07.05.2026

La famille d’un détenu retrouvé mort par suicide le 11 avril à la maison d’arrêt de Béthune a déposé plainte, dénonçant ses conditions de détention, a appris l’AFP, ce jeudi, auprès du parquet et de la famille. La plainte vise des faits de « conditions de détention indignes » et « manquements graves à la sécurité ». Le détenu de 31 ans était mis en examen pour tentative de meurtre.
Selon le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, le détenu était incarcéré dans une cellule présentant de « graves dysfonctionnements sanitaires », rendant « les conditions d’hygiène inacceptables », selon cette plainte. La famille dénonce aussi une cellule « sur-occupée » et un défaut de surveillance. Selon l’avocat de la famille, Me Charly Salkazanov, « plusieurs choses interrogent » dans cette affaire.
Des travaux à effectuer
« Les conditions de détention ont eu un impact sur son état physique et mental. C’est une victime collatérale de la surpopulation carcérale », a-t-il estimé. Par ailleurs, « les faits se seraient passés au quartier disciplinaire où les conditions de détention sont les pires, une sorte d’angle mort de la détention », a-t-il ajouté. Selon Étienne Thieffry, le détenu était seul dans une cellule du quartier disciplinaire au moment de sa mort, et l’autopsie « n’a pas mis en évidence » l’intervention d’un tiers.
Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte après son décès. Cette affaire intervient alors que le tribunal administratif de Lille, saisi par l’Observatoire international des prisons (OIP), a enjoint en avril à l’État d’effectuer des travaux en urgence dans cette maison d’arrêt vétuste et particulièrement touchée par le phénomène de surpopulation carcérale. Le juge des référés a notamment enjoint au ministère de la Justice d’effectuer des travaux permettant une « séparation effective » entre les sanitaires, non cloisonnés actuellement, et le reste des cellules, de nettoyer « de la moisissure sur les murs et plafonds », d’équiper des cellules en « mobilier de rangement » ou encore de réparer des fuites d’eau. Alors que sa capacité d’accueil théorique est de 177 places, la prison de Béthune affiche régulièrement un taux d’occupation de plus de 200 %.

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16.04.2026

Le lundi 20 avril à 14h, une audience devant le juge des référés du tribunal administratif de Lille sera consacrée à l’examen des conditions de détention dégradantes de la maison d’arrêt de Béthune. Saisi par l’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF), avec le soutien de l’Association des avocats pour la défense des droits des détenus (A3D), du syndicat des avocat•es de France (SAF), du Conseil national des barreaux (CNB) et de l’ordre des avocats au barreau de Béthune, ce dernier est appelé à prononcer des mesures d’urgence pour protéger les droits fondamentaux des personnes incarcérées dans cet établissement.
Ouverte à la fin du 19e siècle, la maison d’arrêt de Béthune est conçue pour accueillir 180 personnes. Elle en accueille aujourd’hui plus du double avec un taux d’occupation qui dépasse 200 %. La surpopulation est massive, chronique, et ses conséquences se font sentir à tous les niveaux : conditions matérielles, accès aux soins, sécurité, relations humaines.
Sur place, les constats sont sans ambiguïté.
Dans des cellules prévues pour une ou deux personnes, trois détenus cohabitent souvent dans un espace réduit à quelques mètres carrés par personne. L’intimité y est inexistante. Les sanitaires, séparés par un simple muret, restent exposés au reste de la cellule, si bien que les gestes les plus élémentaires du quotidien se font sous le regard des autres.
Dans ce contexte déjà intenable, les conditions matérielles aggravent encore la situation. Les bâtiments sont vétustes, dégradés, marqués par l’humidité, les moisissures, les pannes et les infiltrations. L’absence d’eau chaude en cellule, pourtant signalée depuis des années, perdure. Les nuisibles — punaises de lit, rongeurs — s’ajoutent à un environnement devenu insalubre.
Les espaces collectifs ne constituent pas une alternative. Ils prolongent la même indignité. Les douches sont vétustes, sans cloisonnement, parfois sans eau chaude suffisante. Les personnes détenues s’y lavent sans intimité, dans des conditions qui peuvent porter atteinte à leur santé. Les parloirs se déroulent dans des conditions de promiscuité qui rendent toute confidentialité illusoire. Les salles d’attente, exigües et dépourvues d’équipement, imposent des temps d’attente dans des conditions indignes pour les proches des personnes détenues.
Ces constats ne sont ni isolés ni nouveaux et ont été récemment confirmés, notamment, par les observations du député Ugo Bernalicis qui s’est rendu sur place ainsi que par une visite du bâtonnier de Béthune, sur lesquelles l’OIP-SF s’appuie pour fonder son recours. Dès 2018, en effet, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté décrivait déjà une surpopulation « endémique » et des conditions matérielles dégradées. Six ans plus tard, la situation n’a donc pas changé et s’est même aggravée.
Face à cette situation, l’OIP-SF et ses partenaires demandent au juge des référés d’intervenir sans délai pour protéger les droits fondamentaux des personnes détenues dans ces conditions indignes.

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01/10/2025

Connue pour être l’une des prisons les plus surpeuplées de France, la maison d’arrêt de Béthune vient de passer la barre des 400 détenus pour 180 places.

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