31.07.2026

Les prisons françaises battent un nouveau record de surpopulation avec 89 446 détenus au 1er juillet. La densité carcérale atteint 141,3 %, alerte une situation critique et persistante.
Les prisons françaises comptaient 89 446 détenus au 1er juillet, nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les statistiques officielles du ministère de la Justice consultées vendredi par l’AFP. Cela représente une augmentation sur un an de près de 4 495 détenus (+ 5,3 %). Alors que le nombre de places opérationnelles était au 1er juillet de 63 289 (1,2 % sur un an), celui de matelas posés au sol, faute de lits, s’est établi à 7 890, en hausse de 35,4 % par rapport au 1er juillet 2025.
La densité carcérale était de 174,5 % dans les maisons d’arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux de suroccupation globale était de 141,3 % au 1er juillet.

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Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt. Début juillet, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté Dominique Simonnot déplorait une absence de « mesure d’envergure nationale » en près de trois ans pour enrayer la surpopulation carcérale qui ne cesse de battre des records, dans un avis publié au Journal officiel.
Le ministère de la Justice compte ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d’un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.
« La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente : au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l’absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines », alertait cependant Dominique Simonnot dans son avis.
« Les dispositifs d’aménagement de peine et les alternatives à l’incarcération, bien qu’indispensables, demeurent sous-utilisés ou entravés par des conditions de mise en œuvre restrictives », ajoutait-elle.
La France est l’un des plus mauvais élèves de l’Europe en matière de densité carcérale, ex-aequo avec la Turquie en termes de surpopulation (131 personnes détenues pour 100 places), devant la Croatie (123) et l’Italie (121) notamment, selon les chiffres 2025 du Conseil de l’Europe.

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30.05.2026

Jamais le pays n’avait enregistré un nombre si élevé de détenus, très au-delà des capacités des établissements pénitentiaires.
88 654 détenus dans les prisons françaises au 1er mai 2026, Cela représente, sur un an, une augmentation de près de 5 000 détenus (+5,9%) pour quelque 750 places disponibles supplémentaires (+1,2%) dans les centres pénitentiaires français, d’après les données du ministère de la Justice publiées vendredi soir. Et ce sont encore 509 détenus de plus par rapport à début avril dernier…
La densité carcérale est particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt (172,6%), où sont détenues les courtes peines ou les personnes en attente de jugement – et donc présumées innocentes. Le taux de sur-occupation globale atteint 140% au 1er mai.
La France, très mauvaise élève européen
La France figure parmi les très mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers bien inférieures. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.
Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de lits: il y en avait 7.693 au 1er mai, soit une forte hausse, +47%, en un an (5.234).
Deux détenus sont incarcérés pour une seule place (taux égal ou excédant 200%) dans 33 structures. Un chiffre là encore en augmentation. La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisienne (163,7% de densité carcérale) et toulousaine (155,5%), ainsi qu’en outre-mer (150%).

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Un projet de loi en préparation a pour objectif de s’attaquer à la surpopulation carcérale et prévoit notamment de mettre un terme à la pratique des matelas posés au sol dans les cellules. Aucun calendrier sur son dépôt, son examen et son adoption n’a été rendu public.
Darmanin opposé à toute régulation carcérale
Mais le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a exprimé son hostilité à tout dispositif de régulation carcérale, dispositif qui prévoit, comme c’est le cas en Allemagne, qu’au-delà d’un certain seuil, une entrée en détention doit s’accompagner d’une sortie. Le ministère de la Justice compte ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d’un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

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