20.05.2026

Vous avez aimé la libération de Sarkozy au bout de 20 jours de prison, malgré une condamnation à 5 ans fermes ? Vous allez adorer les passe-droits hallucinants dont bénéficient les policiers tueurs.
Jurisprudence Sarkozy
En novembre dernier, l’ancien président de la République était libéré de prison après une audience express, trois semaines seulement après sa condamnation. Il était allé pleurnicher devant les magistrats que son séjour en prison était «très dur», «éreintant», et qu’il avait même dû se nourrir de yaourts. Les juges avaient fait preuve de beaucoup d’empathie et l’avaient fait sortir. Les magistrats semblent également éprouver énormément d’affection pour les policiers criminels.
Deux mois seulement après sa condamnation à dix ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Olivio Gomes, un policier de la BAC de Paris vient d’être remis en liberté le 19 mai. Il avait pourtant été lourdement condamné pour meurtre par un jury populaire le 27 mars. À l’époque, on imaginait qu’il s’agissait d’une peine exceptionnelle pour un policier, et un signal de fermeté. Pour une fois. C’était sans compter sur ce petit coup de pouce de la justice.
Le meurtre d’Olivio Gomes
Pour rappel, il y a 6 ans à Poissy, le policier Gilles Guilbert avait commis une exécution raciste. Dans la nuit du 17 octobre 2020, Olivio Gomes, jeune homme noir de 28 ans, était abattu au volant d’un véhicule. Celui-ci avait été suivi pendant 30 kilomètres sur le périphérique puis l’autoroute, jusqu’à chez lui, par la BAC de nuit de Paris. Les policiers agissaient hors de leur zone de compétence territoriale, sans même en avoir informé la salle de commandement. Une chasse à l’homme, manifestement sur la base de critères ethniques.
Contrairement aux premières déclarations mensongères des policiers, aucune infraction routière n’avait été commise par la victime, d’après la consultation des images de vidéo-surveillance. La BAC n’avait aucune raison de les pourchasser. Une fois arrivé dans une rue de Poissy, le véhicule suivi par la police se garait en bas de chez Olivio. Le policier Gilles Guilbert sortait de la voiture en braquant le conducteur avec son arme à feu. Il tirait à trois reprises, alors qu’il se trouvait à l’arrière de la victime. Le policier n’était aucunement en danger, et les munitions sont arrivées dans le dos d’Olivio. Le tireur avait pourtant juré avoir fait feu dans une situation de légitime défense, l’enquête a prouvé qu’il mentait.
Fin mars donc, après 6 ans d’attente, Gilles Guilbert était enfin lourdement condamné dans le cadre d’un procès en Cour d’Assises. Le procureur évoquait une «intention homicide» d’un agent «rompu au maniement des armes» qui «a délibérément fait feu à trois reprises sur Olivio Gomes avec une arme létale, à courte distance», c’est-à-dire entre 50 centimètres et 1 mètre de la victime, en tenant les deux mains sur son pistolet, «en visant et atteignant le torse de la victime». Un tir délibéré, injustifié, dans les parties vitales. Et des mensonges de la part d’un agent assermenté.
Ce policier tueur, un véritable danger public, est donc déjà libre, sur décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles. Des magistrats viennent de piétiner une enquête et un long procès pour aider cet agent, au grand désespoir de la famille de la victime, qui avait cru en la justice.
L’avocat du policier, Laurent-Franck Lienard, est fou de joie. Cet homme est un défenseur de toutes les forces de l’ordre qui violentent, mutilent et tuent, et a fait de l’impunité policière la mission de sa vie. La condamnation de son client était un camouflet, mais il triomphe finalement. Il explique même que lors du procès «la salle était pleine des soutiens de la famille de la victime qui mettait une très forte pression sur les jurés», décrivant une salle «emmenée par Assa Traoré et la mère de Nahel Merzouk». Que les familles endeuillées par les violences d’État se soutiennent est insupportable pour Laurent-Franck Liénard. Il s’adresse aux policiers : «Ne laissez pas Gilles seul ! Gilles mérite votre soutien !» Le procès en appel se tiendra en novembre à Nanterre.
La libération du meurtrier d’Aboubacar : un précédent
Deux mois de prison malgré une condamnation pour meurtre, c’est aussi le temps qu’a passé le CRS qui a abattu Aboubacar Fofana à Nantes. La cour d’appel de Rennes l’a remis en liberté le 27 mars 2026. Il avait pourtant été condamné en janvier à 7 années de prison ferme pour l’exécution du jeune homme en juillet 2018.
À l’époque, ce CRS avait abattu avec son arme de service, d’un tir dans le cou, le jeune de 22 ans. Aboubacar était au volant de son véhicule, au milieu du quartier populaire du Breil, à Nantes. Le CRS avait d’abord assuré qu’il s’était senti «menacé», mais une vidéo avait démontré que le véhicule était à l’arrêt, et que le policier avait tiré alors que la victime avait baissé sa fenêtre. Le tireur avait finalement avoué avoir menti. Dans sa seconde version, il expliquait avoir commis un «tir par erreur». Quasiment 8 ans plus tard, un procès criminel l’avait condamné… mais la justice l’a très vite remis en liberté. Le CRS avait plaidé : «Je me considère comme quelqu’un de très fort, mais le milieu carcéral, c’est très très difficile (…) Je commence à avoir des idées noires».
C’est étonnant, car les dizaines de milliers de détenus qui subissent des conditions de détention encore plus dures, et qui ont eux aussi des idées noires, ne bénéficient pas de la même clémence. D’ailleurs, personne, nulle part, n’est relâché en quelques semaines après une condamnation criminelle. Sauf si elle porte un uniforme.
Impunité organisée
Ces deux affaires montrent que, même quand des agents sont condamnés pour des faits accablants, ce qui est absolument rarissime, ils bénéficient encore et toujours de passe-droits. C’est le message envoyé par la justice : l’infime minorité de policiers qui sont poursuivis pour les crimes les plus graves du code pénal ne risquent tout de même quasiment rien. Et les familles qui s’arment de patience, se battent pendant des années face à un système judiciaire terrible, sont tout de même humiliées.
Dans le même registre, l’assassin de Nahel Merzouk en 2023 était lui aussi ressorti après quelques semaines seulement de détention préventive, mais en plus en étant millionnaire. Car l’extrême droite lui avait organisé une cagnotte de soutien, qui était de fait une véritable subvention pour tirer sur la jeunesse non-blanche.
Les policiers français sont devenus des fous de la gâchette. Jamais le nombre de personnes mortes lors d’interventions de police n’a été aussi élevé. Rien qu’en 2024, 65 personnes tuées par l’action des forces de l’ordre ont été recensées. Un record. Cette violence est donc exponentielle. Selon un décompte de Bastamag, depuis 1977, au moins 945 personnes sont décédées directement ou indirectement lors d’opérations policières en France, hors antiterrorisme.

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08.03.2026

Il avait faim. Alors il a volé quelques denrées au supermarché. Mais ce n’était pas la première fois, et la récidive lui a coûté une peine de prison ferme.
Il avait faim. Il ne se sentait pas bien et il voulait manger. Mais il n’avait pas d’argent. Aussi, en ce mois de février 2025, ce Guinéen de 22 ans s’est résolu à entrer dans un supermarché de la rue des Salines à Lons-le-Saunier…

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05.03.2026

En 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, a été tué par un policier lors d’un contrôle routier. Près de trois ans après le drame, la justice a décidé que ce dernier serait jugé pour violence, et non pour meurtre.
Le 27 juin 2023, à Nanterre, Nahel Merzouk, un jeune homme âgé de 17 ans, a été tué lors d’un contrôle routier. Après un refus d’obtempérer de sa part à bord d’une Mercedes, il a été suivi par deux policiers à moto. La voiture a été bloquée par la circulation, les deux policiers sont descendus de leurs véhicules et ont pointé leurs armes sur Nahel pour l’empêcher de repartir.

(…)

Mais à ce moment-là, la voiture, en boîte automatique, a redémarré et l’un des deux policiers a tiré à bout portant à travers le pare-brise, tuant Nahel. La scène avait été filmée et la vidéo a largement été diffusée sur les réseaux sociaux. Si des émeutes avaient éclaté à travers la France pour défendre Nahel, une cagnotte ayant récolté 1,6 million d’euros avait également été créée pour soutenir le policier.
Jugé pour violence et non pour meurtre
Le policier qui a tiré sur Nahel, Florian M., devait être jugé pour meurtre. Cependant, affirmant qu’il ne voulait pas tuer Nahel, le policier a fait appel de cette décision. Cinq mois après la mort du jeune homme, il avait été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.
Ce jeudi 5 mars 2026, nous avons des nouvelles sur cette affaire. La demande de Florian M. a été entendue et la cour d’appel de Versailles a déclaré que le policier serait jugé non pas pour meurtre, mais pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
“La cour d’appel n’a pas suivi les juges d’instruction quant à l’intention d’homicide, estimant qu’il n’était pas établi que Florian M. était animé, au moment du tir, de la volonté d’ôter la vie au conducteur. Florian M. avait pu avoir la conviction qu’en redémarrant, la Mercedes était susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique de tiers ou à la sienne”, a déclaré le communiqué relayé par Midi Libre.
Pénalement, si une personne est jugée pour meurtre, elle risque une peine maximale de 30 ans de réclusion criminelle. Dans le cas où elle est jugée pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la peine maximale est de 15 ans de prison.
Une décision “scandaleuse et honteuse”
Ce jugement ne fait cependant pas l’unanimité. Maître Frank Berton, l’avocat de la mère de Nahel, affirme que cette décision est “scandaleuse et honteuse”.
“Je peux vous dire que la mère de Nahel est scandalisée, tous ses comités de soutien le sont aussi : jusqu’à présent, ils ont fait confiance à la justice, et la chambre de l’instruction de Versailles confisque le débat qui devait se tenir devant une cour d’assises”, a déclaré l’avocat.
Le deuxième policier, qui était présent au moment de la scène, devait au départ être jugé comme témoin assisté pour complicité de meurtre. Mais il a finalement bénéficié d’un non-lieu, qui a été confirmé en appel ce jeudi.

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29/12/2025

L’audience de comparution immédiate a eu lieu ce lundi après-midi.

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12/09/2025

Extraits

Le 21 novembre 2023, à 19 h 15, un homme entre dans le commerce et emporte deux bouteilles de vin de 1,90 euro chacun à la barbe de l’épicier.

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05/08/2025

Extrait

Fort avec les faibles, faible avec les forts : comment la justice broie les pauvres et préserve la caste des dominants

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