30.04.2026

Une décision de justice ravive la douleur de la famille de Sulivan Sauvey, 19 ans, tué par une policière à Cherbourg-en-Cotentin le 9 juin 2024. Ses proches ont appris de leur avocat que la fonctionnaire, mise en examen pour homicide volontaire, a vu son contrôle judiciaire allégé et peut de nouveau se rendre à Cherbourg.
Voilà bientôt 2 ans que Sulivan, 19 ans, a été tué à Cherbourg-en-Cotentin par une policière en service. Les proches du jeune homme sont toujours en attente du procès.
Et aujourd’hui leur douleur est ravivée par une décision de justice qu’ils ne comprennent pas. La fonctionnaire, placée sous contrôle judiciaire après les faits, peut de nouveau se rendre à Cherbourg. « Inacceptable » pour Mehdi Sauvey, le frère de Sulivan.
Une série « d’injustices » selon la famille
Le 9 juin 2024, après un contrôle routier, Sulivan a été touché mortellement au niveau de la poitrine, par le tir d’une policière, alors qu’il tentait de prendre la fuite à pied. La fonctionnaire de police a été placée en garde à vue, puis mise en examen pour homicide volontaire et placée sous contrôle judiciaire.
Première « injustice » pour la famille de Sulivan, qui ne comprend pas pourquoi la policière n’est pas incarcérée. Leur avocat Yassine Bouzrou, spécialiste des violences policières, dénonce même à l’époque « un scandale judiciaire » : « 100 % des personnes qui viennent de commettre un crime vont en prison, au moins les premiers jours de l’enquête ».
Deux ans plus tard, nouveau coup pour la famille, qui apprend que le contrôle judiciaire concernant cette policière a été allégé… depuis juin 2025.
On ressent de la colère, de l’angoisse, de la tristesse. C’est comme si on tuait mon frère une deuxième fois.
Mehdi Sauvey
« J’ai été alerté par plusieurs témoins qui disaient avoir vu cette policière, en civil », raconte Mehdi Sauvey, qui vit en région parisienne. En cette fin avril, un coup de fil à son avocat confirme l’information : la fonctionnaire de police est depuis 10 mois de nouveau autorisée à venir à Cherbourg.
Contacté à ce sujet, le procureur de Coutances indique ne pas communiquer sur le sujet, précisant seulement que « l’instruction est toujours en cours. »
« On peut tomber sur elle à tout moment »
La maman de Sulivan vit et travaille pour la ville de Cherbourg. Mehdi Sauvey et deux de ses sœurs résident eux en région parisienne, mais viennent régulièrement dans la ville pour voir leur famille. Aujourd’hui âgé de 38 ans, le grand frère de Sulivan connaît le visage de la policière mise en examen, pour avoir eu affaire à elle lors de contrôles il y a quelques années.
On peut tomber sur elle à tout moment. On reste des êtres humains, on n’a pas peur d’elle, mais de notre réaction : va-t-on faire un malaise, ressentir de la haine…?
Mehdi Sauvey
Selon Mehdi Sauvey, la famille reste aujourd’hui « soudée », mais encore meurtrie et fragile psychologiquement. « On essaie de limiter les séquelles, on essaie de protéger nos enfants. Mais nous n’avons bénéficié d’aucun suivi, alors qu’il s’agit d’un homicide volontaire. »
Malgré cette nouvelle épreuve, le grand frère de Sulivan affirme que la ligne de conduite de la famille depuis le drame est « d’avoir confiance en la justice ».
La mère, le frère, les trois sœurs et tous les proches de Sulivan attendent désormais le procès de la policière « avec impatience, pour pouvoir enfin passer à autre chose. »

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26/11/2025

Ce matin-là, un huissier débarque chez un homme de 60 ans pour saisir son véhicule, accompagné des forces de l’ordre. Visiblement en détresse, ce père de famille s’asperge d’essence. Pour autant, il ne représente aucun danger, il n’est pas armé, il n’a «même pas de briquet», selon sa fille et son épouse présentes au moment des faits. Une version confirmée par l’huissier, qui a même expliqué à la justice que cet homme n’était «ni virulent ni menaçant». Aucune raison de le viser.

Pourtant, la policière tire au Taser, ce qui enflamme l’essence. La victime se consume dans d’atroces souffrances, et mourra plusieurs jours après à l’hôpital. Devant les enquêteurs, la policière prétend qu’elle s’est protégée et même qu’elle voulait empêcher l’immolation, alors que c’est justement elle qui l’a déclenchée. L’enquête démontre qu’elle a menti. Il faudra cinq ans pour que la tireuse soit jugée : elle a été condamnée le 20 novembre. Le procureur lui-même déclare : «par principe, je fais confiance aux policiers, mais dans ce dossier, il y a une reconstruction des faits». Pour cette affaire horrible et accablante, la policière qui n’a montré aucun remord n’a reçu qu’un an de sursis.

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