15.06.2026

En décembre 2018, un policier avait gravement blessé un lycéen en utilisant son lanceur de balle de défense (LBD), lors d’une manifestation à Saint-Jean-de-Braye. Renvoyé en correctionnelle pour « violences volontaires », il s’est désisté de son pourvoi en cassation. Il sera donc jugé prochainement.
Il y aura bien un procès à Orléans pour un policier mis en cause après un tir de LBD qui date de décembre 2018. Âgé aujourd’hui de 58 ans, ce fonctionnaire de police sera jugé pour « violences volontaires » commises par « une personne dépositaire de l’autorité publique ». L’an passé , il s’était pourvu en Cour de cassation pour contester son renvoi en correctionnelle. Mais la radio ICI Orléans vient d’apprendre qu’il s’était désisté, ce qui rend le procès désormais inévitable : il devra donc s’expliquer pour ce tir effectué avec un lanceur de balle de défense et qui avait gravement blessé au front un lycéen de 16 ans.
93 jours d’arrêt de travail
Ce 5 décembre 2018 , des manifestations de lycéens ont lieu dans toute la France pour dénoncer la réforme du bac et la création de Parcoursup. À Saint-Jean-de-Braye, devant le lycée Jacques Monod, la manifestation dégénère : abribus cassé, feux de poubelles, et finalement jets de pierres contre les forces de l’ordre. L’un des policiers, un brigadier-chef affecté au commissariat d’Orléans, décide d’utiliser son LBD. Oumar, alors élève en seconde, s’écroule, gravement blessé à la tête. Bilan : 93 jours d’arrêt de travail, une opération chirurgicale, et d’importantes séquelles physiques – alors qu’il ressort de l’enquête que le jeune homme (qui est actuellement étudiant) ne faisait pas partie du groupe qui lançait des projectiles.
C’est surtout la manière avec laquelle a été effectué ce tir qui pose problème aux yeux des magistrats instructeurs. En clair, le policier n’aurait pas respecté les préconisations d’emploi de cette arme : le tir a eu lieu à une distance de 50 mètres, alors que la distance recommandée est de 3 à 35 mètres – au-delà, le tir ne peut pas être précis, surtout sur une cible mouvante. C’est ce qui explique qu’Oumar n’était pas la personne visée mais qu’il a été atteint à la tête, alors que le policier prétend avoir voulu toucher le thorax. Une imprécision aggravée par un temps de visée trop court, estimé à seulement une seconde.
Un procès en 2027 ?
C’est peu dire que ce procès est attendu avec impatience par l’ancien lycéen et sa famille. « Pour mes clients, c’est très important qu’il puisse y avoir ce procès, commente leur avocat, Me Chistophe Rouichi. Au-delà de la faute commise par le policier, ce qu’ils n’ont pas supporté, c’est qu’il certifie à plusieurs reprises que ce jeune homme jetait des pierres sur les forces de l’ordre, ce qui n’était absolument pas le cas. Et c’est avant tout pour cela qu’ils attendent ce procès : qu’on dise haut et fort qu’Oumar est simplement une victime dans cette affaire. »
L’ordonnance de déchéance du pourvoi rendue par la Cour de cassation date du 14 janvier 2026. En pareil cas, le délai moyen pour que le dossier arrive devant le tribunal correctionnel d’Orléans est de 12 à 18 mois, soit un procès en 2027. Mais « compte tenu des nouvelles priorités de la Chancellerie et du manque criant de moyens et de magistrats au sein de la juridiction orléanaise », Me Christophe Rouichi craint que ce procès ait lieu à une échéance bien plus lointaine : « Et c’est un souci, car on est déjà huit ans après les faits et je crois qu’on a toujours pas pris conscience des dangers du LBD, qui n’est pas une arme anodine ». En tout cas, à ce jour, aucune date n’a été fixée pour la tenue du procès.

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05.06.2026

Si des débordements ont eu lieu en France après la victoire en Ligue des Champions du Paris Saint-Germain, des policiers ont commis de nombreuses violences. Trois personnes dont deux mineurs auraient été grièvement blessés par des tirs de LBD.
Coup de sifflet. Lorsque le PSG remporte sa seconde étoile lors de la finale de la Ligue des Champions, ce samedi 30 mai, les scènes de liesse ont déjà rempli les rues de la capitale. À leur manière, les 8.000 policiers déployés à Paris par le ministère de l’Intérieur « pour contenir tout débordement » se sont joints à la fête. Aussi rapidement que le nombre croissant d’interpellations est venu rythmer la soirée des chaînes d’informations en continu, sont apparues sur les réseaux sociaux les premières images de comportements problématiques et accusations de violences illégitimes perpétrées par les forces de l’ordre.
Débordements et éborgnements
Surviennent ainsi les images d’un enfant de 13 ans qui maintient un épais bandage contre son œil. Du sang coule le long de son avant-bras pendant le trajet jusqu’à l’hôpital. Selon le député LFI de Seine-Saint-Denis Aly Diouara, l’enfant aurait été frappé par un tir de LBD tiré depuis un véhicule de police à Bobigny (93). À Fontenay-sous-Bois (94), un adolescent âgé de 14 ans aurait également été grièvement blessé au visage par un tir de LBD, a indiqué dans un communiqué le maire de la commune Jean-Philippe Gautrais (liste d’union de la gauche). L’élu précise : « Les médecins ont annoncé des conséquences permanentes sur sa vue ». L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie des deux affaires, ont fait savoir respectivement les parquets de Bobigny et de Créteil.
Sur le périphérique parisien, à la Porte Maillot, un rassemblement de motards au milieu duquel s’improvise un match de foot est délogé à grand renfort de grenades lacrymogènes tombant entre les véhicules. Près de la porte de Saint-Cloud, des motards passant à côté de policiers sont aspergés de lacrymogène.
Dans les jardins du Grand Palais dans le 8e arrondissement, malgré son brassard « Presse », le reporter Enzo Rabouy, 21 ans, est frappé d’un coup de matraque derrière la tête et s’effondre par terre. Le policier qui l’a violenté l’a « laissé inconscient au sol », précise-t-il sur X à l’appui des images. À Mediapart, il confie vouloir porter plainte.
Sur la place du Trocadéro, un jeune homme recroquevillé par terre est frappé de deux coups de matraque télescopique par un policier. Il n’est pourtant pas interpellé. À la place, en repartant, le même agent lui donne un violent coup de pied dans la tête. « Il voulait me matraquer car il m’a vu filmer », ajoute l’auteur de la vidéo, qui précise avoir reçu dans sa fuite, comme d’autres supporters, plusieurs coups dans le dos.
Enfin, juste de l’autre côté du pâté de maisons, rue Magdebourg, la vidéosurveillance d’un immeuble d’habitation montre une cinquantaine de supporteurs s’engouffrer dans la cour intérieure pour fuir, certains en suffoquant, un épais nuage de gaz lacrymogènes. Quelques minutes plus tard, trois policiers rentrent à leur tour en courant, matraques et LBD à la main, suivis de fonctionnaires de la BAC. L’un d’eux, cache-cou remonté jusqu’au nez, matraque immédiatement l’un des jeunes qui essaye de fuir. Un second, carrure de rugbyman, cagoule sur la tête et LBD en bandoulière, lui porte plusieurs coups de poing.
Alors qu’une première partie des personnes sortent, le même policier se poste devant le reste du groupe, et leur porte trois coups de poing au visage, tandis que son collègue enchaîne les coups de bâton. Aucune résistance n’est pourtant décelable de la part des supporters, dont plusieurs gardent les mains en l’air. De fait, aucune interpellation n’est réalisée par les agents. À la sortie de l’immeuble, « une haie d’honneur » policière les attend, depuis laquelle s’abattent des derniers coups de matraque, toujours filmés.
Sollicité par StreetPress, le service communication du parquet de Paris a indiqué avoir transmis ces images « à la section compétente » afin qu’elle puisse « ouvrir des enquêtes ». À ce stade, les magistrats font état de trois procédures mettant en cause des membres des forces de l’ordre à Paris. Deux concernent des mineurs de 14 et 17 ans dénonçant des violences lors de leur interpellation.
Sept fractures au visage
Mourad, 43 ans, n’a « rien vu arriver ». Ce soir-là, le quadragénaire descend d’Ermont (95) pour suivre le match dans le centre de Paris, à Châtelet avec deux amis. Il est vite pris dans l’ambiance. « C’était convivial, il y avait des papas, des mamans, des enfants », mais aussi « des jeunes qui faisaient des problèmes » se souvient Nasser (1). Vers 00h25, le trio essaye de partir par le Trocadéro pour remonter dans le Val d’Oise quand, devant le pont d’Iéna qui sépare l’esplanade de la Tour Eiffel, Mourad reçoit « un projectile » policier dans la tempe. L’impact lui provoque sept fractures autour de son œil droit. Sur le coup, Mourad ne comprend pas ce qui lui arrive. Nasser, lui, voit seulement son ami « se baisser », et couler « beaucoup de sang ». « Il était sous le choc, je ne le reconnaissais pas », indique Nasser, qui cherche alors des secours :
« Il y avait des pompiers sur le trottoir d’en face. J’ai couru pour demander de l’aide. Un policier avec son flashball est arrivé par derrière, m’a dit : “Dégage”. J’ai dit que mon ami avait l’œil crevé, il m’a insulté et m’a tiré dessus à deux mètres, sans me toucher. »
Le groupe est alors séparé par une charge. Mourad, le visage toujours « en sang », est lui aussi « envoyé balader » par les policiers positionnés sur le pont, qui le laissent « marcher pendant 40 minutes à chercher des secours ». « Ils ne m’ont pas laissé traverser. Ils m’ont dit : “Tu dégages”, “Casse-toi”. J’errais comme un animal, recouvert de sang », se souvient Mourad.
Il ne comprend la cause de sa blessure que lorsqu’une médecin des unités médico-judiciaires lui explique « que ça ne pouvait être qu’un tir de flashball, vu la puissance ». Sur les photos, son œil droit est tuméfié, et ne voit « plus rien ». À côté, sa tempe est marquée d’un large hématome rond, dessinant le « projectile » circulaire. Sous le choc, sa tête a aussi été « déformée ». L’homme présente des fractures des parois et du plancher de l’orbite jusqu’au « processus condylien », par laquelle est accrochée la mâchoire inférieure, lui ont expliqué les médecins. Son état nécessite « une opération qui va laisser pas mal de cicatrices ». Si son globe oculaire n’a finalement pas été touché, « il y aura peut-être des séquelles », craint-il, en plus des douleurs et « des migraines importantes », dont il souffre depuis samedi.
« La baffe que je vais te mettre va te faire saigner »
Max (1), 14 ans, a lui été interpellé à la « 61e minute du match » près du métro Jacques Bonsergent, dans le 10e arrondissement où il habite, pour avoir tiré des feux d’artifice, rapporte sa mère Paloma (1). Selon la plainte déposée par l’adolescent, pour le faire avouer sa possession du carton d’engins pyrotechniques, les policiers lui auraient « frappé violemment » la tête contre le carton, le faisant saigner du nez. Il s’en serait suivi des menaces, des remarques racistes et homophobes. Les agents, lui auraient lancé :
« Avec les rails de train que t’as sur les dents, je te promets que la baffe que je vais te mettre va te faire saigner. »
Pour justifier son interpellation, sur dénonciation d’une voisine, un policier lui aurait aussi déclaré : « Tu es le seul PD asiatique habillé en rose », rapporte-t-il dans sa plainte. « J’ai dit que je n’étais pas asiatique, on m’a répondu en mimant un accent », dénonce-t-il également. S’il n’a pas été poursuivi à cause d’une nullité dans le dossier, le parquet lui a notifié un avertissement pénal probatoire – qui a remplacé les « rappels à la loi » – accompagné d’heures de travail d’intérêt général.
Sollicitée ce vendredi 5 juin, la préfecture de police a accusé réception de notre demande et n’y a à ce stade pas donné suite.
(1) Le prénom a été modifié.

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07/12/2025

Lors de la collision, l’individu a perdu l’équilibre et a lourdement chuté sur le bord du trottoir

(…) Le jeune homme âgé de 18 ans

(…) Victime d’un traumatisme crânien et d’une fracture du crâne, il a été pris en charge et transporté de toute urgence à l’hôpital par les secours. Son pronostic vital, engagé dès lors, a été stabilisé samedi 6 décembre.

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05/12/2025

Le policier a été mis en examen pour «violences aggravées par trois circonstances (arme, réunion et par une personne dépositaire de l’autorité publique)» mais aussi pour «non-assistance à personne en danger», comme les neuf autres mis en cause dans cette affaire.

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18/11/2025

Dans un rapport administratif révélé par Médiapart ce dimanche. Christophe M., affirme avoir été mis sous pression par le syndicat de police Alliance afin de ne pas révéler l’identité des collègues ayant violenté Angelina. Pour rappel, le 8 décembre 2018, Angelina passe à proximité d’une manifestation de Gilets Jaunes à Marseille en rentrant du travail. Elle reçoit un tir de LBD puis est rouée de coups de pied et de coups de matraques par des policiers.

(…) Ces violences lui causeront une fracture du crâne, des contusions au cerveau et toujours de multiples complications sept ans après les faits.

(…) Les révélations de Christophe M. agissent comme un séisme. En effet, le policier passé aux aveux met aussi en cause sa hiérarchie : ses supérieurs ont tenté de dissimuler l’affaire, d’après lui. Avant son audition à l’IGPN, il raconte notamment avoir été convoqué par le numéro trois du service dans le bureau du syndicat Alliance. Selon Médiapart, le délégué départemental du syndicat majoritaire, qui était alors Rudy Manna, dit à Christophe M. : « de ne pas donner une version contradictoire à celle du capitaine », ni à celle de son collègue.

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02/10/2025

Ils sont poursuivis du chef de «non assistance à personne en danger».

(…) Maria, une vendeuse de 19 ans, avait été atteinte à la cuisse par un tir de LBD alors qu’elle sortait de son lieu de travail, une boutique située dans une ruelle du cœur commerçant de la ville. Elle avait ensuite été frappée au sol par une quinzaine de policiers, à coups de pied et de matraques. Une photo prise à l’hôpital témoignait de la violence des coups : la tête partiellement rasée, elle affichait deux énormes cicatrices, symptôme de la fracture du crâne qui lui avait été diagnostiquée. La jeune femme souffre encore aujourd’hui de graves séquelles physiques et psychologiques.

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