27.03.2026

Deux participants à une rave party organisée en décembre à Carhaix (Finistère), dont le camion avait été touché par les tirs d’un gendarme, ont demandé la saisie d’un juge d’instruction pour « tentative de meurtre », a annoncé leur avocat vendredi 27 mars 2026.
« J’ai fait des demandes de suivi de procédure et nous n’avons reçu aucune réponse du parquet. Mes clients n’ont été ni auditionnés, ni convoqués », a déclaré Me Pierre Brunisso à l’AFP.
« Violences volontaires »
Il a ajouté avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile, visant également des faits de « violences volontaires », afin qu’un juge d’instruction soit saisi. Dans cette plainte, dont l’AFP a obtenu copie, Me Brunisso demande notamment que l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) soit en charge de l’enquête.
Elle est accompagnée de la photo du camion présentant deux impacts de balle dans la porte avant gauche. Les deux tirs ont eu lieu dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 janvier alors que Victor, 28 ans, et Emmanuel, 37 ans, quittaient la fête illégale ayant rassemblé 2.500 personnes sur un ancien site industriel Entremont.

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Le 16 décembre dernier, le procureur de Brest Stéphane Kellenberger avait confirmé avoir ouvert une enquête en vue d' »éclairer les circonstances de cet usage d’arme à feu ».

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Victor, le conducteur du camion a lui nié tout refus d’obtempérer, disant avoir été visé par les tirs alors qu’il sortait du site de la rave party au milieu des gaz lacrymogènes et du vacarme des explosions de grenades.

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27.03.2026

Le carnaval de La Plaine est de retour à Marseille ce dimanche 29 mars 2026. La préfecture de Police a pris plusieurs mesures fortes, dont son interdiction à partir de 19h.
Il est redouté chaque année, mais il aura une nouvelle fois bien lieu. Ce dimanche 29 mars 2026, la 27e édition du carnaval de La Plaine se déroule à Marseille.
Depuis des années, l’événement est très critiqué en raison de certains débordements en soirée. Alors, la préfecture de Police a décidé de prendre des mesures avant même sa tenue.

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Chez les autorités aussi, l’événement est craint. Déjà, car il « ne fait l’objet d’aucune déclaration », mais aussi car depuis quelques années, « de graves troubles à l’ordre public » y sont constatés.

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Le carnaval interdit dès 19h
Face à ces enjeux, les services de l’État ont décidé de l’interdire purement et simplement à partir de 19h.
Plusieurs autres ont été prises :
– La détention et le transport d’objets susceptibles de constituer une arme par détention, du dimanche 29 mars 13h, au lundi 30 mars, 3h.
– L’utilisation, le port et le transport d’artifices de divertissement du 28 mars 8h au 30 mars 3h.
– La vente de boissons alcoolisées à emporter et la vente de boissons dans un contenant en verre sur la voie publique à proximité de la place Jean Jaurès du 29 mars 10h au 30 mars 3h.
– La vente de carburants, gaz inflammable ou produits combustibles du 28 mars 8h au 30 mars 6h.
La préfecture de Police indique que tout non-respect de ces règles peut être sanctionné de six mois de prison et 7 500 euros d’amende.

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27.03.2026

Les affections dentaires sont particulièrement fréquentes en prison. Mais se faire soigner est souvent un parcours du combattant.
« Je demande depuis mai à être extrait à l’hôpital pour que l’on m’arrache six dents mortes. Mais à ce jour, rien. […] Ma santé dentaire se détériore de jour en jour, tout comme ma santé mentale. Je ne sais plus quoi faire. » Le témoignage de Monsieur T., incarcéré au centre de détention de Bapaume, est tout sauf isolé. De nombreuses personnes détenues font état de leur attente, de leur souffrance et de leur abattement face aux difficultés d’accès aux soins dentaires en prison. Cette situation, corroborée par les professionnel·les de santé, est d’autant plus alarmante que les personnes détenues sont particulièrement touchées par des problèmes de santé dentaire.
Saisies par l’OIP, plusieurs agences régionales de santé (ARS) et unités sanitaires en milieu pénitentiaire (USMP) confirment un accès aux soins particulièrement sinistré. Dans un contexte de surpopulation, les délais d’attente s’allongent et le nombre de consultations dentaires accessibles diminue.
Le rapport d’activité de l’USMP de la maison d’arrêt de Périgueux souligne ainsi qu’« un nombre important de reports ou d’annulations de consultations médicales est constaté tout au long de l’année » dernière. En 2024, 64% des rendez-vous pris ont dû être annulés. De son côté, l’USMP de la maison d’arrêt de Strasbourg fait état de six mois d’attente pour une consultation de médecine dentaire, en dehors des situations urgentes. Pour les nouveaux arrivant·es, l’ARS de Martinique évoque trois à quatre mois d’attente avant qu’un premier bilan dentaire soit effectué, alors même que chaque personne détenue devrait normalement « bénéficier d’un examen médical dans les plus brefs délais[1]».
Des moyens humains et matériels dégradés
Les longs délais, l’annulation et le report de consultations sont principalement dus au manque de personnel médical dans les USMP. Dans de nombreux établissements pénitentiaires, les postes de dentistes et d’assistant·es dentistes sont très peu pourvus, voire pas du tout. Au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, le poste de chirurgien-dentiste serait ainsi vacant depuis deux ans. L’ARS d’Auvergne-Rhône-Alpes parle d’« un sous-effectif quasi chronique et sur toutes les USMP du territoire en dentistes ».
Ce manque d’effectif s’explique, selon les ARS, par les difficultés de recrutement de praticien·nes, du fait d’« un manque d’attractivité spécifique au milieu carcéral » et de la localisation de certains centres pénitentiaires dans des déserts médicaux. De nombreux postes d’infirmier·ères sont également vacants, limitant les possibilités de prise en charge médicale des personnes détenues. Dans certains cas, des tensions entre les équipes médicales et les directions d’établissements pénitentiaires aggravent cette situation[2]. Le sous-effectif est encore exacerbé par la surpopulation carcérale : alors que les besoins ne cessent de croître, le nombre de soignant·es reste calculé sur la base du nombre de prisonnier·ères théorique et non effectif.
Le manque de moyens humains est couplé à un matériel parfois dégradé et insuffisant. C’est le cas du centre pénitentiaire de Fa’a’ā-Nu’utania, en Polynésie française, qui indique dans son rapport d’activité de 2024 devoir travailler dans des locaux « en sous-sol, sans aération ni issue de secours », ne « répondant pas aux normes de sécurité des personnels ». Le cabinet dentaire de la maison d’arrêt de Périgueux, quant à lui, a dû fermer trois semaines cette année pour « contamination dans le système d’eau ». L’ARS de Martinique, pour sa part, indique ne disposer « que d’un fauteuil [de dentiste], initialement prévu pour 500 détenus », alors que le centre pénitentiaire de Ducos, unique prison de l’île, enferme plus d’un millier de personnes.
Arracher plutôt que soigner
En réponse à cette situation, de nombreuses ARS et USMP ne peuvent avoir recours qu’à des solutions de court terme, insuffisantes au regard des besoins de la population pénale. Il est fait appel à des étudiant·es dentistes, à des dentistes libéraux ou intérimaires pour combler les postes non pourvus. Des journées de prévention sur l’hygiène buccale sont également organisées.
À défaut d’une intervention médicale adaptée, les personnes détenues se voient régulièrement administrer des antalgiques, dont certains présentent de forts risques de dépendance. Monsieur B., incarcéré au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure et ne bénéficiant plus de soins depuis janvier 2025, explique ne pas avoir de prise en charge médicale « à part des bains de bouche et du Tramadol », malgré une santé bucco-dentaire catastrophique : « Il me reste deux dents. Je souffre, j’ai mal aux gencives, mon visage change tous les deux ou trois mois. »
Pour les personnes détenues parvenant à obtenir un rendez-vous avec l’unité sanitaire, l’opération dentaire pratiquée le plus souvent est l’arrachage de dents. En effet, l’impératif pour un personnel médical en sous-effectif de traiter un nombre trop élevé d’urgences dentaires ne permet pas d’envisager les traitements nécessitant un suivi régulier. L’arrachage de dents, peu coûteux en temps et en moyens humains, apparaît alors aux soignant·es comme la seule solution. Monsieur E., incarcéré au centre de détention de Joux-la-Ville, rapporte avoir eu « 19 dents arrachées sur 32 ». Ces interventions sont parfois questionnées par les personnes détenues, considérant que d’autres formes de soin auraient été possibles.
S’automutiler comme dernier recours
Face à la douleur et à l’impossibilité de se faire soigner dans un délai raisonnable, les automutilations sont courantes. C’est le cas de Monsieur T., qui rapporte avoir dû « intervenir deux ou trois fois pour crever un abcès avec une aiguille, [s]’arracher un bout de dent avec un coupe-ongle ou [s]’ouvrir la gencive ». Une autre personne détenue, incarcérée au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran, raconte s’être ouvert la gencive « avec une lame de rasoir désinfectée au briquet ». Ces interventions improvisées dans la détresse, avec un matériel non conforme et dans un environnement non stérile, sont très dangereuses et présentent des risques d’infection.
Le problème structurel d’accès aux soins dentaires en milieu carcéral affecte lourdement la santé des personnes détenues concernées. Elles sont confrontées à d’intenses souffrances quotidiennes, les entravant dans des choses aussi élémentaires que la communication ou l’alimentation. Monsieur B. dit avoir « du mal à parler, à prononcer certaines syllabes et consonnes » et souhaiter un certificat médical pour qu’on lui donne du pain de mie plutôt que du pain classique, qui lui « fait mal aux gencives ». À ce jour, sa demande est restée lettre morte. Ces situations ont également un effet délétère sur la santé mentale des personnes détenues : « Ça joue sur mon mental, psychologiquement je ne suis pas bien. […] Elle est où, ma dignité ? »
Face à des problèmes que l’OIP observe depuis sa création dans les années 1990[3], et qui semblent empirer[4], il est urgent de prendre les mesures nécessaires pour assurer le respect de l’article L. 322-1 du code pénitentiaire, disposant que « la qualité et la continuité des soins sont garanties aux personnes détenues dans des conditions équivalentes à celles dont bénéficie l’ensemble de la population ».
par le groupe Collecte de l’OIP
Cet article est paru dans la revue de l’Observatoire international des prisons – DEDANS DEHORS n°128 – Préparation à la sortie de prison : le grand renoncement
[1] Article R. 212-16 du code pénitentiaire
[2] Voir par exemple : « Absence de médecin depuis plus de quatre mois au centre de détention de Joux-la-Ville : la santé d’une personne détenue en danger », OIP, 8 juillet 2025.
[3] Voir par exemple : « Édenté… », Dedans Dehors n° 4, novembre/décembre 1997.
[4] La santé incarcérée. Enquête sur l’accès aux soins spécialisés en prison, OIP, juillet 2022.

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27.03.2026

Roxane Sinigaglia, 26 mars. Ce jeudi 26 mars, le tribunal judiciaire de Paris a rendu son jugement dans la procédure visant Olivia Zemor, présidente d’Europalestine, poursuivie pour « apologie du terrorisme » en raison de son soutien au peuple palestinien.
Le verdict est d’une brutalité inouïe :
24 mois de prison avec sursis,
une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes,
3000 euros de dommages et intérêts,
2000 euros de frais de justice,
ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans.
Dès la sortie du tribunal, elle a dénoncé la brutalité de cette condamnation, et a annoncé faire appel de cette décision qui marque un saut dans la répression de ceux et celles qui ont dénoncé le génocide du peuple palestinien : « Cette décision a remis une couche sur les décisions déjà très graves du procureur ».
Depuis plusieurs mois, l’association Europalestine est visée par une offensive répressive brutale de la part du gouvernement. Il y a seulement quelques jours, son vice-président, Nicolas Shahshahani, âgé de 77 ans, a été perquisitionné et interpellé violemment dans le cadre d’une nouvelle procédure d’« apologie du terrorisme ».
Loin de se laisser intimider, Olivia Zemor appelle à poursuivre la mobilisation : « Les actes d’Israël continuent à Gaza, en Iran, au Liban, en Cisjordanie, et le gouvernement collabore depuis le début de ce génocide avec les responsables. On ne nous empêchera pas de soutenir les gens qui luttent contre la colonisation israélienne. On ne nous intimidera pas. Cela fait 24 ans qu’on lutte pour la cause palestinienne, on ne s’arrêtera pas ».
Il est essentiel de faire front face à la criminalisation des soutiens de la Palestine. Alors que le gouvernement cherche à faire du cas d’Olivia Zemor un exemple de répression pour terroriser le mouvement de solidarité avec Gaza, il faut organiser un large front en solidarité avec les réprimés et contre le génocide en cours. Ce samedi, soyons nombreux à Paris et partout en France à manifester pour la Palestine, exiger la fin du génocide en Palestine et de la guerre impérialiste au Moyen-Orient, ainsi que l’abandon des poursuites contre les militants d’Europalestine et les militants de la cause palestinienne.
Source : Révolution permanente

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27.03.2026

Condamné à sept ans de prison par la cour criminelle de Loire-Atlantique, le CRS responsable du tir ayant conduit à la mort d’Aboubacar Fofana, en 2018 à Nantes, a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire ce vendredi 27 mars 2026.

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27.03.2026

Ils comparaissaient ce vendredi 27 mars devant le tribunal correctionnel de Nouméa, pour des faits de vols et de violences survenus en mai 2022 à Nouméa.
Sur les images, on les voit intervenir, fortement alcoolisés, dans le squat de Kowe Kara.

(…) Il va même plus loin. Devant le tribunal, cet ancien policier « déplore, dans les auditions, qu’il manque des noms » au dossier.
Le plus âgé, déjà interdit de voie publique pour deux condamnations pour violences, lorsqu’il était encore en fonction, a réfuté une partie des faits qui lui étaient reprochés. Ce jour-là, il avait rejoint l’équipe au commissariat avec un pack de bière et une bouteille de whisky, avant de partir en intervention avec ses collègues. Il n’était pourtant plus affecté à ce service.

(…) L’audience révèle que deux de ces agents de Police ont agi en toute impunité pendant des années. Ils se rendaient régulièrement dans les mêmes secteurs de Nouméa, afin de soutirer de l’argent à des jeunes dont les dossiers judiciaires étaient bien remplis.

(…) « Comment voulez-vous que les jeunes croient en la police, si on se comporte comme ça ? Vous portez une lourde responsabilité de l’image que vous donnez à la population », a déploré le ministère public. « On a affaire à un groupe de Police totalement hors sol. Ils se sont comportés comme les délinquants qu’ils traquaient. C’est un système mafieux. »

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27.03.2026

Renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bergerac, ce vendredi 27 mars, après l’échec de sa comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) en décembre 2025, le policier qui avait percuté deux pompiers sur la RN 21 à Douville, le 6 juin, devra une nouvelle fois se présenter à la barre dans les mois qui viennent.

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27.03.2026

Le Ministre de l’Intérieur connaissait en temps réel tout le déroulé des faits, que l’attaque venait des fascistes et le pedigree nazi du défunt, mais a laissé se répandre un narratif totalement mensonger visant à diaboliser la gauche depuis plus d’un mois : il doit démissionner.
(…) Vu la gravité de ces informations, toute cette affaire apparaît comme une barbouzerie de très haut niveau, visant à détruire le seul parti d’opposition et à diaboliser l’antifascisme. Il s’agit d’une manœuvre de police politique digne de romans noirs ou de régimes corrompus. Les députés qui ont fait une minute de silence pour un nostalgique d’Hitler doivent s’excuser, les Ministres de l’Intérieur et de la Justice doivent tomber, les médias doivent réaliser un démenti général, et les antifascistes doivent être libérés immédiatement.

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