09.06.2026

Un lycéen de 16 ans participant à la fête populaire de la CGT de Saint-Avold a été intimidé, bousculé et fiché par la police municipale samedi 6 juin. Son tort : avoir collé un autocollant sur son sac et porté des journaux de la Fédération anarchiste. Témoignage.
Samedi 6 juin, aux alentours de 22h30, la fête populaire de l’Union Locale CGT de Saint-Avold est finie depuis peu et les organisateurs remballent leur matériel. Un jeune lycéen de 16 ans qui participait plus tôt à la fête sort du CAC, le centre d’animation culturelle situé à côté de celle-ci. Il a en main un autocollant de La France Insoumise. Il le colle. Quelques secondes plus tard, une élue de la nouvelle majorité RN l’interpelle : « C’est interdit ». Le jeune s’excuse, décolle son autocollant, le place sur son sac à dos, et continue son chemin. Il se dirige vers la fête.
Deux minutes plus tard, une voiture de police municipale s’arrête à sa hauteur, devant un restaurant en face de l’événement. Un policier en civil en descend. « Il m’a demandé une pièce d’identité et m’a dit de le suivre. Il m’a attrapé par le bras en me faisant mal et m’a poussé contre la portière de la voiture », raconte le jeune.
Le policier lui ordonne de vider ses poches. Il saisit les autocollants, puis les journaux — des publications de la Fédération anarchiste. « Il appelle son collègue et lui dit qu’il a « chopé un jeune », mais qu’il n’est plus en service ». Le policier prend en photo la carte d’identité de la victime sur son téléphone. Puis il envoie par SMS l’ensemble de ses informations à un contact : nom, prénom, lycée, classe, numéro de téléphone, adresse. Un fichage en règle, sans aucun cadre légal.
« Il a commencé à prendre en photo mes stickers et mes journaux. Après il sort un autre téléphone, qui avait l’air beaucoup plus vieux, et reprend des photos de mes stickers et de ma pièce d’identité ».
Quand le policier repart, il conserve les autocollants et rend les journaux. « Il m’a dit que si je recommençais, ça pouvait être verbalisé ». Le jeune, choqué, rejoint la fête. Il n’a pas été verbalisé et n’a fait l’objet d’aucune procédure officielle. Il a simplement été plaqué, humilié, fiché.
Intimidations ciblées dans le contexte du bras de fer entre la mairie RN et la CGT
Ce témoignage confirme ce que les organisateurs de la fête dénonçaient dès samedi soir : les agents de la nouvelle mairie RN, qui avait tenté en vain d’empêcher l’évènement, ont passé la soirée à intimider des participants. Plusieurs jeunes présents aux abords de la fête ont été contrôlés et harcelés. Un militant CGT témoigne : « vers 17 heures j’ai vu deux jeunes visiblement mineurs se faire contrôler sur le parking de la fête, par un policier municipal et un national. Je leur ai demandé pourquoi ils contrôlaient ces jeunes participants à notre fête, et ils m’ont répondu de manière très agressive de m’éloigner ». Le syndicaliste ajoute « finalement, lorsque plusieurs camarades nous ont rejoint, les policiers ont laissé repartir les jeunes, qui nous ont remercié ».
Le mode opératoire est révélateur. Un policier qui n’est sans doute plus en service mais qui patrouille quand même. Un téléphone qui semble être personnel utilisé pour photographier des documents d’identité. Des informations transmises par SMS à un contact inconnu, en dehors de toute procédure légale. Bref, une police municipale qui agit avec zèle pour ficher et intimider des mineurs, et les décourager de tout engagement politique qui s’oppose aux autorités locales.
Une violence révélatrice
Cette scène de violence ordinaire est emblématique du projet politique de l’extrême droite : instaurer un climat de peur et d’arbitraire, où toute velléité d’opposition, même la plus modeste, est punie par l’intimidation physique et le fichage. Après avoir tenté d’interdire la fête de la CGT et avoir reculé sous la pression d’une campagne nationale, la mairie RN a choisi de criminaliser les participants eux-mêmes.
« Ces méthodes sont indignes. Elles sont le signe que le RN, une fois aux responsabilités, applique les recettes qu’il a toujours défendues : répression, fichage, harcèlement des opposants », a réagi Christian Porta, secrétaire de l’UL CGT. « Nous ne les laisserons pas faire. La fête a été un succès, nous ne nous laisserons pas intimider et encourageons la jeunesse à ne pas se laisser décourager d’exprimer ses idées. L’Union Locale CGT apporte tout son soutien aux jeunes intimidés ».
Samedi, à Saint-Avold, le RN a une nouvelle fois montré son visage : celui d’un pouvoir municipal qui répond au maintien de la fête par l’intimidation et la répression. Mais samedi, à Saint-Avold, le RN a aussi appris une leçon : il y a des travailleurs et des jeunes qui ne comptent pas se laisser faire, et qui comptent bien faire front à chaque attaque, chaque menace, pour défendre leur droit à débattre et à s’organiser.

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05.06.2026

Si des débordements ont eu lieu en France après la victoire en Ligue des Champions du Paris Saint-Germain, des policiers ont commis de nombreuses violences. Trois personnes dont deux mineurs auraient été grièvement blessés par des tirs de LBD.
Coup de sifflet. Lorsque le PSG remporte sa seconde étoile lors de la finale de la Ligue des Champions, ce samedi 30 mai, les scènes de liesse ont déjà rempli les rues de la capitale. À leur manière, les 8.000 policiers déployés à Paris par le ministère de l’Intérieur « pour contenir tout débordement » se sont joints à la fête. Aussi rapidement que le nombre croissant d’interpellations est venu rythmer la soirée des chaînes d’informations en continu, sont apparues sur les réseaux sociaux les premières images de comportements problématiques et accusations de violences illégitimes perpétrées par les forces de l’ordre.
Débordements et éborgnements
Surviennent ainsi les images d’un enfant de 13 ans qui maintient un épais bandage contre son œil. Du sang coule le long de son avant-bras pendant le trajet jusqu’à l’hôpital. Selon le député LFI de Seine-Saint-Denis Aly Diouara, l’enfant aurait été frappé par un tir de LBD tiré depuis un véhicule de police à Bobigny (93). À Fontenay-sous-Bois (94), un adolescent âgé de 14 ans aurait également été grièvement blessé au visage par un tir de LBD, a indiqué dans un communiqué le maire de la commune Jean-Philippe Gautrais (liste d’union de la gauche). L’élu précise : « Les médecins ont annoncé des conséquences permanentes sur sa vue ». L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie des deux affaires, ont fait savoir respectivement les parquets de Bobigny et de Créteil.
Sur le périphérique parisien, à la Porte Maillot, un rassemblement de motards au milieu duquel s’improvise un match de foot est délogé à grand renfort de grenades lacrymogènes tombant entre les véhicules. Près de la porte de Saint-Cloud, des motards passant à côté de policiers sont aspergés de lacrymogène.
Dans les jardins du Grand Palais dans le 8e arrondissement, malgré son brassard « Presse », le reporter Enzo Rabouy, 21 ans, est frappé d’un coup de matraque derrière la tête et s’effondre par terre. Le policier qui l’a violenté l’a « laissé inconscient au sol », précise-t-il sur X à l’appui des images. À Mediapart, il confie vouloir porter plainte.
Sur la place du Trocadéro, un jeune homme recroquevillé par terre est frappé de deux coups de matraque télescopique par un policier. Il n’est pourtant pas interpellé. À la place, en repartant, le même agent lui donne un violent coup de pied dans la tête. « Il voulait me matraquer car il m’a vu filmer », ajoute l’auteur de la vidéo, qui précise avoir reçu dans sa fuite, comme d’autres supporters, plusieurs coups dans le dos.
Enfin, juste de l’autre côté du pâté de maisons, rue Magdebourg, la vidéosurveillance d’un immeuble d’habitation montre une cinquantaine de supporteurs s’engouffrer dans la cour intérieure pour fuir, certains en suffoquant, un épais nuage de gaz lacrymogènes. Quelques minutes plus tard, trois policiers rentrent à leur tour en courant, matraques et LBD à la main, suivis de fonctionnaires de la BAC. L’un d’eux, cache-cou remonté jusqu’au nez, matraque immédiatement l’un des jeunes qui essaye de fuir. Un second, carrure de rugbyman, cagoule sur la tête et LBD en bandoulière, lui porte plusieurs coups de poing.
Alors qu’une première partie des personnes sortent, le même policier se poste devant le reste du groupe, et leur porte trois coups de poing au visage, tandis que son collègue enchaîne les coups de bâton. Aucune résistance n’est pourtant décelable de la part des supporters, dont plusieurs gardent les mains en l’air. De fait, aucune interpellation n’est réalisée par les agents. À la sortie de l’immeuble, « une haie d’honneur » policière les attend, depuis laquelle s’abattent des derniers coups de matraque, toujours filmés.
Sollicité par StreetPress, le service communication du parquet de Paris a indiqué avoir transmis ces images « à la section compétente » afin qu’elle puisse « ouvrir des enquêtes ». À ce stade, les magistrats font état de trois procédures mettant en cause des membres des forces de l’ordre à Paris. Deux concernent des mineurs de 14 et 17 ans dénonçant des violences lors de leur interpellation.
Sept fractures au visage
Mourad, 43 ans, n’a « rien vu arriver ». Ce soir-là, le quadragénaire descend d’Ermont (95) pour suivre le match dans le centre de Paris, à Châtelet avec deux amis. Il est vite pris dans l’ambiance. « C’était convivial, il y avait des papas, des mamans, des enfants », mais aussi « des jeunes qui faisaient des problèmes » se souvient Nasser (1). Vers 00h25, le trio essaye de partir par le Trocadéro pour remonter dans le Val d’Oise quand, devant le pont d’Iéna qui sépare l’esplanade de la Tour Eiffel, Mourad reçoit « un projectile » policier dans la tempe. L’impact lui provoque sept fractures autour de son œil droit. Sur le coup, Mourad ne comprend pas ce qui lui arrive. Nasser, lui, voit seulement son ami « se baisser », et couler « beaucoup de sang ». « Il était sous le choc, je ne le reconnaissais pas », indique Nasser, qui cherche alors des secours :
« Il y avait des pompiers sur le trottoir d’en face. J’ai couru pour demander de l’aide. Un policier avec son flashball est arrivé par derrière, m’a dit : “Dégage”. J’ai dit que mon ami avait l’œil crevé, il m’a insulté et m’a tiré dessus à deux mètres, sans me toucher. »
Le groupe est alors séparé par une charge. Mourad, le visage toujours « en sang », est lui aussi « envoyé balader » par les policiers positionnés sur le pont, qui le laissent « marcher pendant 40 minutes à chercher des secours ». « Ils ne m’ont pas laissé traverser. Ils m’ont dit : “Tu dégages”, “Casse-toi”. J’errais comme un animal, recouvert de sang », se souvient Mourad.
Il ne comprend la cause de sa blessure que lorsqu’une médecin des unités médico-judiciaires lui explique « que ça ne pouvait être qu’un tir de flashball, vu la puissance ». Sur les photos, son œil droit est tuméfié, et ne voit « plus rien ». À côté, sa tempe est marquée d’un large hématome rond, dessinant le « projectile » circulaire. Sous le choc, sa tête a aussi été « déformée ». L’homme présente des fractures des parois et du plancher de l’orbite jusqu’au « processus condylien », par laquelle est accrochée la mâchoire inférieure, lui ont expliqué les médecins. Son état nécessite « une opération qui va laisser pas mal de cicatrices ». Si son globe oculaire n’a finalement pas été touché, « il y aura peut-être des séquelles », craint-il, en plus des douleurs et « des migraines importantes », dont il souffre depuis samedi.
« La baffe que je vais te mettre va te faire saigner »
Max (1), 14 ans, a lui été interpellé à la « 61e minute du match » près du métro Jacques Bonsergent, dans le 10e arrondissement où il habite, pour avoir tiré des feux d’artifice, rapporte sa mère Paloma (1). Selon la plainte déposée par l’adolescent, pour le faire avouer sa possession du carton d’engins pyrotechniques, les policiers lui auraient « frappé violemment » la tête contre le carton, le faisant saigner du nez. Il s’en serait suivi des menaces, des remarques racistes et homophobes. Les agents, lui auraient lancé :
« Avec les rails de train que t’as sur les dents, je te promets que la baffe que je vais te mettre va te faire saigner. »
Pour justifier son interpellation, sur dénonciation d’une voisine, un policier lui aurait aussi déclaré : « Tu es le seul PD asiatique habillé en rose », rapporte-t-il dans sa plainte. « J’ai dit que je n’étais pas asiatique, on m’a répondu en mimant un accent », dénonce-t-il également. S’il n’a pas été poursuivi à cause d’une nullité dans le dossier, le parquet lui a notifié un avertissement pénal probatoire – qui a remplacé les « rappels à la loi » – accompagné d’heures de travail d’intérêt général.
Sollicitée ce vendredi 5 juin, la préfecture de police a accusé réception de notre demande et n’y a à ce stade pas donné suite.
(1) Le prénom a été modifié.

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21.02.2026

Soignée ce jour-là aux urgences de l’hôpital, la fonctionnaire de police a tenté de procéder à un contrôle d’identité, allant pour cela jusqu’à solliciter le soutien de ses collègues.

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28/11/2025

Le 20 novembre 2025, des policiers ont été mobilisés par le maire d’une commune d’Eure-et-Loir pour ramener le calme dans une école primaire. Trois agents ont débarqué dans la cantine pour demander aux enfants de mieux se tenir.

(…) Jugés « trop bruyants », les élèves ont eu droit à un sermon de trois agents pendant leur pause à la cantine. Pour les parents d’élèves, c’est inadmissible

(…) Les policiers auraient expliqué aux enfants « qu’aucun d’entre eux ne respectait les adultes, qu’ils faisaient trop de bruit et que s’ils continuaient, ils auraient affaire à eux ».

(…) Pour le groupement des parents d’élèves, la méthode est « incompréhensible ». Il affirme que « certains enfants sont rentrés perturbés chez eux, car ils auraient ressenti des menaces de policiers ».

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22/11/2025

Elle préfère ne pas porter plainte, ne pas déposer ni témoigner auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Car pour Camille, «la peur continue à prédominer face à l’institution policière» , explique-t-elle à Libération, jointe par téléphone. «Malheureusement, même si je porte plainte, je n’ai pas de preuves de ce qui s’est passé.» Cette militante «de longue date» des causes «écologistes, antiracistes et anticoloniales» accuse un policier de violences physiques et verbales à son encontre lors de sa garde à vue le 15 novembre dans les locaux du commissariat de Guilherand-Granges, en Ardèche.

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18/11/2025

Une plainte pour acte de torture et de barbarie a été déposée, mais l’IGPN n’a même pas été saisie du dossier.

(…) C’est une mère de famille traumatisée qui raconte aujourd’hui les violences injustifiables subies, le 12 septembre, par son fils Bilal1, 15 ans. « On était en plein emménagement dans notre nouveau logement, et je venais de quitter mon fils depuis quelques minutes, quand ma fille me lance : « Maman, maman, y a Bilal qui s’est fait tabasser par la police » », raconte Anissa*, 40 ans.

Le commissariat de la ville est tout proche, la mère de famille décide de s’y rendre pour en savoir plus. « C’est là que j’ai vu mon fils descendre du fourgon de police, complètement défiguré, en sang, on ne voyait même plus son visage.

 

 

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16/09/2025

Intimidations, menaces de garde à vue, bousculades : plusieurs témoignages pointent une attitude jugée agressive et disproportionnée de la part de policiers municipaux à Saint-Girons, en Ariège.

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PRISON DE BOIS-D’ARCY : UN GARDIEN ACCUSÉ DE FRAPPER LES DÉTENUS

actu.fr


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À 44 ans, il est accusé d’avoir frappé plusieurs détenus. Il a été entendu le mardi 24 juin 2025 par la Division de la criminalité territoriale des Yvelines, basée à Viroflay. L’affaire a éclaté suite à des plaintes de plusieurs prisonniers, neuf précisément.

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AU PROCÈS DE LA BRAV‑M : « J’AI HEURTÉ SON VISAGE AVEC MA MAIN »

Les Jours


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En 2023, deux étudiants avaient essuyé des insultes et des menaces, et même des claques pour l’un d’eux. À la barre, les policiers de la brigade motorisée ont minimisé les faits.

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