02.06.2026

Six personnes détenues au sein du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Condé-sur-Sarthe portent plainte pour violences et harcèlement moral. Interrogée par l’Agence France-Presse (AFP), leur avocate décrit une situation « d’une gravité sans nom ».
Six détenus de la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne) ont porté plainte pour violences et harcèlement moral, reprochant à la direction « d’entretenir un régime de pression psychologique et de domination » qui outrepasse les « exigences de sécurité ». Une plainte a été déposée jeudi 28 mai, à Alençon, selon les indications d’une source proche du dossier à l’Agence France-Presse (AFP).
Le chef d’établissement et ses équipes sont accusés de volontairement « humilier » et « déshumaniser » les personnes incarcérées au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), afin de briser leur résistance, selon des éléments de cette plainte dont l’AFP a eu connaissance.
« Peu importe leur condition de détenus du haut du spectre, l’État a l’obligation de les respecter. Les infractions pénales dont ils sont victimes doivent cesser », a dénoncé leur avocate dans un entretien accordé à l’AFP. Selon Marie Violleau, la situation de ses clients est « d’une gravité sans nom ».
« Le problème est propre à Condé »
Les QLCO, créés après la loi contre le narcotrafic et promues par Gérald Darmanin, sont récents en France. Le premier a été instauré en juillet 2025, à Vendin-le-Vieil. Le second, à Condé-sur-Sarthe, en octobre 2025. Un troisième doit ouvrir prochainement à Réau, en Seine-et-Marne, selon l’entourage du garde des Sceaux qui estime à 500, en France, le nombre de détenus présentant un profil les rendant susceptibles d’y être incarcérés.
Ces nouveaux quartiers de détention ont déjà fait l’objet de nombreux recours administratifs, sans que les demandeurs obtiennent satisfaction, mais il s’agit de « la première plainte pénale, à ma connaissance », selon l’avocate des plaignants.
« Le problème est propre à Condé, où la loi pénale est violée, pas seulement les droits fondamentaux et la dignité humaine », affirme Marie Violleau. L’avocate fait valoir l’exemple de l’autre prison du même type, à Vendin-le-Vieil, où « il y a des conditions de détention extrêmement difficiles mais la direction, dans le cadre strict qui lui est imposé, semble respecter les détenus et leurs familles ». Contactée par l’AFP, la Chancellerie n’a pas réagi dans l’immédiat.
Inspiré de la lutte antimafia italienne, le régime de détention des QLCO a pour objectif d’isoler des détenus perçus par les autorités comme haut placés dans la criminalité organisée. Dans ces quartiers, ils sont censés être empêchés de communiquer avec l’extérieur, afin d’éviter qu’ils continuent à gérer leurs trafics. Une doctrine dont se félicitait dernièrement le ministère de la Justice auprès de l’AFP, assurant sa « parfaite efficacité ».
Fouilles à nu systématisées et accès aux activités quasi inexistant
Les six détenus à l’origine de cette plainte, sont des personnes mises en examen ou condamnées pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs criminelle ou règlements de comptes, selon une source proche du dossier. Dans leur plainte, ils rapportent des fouilles à nu systématisées, un accès à la promenade « soumis au bon vouloir » des surveillants, un accès quasi inexistant aux activités, des agents constamment cagoulés qui n’hésitent pas à les brimer ou à s’adresser à eux par ordre « sans faire de phrase ».
Des pratiques « quotidiennes » visent à les « intimider » eux et leurs proches, accusent-ils. Concernant leurs proches justement, les plaignants reprochent par exemple aux agents de palper chaque visiteur, y compris les enfants. Une pratique qui rend le droit de visite particulièrement dégradant pour leurs familles.
Quant aux parloirs, équipés d’un hygiaphone pour éviter tout contact sauf cas exceptionnel, un des détenus s’est récemment vu refuser le retrait du dispositif malgré le fait que sa mère soit « atteinte d’un cancer ». Concernant les appels téléphoniques, les détenus dénoncent des horaires trop stricts, en pleine journée, au beau milieu de la journée de travail ou d’école.
Des pratiques qui dépeignent un régime carcéral basé sur une « pression psychologique et de domination » d’après les éléments de leur plainte. « On les entasse, on les piétine, on les violente et on espère qu’ils sortent meilleurs. Si vous traitez des gens comme des chiens en prison, ne vous attendez pas à ce qu’ils ressortent comme des hommes », a prévenu Me Violleau.

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30.05.2026

Jamais le pays n’avait enregistré un nombre si élevé de détenus, très au-delà des capacités des établissements pénitentiaires.
88 654 détenus dans les prisons françaises au 1er mai 2026, Cela représente, sur un an, une augmentation de près de 5 000 détenus (+5,9%) pour quelque 750 places disponibles supplémentaires (+1,2%) dans les centres pénitentiaires français, d’après les données du ministère de la Justice publiées vendredi soir. Et ce sont encore 509 détenus de plus par rapport à début avril dernier…
La densité carcérale est particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt (172,6%), où sont détenues les courtes peines ou les personnes en attente de jugement – et donc présumées innocentes. Le taux de sur-occupation globale atteint 140% au 1er mai.
La France, très mauvaise élève européen
La France figure parmi les très mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers bien inférieures. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.
Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de lits: il y en avait 7.693 au 1er mai, soit une forte hausse, +47%, en un an (5.234).
Deux détenus sont incarcérés pour une seule place (taux égal ou excédant 200%) dans 33 structures. Un chiffre là encore en augmentation. La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisienne (163,7% de densité carcérale) et toulousaine (155,5%), ainsi qu’en outre-mer (150%).

(…)

Un projet de loi en préparation a pour objectif de s’attaquer à la surpopulation carcérale et prévoit notamment de mettre un terme à la pratique des matelas posés au sol dans les cellules. Aucun calendrier sur son dépôt, son examen et son adoption n’a été rendu public.
Darmanin opposé à toute régulation carcérale
Mais le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a exprimé son hostilité à tout dispositif de régulation carcérale, dispositif qui prévoit, comme c’est le cas en Allemagne, qu’au-delà d’un certain seuil, une entrée en détention doit s’accompagner d’une sortie. Le ministère de la Justice compte ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d’un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

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12/08/2025

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Le ministre avait ainsi demandé notamment l’arrêt de soins au visage donné à des détenus et des cours de danse country à la prison de Seysses en Haute-Garonne, et annulé début août un stage de « surf thérapeutique » à Saint-Malo.

Mais en mai 2025, le Conseil d’État, plus haute juridiction de l’ordre administratif, avait annulé l’interdiction des « activités ludiques » en prison, du moment qu’elles restaient « conformes au Code pénitentiaire ».

Ce qu’est aux yeux de la juridiction cette table de massage, que ne veut pas voir Gérald Darmanin, qui reviendra tout de même inaugurer l’extension de la prison de Nîmes la semaine prochaine.

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APRÈS LES RAFLES DANS LES GARES, RETAILLEAU ET DARMANIN LANCENT LA CHASSE AUX ÉTRANGERS EN PRISON

L’Humanité


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Sous l’impulsion des ministres de l’Intérieur et de la Justice, des consignes sont données aux agents pénitentiaires pour ficher les détenus étrangers et priver ceux soumis à des OQTF de tous leurs droits.
(…) un « protocole » mis en place début 2025 entre la préfecture de l’Aube et l’administration pénitentiaire, qui oblige les services pénitentiaires d’insertion et de probation ou les greffes pénitentiaires à prélever les empreintes digitales des détenus de nationalité étrangère ou « binationaux »…
Un fichier illégal et une « discrimination directe »

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PRISONS : GÉRALD DARMANIN VEUT FAIRE « CONTRIBUER » LES DÉTENUS « AUX FRAIS D’INCARCÉRATION » POUR AMÉLIORER LES CONDITIONS DE TRAVAIL DES SURVEILLANTS

franceinfo:


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Il réitère notamment son engagement à garantir l’anonymat des surveillants en détention dans les documents rédigés par exemple à l’occasion d’une saisie de drogue ou de téléphone en cellule. « On va anonymiser leur nom, on va mettre leur numéro de matricule »

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DARMANIN FAIT DÉJÀ SON SHOW AU MINISTÈRE DE LA JUSTICE

CONTRE ATTAQUE


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Parmi le ramassis de déchets récolté par le camion-poubelle Bayrou afin de bricoler un nouveau gouvernement, on retrouve Gérald Darmanin. Et pas à n’importe quel ministère : Bayrou lui a confié l’un des plus stratégiques, celui de la justice.

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