28.07.2026

Depuis juin, des contrôles de police sont régulièrement menés en centre-ville de Nantes. Des chiens appartenant à des sans-abri ont notamment été placés en fourrière et des PV dressés.
Ça ressemble à un nettoyage d’été.
Cette bénévole, investie auprès des sans-abri nantais, l’observe depuis des semaines déjà : en centre-ville, les personnes sans domicile fixe sont très régulièrement contrôlées – et délogées – depuis le début de l’été. Pour tout dire, dès juin, des opérations ont été menées, qui visaient notamment à faire appliquer un arrêté municipal, dont beaucoup n’avaient jamais entendu parler.
Il a été pris il y a plus de six ans, le 4 février 2020. On peut notamment y lire que les regroupements statiques de chiens, même accompagnés de leurs maîtres et tenus en laisse, sont interdits
dans un large périmètre couvrant notamment le centre-ville, afin de préserver la sécurité, la tranquillité, le bon ordre et l’hygiène publique.
Jusqu’à présent, il n’était pas, ou alors très rarement, appliqué. Cela a changé au mois de juin dernier. Sept chiens ont ainsi été retirés par la police à des personnes sans domicile fixe lors d’une seule et même journée avant d’être placés en fourrière. Cela a beaucoup fait parler
, se souvient Natalène Millet, coprésidente de l’association Gubbio, qui accompagne les personnes en situation de précarité et leurs animaux. Beaucoup de gens se sont indignés. lls savent le lien qui unit les gars à leurs chiens. Et puis, quand ils ont fait quelque chose, ok, mais là, ils n’y étaient pour rien.

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25.07.2026

Missionnée par la nouvelle édile, Kristell Niasme (Les Républicains), pour mener des opérations plus offensives, la police municipale de la ville est au cœur d’une enquête judiciaire qui vaut à sept de ses membres d’être renvoyés devant le tribunal.
Ils sont plusieurs dizaines d’agents de la police nationale à débouler rue de la Marne, à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), en ce début d’après-midi du 8 avril. Ils s’apprêtent à réaliser un coup de filet pour le moins inhabituel. Leurs objectifs : neuf agents de la police municipale de la ville, à savoir les huit policiers de la brigade de soirée et leur directeur, Olivier Roussy. Ils viennent les chercher directement sur leur lieu de travail, à l’heure de la prise de service.
Après avoir fouillé l’hôtel de police municipale, les différents véhicules, et récupéré des documents, les enquêteurs repartent et placent en garde à vue leurs neuf objectifs et deux personnes supplémentaires, des opératrices du centre de supervision urbaine (CSU) qu’il leur restait à identifier.
Cela fait alors trois mois que les policiers nationaux enquêtent sur leurs collègues municipaux, à la suite d’une demi-douzaine de dépôts de plainte entre janvier et avril. Les agents villeneuvois avaient d’ailleurs de quoi s’en douter : pour se procurer des images de vidéosurveillance de la ville, les policiers nationaux chargés de l’enquête ont dû adresser des réquisitions… au directeur de la police municipale.
De 4 à 18 agents
A l’issue des gardes à vue, sept fonctionnaires ont été renvoyés devant le tribunal. Cinq d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire – il leur est notamment interdit d’exercer leur métier sur la voie publique. Les infractions retenues sont diverses : violences aggravées, dégradations, violation de domicile, faux…
Ces poursuites interviennent alors que la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges a radicalement changé de visage au cours de l’année écoulée. Elue en février 2025 lors d’élections partielles, la maire, Kristell Niasme (Les Républicains), a transformé sa « PM » pour lui confier des missions plus offensives, en la dotant de moyens accrus et en lançant une intense campagne de recrutement

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17.06.2026

En France, un rapport publié ce mercredi 17 juin alerte sur les « amendes discriminatoires » visant certains jeunes. Une enquête de plus d’un an menée par plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, pointe du doigt le « harcèlement policier » qui cible les jeunes perçus comme noirs et arabes.
Un rapport publié ce mercredi 17 juin par plusieurs ONG, Human Rights Watch, (RE)CLAIM et la Maison communautaire pour un développement solidaire (MCDS), pointe du doigt les « amendes discriminatoires » qui visent certains jeunes en France. Il s’agit d’amendes forfaitaires contraventionnelles, qualifiées par les policiers de « triplettes magiques », selon le rapport. Car ces amendes sanctionnent trois infractions à la tranquillité publique : déchets, tapage et déversement de liquides insalubres sur la voie publique.
Des infractions « vagues », estiment les auteurs du rapport, qui font l’objet d’interprétation « subjective » par les policiers et qui visent en particulier certains individus.
Ce sont souvent des mineurs, verbalisés dès l’âge de 13 ans, voire 14 ans. Des jeunes dont les familles ont peu de moyens et qui habitent dans des quartiers dits « sensibles » et populaires. Une stratégie qui semble délibérée, puisque selon un rapport du Défenseur des droits publié l’an dernier, les amendes servent des politiques publiques qui veulent évincer de l’espace public des personnes qualifiées dans certains registres de police d’« indésirables ». Un terme repris par cette mère de famille qui élève seule ses trois enfants : « Ils les appellent les indésirables car ils ne veulent pas que nos enfants soient dehors, avec leurs amis, et donc ils les bombardent d’amendes », explique-t-elle.
Un nouvel outil de harcèlement policier
Des amendes qui s’ajoutent aux contrôles d’identité aux faciès, abusifs et répétés, qui sont des pratiques policières anciennes, à l’instar des fouilles et des palpations. Depuis 2012, les policiers français ont des pouvoirs élargis avec la possibilité de recourir à des amendes forfaitaires, une mesure qui visait à désengorger les tribunaux mais qui alimente les discriminations, selon les associations autrices du rapport.
Avec de lourdes conséquences financières : les jeunes reçoivent un grand nombre d’amendes qui sont majorées en cas de retard de paiement. Quand ces amendes s’accumulent, elles peuvent atteindre jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une dette dont héritent les familles puisque ces jeunes sont souvent mineurs. Les conséquences se font aussi sentir sur la santé, comme le souligne cette même mère de famille : « Moi, il y a quelques années, je ne pouvais pas dire le mot racisme, ça ne faisait pas partie de mon vocabulaire. Mais là, je me rends compte que ça existe, et je ne sais pas quand ça va s’arrêter. L’un de mes fils a été tellement harcelé qu’il est aujourd’hui en psychiatrie. »
Les associations demandent de supprimer du Code pénal les trois infractions liées à la tranquillité publique et d’annuler toutes les dettes liées aux amendes. « Les victimes ont un sentiment de honte et n’osent pas en parler, il faut qu’on arrête de stigmatiser toujours les mêmes personnes », explique Omer Mas Capitolin, président de l’association Maison communautaire pour un développement solidaire, qui dénonce les contrôles abusifs au faciès. « Ce n’est pas parce qu’on est jeune, noir ou arabe, qu’on vit dans un quartier populaire qu’on est forcément un délinquant en puissance », souligne-t-il. Munies de cette enquête, les associations alertent le gouvernement pour qu’il mette en place un contrôle indépendant sur les amendes.
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01.06.2026

Alors que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez veut étendre les pouvoirs des policiers municipaux et faciliter le recours aux amendes, des habitants de quartiers populaires se disent victimes de verbalisation abusive. Certains jeunes se retrouvent fortement endettés. Reportage à Pontoise.
« Je le vis très mal. » Âgé de 20 ans à peine, Nizar doit déjà éponger une dette de près de 7 000 euros d’amendes. Les motifs de celles-ci : crachat, dépôt d’ordures ou de déchets, tapage diurne et nocturne ou émission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage. Le jeune homme habite dans le quartier prioritaire des Cordeliers à Pontoise (Val-d’Oise), commune de 32 000 habitants dirigée par la maire LR Stéphanie Von Euw qui a doublé les effectifs de policiers municipaux depuis 2020 et fait installer une centaine de caméras de surveillance.
« On se fait contrôler et chasser systématiquement »
Nizar reconnaît avoir commis une partie des infractions qui lui sont reprochées. Ce qu’il conteste, c’est la proportion dans laquelle il est verbalisé et la façon dont cela arrive. Nizar dit avoir le sentiment de se faire chasser de l’endroit où il habite et décrit ce qu’il vit comme étant du harcèlement. « On est posés dans notre quartier. Les policiers municipaux viennent avec trois ou quatre voitures, et là, ils nous contrôlent systématiquement. Dès qu’ils nous voient, ils viennent, même si le voisinage ne les appelle pas », confie le jeune homme qui raconte s’être déjà fait insulter par des policiers municipaux. Nizar y voit une forme de discrimination sociale. « On se fait chasser pour la tranquillité des gens qui ne sont pas de la même classe que nous », regrette-t-il.
Nizar raconte les tensions que cette situation a engendrées sur sa famille. « Mon père craque quand il voit les amendes. Il pense que je vends de la drogue alors que non. C’est compliqué. Il n’y a rien à faire à la maison. Je me sens mieux dehors que chez moi », confie-t-il.
« Ils cherchent toutes les amendes possibles à nous mettre »
Même situation pour Enzo, 20 ans, qui habite dans le quartier des Louvrais, toujours à Pontoise. Il doit rembourser près de 10 000 euros d’amendes. « J’en reçois presque tous les jours », assure-t-il avant d’ajouter : « On se fait harceler par la police municipale. » Les amendes qu’il reçoit sont majoritairement liées au fait qu’il dispose d’une voiture. Il énumère les motifs des contraventions : « Quand on a le moteur allumé sur un parking et qu’on ne roule pas, c’est un motif de contrôle. Il y a aussi les rétroviseurs cisaillants, quand ils sont un peu cassés. Il y a aussi l’absence de liquide lave-glace, les pneus lisses. » Le jeune homme reconnait lui aussi avoir commis une partie des infractions, mais pas toutes : « Sur cinq amendes que je reçois, il y en a deux qui sont bonnes, mais les trois autres je ne sais pas ce que c’est. »
Enzo nous montre les caméras de surveillance que la mairie a fait installer au sommet des immeubles du quartier. « Dès qu’ils nous voient, ils viennent et on se mange des amendes », déplore-t-il. Le jeune homme de 20 ans assure ne pas être prévenu de toutes les amendes qui lui sont administrées par les agents. « Parfois, j’en reçois même à des mauvaises adresses ! », ajoute-t-il. Le jeune homme de 20 ans travaille dans une usine à 60 kilomètres de Pontoise. Chaque mois, il est prélevé directement sur son salaire de 1 600 euros. « Je travaille pour eux », déplore-t-il. « Ça donne moins envie de sortir, moins envie de travailler… Ça démoralise », conclut-il.
Contactée, la maire Les Républicains de Pontoise Stéphanie Von Euw a décliné notre invitation à la dernière minute.
La Défenseure des droits s’est saisie du sujet
Alors que le projet de loi « Ripost » porté par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez prévoit d’étendre les prérogatives des policiers municipaux et d’élargir le recours aux amendes, la Défenseure des droits met en garde, dans un avisOuverture dans un nouvel onglet, contre « un glissement des missions régaliennes de police judiciaire vers des forces locales susceptible d’affaiblir les garanties procédurales » et s’inquiète « d’un risque de creusement des inégalités territoriales et de dégradation du lien de proximité entre les usagers et les policiers municipaux ».
Mercredi 9 avril 2025, la Défenseure des droits avait publié une étude sur les pratiques de la police en région parisienne
Ouverture dans un nouvel onglet qui met en évidence une politique publique d’éviction de l’espace public de personnes considérées comme « indésirables ». Cette étude, conduite par les chercheuses Aline Daillère et Magda Boutros (Sciences-po : CRIS/CESDIP), révèle « des pratiques policières discriminatoires ciblant les jeunes hommes racisés de quartiers populaires ». À partir de sources administratives et d’entretiens, l’étude montre comment la police utilise les contrôles et les amendes à répétition pour faire partir certaines catégories d’habitants des espaces publics de leurs quartiers.
Le ministère de l’Intérieur a fait savoir qu’il s’inscrivait « en faux des conclusions de ce rapport qui constituent une accusation particulièrement grave ». Utilisé dans le logiciel de main courante par la police, le terme « perturbateurs indésirables » a été définitivement supprimé. « Sans préjudice de ce qui précède, et afin que la probité de nos forces de sécurité ne soit pas indûment mise en cause, j’ai fait procéder à la suppression de la mention ‘indésirables’ qui perdurait dans la nomenclature de la main courante informatisée des services de police et sur laquelle vous aviez attiré mon attention », est-il écrit. Hormis sur ce point, le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu aux questions que nous lui avons posées sur la multiverbalisation.

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07/11/2025

En trois ans, une soixantaine de procès-verbaux pour « stationnement très gênant »

(…) Mais si la pluie de PV a enfin pris fin, les conséquences, elles, continuent de tomber : les majorations et relances des premiers procès-verbaux poursuivent leur cours administratif. Résultat : plusieurs habitantes de Cap Vista subissent aujourd’hui des saisies sur salaire.
Djamila, qui vit avec une pension d’invalidité, ne peut plus faire face

(…) « Depuis juin, j’ai des saisies chaque mois, des saisies de 1.025 euros. J’ai des ajouts de 10% de la somme avec la banque. Ils n’ont rien voulu savoir. Moi, je ne sais pas comment je vais faire pour me nourrir, nourrir mon enfant et payer mes factures. C’est vraiment compliqué. »

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« MÊME NOS INVITÉS SONT VERBALISÉS » : UN MYSTÉRIEUX POLICIER INONDE SES VOISINS DE PV DANS UNE RÉSIDENCE PRIVÉE, LES VICTIMES MONTENT AU CRÉNEAU

LA DÉPÊCHE


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« Même nos invités […] sont verbalisés », indique au média Halima, mère célibataire ayant accumulé pas moins de 11 PV « dont six en l’espace de huit jours ». Se sentant « traquée », la jeune femme voit désormais un psy à cause « d’un début de dépression ».

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FAUX PV ADRESSÉS PENDANT LE CONFINEMENT : UN POLICIER DEVANT LA COUR CRIMINELLE DES HAUTS-DE-SEINE

radiofrance


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Un agent du commissariat de Suresnes sera jugé à compter de ce lundi à Nanterre pour « faux en écriture ». Il est accusé d’avoir dressé trois fausses contraventions à un adolescent de 16 ans, pendant le confinement.

(suite…)
« HARCELEMENT » POLICIER À RILLIEUX : « ON A TOUS PEUR DE LA BAVURE »

Rue89


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Entre les violences policières dont les jeunes habitant·es disent être victimes et les amendes « abusives » qui pleuvent, les relations sont plus tendues que jamais. Les parents, eux, craignent la « bavure » de trop.

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AMENDES, ÉVICTIONS, CONTRÔLES : LA GESTION DES « INDÉSIRABLES » PAR LA POLICE EN RÉGION PARISIENNE

Le Défenseur Des Droits


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Extrait

Sur la base de l’examen de procédures judiciaires et de conduite d’entretiens, les résultats de l’étude montrent que l’objectif d’ « éviction d’indésirables » de l’espace public, pour reprendre l’expression utilisée par l’institution policière, cible une population précise : des jeunes hommes précaires issus de l’immigration post coloniale, principalement subsaharienne, occupant collectivement l’espace public à proximité immédiate de leur domicile.

(suite…)
INFRACTIONS FANTÔMES, FAUX EN ÉCRITURE … : DEUX POLICIERS CONDAMNÉS POUR DES VERBALISATIONS FICTIVES

Midi Libre


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Jusqu’alors inconnus de la justice, trois jeunes policiers rattachés au Groupe de sécurité de proximité (GSP) du commissariat de Beaucaire-Tarascon devaient répondre de « complicité de faux en écriture publique ».

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COURSE-POURSUITE ENTRE NÎMES ET ARLES : « UN POLICIER MUNICIPAL S’ACHARNE CONTRE MOI », EXPLIQUE LE CHAUFFARD DEVANT LE TRIBUNAL

Midi Libre


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« Il s’acharne contre moi ». Le prévenu est formel. S’il reconnaît avoir pris la fuite lors d’un contrôle de police à Nîmes, il s’explique du fait qu’il a eu peur. « Il y a un policier municipal qui est contre moi. Il m’a mis entre 25 000 et 30 000 euros d’amende. Et quand il m’a interpellé, il m’a dit : « Je t’ai dit que j’allais te choper » » , explique le prévenu ce mercredi 2 avril, devant le tribunal judiciaire où il est présenté en comparution immédiate.

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