27.07.2026

Déjà en 2023, l’OIP alertait sur les menaces, réprimandes, punitions et violences que des personnes incarcérées subissent en raison de leurs liens avec l’OIP. Trois ans plus tard, l’association reçoit encore chaque mois des signalements concernant de telles pratiques.
« Ils n’aiment pas que l’on vous contacte, car ils ne veulent pas que vous voyiez ce qu’il y a à l’intérieur », confie un homme à Poissy. Les personnes détenues peuvent joindre l’Observatoire international des prisons-section française par courrier ou par téléphone depuis trente ans. L’association les informe de leurs droits et les accompagne dans leurs démarches afin de les faire valoir. Leurs témoignages participent aussi à la mission de l’OIP de décrire de façon documentée la situation des prisons et d’alerter sur les dysfonctionnements relevés. L’OIP ayant été intégré au dispositif de téléphonie sociale en 2019, les personnes détenues peuvent appeler l’association de manière confidentielle et sans avoir à en demander l’autorisation préalable.
Régulièrement pourtant, plusieurs personnes détenues feraient l’objet de menaces ou de représailles par des membres de l’administration pénitentiaire en cas de contact avec l’OIP. Certaines, craignant d’en être victimes, n’osent pas nous saisir. En mars 2023, l’OIP avait déjà alerté sur ce phénomène qui perdure : une soixantaine de signalements ont été portés à la connaissance de l’association en 2024 et 2025, en provenance d’une quarantaine d’établissements différents. Malgré l’opacité du milieu carcéral et les difficultés que cela engendre pour vérifier l’exactitude de chaque alerte, leur volume suffit à établir la véracité et la récurrence de ces pratiques d’intimidation et de punition.
Intimider pour dissuader
En premier lieu, la crainte des représailles décourage des personnes détenues de contacter l’association. « Tout le monde vit dans la peur, personne ne veut appeler l’OIP depuis la prison car il y a un climat de crainte de représailles de l’administration pénitentiaire », dénonçait en 2024 une proche de personne détenue, s’exprimant au nom de plusieurs femmes incarcérées au centre pénitentiaire du Sud-Francilien. Un homme à la prison de Paris La Santé avouait lui aussi au printemps 2024 : « J’ai longtemps hésité avant de vous écrire, car ici tout le monde a peur d’être identifié comme ayant écrit à l’OIP. » Au centre de détention de Bapaume, « les gens doutent de la confidentialité des appels, personne ne veut appeler car ils ont peur », témoignait un autre homme à la même période.
Lorsque les personnes incarcérées se décident finalement à prendre attache avec l’OIP pour signaler un dysfonctionnement ou une atteinte à leurs droits, plusieurs d’entre elles insistent malgré tout sur leur volonté que l’association n’intervienne pas auprès de l’administration pénitentiaire car elles redoutent d’être identifiées et stigmatisées. En mai 2024, une femme a ainsi appelé l’OIP depuis une prison du Sud-Est de la France pour informer de son déclassement au travail consécutif à un arrêt maladie. Elle a précisé avoir « trop peur des représailles » et a demandé « de ne pas intervenir pour préserver ses permissions de sortie ». « Ils n’aiment pas quand je sollicite les associations, ils me le font comprendre, on se retrouve avec des bâtons dans les roues », témoignait en effet un homme détenu à Alençon-Condé-sur-Sarthe, durant l’hiver 2024. « Les surveillantes disent qu’il ne faut pas appeler l’OIP ou le Défenseur des droits sinon les personnes se font mal voir », indiquait une femme incarcérée à Rennes en mars 2025. « Quand on appelle, on est pris en grippe », déclarait également un homme à la maison centrale de Poissy en juin 2025.
Il arrive que les agents pénitentiaires menacent explicitement les personnes de répercussions sur le déroulement de leur détention. En décembre 2024, des agents du centre pénitentiaire de Nantes auraient prévenu un homme : « On est au courant de ton appel à l’OIP, on va pas te louper. » À Moulins-Yzeure, un homme se serait vu enjoindre : « Arrêtez de vous plaindre auprès de l’OIP, ou je vous déplace de cellule pour vous mettre avec un gros bras, rez-de-chaussée côté gauche, pour vous casser. » Ces intimidations pourraient aller jusqu’à menacer de sanctions disciplinaires. En janvier 2025, des surveillants de Maubeuge auraient lancé à un homme : « Voilà la petite pleureuse qui se plaint à l’OIP et au Contrôleur [général des lieux de privation de liberté (CGLPL)]. La prochaine fois que tu te plains à l’OIP, c’est trois semaines au trou. »
Enfin, les moyens de correspondance des personnes détenues avec l’OIP seraient parfois entravés : coupure temporaire des lignes téléphoniques, comme cela serait le cas à Val-de-Reuil, d’après des témoignages reçus au printemps 2024 ; courriers écrits par des personnes détenues et déchirés, ou non distribués pour ceux qui leur sont destinés, selon des personnes incarcérées à Lyon-Corbas et au Sud-Francilien.
Fouilles de cellules et punitions matérielles
Quand les personnes détenues échangent avec l’OIP, elles sont nombreuses à informer avoir fait l’objet de représailles, qui prennent différentes formes. Certaines subiraient plus fréquemment des fouilles de cellule : « J’en ai eu plusieurs dans la semaine », témoigne un homme à Poissy. Ou encore, « ma cellule a été fouillée à deux reprises le jour même où j’ai reçu votre courrier », raconte un autre à Villenauxe-la-Grande.
Par ailleurs, des personnes rapportent être victimes de punitions d’ordre matériel. C’est ainsi qu’en septembre 2024, une personne détenue à Vendin-le-Vieil racontait que des surveillants seraient entrés dans sa cellule avec un balai pour casser le carton faisant office de VMC – celle-ci étant absente – en lui disant « va te plaindre à l’OIP ». Trois mois plus tard, un homme à Paris la Santé expliquait que si le nom de l’OIP figurait sur l’envers du courrier, l’administration prenait des mesures de rétorsion, comme celles de lui refuser l’accès à une activité ou au culte. À Liancourt, un homme relatait en décembre 2025 : « On m’a coupé l’eau, on a pris ma plaque chauffante et coupé l’électricité, suite à notre appel, la veille. »
Ces pressions s’exerceraient également à l’encontre des personnes incarcérées qui contactent le Défenseur des droits et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Dès 2013, ce dernier avait dénoncé les sanctions infligées aux personnes détenues dites « procédurières » : « Le contrôleur général est convaincu que de nombreuses personnes craignent des représailles si elles le saisissent, voire en sont activement dissuadées », pouvait-on lire dans son rapport d’activité. Ce constat avait abouti à la création en 2014 d’un délit d’entrave : depuis, le fait de faire obstacle à la mission du Contrôle, en s’opposant aux visites ou à la communication de certains éléments, par des menaces et des représailles prises à l’encontre de toute personne en lien avec l’institution, relève d’une infraction[1]. Néanmoins, le phénomène a toujours lieu, « la majorité préfère ne pas contester la situation, car ils savent qu’ensuite ils en subiront les représailles », décrivait le CGLPL dans son rapport annuel d’activité de 2021. Le témoignage d’une femme au Sud-Francilien reçu en mai 2024 par l’OIP confirme que ces pratiques continuent : « J’ai écrit au CGLPL et au Défenseur des droits sur les humiliations que je vis au quotidien de la part des surveillantes. Les gradés ont pris mon courrier, l’ont lu et l’ont déchiré. »
Comble de la situation, une personne décrivait à l’OIP les représailles qui avaient suivi ses échanges avec l’association, concluant ainsi son courrier : « Il y a de grandes chances, à 95 %, que l’on me mène la vie dure pour ce courrier aussi. »
par Ana Bourreau-Ramos et Ysé de La Taille
Cet article est paru dans la revue de l’Observatoire international des prisons – DEDANS DEHORS n°129 – Adolescent•es incarcéré•es : une faillite collective
[1] Loi du 26 mai 2014 modifiant la loi du 30 octobre 2007 instituant un Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL).

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29.06.2026

Au cours de sa vie, Nagui a été victime de racisme à plusieurs reprises. Et l’animateur de 42 ans a rapporté une scène particulièrement glaçante avec un policier…

(…)

Victime d’un contrôle au faciès par un policier, l’animateur de 64 ans se confie comme rarement

(…)

D’origine franco-italienne, le sexagénaire a toujours été très attaché à ses racines. Malheureusement au cours de sa vie, l’ex-compagnon de Marine Vignes. En 2019, dans l’émission Ça ne sortira pas d’ici !, Nagui avait révélé avoir subi un contrôle au faciès par un policier à l’âge de 16 ans.
« Il me rend mes papiers et là il me regarde et me dit : ‘Maintenant, je sais où tu habites sale bougnoule' »
« Il prend un carnet, il note mon adresse. Il me rend mes papiers et là il me regarde et me dit : ‘Maintenant, je sais où tu habites sale bougnoule’. Là, au moment où je vous le raconte, j’ai encore son visage en tête », a confié Nagui en évoquant cette scène d’une violence inouïe. Même à ce jour malgré sa notoriété et sa brillante carrière, le père de famille continue d’être la cible d’innombrables insultes racistes : « Je reçois toujours et encore aujourd’hui des lettres d’insultes, des lettres racistes, des ‘retourne dans ton pays’ et des ‘casse-toi’. Alors, c’est drôle parce que j’ai des ‘casse-toi sale Arabe, sale Juif, sale Musulman’. On ne sait pas trop ! ». À savoir qu’il y a bien des années, Ringo, l’ex-mari de la chanteuse Sheila, lui aurait refusé l’entrée de son restaurant à cause de ses origines arabes…

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29.06.2026

La police judiciaire, entrée par erreur chez un Compiégnois, cherchait un homme armé. «Ils ont défoncé la porte et l’un d’eux m’a frappé.»
«Ils se sont trompés de logement, de personne, et m’ont frappé», dénonce Anas Iben Ayad. Ce Compiégnois a porté plainte pour violences à son encontre de la part des forces de l’ordre. D’après nos informations, il s’agirait d’une intervention de la police judiciaire de Creil, pour du trafic de stupéfiants et d’armes.

(…)

Anas Iben Ayad dénonce les faits suivants. «Un policier m’a donné une claque au visage, une claque sur la bouche. Il m’a dit “ferme ta gueule” à deux reprises lorsque j’étais au, les mains derrière le dos. Ce policier m’a attrapé par la barbe et m’a menacé en ces termes. “Si je te croise dans la rue, je vais te taper et si tu n’arrêtes pas, on te ramène au poste”.»
«J’ai senti des pieds sur mon dos»
Les faits remontent au mardi 23 juin, entre 8h et 9h. «Je me trouvais dans mon lit, a expliqué le plaignant aux gendarmes de Choisy-au-Bac. J’ai entendu des explosions dans mon mur. Je me suis levé et j’ai constaté que ma porte d’entrée était entrouverte. Un policier m’a pointé avec son arme et m’a donné l’ordre de me mettre par terre. J’étais choqué, je me suis mis à genoux par terre. J’ai regardé derrière moi parce que j’avais peur. Les policiers ont continué à taper dans la porte pour rentrer.»
Anas Iben Ayad s’allonge à plat ventre et met ses bras dans le dos, «pour ne pas qu’ils me fassent mal». «Une fois par terre, j’ai senti des pieds sur mon dos, des policiers se sont dirigés vers la salle de bain pour vérifier la présence d’une autre personne. Je les entendais répéter “police, police”.» Informaticien à Paris, ancien de l’UTC, l’occupant était seul dans son logement.
«Ils cherchaient quelqu’un d’armé»
A terre, Anas Iben Ayad demande ce qui se passe aux deux policiers l’ayant menotté. «Un policier m’a donné une claque sur ma bouche en me disant “ferme ta gueule, ferme ta gueule !” puis une claque sur le visage. J’étais menotté… Pourquoi il me tapait ? J’avais pas droit à la parole.» Il n’a toujours pas de réponse, une fois que les policiers l’ont relevé sur une chaise. «Je me suis levé et ils m’ont fait assoir de force», décrit-il.
Ensuite, deux autres hommes entrent, habillés en civil. Ils se présentent en tant que policiers et lui demandent de se calmer. «Ils m’ont dit qu’ils cherchaient quelqu’un d’armé, reprend-il. ils m’ont demandé ma pièce d’identité. Je me suis levé pour aller la chercher. Les deux policiers qui me surveillaient m’ont poussé violemment sur la chaise.»
La porte cassée ? «Ça va vous faire rentrer de l’air»
Le porte-feuille du locataire est sur la table. Un des policiers en civil en sort le permis de conduire. «Quand il a vu mon identité, il a compris que je n’étais pas la personne recherchée, raconte Anas Iben Ayad. Il m’a demandé si je connaissais “Samir”. Je lui ai répondu que non, que ça fait deux ans que je réside dans ce logement, et que j’avais déposé un préavis de départ depuis deux semaines. Il m’a demandé si je connaissais une dame nommée Claire. Je lui ai répondu non.» Anas Iben Ayad se souvient seulement du nom de l’ancien locataire.
Le locataire s’adresse au policier en civil : «Vous avez gagné quoi ? Vous avez défoncé la porte et le mur.» Il lui aurait répondu «en rigolant», d’après la plainte : «Ça va vous faire rentrer de l’air…»
Alors qu’il a toujours les menottes, Anas Iben Ayad demande à boire de l’eau. «Il a pris une bouteille d’eau et il a renversé dans ma bouche», dénonce le plaignant.
«Il m’a attrapé par la barbe»
A ce moment-là, il n’y a plus que ce policier et le locataire. Anas Iben Ayad entend les autres policiers casser les portes des deux voisins. Ce n’était pas non le bon endroit, d’après lui…
Le policier qu’Anas Iben Ayad accuse d’une claque au visage revient. «Je lui ai demandé si c’était bien lui qui m’avait tapé et pourquoi, raconte-t-il. Il m’a regardé avec agressivité, s’est approché de moi, m’a tiré par la barbe et m’a dit “si je te croise dans la rue, je vais te taper… Et si tu n’arrêtes pas, on te ramène au poste”.»
Le plaignant dit avoir reculé pour qu’il lui lâche la barbe et l’avoir repoussé avec ses jambes. Ses collègues, derrière lui, l’auraient raisonné. «Il s’est retourné et il est sorti de l’appartement, reprend Anas Iben Ayad. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il savait que je n’étais pas la personne recherchée. Pourtant, ce policier a continué de me provoquer et m’a menacé. Je ne comprends pas son comportement.»
«Ils sont partis sans s’excuser»
Un policier en tenue lui retire les menottes, «très serrées», qui lui ont valu des «marques aux poignets».
Le plaignant a reçu une attestation d’information pour les dégradations causées lors de cette intervention. «Ils sont partis sans s’excuser», conclut Anas Iben Ayad. Celui-ci retient de cet épisode «le mauvais comportement du policier qui m’a agressé physiquement et menacé de violences dans la rue. Cela n’a aucun sens. Il a fait son boulot et la moindre des choses, c’est de s’excuser.»
Nous avons tenté de joindre la police judiciaire de Creil. Mais nous n’avons pas eu de réponse.

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09.06.2026

Un lycéen de 16 ans participant à la fête populaire de la CGT de Saint-Avold a été intimidé, bousculé et fiché par la police municipale samedi 6 juin. Son tort : avoir collé un autocollant sur son sac et porté des journaux de la Fédération anarchiste. Témoignage.
Samedi 6 juin, aux alentours de 22h30, la fête populaire de l’Union Locale CGT de Saint-Avold est finie depuis peu et les organisateurs remballent leur matériel. Un jeune lycéen de 16 ans qui participait plus tôt à la fête sort du CAC, le centre d’animation culturelle situé à côté de celle-ci. Il a en main un autocollant de La France Insoumise. Il le colle. Quelques secondes plus tard, une élue de la nouvelle majorité RN l’interpelle : « C’est interdit ». Le jeune s’excuse, décolle son autocollant, le place sur son sac à dos, et continue son chemin. Il se dirige vers la fête.
Deux minutes plus tard, une voiture de police municipale s’arrête à sa hauteur, devant un restaurant en face de l’événement. Un policier en civil en descend. « Il m’a demandé une pièce d’identité et m’a dit de le suivre. Il m’a attrapé par le bras en me faisant mal et m’a poussé contre la portière de la voiture », raconte le jeune.
Le policier lui ordonne de vider ses poches. Il saisit les autocollants, puis les journaux — des publications de la Fédération anarchiste. « Il appelle son collègue et lui dit qu’il a « chopé un jeune », mais qu’il n’est plus en service ». Le policier prend en photo la carte d’identité de la victime sur son téléphone. Puis il envoie par SMS l’ensemble de ses informations à un contact : nom, prénom, lycée, classe, numéro de téléphone, adresse. Un fichage en règle, sans aucun cadre légal.
« Il a commencé à prendre en photo mes stickers et mes journaux. Après il sort un autre téléphone, qui avait l’air beaucoup plus vieux, et reprend des photos de mes stickers et de ma pièce d’identité ».
Quand le policier repart, il conserve les autocollants et rend les journaux. « Il m’a dit que si je recommençais, ça pouvait être verbalisé ». Le jeune, choqué, rejoint la fête. Il n’a pas été verbalisé et n’a fait l’objet d’aucune procédure officielle. Il a simplement été plaqué, humilié, fiché.
Intimidations ciblées dans le contexte du bras de fer entre la mairie RN et la CGT
Ce témoignage confirme ce que les organisateurs de la fête dénonçaient dès samedi soir : les agents de la nouvelle mairie RN, qui avait tenté en vain d’empêcher l’évènement, ont passé la soirée à intimider des participants. Plusieurs jeunes présents aux abords de la fête ont été contrôlés et harcelés. Un militant CGT témoigne : « vers 17 heures j’ai vu deux jeunes visiblement mineurs se faire contrôler sur le parking de la fête, par un policier municipal et un national. Je leur ai demandé pourquoi ils contrôlaient ces jeunes participants à notre fête, et ils m’ont répondu de manière très agressive de m’éloigner ». Le syndicaliste ajoute « finalement, lorsque plusieurs camarades nous ont rejoint, les policiers ont laissé repartir les jeunes, qui nous ont remercié ».
Le mode opératoire est révélateur. Un policier qui n’est sans doute plus en service mais qui patrouille quand même. Un téléphone qui semble être personnel utilisé pour photographier des documents d’identité. Des informations transmises par SMS à un contact inconnu, en dehors de toute procédure légale. Bref, une police municipale qui agit avec zèle pour ficher et intimider des mineurs, et les décourager de tout engagement politique qui s’oppose aux autorités locales.
Une violence révélatrice
Cette scène de violence ordinaire est emblématique du projet politique de l’extrême droite : instaurer un climat de peur et d’arbitraire, où toute velléité d’opposition, même la plus modeste, est punie par l’intimidation physique et le fichage. Après avoir tenté d’interdire la fête de la CGT et avoir reculé sous la pression d’une campagne nationale, la mairie RN a choisi de criminaliser les participants eux-mêmes.
« Ces méthodes sont indignes. Elles sont le signe que le RN, une fois aux responsabilités, applique les recettes qu’il a toujours défendues : répression, fichage, harcèlement des opposants », a réagi Christian Porta, secrétaire de l’UL CGT. « Nous ne les laisserons pas faire. La fête a été un succès, nous ne nous laisserons pas intimider et encourageons la jeunesse à ne pas se laisser décourager d’exprimer ses idées. L’Union Locale CGT apporte tout son soutien aux jeunes intimidés ».
Samedi, à Saint-Avold, le RN a une nouvelle fois montré son visage : celui d’un pouvoir municipal qui répond au maintien de la fête par l’intimidation et la répression. Mais samedi, à Saint-Avold, le RN a aussi appris une leçon : il y a des travailleurs et des jeunes qui ne comptent pas se laisser faire, et qui comptent bien faire front à chaque attaque, chaque menace, pour défendre leur droit à débattre et à s’organiser.

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05.06.2026

Si des débordements ont eu lieu en France après la victoire en Ligue des Champions du Paris Saint-Germain, des policiers ont commis de nombreuses violences. Trois personnes dont deux mineurs auraient été grièvement blessés par des tirs de LBD.
Coup de sifflet. Lorsque le PSG remporte sa seconde étoile lors de la finale de la Ligue des Champions, ce samedi 30 mai, les scènes de liesse ont déjà rempli les rues de la capitale. À leur manière, les 8.000 policiers déployés à Paris par le ministère de l’Intérieur « pour contenir tout débordement » se sont joints à la fête. Aussi rapidement que le nombre croissant d’interpellations est venu rythmer la soirée des chaînes d’informations en continu, sont apparues sur les réseaux sociaux les premières images de comportements problématiques et accusations de violences illégitimes perpétrées par les forces de l’ordre.
Débordements et éborgnements
Surviennent ainsi les images d’un enfant de 13 ans qui maintient un épais bandage contre son œil. Du sang coule le long de son avant-bras pendant le trajet jusqu’à l’hôpital. Selon le député LFI de Seine-Saint-Denis Aly Diouara, l’enfant aurait été frappé par un tir de LBD tiré depuis un véhicule de police à Bobigny (93). À Fontenay-sous-Bois (94), un adolescent âgé de 14 ans aurait également été grièvement blessé au visage par un tir de LBD, a indiqué dans un communiqué le maire de la commune Jean-Philippe Gautrais (liste d’union de la gauche). L’élu précise : « Les médecins ont annoncé des conséquences permanentes sur sa vue ». L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie des deux affaires, ont fait savoir respectivement les parquets de Bobigny et de Créteil.
Sur le périphérique parisien, à la Porte Maillot, un rassemblement de motards au milieu duquel s’improvise un match de foot est délogé à grand renfort de grenades lacrymogènes tombant entre les véhicules. Près de la porte de Saint-Cloud, des motards passant à côté de policiers sont aspergés de lacrymogène.
Dans les jardins du Grand Palais dans le 8e arrondissement, malgré son brassard « Presse », le reporter Enzo Rabouy, 21 ans, est frappé d’un coup de matraque derrière la tête et s’effondre par terre. Le policier qui l’a violenté l’a « laissé inconscient au sol », précise-t-il sur X à l’appui des images. À Mediapart, il confie vouloir porter plainte.
Sur la place du Trocadéro, un jeune homme recroquevillé par terre est frappé de deux coups de matraque télescopique par un policier. Il n’est pourtant pas interpellé. À la place, en repartant, le même agent lui donne un violent coup de pied dans la tête. « Il voulait me matraquer car il m’a vu filmer », ajoute l’auteur de la vidéo, qui précise avoir reçu dans sa fuite, comme d’autres supporters, plusieurs coups dans le dos.
Enfin, juste de l’autre côté du pâté de maisons, rue Magdebourg, la vidéosurveillance d’un immeuble d’habitation montre une cinquantaine de supporteurs s’engouffrer dans la cour intérieure pour fuir, certains en suffoquant, un épais nuage de gaz lacrymogènes. Quelques minutes plus tard, trois policiers rentrent à leur tour en courant, matraques et LBD à la main, suivis de fonctionnaires de la BAC. L’un d’eux, cache-cou remonté jusqu’au nez, matraque immédiatement l’un des jeunes qui essaye de fuir. Un second, carrure de rugbyman, cagoule sur la tête et LBD en bandoulière, lui porte plusieurs coups de poing.
Alors qu’une première partie des personnes sortent, le même policier se poste devant le reste du groupe, et leur porte trois coups de poing au visage, tandis que son collègue enchaîne les coups de bâton. Aucune résistance n’est pourtant décelable de la part des supporters, dont plusieurs gardent les mains en l’air. De fait, aucune interpellation n’est réalisée par les agents. À la sortie de l’immeuble, « une haie d’honneur » policière les attend, depuis laquelle s’abattent des derniers coups de matraque, toujours filmés.
Sollicité par StreetPress, le service communication du parquet de Paris a indiqué avoir transmis ces images « à la section compétente » afin qu’elle puisse « ouvrir des enquêtes ». À ce stade, les magistrats font état de trois procédures mettant en cause des membres des forces de l’ordre à Paris. Deux concernent des mineurs de 14 et 17 ans dénonçant des violences lors de leur interpellation.
Sept fractures au visage
Mourad, 43 ans, n’a « rien vu arriver ». Ce soir-là, le quadragénaire descend d’Ermont (95) pour suivre le match dans le centre de Paris, à Châtelet avec deux amis. Il est vite pris dans l’ambiance. « C’était convivial, il y avait des papas, des mamans, des enfants », mais aussi « des jeunes qui faisaient des problèmes » se souvient Nasser (1). Vers 00h25, le trio essaye de partir par le Trocadéro pour remonter dans le Val d’Oise quand, devant le pont d’Iéna qui sépare l’esplanade de la Tour Eiffel, Mourad reçoit « un projectile » policier dans la tempe. L’impact lui provoque sept fractures autour de son œil droit. Sur le coup, Mourad ne comprend pas ce qui lui arrive. Nasser, lui, voit seulement son ami « se baisser », et couler « beaucoup de sang ». « Il était sous le choc, je ne le reconnaissais pas », indique Nasser, qui cherche alors des secours :
« Il y avait des pompiers sur le trottoir d’en face. J’ai couru pour demander de l’aide. Un policier avec son flashball est arrivé par derrière, m’a dit : “Dégage”. J’ai dit que mon ami avait l’œil crevé, il m’a insulté et m’a tiré dessus à deux mètres, sans me toucher. »
Le groupe est alors séparé par une charge. Mourad, le visage toujours « en sang », est lui aussi « envoyé balader » par les policiers positionnés sur le pont, qui le laissent « marcher pendant 40 minutes à chercher des secours ». « Ils ne m’ont pas laissé traverser. Ils m’ont dit : “Tu dégages”, “Casse-toi”. J’errais comme un animal, recouvert de sang », se souvient Mourad.
Il ne comprend la cause de sa blessure que lorsqu’une médecin des unités médico-judiciaires lui explique « que ça ne pouvait être qu’un tir de flashball, vu la puissance ». Sur les photos, son œil droit est tuméfié, et ne voit « plus rien ». À côté, sa tempe est marquée d’un large hématome rond, dessinant le « projectile » circulaire. Sous le choc, sa tête a aussi été « déformée ». L’homme présente des fractures des parois et du plancher de l’orbite jusqu’au « processus condylien », par laquelle est accrochée la mâchoire inférieure, lui ont expliqué les médecins. Son état nécessite « une opération qui va laisser pas mal de cicatrices ». Si son globe oculaire n’a finalement pas été touché, « il y aura peut-être des séquelles », craint-il, en plus des douleurs et « des migraines importantes », dont il souffre depuis samedi.
« La baffe que je vais te mettre va te faire saigner »
Max (1), 14 ans, a lui été interpellé à la « 61e minute du match » près du métro Jacques Bonsergent, dans le 10e arrondissement où il habite, pour avoir tiré des feux d’artifice, rapporte sa mère Paloma (1). Selon la plainte déposée par l’adolescent, pour le faire avouer sa possession du carton d’engins pyrotechniques, les policiers lui auraient « frappé violemment » la tête contre le carton, le faisant saigner du nez. Il s’en serait suivi des menaces, des remarques racistes et homophobes. Les agents, lui auraient lancé :
« Avec les rails de train que t’as sur les dents, je te promets que la baffe que je vais te mettre va te faire saigner. »
Pour justifier son interpellation, sur dénonciation d’une voisine, un policier lui aurait aussi déclaré : « Tu es le seul PD asiatique habillé en rose », rapporte-t-il dans sa plainte. « J’ai dit que je n’étais pas asiatique, on m’a répondu en mimant un accent », dénonce-t-il également. S’il n’a pas été poursuivi à cause d’une nullité dans le dossier, le parquet lui a notifié un avertissement pénal probatoire – qui a remplacé les « rappels à la loi » – accompagné d’heures de travail d’intérêt général.
Sollicitée ce vendredi 5 juin, la préfecture de police a accusé réception de notre demande et n’y a à ce stade pas donné suite.
(1) Le prénom a été modifié.

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21.02.2026

Soignée ce jour-là aux urgences de l’hôpital, la fonctionnaire de police a tenté de procéder à un contrôle d’identité, allant pour cela jusqu’à solliciter le soutien de ses collègues.

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28/11/2025

Le 20 novembre 2025, des policiers ont été mobilisés par le maire d’une commune d’Eure-et-Loir pour ramener le calme dans une école primaire. Trois agents ont débarqué dans la cantine pour demander aux enfants de mieux se tenir.

(…) Jugés « trop bruyants », les élèves ont eu droit à un sermon de trois agents pendant leur pause à la cantine. Pour les parents d’élèves, c’est inadmissible

(…) Les policiers auraient expliqué aux enfants « qu’aucun d’entre eux ne respectait les adultes, qu’ils faisaient trop de bruit et que s’ils continuaient, ils auraient affaire à eux ».

(…) Pour le groupement des parents d’élèves, la méthode est « incompréhensible ». Il affirme que « certains enfants sont rentrés perturbés chez eux, car ils auraient ressenti des menaces de policiers ».

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22/11/2025

Elle préfère ne pas porter plainte, ne pas déposer ni témoigner auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Car pour Camille, «la peur continue à prédominer face à l’institution policière» , explique-t-elle à Libération, jointe par téléphone. «Malheureusement, même si je porte plainte, je n’ai pas de preuves de ce qui s’est passé.» Cette militante «de longue date» des causes «écologistes, antiracistes et anticoloniales» accuse un policier de violences physiques et verbales à son encontre lors de sa garde à vue le 15 novembre dans les locaux du commissariat de Guilherand-Granges, en Ardèche.

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18/11/2025

Une plainte pour acte de torture et de barbarie a été déposée, mais l’IGPN n’a même pas été saisie du dossier.

(…) C’est une mère de famille traumatisée qui raconte aujourd’hui les violences injustifiables subies, le 12 septembre, par son fils Bilal1, 15 ans. « On était en plein emménagement dans notre nouveau logement, et je venais de quitter mon fils depuis quelques minutes, quand ma fille me lance : « Maman, maman, y a Bilal qui s’est fait tabasser par la police » », raconte Anissa*, 40 ans.

Le commissariat de la ville est tout proche, la mère de famille décide de s’y rendre pour en savoir plus. « C’est là que j’ai vu mon fils descendre du fourgon de police, complètement défiguré, en sang, on ne voyait même plus son visage.

 

 

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16/09/2025

Intimidations, menaces de garde à vue, bousculades : plusieurs témoignages pointent une attitude jugée agressive et disproportionnée de la part de policiers municipaux à Saint-Girons, en Ariège.

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PRISON DE BOIS-D’ARCY : UN GARDIEN ACCUSÉ DE FRAPPER LES DÉTENUS

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À 44 ans, il est accusé d’avoir frappé plusieurs détenus. Il a été entendu le mardi 24 juin 2025 par la Division de la criminalité territoriale des Yvelines, basée à Viroflay. L’affaire a éclaté suite à des plaintes de plusieurs prisonniers, neuf précisément.

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AU PROCÈS DE LA BRAV‑M : « J’AI HEURTÉ SON VISAGE AVEC MA MAIN »

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En 2023, deux étudiants avaient essuyé des insultes et des menaces, et même des claques pour l’un d’eux. À la barre, les policiers de la brigade motorisée ont minimisé les faits.

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