or, cette violence du milieu peut aussi favoriser les troubles psychiatriques, note David Sechter. Sans compter le parcours chaotique des personnes et l’omniprésence de psychotraumas. C’est pourtant ces derniers qu’il faut absolument traiter. »
Dans le contexte de surpopulation, « le fait d’avoir deux fois plus de patients espace évidemment les rendez-vous de suivi. À quel moment ne devient-on pas maltraitants nous-mêmes ? » s’interroge David Sechter. Quant aux groupes thérapeutiques, l’équipe de la maison d’arrêt de Nantes n’a plus le temps de les mettre en place.
On compte en France, au 1er janvier 2026, 86 229 détenus pour 63 613 places de prison : une surpopulation record, particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt (plus de 160 %) avec plus de deux détenus dans une cellule d’une place. Celle de Nantes peut parfois compter trois ou quatre détenus dans un même espace.
Cet établissement dispose d’un hôpital de jour permettant d’accueillir une vingtaine de patients dans une unité d’hébergement spécifique de la maison d’arrêt, pour une prise en charge soignante du lundi au vendredi. Les patients qui y sont suivis font face à une souffrance psychique aiguë, le but étant de permettre la stabilisation de la personne avant sa sortie. Ils restent en moyenne un mois et demi dans cet hébergement spécifique, plus sécurisant pour eux.
Davantage de consignes sécuritaires
La surpopulation en maison d’arrêt et la prévalence des troubles psychiques massifs rejaillissent sur le centre de détention, pour les détenus avec des peines de plus de deux ans, où travaille la psychologue Laura Tabet. Le centre de détention était jusqu’alors relativement épargné par la surpopulation, contrairement aux maisons d’arrêt. Le temps long de la peine, la plus grande liberté de mouvement à l’intérieur, l’emploi du temps rythmé, y permettaient jusqu’ici un suivi individualisé assez solide.
C’en est terminé. « Aujourd’hui, le turn-over des détenus commence ici aussi à nous poser problème. Avant, au centre de détention, il restait aux détenus au minimum trois années de peine à purger. Mais la surpopulation et le turn-over en maison d’arrêt sont tels que certains arrivent ici pour six mois, explique Laura Tabet. En prison, plus tu crées de turn-over, plus tu crées de la panique. Ce qui engendre davantage de consignes sécuritaires, et vient aggraver un environnement déjà anxiogène. Cela dégrade considérablement la santé mentale des personnes. »
Le centre compte 480 détenus. Normalement, entre ceux qui sortent après avoir purgé leur peine, et ceux qui y arrivent à la suite de leur condamnation, le renouvellement est d’un tiers par an. Désormais, la proportion de « nouveaux » atteint les deux tiers, témoigne la psychologue. Cette tentative de « désencombrement » de la maison d’arrêt a des conséquences sur le travail des soignants et la qualité des soins. « Des cellules solo ont été doublées. Les courtes peines sont inadaptées à la vie d’un centre de détention, ce qui crée davantage d’incidents, de bagarres, et donc plus de mesures sécuritaires », observe la psychologue.
« Normalement, le centre de détention est une sorte de village où les gens circulent, vont à l’atelier pour travailler, en promenade. Mais l’ambiance dégradée a davantage sectorisé et rigidifié les règles. Pour les longues peines, c’est très dur. Leurs besoins fondamentaux d’espace, de relative liberté, pour pouvoir tenir sur la durée, sont mis à mal. C’est un drame pour eux. Ils sont de plus en plus mal », énumère-t-elle. Signe d’une ambiance qui se tend, depuis le 1er mars, les surveillants du centre de détention nantais sont équipés de bombes lacrymogènes.
« Des sorties sans aucune solution »
Là encore, les projets de réinsertion et l’accompagnement vers la sortie en pâtissent. « On n’a plus le temps de penser le soin, ni la réinsertion d’ailleurs. Les projets de sortie ne peuvent pas suivre. Notre équipe n’est pas pensée pour ce temps court, et on se retrouve avec des sorties sans aucune solution », déplore Laura Tabet.
Les activités dont pouvaient bénéficier les détenus se réduisent comme peau de chagrin. « Avant, il y avait beaucoup d’ateliers d’artistes, de concerts à l’intérieur de la prison. On avait aussi un marathon, un tournoi de pétanque, de foot. Cela tend à disparaître, il n’y a plus de souplesse, de créativité. Tout ça est pourtant nécessaire à la réinsertion. Il ne faut pas oublier que ce qui répare le mieux, c’est le lien ! »
Les sorties collectives ont été réduites, voire ont quasiment disparu, sur décision du ministère de l’Intérieur. Ces activités, avec l’accès aux parloirs, sont pourtant considérées « comme facteur de protection de la santé mentale », rappelait l’étude « Santé mentale en population carcérale », qui relevait qu’un tiers des détenus hommes et plus de la moitié des femmes n’avaient pas accès, par exemple, aux activités sportives.
En tant que soignants en milieu carcéral, Laura Tabet et David Sechter, comme nombre de leurs collègues, sont là par choix, non par défaut. Ce qui ne les empêche pas de se demander : comment composer avec un milieu qui entasse sans considération, au mépris de la santé mentale des personnes ? Comment mettre en place un soin de qualité à effectif constant malgré des conditions de vie indignes et une surpopulation démentielle, qui sont autant de constats condamnés à de nombreuses reprises par la Cour européenne des droits humains (CEDH) ?
David Sechter est également membre de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, qui bataille pour défendre la qualité des espaces de soin en prison. « Il y a aussi un manque d’effectifs côté personnel pénitentiaire, un manque de moyens humains important, du personnel qui bouge beaucoup et donc ne connaît pas les détenus, et inversement, ce qui crée trop d’arbitraire, dit-il. On nous demande d’intervenir sur cette violence, mais elle est iatrogène, propre au système, et nous, soignants, on n’est pas là pour soigner le système, mais des gens. »
« Le soin c’est à nous de définir comment on le fait ! »
Ce cercle vicieux – surpopulation, violences, mesures sécuritaires, dégradation des conditions de détention, aggravation des problématiques de santé mentale – ne semble pas préoccuper les politiques, qui continuent de prôner la mise en détention comme seule solution, sans trop s’intéresser au sujet, pourtant crucial, de la réinsertion une fois la peine effectuée. En témoigne le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a évoqué en janvier 2026 un projet de « prisons hôpitaux », qui, pour l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, serait « une nouvelle attaque au modèle intégratif français de soin aux personnes détenues défini par la réforme de 1994 ».
« Aujourd’hui, le sécuritaire prime sur le programme de soin, dénonce David Sechter. La direction pénitentiaire en vient même à nous imposer parfois certains détenus pour l’hôpital de jour, alors même qu’ils vont venir perturber les autres, qui sont déjà en grande souffrance. On voit parfois des détenus qui ont encore les menottes aux poignets. Ce n’est pas ça faire du soin de qualité. Le soin c’est à nous, soignants, de définir ce que c’est et comment on le fait ! »
Pour autant, si les soignants de Nantes souhaiteraient réussir à débloquer quelques nouveaux postes pour les épauler, ils ne veulent pas en faire une priorité, au risque de normaliser une situation scandaleuse. « Le soin et les personnes à soigner sont mieux à l’extérieur », rappelle David Sechter. « C’est le principe même d’incarcérer de plus en plus qu’il faut traiter, analyse de son côté la psychologue Laura Tabet. Aujourd’hui c’est un pansement, mais il faut venir questionner les réponses sociétales et politiques qui sont uniquement répressives. Il faut se reposer la question : quelle est la fonction de l’incarcération ? La question de l’accompagnement doit se faire avant. C’est ça qui fait le lit du passage à l’acte. »
La situation actuelle des centres pénitentiaires français, que la CEDH qualifie d’« inhumaine et dégradante », devrait poser la question de l’attention accordée à la santé mentale des détenus et, plus largement, de l’intérêt de la détention tout court. Là se trouve sans doute le véritable débat de société à avoir.

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14.04.2026

Fin mars 2026, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié un rapport sur l’état de la prison de Besançon dans le Doubs. Le constat est sans appel. Les conditions de détention y sont indignes en raison de la vétusté des lieux et d’une surpopulation carcérale.
Derrière les murs de la prison de la Butte, une réalité qui fait froid dans le dos. Six contrôleurs de la CGLPL, une autorité indépendante chargée de vérifier que les droits fondamentaux des personnes détenues ou retenues sont respectés dans tous les lieux de privation de liberté ont effectué un contrôle de la maison d’arrêt de Besançon du 2 au 9 septembre 2024. La prison date de 1885, on y trouve 273 cellules. Des majeurs et des mineurs y sont placés en détention. La population pénale est composée d’un tiers de prévenus qui attendent d’être jugés et deux tiers de condamnés.
138 % de taux d’occupation à l’automne 2024
Au moment de la visite des contrôleurs en septembre 2024, 376 personnes étaient hébergées, soit un taux d’occupation de 138 %, sans matelas disposé au sol. La moitié des détenus étaient hébergés à deux dans une cellule individuelle de 9 m2. La surpopulation reste endémique, écrit le rapport et a même atteint le seuil de 450 détenus pendant l’été 2023, mettant en grande difficulté le fonctionnement global de l’établissement et ses infrastructures, note le rapport.

(…)

Le taux d’occupation sera actuellement de 166% dans le prison de Besançon.
Hygiène, cafards, nuisibles et des équipements qui ont atteint « un point de non-retour ».
La vétusté de la prison de Besançon est pointée du doigt par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Le vieillissement de l’infrastructure et des équipements atteint un point de non-retour, particulièrement dans les cellules du bâtiment C où la situation est jugée indigne : il manque du mobilier ou celui-ci est dégradé au point de ne plus être adapté, les sols sont trop abîmés pour que le nettoyage ait un impact positif, nombre de sanitaires sont vétustes et irrécupérables.
La présence de nuisibles type cafards est également un indicateur tangible des problèmes d’hygiène liés à la vétusté de l’infrastructure et des installations.
Extrait du rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL)
Les douches collectives sont pour la plupart abîmées : plafonds moisis, peinture qui tombe en lambeaux, carrelage cassé, presto et pommeaux encrassés de calcaire, cloisons chancelantes, l’ensemble nécessitant une réfection totale. La fréquence minimale de trois douches par semaine n’est pas respectée au bâtiment C pointe du doigt le rapport.

(…)

Sport, activités, parloirs, des manquements également présents
Le rapport des contrôleurs estime que l’accès au sport s’est amélioré depuis la dernière visite qui remontait à 2018, mais les conditions matérielles dans des salles étouffantes avec du matériel souvent vétuste ne sont pas acceptables, tant pour l’encadrement que pour les personnes détenues. D’autre part, les sports collectifs en extérieur sont trop souvent remis en question et l’accès est inéquitable selon le bâtiment.
Les activités socioculturelles ne sont pas suffisamment développées, l’absence de lieux dédiés aggrave la situation.
Comme en 2018, la configuration des parloirs ne permet pas l’intimité des échanges. De même, le tri et la distribution du courrier s’effectuent toujours dans des conditions qui n’en garantissent ni la confidentialité, ni l’intégrité, ni le bon acheminement. Depuis la visite précédente, les cabines téléphoniques ont été installées en cellule mais 51 d’entre elles étaient hors service.
Dans le fonctionnement courant, il est souvent fait recours à la palpation et aux portiques. Les gestes professionnels lors des fouilles intégrales semblent maîtrisés mais le nombre d’agents assistant à la fouille est parfois bien trop important et les fouilles intégrales ne sont pas toujours tracées.
La majorité des fouilles ont lieu dans des lieux non prévus ni équipés pour ce faire, notamment les douches et les cellules.
Extrait du rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL)
Du mieux côté santé, mais des personnels insuffisants
L’unité sanitaire bénéficie de nouveaux locaux depuis le dernier contrôle réalisé en 2018. Ils sont en parfait état. Cependant, les ressources médicales sont insuffisantes, particulièrement le dentiste générant un temps d’attente pour une consultation pouvant aller jusqu’à six mois. Par ailleurs, il n’y a aucun temps de kinésithérapeute prévu alors que les besoins de la population pénale sont conséquents, en lien avec la sédentarité et les violences entre détenus.
Les extractions médicales, réduites à deux jours par semaine, ne sont pas adaptées au temps de présence de certains spécialistes au CHU. Les annulations des extractions médicales sont bien trop nombreuses et parfois à l’initiative de l’administration pénitentiaire. La présence de l’escorte pendant les consultations ou les soins au CHU est attentatoire à la dignité des patients et enfreint le respect du secret médical.
Des mineurs parfois « 20 heures par jour en cellule »
Six mineurs étaient incarcérés au moment de la visite des contrôleurs.
La présence d’un seul surveillant au quartier pour mineurs n’est pas adaptée pour leur prise en charge, que ce soit pour la sécurité, les mouvements, la surveillance des promenades, les activités ou tout autre besoin quotidien des mineurs.
Extrait du rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL)
Si la présence de la PJJ est effective, son implication auprès des mineurs est insuffisante, à l’instar de l’offre d’enseignement, particulièrement en période de vacances scolaires, dénonce les contrôleurs.
Des travaux d’ampleur à venir ?
Le rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a fixé au total 51 recommandations sur la maison d’arrêt de Besançon, mais il n’a aucun pouvoir de contrainte sur l’administration pénitentiaire.

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10.04.2026

En mars, le taux d’occupation de la maison d’arrêt du Val-d’Oise frôlait les 200 %, obligeant notamment l’administration à faire dormir des personnes incarcérées sur des matelas à même le sol.
Jusqu’où ira le nombre de détenus de la Maison d’arrêt du Val-d’Oise (Mavo), à Osny ? Ce sujet était déjà évoqué en janvier, lors de l’audience solennelle du tribunal judiciaire. « Après une baisse, le taux de surpopulation est ainsi passé de 180 % au mois d’août à 192 % au début de ce mois », a rappelé le procureur, Guirec Le Bras, indiquant que « tous les acteurs locaux » se sont investis l’été dernier pour la juguler.
Malgré cela, plus deux mois plus tard, la députée (LFI) du Val-d’Oise, Gabrielle Cathala, n’a pu que constater lors d’une visite que la situation est inchangée. Elle était déjà venue fin 2024 sur le même sujet de la surpopulation carcérale. À l’époque, le taux d’occupation était de 162 %. Désormais, il oscille entre 192 % et 198 %. Une situation que connaissent la plupart des prisons franciliennes, comme Nanterre (Hauts-de-Seine) ou Bois-d’Arcy (Yvelines).

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09.04.2026

L’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF) a saisi le juge des référés afin d’obtenir des mesures immédiates pour mettre fin aux atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales des personnes détenues au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe. L’audience devant le juge des référés se tiendra le mercredi 15 avril.
Cette procédure d’urgence intervient après plus de dix ans d’alertes, de décisions de justice et de condamnations internationales restées partiellement inexécutées. Ce qui est aujourd’hui soumis au juge ne résulte pas d’une dégradation ponctuelle mais de l’installation durable d’un fonctionnement incompatible avec les exigences minimales de l’État de droit.
Lors de sa visite en octobre 2025, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a constaté un taux d’occupation de 251 % dans le quartier maison d’arrêt pour hommes. Des centaines de personnes vivent dans des cellules surpeuplées jusqu’à vingt-deux heures par jour. Dans certaines cellules, l’espace réellement disponible pour chaque personne détenue ne dépasse pas un mètre carré.
Surpopulation endémique, humidité, moisissures, installations sanitaires défaillantes, manque d’activités…, ces conditions ne relèvent plus de la seule insuffisance matérielle. Elles rendent impossible la préservation de l’intimité, exposent les personnes détenues à des tensions constantes et alimentent un climat de violence que l’administration pénitentiaire ne parvient plus à maîtriser.
Le CGLPL évoque également une situation particulièrement préoccupante concernant les mineurs détenus. Le quartier qui leur est réservé connaît lui aussi une suroccupation persistante, rendant impossible le respect de l’encellulement individuel. Les adolescents y sont maintenus dans des cellules dégradées, avec des toilettes insuffisamment cloisonnées et des conditions d’hygiène défaillantes. L’accès à l’éducation demeure très en deçà des obligations légales, certains jeunes ne bénéficiant que de quelques heures d’enseignement hebdomadaire, tandis que les activités éducatives et sportives restent limitées. Les contrôleurs du CGLPL signalent par ailleurs le recours à des fouilles intégrales systématiques, mises en œuvre dans des conditions soulevant de sérieuses questions quant au respect des garanties fondamentales applicables aux personnes mineures privées de liberté. Pour l’OIP-SF, ces constats révèlent l’impossibilité d’assurer la prise en charge spécifique et protectrice pourtant requise pour des adolescents incarcérés.
Des constats ni isolés, ni récents
Dès 2014, un rapport remis au ministère de la Justice dénonçait un « surencombrement chronique » générateur d’incidents et une insuffisance grave de la prise en charge sanitaire au centre pénitentiaire de Baie-Mahault. En 2015, le CGLPL décrivait déjà une prison où la violence dissuadait certaines personnes détenues de quitter leur cellule. En 2020, la Cour européenne des droits de l’homme condamnait la France dans l’arrêt J.M.B. c. France, jugeant que les conditions de détention notamment imposées à Baie-Mahault relevaient de traitements inhumains et dégradants.
En juin 2024, le tribunal administratif avait ordonné des mesures concrètes pour améliorer la situation. Plus d’un an après, certaines injonctions demeurent partiellement exécutées.
Par sa requête, l’OIP-SF demande au juge d’ordonner sans délai la réduction effective de la surpopulation carcérale, la suppression des matelas au sol, l’amélioration des conditions matérielles de détention, la prévention des violences et la garantie effective des droits fondamentaux, notamment pour les personnes mineures.
L’OIP-SF entend rappeler une nouvelle fois que la privation de liberté ne saurait en aucun cas justifier des conditions de vie contraires à la dignité humaine, et exiger du ministre de la Justice qu’il prenne les mesures d’urgence qui s’imposent pour assurer le respect des droits fondamentaux des personnes incarcérées.

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08.04.2026

La surpopulation carcérale s’est considérablement aggravée à la maison d’arrêt du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand où le nombre de détenus a atteint un record. Les matelas au sol ont été doublés pour que les détenus soient à trois par cellule de 9 m2 prévue pour deux personnes.
« Quand on arrive en dernier dans la cellule, on n’a pas le choix. On dort sur le matelas au sol. » Cette phrase est revenue à plusieurs reprises à l’occasion de comparutions immédiates au tribunal de Chalon-sur-Saône, quand la présidente interrogeait les prévenus sur leurs conditions de détention à Varennes-le-Grand. Placés en détention provisoire avant d’être jugés, ils étaient plusieurs à s’en plaindre à la même audience.
Il faut dire que le taux d’occupation à la maison d’arrêt* de Varennes-le-Grand a explosé. De 164,7 % au 1er mars 2025, il a atteint 182,1 % au 1er mars 2026. Du jamais vu à la maison d’arrêt qui a une capacité opérationnelle de 207 détenus mais qui en accueillait pourtant 377 au 1er mars. Au centre de détention*, la situation est moins tendue avec 178 détenus pour 191 places opérationnelles.

(…)

* La maison d’arrêt accueille les prévenus et les accusés en détention provisoire en attendant leur jugement et les condamnés à une peine d’emprisonnement inférieure à deux ans. Le centre de détention accueille les condamnés à plus de deux ans de prison.

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01.04.2026

Prisons françaises : 87 126 détenus, un nouveau record de surpopulation carcérale

(…)

Au 1er mars 2026, les prisons françaises comptent un taux d’occupation de 137,5 % pour 87 126 détenus, un niveau inédit. une hausse inscrite dans un contexte de surpopulation carcérale persistante, déjà dénoncée par plusieurs instances européennes.

(…)

Le nombre de personnes incarcérées a progressé de près de 5 000 en un an, soit une augmentation de 6,1 %. Dans le même temps, le parc pénitentiaire n’a gagné qu’environ 1 000 places supplémentaires, soit une hausse de 1,5 %. Un véritable écart qui accentue mécaniquement la pression sur les établissements, déjà confrontés à un manque de place et de capacités.

(…)

Le taux d’occupation global atteint désormais 137,5 %, traduisant une surpopulation généralisée. La situation est particulièrement marquée dans les maisons d’arrêt, où le taux d’occupation s’élève à 168,4%. Ces établissements accueillent notamment des personnes en attente de jugement, présumées innocentes, ainsi que des condamnés à de courtes peines.
La saturation du système se traduit par une augmentation du nombre de matelas installés au sol dans les cellules, faute de lits disponibles. Au 1er mars, 6 875 matelas étaient recensés, contre 4 580 un an plus tôt, soit une progression de 50 %.
Par ailleurs, 29 établissements affichent un taux d’occupation égal ou supérieur à 200 %, ce qui signifie que deux détenus, voire davantage, partagent une place prévue pour une seule personne. Certaines zones apparaissent particulièrement touchées, notamment la région parisienne (+161,3%), la région toulousaine (+154,8%) et les territoires d’outre-mer (+147,6%).
Surpopulation, insalubrité, violences… un système carcéral « au bord de l’explosion »
Dans un rapport publié fin janvier, le Conseil de l’Europe a alerté sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain », pointant la surpopulation, l’insalubrité et les violences. La France figure parmi les pays européens les plus concernés par la densité carcérale.

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29.03.2026

Selon l’ordonnance du juge des référés rendue le 13 mars, des efforts ont été faits à la maison d’arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont le taux de surpopulation atteint 213 %. Et nombre de mesures relèvent d’un « choix de politique publique ».
Trois semaines après la sanction disciplinaire infligée à un détenu parce qu’il a refusé l’arrivée d’un cinquième homme dans la cellule, un autre détenu de la maison d’arrêt de Nanterre se plaint des conditions de détention dans ce centre pénitentiaire surpeuplé des Hauts-de-Seine. Pas de procédure disciplinaire pour celui-ci, puisqu’il a attaqué l’État au tribunal administratif.
Par la voix de son avocat, Me Fabien Arakelian, cet homme incarcéré depuis juillet 2023 a demandé que soient ordonnées des mesures d’urgence censées améliorer les conditions de détention « alarmantes » dans cet établissement où le taux de surpopulation atteint 213 %, où 220 détenus dorment sur des matelas au sol, où les douches sont sales, les cafards à la fête, les cellules « vétustes et insalubres », ne comportant ni mobilier suffisant pour le nombre de détenus qu’elles hébergent ni cloisonnement des sanitaires, où le système électrique est « défectueux », l’aération dysfonctionnelle… Un tableau sinistre qui décrit « des conditions de détention indignes ».
« Circulez, y’a rien à voir »
Pour le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), aucune des mesures demandées par le détenu via son avocat ne peut être acceptée. Premier argument : le juge des référés ne peut ordonner des mesures d’urgence que si celles-ci lui « apparaissent de nature à sauvegarder, dans un délai de 48 heures, la liberté fondamentale à laquelle il est porté une atteinte grave », lit-on dans la décision. Deuxième argument : les demandes portent « sur les mesures structurelles et des choix de politique publique ».
En juin 2023 pourtant, le même tribunal administratif avait enjoint le ministère de la Justice de procéder à des travaux « sans délai », pour réparer les fenêtres cassées, les installations électriques… Sept mois plus tôt, le juge des référés avait rendu une ordonnance enjoignant le ministère de prendre huit mesures d’urgence.

(…)

Bref, « circulez, y’a rien à voir », s’étrangle Me Arakelian. « Le mandat de dépôt de mes clients ne mentionne pas qu’ils doivent purger leur peine dans des conditions indignes », grince l’avocat, promettant de « multiplier les saisines du tribunal administratif » pour le compte de ses clients. « C’est peut-être le moment de se reposer la question du mécanisme de régulation carcérale », exhorte le pénaliste.

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11.03.2026

« Les journalistes restent dehors », lui annonce la commandante Dubos. La raison : officiellement, les locaux seraient « assimilables à de la garde à vue (GAV) ».
À l’extérieur, l’observatrice associative échange avec nous un regard lassé : ce scénario se répète depuis des années, alors même qu’à l’exception de deux d’entre eux, les Algeco où sont quotidiennement enfermées des dizaines de personnes exilées ne relèvent pas du régime de GAV. « Ils jouent là‑dessus », glisse Agnès Lerolle, de la Coordination d’actions aux frontières intérieures (Cafi).

(…) Dans les préfabriqués, la température oscille, les matelas se posent à même le sol, et des hommes s’enroulent dans des couvertures de survie. « On traite comme des délinquants des gens qui n’ont commis ni crime ni délit »,

(…) Agnès Lerolle témoigne en outre d’une mécanique administrative qui fonctionne hors des radars : téléphones confisqués au mépris du droit, interprétariat expéditif, signatures de documents incompris, contrôles au faciès. En clair, la frontière franco‑italienne fonctionne comme un sas où les droits fondamentaux sont devenus optionnels. Un détail cristallise le fossé entre parole policière et réalité. La commandante assure qu’un représentant du Conseil départemental est « toujours présent » pour les mineurs isolés. Les bancs, pourtant, ce jour-là, sont bel et bien vides.

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02.03.2026

Cette surpopulation carcérale oblige 6 596 prisonniers à dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 un an plus tôt. La densité carcérale dépasse même les 200% dans 25 établissements pénitentiaires français.

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17.02.2026

Frédéric Grochain, militant indépendantiste Kanak, avait été emprisonné après les soulèvements populaires de juin 2024 en Kanaky. Comme 80 autres personnes, il avait été déporté dans une prison en métropole, loin des siens. Il n’avait pas vu sa famille depuis 2 ans. Dans un dernier élan d’irrespect à sa mémoire, l’État français n’a même pas daigné en informer ses proches, qui ont appris sa mort par hasard le 9 février, soit 3 jours après son décès.

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14.02.2026

En novembre 2024, neuf mois après son incarcération, un détenu de 24 ans se pendait dans sa cellule à la prison de Fresnes, l’une des plus insalubres de France. Sa mère, qui accuse l’administration pénitentiaire de « dysfonctionnements majeurs », a décidé de porter plainte.
Morgan A. avait été placé en détention provisoire pour des faits de nature sexuelle, le 20 février 2024. Le jeune homme, jusque-là inconnu de la justice, a subi un choc carcéral « très violent », selon Valérie, sa maman. « Il n’avait aucun antécédent psychiatrique à son entrée en prison. Pourtant, j’ai vu son état se dégrader très vite. Il se grattait partout à cause des punaises de lit. Comme il ne mangeait plus, il a commencé à beaucoup maigrir. Et il tremblait tout le temps », se souvient-elle, des larmes dans la voix.
Selon Antoine Ory, l’avocat de Valérie, le détenu aurait « déclaré, douze jours à peine après son incarcération, avoir des pensées tournées vers le suicide ».
« Détresse psychologique »
Le pénaliste décrit une « détresse psychologique » grandissante au fil des mois, au point que Morgan commette « deux tentatives de suicide par absorption massive de médicaments, en mars et en avril » – des faits que l’administration pénitentiaire aurait « ignoré » jusqu’à un « signalement » effectué par le juge d’instruction qui avait mis le jeune homme en examen.
« Après ces deux TS, Morgan aurait dû faire l’objet d’une attention particulière et d’un suivi médical renforcé. Il n’en a rien été », dénonce Me Ory. Il faudra attendre le mois d’août, et des « menaces proférées par des codétenus », pour qu’un placement au quartier spécialement adapté (QSA), réservé aux prisonniers fragiles, soit décidé.
Un traitement lourd, mêlant « antipsychotiques, anxiolytiques, antidépresseurs et antiépileptiques », est mis en place fin octobre. Quelques jours avant un retour en détention ordinaire, « sans l’attention particulière ni la surveillance que son état exigeait pourtant ».
« J’ai tout fait pour le raccrocher à la vie »

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18.01.2026

Prisons saturées, psychiatrie en crise, rétention toujours plus carcérale : jamais autant de personnes n’ont été enfermées en France. Pour Dominique Simonnot, la situation se dégrade et l’humiliation est devenue la norme derrière les murs.

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15.01.2026

C’est la neuvième fois depuis 2013 que la France est condamnée par la CEDH pour les conditions de vie dans ses prisons, a précisé à l’AFP Patrice Spinosi, l’avocat qui a porté ces dossiers avec l’Observatoire international des prisons (OIP). Au total, ces arrêts concernaient 42 détenus, mais « ce n’est que la partie émergée de l’iceberg » car seule une minorité des personnes concernées ont « l’énergie et le temps » pour saisir la justice, jusqu’au Conseil d’Etat et à la CEDH, afin de dénoncer leurs conditions de détention, a souligné l’avocat.

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03.01.2026

La surpopulation carcérale est particulièrement forte en Île-de-France. La densité carcérale atteint 160,5%, le taux le plus élevé de France.

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02.01.2026

Au 1er décembre, 86 229 personnes étaient incarcérées, selon des données publiées ce vendredi 2 janvier 2026 par le ministère de la Justice.

(…) Au total, 104 380 personnes sont écrouées dans l’Hexagone, alors que 23 097 sont des « prévenus », c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas encore été condamnées mais qui sont placées en détention provisoire dans le cadre d’une mise en examen, par exemple.

(…) L’Hexagone figure parmi les mauvais élèves en Europe, en troisième position derrière la Slovénie et Chypre, selon une étude publiée en juillet par le Conseil de l’Europe.

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19/12/2025

Nous subissons ici deux fouilles intégrales par semaine, ainsi que des fouilles de cellule, alors même que nous ne voyons personne du fait de notre isolement. Les fenêtres sont quadruplement grillagées — barreaux, caillebotis, double maillage — ce qui rend l’air absolument irrespirable dans les cellules.

Mais ce qui me pèse le plus, au-delà des conditions matérielles, c’est la dérive arbitraire de l’administration pénitentiaire. Aujourd’hui, j’ai été entendu dans le cadre d’un « débat contradictoire » — qui n’a de contradictoire que le nom — à propos d’une proposition de la direction interrégionale visant à me placer au Quartier d’évaluation de la radicalisation (QER). La décision sera prise par eux, et le plus grave est que les documents cités pour motiver cette mesure, issus de la procédure, ne me sont pas accessibles, malgré mes demandes répétées.

Imagine-t-on un procès en cour d’assises où l’avocat général accuserait et jugerait sur la base d’éléments dont l’accusé et son avocat n’auraient même pas connaissance ? L’Ancien Régime n’est manifestement pas encore aboli dans le pays de l’administration pénitentiaire.

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13/12/2025

Dans tous les lieux de privation de liberté, il existe des espaces de « surenfermement » : quartiers d’isolement et quartiers disciplinaires en prison, chambres de mise à l’écart en centre de rétention administrative (CRA), chambres d’isolement à l’hôpital psychiatrique. Les conséquences néfastes de l’isolement sur la santé psychique ou physique sont connues.

(…) Si les mesures d’isolement sont réévaluées tous les trois mois par l’administration pénitentiaire, il n’y a, en France, pas de limite de durée.

(…) Stress, troubles de l’appétit, sursensibilité, insomnies, troubles de la concentration, perte du sens de la réalité, rumination, confusion, perte de contrôle, paranoïa, dépression, hallucinations, idées suicidaires, psychose… Les conséquences de l’isolement, listées par les contrôleuses, font froid dans le dos.

(…) L’association pour la prévention de la torture observe que lorsque l’isolement se prolonge au-delà de quinze jours, ces troubles psychologiques peuvent être irréversibles, même si la personne en sort. 

(…) Les suicides et les tentatives de suicide sont fréquents. Selon une étude de Santé publique France publiée en janvier 2025, à âge égal, le risque de suicide est dix fois plus élevé en prison qu’en population générale chez les hommes et quarante fois plus chez les femmes. En quartier disciplinaire, il est encore quinze fois plus élevé que dans une cellule ordinaire, selon un rapport de 2024 sur la discipline en prison, publié par l’Observatoire international des prisons (OIP).

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05/12/2025

Surpopulation carcérale. Nuits froides. Manque d’activité. Dépressions. Dans une lettre adressée à la rédaction d’Ouest-France, un prisonnier du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin (Ille-et-Vilaine) décrit ses conditions de détention. Un aperçu à travers les barreaux, alors que cette prison est frappée par une vague de décès sans précédent.

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29/11/2025

En 2025, la surpopulation dans les maisons d’arrêt, où sont incarcérés 70 % des détenus, a atteint des niveaux inégalés. Dans les cellules de 9 m² peuvent s’entasser jusqu’à quatre personnes, entre promiscuité, indignité et vulnérabilité.

(…) Pourtant, le droit à l’encellulement individuel est prévu par la loi depuis 1875, mais il n’est toujours pas appliqué, sans cesse repoussé par le jeu des moratoires.

(…) Une surpopulation qui « gangrène l’ensemble des droits fondamentaux, dénature le sens de la peine et est le berceau de violences de plus en plus fréquentes »

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27/11/2025

C’est un cri d’alarme récurrent, marquant, inquiétant. Il n’est pas fait que de chiffres froids et désincarnés, mais de témoignages précis. Les conditions de détention au sein de la maison d’arrêt d’Angers ne s’améliorent pas et Claire Demain, dermatologue de l’établissement depuis 27 ans, en est témoin.  » Ce séjour qu’on inflige aux détenus ne peut qu’attiser une haine sociétale chez eux. « 

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07/11/2025

C’est un document au vitriol. Publié jeudi 6 novembre, un rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) pointe de « nombreux dysfonctionnements entraînant des atteintes graves aux droits des personnes qui sont privées de liberté » dans les locaux de la police aux frontières (PAF) de Montgenèvre, entre la France et l’Italie.

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01/11/2025

Au 1er octobre 2025, le nombre de détenus dans les prisons françaises est de 84 862 pour 62 501 places opérationnelles, un chiffre en légère hausse par rapport à celui enregistré au 1er septembre (84 311), selon des données du ministère de la justice publiées vendredi 31 octobre. La densité carcérale est donc de 135,8 % et, en un an, le nombre de détenus a augmenté de 5 231.

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30/10/2025

Pas d’eau chaude, pas d’électricité le soir, des cabines téléphonique défaillantes parfois durant plusieurs jours…

(…) L’accès à la cabine téléphonique est très onéreux en prison : jusqu’à 120 euros par mois pour 20 minutes d’appel quotidien vers des portables.

(…)

« On envoie de l’argent pour pouvoir se parler et conserver un minimum de liens familiaux, mais ça ne marche qu’une fois sur deux. Il nous arrive de passer trois jours sans pouvoir se donner de nouvelles car la cabine est défectueuse, et personne n’intervient », déplore l’épouse d’un détenu.

Une situation d’autant plus délicate lorsque des enfants entrent dans l’équation. « Pour nous, c’est déjà dur à gérer en tant que mari et femme. Mais c’est tellement pire pour notre fils. Il n’a rien demandé et se retrouve privé plusieurs jours durant d’un contact vocal avec son père. Il attend un appel qui n’arrive pas. »

Si les détenus sont habitués à subir des fouilles, ils dénoncent en revanche des « opérations démesurées et récurrentes » de la part des équipes locales de sécurité pénitentiaire (ELSP).

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30/10/2025

 

Alors qu’au cours des douze derniers mois, six établissements pénitentiaires ont déjà été condamnés en référé pour leurs conditions de détention dégradantes, une nouvelle procédure de référé-liberté vise cette fois le centre pénitentiaire de Saint-Étienne-La Talaudière.

(…)

Or, malgré la rénovation d’une partie des locaux, les personnes détenues demeurent soumises à des conditions de vie attentatoires à la dignité humaine

(…) Ils pointent la vétusté du quartier femmes, ainsi que d’une partie du quartier hommes (douches collectives insalubres, toilettes non suffisamment cloisonnées, fenêtres détériorées qui ne garantissent pas l’isolation thermique des cellules, murs rongés par l’humidité, etc.).
Ils dénoncent également un état d’insalubrité répugnant : des cours de promenade saturées de déchets, des espaces de circulation empestant l’urine de rats, des salles d’attente de l’unité sanitaire dont les murs sont souillés de traces d’urine et autres déjections séchées, ou encore des traces d’excréments dans les toilettes vétustes des cellules du quartier disciplinaire. L’état des équipements électriques dans certaines cellules fait courir des dangers supplémentaires, tout comme l’absence de système d’alarme dans les douches collectives, dans un contexte de violence alimenté par la suroccupation des locaux.
Car, dans cette prison, comme ailleurs, la surpopulation explose.
Au 1er septembre 2025, on comptait 425 personnes incarcérées pour 263 places – un taux d’occupation de 161,6%, nécessitant de faire dormir plusieurs dizaines de personnes incarcérées sur des matelas posés à même le sol, parfois à proximité immédiate des toilettes, dans des cellules exigües.

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25/10/2025

 

La Maison d’arrêt d’Angers est pleine à craquer. Au mois d’octobre 2025, le cap jamais franchi des plus de 500 détenus a été dépassé à plusieurs reprises. Une situation qui dégrade fortement les conditions de vie des détenus et génère des tensions. Au 24 octobre 2025, 58 cellules de 9 m² étaient triplées, avec un matelas au sol.

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21/10/2025

Depuis le mois de janvier 2025, le centre pénitentiaire de Guyane (CPG) connaît une vague de décès sans précédent. Selon les chiffres communiqués par la presse, neuf détenus seraient décédés, dont cinq suicides *.

(…) À cette surpopulation insoutenable s’ajoutent des conditions matérielles indignes : locaux insalubres et vétustes, dysfonctionnements sanitaires, prolifération de nuisibles, manque de lumière et d’aération. La prise en charge médicale est plus que médiocre. Pour exemple, aucun dentiste n’est intervenu au centre pénitentiaire pendant plusieurs années. Les détenus font des demandes multiples qui n’aboutissent que rarement pour rencontrer un psychologue ou un psychiatre. L’absence d’activités éducatives ou professionnelles, notamment pour les adultes et les mineurs de plus de 16 ans, entretient un climat de désœuvrement. Dans ce contexte, les violences se sont presque multipliées par deux en deux ans, aggravant encore la tension et le désespoir au sein de la détention.

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17/10/2025

Dans l’établissement pénitentiaire Camp-Est, en Nouvelle-Calédonie, se mêlent un problème de surpopulation et l’incurie d’installations vétustes ou dégradées. Un référé-liberté a été déposé, vendredi 17 octobre, pour dénoncer un « traitement inhumain et dégradant ».

(…) Au Camp-Est, un surnom hérité du bagne, un agrégat de quelques bâtiments d’époque, mités, tient encore debout. Mais les aménagements les plus récents sont tout aussi problématiques : c’est dans d’anciens conteneurs maritimes que sont logés la plupart des détenus.

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15/10/2025

Surpopulation carcérale, prolifération de cafards, rats ou punaises de lits… Dans un avis publié mercredi, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, dénonce des conditions « indignes ».

(…) De nombreux établissements pénitentiaires sont d’une « vétusté préoccupante », qui concourt à maintenir un « très grand nombre de personnes détenues dans des conditions indignes, attentatoires à leurs droits fondamentaux », met en garde la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, critiquant « l’inertie de l’Etat ».

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15/10/2025

Le taux d’occupation de la maison d’arrêt de Laval (Mayenne) est ce mercredi 15 octobre 2025 de 239 %, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis longtemps.

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01/10/2025

Connue pour être l’une des prisons les plus surpeuplées de France, la maison d’arrêt de Béthune vient de passer la barre des 400 détenus pour 180 places.

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12/09/2025

Extrait

C’est un nouveau record en France.

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09/09/2025

Extraits

(…) cellules sales, aux peintures « tachées, noircies et en très mauvais état », avec du « salpêtre et autres traces d’humidité » présents en partie basse. Le carrelage est « vétuste », les joints « noircis ». Les toilettes, séparées par une simple « porte en bois de type saloon » n’offrant aucune intimité, sont dans un état « vétuste et encrassé », sans abattant ni brosse. Les lavabos sont sales, les robinets vétustes et l’eau chaude est absente.
Le mobilier n’est pas en reste. Les lits métalliques sont « oxydés, écaillés et en mauvais état », les matelas qualifiés de « sommaires ». Les réfrigérateurs, « en très mauvais état », sont sales à l’intérieur, et leurs parties congélateurs sont complètement gelées par le givre, les rendant inutilisables. Les ventilateurs, bien que fonctionnels, sont « recouverts de salissures et totalement rouillés ». Les branchements électriques sont « sommaires et à nu : ils sont dangereux et pendent dans le vide ». (suite…)

08/09/2025

Extrait

Ces derniers mois, trois prisons françaises – Saint-Martin de Ré, Seysses et Limoges – ont déjà été condamnées pour indignité des conditions de détention. Aujourd’hui, c’est au tour de la maison d’arrêt d’Angers d’être visée par deux référés-liberté*. Face à l’accumulation de constats accablants et à l’absence de réponses concrètes de la part de l’État, ce recours vise à contraindre les autorités à agir immédiatement pour faire cesser des atteintes manifestement illégales et graves aux droits fondamentaux des personnes détenues.

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08/09/2025

J’ai constaté des travaux effectués dans les parties extérieures de l’établissement en juillet, ce qui, à mon sens, n’est pas une priorité au vu de l’état déplorable des cellules.
L’insalubrité est liée à l’humidité, aux nuisibles, au froid ou à la chaleur, avec des fenêtres cassées jamais remplacées.
L’état de santé des détenus est déplorable, avec des virus qui circulent sans possibilité de soins, faute d’une véritable prise en charge médicale.
Il y a régulièrement des détenus qui meurent des violences subies, car aucune intervention du personnel n’a lieu : ils sont livrés à eux-mêmes et non protégés des risques encourus.

(…) On les change souvent de cellule, presque toutes les deux semaines, avec les arrivées et les sorties de détenus.
Le choc carcéral est difficile à vivre au quotidien ; cela rajoute à leurs conditions déjà indignes une instabilité constante.

(…) Il y a régulièrement de graves intoxications alimentaires avec la nourriture servie aux détenus ; les normes d’hygiène ne sont pas respectées.

(…) Mon mail témoigne de mon désarroi face au constat de tant de dysfonctionnements et de maltraitances envers des êtres humains !
Pendant encore combien d’années cela va-t-il durer malgré la condamnation de cette prison devant le tribunal administratif et les rapports de visite qui font déjà état de ce constat alarmant des conditions carcérales ?

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01/09/2025

Extrait

« Le premier problème important qui est souligné par tout le monde, c’est la rupture avec les liens familiaux », explique l’avocate. « On les a déplacés et parfois plusieurs centaines de kilomètres les séparent de chez eux. On leur interdit les parloirs et on leur coupe la possibilité d’appeler quand ils le souhaitent »

(…) « La prison ultra sécuritaire ne sert à rien »

(…) Les conventions internationales, « notamment la Convention européenne des droits de l’homme aujourd’hui ne sont pas respectées »

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29/08/25

Extrait

Hygiène à l’abandon, pratiques disciplinaires indignes, bâti dégradé, manque de personnel : les conditions de détention des mineurs à La Valentine, près de Marseille, sont si dramatiques que la Contrôleure générale des prisons en demande la fermeture urgente.

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24/08/2025

Extrait

Près de deux mois après la mort d’un détenu dans l’incendie de sa cellule, reportage à la maison d’arrêt de Strasbourg. Un lieu de détention vétuste où le taux d’occupation était de 179 % pour les hommes en 2024.

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13/08/2025

Extrait

Aucun souffle d’air ou presque dans cette cellule de 9 m 2 où deux détenus gèrent la chaleur caniculaire comme ils le peuvent.

 

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07/08/2025

Extrait

« les murs retiennent la chaleur, on étouffe. […] On ne sort presque plus en promenade, pas parce qu’on n’en a pas besoin, mais parce qu’on a peur de s’écrouler sous le soleil. » témoignait une personne détenue

 

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01/08/2025

Extrait

Cela représente un taux d’occupation carcéral global de 135,9 % qui dépassait même les 200 % dans 29 établissements ou quartiers pénitentiaires et 150 % dans 68 autres. La densité carcérale atteint 167 % en maison d’arrêt, où sont incarcérés les détenus en attente de jugement, donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines.

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PRISON : DES DÉTENUS DE BOIS-D’ARCY SAISISSENT LA JUSTICE POUR DÉNONCER UN « CLIMAT DE VIOLENCE »

SUD OUEST


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Extrait

Dans leur requête, ils pointent une réponse inadéquate voire inexistante aux violences entre codétenus, mais aussi à celles imputées à des surveillants. Les plaignants accusent également certains agents de « manquements graves à la déontologie » : réveils nocturnes, refus arbitraires de douche, jets de courriers, insultes et menaces.

(suite…)
« NOUS, ON A FAIT LES PIRES PRISONS, MAIS LÀ, ILS SONT FOUS ! » : À FRESNES, LA MUTINERIE DES « ISOLÉS »

Le Monde


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Extrait

Dans le centre pénitentiaire du Val-de-Marne, le 13 mai, après leurs « promenades » dans d’étroites cours individuelles, cinq détenus mêlés à des affaires criminelles ont refusé de rejoindre leurs cellules. Au cœur de leurs doléances : leurs conditions de détention.

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PRISON DE TOULOUSE-SEYSSES : « L’INDIGNITÉ DES CONDITIONS DE DÉTENTION » RECONNUE PAR LA JUSTICE

actu.fr


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Extrait

« Alors que cette alerte n’a suscité aucune réaction de la part du ministre de la Justice, la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP-SF) et l’A3D (association d’avocats pour la défense des droits des détenus, NDLR) ont saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse », avaient indiqué ces organisations le 16 juillet, dénonçant des « conditions de détention inhumaines et dégradantes ».

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EAU PAYANTE ET PROMENADES EN PLEIN SOLEIL : L’ENFER ESTIVAL DANS LES PRISONS

Reporterre


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Extrait

« des cafards et des rats omniprésents, des sanitaires cassés, remplacés parfois par des seaux ou dissimulés derrière des rideaux improvisés. Le mobilier est vétuste et insuffisant, forçant les personnes détenues à vivre, manger et dormir dans des conditions de promiscuité extrême ».

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« CONDITIONS DE DÉTENTIONS INHUMAINES » À LA PRISON DE TOULOUSE-SEYSSES : LE JUGE DES RÉFÉRÉS SAISI

franceinfo:


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Extrait

La branche française de l’Observatoire international des prisons (OIP) annonce mercredi 16 juillet avoir saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse pour faire cesser des « conditions de détention inhumaines et dégradantes » au centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses.

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« EXPLOSION » DES TROUBLES PSYCHIQUES EN PRISON, COMMENT SORTIR DE L’IMPASSE…

santé mentale.fr


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Extrait

« Il faut presque tout renverser, changer de braquet dans la vision de ces prises en charge » ! Dénonçant une situation « intenable », connue et dénoncée depuis longtemps par les professionnels, un rapport parlementaire dresse un constant alarmant des besoins de soins de troubles psychiques en prison et émet cent propositions « pour sortir de l’impasse ».

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VIVRE LA CANICULE EN PRISON : ENTRE CHALEUR, INSALUBRITÉ ET ABANDON

OIP


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Extrait

Les douches collectives ne sont accessibles que trois fois par semaine, et l’eau y est brûlante : impossible de régler la température.
(…) La chaleur est accablante.
(…) Dans la cellule, c’est pire : les murs retiennent la chaleur, on étouffe. Il y a des cafards partout. On ne sort presque plus en promenade, pas parce qu’on n’en a pas besoin, mais parce qu’on a peur de s’écrouler sous le soleil. Je n’ai pas vu de malaise grave, mais certains co-détenus restent allongés toute la journée, épuisés. »
(…) À Bois d’Arcy, la canicule transforme l’enfermement en supplice.

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CANICULE : « ILS SONT MIS À L’ÉPREUVE »… DANS LES PRISONS FRANÇAISES, LES DÉTENUS SUBISSENT EUX AUSSI LES FORTES CHALEURS

20 minutes


Article de presse gratuit disponible

Extrait

Coup de chaud dans les prisons françaises. Alors que la canicule plane sur le pays, les prisonniers suffoquent derrière les barreaux. à 135 %. Celle-ci a dépassé les 200 % dans 22 établissements ou quartiers pénitentiaires.

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PLUS DE 84 000 DÉTENUS AU 1ER JUIN : LA POPULATION CARCÉRALE ATTEINT UN NOUVEAU RECORD

ouest france


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Extrait

La population carcérale atteint un nouveau record, avec 84 447 personnes détenues dans les prisons françaises au 1er juin 2025. Un chiffre supérieur à celui enregistré au 1er mai et qui constituait déjà un niveau inégalé, selon des données obtenues lundi 30 juin auprès du ministère de la Justice par l’Agence France-Presse (AFP).
Les prisons françaises comptaient 62 566 places au 1er juin, portant la densité carcérale au niveau national à 135 %. Celle-ci a dépassé les 200 % dans 22 établissements ou quartiers pénitentiaires.

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SOINS EN PRISON : « PARTOUT, NOUS CONSTATONS DE MULTIPLES DÉRIVES », ALERTENT DES MÉDECINS

La Croix


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Des médecins en prison témoignent d’une inquiétante aggravation des conditions d’accès aux soins pour les personnes détenues en France, qui vont jusqu’à la privation de soins. Une situation derrière laquelle elles identifient une véritable volonté politique.

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« IL DORT ASSIS AVEC UNE SERVIETTE HUMIDE »: À LA PRISON D’ANGERS, LES DÉTENUS SUBISSENT LA CANICULE

ouest france


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Extrait

« Il fait plus de 40 °C dans leur cellule, assure d’entrée Mélanie. Ils le savent car ils ont un petit thermomètre avec eux. »

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PLONGÉE DANS L’ENFER DE LA PRISON DE FRESNES : « ON EST ENCORE DANS LES ANNÉES 1800 »

Le Monde


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Très vite, Hatem a compris que Fresnes n’est pas une prison comme les autres, et que « la chose qui tape le plus sur le système », là-bas, ce n’est pas le bruit, mais l’insalubrité. L’invasion des punaises de lit lui était si insupportable qu’il essayait de dormir sur une chaise. Il respirait mal, à cause, croit-il, des moisissures maculant le mur de sa cellule. Les rats, vivants ou morts, étaient omniprésents dans les cours de promenade, ces « box à chevaux » de 45 mètres carrés, où peuvent s’entasser une vingtaine de détenus. A Fresnes, les rongeurs sont rois, repus des détritus jetés depuis les cellules. Fin 2023, un prisonnier a été hospitalisé dans un état grave après avoir contracté la leptospirose, la « maladie des rats », transmise par leurs urines.

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PRISON DE LA HONTE : ÉTAPE À NANTERRE

Observatoire Internationale des Prisons


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Deux fois plus de personnes détenues que de places, une insalubrité persistante… Les conditions de détention à la maison d’arrêt de Nanterre sont tout simplement indignes.

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HAUTE-CORSE : 13 DÉTENUS DE LA PRISON DE CASABIANDA DÉBOUTÉS DE LEUR DEMANDE D’INDEMNISATION POUR CONDITIONS DE DÉTENTION « INDIGNES »

corse matin


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Ils dénonçaient des conditions d’incarcération qui sont selon eux « dégradées », notamment des cellules jugées trop petites, le manque d’eau chaude ou encore l’absence de toilettes dans les cellules.

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« À SIX DANS DES CELLULES, ENFERMÉS 20 HEURES SUR 24, À DORMIR PARFOIS À MÊME LE SOL » : DES DÉTENUS DE LA PRISON D’AJACCIO DÉNONCENT LEURS CONDITIONS CARCÉRALES

franceinfo:


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« Nous dénonçons solennellement les conditions de détention inhumaines et dégradantes auxquelles nous sommes soumis au quotidien. »
(…) « Au-delà de l’enfermement, ce sont les atteintes à notre dignité et à nos droits fondamentaux qui deviennent insupportables, écrivent-ils. Aujourd’hui, nous faisons face à une privation croissante de moyens élémentaires pour maintenir un minimum de décence. »
Parmi les exemples cités par les détenus, figurent notamment « un accès restreint aux douches, limité à des horaires fixes, portant atteinte à [leur] hygiène personnelle », ou encore « la suppression des trois heures de promenade journalière ».
(…) « Aujourd’hui, nous sommes nombreux à vivre à six dans des cellules exiguës, enfermés 20 heures sur 24, parfois même à dormir à même le sol. Une grande majorité d’entre nous est en attente de jugement, donc présumée innocente », rappellent les auteurs du communiqué.

Mots clés
DES CONDITIONS ALARMANTES À LA PRISON POUR LES MINEURS DÉTENUS

FRANCE-GUYANE


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Extrait

Un rapport publié en mars 2025, dénonce la situation préoccupante des mineurs détenus du Centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly.

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PRISON DE SAINT-MARTIN-DE-RÉ. LE CONSEIL D’ÉTAT VALIDE LA FOUILLE À NU DES DÉTENUS

Révolution Permanente


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En décembre, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté la plupart des demandes des détenus portant sur l’« indignité de leurs conditions de détention ». L’administration pénitentiaire a contesté les faibles injonctions restantes dans le cadre d’un appel.

Mots clés
KANAKY – NOUVELLE-CALEDONIE : DANS L’OMBRE DE LA PRISON

OIP


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Extrait

Un taux d’incarcération record, des conditions de détention particulièrement indignes, une écrasante majorité de prisonniers mélanésiens… La prison en Kanaky-Nouvelle-Calédonie interroge les impasses de la politique carcérale française tout autant que les tensions de la société calédonienne. Du rôle central de l’enfermement dans l’histoire coloniale aux dizaines de prisonniers transférés dans l’Hexagone à la suite de l’insurrection de mai 2024, c’est un sujet brûlant qu’explore ce numéro de Dedans Dehors.

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CELLULES FRIGO, DOUCHES CRASSEUSES : UNE AVOCATE FAIT PLIER LA PRISON DE LA TALAUDIÈRE

LE PROGRÈS


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Extraits

Mais ils font également leurs besoins à deux mètres de la table où ils prennent leurs repas. Sans paravent.
(…) Il fait un froid glacial. Dehors, et dedans. Tout autour de la fenêtre, le mur est un gruyère. Un courant d’air gelé s’engouffre dans la cellule, à quelques centimètres des têtes de lit. Les détenus ont tenté de colmater avec des serviettes. Bricolage de fortune. Alors, certains sont allés plus loin. En saisissant la justice…
C’est inédit. Car les prisonniers ont longtemps craint de dénoncer officiellement leurs conditions de détention, par peur des conséquences.

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DES CONDITIONS DE DÉTENTION DÉGRADANTES À LA PRISON D’ARGENTAN ? LE CONSEIL D’ÉTAT TRANCHERA

ouest france


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Extrait

Écroué depuis 2013, cet homme a été transféré une bonne dizaine de fois depuis le début de son incarcération. Et il garde visiblement un très mauvais souvenir de son passage au centre de détention d’Argentan (Orne) entre août 2019 et janvier 2020 : estimant y avoir été confronté à « des conditions de détention inhumaines et dégradantes », il a saisi la justice.

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« PUNAISES DE LIT, TEMPÉRATURES EXTRÊMES EN CELLULE » À LA PRISON DE NÎMES : UN COLLECTIF DÉPOSE UN RÉFÉRÉ-LIBERTÉ ET ESPÈRE UNE AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE DÉTENTION

Midi Libre


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Extrait

L’Association des avocats pour la défense des droits des détenus et la Ligue des droits de l’Homme notamment ont cette fois-ci saisi la justice administrative.
Leur requête était examinée ce mardi 23 juillet par le juge de l’urgence au tribunal administratif de Nîmes.
Ils estiment qu’il y a urgence à agir, parce que plusieurs libertés fondamentales des détenus de la maison d’arrêt de Nîmes sont menacées, précisément en raison de leurs conditions de détention.

Mots clés
CONDITIONS DE VIE À LA PRISON DE BREST : LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF SAISI

ouest france


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Extrait

La maison d’arrêt de Brest (Finistère) est l’une des plus surpeuplées de France. Plusieurs organisations, dont le Conseil national des barreaux et la Ligue des droits de l’Homme, ont déposé un référé pour « faire cesser les atteintes aux libertés fondamentales » des détenus.

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« LES CONDITIONS DE DÉTENTION SONT INDIGNES À LA PRISON DE TARBES »: SIX ORGANISATIONS SAISISSENT LE TRIBUNAL ET SOLLICITENT UN « STOP ÉCROU »

LA DÉPÊCHE


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Extrait

Six organisations ont saisi le tribunal administratif de Pau en référé liberté, ce 17 juillet, suite au rapport accablant de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simmonot, qui a constaté de graves dysfonctionnements à la maison d’arrêt de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. Elles demandent qu’un « stop écrou » soit provisoirement ordonné.

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« ON N’A PAS DE PLACE POUR CIRCULER, IL N’Y A PAS DE COURANT D’AIR » : À LA PRISON DE NANTERRE, LA CRAINTE D’UNE SURPOPULATION SUPPLÉMENTAIRE LORS DES JEUX OLYMPIQUES

franceinfo:


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Extrait

« Regardez, monsieur, nos conditions de détention, il y a des rats de compagnie dans la cour et des cafards par terre ».

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EN OUTRE-MER, LA DOUBLE PEINE DES DÉTENUS FACE AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

franceinfo:


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Extrait

Tempêtes, inondations, vagues de chaleur, feux de forêt, mais aussi pollution ou gonflement des sols, l’association Notre Affaire à Tous dresse dans un rapport paru le 11 juillet un état des lieux de l’exposition des prisons française aux risques. Le constat est sévère : aucun des 188 établissements du pays n’est épargné. « La crise climatique est un incubateur d’inégalités et ses impacts, de plus en plus extrêmes, vont conduire à des violations massives des droits humains »

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LE MITARD : « UN DISPOSITIF AUSSI INHUMAIN QUE CONTRE-PRODUCTIF »

LE BONDY BLOG


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Extrait

Un dispositif « inhumain », « dégradant », « vide de sens » où « tous les travers de la prison y sont poussés à leurs paroxysmes ». Voici la description du mitard livrée par les rédacteurs de l’Observatoire International des Prisons (OIP).

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PRISONS MORTES, PRISONNIER.ÈR.E.S ENTERRÉ.E.S VIVANT.E.S

MARSEILLE INFOS AUTONOMES


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Extrait

24 heures sur 24 enfermé.e.s dans leurs cellules, pas de douche possible, activités annulées, libérations et permissions repoussées, promenades inexistantes, absence de cantines, distributions aléatoires de la gamelle et du pain, parloirs suspendus sans prévenir les proches y compris celleux arrivant d’autres villes, manque de soins médicaux, impossibilité de recharger le crédit du téléphone, audiences reportées pour éviter les transferts au tribunal, poubelles entassées dans les cellules, courrier bloqué.

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