31.03.2026

Après les élèves du lycée François 1er, en centre-ville du Havre le 10 mars 2026, puis une première mobilisation le 20 mars, c’est à nouveau au tour des lycéens de Claude-Monet, situé rue Félix-Faure, en ville haute, de manifester leur mécontentement à l’encontre notamment de la Dotation Horaire Globale pour la rentrée 2026.
Dès 6 heures ce mardi 31 mars 2026, une centaine d’entre eux, rejoints par des camarades d’autres lycées du Havre et de la région (François 1er, Jules-Siegfried, Jean-Prévost à Montivilliers…), ont bloqué l’accès à l’établissement pour dénoncer « la suppression de matières comme la section histoire de l’art ou des options comme le chinois, l’arabe, le grec et le latin qui auront moins d’heures à la rentrée, indique Coline, élève en classe de première. Nous sommes là aussi pour soutenir les personnels du lycée qui ne sont pas assez nombreux : les infirmières, les surveillants… »
Intervention de la police pour débloquer l’accès au lycée
Le blocage ne s’est pas fait sans heurts puisque, peu avant 9 heures, une dizaine de policiers ont chargé et aspergé de bombes lacrymogènes un groupe installé devant la grille afin de les faire reculer. « Ils les font tomber ! », s’écrie un jeune qui assiste à la scène sur le trottoir d’en face. Une personne est à terre alors que plusieurs autres ont les yeux rougis. « Il n’y a pas de blessés graves mais ils nous ont insultés, agressés », regrette Coline.

(…)

Après l’intervention, les élèves de Claude-Monet, qui avaient prévu de bloquer toute la journée, sont partis en direction de la maison des syndicats avant de se rendre devant le lycée François 1er pour tenter de « faire sortir les élèves ». À Franklin, environ 150 à 200 professeurs étaient réunis en assemblée générale dans le cadre d’une journée d’action nationale avant de défiler.

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31.03.2026

Saisie par la plaignante, l’autorité indépendante fait état, à l’issue de son enquête, d’« atteintes aux droits » et de « questions inadmissibles » revêtant un « caractère culpabilisant » et véhiculant « des préjugés sexistes ».
Des propos sexistes pointés du doigt
Dans sa décision, elle pointe « une méconnaissance totale du phénomène des violences sexuelles de la part d’une enquêtrice ayant pourtant été spécialement formée ». Selon le magazine Elle, les faits se sont déroulés au commissariat de Nice.
Parmi les questions posées à la plaignante et son compagnon, figurent notamment « avez-vous résisté ? Vous êtes-vous débattue ? Comment expliquez-vous que vous ne vous êtes pas débattue ? », « est-ce qu’elle est du genre timide dans l’acte sexuel […] ou du genre entrepreneuse, à être une petite cochonne ? » ou encore « est-ce que vous avez pris du plaisir lors des rapports sexuels que vous avez eus avec lui ? ».
Pour Claire Hédon, la fonctionnaire de police a manqué à « son obligation de discernement » et « a manqué à ses devoirs d’exemplarité et d’attention particulière aux victimes ».
Procédure disciplinaire et formations demandées
Face à ce constat, la Défenseure des droits annonce saisir « le ministre de l’Intérieur afin qu’il engage une procédure disciplinaire à son encontre ». Elle recommande parallèlement la généralisation auprès des forces de sécurité, de formations spécifiques sur l’audition et la confrontation de victimes de violences sexuelles.
Dans sa décision, Claire Hédon déplore également plus largement et sans en imputer la responsabilité à l’enquêtrice l’« absence d’information donnée à la victime sur les suites de la procédure à la fin de l’enquête pénale » et s’interroge sur l’opportunité de la confrontation organisée avec le mis en cause.
Elle recommande au ministre de l’intérieur et au ministre de la Justice d’« améliorer les processus de notification des classements sans suite aux victimes » et d’« engager une réflexion » sur la pratique des confrontations dans les affaires de violences sexuelles « afin d’en évaluer l’utilité et de n’y recourir qu’en cas de stricte nécessité ».

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31.03.2026

Fin février, en pleine nuit, Alexandre s’est fait violemment frapper par un policier à Ivry-sur-Seine, au point d’être inanimé sur le trottoir. Une vidéo filmée par des voisins montre l’agent s’éloigner de la victime, les mains dans les poches.
« J’ai cru voir un jeune homme mourir en bas de chez moi », témoigne Agathe.

(…)

Lorsqu’il s’arrête et « attend que la voiture s’arrête à son niveau », elle voit « la portière qui s’ouvre très vite, et le policier se précipite sur lui avec tout son élan et lui porte un coup avec toute sa force » avec un coup de poing « en marteau », détaille-t-elle. La victime, qu’elle décrit comme parfaitement calme et les « mains le long du corps », chute alors « comme un domino », avec la tête qui part en arrière et frappe brutalement le bitume, indique-t-elle.

(…)

Une vidéo, filmée quelques secondes plus tard par son compagnon qu’elle appelle à la fenêtre, montre le policier s’éloigner, les mains dans les poches, d’un corps inanimé étendu sur le trottoir.
Fracture de l’os frontal et traumatisme crânien

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Les médecins lui constatent une « fracture non déplacée de l’os frontal droit » et un traumatisme crânien léger, d’après son compte-rendu des urgences. « Les infirmières m’ont demandé si j’avais reçu un coup de matraque ou de crosse, tellement la blessure était grande », témoigne-t-il.

(…)

« Il est tombé tout seul »
Côté policier, pourtant, le récit est tout autre. Car le fonctionnaire, rejoint trente secondes plus tard par ses collègues, raconte à ces derniers qu’Alexandre a chuté seul dans sa course, indiquent les deux témoins qui entendent la conversation depuis leur fenêtre.

(…)

Pour Alexandre, la victime du coup, « la vidéo montre que le policier ment ».

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Une marque sombre, décelable sur la vidéo dans l’éclairage des lampes torches des policiers, semble confirmer la présence de cette tâche de sang avant tout déplacement d’Alexandre.

(…)

Au contraire, elle affirme que les policiers auraient par la suite éclairé sa fenêtre avec leur lampe en mode clignotant, une pratique policière observée régulièrement dans les manifestations pour saturer les caméras des témoins et des journalistes.
Alexandre a déposé plainte auprès du procureur de la République pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.

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31.03.2026

Du nouveau dans l’enquête ouverte après la mort d’un homme retranché avec un couteau à son domicile à Sainte-Rose en novembre 2025. Ce lundi 30 mars, la gendarme, déjà auditionnée à l’époque, a été placée en garde à vue par l’IGGN. Dès le lendemain des faits, l’auteure du tir mortel avait été entendue par la section de recherches de Saint-Denis, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour “violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner”.

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20.04.2026

Fouilles, palpations, possibilité de saisies d’armes et d’objets dangereux, possibilité de patrouiller aux abords immédiats des gares et des stations de métro : le décret d’application de la loi du 28 avril 2025, paru au Journal officiel dimanche, donne aux 4 000 agents des services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP – respectivement la SUGE et le GPSR – des moyens d’action renforcés pour intervenir plus vite.
104 700 victimes de vols, de violences ou d’escroqueries
Ces agents auront aussi la possibilité d’interdire l’accès aux lieux de transports à des « individus indésirables », a précisé le ministre, ainsi que « la possibilité de saisir la marchandise dans le cadre de vente à la sauvette y compris aux abords immédiats des réseaux », selon un communiqué du ministère diffusé parallèlement.

(…)

Le texte élargit aussi les compétences des agents de sécurité privée intervenant dans les réseaux de transport. Ces derniers peuvent désormais « enjoindre aux personnes présentes dans les réseaux et troublant l’ordre public de sortir des lieux de transports et des véhicules ». Le décret fixe par ailleurs les modalités de leur formation.

(…)

La loi poussée par Philippe Tabarot, destinée à « rendre les transports collectifs plus attractifs », a aussi permis la mise en œuvre des caméras-piétons pour les agents de contrôle, des caméras dans les tramways, et l’autorisation à titre expérimental de l’utilisation des pistolets à impulsion électrique par les agents de la SUGE et de la RATP.

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30.03.2026

« Honte à la police » : des parents dénoncent des enquêtes « insuffisantes » sur les violences sexuelles dans le périscolaire en région parisienne
Un an après le début du scandale du périscolaire en région parisienne, des parents dénoncent des enquêtes qui ne sont pas à la hauteur des faits. Malgré trois interpellations ces dernières semaines, certains regrettent des procédures classées sans suite, des enfants pas ou mal auditionnés, des mis en cause laissés en liberté.

(…)

« Ces cartables sont là pour dire que nous n’oublierons pas nos enfants. Nous sommes là parce que, trop souvent, des faits graves ont été étouffés, minimisés, classés sans suite. Ça suffit ! », clame Barka, membre du collectif #MeTooécole, à l’origine du rassemblement.
Au premier rang, Clémence* essuie ses larmes derrière ses lunettes de soleil, en s’agrippant à sa pancarte. « J’ai écrit : ‘Pas de classement sans suite’. Car l’un des adultes qui étaient ciblés à l’école Alphonse-Baudin [dans le 11e arrondissement de Paris, là où le scandale a démarré au printemps 2025] n’a pas été poursuivi, classé sans suite. Pourtant, ma fille a beaucoup parlé de cet homme-là et notamment des secrets qu’elle avait avec lui », raconte cette mère de famille.
Sur les conseils d’une pédopsychiatre, elle contacte alors la brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris pour demander à ce que sa fille soit auditionnée. Mais malgré plusieurs relances, elle n’est jamais rappelée, comme « beaucoup d’autres enfants », selon elle.
« Honte à la police, honte à la brigade de protection des mineurs », fulmine Clémence. « Depuis un an, on a touché le fond. Je n’arrive plus à mettre mes enfants au périscolaire, ma famille a éclaté, je me suis séparée, je n’ai aucune aide », poursuit celle qui n’ose même plus aller chez les commerçants de son quartier, où elle croise régulièrement celui que sa fille accuse. Contactée par franceinfo, la préfecture de police de Paris assure accueillir « toutes les victimes » et « recueillir l’ensemble des plaintes ».
« Est-ce qu’ils vont détruire les preuves ? »
Clémence n’est pas la seule à s’interroger sur les enquêtes menées par la BPM de Paris. Dans le salon de son petit appartement du très chic 7e arrondissement de Paris, à côté du camion de police avec lequel son fils adore jouer, Grégoire* aussi se sent démuni.
Fin janvier, il découvre avec horreur le reportage de l’émission Cash Investigation sur France 2 consacré au scandale du périscolaire et surtout les images tournées en caméra cachée à l’école publique Saint-Dominique, où son fils est scolarisé. Le lendemain, il interroge son petit garçon de 4 ans. « Il nous raconte un épisode traumatique pour lui. Un de ses camarades envoyé dans la ‘prison’ de l’école. Une salle polyvalente où sont enfermés à clé les enfants, dans le noir, pour les punir », rapporte Grégoire.
Quelques jours plus tard, son fils parle à nouveau, cette fois pour dénoncer des violences qu’il a lui-même subies : « des sévices sexuels », précise Grégoire. « On l’a obligé à faire des bisous sur les parties intimes des animateurs », raconte son père, très ému. « Pour nous, c’est comme une descente d’organes, tout s’effondre », confie Grégoire, qui décide très vite d’aller déposer plainte.
« Quand il a voulu parler, il ne restait que 30 minutes »
Au commissariat du 7e arrondissement, affirme-t-il, les enquêteurs lui expliquent ne plus prendre que les plaintes pour violences sexuelles et pas pour violences physiques ou verbales. « Débordés », assure Grégoire face à la multitude de plaintes venues de l’école Saint-Dominique. Des accusations démenties par la préfecture de police de Paris, qui assure que ses services « ont la capacité » de traiter l’ensemble des plaintes.
Trois semaines plus tard, le petit garçon est convoqué avec ses parents dans les locaux de la BPM de Paris. Mais l’enfant se braque. « Notre fils s’est complètement refermé, caché derrière nous, il ne voulait pas y aller. Là-bas, tout est très minuté donc quand il a voulu parler, il ne restait que 30 minutes. Il a raconté des choses pas forcément cohérentes avec ce qu’il avait dit avant » et c’est le cas de beaucoup des camarades de son fils, assure Grégoire.
« Si tous les enfants passent par ce filtre et que personne ne parle, qu’est-ce qu’on amasse comme preuve dans le dossier et dans l’enquête pour ensuite avancer ? »
D’autant que, sur les animateurs accusés aussi, l’enquête semble au point mort, regrette Grégoire. « Un mois et demi après la révélation des faits, aucune personne mise en cause n’a été interpellée, aucune perquisition n’a été faite, y compris sur leurs matériels informatiques. Ces personnes sont donc en totale liberté et notre première question c’est : Est-ce qu’ils n’ont pas détruit les preuves ou fait en sorte de se protéger ? »
« La politique pénale ne prend pas encore la mesure de la pédocriminalité en France »
Une inquiétude partagée par l’avocate de Grégoire. Pour Negar Haeri, « la politique pénale ne prend pas encore la mesure de la pédocriminalité en France ». Selon elle, « la France n’est pas démunie de moyens ». Il suffit, dit-elle, de comparer « avec l’antiterrorisme, où les mis en cause sont rapidement interpellés, et les outils informatiques sont immédiatement saisis et exploités ».
Sur ce point, la préfecture de police de Paris aussi se défend. D’après les autorités, les effectifs de la brigade des mineurs de Paris ont augmenté de 40% depuis 2019 pour faire face à l’augmentation des affaires (de 600 à 1500 entre 2019 et 2025, tous types d’affaires confondus). Mais ces affaires « ne se traitent pas en quelques jours », explique la préfecture de police de Paris, qui dit être confrontée à une « réalité matérielle ».
« Les enquêteurs de la brigade de protection des mineurs (BPM) doivent réaliser les auditions de toutes les victimes en suivant le protocole NICHD [adapté à l’audition de jeunes enfants, ndlr] – ce qui induit des disponibilités, y compris des parents d’élèves, la réalisation de l’audition, sa retranscription, puis une visite de la victime aux unités médico-judiciaires (UMJ), ainsi que son expertise psychologique – qui s’ajoutent aux auditions des parents et des différents témoins et ce, avant d’envisager un placement en garde à vue du ou des mis en cause », détaille la préfecture.
« Les enquêteurs apportent un soin tout particulier à leurs investigations afin que les faits puissent être jugés sereinement par un tribunal », concluent les autorités. Pas de quoi rassurer complètement Grégoire, qui craint plus que tout que le dossier de son fils soit classé sans suite.
« Elle nous a expliqué qu’un animateur lui avait montré son zizi »
Cette réalité dépasse largement les frontières de Paris. À Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, Olivia* et Jacques* gardent un constat amer de leur expérience avec la police. En novembre 2025, après les vacances de la Toussaint, leur petite fille de deux ans et demi, se met à pleurer tous les matins et refuse d’aller à l’école Jean-Jaurès où elle est scolarisée en petite section depuis la rentrée. Inquiets, ses parents finissent par l’interroger sur les raisons de ces pleurs.
« C’est là qu’elle nous a expliqué qu’un animateur avait fait une grosse bêtise, qu’il lui avait montré son zizi, raconte Olivia. Elle nous a montré comment cet animateur avait procédé et elle nous a dit qu’on lui avait indiqué que c’était un secret, qu’il ne fallait en parler ni à son papa, ni à sa maman, ni à son grand frère scolarisé dans la même école. » Au fil de la discussion, la petite fille évoque finalement le nom de trois animateurs.
Là encore, les parents préviennent immédiatement l’école, puis la police. La brigade de protection des mineurs de Seine-Saint-Denis est saisie. Une semaine plus tard, une brigadière de la BPM contacte le couple. Sur conseil d’une avocate, Olivia demande alors à ce que sa fille soit auditionnée selon le protocole Mélanie, adapté au recueil de la parole des jeunes enfants. « Là, j’ai senti tout de suite que le ton avait changé », affirme Olivia qui dit se souvenir mot pour mot des déclarations de la policière.
« Votre fille n’a pas été violée, est-ce que cela ne vous suffit pas ? »
À ce moment-là, sa fille a été examinée par un médecin qui conclut à l’absence de viol, mais à la possibilité d’une agression sexuelle : « La policière me dit : ‘Votre fille n’a pas été violée, est-ce que cela ne vous suffit pas ?’ Puis elle me dit : ‘Dans la mesure où elle n’a pas été violée, il n’y aura rien dans notre dossier et ce sera classé sans suite’. »

(…)

« J’ai eu l’impression d’être considérée comme une maman hystérique qui exagérait, je me suis sentie déraisonnable et pas prise en considération. »
Trois semaines plus tard, le dossier est effectivement classé sans suite par le parquet de Bobigny, car la petite fille « était revenue sur les déclarations relayées par ses parents et ne faisait plus état de rien », explique à franceinfo une source proche du dossier.
Inacceptable pour l’avocate d’Olivia et Jacques, Laure Boutron-Marmion. « À quel moment on se contente de sa parole à elle, sans faire une véritable enquête sur les animateurs mis en cause ? Ces animateurs ont déjà exercé dans d’autres écoles, a-t-on appelé ou pas ces écoles ? La réponse est non. Aucun outil numérique n’est regardé. On sait pourtant que la pédocriminalité passe aussi par là », dénonce l’avocate spécialisée dans les affaires de violences sur mineurs.
« Le problème c’est qu’on se contente de la parole de la victime alors qu’il s’agit d’enfants en très bas âge. »
Pour elle, les policiers n’ont pas non plus étudié, lors de cette enquête, les signalements d’autres parents. Pourtant, selon elle, trois autres familles ont fait état d’accusations sur ces mêmes animateurs. D’après nos informations, deux nouvelles enquêtes sont effectivement ouvertes depuis le début de l’année sur ces signalements. De leur côté, Olivia et Jacques ont saisi jeudi 26 mars, la justice pour demander la réouverture des investigations concernant leur fille.

(…)

Des propos qui hérissent Kathleen Taieb. Cette avocate, membre de l’antenne mineurs du barreau de Paris représente une vingtaine de parents, surtout parisiens, dans les affaires du périscolaire. Pour l’avocate, on ne peut accepter un classement sans suite que si l’enquête a été à la hauteur, ce qui n’est pas souvent le cas dans ces affaires, selon elle.
« Je constate quasiment tous les jours que le nécessaire n’a pas été fait et n’est pas satisfaisant, je ne peux pas dire aux parents : ‘C’est sûr votre enfant n’a rien vécu’. Donc il y a un problème », poursuit l’avocate. Des enquêtes qui, parfois aussi, sont totalement à l’arrêt, deux ou trois ans après les plaintes. Le risque, dit Kathleen Taieb, c’est donc que l’on ne tire aucune leçon de ce scandale. « On attend que la vague passe, dit l’avocate. Au risque que cela recommence. »

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30.03.2026

Douze personnes sont jugées à Boulogne-sur-Mer depuis ce lundi dans une affaire de fraude d’ampleur à l’immatriculation. Parmi elles, un policier originaire de l’est de la France accusé de corruption : il reconnaît avoir envoyé des captures d’écran de fichiers d’immatriculation ou de véhicules volés.

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30.03.2026

Un gendarme forçant ses compagnes à pratiquer le libertinage ? C’est l’affaire que le tribunal de Versailles devra juger le 15 mai 2026.
L’homme de 34 ans est donc accusé d’avoir poussé ses deux conjointes successives à s’offrir à d’autres hommes, dont un pompier, entre le 1er septembre 2018 et le 31 juillet 2023. Des faits qui auraient été commis à Versailles (Yvelines), alors qu’il était affecté à la gendarmerie mobile de Satory.
Il demandait parfois à ce que les scènes soient filmées pour les regarder par la suite.

(…)

Les deux femmes concernées, dont une est gendarme, auraient soutenu avoir agi contre leur gré. Une des plaignantes a, en plus, fait état de paroles dégradantes et dénigrantes. Des paroles portant sur son poids, par exemple
Pour le moment, le gendarme concerné a été envoyé en Seine-et-Marne, retiré du service actif alors qu’il était officier de police judiciaire (OPJ). Il s’occupe de faire de l’archivage.

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29.03.2026

Selon l’ordonnance du juge des référés rendue le 13 mars, des efforts ont été faits à la maison d’arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont le taux de surpopulation atteint 213 %. Et nombre de mesures relèvent d’un « choix de politique publique ».
Trois semaines après la sanction disciplinaire infligée à un détenu parce qu’il a refusé l’arrivée d’un cinquième homme dans la cellule, un autre détenu de la maison d’arrêt de Nanterre se plaint des conditions de détention dans ce centre pénitentiaire surpeuplé des Hauts-de-Seine. Pas de procédure disciplinaire pour celui-ci, puisqu’il a attaqué l’État au tribunal administratif.
Par la voix de son avocat, Me Fabien Arakelian, cet homme incarcéré depuis juillet 2023 a demandé que soient ordonnées des mesures d’urgence censées améliorer les conditions de détention « alarmantes » dans cet établissement où le taux de surpopulation atteint 213 %, où 220 détenus dorment sur des matelas au sol, où les douches sont sales, les cafards à la fête, les cellules « vétustes et insalubres », ne comportant ni mobilier suffisant pour le nombre de détenus qu’elles hébergent ni cloisonnement des sanitaires, où le système électrique est « défectueux », l’aération dysfonctionnelle… Un tableau sinistre qui décrit « des conditions de détention indignes ».
« Circulez, y’a rien à voir »
Pour le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), aucune des mesures demandées par le détenu via son avocat ne peut être acceptée. Premier argument : le juge des référés ne peut ordonner des mesures d’urgence que si celles-ci lui « apparaissent de nature à sauvegarder, dans un délai de 48 heures, la liberté fondamentale à laquelle il est porté une atteinte grave », lit-on dans la décision. Deuxième argument : les demandes portent « sur les mesures structurelles et des choix de politique publique ».
En juin 2023 pourtant, le même tribunal administratif avait enjoint le ministère de la Justice de procéder à des travaux « sans délai », pour réparer les fenêtres cassées, les installations électriques… Sept mois plus tôt, le juge des référés avait rendu une ordonnance enjoignant le ministère de prendre huit mesures d’urgence.

(…)

Bref, « circulez, y’a rien à voir », s’étrangle Me Arakelian. « Le mandat de dépôt de mes clients ne mentionne pas qu’ils doivent purger leur peine dans des conditions indignes », grince l’avocat, promettant de « multiplier les saisines du tribunal administratif » pour le compte de ses clients. « C’est peut-être le moment de se reposer la question du mécanisme de régulation carcérale », exhorte le pénaliste.

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28.03.2026

14 mars 2026, Grenoble : un supporter fracassé au visage

(…) Les Red Kaos, groupe de supporters Grenoblois, ont annoncé sur les réseaux sociaux porter plainte contre la police. Dans un communiqué, ils dénoncent « une violence brutale et disproportionnée » alors « que les supporters des deux camps se repliaient ». Selon l’avocat de la victime, sa blessure aurait nécessité plus de 70 points de suture sur le visage. Les coups portés ont été tellement violents qu’un bout de chair lui pendait du nez… Le seul blessé grave de cette après-midi là est le fait de la police, pas de la bagarre que la police prétendait empêcher.


Noisiel, 16 mars : déferlement de violences racistes

(…) On y voyait un policier s’exclamer dans la rue : «Vous voulez jouer ? On va vous enc*ler !» C’est ensuite un déferlement de violences aussi extrêmes que gratuites. Des policiers hurlent, armes au poing, sur des passants. Un tir de LBD part aux cris de «lève toi».

Puis un homme subit un lynchage. Un agent lui crie de courir, avant de tenter de lui mettre une balayette, un autre le met en joue au LBD. L’homme est plaqué au sol et immédiatement tabassé. Une grenade lacrymogène se déclenche au niveau de sa tête, pouvant occasionner de graves blessures. Il est traîné au sol, inanimé. La vidéo s’arrête là.

(…) Ce soir là, trois mineurs de 15 ans ont aussi été placés en garde à vue. L’un d’eux est celui qui reçoit un tir de LBD dans la vidéo. Il est lui aussi tabassé au sol à coup de pieds par un policier. Sa sœur, Meliane explique : « Il a ensuite essayé de courir. On lui a dit : ‘Arrête-toi’. Il s’est arrêté immédiatement, il a mis les mains en l’air. On lui a tiré dessus avec un flashball, il s’est fait menotter et ensuite il s’est pris des coups de pied », rapporte-t-elle. La jeune femme assure qu’il a été hospitalisé 24 heures à la suite de cette interpellation. Il a aussi été victime d’insultes racistes : « Il s’est fait traiter de ‘sale bougnoule, sale n***’ ».

(…) Enfin, un autre homme, Bader Ibrahim, qui était présent sur les lieux, se dit recherché par la police qui veut le « faire taire ». Il a expliqué au journal l’Humanité avoir « peur ».


21 Mars, Vitry-sur-Seine : passé à tabac pour un barbecue

(…) Ce sont des adolescents de 16 et 17 ans pour la plupart. Vers 21h, la soirée vire au cauchemar : ils vont être victimes d’une descente punitive de police.

Plusieurs d’entre eux sont poursuivis et coursés par les policiers, certains frappés. Adel, 17 ans se retrouve coincé dans un hall d’immeuble. Menotté, il est frappé par plusieurs policiers et reçoit une décharge de pistolet électrique. C’est une maman du quartier qui s’interpose en filmant la scène. « Ferme ta gueule, tu vas mourir ce soir sale arabe ». Ce sont les mots menaçant et racistes d’un agent assermenté de l’État. Sans l’intervention du voisinage, Adel serait-il mort tabassé par la police ? Malgré ses blessures lourdes, et son admission à l’hôpital, le jeune homme sera placé en garde à vue par les fonctionnaires de police. Il y a derrière les images de blessures un enfant, une famille, des vies.


22 mars, Rilleux-la-Pape : morsure de chien policier à la gorge

Ce dimanche, lors d’un contrôle, un chien policier démuselé a été lâché sur un jeune homme de 16 ans, qui a été mordu à la gorge. Des vidéos montrent les traces de crocs des deux côté de son cou, dont une enfoncée profondément près de la carotide. Les médecins ont expliqué à la famille qu’à 2 centimètres près, il serait sans doute mort. Les habitants dénoncent un climat détestable dans cette commune, avec une omniprésence policière et des violences répétées, notamment de la police municipale.

(…) Cette fois-ci, le maire raconte que « la laisse du chien cède » et que « l’animal est alors frappé au visage ». Sauf qu’une vidéo montre la scène : des jeunes en bas d’une tour, encerclés par des policiers municipaux agressifs équipés de lampes, et un agent de police qui tire le chien d’attaque vers lui, détache sa laisse et sa muselière, avant que le canidé ne saute sur le jeune, suivi d’un gazage, de coups et d’une mêlée générale.


11 mars Ivry-sur-Seine : un homme handicapé frappé chez lui

Cette affaire a eu lieu durant une perquisition. Ce matin là, la police débarque dans un appartement pour interpeller quelqu’un qui n’était pas sur-place. Pour rien donc. Et plutôt que de repartir, elle en profite pour tabasser un jeune homme de 24 ans soufrant d’un handicap mental lourd. Il est dans un état grave, son oreille a été partiellement découpée. Il s’appelle Islam M., et ne peut pas s’exprimer sur ce qu’il a subi.

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28.03.2026

Lors de la dizaine de coups de feu tirée par le fonctionnaire, un passant a été légèrement blessé, a priori par ricochet. Le parquet a ouvert une enquête.

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27.03.2026

Deux participants à une rave party organisée en décembre à Carhaix (Finistère), dont le camion avait été touché par les tirs d’un gendarme, ont demandé la saisie d’un juge d’instruction pour « tentative de meurtre », a annoncé leur avocat vendredi 27 mars 2026.
« J’ai fait des demandes de suivi de procédure et nous n’avons reçu aucune réponse du parquet. Mes clients n’ont été ni auditionnés, ni convoqués », a déclaré Me Pierre Brunisso à l’AFP.
« Violences volontaires »
Il a ajouté avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile, visant également des faits de « violences volontaires », afin qu’un juge d’instruction soit saisi. Dans cette plainte, dont l’AFP a obtenu copie, Me Brunisso demande notamment que l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) soit en charge de l’enquête.
Elle est accompagnée de la photo du camion présentant deux impacts de balle dans la porte avant gauche. Les deux tirs ont eu lieu dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 janvier alors que Victor, 28 ans, et Emmanuel, 37 ans, quittaient la fête illégale ayant rassemblé 2.500 personnes sur un ancien site industriel Entremont.

(…)

Le 16 décembre dernier, le procureur de Brest Stéphane Kellenberger avait confirmé avoir ouvert une enquête en vue d' »éclairer les circonstances de cet usage d’arme à feu ».

(…)

Victor, le conducteur du camion a lui nié tout refus d’obtempérer, disant avoir été visé par les tirs alors qu’il sortait du site de la rave party au milieu des gaz lacrymogènes et du vacarme des explosions de grenades.

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27.03.2026

Le carnaval de La Plaine est de retour à Marseille ce dimanche 29 mars 2026. La préfecture de Police a pris plusieurs mesures fortes, dont son interdiction à partir de 19h.
Il est redouté chaque année, mais il aura une nouvelle fois bien lieu. Ce dimanche 29 mars 2026, la 27e édition du carnaval de La Plaine se déroule à Marseille.
Depuis des années, l’événement est très critiqué en raison de certains débordements en soirée. Alors, la préfecture de Police a décidé de prendre des mesures avant même sa tenue.

(…)

Chez les autorités aussi, l’événement est craint. Déjà, car il « ne fait l’objet d’aucune déclaration », mais aussi car depuis quelques années, « de graves troubles à l’ordre public » y sont constatés.

(…)

Le carnaval interdit dès 19h
Face à ces enjeux, les services de l’État ont décidé de l’interdire purement et simplement à partir de 19h.
Plusieurs autres ont été prises :
– La détention et le transport d’objets susceptibles de constituer une arme par détention, du dimanche 29 mars 13h, au lundi 30 mars, 3h.
– L’utilisation, le port et le transport d’artifices de divertissement du 28 mars 8h au 30 mars 3h.
– La vente de boissons alcoolisées à emporter et la vente de boissons dans un contenant en verre sur la voie publique à proximité de la place Jean Jaurès du 29 mars 10h au 30 mars 3h.
– La vente de carburants, gaz inflammable ou produits combustibles du 28 mars 8h au 30 mars 6h.
La préfecture de Police indique que tout non-respect de ces règles peut être sanctionné de six mois de prison et 7 500 euros d’amende.

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27.03.2026

Les affections dentaires sont particulièrement fréquentes en prison. Mais se faire soigner est souvent un parcours du combattant.
« Je demande depuis mai à être extrait à l’hôpital pour que l’on m’arrache six dents mortes. Mais à ce jour, rien. […] Ma santé dentaire se détériore de jour en jour, tout comme ma santé mentale. Je ne sais plus quoi faire. » Le témoignage de Monsieur T., incarcéré au centre de détention de Bapaume, est tout sauf isolé. De nombreuses personnes détenues font état de leur attente, de leur souffrance et de leur abattement face aux difficultés d’accès aux soins dentaires en prison. Cette situation, corroborée par les professionnel·les de santé, est d’autant plus alarmante que les personnes détenues sont particulièrement touchées par des problèmes de santé dentaire.
Saisies par l’OIP, plusieurs agences régionales de santé (ARS) et unités sanitaires en milieu pénitentiaire (USMP) confirment un accès aux soins particulièrement sinistré. Dans un contexte de surpopulation, les délais d’attente s’allongent et le nombre de consultations dentaires accessibles diminue.
Le rapport d’activité de l’USMP de la maison d’arrêt de Périgueux souligne ainsi qu’« un nombre important de reports ou d’annulations de consultations médicales est constaté tout au long de l’année » dernière. En 2024, 64% des rendez-vous pris ont dû être annulés. De son côté, l’USMP de la maison d’arrêt de Strasbourg fait état de six mois d’attente pour une consultation de médecine dentaire, en dehors des situations urgentes. Pour les nouveaux arrivant·es, l’ARS de Martinique évoque trois à quatre mois d’attente avant qu’un premier bilan dentaire soit effectué, alors même que chaque personne détenue devrait normalement « bénéficier d’un examen médical dans les plus brefs délais[1]».
Des moyens humains et matériels dégradés
Les longs délais, l’annulation et le report de consultations sont principalement dus au manque de personnel médical dans les USMP. Dans de nombreux établissements pénitentiaires, les postes de dentistes et d’assistant·es dentistes sont très peu pourvus, voire pas du tout. Au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, le poste de chirurgien-dentiste serait ainsi vacant depuis deux ans. L’ARS d’Auvergne-Rhône-Alpes parle d’« un sous-effectif quasi chronique et sur toutes les USMP du territoire en dentistes ».
Ce manque d’effectif s’explique, selon les ARS, par les difficultés de recrutement de praticien·nes, du fait d’« un manque d’attractivité spécifique au milieu carcéral » et de la localisation de certains centres pénitentiaires dans des déserts médicaux. De nombreux postes d’infirmier·ères sont également vacants, limitant les possibilités de prise en charge médicale des personnes détenues. Dans certains cas, des tensions entre les équipes médicales et les directions d’établissements pénitentiaires aggravent cette situation[2]. Le sous-effectif est encore exacerbé par la surpopulation carcérale : alors que les besoins ne cessent de croître, le nombre de soignant·es reste calculé sur la base du nombre de prisonnier·ères théorique et non effectif.
Le manque de moyens humains est couplé à un matériel parfois dégradé et insuffisant. C’est le cas du centre pénitentiaire de Fa’a’ā-Nu’utania, en Polynésie française, qui indique dans son rapport d’activité de 2024 devoir travailler dans des locaux « en sous-sol, sans aération ni issue de secours », ne « répondant pas aux normes de sécurité des personnels ». Le cabinet dentaire de la maison d’arrêt de Périgueux, quant à lui, a dû fermer trois semaines cette année pour « contamination dans le système d’eau ». L’ARS de Martinique, pour sa part, indique ne disposer « que d’un fauteuil [de dentiste], initialement prévu pour 500 détenus », alors que le centre pénitentiaire de Ducos, unique prison de l’île, enferme plus d’un millier de personnes.
Arracher plutôt que soigner
En réponse à cette situation, de nombreuses ARS et USMP ne peuvent avoir recours qu’à des solutions de court terme, insuffisantes au regard des besoins de la population pénale. Il est fait appel à des étudiant·es dentistes, à des dentistes libéraux ou intérimaires pour combler les postes non pourvus. Des journées de prévention sur l’hygiène buccale sont également organisées.
À défaut d’une intervention médicale adaptée, les personnes détenues se voient régulièrement administrer des antalgiques, dont certains présentent de forts risques de dépendance. Monsieur B., incarcéré au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure et ne bénéficiant plus de soins depuis janvier 2025, explique ne pas avoir de prise en charge médicale « à part des bains de bouche et du Tramadol », malgré une santé bucco-dentaire catastrophique : « Il me reste deux dents. Je souffre, j’ai mal aux gencives, mon visage change tous les deux ou trois mois. »
Pour les personnes détenues parvenant à obtenir un rendez-vous avec l’unité sanitaire, l’opération dentaire pratiquée le plus souvent est l’arrachage de dents. En effet, l’impératif pour un personnel médical en sous-effectif de traiter un nombre trop élevé d’urgences dentaires ne permet pas d’envisager les traitements nécessitant un suivi régulier. L’arrachage de dents, peu coûteux en temps et en moyens humains, apparaît alors aux soignant·es comme la seule solution. Monsieur E., incarcéré au centre de détention de Joux-la-Ville, rapporte avoir eu « 19 dents arrachées sur 32 ». Ces interventions sont parfois questionnées par les personnes détenues, considérant que d’autres formes de soin auraient été possibles.
S’automutiler comme dernier recours
Face à la douleur et à l’impossibilité de se faire soigner dans un délai raisonnable, les automutilations sont courantes. C’est le cas de Monsieur T., qui rapporte avoir dû « intervenir deux ou trois fois pour crever un abcès avec une aiguille, [s]’arracher un bout de dent avec un coupe-ongle ou [s]’ouvrir la gencive ». Une autre personne détenue, incarcérée au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran, raconte s’être ouvert la gencive « avec une lame de rasoir désinfectée au briquet ». Ces interventions improvisées dans la détresse, avec un matériel non conforme et dans un environnement non stérile, sont très dangereuses et présentent des risques d’infection.
Le problème structurel d’accès aux soins dentaires en milieu carcéral affecte lourdement la santé des personnes détenues concernées. Elles sont confrontées à d’intenses souffrances quotidiennes, les entravant dans des choses aussi élémentaires que la communication ou l’alimentation. Monsieur B. dit avoir « du mal à parler, à prononcer certaines syllabes et consonnes » et souhaiter un certificat médical pour qu’on lui donne du pain de mie plutôt que du pain classique, qui lui « fait mal aux gencives ». À ce jour, sa demande est restée lettre morte. Ces situations ont également un effet délétère sur la santé mentale des personnes détenues : « Ça joue sur mon mental, psychologiquement je ne suis pas bien. […] Elle est où, ma dignité ? »
Face à des problèmes que l’OIP observe depuis sa création dans les années 1990[3], et qui semblent empirer[4], il est urgent de prendre les mesures nécessaires pour assurer le respect de l’article L. 322-1 du code pénitentiaire, disposant que « la qualité et la continuité des soins sont garanties aux personnes détenues dans des conditions équivalentes à celles dont bénéficie l’ensemble de la population ».
par le groupe Collecte de l’OIP
Cet article est paru dans la revue de l’Observatoire international des prisons – DEDANS DEHORS n°128 – Préparation à la sortie de prison : le grand renoncement
[1] Article R. 212-16 du code pénitentiaire
[2] Voir par exemple : « Absence de médecin depuis plus de quatre mois au centre de détention de Joux-la-Ville : la santé d’une personne détenue en danger », OIP, 8 juillet 2025.
[3] Voir par exemple : « Édenté… », Dedans Dehors n° 4, novembre/décembre 1997.
[4] La santé incarcérée. Enquête sur l’accès aux soins spécialisés en prison, OIP, juillet 2022.

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27.03.2026

Roxane Sinigaglia, 26 mars. Ce jeudi 26 mars, le tribunal judiciaire de Paris a rendu son jugement dans la procédure visant Olivia Zemor, présidente d’Europalestine, poursuivie pour « apologie du terrorisme » en raison de son soutien au peuple palestinien.
Le verdict est d’une brutalité inouïe :
24 mois de prison avec sursis,
une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes,
3000 euros de dommages et intérêts,
2000 euros de frais de justice,
ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans.
Dès la sortie du tribunal, elle a dénoncé la brutalité de cette condamnation, et a annoncé faire appel de cette décision qui marque un saut dans la répression de ceux et celles qui ont dénoncé le génocide du peuple palestinien : « Cette décision a remis une couche sur les décisions déjà très graves du procureur ».
Depuis plusieurs mois, l’association Europalestine est visée par une offensive répressive brutale de la part du gouvernement. Il y a seulement quelques jours, son vice-président, Nicolas Shahshahani, âgé de 77 ans, a été perquisitionné et interpellé violemment dans le cadre d’une nouvelle procédure d’« apologie du terrorisme ».
Loin de se laisser intimider, Olivia Zemor appelle à poursuivre la mobilisation : « Les actes d’Israël continuent à Gaza, en Iran, au Liban, en Cisjordanie, et le gouvernement collabore depuis le début de ce génocide avec les responsables. On ne nous empêchera pas de soutenir les gens qui luttent contre la colonisation israélienne. On ne nous intimidera pas. Cela fait 24 ans qu’on lutte pour la cause palestinienne, on ne s’arrêtera pas ».
Il est essentiel de faire front face à la criminalisation des soutiens de la Palestine. Alors que le gouvernement cherche à faire du cas d’Olivia Zemor un exemple de répression pour terroriser le mouvement de solidarité avec Gaza, il faut organiser un large front en solidarité avec les réprimés et contre le génocide en cours. Ce samedi, soyons nombreux à Paris et partout en France à manifester pour la Palestine, exiger la fin du génocide en Palestine et de la guerre impérialiste au Moyen-Orient, ainsi que l’abandon des poursuites contre les militants d’Europalestine et les militants de la cause palestinienne.
Source : Révolution permanente

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27.03.2026

Condamné à sept ans de prison par la cour criminelle de Loire-Atlantique, le CRS responsable du tir ayant conduit à la mort d’Aboubacar Fofana, en 2018 à Nantes, a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire ce vendredi 27 mars 2026.

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27.03.2026

Ils comparaissaient ce vendredi 27 mars devant le tribunal correctionnel de Nouméa, pour des faits de vols et de violences survenus en mai 2022 à Nouméa.
Sur les images, on les voit intervenir, fortement alcoolisés, dans le squat de Kowe Kara.

(…) Il va même plus loin. Devant le tribunal, cet ancien policier « déplore, dans les auditions, qu’il manque des noms » au dossier.
Le plus âgé, déjà interdit de voie publique pour deux condamnations pour violences, lorsqu’il était encore en fonction, a réfuté une partie des faits qui lui étaient reprochés. Ce jour-là, il avait rejoint l’équipe au commissariat avec un pack de bière et une bouteille de whisky, avant de partir en intervention avec ses collègues. Il n’était pourtant plus affecté à ce service.

(…) L’audience révèle que deux de ces agents de Police ont agi en toute impunité pendant des années. Ils se rendaient régulièrement dans les mêmes secteurs de Nouméa, afin de soutirer de l’argent à des jeunes dont les dossiers judiciaires étaient bien remplis.

(…) « Comment voulez-vous que les jeunes croient en la police, si on se comporte comme ça ? Vous portez une lourde responsabilité de l’image que vous donnez à la population », a déploré le ministère public. « On a affaire à un groupe de Police totalement hors sol. Ils se sont comportés comme les délinquants qu’ils traquaient. C’est un système mafieux. »

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27.03.2026

Renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bergerac, ce vendredi 27 mars, après l’échec de sa comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) en décembre 2025, le policier qui avait percuté deux pompiers sur la RN 21 à Douville, le 6 juin, devra une nouvelle fois se présenter à la barre dans les mois qui viennent.

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27.03.2026

Le Ministre de l’Intérieur connaissait en temps réel tout le déroulé des faits, que l’attaque venait des fascistes et le pedigree nazi du défunt, mais a laissé se répandre un narratif totalement mensonger visant à diaboliser la gauche depuis plus d’un mois : il doit démissionner.
(…) Vu la gravité de ces informations, toute cette affaire apparaît comme une barbouzerie de très haut niveau, visant à détruire le seul parti d’opposition et à diaboliser l’antifascisme. Il s’agit d’une manœuvre de police politique digne de romans noirs ou de régimes corrompus. Les députés qui ont fait une minute de silence pour un nostalgique d’Hitler doivent s’excuser, les Ministres de l’Intérieur et de la Justice doivent tomber, les médias doivent réaliser un démenti général, et les antifascistes doivent être libérés immédiatement.

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26.03.2026

Au petit matin. Une opération de contrôle des sacs, réalisée par la police nationale de Tarn-et-Garonne, s’est déroulée à l’entrée du collège Olympe-de-Gouges de Montauban le mardi 24 mars.
Près d’un millier d’élèves fouillés
Réalisée dans un contexte de vigilance face aux risques d’atteinte à la sécurité au sein des établissements scolaires, cette action dite de « prévention », réalisée en présence du préfet de Tarn-et-Garonne Vincent Roberti et du directeur académique des services de l’Éducation nationale en Tarn-et-Garonne Cyril Le Normand, visait à « rechercher des objets prohibés (couteaux, armes..) et des produits stupéfiants », a confirmé le préfet.

(…)

Si aucun objet illégal n’a été trouvé durant cette opération, Vincent Roberti a confirmé que « des opérations similaires sont prévues d’ici à la fin de l’année à l’entrée des collèges et lycées du département ».

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26.03.2026

Il y a plusieurs mois, il avait accédé, en dehors de tout cadre légal, aux images de vidéosurveillance de la ville. C’est-à-dire sans autorisation, alors que les besoins du service ne nécessitaient pas qu’il pénètre dans le système informatique.

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26.03.2026

Selon le parquet de Paris, sollicité par franceinfo, la jeune policière, affectée à l’accueil du public dans un commissariat marseillais, est accusée d’avoir consulté plus de 5 000 fiches et d’avoir vendu des informations confidentielles au grand banditisme : personnes recherchées, antécédents judiciaires ou encore voitures volées. Elle vendait la fiche 15 euros, contre des prix allant de 50 à 100 euros habituellement. Elle avait ainsi gagné au moins 10 000 euros sur un compte PayPal en quatre mois seulement, entre mai et septembre 2025. La policière remettait les informations puisées dans les fichiers confidentiels à un intermédiaire sur l’application Telegram.
Des fiches revendues à des criminels chevronnés
Cet intermédiaire revendait à son tour les fiches à des criminels chevronnés dans toute la France. Il a été arrêté il y a deux semaines, le 11 mars dernier, avant d’être mis en examen et placé en détention provisoire le 13 mars. Selon le parquet de Paris, au moins une dizaine d’opérations de police judiciaire ont été concernées, que ce soit en matière de trafic international de stupéfiants, de tentative de meurtre, ou encore de détention d’armes.

(…)

L’enquête de la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a été ouverte notamment pour « corruption active » et « corruption passive », « accès frauduleux en bande organisée dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’Etat », « extraction et transmission frauduleuse en bande organisée de données d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’Etat », ou encore « participation à association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement ».

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26.03.2026

L’homme a été reconnu coupable de corruption passive et de violation du secret professionnel pour avoir monnayé des informations confidentielles.

(…)

Ce jeudi (26 mars), le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a prononcé une peine de quatre ans de prison de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, et une interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique à l’encontre d’un policier de 47 ans.
Le 12 février 2026, l’affaire avait été jugée et le fonctionnaire était poursuivi pour corruption passive et violation du secret professionnel.
Cinq ans de prison avait été requis

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26.03.2026

L’ex-policier Laurent D. a été condamné à six mois avec sursis et interdit définitivement d’exercer, huit ans après des violences. Depuis dix ans, StreetPress avait relaté quatre autres accusations de violences de l’agent, toutes classées sans suite.

Mehdi B. est le cinquième habitant de la Seine-Saint-Denis à avoir déposé plainte en moins d’un an, entre octobre 2016 et août 2017, contre Laurent D., dit « Skoll », alors policier au sein de la brigade anti-criminalité (BAC) du Raincy. Ce 26 mars, après neuf ans d’une procédure passée entre les mains de plusieurs juges d’instruction, l’ancien policier de 45 ans a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis par le tribunal de Bobigny pour des violences volontaires sur Mehdi B. lors de son interpellation puis dans le commissariat de Raincy à l’été 2017, quelques mois avant d’être radié de la police nationale pour vol. La peine d‘« avertissement » est accompagnée de l’interdiction définitive d’exercer la fonction de policier et de détenir une arme pendant cinq ans, Il doit également verser 4.000 euros à la victime.
Les quatre autres affaires de violences le concernant, relatées par StreetPress dans deux articles, avaient été classées sans suite par le parquet.
(…)
L’un de ses deux amis indique que Mehdi B. aurait alors chuté, un geste qui a pu être « mal interprété » par les policiers. De leur côté, ces derniers l’accusent sur procès-verbal de s’être « levé avec brutalité » et d’avoir « tenté de [leur] porter un coup ». En tout cas, les secondes qui suivent, Laurent D. le frappe au visage puis lui fait une clé d’étranglement et le plaque au sol. Mehdi dit être ensuite roué de coups de pied et tazé à deux reprises par les autres membres de l’équipage, jusqu’à son menottage.
(…)
Là, Laurent D. lui aurait porté un coup de pied au visage et plusieurs coups aux côtes avec un autre fonctionnaire, avant d’être interrompu par l’irruption de l’officier de police judiciaire de permanence. Des lésions traumatiques sont constatées par un médecin le soir-même — la garde à vue toujours en cours — au cou et au thorax de Mehdi B., qui se plaint également de difficultés à respirer et de douleurs costales. Trois jours plus tard, une radio révèle qu’il a deux côtés cassées. Six jours d’incapacité de travail lui sont délivrés, dont deux pour le retentissement psychologique. Laurent D., de son côté, dépose plainte contre lui pour une douleur à la main droite.
(…)
À l’audience, il affirme que Mehdi B. était « alcoolisé et sous stupéfiants » — ce que rien dans les deux procédures ne vient corroborer — et assure n’avoir pas été présent dans la salle de fouille du commissariat, contre les déclarations de l’officier de police judiciaire, ou encore justifie son interprétation des gestes de Mehdi car « il faisait nuit ». Pour rappel, il était 18 heures en plein mois d’août. Lorsque l’avocate de la partie civile, Maître Dilane Aydin, l’interroge sur les décalages entre ses déclarations et le procès-verbal d’interpellation, il enchaîne les remarques sarcastiques, puis, rappelé à l’ordre par Youssef Badr, souffle bruyamment et « garde le silence » — c’est son droit.
(…)
Depuis son entrée dans la police nationale en 1998, à 18 ans, Laurent D. s’est constitué victime dans 40 procédures, la plupart entre 2008 et 2011, dont 21 pour outrage ou rébellion et 12 pour violences, pour lesquelles il ne se présentait « très rarement, pour ne pas dire jamais » aux procès, un palmarès qui étonne les juges.
(…)
Le dossier est également coloré par les autres accusations de violences relatées par StreetPress en 2017. En lisant à haute voix des extraits du témoignage de Maxen, 16 ans, frappé à l’arcade dans des conditions similaires à celles de Mehdi B, le président lève un sourcil : « Si un lycéen mineur vient vers vous et arme ses poings, on vous apprend à le frapper ? »
(…)
Sur le plan administratif, Laurent D. n’a pas non plus été inquiété. À la place, il est ballotté de service en service, jusqu’en octobre 2017 où il est viré de la police nationale pour avoir volé l’argent d’une personne décédée. Pour ces faits, il a été condamné le 4 octobre 2018 par le tribunal de Bobigny à neuf mois d’emprisonnement avec sursis avec une interdiction d’exercice de l’activité professionnelle pendant deux ans, qu’il n’a donc jamais reprise.
(…)
Pour Mehdi B., le délibéré signe peut-être la fin de l’épée de Damoclès qui le menace depuis huit ans. Depuis 2017, il doit répondre présent tous les trois puis six mois devant la 12e chambre du tribunal correctionnel, où son procès pour violences et rébellion est sans cesse repoussé.

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26.03.2026

Le 1er janvier 2019, Brahim Moussa, 25 ans, décédait un mois après avoir été atteint par une balle de la police, à Lille. La juge d’instruction chargée du dossier a prononcé en non-lieu en faveur du fonctionnaire de la BAC. L’avocat des proches du défunt a fait appel.

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26.03.2026

L’homme reconnaît qu’il était saoul après avoir absorbé « des bières 8’6» qui, comme leur nom l’indique, sont fortes en alcool. Mais pour le reste, sa version est totalement différente. « Je n’ai pas frappé le policier. Une fois dans leur véhicule, ils m’ont coincé la tête entre les sièges avant et je prenais une baffe à chaque fois qu’ils passaient une vitesse. À l’hôpital, ils m’ont traîné au sol. Au commissariat, ils m’ont claqué la tête contre une porte. »
« Moi aussi, je veux porter plainte »
(…)
L’avocat de la défense apporte alors quelques précisions décisives. « Mon client s’était auparavant rendu au commissariat pour porter plainte contre des squatteurs qui l’agressaient. Sa plainte a été refusée. Il est ensuite allé à la gare pour recharger son téléphone puis sur les lieux de l’incendie après avoir aperçu un nuage de fumée. C’est totalement fantaisiste mais il voulait filmer pour revendre les images à la presse !
C’est là qu’un voisin l’a aperçu et l’a accusé d’avoir mis le feu. Il a été plaqué au sol. Une fois arrivés sur les lieux, les policiers ont pris pour argent comptant la déclaration du voisin. Il aurait fallu consulter les vidéosurveillances du commissariat et de la gare ce qui aurait prouvé qu’il ne pouvait être, au même moment, à l’origine de l’incendie. Les vidéos de l’hôpital n’ont pas été vérifiées non plus. Enfin, pourquoi n’a-t-on pas auditionné l’infirmière qui se trouvait présente dans le box où il a censément donné un coup de pied dans les parties génitales du policier ? »

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26.03.2026

Il y a quatre ans, ce chef d’entreprise alors âgé de 33 ans succombait au tir d’un fonctionnaire de police. Amalia, sa veuve, raconte sa vie brisée et celle de ses quatre jeunes enfants. L’auteur du coup de feu mortel sera jugé en novembre. L’instruction a écarté la légitime défense.
C’est devenu un rituel. Ce jeudi à 18h30, Amalia et ses quatre enfants commémoreront le quatrième anniversaire de la mort de Jean-Paul Benjamin.

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25.03.2026

La Cour de cassation a rejeté, ce mardi 24 mars, le pourvoi formé par Christophe Mercier, le fonctionnaire de police qui avait éborgné Maxime Beux, le supporter du SC Bastia, en 2016. Cette décision met un terme à dix années de contentieux et rend définitive la condamnation du policier à la peine de deux ans de prison avec sursis.

(…)

Un soulagement pour Me Benjamin Genuini, le conseil de Maxime Beux : « C’est une grande satisfaction que cette affaire se termine sur le plan pénal, se réjouit l’avocat. C’est une décision parfaitement logique sur un plan juridique puisque l’arrêt de la cour d’assises était incontestable. » En parallèle, l’affaire se poursuit sur le volet indemnitaire.

(…)

En octobre 2025, l’ancien membre de la brigade anticriminalité rémoise avait été reconnu coupable, en appel, de violences volontaires avec arme ayant entraîné une infirmité permanente par la cour d’assises de la Marne.
Il avait écopé de deux ans de prison avec sursis. Une peine à laquelle s’était ajoutée la confiscation de l’arme ayant servi lors des faits. En première instance, en octobre 2022, il avait été condamné à la même peine.

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25.03.2026

Il a accepté une peine de 7 mois de prison avec sursis.
Un procès express et en catimini. Ce mercredi 25 mars, un policier affecté au centre de rétention administratif (CRA) du Canet dans le 14e arrondissement de Marseille a accepté d’être jugé pour des violences selon une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Une sorte de « plaider-coupable » à la française qui se joue à huis clos dans le bureau du procureur, jusqu’à l’homologation en quelques secondes, par un juge, de la peine proposée au prévenu et accepté par toutes les parties.

Âgé de 56 ans, le fonctionnaire en question était convoqué pour des violences aggravées par deux circonstances, par personne dépositaire de l’autorité publique et avec une arme, « en l’occurrence un couteau », relève la magistrate chargée d’acter la procédure. Le profil des victimes des brutalités commises en janvier puis en septembre 2025 au sein même du CRA ? Deux étrangers en situation irrégulière, qui ne sont pas présents ni représentés dans l’enceinte du tribunal judiciaire de Marseille. Et pour cause : sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) ils ont, depuis, été expulsés du territoire français.

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25.03.2026

Le 22 février 2023, Armandina B.P. se rendait au commissariat pour déposer plainte pour violences conjugales contre son conjoint. Elle accuse l’ancien policier de lui avoir imposé une fellation. Un premier viol, puis un second, le 1er mars 2023, lorsque Jean-Pierre D. la convoque à nouveau dans son bureau du commissariat au store baissé.
Viols aggravés, abus de l’autorité que lui confère sa fonction

(…) La mère de famille témoigne de sa peur ressentie : elle pensait l’agent armé et en capacité de la renvoyer en Angola, loin de ses trois enfants nés en France, si elle tentait de se débattre. Armandina P. se souvient de ses insomnies et de ses difficultés à manger après ces viols. « Je voyais ma bouche sale », confie-t-elle.

(…) Des comportements inappropriés avec plusieurs plaignantes
S’il dit avoir débuté un suivi pour ne « pas continuer à vivre comme ça », et pour qu’il n’y ait pas « d’autres madame P », cette dernière n’est pas la seule plaignante à avoir été victime des agissements du policier. Ce même lundi, un enquêteur de l’IGPN auditionné a signalé que sur les 176 plaintes de femmes que Jean-Pierre D. a enregistrées en 2023, 19 ont relevé des comportements a minima inappropriés.
En 2010, il avait été condamné à un mois de prison avec sursis pour exhibition sexuelle envers plusieurs factrices. (…) une ancienne conjointe le qualifie de « prédateur sur le plan sexuel ».

(…) Dans une enquête difficile mais indispensable publiée en juin 2025, le média d’investigation Disclose a retrouvé 57 femmes, qui affirment avoir été harcelées, agressées ou violées, entre 2012 et 2025, en France, par les fonctionnaires chargés de recueillir leurs plaintes.
L’association Mémoire traumatique et victimologie rappelle que seulement 20% des victimes de violences conjugales poussent la porte d’un commissariat pour raconter ce qu’elles ont subi, par peur, entre autres, d’être culpabilisées, jugées, pas crues, ou classées sans suite. Un chiffre déjà bas, et qui tombe à 12% pour les victimes de viols et tentatives de viols.

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25.03.2026

Islam, 19 ans, a été sévèrement mordu à la gorge par un chien de la police municipale le 21 mars à Rillieux-la-Pape. Une vidéo que nous nous sommes procurée montre comment le chien a été lâché par un policier. Islam a porté plainte pour tentative de meurtre. Depuis qu’il a été blessé, les quartiers de la banlieue lyonnaise s’embrasent.

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25.03.2026

Un signalement au procureur de la République de Meaux a été transmis, ce mercredi 25 mars, par l’avocat de Flavel, Me Pierre Brunisso, pour « subordination de témoin ». Présent sur les lieux des violences, le 16 mars, Bader Ibrahim serait recherché par la police afin de « le faire taire ». Joint par « l’Humanité », l’homme confie sa « peur ».
(…)
Depuis une semaine et les violences subies par Flavel, 35 ans, lors d’une intervention de la BAC à Noisiel (Seine-et-Marne), révélée par des vidéos accablantes, le scénario des faits se précise de jour en jour et il n’est guère favorable aux forces de police. C’est une première interpellation violente et injustifiée, le 16 mars à 17 heures, qui aurait contribué à mettre le feu aux poudres : celle du jeune Marco (le prénom a été modifié), 18 ans, pour outrage et rébellion.
Des faits que conteste l’intéressé, qui a déposé plainte ce mercredi 25 mars par l’entremise de son avocat, Me Théo Kermagoret, pour « violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ». Condamné le 18 mars à 70 heures de travaux d’intérêt général (TIG), le jeune homme va également faire appel de cette sanction.
(…)
« Lors de ce contrôle, les policiers soutenaient vouloir faire taire Monsieur Bader Ibrahim en ce que celui-ci avait ”trop parlé”, une photographie du visage de Monsieur Bader Ibrahim était exposée. (…) Il est patent que Monsieur Bader Ibrahim est visé en raison de sa collaboration avec les services d’enquête. »
Hésitant sur la conduite à suivre, l’intéressé semblait quelque peu désemparé. « Porter plainte ? Mais je ne sais pas ce qui m’arriverait si je franchissais la porte d’un commissariat. Je n’ai pas confiance. »

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24.03.2026

« Elle a vécu ça de manière humiliante et dégradante »
Trébuchant une première fois, l’étudiante en deuxième année d’art avait tenté de se relever, poursuivie par deux policiers. Casqué, armé d’un bouclier antiémeute et d’une matraque, l’un d’eux lui avait alors asséné un coup du plat du pied aux fesses en hurlant « casse-toi ! ». Chutant la tête la première, la victime avait évité le bord du trottoir de quelques centimètres.
« C’est bon, oui oui, je me casse », avait-elle répondu, apeurée, alors que le deuxième CRS venait la bousculer brutalement à son tour, la faisant retomber. « Pardon, pardon », avait-elle imploré en se redressant avec difficulté avant de quitter les lieux en titubant, visiblement très choquée.

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24.03.2026

Rebondissement dans l’affaire des mercenaires colombiens.

(…) Le policier est notamment suspecté d’avoir assisté le puissant réseau de narcotrafiquants de la région lyonnaise, dont le chef présumé est détenu à Bogota, en Colombie. Selon les enquêteurs, cette organisation a recruté des tueurs à gages colombiens, suspectés d’une série d’expéditions punitives.
En poste dans le service de garde et de transfert de la sous-direction de la lutte contre l’immigration irrégulière, le fonctionnaire est soupçonné d’avoir fourni des renseignements très précis à ce réseau criminel hors norme, en puisant sans vergogne dans les fichiers policiers. 

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23.03.2026

Lieutenante au commissariat de Suresnes, elle est accusée de faux en écriture publique pour avoir inventé la présence du propriétaire d’une cave fouillée par la police, et lui avoir fait signer le PV à son insu.

(…)

Il n’y a pas mort d’homme, certes, mais bidouiller un procès-verbal est une infraction classée parmi les crimes, qui fait encourir à la policière une peine de quinze ans de réclusion et 225 000 euros d’amende.

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23.03.2026

Lors de sa comparution devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), mardi 13 janvier 2026, l’ancien gendarme de 79 ans, droit dans ses bottes, avait nié toute agression sexuelle sur deux de ses petites-filles entre 1998 et 2012.
En proie à diverses difficultés, l’une d’elles, aujourd’hui âgée de 28 ans, avait finalement confié ce secret à sa maman, à ses sœurs, dont l’une, de cinq ans son aînée, avait eu à se plaindre une fois également de son grand-père paternel. Une plainte avait été déposée en novembre 2023.
Trois ans avec Sursis.
(…) Sa tante avait alors confessé « avoir subi la même chose quarante ans plus tôt ».

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22.03.2026

Ce dimanche 22 mars 2026, peu avant 14 h, un homme a été retrouvé mort par un surveillant pénitentiaire dans sa cellule au centre pénitentiaire de Nantes, boulevard Albert-Einstein.

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22.03.2026

Ce jeune gendarme volontaire, né en 2001, était affecté à la base militaire d’Istres. Mais il verbalisait des automobilistes lorsqu’il était en repos, hors de son périmètre de compétence et notamment à Marseille.

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21.03.2026

Un jeune homme de 23 ans, incarcéré à la maison d’arrêt de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, a été retrouvé mort ce vendredi 20 mars. Il s’est pendu dans sa cellule. Une enquête a été ouverte.

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21.03.2026

Dans la nuit du 17 octobre 2020, à Poissy, le jeune homme de 28 ans est abattu au volant d’un véhicule. Celui-ci avait été suivi pendant 30 kilomètres sur le périphérique puis l’autoroute, jusqu’à chez lui, par la BAC de nuit de Paris. Elle agissait hors de sa zone de compétence territoriale, sans même en avoir informé la salle de commandement. Une chasse à l’homme, manifestement sur la base de critères ethniques.
Contrairement aux premières déclarations mensongères des policiers, aucune infraction routière n’a été commise par la victime d’après la consultation des images de vidéo-surveillance.
Une fois arrivé dans une rue de Poissy le véhicule, talonné par la BAC, stationne. Le policier Gilles G. sort de la voiture en braquant le conducteur avec son arme à feu. Celui-ci redémarre, pour pouvoir ouvrir sa portière coincée par la voiture de police selon les proches du défunt. L’agent tire à trois reprises, alors qu’il se trouve à l’arrière du conducteur. Encore un mensonge : il n’était aucunement en danger, et les munitions sont arrivées dans le dos de la victime.
Le policier est mis en examen pour homicide volontaires quelques jours plus tard, mais laissé libre sous contrôle judiciaire. Il continuera néanmoins d’exercer comme policier dans un bureau, sans arme de service.
Le procès du policier s’est ouvert ce vendredi devant la Cour d’Assises de Versailles et se tiendra jusqu’à vendredi prochain.

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21.03.2026

Une semaine après, les Red Kaos, groupe d’ultra grenoblois annonce avoir déposé plainte contre les forces de l’ordre et dénoncent des violences policières commises pendant la bagarre de supporters.

(…) Dans un communiqué publié sur la page Facebook du groupe de supporters, les Red Kaos dénoncent l’usage « d’une violence brutale et disproportionnée » alors « que les supporters des deux camps se repliaient. » Plusieurs membres auraient été blessés par les agents de police  » dont un très lourdement après un énorme coup de matraque en plein visage ». La blessure aurait nécessité plus de 70 points de suture sur le visage.

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21.03.2026

Au lycée Saint-Exupéry à Lyon, plus de 200 lycéens ont bloqué leur lycée mercredi et jeudi contre l’extrême-droite et les idées réactionnaires. Ils ont subi une répression brutale, avec un lycéen hospitalisé, 6 personnes placées en garde-à-vue dont une qui doit être déférée.

(…) Mais à partir de 10h, la police pénètre subitement dans la cour du lycée et gaze les lycéens du blocage, pris par surprise. Les policiers lancent aussi des grenades de désencerclement. Une répression très violente, qui se poursuit dans la rue Hénon où se trouve l’établissement.

(…) Le 18 mars, la police aurait interpellé 3 lycéens.
Le lendemain, les lycéens décident de reconduire le blocage dès 7h30. À peine un quart d’heure plus tard, la répression commence déjà, avec des policiers de la BAC en civils.

(…) C’est à ce moment-là que la police saisit l’opportunité pour gazer de nombreux lycéens à seulement quelques centimètres du visage !
Pour contrer la résistance des lycéens qui veulent tenir leur blocage, la violence de la police est déchaînée. Des lycéens sont plaqués très violemment au sol et matraqués. Un lycéen blessé est même évacué et part à l’hôpital, et trois personnes sont interpellées. Un épais brouillard de gaz lacrymogène s’étend sur la rue Hénon, ce qui gêne des passants et la crèche à proximité.

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21.03.2026

Une vidéo filmée le 14 mars à Guiche (Pyrénées-Atlantiques) montre deux hommes en polo de gendarme tenir des propos racistes et faire un salut nazi.
(…) Elle circule d’abord discrètement, sous la forme d’une story privée sur Instagram, avant d’être rendue publique le 18 mars sur Facebook par le mouvement antifasciste basque Ipeh Antifaxista. Ses militants affirment ne pas vouloir laisser passer « saluts nazis de comptoir » ni ces appels aux violences racistes et dit avoir identifié les deux protagonistes.
(…) L’un d’eux désigne son voisin et lance : « Lui, c’est un monstre, il a attrapé trois bougnoules ce soir. » Son interlocuteur répond aussitôt : « Trois Arabes en moins ! » Le premier enchaîne alors avec un « Viva la France ! Heil, heil, heil ! », accompagné d’un salut nazi.
Selon les militants d’Ipeh Antifaxista, le premier homme serait un membre du comité des fêtes de Came, commune voisine. Le second serait un gendarme, une piste que les investigations internes de la gendarmerie départementale n’ont, à ce stade, pas confirmée, établissant au contraire que la personne « n’est pas un militaire d’active de la gendarmerie nationale ».

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20.03.2026

Un contrôle routier tourne mal dans la commune de Tsingoni à Mayotte. Un gendarme tire sur un homme armé. Celui-ci décède.

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20.03.2026

Un Choletais de 27 ans a comparu mardi 17 mars devant le tribunal correctionnel d’Angers, poursuivi pour outrages, rébellion et provocation à la rébellion. Deux policiers avaient porté plainte contre lui, l’accusant de s’en être pris à eux dans la nuit du 3 au 4 juillet 2025 à Cholet. Sauf qu’une vidéo, tournée par un témoin, a contredit la version policière.

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20.03.2026

Les faits étaient survenus en marge du mouvement “Bloquons tout” le 10 septembre 2025, à Gap. Des manifestants s’étaient rassemblés devant le commissariat pour demander la libération de leur compagnon, en garde à vue pour un tag devant la pyramide de l’esplanade Desmichels.

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20.03.2026

« Au début des années 1990 […], dans cette “centrale” comme ailleurs, des perpètes sortaient encore (en conditionnelle) après 16 à 18 ans de cage. […] À l’heure actuelle, des perpètes (dont la plupart avaient une “période de sûreté” de 15 ans) sont encore en taule après une quarantaine d’années de cage (et deux, trois, quatre… passages au CNE : centre national d’élimination, si j’ai bien compris sa finalité). Et cette réalité : que l’on puisse passer quarante années (voire plus) en cage, sans avoir encore aucune date de sortie en perspective, ne choque (apparemment) personne. […]
Ces prisonniers très très longues peines, âgés à l’heure actuelle, sont traités comme des arrivants de la veille. Car il n’y a aucune progression dans le déroulement (interminable) des peines. En Belgique, une prison adaptée à l’âge (et à l’état de santé) des vieux prisonniers existe. Ici, on est encagé dans des bâtiments hors de toute norme (européenne), construits en 1885 et rafistolés depuis. Ces très très longues peines, encore en taule après une quarantaine d’années, ne sont pourtant pas des “tueurs en série médiatisés” (sic). […]
Il est courant, dans les télés, radios et autres grosses machines […], de faire (et laisser) croire qu’en France, les perpètes sortent de prison aussitôt leur temps de sûreté fini. […] La réalité est hélas tout autre. […] De plus, le délai légal de réponse à une demande de conditionnelle est de six mois, mais en réalité cette réponse arrive après deux, trois années d’attente : les “expertises” et autre ne sont alors plus valables, la “promesse d’emploi” ne tient plus, le stage formation visé est terminé depuis longtemps et la place d’hébergement au foyer est prise…
Cet acharnement à éliminer les longues comme les très longues peines n’est pas justifiable par le taux de récidive (0,8% chez les perpètes, 2 à 3% pour les moyennes et longues peines, tous crimes confondus). Cela n’est dû qu’à une volonté politique. »
Courrier reçu à l’OIP en septembre 2025

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19.03.2026

Une femme accuse un policier d’Alençon (Orne) de l’avoir frappée lors d’une intervention le 11 septembre 2023. Dans le cadre de son placement en garde à vue pour violences conjugales, elle était « dans un état second » lors de son transport à l’hôpital : insultes, crachats… Et c’est en voulant se protéger d’un crachat que le policier aurait eu un mauvais réflexe.

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18.03.2026

Plus de deux ans après la mort de Rony Cély, tué par des gendarmes le 9 janvier 2024 à Goyave lors d’une intervention, la justice a prononcé un non-lieu. Une décision contestée par la famille de cet homme de 39 ans, atteint de schizophrénie au moment des faits, qui estime que la riposte des forces de l’ordre a été disproportionnée.
(…) C’est une décision judiciaire qui ravive la douleur et la colère des proches de Rony Cély.
(…) En quelques secondes, un gendarme ouvre le feu. Huit tirs sont effectués. Rony Cély s’effondre et succombe à ses blessures.
Cette séquence, brève et violente, est au cœur de la procédure judiciaire ouverte après les faits. Elle nourrit depuis plus de deux ans une vive controverse en Guadeloupe autour de l’usage de la force face à une personne souffrant de troubles psychiatriques.
(…) Pour l’avocate de la famille, Me Gladys Démocrite, plusieurs zones d’ombre demeurent, notamment à la lecture des images issues de la caméra-piéton versées au dossier. Selon elle, l’attitude du gendarme et la rapidité de l’intervention interrogent.
« Le gendarme a fait tout le contraire puisqu’il a pointé son arme, il lui a parlé avec agressivité et, en réalité, Rony a été abattu en 30 secondes. »
(…) Elle estime que la vidéo doit permettre à chacun d’apprécier les circonstances exactes du drame, tout en posant une question de fond : la prise en charge d’une personne en crise psychique par les forces de l’ordre.
La défense de la famille dénonce aussi l’absence de secours immédiats apportés à Rony Cély après les tirs. Pour les proches, la réponse apportée ce jour-là par les gendarmes n’était ni adaptée à l’état mental de la victime, ni proportionnée à la situation.
(…) Dans un communiqué publié ce mercredi 18 mars, l’UPLG apporte son soutien « total et indéfectible » à la famille Cély dans son combat pour la vérité et la dignité.
« Ce non-lieu n’est pas seulement une déni de justice, c’est une insulte à la mémoire de Rony et à la douleur de ses proches. Le mépris atteint son paroxysme quand nous apprenons que le gendarme, auteur des tirs mortels, ose réclamer la somme de 35 000 euros à la famille CÉLY pour un prétendu « préjudice moral » lié à la diffusion de la vidéo des faits. »
(…) La famille a déjà fait appel de l’ordonnance de non-lieu, déterminée à obtenir un réexamen de l’affaire.

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Autres articles en lien avec l’affaire

18.03.2026

Le 6 mai 2018, à Caen (Calvados), vers 1 h du matin, un groupe de cinq amis est agressé par un autre groupe, composé de dix membres, près du port, devant l’hôtel Mercure.
Quand le premier groupe voit la police arriver, ils sont soulagés. L’un des cinq amis s’avance vers les forces de l’ordre. Un premier policier lui dit de reculer en lui donnant un coup assez sec au niveau de l’estomac, ce qui le vexe parce qu’il ne comprend pas cette réaction.
Mais un second policier arrive derrière le premier et donne un coup de poing au visage du passant

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17.03.2026

Le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans par une ordonnance de fin janvier 2026 qui vient d’être rendue publique, a fait « injonction » à la préfète du Loiret de « faire procéder à la restitution provisoire » de l’arme de service d’un gendarme du groupement du Loiret visé par une enquête pénale. L’arrêté ordonnait au militaire de se dessaisir de ses armes.
Un rapport par le commandant de la compagnie
Ce sous-officier dans la gendarmerie nationale avait en fait été visé par un « rapport administratif« , le 7 mai 2025, par le commandant de sa compagnie d’affectation. Dans la foulée, le 12 mai suivant, la préfète du Loiret avait ordonné à ce gendarme de « remettre immédiatement les armes, munitions et éléments d’armes en sa possession » et lui avait fait « interdiction d’acquérir ou [d’en] détenir ».
Sophie Brocas avait également prévu la « mention de cette interdiction au Fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes » (FINIADA) et lui avait retiré son permis de chasse.
Un militaire déjà visé par des antécédents judiciaires
Mais le militaire – déjà visé par une « mention » au fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) qui recense les personnes faisant l’objet d’une enquête – avait saisi le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans pour obtenir la suspension de cette décision, jusqu’au réexamen au fond de l’affaire par une formation collégiale de trois magistrats d’ici dix-huit mois à deux ans.

(…)

Il était enfin empêché de s’adonner à ses « loisirs », la chasse et le tir sportif, et subissait donc « une atteinte disproportionnée à ses libertés » alors qu’il est « présumé innocent ».
Un obstacle certain à l’exercice de son métier
Son « impossibilité de s’adonner à la chasse (…) ainsi qu’au tir sportif » – de « simples loisirs » – ne constitue qu’une « atteinte limitée » à ses libertés, constate tout d’abord le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans dans une ordonnance en date du 26 janvier 2026 et qui vient d’être rendue publique. Elle ne permet donc pas de « caractériser (…) une situation d’urgence ».
Pas les armes de chasse et et de loisirs mais l’arme de service

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17.03.2026

Une opération de fouille de sacs menée par la police nationale a surpris les élèves du collège Flamens dans le Tarn-et-Garonne. En une trentaine de minutes, près de 360 collégiens ont été contrôlés par une douzaine de policiers. Il s’agit de la quatrième intervention du genre organisée dans les établissements scolaires de la commune depuis 2025.
Les collégiens ne s’y attendaient pas.

(…)

 » Ils ont vraiment été surpris « , confie une source proche de l’établissement.

(…)

Pour mener cette opération, dix policiers de la police nationale, sous l’autorité du commandant Lilian Clément, chef de la circonscription de police de Castelsarrasin, étaient mobilisés, épaulés par deux agents de la police rurale de Castelsarrasin.
À l’issue de l’intervention, aucun objet compromettant n’a été découvert, ni arme ni produit stupéfiant. Mais l’opération a visiblement marqué les esprits chez certains élèves, peu habitués à ce type de dispositif.

(…)

À chaque fois, les contrôles n’ont pas permis de découvrir d’objets dangereux, mais les autorités défendent l’intérêt de ces opérations.
Dans les établissements castelsarrasinois, les élèves savent désormais que les contrôles peuvent surgir à tout moment. Une stratégie assumée par les forces de l’ordre, qui misent sur l’effet de surprise pour maintenir un climat de sécurité autour des établissements scolaires.

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17.03.2026

Sept ans et demi après les faits, les CRS qui ont violenté des gilets jaunes dans un Burger King de Paris en 2018 ont été condamnés à de la prison avec sursis.
Neuf CRS ont été condamnés mardi 17 mars 2026 à des peines d’emprisonnement avec sursis de 6 à 24 mois pour avoir matraqué des « gilets jaunes » dans un Burger King parisien le 1er décembre 2018, le troisième week-end de manifestations.
Aucun des prévenus n’était présent
« L’usage de la force ne présentait pas les conditions strictes et impératives de nécessité et proportionnalité », a souligné le président du tribunal correctionnel de Paris en rendant son jugement, alors qu’aucun des mis en cause ne s’était déplacé pour l’entendre.
Tous les policiers condamnés étaient membres de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire. Ils comparaissaient pour violences volontaires aggravées. Un procès qui a été d’autant plus médiatisé que les scènes de matraquages ont été filmées et largement relayées sur les réseaux sociaux, accentuant l’indignation générale.

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17.03.2026

Mardi 17 mars, un policier municipal de Briançon, ancien légionnaire, comparaissait devant le tribunal de Gap pour menace de mort à l’encontre de la commandante du commissariat de Briançon.

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17.03.2026

Justice. La cour criminelle condamne un ancien élève de l’école nationale de police de Oissel à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis.

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17.03.2026

Ces images montrent une situation de gangstérisme. Une pratique milicienne ou mafieuse, qui consiste à terroriser, tabasser et faire fuir des gens dans l’espace public.

(…) Un policier lance d’emblée : «Vous voulez jouer ? On va vous enc*ler !» Une voix fluette répond : «On va manger, là», le policier hurle «J’men fous, y’a tout ici !» Un fast food se trouve le long de la rue.
C’est ensuite un déferlement de violences aussi extrêmes que gratuites. Des policiers hurlent, armes au poing, sur des passants. Un tir de LBD part aux cris de «lève toi». Une balle en caoutchouc, mutilante, pour faire fuir un passant.
Puis un jeune qui refuse de s’enfuir face aux menaces, et qui se contente de marcher dans la rue, subit un véritable déchainement.
Une policière exhibe un lanceur de grenade. Un agent crie au jeune homme de courir, avant de tenter de lui mettre une balayette. Le jeune homme se met finalement à courir.

(…) Le jeune s’arrête, il est plaqué au sol et immédiatement tabassé. Une grenade lacrymogène se déclenche au niveau de sa tête, pouvant occasionner de graves blessures. Tout en étant frappée, la victime a la tête maintenue dans un épais nuage de lacrymogène, en continuant d’être rouée de coups. Finalement, cet homme est traîné au sol, inanimé. La vidéo s’arrête là.
Pour chasser des jeunes sortis manger dans un fast food, une bande d’agents armés a créé une zone d’ultra-violence.

(…) Cette vidéo de quelques secondes, c’est un aperçu du fascisme déjà là, celui qui frappe tous les jours dans les quartiers, dans l’indifférence générale.

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16.03.2026

Les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale sur leur téléphone professionnel depuis 2022. Relié au TAJ, le fichier d’antécédents judiciaires, l’outil permet d’obtenir des informations personnelles sur plus d’un quart de la population française grâce à une photo prise sur le vif. Des fonctionnaires ont recours à cette pratique hors de tout cadre légal, en particulier lors de contrôles d’identité, révèle Disclose, témoignages et documents à l’appui. Jusqu’à présent, le ministère de l’intérieur laisse faire.
Avril 2025, dans le centre-ville de Marseille. Ahmed, 18 ans, profite de l’ombre d’un platane avec des amis. Plusieurs camions de police se garent, des agents en sortent puis se dirigent vers eux. Rien d’inhabituel : sur la place Jules-Guesde, à deux pas de la porte d’Aix, les contrôles d’identité sont fréquents. La suite est plus inhabituelle. « Ils nous ont contrôlé direct et ont sorti de gros portables rectangulaires, raconte Ahmed. Ils les ont pointés vers nous et nous ont pris en photo ». Le jeune homme, apprenti pâtissier, n’a même pas eu à présenter de papiers d’identité : sa photo a suffi à renseigner les policiers. « Comme ils ont vu que je suis régularisé, ils m’ont laissé tranquille », dit-il.
D’après notre enquête, les fonctionnaires qui ont contrôlé le jeune marseillais ont utilisé un logiciel de reconnaissance faciale installé sur leurs téléphones de service. L’appareil baptisé « NEO », pour « nouvel équipement opérationnel », est une sorte de smartphone dont sont dotés tous les policiers et gendarmes français. Depuis 2022, outre les fonctions habituelles d’un smartphone, la lecture automatisée de cartes d’identité ou de plaques d’immatriculation, le NEO donne accès à un outil de reconnaissance faciale. Une technologie directement branchée sur un immense fichier de police : le TAJ.

(…)

Mis en service en 2014, le TAJ, pour « traitement d’antécédents judiciaires », contient environ 17 millions de fiches sur des personnes mises en cause dans une enquête, mais aussi 48 millions de victimes. Sur chaque fiche, on trouve le nom de l’individu, sa date de naissance, son adresse, sa profession, ses coordonnées téléphoniques voire des informations personnelles sensibles telles que l’appartenance politique ou religieuse. Et parfois, sa photo – le TAJ contient jusqu’à 9 millions de portraits de face, d’après un document du secrétariat général du ministère de l’intérieur obtenu par Disclose.
Dans le cas d’Ahmed, les policiers ont donc consulté un fichier de police en le rapprochant d’une photo prise sous la pression. C’est totalement illégal : la consultation du TAJ et l’utilisation de la reconnaissance faciale lors « d’une opération de contrôle d’identité » sont interdites en France. C’est ce que révèle une instruction du ministère de l’intérieur relative à la « consultation de l’application » TAJ, datée de février 2022, que Disclose s’est procurée.
Instructions du ministère de l’intérieur liées à l’utilisation du fichier TAJ sur les appareils NEO. Source : Disclose.
Dans ce document, on apprend sous la plume de Céline Berthon, à l’époque directrice centrale de la sécurité publique — elle dirige aujourd’hui la DGSI –, que le « rapprochement par photographie » est disponible sur « les tablettes et smartphones » depuis le 24 janvier 2022. En clair, cela fait quatre ans que les policiers se promènent avec cette redoutable technologie dans la poche et qu’ils peuvent s’en servir sans la moindre autorisation. Côté gendarmerie, l’accès à la fonctionnalité reconnaissance faciale a été ouvert aux agents de la voie publique et de la sécurité routière deux ans plus tôt, d’après une autre note interne.
Problème : le code de procédure pénale limite strictement la consultation de ce fichier à des agents « individuellement désignés et spécialement habilités » à y avoir accès. Et ce, dans le cadre d’une enquête criminelle, une infraction ou un délit. Le TAJ ne peut aucunement être consulté lors de contrôles en « temps réel ».
Photo extraite de l’enquête vidéo de Camille Reporter, réalisée en partenariat avec Disclose.
À Marseille mais aussi à Paris et à Lyon, Disclose a recueilli les témoignages de six hommes, dont Ahmed, qui ont été photographiés par des policiers et identifiés à l’aide de la reconnaissance faciale, entre fin 2021 et 2025. Certains ont fait l’objet d’un contrôle d’identité dans la rue. D’autres ont été ciblés lors de l’évacuation de squats ou encore en marge d’une manifestation. C’est le cas de Roger*, un manifestant contrôlé place de la République, à Paris, lors d’un rassemblement de soutien à la Palestine. « Le policier sort quelque chose qui ressemble à un téléphone, un pavé noir, et il essaie de me prendre en photo », témoigne-t-il de manière anonyme, de crainte d’éventuelles représailles. Son tort ? Il n’a pas de pièce d’identité sur lui. « Je ne trouvais pas ça normal, alors j’ai tourné la tête, j’ai grimacé pour éviter d’être pris en photo, poursuit-il. Le policier a demandé à deux de ses collègues de me tenir. Je sentais leurs mains gantées sur mon visage… Ils me forçaient à faire face à la caméra ». Quelques instants après avoir pris la photo, l’agent énonce son nom, prénom, mais aussi le motif d’une ancienne garde à vue. L’affaire en reste là.
Un fichier de police hors de tout contrôle
Nous nous sommes procuré le mode d’emploi sur ordinateur de la fonctionnalité reconnaissance faciale du TAJ, conçue par la société allemande Cognitec. Son interface ressemble en tout point à celle qui équipe les téléphones NEO. D’après la notice d’utilisation, il suffit de charger la photo d’un individu dans le logiciel puis de cliquer sur le bouton « rapprocher » pour activer la machine : « Les 200 photos les plus pertinentes » enregistrées dans le TAJ s’affichent au bout de « quelques secondes, normalement moins d’une minute ».
Extraits de la notice d’utilisation de la reconnaissance faciale dans le TAJ. Source : Disclose
Un jeu d’enfant expérimenté sous nos yeux par un policier basé dans le sud de la France. Son NEO en main, Tony* ouvre l’application TAJ, sélectionne l’onglet « rapprocher », avant de cliquer sur « photo de personne ». « Je n’ai plus plus qu’à sélectionner dans mon album la photo d’une personne et on y est » commente-t-il sans aller plus loin pour ne pas laisser de traces. « Un compte nous est attribué dès qu’on sort de l’école de police. Tout le monde y a accès », raconte Tony, absolument pas étonné d’apprendre que des collègues se branchent au système sans autorisation : « Ils contrôlent 10 à 15 gars à la journée, toujours les mêmes têtes. Certains collègues abusent en se disant qu’ils vont pouvoir verbaliser pour du stup, par exemple, sur le thème : “tiens t’es connu, et bien je t’en remets une” ».
Vous avez été victime ou témoin d’utilisation de la reconnaissance faciale par la police :
Écrivez-nous via l’application Signal au 06 58 05 14 35
L’affaire est sérieuse : les règles d’utilisation du TAJ précisent bien que « chaque agent doit être individuellement désigné et spécialement habilité par une autorité hiérarchique eu égard à son service d’appartenance et aux missions à accomplir. » Et le document de rappeler que « toute utilisation frauduleuse entraîne la mise en jeu de la responsabilité professionnelle de l’agent » mis en cause.
« Je ne suis pas physionomiste, mais il me semble que c’est lui ».
Une fonctionnaire de police
Le sentiment d’impunité est tel que des membres des forces de l’ordre se laissent filmer en pleine infraction. En janvier 2022, dans un numéro de l’émission Sept à huit consacré à la police, repéré par l’association de défense des libertés numériques La Quadrature du Net, on peut entendre une policière commenter le résultat obtenu grâce à son NEO : « Je ne suis pas physionomiste, je ne reconnaîtrais même pas mon frère, mais il me semble que c’est lui ». Un autre reportage exhumé par Disclose montre cette fois un policier en train de braquer un smartphone sur le visage d’un homme au visage flouté. « On n’arrête pas le progrès », commente-t-il, amusé.
Un policier utilise son téléphone NEO pour contrôler une identité avec la reconnaissance faciale.
Place Beauvau, le détournement est connu et signalé depuis au moins trois ans. C’est ce que dévoile le rapport d’activité de l’IGPN pour l’année 2023. À la page 35 du document, la police des polices écrit noir sur blanc que le TAJ est « très fréquemment utilisé sur la voie publique lors des contrôles d’identité ». Plus loin, les auteurs relèvent aussi que l’accès au fichier sur les appareils NEO laisse « craindre que le nombre de consultations injustifiées s’accroisse ». En apparence, l’administration s’est donné les moyens techniques de contrôler sa bonne application : à chaque fois qu’un policier consulte ou ajoute une photo au TAJ, l’opération est tracée à la minute près et l’information conservée pendant trois ans. Utiliser le TAJ hors des clous expose à des peines de prison et jusqu’à 300 000 euros d’amende.
Sollicité pour savoir si ses services contrôlent l’usage du TAJ et de la reconnaissance faciale et comment ils s’y prennent, le ministère de l’intérieur n’a pas voulu répondre à nos questions. Même silence du côté de la police nationale et de la gendarmerie*.
« Surveillance de masse »
Une chose est sûre : l’exploitation du TAJ, associée à la reconnaissance faciale, a plus que doublé en cinq ans. De 375 000 consultations en 2019, elle est passée à près de 1 million en 2024. Cela correspond à 2 500 consultations quotidiennes, selon un document du secrétariat général du ministère de l’intérieur, sans que l’on puisse détailler le nombre d’utilisations illégales de celles liées à une enquête judiciaire ou administrative.
« Quand des policiers peuvent photographier qui ils veulent pour savoir qui est qui, c’est un renversement de l’État de droit. On bascule dans un État policier ou de surveillance de masse », alerte Noémie Levain, juriste à la Quadrature du net. Une bascule d’autant plus préoccupante que le fichage de la population est loin d’être un sujet superflu. « Quand il a été mis en place à la fin du 19 ème siècle, le fichage devait permettre de retrouver les personnes récidivistes, poursuit Noémie Levain. Mais assez vite, il a été utilisé pour ficher les étrangers et les gens du voyage. En 1940, très peu de changements ont été nécessaires pour qu’il puisse cibler les Juifs, les communistes et toutes les personnes tuées par le régime de Vichy ». Il a suffi d’un « tout petit changement de curseur », poursuit-elle, pour que les archives de la police servent à « aller chercher les gens chez eux ».
C’est la deuxième fois que Disclose prend le ministère de l’intérieur en flagrant délit d’utilisation illégale de la reconnaissance faciale. En novembre 2023, nos révélations sur le logiciel de vidéosurveillance Briefcam, déployé illégalement dans des dizaines de service de police et gendarmerie, ont conduit Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, à déclencher une enquête administrative. Un mois après la publication de l’enquête, ses services ont dû désactiver le logiciel.
*Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés.
Reconnaissance faciale : l’enquête vidéo
*Mise à jour, le samedi 21 mars à 11h45 :
Nous écrivions dans une précédente version que la gendarmerie « n’a pas souhaité répondre à nos questions » . Samedi 21 mars, son service de communication nous précise qu’il a répondu à nos questions puis les a transférées au ministère de l’intérieur, qui devait centraliser les réponses. Celles-ci ne nous ont jamais été communiquées.

(…)

En partenariat avec Disclose, la Quadrature du Net a édité un guide sur la reconnaissance faciale et les contrôles d’identité intitulé : « Que peut faire la police ? » Un manuel en accès libre pour connaître vos droits et savoir comment vous défendre face aux abus.

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16.03.2026

« J’avais l’impression d’être leur petit monstre. » Assis•e à la terrasse d’un café autour d’une boisson réconfortante, Axel se remémorre le déferlement de violence de genre qu’iel a subit de la part des policier•e•s ce soir là. « C’est la première fois que j’éprouve cette enbyphobie de façon aussi frontale. » [L’enbyphobie est une forme de transphobie à l’égard d’une personne non-binaire]. La veille, alors que les militant•e•s du groupe local d’Extinction Rebellion repartent sur leur vélo après avoir remplacé les publicités d’un abribus par leurs propres affiches, une voiture de police arrive dans leur direction. Iels tentent de repartir par des petites rues résidentielles mais se font vite rattraper par les gyrophares. « Ils sont arrivés pleine balle ! Heureusement qu’on s’est arrêté », se souvient Juliette. « Après tout est allé très vite », poursuit-t-elle.
« Toi, on ne sait même pas de quel sexe t’es »
« Iels nous demandent de poser nos vélos, nos sacs et de retirer nos cache-cou. » C’est à ce moment que les ennuis commencent pour Axel. « Quand je retire le cache-cou qui me masque le visage, un des policiers commence par me genrer au masculin. » D’un mouvement brusque, il lui baisse ensuite la partie qui lui recouvre les cheveux. « Quand il voit ma coupe, il me dit : ‘toi, on ne sait même pas de quel sexe t’es !’ « . Ces violences de genre vont revenir constamment. Le petit groupe de quatre n’est pas très bavard face aux forces de l’ordre. Certain•e•s préfèrent garder leur droit au silence, ce qui a pour effet de les agacer. « Ca n’existe pas, c’est dans les films », répond l’un d’entre eux à Juliette. Tous•tes, excepté Benoît, sont ensuite menotté•e•s puis conduit•e•s au commissariat. Juliette et Axel sont côte à côte, dans la même voiture. Iels font part de leur stress et de leur incompréhension sur la conduite qu’adopte le policier au volant. « On roule à plus de 100 km/h avec les gyrophares et la sirène en slalomant entre les voitures ! Au niveau de la place de Verdun on a failli écraser un piéton. Il a dû courir pour éviter la voiture qui n’a même pas ralenti ! C’est une dinguerie de conduire comme ça, on n’a vraiment pas compris ! » Iels arrivent en premier•e•s au commissariat, suivi par Benoît et Dylan qui se trouvent dans une autre voiture.
Harcèlement et intimidations
Les quatre membres d’Extinction Rebellion sont d’abord assis•e•s dans une même pièce. Mais rapidement, Axel est mis•e à l’écart du groupe. Juliette se souvient d’avoir eu vraiment peur pour sa•on camarade qui subit clairement un traitement différencié et plus violent que le reste du groupe. Axel est emmené•e par la policière pour se faire fouiller dans une salle à part. « Elle me guide dans un couloir avec plein de cellules et d’un coup, elle me pousse de façon démesurée vers la salle de fouille comme si j’essayais de m’enfuir », raconte-t-iel encore offusqué•e par cette scène. En dépit de ce geste, la fouille est « réglo » témoigne Axel. « J’avais peur des autres flics. Alors quand elle me met dans cette salle fermée et non visible les mecs qui me font des remarques sur mon identité de genre, le stress redescend ». Mais iel continue quand même de recevoir des remarques hostiles de la policière. « Le fait de sourire et de ne pas répondre quand elle me pose des questions, ça l’énerve vraiment ! », ressent-iel. Elle lui dit : « Pourquoi vous êtes autant anti-flic ? Vous ne respectez tellement pas l’ordre et la loi ! » Pourtant, les « Rebel•le•s » ne montre pas d’animosité envers les forces de l’ordre. C’est plutôt ce que leur renvoient les quatre acolytes qui ne leur plaît pas. « A un moment, j’entends le chef dire de nous ‘ça c’est ce que je déteste le plus’ « , se remémore Axel.
Après la fouille, iel est placé seul•e, dans une cellule. « Quand je passe devant iel pour me faire fouiller à mon tour et que je vois son sourire, ça me rassure », se rappelle Juliette. Mais son isolement ne va rien arranger à sa situation. Au contraire. « Ils discutent alors entre eux pour essayer de déterminer mon ‘sexe’ « , soupire Axel. « C’est arrivé à plein de moments, ça ! », s’exaspère Juliette. « Je les entends faire l’hypothèse que mon genre c’est ‘libertin’ « , s’étonne-t-iel. Puis l’un des policiers parle du terme non-binaire. Celui qui se montre, dès le départ, particulièrement violent avec Axel, s’approche avec sa lampe torche en lui braquant la lumière dans les yeux. Derrière la vitre de la cellule, il dit « ça c’est non-binaire ? » Face à la violence que dégage cet homme en uniforme, Axel est inquiet•e. « Parfois il vient, se pointe, me fixe pour m’intimider et repart. J’appréhendais le fait qu’il essaye de me toucher », se remémorre-t-iel.
Racisme et menaces d’agression physique
Les policiers vont ensuite se pencher sur les affiches que le groupe était en train de poser dans les abribus des quartiers ouest de La Rochelle au moment de leur arrestation. « INDUSTRIES TOXIQUES DÉNI PUBLIC » peut on lire en lettres capitales de couleur violettes sur fond vert. Au centre de l’image, on distingue un dessin de poumons malades, avec du liquide qui s’en échappe. De part est d’autre, deux masques à gaz et cette description en rouge : « Mireuil, La Pallice, Portneuf, Laleu et La Rossignolette : +27% de cancers du poumon +33% des voies aériennes digestives supérieures chez les hommes » par rapport au reste du département. Des chiffres faisant référence à l’étude commandée et financée par la Ligue contre le Cancer de Charente-Maritime publiée en juillet 2023 et cachée par la mairie pendant plus de deux ans. En lisant les affiches réalisées par les Rebel•le•s rochelais•e•s, le policier le plus virulent fait état de son ignorance. « C’est ça votre lutte : c’est les cancers ? », s’étonne-t-il. « Mais ya pas de cancers en France ! » Son collègue rétorque : « Les cancers c’est qu’en Afrique ! » Une remarque raciste, provocant la sidération des militant•e•s. Tous•tes sont unanimes : comment est-ce possible de dire une énormité pareille ?
Dylan, avec qui les policiers n’ont pas montré d’hostilité particulière, est le premier à sortir. Il est suivi quinze minutes plus tard par Juliette puis Axel, qui tour à tour vont donner leur identité. Mais Benoît s’y refuse encore. Il devient alors le centre de l’attention et le nouveau bouc émissaire de l’équipe. Le policier qui s’était donné un malin plaisir à harceler Axel, se tourne désormais vers le dernier membre du groupe et cherche, lui aussi, à l’intimider. « Je l’entends dire ‘moi quand je suis avec un taser c’est la bavure’ « . Seul avec les forces de l’ordre à ce moment, il comprend que cette remarque lui est destinée. Une atmosphère d’intimidation et de menaces de violences bien installée qui se poursuit, jusqu’à la fin. Alors qu’il est replacé dans la cellule où était sa•on camarade quelques minutes plus tôt, le même policier demande à Benoît, juste à côté de son supérieur qui ne relève pas : « Est-ce que tu t’es dejà bien fait casser la gueule, mais vraiment bien ? C’est ce qu’il te manque, une bonne claque ! », raconte-t-il, encore stupéfait par cette scène. « Tu as vraiment le sentiment que tout peut arriver et qu’au moindre truc de travers tu peux te faire frapper. Tu sens qu’ils font ce qu’ils veulent, malgré la présence de leur supérieur. » Benoît qui se sentait plutôt à l’aise au début de son récit, se rend finalement compte de toute la violence qu’il a essuyé. « C’est vrai que ça a été violent psychologiquement », concède-t-il.
Culture du viol et attitude décomplexée
Benoît est également témoin de conversations très dégradantes au sujet de femmes avec qui les policiers disent avoir eu des relations. « C’est un moment de discussions assez lunaire entre trois policiers qui évoquent de façon ultra dégradante leurs relations sexuelles. Des trucs vraiment horribles », ajoute-t-il. Le militant ne souhaite pas s’étendre sur cette scène, ni avec ses camarades, ni lors de notre échange. Juliette aussi constate la façon qu’ils ont de parler des femmes, très rabaissante et sexualisante. Elle est profondément choquée par certains propos qu’elle a entendu. « L’un d’entre eux raconte qu’il ne se protège pas pendant les rapports car ‘les capotes c’est pour les gauchos’ « , raconte-t-elle, blasée par cette atmosphère omniprésente dans le commissariat. « C’est aussi à ce moment qu’il dit de nous ‘ça j’y touche pas’ « . Ce à quoi l’un de ses collègues répond : « C’est fou que tu dises ça alors que toi t’es connu pour viol. » Des échanges tout à fait décomplexés et vraiment déroutants pour la personne qui entend ça, impuissante. « Ils parlent de « baiser des meufs », ils se questionnent sur la possibilité de « nous baiser » aussi. Ça instaure clairement dans l’espace la possibilité du viol », analyse a posteriori Axel. « Ils font aussi des commentaires sur mon physique, mon corps est un sujet », poursuit-iel. « Ce n’est pas circonscrit à des moments en particulier, c’est une atmosphère continue. » Culture du viol, violence de genre, racisme, menaces d’agressions physiques, les quatre militant•e•s sont témoins d’une ambiance nauséabonde pesante dès l’instant où iels sont arrêté•e•s.
Benoît finit par coopérer et donne son identité vers deux heures du matin, deux heures environ après le départ de ses camarades du commissariat. Mais le militant devra malgré tout attendre une demi-heure supplémentaire pour être libéré, sans qu’aucune justification ne lui soit donnée.
Des méthodes disproportionnées pour une action « légitime »
Les quatre membres d’Extinction Rebellion témoignent d’une nuit particulièrement éprouvante. Même Dylan, épargné par les forces de l’ordre, constate le traitement infligé à ses camarades dès leur arrestation et se fait du souci notamment pour Axel et Juliette.
Benoît raconte aussi ce moment où l’un des policiers a essayé de voler la casquette de Juliette. « C’est la seule fois où j’ai entendu le chef dire à l’un des policiers qu’il ne pouvait pas faire ça », se rappelle-t-il, encore scandalisé. Cette scène est pour Juliette particulièrement révélatrice de cette ambiance généralisée où tout semble permis et admis, sauf quand il s’agit de s’en prendre aux effets personnels.
Ce qui les choc aussi c’est leur réponse totalement disproportionnée alors même que les policiers ne savent pas vraiment ce que le groupe est en train de faire. Les policier•e•s avouent facilement le fait qu’iels les arrêtent car iels sont masqué•e•s. « Vos affiches on s’en fout », affirme la policière. Certains policiers iront mêmes jusqu’à dire que leur « combat » est « légitime ». Pour Benoît, « ça insiste encore plus sur le côté ultra arbitraire de ce qu’il s’est passé. C’était « gratos » dès le début.

(…)

« Quand tu saisis les derniers espaces d’expressions qu’il te reste, c’est-à-dire la rue, la police revient assumer son rôle de contrôle de l’espace public et tu te fais ramasser la gueule. Sur ce sujet au moment des municipales, c’est significatif », observe Benoît, furieux.

(…)

APPEL À TEMOIGNAGE
Si vous aussi vous avez été victime de violences policières par la police de La Rochelle, vous pouvez contacter l’auteurice de cet article via son adresse mail : solene.carpenter@proton.me. La libération de la parole permet de porter un coup à l’impunité de la police.

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16.03.2026

Les faits étaient survenus le 27 juillet 2025, le lendemain d’un mouvement social des fonctionnaires du centre pénitentiaire d’Aix-en-Provence. 45 jours d’interruption temporaire de travail avaient été constatés sur la victime.
Stéphane E. exerce le métier de surveillant pénitentiaire depuis 2016.

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45 jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Voilà le bilan qui avait été constaté, à trois reprises par différents professionnels de santé, sur la victime, un détenu.

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13.03.2026

Le militaire, parti dans un autre département, était absent de l’audience devant le tribunal correctionnel d’Agen, ce vendredi 13 mars

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« Tu ne sais pas de quoi je suis capable. Je vais te massacrer. » À défaut d’entendre les explications de la bouche du prévenu, les juges du tribunal correctionnel d’Agen ont été contraints de se contenter de la retranscription d’un aperçu des messages, parmi les milliers recensés par la procédure.

(…)

De leur relation amoureuse de quelques mois au début de l’année 2025, succédera une rupture inconcevable pour le trentenaire, en proie à une addiction à l’alcool.
Fausse alerte
Outre les insultes et propos dénigrants, le militaire tente par tous les moyens d’entrer en contact avec son ex, après que celle-ci a tenté de l’aider, puis bloqué son numéro de téléphone, jusqu’à se claquemurer dans son logement. Entre le 10 et le 17 juillet 2025, le gendarme lui adresse 359 messages, dont certains revêtent un caractère menaçant, notamment pour la carrière de la jeune femme. Un mois plus tard, le trentenaire, n’ayant aucune réponse téléphonique, ni physique lorsqu’il tambourine à sa porte ou tente d’escalader son balcon, contacte le Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie en prétextant une menace visant sa collègue, afin d’envoyer une patrouille sur les lieux.
« Ce dossier est celui d’une pression qui a progressivement envahi la vie de ma cliente, l’a complètement détruite », a illustré Me Sophie Lagarde, conseil de la partie civile.

(…)

« Courageuse, elle tenait à être présente pour clore ce chapitre, contrairement à monsieur qui se retranche derrière une obligation professionnelle pour ne pas se déplacer », a déploré l’avocate, glissant que le militaire avait déjà fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour des attitudes inconvenantes envers des gendarmes adjoints volontaires et utilisé un Taser sur la conjointe d’un collègue.

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13.03.2026

Des membres de la communauté dénoncent toutefois la brutalité qu’ils affirment subir au quotidien.

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La porte d’une caravane s’ouvre. Nous sommes jetés de partout ! , peste Jean-Paul Chevalier, bientôt 60 ans, quelques heures après l’opération de police menée ce jeudi matin 12 mars 2026 sur ordre de la préfecture.
Les policiers nationaux sont intervenus dans la zone commerciale Mendès-France pour expulser des citoyens français itinérants (CFI) installés de manière illégale, sur des parkings de magasin : derrière Aldi et devant l’ancienne boutique « 4murs ».

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13.03.2026

Le fonctionnaire était poursuivi pour des violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique, pour avoir donné un coup de bouclier à une femme qui « ne représentait à ce moment précis aucun danger pour les forces de l’ordre », selon le tribunal.

(…)

« Une peine d’avertissement sur des faits considérés comme graves, d’autant plus dans le contexte de l’exercice de vos fonctions. » A la 10e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, vendredi 13 mars, c’est ainsi que la présidente a présenté au gardien de la paix S. sa peine : huit mois de prison avec sursis.

(…)

Le fonctionnaire de police était poursuivi pour des violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique n’ayant pas entraîné d’interruption totale de travail (ITT), commises sur une jeune femme en marge d’une manifestation, le 23 mars 2023. La victime n’avait pas été identifiée à l’époque, il n’avait donc pas été possible d’évaluer les conséquences du coup porté.
Mais à l’audience, en janvier, la victime, Mme M., s’était finalement présentée à la barre, après avoir appris par un concours de circonstances, a-t-elle expliqué, la tenue de ce procès. Elle avait alors présenté un certificat médical faisant état de quinze jours d’ITT. Le tribunal a décidé de lui reconnaître sa qualité de victime, et pris en compte cette évaluation médicale. Il a donc condamné le policier S. pour des violences ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours, des faits passibles de plus lourdes sanctions.
Le soir des faits, le gardien de la paix S. a été amené à poursuivre des cortèges sauvages avec des collègues de sa brigade territoriale de contact du 20e arrondissement de Paris et d’autres unités. Sur les images amateurs de la scène, sans raison apparente, deux agents poussent d’abord au sol puis aspergent de gaz lacrymogène Mme M. Alors qu’elle se relève péniblement, le policier S. arrive en courant et la propulse au sol d’un coup de bouclier.

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13.03.2026

Deux policiers étaient jugés ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des violences sur un jeune homme de 22 ans, en 2021 à Noisy-le-Grand. La vidéo d’un particulier a été décisive pour confondre les fonctionnaires.
Six mois de prison avec sursis et une interdiction d’exercer pendant deux ans ont été requis par la procureure Fanny Bussac, ce jeudi devant la 14e chambre correctionnelle de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour Raphaël L., 32 ans, ancien policier du commissariat de Noisy-le-Grand. La même sanction a été demandée pour son ex-collègue Anthony C., 29 ans. Ce dernier a déjà été radié de la police pour une autre affaire.
Les deux hommes étaient jugés jeudi pour des violences commises le 17 octobre 2021 à Noisy-le-Grand, envers Aboubacar S., 22 ans à l’époque. Les violences étaient aggravées car commises « en réunion », « par personnes dépositaires de l’autorité publique » et avec « usage d’une arme », une matraque télescopique.

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12.03.2026

L’audience a porté sur des événements survenus le soir du 17 septembre 2021 à Noisy-le-Grand. Deux gardiens de la paix, Raphaël L. et Anthony C., étaient jugés pour des violences aggravées commises à l’encontre d’un jeune homme, Aboubacar S., alors âgé de 22 ans. Les débats ont notamment mis en lumière l’existence d’une vidéo amateur et d’enregistrements de vidéosurveillance municipale, qui ont contredit la version initialement consignée par les forces de l’ordre.

(…) Les investigations menées par le service interne de la police ont établi, après examen des séquences vidéo, qu’aucune menace envers les agents n’était perceptible avant le début de l’altercation et que les premiers actes de violence émanaient des policiers. Le rapport dénombre une dizaine de coups de matraque portés par Raphaël L. ainsi que des coups de pied et de poing assénés par son collègue, Anthony C., alors que la victime se trouvait au sol.

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12.03.2026

Il était tranquillement chez lui lorsque les policiers de la brigade anticriminalité, alertés pour une suspicion de cambriolage, sont tombés sur Evan de manière musclée. Le jeune Toulousain, âgé de 20 ans raconte cette soirée de cauchemar.

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12.03.2026

« Ma jambe était coupée en deux, elle pendait complètement. C’était une vision d’horreur », indique-t-il. Ses souvenirs ont été ravivés par une vidéo tournée par un voisin après le tir. On voit Jean-Marie ramper sur 71 m, en laissant une traînée de sang derrière lui. On voit aussi Nicolas continuer de s’en prendre à lui. « Il n’a pas arrêté. Je ne sais plus combien de coups il m’a mis. C’était tellement violent »

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11.03.2026

Pour cette journée, aucun objet dangereux ou arme n’a été trouvé.
Une petite surprise aux abords du collège Christian-Poncelet (ex-Tertre), à Remiremont, ce mercredi matin. Huit agents de la police nationale de Remiremont ont procédé à des fouilles de sacs à l’entrée de l’établissement scolaire. Une opération qui a duré de 7 h 30 à 8 h, juste avant le début des cours, et qui s’est déroulée à l’extérieur du bâtiment. « On fait ça selon les instructions nationales. C’est une fouille de sacs en tous genres à titre préventif pour laquelle on a une réquisition du procureur », fait savoir une source policière.
Dans ce cadre, un magnétomètre est privilégié sur les élèves « pour éviter le contact physique ». Si l’outil détecte un objet métallique, les agents procèdent à une fouille au corps par palpation.
Pour cette journée, aucun objet dangereux ou arme n’a été trouvé. « On préfère, ça veut dire que ça va bien ».

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11.03.2026

« Les journalistes restent dehors », lui annonce la commandante Dubos. La raison : officiellement, les locaux seraient « assimilables à de la garde à vue (GAV) ».
À l’extérieur, l’observatrice associative échange avec nous un regard lassé : ce scénario se répète depuis des années, alors même qu’à l’exception de deux d’entre eux, les Algeco où sont quotidiennement enfermées des dizaines de personnes exilées ne relèvent pas du régime de GAV. « Ils jouent là‑dessus », glisse Agnès Lerolle, de la Coordination d’actions aux frontières intérieures (Cafi).

(…) Dans les préfabriqués, la température oscille, les matelas se posent à même le sol, et des hommes s’enroulent dans des couvertures de survie. « On traite comme des délinquants des gens qui n’ont commis ni crime ni délit »,

(…) Agnès Lerolle témoigne en outre d’une mécanique administrative qui fonctionne hors des radars : téléphones confisqués au mépris du droit, interprétariat expéditif, signatures de documents incompris, contrôles au faciès. En clair, la frontière franco‑italienne fonctionne comme un sas où les droits fondamentaux sont devenus optionnels. Un détail cristallise le fossé entre parole policière et réalité. La commandante assure qu’un représentant du Conseil départemental est « toujours présent » pour les mineurs isolés. Les bancs, pourtant, ce jour-là, sont bel et bien vides.

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11.03.2026

Mohamed Gabsi, 33 ans, est mort le 8 avril 2020 à Béziers lors d’une interpellation. En plein confinement, l’homme de 33 ans qui circule dans les rues de la cité biterroise avec une attestation de déplacement est contrôlé par une patrouille de trois policiers municipaux. Le contrôle dégénère. Selon plusieurs témoins, Mohamed Gabsi est plaqué au sol. Menottes dans le dos, il est transporté dans le véhicule de police.
Pendant sept minutes, Guillaume L., un des policiers restera seul avec lui à l’intérieur. Les mouvements de la voiture filmés par les caméras de surveillance laissent craindre une scène de violence dans l’habitacle. La voiture prendra ensuite la direction du commissariat, à 400 mètres de là. L’homme y décédera quelques minutes après son arrivée.

(…) Des témoignages mettent à mal la thèse de l’accident : le policier incriminé aurait à plusieurs reprises refermé la portière du véhicule sur la tête de Mohamed Gabsi en lui lançant : « Je vais te faire dormir ». L’agent serait ensuite sorti du véhicule en disant : « Putain, ça fait du bien. »

(…) Éléments troublants, lors de cette intervention pourtant décrite comme la plus difficile de leur carrière, aucun policier municipal n’a activé sa caméra piétonne. Quant aux enregistrements radio, ils sont inexploitables à la suite d’un problème technique.

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10.03.2026

A bord se trouvaient sa sœur et la fille de celle-ci, une enfant de 5 ans…

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10.03.2026

« Ils arrivent sans gyrophare, ni sirène. À aucun moment, on entend : ‘Gendarmerie’. Ils tirent la grille, le rideau et braquent tout de suite leur lampe sur Gabriel, qui surgit et les menace », raconte Isabelle Bée, pour qui son fils a eu peur d’une « intrusion » chez lui dans la nuit.

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08.03.2026

Il avait faim. Alors il a volé quelques denrées au supermarché. Mais ce n’était pas la première fois, et la récidive lui a coûté une peine de prison ferme.
Il avait faim. Il ne se sentait pas bien et il voulait manger. Mais il n’avait pas d’argent. Aussi, en ce mois de février 2025, ce Guinéen de 22 ans s’est résolu à entrer dans un supermarché de la rue des Salines à Lons-le-Saunier…

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07.03.2026

La lecture de ses publications sur X dévoile une obsession destructrice envers les populations maghrébines, systématiquement rabaissées à un stade animal ou pathologique. Julien Thion, le responsable de l’équipe de la police technique et scientifique (PTS) de Moulins, n’hésite pas à traiter ses contradicteurs de « blédard », « inculte consanguin » ou à s’interroger publiquement si « leur arbre généalogique ne comporte pas quelques animaux bizarres ».

(…) Il déclare sans filtre que la Tunisie est « un peuple de fils de pute », qu’il « emmerde comme tous les autres pays du Maghreb » et fustige « ces Algériens qui hantent ce pays et qui constituent un véritable poison pour la France. »

(…) Pour ce policier scientifique, le simple fait d’être musulman est incompatible avec l’humanité, déclarant « qu’ils ne sont pas civilisés ».
Il insulte copieusement les Musulmans, en les traitant « de fils de pute » et « d’adorateur du diable ».

(…) La rhétorique bascule dans la menace de mort pure et simple lorsqu’il promet à ses cibles qu’elles auront bientôt le choix entre « le cercueil et se barrer. »

(…) Face au portrait du militant politique RN, Yann Fleruquin, condamné à douze années de réclusion criminelle pour avoir assassiné un homme et placé sa tête démembrée dans une jardinière, le chef de la police scientifique de Moulins laisse éclater sa complaisance, déclarant qu’il s’agit « d’un homme d’action qui sait se salir les mains ».

(…) Le doute est désormais jeté sur l’ensemble de son travail et, par extension, sur les enquêtes passées par son laboratoire de Moulins. Le fait qu’un fonctionnaire ait pu cultiver et exprimer une telle radicalisation pendant des années, tout en grimpant les échelons jusqu’à un poste à responsabilités, interroge sur la vigilance de l’institution. Sa tentative désespérée de supprimer ses publications et de se terrer dans le silence prouve qu’il sait pertinemment avoir franchi la ligne rouge de l’indéfendable.

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06.03.2026

La police est intervenue par erreur au domicile de Franck Burin. L’homme a été frappé, plaqué au sol devant ses enfants et sa compagne. Il a saisi l’inspection générale de la police nationale
Un Niçois affirme avoir été victime d’une intervention policière particulièrement brutale, qu’il qualifie de «bavure», à son domicile, le 22 janvier dernier au petit matin.
Dans un courrier adressé au procureur de la République de Nice, Franck Burin demande l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de cette opération menée par des agents du Raid ou de la BRI – il n’a pas eu la précision -, et de la police nationale.
Il a également saisi jeudi l’Inspection générale de la police nationale.
Selon son récit, une dizaine de policiers seraient intervenus vers 6 heures du matin à son domicile situé rue de la Villette, une perpendiculaire au boulevard de la Madeleine.
Les agents auraient forcé le portail et la porte de la maison à l’aide d’un bélier.
«J’ai entendu un bruit anormal, très fort au niveau de la porte d’entrée. J’ai vu des individus armés, cagoulés, entrer, j’ai pensé à un cambriolage. Ils ne se sont pas présentés. »
Franck Burin, arraché à son sommeil, se trouve dans son plus simple appareil. Il affirme ne pas avoir opposé de résistance.
«Je suis resté parfaitement immobile. Malgré le fait que je ne présentais aucune agressivité, l’un des hommes m’a porté un violent coup de bouclier au visage. Il m’a cassé l’arête nasale.»
Il a ensuite été plaqué au sol avant d’être menotté, mains dans le dos. «Pendant de longues minutes je n’ai pas su s’ils étaient de la police ou des cambrioleurs.»
Franck Burin indique avoir signalé à plusieurs reprises des difficultés à respirer pendant qu’il était maintenu au sol.
«Ma compagne était là, ainsi que mes enfants. Ils m’ont traîné nu, et menotté, dans ma chambre et maintenu au sol. D’autres sont allés chercher les enfants sans ménagement et ils ont regroupé toute le monde dans la chambre.»
Selon Franck Burin, c’est à ce stade qu’on lui demande son identité.
«J’ai obtempéré. Et là il y a eu un blanc. Rapidement ils se sont rendus compte que je n’étais pas la personne qu’ils recherchaient.»
Selon lui, l’intervention visait en réalité son locataire, qui habite à proximité immédiate de son logement.
«Malgré cette erreur, je suis resté menotté au sol de manière très violente, une quinzaine de minutes supplémentaires avant d’être maintenu sous surveillance, toujours nu, devant ma famille. Nous sommes restés de longues minutes hébétés après leur départ.»
Il précise également que son locataire aurait été placé brièvement en garde à vue – «A peine une heure» – avant d’être remis en liberté, mis hors de cause.

(…)

Dans sa lettre, au procureur, Franck Burin évoque des violences volontaires, un usage disproportionné de la force et une atteinte à la dignité.
Il demande à la justice de faire toute la lumière sur cette intervention et indique pouvoir fournir certificats médicaux, photographies et témoignages.
«Je ne comprends pas la violence dont j’ai été victime. Vraiment, pas du tout. La seule réponse que j’ai eue, c’est « Vous avez une assurance pour ça ? ». Ce que je trouve très déplacé comme réponse. L’assurance a pris en charge la réparation des portes, certes. Mais j’ai payé une franchise qui est de ma poche, ce que je trouve pas normal. J’attends, a minima, une réparation des dégâts matériels.»

(…)

«Le fait que la police se trompe de porte, a priori, ça arrive. Mais j’aurais aimé qu’ils s’excusent en partant, en disant qu’ils s’étaient trompés de porte. Ce n’a jamais été le cas. C’est quand même l’élite de la police», regrette Franck Burin.
Le Niçois dit avoir également rédigé un courrier au maire. «J’ai été recontacté tout de suite. Ils m’ont mis à disposition un psychologue pour me soutenir. C’était très appréciable.»
Très marqué par cette intervention opérée devant ses enfants, il affirme rencontrer depuis des troubles du sommeil.
«Je me réveille au moindre bruit, je suis très irritable. La petite amie de mon fils fait des crises d’angoisse, elle a eu cinq jours d’ITT après cette intervention. C’est moralement très compliqué.»

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05.03.2026

Alors qu’ils étaient sortis boire un verre entre collègues, un agent de la police technique et scientifique, âgé de 46 ans, a agressé sexuellement une contractuelle de 24 ans, de retour au bureau, au commissariat de Strasbourg. Tape sur les fesses, main dans le dos et les cheveux, câlin torse nu…

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05.03.2026

« Ce qui est pernicieux dans le harcèlement sexuel au travail, c’est que vous subissez des choses… mais c’est votre travail. Il vous faut y retourner, jour après jour, vous n’avez pas vraiment le choix. Et c’est parce qu’on sait que cette position est contrainte qu’il existe normalement des procédures protectrices ». Tout est dans le « normalement ».
Ce mardi 3 mars devant la cour d’appel de Douai, Me Vincent Bethouart, avocat d’une policière municipale lilloise victime d’harcèlement sexuel par l’un de ses ex‐collègue, a tenu à souligner les lourdes responsabilités de la Ville de Lille dans l’aggravation de l’état de santé de sa cliente. Alors que le mis en cause, pourtant à l’origine de l’appel, ne s’est pas déplacé à l’audience et n’était pas représenté, ce nouveau procès a en effet été l’occasion d’une diatribe à l’encontre de la hiérarchie municipale lilloise. Celle‐ci s’est rendue coupable d’une série de manquements déjà décrits par une enquête du site d’investigation indépendant Disclose.
https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2025/06/26/metoopolice-la-gestion-desastreuse-dun-cas-de-harcelement-sexuel-dans-la-police-municipale-de-lille/
Une hiérarchie « extrêmement défaillante »
« L’absence de protection a participé au préjudice de [ma cliente] », a martelé son avocat. Le rapporteur public s’est lui aussi livré à des critiques, considérant que la hiérarchie de la police municipale …

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05.03.2026

En 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, a été tué par un policier lors d’un contrôle routier. Près de trois ans après le drame, la justice a décidé que ce dernier serait jugé pour violence, et non pour meurtre.
Le 27 juin 2023, à Nanterre, Nahel Merzouk, un jeune homme âgé de 17 ans, a été tué lors d’un contrôle routier. Après un refus d’obtempérer de sa part à bord d’une Mercedes, il a été suivi par deux policiers à moto. La voiture a été bloquée par la circulation, les deux policiers sont descendus de leurs véhicules et ont pointé leurs armes sur Nahel pour l’empêcher de repartir.

(…)

Mais à ce moment-là, la voiture, en boîte automatique, a redémarré et l’un des deux policiers a tiré à bout portant à travers le pare-brise, tuant Nahel. La scène avait été filmée et la vidéo a largement été diffusée sur les réseaux sociaux. Si des émeutes avaient éclaté à travers la France pour défendre Nahel, une cagnotte ayant récolté 1,6 million d’euros avait également été créée pour soutenir le policier.
Jugé pour violence et non pour meurtre
Le policier qui a tiré sur Nahel, Florian M., devait être jugé pour meurtre. Cependant, affirmant qu’il ne voulait pas tuer Nahel, le policier a fait appel de cette décision. Cinq mois après la mort du jeune homme, il avait été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.
Ce jeudi 5 mars 2026, nous avons des nouvelles sur cette affaire. La demande de Florian M. a été entendue et la cour d’appel de Versailles a déclaré que le policier serait jugé non pas pour meurtre, mais pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
“La cour d’appel n’a pas suivi les juges d’instruction quant à l’intention d’homicide, estimant qu’il n’était pas établi que Florian M. était animé, au moment du tir, de la volonté d’ôter la vie au conducteur. Florian M. avait pu avoir la conviction qu’en redémarrant, la Mercedes était susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique de tiers ou à la sienne”, a déclaré le communiqué relayé par Midi Libre.
Pénalement, si une personne est jugée pour meurtre, elle risque une peine maximale de 30 ans de réclusion criminelle. Dans le cas où elle est jugée pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la peine maximale est de 15 ans de prison.
Une décision “scandaleuse et honteuse”
Ce jugement ne fait cependant pas l’unanimité. Maître Frank Berton, l’avocat de la mère de Nahel, affirme que cette décision est “scandaleuse et honteuse”.
“Je peux vous dire que la mère de Nahel est scandalisée, tous ses comités de soutien le sont aussi : jusqu’à présent, ils ont fait confiance à la justice, et la chambre de l’instruction de Versailles confisque le débat qui devait se tenir devant une cour d’assises”, a déclaré l’avocat.
Le deuxième policier, qui était présent au moment de la scène, devait au départ être jugé comme témoin assisté pour complicité de meurtre. Mais il a finalement bénéficié d’un non-lieu, qui a été confirmé en appel ce jeudi.

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05.03.2026

Un gendarme de la brigade maritime de Marseille faisait du recouvrement de créances pour un escroc fini, tout en consultant des fichiers et gérant une société à Dubaï.
Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.
Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement.

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05.03.2026

Un policier a envoyé, en deux ans et demi, près de 68 000 textos à la mère de sa fille, dont il s’est séparé. Des faits pour lesquels il a été jugé lundi au tribunal d’Évry.

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Il sait qu’il risque gros pour avoir inondé son ex-compagne de dizaines de milliers de messages malveillants.

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À l’époque, le prévenu se faisait déjà pressant. Il lui faisait des remarques quotidiennes sur son apparence, sur ses tenues vestimentaires.
Il lui envoie près de 85 messages par jour en moyenne
Le moindre regard, une conversation anodine pouvaient tourner au drame, sans qu’il se montre violent physiquement. Il n’en avait pas besoin. La jeune femme était sous son strict contrôle.
Elle devait obéir, respecter ses instructions multiples, céder à ses avances sexuelles.

(…)

Il lui envoie en moyenne près de 85 messages par jour, sans s’arrêter, dont le contenu, souvent horrible, est difficile à relater.

(…)

Sur le banc des parties civiles, la victime reste muette, incapable de s’exprimer, la tête baissée, elle a du mal à respirer, comme si la vue de son ex la plongeait encore dans un état de sidération.

(…)

C’est son avocate qui a pris la parole à sa place : « Votre objectif était de soumettre votre compagne. Elle attendait aujourd’hui que vous lui présentiez au moins des excuses. Mais vous en êtes incapable. Vous vous présentez comme la victime dans ce dossier. C’est désarmant », l’a-t-elle fustigé en décrivant les dommages toujours présents dans la vie quotidienne de sa cliente.
Le procureur de la République n’est pas allé jusqu’à demander que le prévenu soit révoqué de la police nationale dans ses réquisitions, s’appuyant notamment sur ses états de service soulignés par sa hiérarchie.
Le tribunal a condamné le prévenu à deux ans d’emprisonnement avec sursis.

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03.03.2026

Selon l’Observatoire International des Prisons (OIP) et le député Pouria Amirshahi, le centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan priverait volontairement d’éducation certains mineurs afin de les punir de leur mauvaise conduite.

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03.03.2026

Militant LGBT de 27 ans, Alexandre perd un œil lors d’une intervention policière à Marseille le 1ᵉʳ février 2024, en marge d’un rassemblement contre une conférence LGBT-phobe. Alors qu’il porte plainte contre le policier qui l’a frappé, la procédure se retourne contre lui : il est désormais poursuivi pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ».
L’enquête de l’IGPN, que ses proches espéraient impartiale, disculpe largement le policier et met en cause Alexandre, malgré de nombreux témoignages, dont celui d’un adjoint au maire présent ce jour-là. Alexandre dénonce des pressions policières et un traitement judiciaire à deux vitesses.

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03.03.2026

Un fonctionnaire de la police aux frontières était accusé d’avoir blessé involontairement un manifestant en lui roulant sur le pied en 2017.

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03.03.2026

En France, qui enquête sur les violences policières ? En principe, l’IGPN, la « police des polices » nationale. Mais, de plus en plus souvent, les procureurs transmettent les plaintes à des services locaux appelés « cellules de déontologie ». Ces cellules sont composées de policiers qui enquêtent sur d’autres policiers, parfois au sein du même commissariat. Le problème ne tient pas seulement à cet entre-soi. Ces structures manquent de moyens et croulent sous les dossiers. Résultat : des enquêtes fragiles, parfois bâclées. Les victimes, pour la plupart issues des quartiers populaires, en paient le prix.

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02.03.2026

Arrêtée en mai 2025, un mois après le décès du retraité, la trentenaire a alors quitté la gendarmerie.

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02.03.2026

L’ancienne gloire des stups français et son principal informateur sont jugés à partir de ce lundi 2 mars à Bordeaux pour l’importation d’au moins 15 tonnes de résine de cannabis en octobre 2015. Une affaire emblématique des dérives de la lutte antidrogue.

(…) Un an et demi après son acquittement surprise face à la cour criminelle du Rhône, François Thierry est de retour ce lundi 2 mars à la barre, cette fois devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. L’ancien patron de l’Office antistupéfiants (Ocrtis, devenu Ofast) s’apprête à être jugé pour «complicité de trafic de stupéfiants» et «destruction de preuves», aux côtés de 17 autres prévenus.

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02.03.2026

Cette surpopulation carcérale oblige 6 596 prisonniers à dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 un an plus tôt. La densité carcérale dépasse même les 200% dans 25 établissements pénitentiaires français.

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01.03.2026

Pour la cour d’appel, toutes les pistes n’ont en effet pas été explorées jusqu’au bout, notamment celle d’une fiche attestant de l’usage d’un lanceur de balle de défense (LBD), remplie près de deux mois après les faits par un gardien de la paix d’une brigade territoriale de contact. Dans son rapport, celui-ci avait raconté avoir tiré sur une personne à une trentaine de mètres, qui avait ramassé un objet au sol et allait l’envoyer vers les CRS. Il a vu la victime du tir, peu après, avec une blessure « saignante » à la tête. Lieu, horaire et type de blessure concordent avec celle de d’Alexandre Frey, souligne la cour.

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