16.04.2026

L’altercation entre le jeune et un policier s’est déroulée au petit dépôt du tribunal, sous les yeux d’une avocate et d’une éducatrice, alors que le mineur était déféré pour un vol de portable. Le fonctionnaire a été condamné ce mercredi mais la défense dénonce un jugement trop clément.
Me Jacques Bourdais ne décolère pas. Ce mercredi 15 avril 2026, un policier comparaissait dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) au tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes (Essonne).
Le fonctionnaire, qui travaille au petit dépôt du tribunal, était accusé d’avoir exercé des violences sur un mineur de 15 ans ayant provoqué cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT). Le prévenu a été condamné à 500 euros d’amende, plus 600 euros au titre de la réparation du préjudice moral et 700 euros de remboursement des frais d’avocat de la victime. Le fonctionnaire a par ailleurs bénéficié d’une non-inscription de cette condamnation à son casier.
Un jugement qui révolteMe Bourdais, l’avocat de la partie civile : « Il n’a jamais reconnu les faits ! Il a nié pendant toute la procédure. Il a seulement concédé un geste disproportionné. Il ne s’est même pas excusé et a conservé son poste au petit dépôt. Ce jugement est une honte, c’est une perversion de la CRPC. Quelle image renvoie-t-on de la justice ? C’est ce qu’on nous prépare en criminel avec le plaider-coupable. »
Des violences commises devant une avocate et une éducatrice
Les faits remontent au 16 septembre dernier. Me Diana Chicheportiche, en tant qu’avocate de permanence, se trouvait au petit dépôt du .

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Alors qu’elle était présente, ainsi qu’une éducatrice, elle accuse un policier de s’en être pris violemment à l’adolescent.
« Le jeune avait un entretien avec son éducatrice, rembobine l’avocate. Puis, il a demandé un verre d’eau au policier. Ce dernier lui a répondu non et qu’il boirait après son entretien avec moi. Là, le jeune a tchipé (le tchip est un son de mépris d’origine africaine couramment utilisé par les jeunes). Ça a rendu fou le policier. Il lui a mis son front contre le sien en criant : Qu’est-ce qu’il y a ? Il l’a attrapé par le col, le jeune l’a injurié. Le policier l’a alors plaqué contre un mur, la main autour du cou. On lui a dit d’arrêter mais il nous a répondu qu’il n’avait pas à l’insulter. Il a fini par le lâcher. »

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L’avocate et l’éducatrice signalent alors au fonctionnaire qu’elles vont faire remonter ce qu’il vient de se passer. Durant toute la scène, deux autres policiers étaient présents.
« Il était choqué, en pleurs »
« Ils n’ont pas bougé regrette l’avocate. Ils ont même dit qu’ils témoigneraient en faveur de leur collègue. Le jeune n’était pas agressif. Il est connu pour des petits vols, pas pour des violences. Il était choqué, en pleurs. On sait que des policiers peuvent se montrer violents, mais devant nous ? C’est assez choquant. Surtout que là, on n’a pas affaire à un policier qui travaille sur Grigny dans des conditions difficiles et qui peut être excédé. Là, on est au tribunal. »
Une agression qui aurait laissé des traces physiques et psychologiques, selon l’adolescent : « J’avais des marques dans le cou, sur les coudes, dans le dos, le torse, plein de marques, c’était violent. Les premières semaines, je n’arrivais pas à dormir, j’étais traumatisé. »
« Cette violence, il n’avait jamais eu ça, souffle sa maman, ça m’a choquée. Il a un torticolis, il a raté deux semaines d’école, il fait des cauchemars. » La mère de l’adolescent avait déposé plainte à la gendarmerie le soir même des faits.

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