18.06.2026
La défense déplore un dossier d’une « absurdité sans nom ». Un homme a été jugé le 10 juin dernier devant le tribunal judiciaire de Paris pour outrage, rébellion et violences à l’encontre de policiers, après avoir arrosé la jardinière de son balcon au-dessus de policiers, a indiqué mercredi l’avocate du prévenu au Parisien, confirmant une information du Canard Enchaîné.
Les faits remontent au 5 mai 2025. Ce jour-là, Hugo sort promener son chien, dans son quartier, à proximité de la Sorbonne, dans le Ve arrondissement de Paris. « Le temps qu’il fasse sa balade, un dispositif est mis en place par les forces de l’ordre pour sécuriser la visite du président Emmanuel Macron au sein de la faculté », rapporte Me Olivia Ronen, qui représente le prévenu.
Quand Hugo tente de regagner son domicile, les forces de l’ordre « lui demandent un justificatif de domicile et une pièce d’identité, ce qu’il n’avait pas sur lui », affirme l’avocate, selon qui son client a été « attrapé par le dos et jeté en arrière par les policiers ».
D’après les informations du Canard Enchaîné, les agents contestent cette version et affirment que le prévenu leur a demandé d’« arrêter de casser les co*illes » et de le laisser passer.
48 heures de garde à vue
Hugo parvient finalement à arriver chez lui en empruntant un autre chemin. Une fois dans son appartement, il en profite pour arroser ses plantes, avant de partir en vacances. Sans le vouloir, « il fait tomber quelques gouttes sur des policiers, et leur dit de faire attention », explique Olivia Ronen, précisant qu’il ne s’agissait pas des agents avec qui il avait interagi quelques minutes plus tôt.
De leur côté, les policiers affirment que le prévenu a menacé de « balancer d’autres choses » depuis le balcon.
Lorsqu’il sort de son immeuble, Hugo est interpellé et placé en garde à vue pendant 48 heures au commissariat du Ve et VIe arrondissement.
Pendant la garde à vue, trois policiers se plaignent d’irritation aux yeux et soupçonnent l’utilisation de produits corrosifs. Le lendemain de l’interpellation, le domicile d’Hugo est alors perquisitionné. La gourde avec laquelle il a arrosé ses plantes est notamment saisie pour des analyses. Les examens ont permis d’établir qu’elle ne contenait pas de substance toxique.
« Une telle mobilisation de moyens pour ce type de faits, c’est aberrant », estime l’avocate.
Le 10 juin, le procureur a requis 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, et 10 000 euros d’amende, estimant que le prévenu a cherché à se venger. Le délibéré sera rendu le 10 juillet prochain, précise au Parisien Me Olivia Ronen, déplorant un « dossier d’une absurdité sans nom ».
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