31.05.2026

Un homme armé de deux couteaux a été tué par un policier samedi à Bobigny lors d’une intervention pour conflit de voisinage, a indiqué la préfecture de police de Paris. La police des polices a été saisie pour enquêter sur les circonstances de ce tir.

(…)

Les policiers avaient été appelés pour un différend entre voisins. Arrivés sur place, ils se sont retrouvés face à un homme menaçant, armé de deux couteaux.
Alors qu’il fonçait vers les trois policiers, l’un d’entre eux a tiré, touchant cet homme à l’abdomen.
Malgré l’intervention du Samu, il est décédé de ses blessures.
Contacté par l’AFP, le parquet de Bobigny a indiqué que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), “ la police des polices ”, avait été saisie et qu’une enquête était ouverte pour violence avec arme ayant entraîné la mort.

 

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30.05.2026

Un jeune homme de 25 ans a été condamné par le tribunal judiciaire de Tarbes dans les Hautes-Pyrénées pour outrage et rébellion sur les forces de l’ordre. L’homme a refusé de se soumettre à un contrôle d’identité.

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Les représentants des forces de l’ordre ont dû faire usage d’un taser avant de pouvoir de le maîtriser.

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Ce lundi 25 mai, ils ont poussé à bout les riverains. Près de vingt jeunes ont pris leurs quartiers sur les quais de l’Adour, vers 17 heures, près du pont de la Marne, à Tarbes, en cette chaude journée.
Mais les voisins ont appelé les policiers au secours, car les individus perturbent la tranquillité des passants avec leurs scooters.

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Les forces de l’ordre lui intiment de donner ses papiers d’identité.

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C’en est trop : un policier sort son taser et le brandit devant lui.

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Alors, le policier riposte et lui donne une décharge électrique à l’aide de son taser. Le jeune hurle, appelle le groupe à la rescousse et les invite à filmer la scène. De nouveau, un tir de taser. Des fonctionnaires sont appelés en renfort alors que l’un d’eux a été blessé dans l’altercation et souffre notamment de plusieurs plaies. Le policier est pris en charge aux urgences alors que le jeune individu est enfin maîtrisé.
« Je me suis vu mourir au moins trois fois »

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« J’ai été victime de violences et j’ai des vidéos qui le prouvent. Ils m’ont piétiné avec le genou, j’ai perdu connaissance à deux reprises. J’étais calme alors que l’un des agents s’est montré rapidement agressif avec moi. Je me suis fait tabasser, je me suis vu mourir au moins trois fois », relate encore le jeune homme à la barre du tribunal de Tarbes ce jeudi 28 mai. « Il se positionne en tant que victime, mais c’est lui qui est en tort », veut insister Me Soulié pour défendre les policiers.
Condamnation avec bracelet électronique
« La réaction des policiers est une conséquence de votre attitude. Nous n’avons aucune vidéo dont vous parlez pour attester vos propos », recadre la procureure qui demande un an ferme muni d’un bracelet électronique.

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30.05.2026

Jamais le pays n’avait enregistré un nombre si élevé de détenus, très au-delà des capacités des établissements pénitentiaires.
88 654 détenus dans les prisons françaises au 1er mai 2026, Cela représente, sur un an, une augmentation de près de 5 000 détenus (+5,9%) pour quelque 750 places disponibles supplémentaires (+1,2%) dans les centres pénitentiaires français, d’après les données du ministère de la Justice publiées vendredi soir. Et ce sont encore 509 détenus de plus par rapport à début avril dernier…
La densité carcérale est particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt (172,6%), où sont détenues les courtes peines ou les personnes en attente de jugement – et donc présumées innocentes. Le taux de sur-occupation globale atteint 140% au 1er mai.
La France, très mauvaise élève européen
La France figure parmi les très mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers bien inférieures. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.
Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de lits: il y en avait 7.693 au 1er mai, soit une forte hausse, +47%, en un an (5.234).
Deux détenus sont incarcérés pour une seule place (taux égal ou excédant 200%) dans 33 structures. Un chiffre là encore en augmentation. La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisienne (163,7% de densité carcérale) et toulousaine (155,5%), ainsi qu’en outre-mer (150%).

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Un projet de loi en préparation a pour objectif de s’attaquer à la surpopulation carcérale et prévoit notamment de mettre un terme à la pratique des matelas posés au sol dans les cellules. Aucun calendrier sur son dépôt, son examen et son adoption n’a été rendu public.
Darmanin opposé à toute régulation carcérale
Mais le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a exprimé son hostilité à tout dispositif de régulation carcérale, dispositif qui prévoit, comme c’est le cas en Allemagne, qu’au-delà d’un certain seuil, une entrée en détention doit s’accompagner d’une sortie. Le ministère de la Justice compte ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d’un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

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29.05.2026

Au milieu de l’agenda parlementaire discuté ces derniers mois, une proposition de loi voulait instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers. Récemment retoquée, elle risque de revenir à l’agenda parlementaire dans les prochains mois. Les défenseurs des droits humains alertent sur les effets catastrophiques d’un blanc-seing donné aux forces de l’ordre.
« Avec cette loi, on fait passer un message aux policiers qui pouvaient douter au moment de tirer : on leur dit qu’il n’y a plus à hésiter »
C’est une vieille proposition du Front national (devenu depuis le RN), et une toute aussi vieille revendication du syndicat de policiers Alliance qui pourrait bientôt être adoptée par le Parlement. La « présomption de légitime défense » des policiers avait été mise à l’agenda politique par le RN en 2022, mais c’est le Groupe les Républicains (LR), par l’entremise du député Eric Pauget, qui a déposé la dernière mouture du texte, dont l’examen est actuellement suspendu devant l’Assemblée. Le texte initial, d’origine parlementaire, prévoyait par une bizarre phrase tautologique que les policiers et gendarmes qui ont « dû se défendre ou défendre autrui contre une atteinte injustifiée » sont présumés « avoir agi en état de légitime défense ».
« Cette présomption existe déjà puisque la charge de la preuve repose sur nous » – Issam El Khalfaoui, père de Souheil El Khalfaoui, jeune marseillais de 19 ans abattu lors d’un contrôle de police en 2021.
Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a ajouté un amendement. Dans la dernière mouture du texte, adopté en janvier 2026, il n’est plus uniquement question de présumer la légitime défense, qui n’est qu’une des causes possibles de légalité des tirs policiers. Désormais, toutes les hypothèses sont visées par la présomption : « lorsqu’ils font usage de leurs armes, les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale sont présumés avoir agi dans l’un des cas autorisés ».
Ce faisant, le gouvernement ne fait pas qu’étendre le régime de la présomption. Bien pire : il lance un message permissif sur l’usage de leurs armes à destination des policiers et gendarmes. En clair, l’usage d’une arme à feu sera présumé légale. « Donc la réponse autorisée face à une situation de stress, ce serait le recours aux armes létales ? » s’insurge Me Margot Pugliese, avocate de plusieurs membres de la famille de Nahel Merzouk, tué par arme à feu policière en juin 2023. « Le propre des forces de l’ordre c’est d’intervenir dans des situations stressantes, face à des gens qui peuvent représenter un danger. C’est ça être policier… Donc il y a une importance capitale à gérer ça autrement qu’en tuant des gens ! »
Là où le texte initial modifiait le Code pénal, qui est une sorte de manuel pour les juges qui contrôlent l’activité policière, le texte gouvernemental modifie le Code de la sécurité intérieure (CSI), qui est le manuel des forces de police. Il s’adresse donc directement à ces dernières. Or, l’article en cause, l’article L.435-1 du CSI issu d’une réforme législative de 2017, a déjà été largement dénoncé comme un « permis de tuer ». En mai 2025, le Comité contre la torture de l’ONU s’était inquiété « de ce que l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure semble avoir élargi le champ de la légitime défense pour les policiers au-delà du raisonnable, contribuant à une augmentation du nombre de décès liés à l’usage d’armes à feu par les forces de l’ordre ». En 2024, 27 personnes ont été tuées par l’usage d’une arme à feu des forces de sécurité intérieure – un funeste record. Si la présomption passe, il y a fort à parier qu’elle sera comprise comme un second message d’assouplissement de l’usage des armes policières.
« ENCORE PLUS DE NON-LIEUX »
Dans un courrier à l’attention du Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU, Flagrant déni, aux côtés de l’association SAVE et du Syndicat des Avocat·es de France (SAF), alertait des effets d’une telle loi et de celle déjà existante :
« Les faits, et en particulier les chiffres, montrent donc que la loi « Cazeneuve » de 2017 a été interprétée par les forces de police comme un assouplissement du cadre légal, et les a conduites à tuer plus de personnes, en particulier parmi les populations racisées. »
La proposition de loi comporte plusieurs risques, pointés dans cette lettre : elle renverserait la charge de la preuve, dans un contexte où les obstacles à la manifestation de la vérité sont déjà nombreux et où un déséquilibre persiste entre la crédibilité accordée à la parole des plaignants et à celle des forces de l’ordre. « (…) Le manque d’indépendance du parquet, de l’IGPN et de l’IGGN, les liens professionnels entre les forces de l’ordre et les magistrat·es pourtant chargés de les contrôler, le manque de formation et d’encadrement par la hiérarchie policière sont autant de facteurs qui conditionnent les pratiques d’enquête et les décisions de justice, souvent plus clémentes que pour le reste de la population» pointait une tribune du Syndicat de la Magistrature, du SAF et de la Ligue des Droits de l’Homme.
« Dans les faits, cette présomption existe déjà puisque la charge de la preuve repose sur nous, les familles de victimes. C’est souvent à nous de demander des actes et de montrer que la légitime défense ne tient pas. Mais si on légitimise le recours à l’arme dans la loi, juridiquement, ça change tout ! » souligne Issam El Khalfaoui, père de Souheil El Khalfaoui, jeune marseillais de 19 ans abattu lors d’un contrôle de police en août 2021 et président de l’association SAVE (Stop Aux Violences d’Etat). « Là où le doute pouvait amener au procès, cette loi ferait qu’il n’y a plus de doute sur la légitimité de l’action des policiers ! Là où nous pouvions pointer les défaillances de l’enquête, avec cette loi, elles ne seraient plus considérées comme des défaillances. Donc il y aura encore moins de procès, encore plus de non-lieux ! »

(…)

UNE LOI À L’ENCONTRE DES DROITS HUMAINS
Introduire une présomption de légalité des tirs dépasse la simple présomption de légitime défense. Cette proposition est contraire à la jurisprudence de la Cour Européenne de Droits de l’Homme (CEDH) qui pose au contraire une présomption de responsabilité lorsqu’une personne décède aux mains des forces de l’ordre. Comme le soulignait Anja Bienert, basée aux Pays Bas et responsable du programme Police et Droits Humains au sein d’Amnesty International, lors d’un colloque organisé à l’Assemblée Nationale début mai :« C’est l’un des textes les plus préoccupants que j’ai vu dans mon travail depuis longtemps. Il est d’autant plus préoccupant qu’il constitue une réécriture d’un texte qui n’est déjà pas conforme au droit international des droits humains.» Elle pointe du doigt le fait que l’État est tenu de protéger la vie, de rendre justice aux victimes et de prévenir la réitération des faits. « La présomption d’un usage légal de l’arme à feu est une violation du principe de reddition des comptes et du droit à la vie. »
« CONSACRER L’IMPUNITE DES SERVICES DE POLICE »
Présumer de la légalité de l’usage des armes par les policiers constituerait a priori une cause objective d’irresponsabilité pénale, qui fait juridiquement disparaître l’infraction. Dès le tir, la possibilité même d’interroger le policier dans un cadre contraignant (la garde-à-vue) disparaîtrait, rendant pratiquement impossible la collecte de preuves pendant les premières heures, celles qui sont le plus souvent décisives. « Pour une enquête effective, il faut que les services de police et le procureur se mobilisent vite et dans les premiers temps ; là, personne ne le fera puisque la charge de la preuve ne repose plus sur les policiers mais sur les parties civiles et les autorités de poursuite. On consacre l’impunité des services de police ! » décrit l’avocate Margot Pugliese.
« Si l’on regarde quel pays dans la région européenne a passé une loi comparable, on ne trouve que la Turquie avec la loi de 2007 » – Sébastian Roché, chercheur
Issam El Khalfaoui témoigne, lui, du choc qu’il a ressenti à l’écoute des débats parlementaires de fin janvier : « l’essentiel des arguments, c’était de dire que ce n’était pas normal qu’un policier aille en garde-à-vue [GAV]. Mais la GAV ce n’est pas un dispositif de culpabilité, c’est un outil pour empêcher la concertation, l’influence, etc. C’est le seul dispositif pour essayer de préserver la vérité, parce que bien souvent les vidéos n’existent pas ou disparaissent. » En mars 2026, dans le procès de Gilles Guilbert, le policier condamné à 10 ans de prison pour meurtre d’Olivio Gomes en 2020 à Poissy, l’avocat général avait souligné les mensonges des policiers, leurs versions changeantes et coordonnées.
Le chercheur Sébastian Roché fait, lui, carrément le parallèle avec les régimes autoritaires : « leur caractéristique, c’est précisément l’usage généreux des armes. On introduit ici des règles qu’on voulait faire supprimer aux pays candidats pour entrer dans l’Union Européenne. Si l’on regarde quel pays dans la région européenne a passé une loi comparable, on ne trouve que la Turquie avec la loi de 2007 qui élargissait de manière très générale l’usage des armes dans différents types de situations ordinaires, hors terrorisme, attentats, prise d’otages, manifestations violentes et contrôle des frontières. » Conséquence d’une telle loi ? « On peut estimer que le nombre de tirs mortels des forces de l’ordre a augmenté de 30% dans des situations ordinaires. »
Si ce texte de loi était adopté et si cette décision judiciaire était confirmée par la Cour de cassation, l’explosion du nombre de tués serait encore plus largement à craindre, soulignent nos interlocuteurs·ices. « S’il n’y a aucune infraction a priori, aucune mesure coercitive ne sera mise en œuvre en pratique ! Avec cette loi, on fait passer un message aux policiers qui pouvaient douter au moment de tirer : on leur dit qu’il n’y a plus à hésiter » conclut Me Pugliese. « S’il n’y a plus de contrôle juridictionnel possible de l’usage des armes à feux par les policiers, on n’est plus dans une démocratie… »

 

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29.05.2026

Dans les champs comme dans les villes, l’État fait la guerre à la jeunesse, et à tout ce qui peut procurer un peu de joie, de rencontre, d’énergie collective. Il veut maintenir la population résignée et les corps isolés.
Nouvel exemple à Elven, comme de 6600 habitants dans le Morbihan. Samedi 23 mai, une free party est organisée sur un terrain, il fait beau, l’ambiance s’annonce excellente, 300 teufeurs et teufeuses se réunissent. La gendarmerie déclenche alors une véritable scène de chaos.
Un hélicoptère survole la fête à basse altitude alors que plusieurs escadrons encerclent le terrain. Au moins 100 militaires lourdement armés, qui gazent massivement la foule, puis tirent des balles en caoutchouc et des grenades explosives. «Ils ont fait entonnoir et ont tout gazé pour rentrer. On ne voyait plus rien» explique un participant.
Plusieurs personnes ont été sérieusement blessées par les munitions : des images prises par le photographe Théophane Tournemine montrent des impacts de LBD et de grenades, et une personne au visage ensanglanté. Des centaines de grenades ont été tirées. Certaines ont provoqué un départ de feu dans la forêt longeant le champ, dans laquelle la foule s’est réfugiée pour échapper à la charge.
Dans la violence et la confusion, au moment de saisir le matériel sonore, les gendarmes ont laissé tomber dans le champ un chargeur de fusil d’assaut. Une arme parfaitement scandaleuse dans un contexte de maintien de l’ordre, et encore plus de fête. Et d’autant plus dangereuse qu’elle est utilisée par des incompétents. Des munitions de guerre sont ainsi laissées dans la nature.
La semaine précédente, c’était à Ploërmel qu’une Free Party était réprimée. Ces images de fêtes écrasées par la répression deviennent banales, il ne faut pas s’y habituer. L’État sème le chaos et la désolation en lieu et place de la joie, de la solidarité et de l’auto-organisation. C’est déjà une forme de fascisme.

 

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28.05.2026

Militant d’extrême droite et indic’ : des liens accablants entre les fascistes et les autorités
La fascisation s’installe aussi par des silences, des omissions, des manières de regarder ailleurs. L’assassinat de Djamel Bendjaballah par un néo-nazi il y a presque deux ans en fait partie. Le 31 août 2024 près de Dunkerque, ce père de famille d’origine maghrébine et éducateur est tué par un militant d’extrême droite nommé Jérôme Décofour. Ce dernier écrase Djamel volontairement à deux reprises avec sa voiture, devant sa fille de 9 ans, sa compagne Vanessa et les deux enfants de cette dernière. Les médias préfèrent parler à l’époque d’une «rivalité amoureuse qui aurait mal tourné», et mettent sous le tapis le caractère haineux du meurtre.
Pourtant, les proches de la victime ont tout fait pour faire reconnaître le racisme de ce crime. Sa sœur Nadia explique : «Tout de suite Vanessa me dit que c’est raciste, vraiment dans les premiers mots de la conversation, alors qu’on pleurait toutes les deux». La justice refuse de retenir cette dimension. D’ailleurs, ni la police ni la justice n’ont pris la peine de prévenir la famille endeuillée, ni de les accompagner d’une quelconque manière. «On a le sentiment d’avoir été baladés, maltraités même» explique sa sœur.
L’assassin, Jérôme Décofour, n’est autre qu’un néo-nazi, survivaliste, leader du milieu d’extrême-droite radical. La victime le connaissait bien puisqu’il avait porté plainte pas moins de trois fois pour injures racistes comme «bougnoule» ou «sarrasin» avant d’être tué. On peut lire dans une de ses plaintes déposées : «Je tiens à vous dire que monsieur se renseigne sur ma fille, âgée de 8 ans. Il a déjà envoyé des messages à ma compagne en citant le village où elle réside. Je suis inquiet vis-à-vis de cette personne. Car je sais par madame qu’il possède des armes à feu. J’aimerais retrouver ma tranquillité». Le néonazi «offrait» à ses enfants des saucissons de porc sur lesquels il écrivait «halal», ou encore des cochons en chocolat pour Pâques.
Le tueur est membre d’une milice nommée «Brigade Française Patriote». Sur la page Facebook du groupe, il multipliait les publications racistes et islamophobes. «Il sortait qu’il fallait apprendre à résister, à repousser les Arabes qui voudraient nous envahir. Il voulait endoctriner des gens pour se préparer à l’impensable» explique un ancien membre. Malgré tous ces éléments, les plaintes déposées par Djamel sont restées lettres mortes.
Il faudra attendre le décès de Djamel pour que l’auteur du crime soit perquisitionné et qu’on découvre un arsenal de guerre : une vingtaine d’armes, dont un Famas, des grenades et des munitions. Son ex-compagne déclarait «qu’il recevait des colis, des armes, des gilets pare-balles. Il se préparait à la lutte armée». Avant son crime, il avait expliqué aux policiers que les armes à feu qu’il possédait étaient des «répliques». Et les agents l’avaient cru sur parole. Entre camarades, on ne va pas se soupçonner.
La complaisance voire la complicité policière hallucinante vis à vis de Jérôme Décofour est désormais élucidée. Le soir du crime, aux alentours de 21 heures, Jérôme Décofour reçoit un appel téléphonique de la police lilloise, située à plus de 80 kilomètres de son domicile. Au total, il est contacté à trois reprises par un numéro fixe venant du commissariat central de Lille. Il est impossible que ces échanges ne soient pas liés au crime qu’il a commis 45 minutes plus tôt. Qui a passé cet appel et pourquoi, si ce n’est un policier complice pour lui donner des conseils ?
Au sein de la Brigade Française Patriote, la milice d’extrême-droite que dirigeait Jérôme Décofour, on trouvait 700 membres dont 200 actifs, pour la majorité d’anciens militaires. Le tueur avait amené un de ses amis à l’une des réunions, qui en était revenu choqué et avait ensuite raconté : «C’était des vraies dingues qui faisaient le salut hitlérien». Après la mort de Djamel, un bulletin d’adhésion à une organisation néo-nazie a été retrouvé lors de la perquisition chez le tueur. Ce document était à retourner à un certain Teddy B, une figure du milieu skinhead d’extrême droite, la Division Nationaliste Révolutionnaire. Sur certaines photos de ce groupe, on peut voir inscrit sur un barbecue «Les juifs au four». Sur une autre image, Teddy B. et sa compagne portent chacun un T-shirt comportant un gros 8 et les inscriptions «Adolf» et «Eva», référence à Eva Braun, compagne d’Hitler. Certains proches de Décofour sont actuellement emprisonnés pour des projets d’attentats.
On sait désormais que le néo-nazi avait été approché par les renseignements français. Selon le Canard Enchainé, les services l’auraient même recruté. Le tueur écrit, dans un courrier récupéré par la justice, avoir travaillé pour la police. Son ex-compagne, dans un rapport d’enquête, estime «qu’il a participé a des rassemblements qui ont amené les renseignements généraux à le convoquer». Ce que Jérôme Décofour n’a jamais contredit, contrairement à d’autres éléments du dossier. Le Canard Enchainé pose la question cruciale : ce travail pour les services de renseignement explique-t-il toute cette protection, ce laisser-faire, et finalement cette procédure laxiste ?
Par exemple, l’assassin n’a toujours pas été auditionné par la juge. Pourquoi ? L’avocate de la sœur du défunt, Maitre Maiwelle Mezi, s’insurge : «Je ne comprends pas que depuis la mise en examen de Jérôme Décofour, la juge ne l’ait jamais entendu, malgré nos demandes insistante» et ajoute : «Il est essentiel qu’une instruction sérieuse soit menée pour montrer la dimension raciste du dossier. Nous ne comprenons toujours pas que la circonstance aggravante de la motivation raciste ne soit pas retenue».
L’excuse d’un major de la police interrogé serait que «les policiers croulent sous les dossiers, chaque service a des milliers de procédures en attente». Une mensonge éhonté : la police n’hésite jamais à mettre d’énormes moyens et à faire des mois d’enquête pour traquer des opposants, par exemple des personnes ayant fait de simples tags en manifestation, ou des militants pour la Palestine. Laisser tranquille un néo-nazi armé dans le cadre d’une affaire criminelle est évidemment un choix politique.
Un autre agent de la police judiciaire suppose : «Dans cette affaire, les flics ont un coupable et même un mobile plausible, la jalousie. Pour eux le dossier est plié, pourquoi veux-tu qu’ils s’emmerdent à ouvrir d’autres pistes que le parquet ne leur demande même pas d’étudier ?» Alors même que la qualification raciste parait évidente, aucune interrogation n’a été faite sur la Brigade Française Patriote lors de la garde à vue.
Le 12 avril, la juge en charge du dossier a même déclaré irrecevable les parties civiles d’associations antiracistes – SOS racisme, la Ligue des droits de l’Homme, le Mouvements contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, ainsi que La maison des potes. La circonstance aggravante de racisme rendrait le crime passible de la perpétuité au lieu de 30 ans requis. Qui protège Jérôme Décofour ?
Le lien entre la police et des milices d’extrême droite n’est plus à prouver. Rappelons que Loïc Le Priol, assassin du rugbyman Frederico Martin Aramburu en 2022, était lui-même militaire, membre du GUD et ami d’un policier, avec qui il avait passé la soirée avant de commettre l’assassinat. En perquisition, un brassard de police avait d’ailleurs été retrouvé. Loïc Le Priol était déjà connu des services de renseignement, condamné pour des actes de torture et interdit de paraître à Paris. Il s’y rendait pourtant armé, manifestement protégé par les autorités.
On peut aussi citer l’affaire Claude Hermant. Ce vieux militant néo-nazi lillois est le trafiquant d’armes qui a fourni les fusils aux terroristes des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher. Il était indicateur de police depuis des années et a été largement ménagé lors de l’enquête après les attentats.
Le meurtre de Djamel Bendjaballah devrait être une nouvelle affaire d’État, puisqu’elle combine les questions de racisme, de réseaux armés, de complicité policière, de services rendus, et se conclut par un homicide. Il n’en est rien, et la famille se bat toujours pour exiger la justice.
Une pétition des proches de Djamel pour faire reconnaître le caractère raciste de ce crime.

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28.05.2026

Un ancien policier de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) a comparu ce mercredi 27 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Grasse pour avoir harcelé deux de ses ex-conjointes. Les faits se sont déroulés entre mars 2023 et août 2025 entre.
Elle arrive à la barre munie d’un classeur saumon dont elle tourne les pages, une à une. R. , ancienne compagne de G. poursuivi pour harcèlement moral, n’a pas d’avocat, alors elle tient à être la plus précise possible. « Il surveillait mes réseaux sociaux, il a menacé de se suicider, j’ai reçu 50 000 messages en un an… », énonce-t-elle.
Au milieu de la lecture de son propre dossier, elle s’arrête, visiblement émue. « Prenez votre temps », l’encourage le tribunal, présidé par la juge Mariel Dubreuil. Alors R. raconte. Ce soir où elle a alerté les gendarmes de la présence de la voiture de son ex, stationnée à 50 mètres de son domicile, à Villeneuve-Loubet.
Perquisitionné, le véhicule semblait vide au premier abord. Quelle n’a pas été la surprise des forces de l’ordre de découvrir G. caché dans le coffre. « Il m’a désorientée », commente la partie civile, décrivant la prison mentale dans laquelle sa relation l’a enfermée.
État d’hypervigilance
Quelques minutes plus tard, c’est au tour de M. de prendre le relais à la barre de sa compagne d’infortune. Le classeur posé sur le pupitre est blanc et vert cette fois. Depuis le début de l’audience, elle a laissé échapper des larmes, sur le banc des parties civiles.
Avec le prévenu, G., elle, a eu une petite fille. Leur relation n’a eu de cesse de se dégrader. Chacun aurait pu tourner la page après la rupture mais M. raconte avoir été « inondée » de messages. Pour le moins brouillés. Certains concernent la garde de l’enfant, d’autres sont des messages d’amour. M. finit par déposer plainte.
Les témoignages de proches confirment une situation anxiogène. « Vous vous introduisiez dans la maison de madame, dans sa voiture alors qu’elle devait aller au travail », égrène le tribunal. Les serrures sont changées, mais le bombardement électronique se poursuit. M. décrit elle aussi un état d’hypervigilance, sursautant quand son téléphone sonne.
« Et quand elle n’a pas de nouvelles, elle se demande : qu’est-ce qu’il est en train de préparer », explique son avocate, maître Julie Kerangueven.
Pas d’intention de blesser
Longtemps interrogé à la barre, le prévenu explique : « J’espérais qu’avec le temps on retrouve une dynamique plus saine », faisant référence aux difficultés liées au mode de garde. Tout est minutieusement justifié. « C’est ce qui agace le tribunal, il a une explication et ce n’est pas celle que vous attendez », plaide son conseil, maître Emmanuelle Boukobza-Gaglio.
S’il s’est garé devant le domicile de son ex-conjointe et s’est caché dans le coffre, c’est parce qu’il est en mission de traque contre les terroristes. « Pouvez-vous reconnaître que vous avez harcelé vos ex-compagnes ? » demande le procureur Anthony Carello.
« Je reconnais que les faits aient pu les blesser mais je n’en avais pas l’intention », se justifie le prévenu. « Ces femmes ne sont pas folles, elles sont victimes », s’est exclamé le ministère public.
Et de rappeler que le prévenu est allé jusqu’à consulter un dossier de la DGSI pour obtenir des informations sur l’entourage de son ex-compagne avant de requérir 12 mois d’emprisonnement avec sursis simple.

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28.05.2026

Un homme en situation de handicap a subi une interpellation policière violente fin avril, dans la Drôme. Malgré les alertes de témoins sur son handicap, il a été placé en garde-à-vue pendant 40h, puis libéré sans poursuite. La famille a porté plainte auprès du parquet de Valence.
Autour de la table sur la terrasse, entourée de colonnes blanches et baignée par le soleil, tous les visages de la famille se concentrent sur un seul d’entre eux : celui de Toufik, 34 ans. Le jeune homme en situation de handicap, autiste, atteint d’une atrophie cérébrale et de surdité, cherche ses mots. Ses proches hochent la tête pour l’encourager. L’habituel sourire immense de Toufik a disparu : il fronce les sourcils pour mieux convoquer ses souvenirs, encore vifs. « Je me promenais dans le parc et là… » – il mime à ses poignets des menottes. « La police… Ils m‘ont traîné. J’ai eu peur. Je criais, je pleurais. Frappé ici, ici, ici » – il désigne la tête, les épaules, le dos. « Je ne pouvais plus respirer », mime-t-il encore, les mains sur la gorge.
Alors qu’il se baladait à vélo dans un parc de la commune de Portes-lès-Valence, au sud de Valence, Toufik est interpellé par les forces de l’ordre vers 17h15, le vendredi 24 avril. D’après les témoins et la presse locale, il pourrait s’agir de la brigade motorisée de gendarmes de Valence accompagnée de la police nationale de Valence. Toufik a l’habitude de se promener là à pieds ou à vélo, « presque tous les jours », explique-t-il.
Pourquoi cette intervention ? Les circonstances ne sont pas encore claires : la famille et les témoins savent qu’une mère de famille a appelé les forces de l’ordre, après que Toufik se soit approché d’elle et de sa fille. « Vers 16h45, j’étais assise sur un banc avec une amie. Toufik est venu vers moi me saluer. Il m’a expliqué qu’une dame lui avait mis une claque », raconte Lucie, une témoin des faits, qui travaille à l’hôpital de Valence et promène souvent son fils dans ce parc.
« Pour les gens qui ne le connaissent pas, son approche peut être déroutante mais il ne faut pas être gêné par son handicap : Toufik dit bonjour à tout le monde, toujours avec respect », tente d’analyser Lucie, qui assure que Toufik a toujours été bienveillant et correct avec elle et son enfant. « Je lui ai dit qu’une claque, ce n’était pas normal. Mais Toufik était déjà passé à autre chose. On a discuté pendant une demie-heure, puis il a continué son tour à vélo, quand soudain, j’ai vu arriver des policiers qui l’ont poussé du vélo. »
« Toufik, au sol, criait de douleur »
C’est à l’entrée du parc que le déchaînement de violences décrit par Toufik et plusieurs témoins commence alors. Là, un skatepark et une aire de jeux pour enfants encadrent de part et d’autre une allée boisée. Lorsque les forces de l’ordre interviennent, en ce vendredi soir d’avril, le parc est rempli de monde. De nombreux témoins assistent donc à la scène. Onze attestations ont été produites et consultées par Basta!.
Plusieurs décrivent Toufik maintenu à terre « par quatre policiers », alors que le jeune homme « est inoffensif et surtout lourdement handicapé », précise l’une d’elles. Lucie voit les policiers s’appuyer avec leurs genoux sur son dos, ce qui pourrait correspondre à la technique du plaquage ventral, dont les risques sont largement documentés. Au moins un policier aurait placé son genou au niveau de son cou, l’empêchant de respirer, selon Toufik et des témoins.
Les coups reçus cassent l’un de ses appareils auditifs, et envoient valser l’autre loin dans les buissons – la famille ne le retrouvera que deux jours plus tard. « Je les aussi ai vu traîner son visage contre le sol », ajoute Lucie. « C’était inhumain. Même à un chien, on ne fait pas ça. Mon fils était là avec moi, on était sous le choc. ».
« Toufik, au sol, criait de douleur. J’ai moi-même tenté de dire au policier en face de moi qu’il était handicapé. Toufik ne pouvait plus respirer. J’ai vu un des policiers lui mettre un grand coup de poing dans le dos », décrit Francis, la cinquantaine et commerçant à Portes-les-Valence. Ce grand homme à l’air jovial, la voix tonitruante, vient sonner au portail le jour de notre visite à la famille, pour leur apporter de nouveau son soutien.
Car Toufik est bien connu dans la commune. Tous les témoins décrivent un jeune homme « très agréable », « respectueux », « poli », « très apprécié dans le secteur », qui « dit bonjour à tout le monde » avec « gentillesse » et n’a « jamais eu de comportement déplacé » ni avec les enfants ni avec les adultes.
40 heures de garde-à-vue, « sans rien entendre ni comprendre »
Dès que Toufik est mis à terre, plusieurs personnes comme Francis s’empressent de signaler son handicap à la police. Dans une vidéo filmée de l’arrestation et consultée par Basta!, des enfants s’indignent de voir cet homme en situation de handicap maintenu ainsi à terre. Plusieurs témoins racontent également qu’un policier debout, avec une bombe lacrymogène dans la main, a empêché l’attroupement de s’approcher et de filmer davantage.
Youcef, le père de Toufik, est le premier de ses proches à arriver sur place. Quand il revit la scène, l’allure droite, ses yeux se plantent dans ceux de son interlocuteur. « Ils se sont défoulés sur lui. Un agent de la brigade motorisé m’a dit « c’est moi qui l’ai frappé », alors que mon fils est reconnu handicapé à 80 %. » Meriem, la sœur jumelle de Toufik, rejoint son père au moment où les forces de l’ordre embarquent son frère dans un fourgon. « On m’a dit que je devais aller au commissariat pour parler avec la police », rapporte-t-elle d’une voix douce. Elle a juste le temps de voir un policier refermer la porte sur le pied de son jumeau. Toufik, lui, nous mime encore des coups dans la fourgonnette : « La police était méchante. La police me disait : tais-toi ! ».
Toufik reste 40 heures en garde-à-vue. « Je faisais des cauchemars. Je ne dormais pas. Il faisait tout noir », se souvient le jeune homme. Il est libéré dimanche matin, suite à l’expertise d’un médecin psychiatre, sollicité par le parquet, qui le juge inapte à la garde-à-vue. Le hasard a voulu que ce soit le médecin psychiatre de Toufik depuis son enfance qui ait été appelé. Dans ce laps de temps, la famille s’est déplacée au commissariat, dès le vendredi soir, pour alerter sur son handicap et demander à le voir. Peine perdue. « À ce moment-là, on ne savait même pas que ses appareils auditifs étaient cassés et perdus. Il ne devait rien entendre, rien comprendre », s’attristent ses proches.
« L’expertise psychiatrique a conclu que ce client était irresponsable pénalement du fait de son handicap de sorte que la garde-à-vue n’avait plus d’intérêt et a été levée », précise l’avocat de la famille, Romaric Chateau. La famille tente de déposer plainte au commissariat dès le vendredi soir contre ces violences, quelques heures après l’interpellation. Elle assure avoir essuyé un refus net de la part des agents de prendre la plainte.
La version policière diffusée dans la presse locale en pleine garde-à-vue
La famille, encore sous le choc, a porté plainte le 29 avril auprès du procureur de la République de Valence pour violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique et atteinte aux droits fondamentaux d’une personne handicapée. « On estime que les violences utilisées par les policiers sont totalement disproportionnée. Il est handicapé, malentendant et ses appareils auditifs lui ont été enlevé donc il est complètement déboussolé et ne peut pas réagir en étant violent. On ne comprend pas ces violences dont il a été victime », résume Romaric Chateau.
L’IGPN est également saisi par le conseil de la famille. Dans un courrier du 30 avril, le directeur territorial de l’association APF France Handicap apporte son « attention particulière » à la situation de Toufik, au nom de la défense des droits des personnes en situation de handicap « en particulier celles en situation de vulnérabilité ». Et encourage la famille à saisir également le Défenseur des droits.
Sollicité sur les suites qu’il compte donner à la plainte de la famille, le procureur de la République de Valence n’a pas souhaité nous répondre, mettant en doute notre qualité de journaliste avant d’affirmer que le « parquet réserve son attention et ses réponses aux conseils et justiciables qui le saisissent ».
Pourtant, au cours de sa garde-à-vue, la presse locale s’est fait le relais de la version préfectorale. Un premier article est paru dès le samedi matin, après la première nuit de garde-à-vue de Toufik, dans Ici (ex-France Bleu). L’article indique que Toufik aurait « mordu un policier » lors de son arrestation, après avoir « abordé deux enfants de 7 et 9 ans, avant de s’en prendre à leur mère ». Un second article suit le même jour, cette fois dans Le Dauphiné Libéré. Il est titré : « Ce déferlement de violence est inadmissible ». Il ne désigne pas l’action policière… Mais bien Toufik.
Le secrétaire départemental du syndicat Alliance Drôme lui-même y donne sa version des faits. Alors même que Toufik est encore en garde-à-vue, et que la famille n’a aucune information à son sujet. « Cet individu a pris violemment à partie les policiers. Il est allé jusqu’à en frapper plusieurs et a mordu l’un d’entre eux jusqu’au sang ! », affirme le responsable syndical. Cinq jours d’arrêt de travail mais aucune incapacité temporaire de travail (ITT) n’a été délivrée au policier concerné, selon la presse locale.
La famille a également porté plainte pour diffamation publique, suite à ces articles. Ceux-ci proviennent « forcément de la communication des services de police et des services du parquet, puisqu’il n’y a qu’eux qui ont accès à la procédure », épingle l’avocat Romaric Chateau. Qui ajoute qu’une morsure, « généralement, c’est plutôt un acte de défense : on vous prend la tête vous vous débattez, vous mordez. Mais pour l’instant je n’ai pas accès au dossier », pour faire la lumière sur ces circonstances.
Aucune charge retenue, mais des séquelles graves
Toufik ne fait l’objet d’aucune poursuite suite à sa garde-à-vue. Aucune plainte n’a été portée à la connaissance de la famille. La préfecture n’a pas, pour l’heure, répondu à nos questions.
En revanche, les séquelles physiques et psychologiques qu’il en garde sont durables. Un arrêt de travail de huit jours lui est délivré à sa sortie, ainsi qu’une ITT de six jours. Des certificats médicaux attestent de contusions au visage, aux épaules ; d’hématomes aux pectoraux, au bras ; de griffures aux poignets, au thorax, aux genoux ; et d’une dent cassée. Toufik nous la montre du doigt, en première ligne de son sourire. Dans sa chambre, une fenêtre ouverte sur un balcon donne de l’air à la pièce. Le décor est simple : un lit collé au mur, un grand écran et une confortable chaise pour jouer à ses jeux vidéos préférés sur la Playstation. Le jeune homme commence tout juste à accepter de ressortir de chez lui. Plus jamais seul, toujours accompagné.
Les médecins l’ont noté dans leurs certificats : « Anxiété », « appréhension anticipatoire », « peur de sortir ». Au rez-de-chaussée, Walid, son petit frère, confie avoir vu le changement chez son frère. D’ordinaire enjoué, Toufik est devenu « souvent pensif, le visage grimaçant. Il a tout le temps peur, aussi. Il sursaute dès que j’entre dans sa chambre. »
Derrière lui, des photos montrent la famille soudée, en haut d’une montagne de la vallée de la Vanoise. Dans ce salon lumineux, parfaitement rangé, trône un piano blanc. C’est celui de Meriem, qui y a inscrit soigneusement, sur chaque touche, la note correspondante. La mère de Toufik, pilier de l’unité de la famille, apparaît discrètement dans un coin de cette grande pièce calme. Quand on lui demande ce qu’elle attend de la justice, elle balaie de la main : « Moi, tout ce qui m’importe, c’est que j’ai retrouvé mon fils vivant ». Sa paume sur le cœur et ses yeux brillants suffisent à raconter l’angoisse qui l’a étreint pendant les 40 heures de garde-à-vue sans nouvelles de son fils. « Je savais juste qu’il avait été emmené en sang là-bas. On a entendu tellement d’histoires comme celles-là… »
Pour ses premières sorties, la mère de Toufik l’a accompagné à la fête foraine de la commune. Il y ont croisé la police municipale de Portes-lès-Valence. « En les voyant, mon fils s’est recroquevillé d’un coup, ce qui ne lui arrivait jamais. D’habitude, il leur dit bonjour : les policiers municipaux le connaissent très bien, il va même prendre le café dans leurs bureaux ». Mise au courant des faits, une agente l’a rassurée : « Elle répétait : c’est moi Toufik, c’est moi, et elle l’a pris dans les bras à la fin. »
Toufik recommence aussi à se rendre dans les locaux du GEM (groupe d’entraide mutuelle) éCLAIR, une association proposant des activités en journée aux personnes avec cérébro-lésions. Dans un courrier de soutien à la famille, la responsable GEM éCLAIR décrit un homme « plein de bonne volonté, heureux de partager du temps avec ses pairs » et qui n’a jamais fait preuve « d’agressivité ou de violence ». Le jour où il est revenu dans leurs locaux, accompagné par ses parents, ses camarades lui avaient préparé un goûter d’accueil. Avec un éducateur du centre, Toufik a commencé à mettre en mots, par le théâtre, ce qui lui est arrivé.

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26.05.2026

Le numéro 2 du Raid, cette unité d’élite de la police basée à Bièvres (Essonne), aurait fait l’objet de plusieurs témoignages de femmes dénonçant des comportements et propos inappropriés. Sa hiérarchie, informée et qui l’a encore convoqué la semaine dernière pour de nouveaux faits, ne l’a pas sanctionné jusque-là.
« Depuis le début, on sent que la direction veut tout mettre sous le tapis et ça nous dégoûte. » Plusieurs membres du Raid ont fini par craquer et décidé de parler du comportement du numéro 2 de l’institution, surnommé Laser 2. Pourtant, au sein de cette unité d’intervention d’élite de la police nationale, dont la base est installée à Bièvres (Essonne), on est plutôt connu pour cultiver le silence et la discrétion. Mais depuis plusieurs mois, Philippe G., aurait eu plusieurs comportements et propos jugés inadaptés.

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26.05.2026

C’est une tentative d’homicide délibérée, lâche, incontestable, documentée. Un blindé de la gendarmerie, depuis le canon de tourelle, a envoyé en tir tendu et avec une force colossale une grenade sur une foule dense de manifestant·es. Serge a reçu la munition en pleine tête, faisant instantanément sauter son casque et fracturant son crâne. Cela aurait pu être n’importe qui d’autre dans ce cortège écologiste. Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l’État français voulait tuer.
C’est ce que confirme l’enquête minutieuse de Médiapart et Libération, qui vient d’être mise en ligne ce mardi 26 mai. Les journalistes ont réalisé ce que la justice et la gendarmerie ont choisi de ne pas faire : un vrai travail d’investigation. Ils ont utilisé les images de 51 caméras de gendarmes déployées à Sainte-Soline, d’une centaine de caméras piétons, d’une tourelle de surveillance et de reporters présents dans la manifestation. Ils ont analysé 150 heures de vidéos et un fichier «crucial» que le parquet et les enquêteurs n’ont pas cherché à utiliser, alors même qu’ils en connaissaient l’existence. Et tous ces éléments permettent d’identifier sans aucun doute possible quand, où et par qui a été fait ce tir criminel : depuis l’habitacle protégé d’un blindé militaire.
Précisons une nouvelle fois que tous les fichiers utilisés par les journalistes ont été versés dans la procédure depuis 2023. Et pourtant, en décembre 2025, le parquet de Rennes a classé «sans suite» l’enquête portant sur quatre blessé·es graves de cette manifestation. Médiapart et Libération ont donc synchronisé les séquences et ont mené un travail exceptionnel : recoupement vidéo et audio, utilisation des coordonnées GPS de chaque gendarme qui filmait, modélisation 3D des lieux, identification méthodique de chaque tir dans la période entourant la blessure… Conclusion : seul un tir en provenance du véhicule blindé de gendarmerie peut avoir frappé Serge à la tête.
Leur enquête permet de repérer tous les tirs effectués au même endroit et dans les secondes entourant celui qui a frappé Serge, et d’écarter ceux qui ne sont pas compatibles. Plus accablant encore : le tir tendu depuis le véhicule blindé a été filmé sous deux angles différents. Un gendarme, bien à l’abri dans son tank, s’est amusé à charger le canon de sa tourelle et à envoyer des munitions en tir tendu sur une foule compacte, pour provoquer le plus de dégâts possibles. Résultat, un jeune homme venu défendre les ressources en eau a frôlé la mort, fait plusieurs semaines de coma, et garde encore de très lourdes séquelles.
Le tireur aussi a été identifié : il s’appelle Arnaud F. C’est le gendarme qui était chargé de tirer les grenades depuis le blindé. Pour les enquêteurs, cet homme était très facile à identifier, puisque c’était le seul qui avait cette tâche. Contrairement aux centaines de gendarmes positionnés devant la bassine qui ont tiré de manière aléatoire des milliers de grenades, Arnaud F. est un cas spécifique. La justice n’a donc aucune excuse. D’ailleurs, ce gendarme avait lui-même été auditionné, reconnaissant avoir effectué un grand nombre de tirs depuis son blindé. Pourtant le parquet ose écrire dans sa décision : «aucune investigation supplémentaire ne peut permettre d’éclaircir les circonstances de ces tirs».
Ces nouvelles révélations constituent un scandale d’État de plus concernant Sainte-Soline : en plus d’une violence militarisée, des mensonges éhontés des autorités, d’une campagne d’intox médiatique, c’est une impunité organisée par la justice, qui a choisi de ne pas enquêter. Pour rappel, des moyens colossaux d’identification avaient été mis en œuvre pour retrouver des manifestant·es. Par exemple, en mars 2024, des écologistes avaient été lourdement condamné·es après avoir été identifié·es avec des logiciels de reconnaissance faciale, sur la base de photos prises lors de la manifestation de Sainte-Soline et comparées aux données contenues dans le fichier du Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ). À l’époque, leurs avocats dénonçaient un usage illégal et obscur de ces logiciels dans le cadre d’enquête.
Cela signifie que d’un côté, la police et la gendarmerie ont utilisé des moyens extrêmement poussés et même interdits pour traquer les opposant·es aux mégabassines, mais qu’ils n’ont même pas cherché à identifier leurs propres agents, facilement retrouvables, auteurs d’actes criminels passibles de la cour d’Assise.
Suite à ces nouvelles révélations, l’avocate de quatre blessés graves de Sainte-Soline, Chloé Chalot, a déposé un recours avec constitution de partie civile pour qu’un juge d’instruction soit désigné. Cela n’avait même pas été fait !
Le 25 mars 2023, nous écrivions en quittant la manifestation : «Le gouvernement Macron est prêt à tuer pour un trou en terre battue recouvert de plastique, creusé au milieu d’un champ». Dans les vidéos révélées en 2025, on entend effectivement les gendarmes s’exclamer : «T’en crèves deux-trois, ça calme les autres», «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné !», «Un vrai kiff !», «Mets leur une GM2L dans la gueule», «fils de pute», «pue-la-pisse », «faut les tuer», ou encore, en criant de joie : «Il l’a mis en pleine tête». Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, continue d’assurer qu’à Sainte-Soline, «il y a eu une riposte qui a été très majoritairement proportionnée». Une intention assumée d’assassiner et des tirs depuis un blindés militaire, voilà une riposte «proportionnée» pour nos dirigeants.
Sainte-Soline, en plein mouvement des retraites, et quelques semaines avant la répression féroce dans les banlieues lors de la mort de Nahel, a été une étape de plus dans la fascisation du pays, mais cette date a aussi contribué à la disparition des dernières illusions de «démocratie» et «d’État de droit » pour celles et ceux qui y croyaient encore. Il y a eux et nous. Celles et ceux qui se battent pour nos biens communs, pour le partage et pour un avenir vivable contre des autocrates qui préfèrent tuer plutôt que de partager. Et entre les deux, des soudards fascistes surarmés, avec l’autorisation de tuer.
La gendarmerie française est désormais équipée de nouveaux blindés, les «Centaures», beaucoup plus modernes et mieux équipés que ceux vus à Sainte-Soline. Ils disposent sur leur toit d’un lanceur de grenades qui permet de tirer non pas une, mais 30 munitions d’un seul coup.

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26.05.2026

L’avocat de la famille de Theo Sanha, dont la mort en cellule à Fresnes en 2022 fait l’objet d’une information judiciaire, a indiqué mardi à l’AFP avoir saisi la justice administrative pour faire condamner l’Etat, reprochant à la prison d’avoir “ laissé sombrer ” le détenu.
Theo Sanha, 28 ans, est décédé un mois et onze jours après son incarcération. Écroué le 2 décembre 2021, il devait être jugé en comparution immédiate le 11 janvier, le jour de sa mort, pour non-respect d’une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance.
C’est lors de cette audience que sa mère a appris son décès. Le cadavre de son fils a été retrouvé en position foetale, nu, baignant dans l’urine, dans une cellule jonchée de déchets.
L’Inspection générale de la justice (IGJ) a fustigé, dans un rapport rendu en mars 2022, une succession de “ défaillances ” et de “ négligences ”, aboutissant “ au délaissement puis à l’abandon du détenu ”.

(…)

Mais son profil aurait nécessité une “ réaction individuelle ou collective de prise en charge adaptée ” et non une “ gestion déshumanisée, ostensiblement distanciée et inadaptée ”, estimait l’IGJ.
Une juge d’instruction a été saisie en septembre 2023 à Paris pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Après deux ans d’investigations, elle a terminé son enquête sans mise en examen, a appris mardi l’AFP de source proche du dossier.

(…)

Sa famille se sent aujourd’hui “ trahie ” par l’Etat, qui avait “ précisément la garde et la responsabilité de leur proche ” enfermé, d’après leur recours en mai devant le tribunal administratif de Melun consulté par l’AFP.

(…)

“ Ce dossier illustre l’incapacité de l’administration pénitentiaire à traiter dignement des détenus fragiles sur le plan psychiatrique ”, a estimé leur avocat Antoine Ory. Fresnes “ était informée de la dégradation mentale de Theo Sanha et l’a laissé sombrer ”.
Sollicités par l’AFP, le ministère de la Justice, la direction de l’administration pénitentiaire et celle de la maison d’arrêt n’ont pas répondu dans l’immédiat.

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24.05.2026

Toujours plus haut, toujours plus loin dans la fascisation : un événement interdit parce que des propos portant atteinte à la République seraient «susceptibles d’y être tenus»
Nous vivons dans une dystopie. Dans le film Minority Report, sorti en 2002, des agents punissent «préventivement» les responsables de crimes avant qu’ils ne soient commis. En 2026, en France, l’État fait interdire un événement public sur la base de propos qui risqueraient d’être prononcés, mais ne l’ont pas encore été. C’est un raisonnement totalitaire.
Ce week-end du 23 et 24 mai, à Nantes, devait se tenir la rencontre annuelle des musulmans de l’ouest. Cet événement rassemble chaque année depuis 15 ans des milliers de fidèles, mobilisant une force associative et humaine. Cette année, la rencontre devait se dérouler à la mosquée Assalam, située à l’est de Nantes. Cinq jour avant, le 19 mai, une réunion s’était tenue à la préfecture afin de fixer les derniers détails de l’organisation. Jusqu’ici, rien de particulièrement nouveau.
Mais le 22 mai, au dernier moment et à la demande du ministre de l’intérieur, le préfet de Nantes Fabrice Rigoulet-Roze décidait brutalement d’interdire la rencontre. Coup de tonnerre. Saisi en urgence, le tribunal administratif a validé cette censure ce samedi. Les magistrats ne se sont pas vraiment prononcés sur le fond, mais ont donc permis l’interdiction d’un grand événement. Le tribunal a tout de même évoqué «la présence d’intervenants, (…), susceptibles de tenir des propos constitutifs d’infractions pénales». C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Qui porte atteinte aux droits de rassemblements, d’expression et de sociabilité ? Le pouvoir en place. En attendant, cela créée un précédent gravissime, qui risque de servir à interdire d’autres événements musulmans. Et après, à qui le tour ?
Derrière cette opération scandaleuse, le Ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, qui applique décidément le programme du RN. Il passe son temps à écraser les manifestations de gauche, les Free Party et les associations musulmanes tout en protégeant les fascistes. Ce 23 mai, il triomphait, et écrivait à propos de l’évènement interdit : «Les propos susceptibles d’y être tenus sont de nature à porter atteinte aux principes et aux valeurs de la République ainsi qu’à la cohésion nationale et à la dignité humaine. Le rassemblement ne peut donc pas se tenir».
Relisez attentivement. On ne sait même pas de quels propos parle Laurent Nunez. Et encore moins en quoi ils porteraient atteinte à «la République». Ni même de ce qu’un individu comme Laurent Nunez considère comme étant républicain. En France, la République laïque est sensée garantir la liberté d’expression et de foi, sans restriction ni discrimination, pour toutes et tous. La pseudo-République du régime actuel en est donc très éloignée.
Mais ce n’est pas le plus grave : le premier flic de France parle de propos «susceptibles d’y être tenus». Il faut se rendre compte du palier qui est franchi : cela veut dire qu’on peut interdire à peu près tous les événements du monde en estimant que des propos «dangereux» ou «illégaux» seraient «susceptibles» d’être prononcés. C’est une logique totalitaire, au sens littéral et historique du terme.
Cette interdiction fait écho à la tentative récente de censurer la rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF). Mais l’opération avait échoué, car elle avait été retoquée par la justice en avril dernier. Après cet échec à Paris, le gouvernement remporte donc une victoire légale à Nantes, et demain, il faut craindre que d’autres événements soient interdits sur cette base.
L’association organisatrice a publié un communiqué «prenant acte de cette décision dans le respect des institutions et de l’état de droit» tout en précisant «que cette rencontre avait pour vocation de promouvoir le dialogue, la transmission du savoir, de la spiritualité et le vivre-ensemble dans le strict respect des valeurs républicaines». Elle annonce «qu’une requête de fond sera engagée». Nantes sert, une fois de plus, de laboratoire aux innovations répressives et liberticides.
Le Premier Ministre Sébastien Lecornu enfonce le clou, en publiant un tweet digne d’Eric Zemmour : «Face à l’islamisme politique, la République doit être ferme, précise et juridiquement irréprochable. Merci au Ministère de l’Intérieur». Bizarrement, Sébastien Lecornu n’est absolument pas choqué par l’entrisme néo-nazi dans la police et l’armée, ni par l’explosion des violences racistes, ni par les banquets nationalistes organisés par l’extrême droite, qui dégénèrent en agressions de rue… Il préfère frapper sur les musulmans au nom de «la République».
Cette même république pointée par l’ONU, qui a publié plusieurs rapports sur les discriminations structurelles qui ciblent les citoyen·nes musulman·nes en France, sur fond de discours médiatico-politiques racistes.

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24.05.2026

Entre 300 et 500 élèves ont manifesté vendredi 22 mai 2026 devant le lycée Germaine-Tillion à Montbéliard (Doubs). Mais ce rassemblement a dégénéré avec des débordements de violence. Trois jeunes ont été placés en garde-à-vue tandis que les syndicats enseignants dénoncent des violences policières. On vous explique.
Ils s’étaient réunis dès 8h du matin. Devant le lycée Germaine-Tillion, à Montbéliard (Doubs) entre 300 et 500 élèves se sont rassemblés vendredi 22 mai 2026 pour protester contre la décision du proviseur (prise mercredi 20 mai) d’interdire l’accès au hall jusqu’à nouvel ordre. Cette décision avait été prise suite à l’utilisation de fumigène dans ce hall mais les élèves avaient perçu cette décision comme une punition collective. « Des problèmes organisationnels et la vétusté de certains locaux avaient également motivé leur décision », est-il écrit dans un communiqué de presse intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard.
La manifestation s’est étendue jusque dans l’après-midi. « Selon les témoignages que j’ai pu avoir, tout s’est bien passé jusqu’à 15h, où les élèves jouaient au football et le ballon a touché la voiture d’un policier. Les policiers ont gardé le ballon et ça a dégénéré », rapporte Mohamed Abohlfaya, secrétaire général de l’union syndicale lycéenne de la fédération du Doubs. Trois jeunes ont été interpellés et placés en garde à vue. Deux d’entre eux sont toujours en garde à vue et seront présentés au procureur de Montbéliard dimanche 24 mai. « Un élève serait blessé », est-il précisé dans le communiqué de presse.
« La police a chargé violemment et sans distinction »
« Suite à des débordements dus à quelques-uns, la police a chargé violemment et sans distinction le groupe restant, faisant usage de lacrymogènes », souligne le communiqué. D’après le témoignage d’un professeur que Mohamed Abohlfaya a pu recueillir, les élèves auraient subi cinq à six charges de la part des policiers. « Il y a même eu des jets de lacrymo dans la cour », rapporte-t-il. « Ça a touché les élèves et même des professeurs qui étaient au bord de la route », témoigne Lana, lycéenne présente lors de la manifestation.
« Il y a un même une vidéo qui tourne où un prof demande à un policier de se calmer et celui-ci le traite de Mélenchon », ajoute-t-elle. Les députés LFI Antoine Léaument et Danièle Obono ont réagi sur X sur ce sujet.
« Vous êtes un Mélenchon » : ce policier sort de son devoir de réserve.
— Antoine Léaument 🇫🇷 (@ALeaument) May 23, 2026
L’acclamation qu’il suscite en faveur du candidat insoumis était la meilleure réponse à faire.
Quand nous arriverons au pouvoir, ce genre de comportement, c’est fini. pic.twitter.com/9MxsIDtNnc
Selon Lana, certains policiers auraient largement abusé de leur pouvoir. « Dans une vidéo, on voit un policier qui attrape un élève et qui commence à l’étrangler, à le serrer au cou. On voit bien sur la vidéo qu’il n’arrive plus à respirer mais ils n’en ont rien à faire », lâche-t-elle. La lycéenne rapporte également que, dans un sonore enregistré par un lycéen qui se plaint auprès d’un policier d’avoir failli mourir à cause des gaz lacrymogènes, le policier lui aurait rétorqué : « T’as failli mourir et bah tant mieux. Ça fera un connard de moins ».
D’après la jeune fille, la manifestation a pris fin avec un barrage mis en place par les policiers. « Je me demande pourquoi ils ne l’ont pas fait depuis le début », se questionne-t-elle.
Un appel à la discussion des syndicats
Dans le communiqué intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard, « les enseignant.es du lycée Germaine Tillion tiennent à condamner l’absence de dialogue avec la direction de l’établissement, qui aurait permis, s’ils avaient eu lieu, d’éviter les débordements et les violences policières qui ont suivi ».
Les insultes, les flash balls et les gaz lacrymogènes lancés sur des adolescents ne constituent pas une réponse digne d’une démocratie et d’une institution qui se veut exemplaire et bienveillante avec notre jeunesse.
communiqué de presse intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard
Les syndicats enseignants souhaitent que des discussions aient lieu entre la direction du lycée et les lycéens. Ils appellent aussi le rectorat à intervenir pour apaiser les relations entre les lycéens et les forces de l’ordre et demandent « un bilan objectif des modalités d’interventions » de la police afin d’éviter de nouveaux débordements.

(…)

« L’objectif est de manifester pacifiquement mais on sent qu’ils sont tendus donc faut faire attention à ce que ça ne déborde pas », prévoit le secrétaire général de l’union syndicale lycéenne de la fédération du Doubs. « On peut espérer comme vendredi entre 300 et 500 personnes mais comme il y a eu des répressions, ils ont peur donc on ne sait pas ». Les lycéens décideront le jour même s’ils maintiendront ou non, le blocus pendant le reste de la semaine.

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22.05.2026

Au tribunal de Saint-Malo, jeudi 21 mai, trois anciens élèves de l’École de police comparaissaient pour harcèlement scolaire sur un de leurs collègues. Leurs comportements déplacés envers la victime avaient été repérés par des camarades. Une enquête administrative était ouverte. Le plaignant dénonçait le harcèlement et les humiliations qu’il avait endurées durant deux semaines, du 13 au 28 janvier 2025, alors qu’il partageait la même chambre que les trois prévenus.
Ce qu’il rapportait : des insultes régulières, dont certaines à connotation sexuelle, des moqueries, des coups durant les entraînements, des propos graveleux concernant sa mère. Et puis l’épisode où il a retrouvé du savon dans sa gourde. Ou encore son lit dépourvu de ses lattes et ce jour où il a été étranglé.

 

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22.05.2026

7 ans après la mort de Steve le soir de la fête de la musique 2019 à Nantes, les provocations d’État continuent. Un décret du 15 mai 2026 donne la liste des nouvelles personnalités décorées de «l’ordre national du Mérite». Il s’agit d’un ordre honorifique créé par le général de Gaulle pour récompenser «les mérites distingués, militaires ou civils, rendus à la nation française.» Une petite médaille bleue, que les serviteurs zélés de l’État et les amis du pouvoir peuvent porter sur leur costume.
Et dans la liste, parmi les nouveaux «chevaliers» nommés par le gouvernement, le nom de Grégoire Chassaing. «commissaire, 29 ans de service» précise le décret. Ce nom résonne comme un coup de poing pour tous les nantais. Car Grégoire Chassaing est bien connu pour avoir endeuillé la ville. C’est lui qui a lancé l’attaque mortelle du 21 juin 2019 contre des jeunes qui dansaient au bord de la Loire.
Ce soir là, des centaines de personnes font la fête sur un quai de l’île de Nantes, qui se situe à plusieurs mètres au-dessus de la Loire. Sans motif, les forces de l’ordre étaient intervenues au milieu de la nuit. Et avaient chargé après qu’un DJ ait diffusé le morceau «porcherie», une chanson contre le Front National. Ivre de violence, la police avait tiré des dizaines de grenades lacrymogènes, tabassé des personnes au sol, fracturé des os, envoyé des grenades explosives et tiré des balles en caoutchouc. Et avait provoqué des dizaines de blessés, des centaines de traumatisés et, surtout, au moins 12 personnes tombées dans l’eau sombre et dangereuse de la Loire. Et un mort noyé, Steve, 24 ans.
L’affaire avait suscité une immense émotion à Nantes et une mobilisation puissante durant des mois. Face aux éléments accablants et à la pression populaire, la justice avait fini par mettre en examen la mairie, le préfet et son adjoint, ainsi que le commissaire qui avait lancé la charge. Après avoir fait traîner la procédure, l’affaire judiciaire s’était dégonflée : la mairie et le préfet ont été mis hors de cause, et le seul à comparaître sera donc le commissaire Grégoire Chassaing.
Qui est ce commissaire qui a marqué Nantes au fer rouge ? Le journal Street Press avait dévoilé son pédigrée après la charge mortelle : déguisement raciste, engagement traditionaliste, prises de positions violentes et autoritaires. Sur les réseaux sociaux, ce policier s’affichait, en photo, aux côtés de son épouse, le visage maquillé en noir, une perruque afro sur la tête. Un «blackface», pratique raciste régulièrement dénoncée.
Toujours sur internet, la femme du commissaire dénonçait en vrac la «PMA sans père, le mariage gay et l’avortement». Le soir de la fête de la musique, les témoins parlent d’une charge sans sommation et d’insultes comme «sales gauchistes».
Ce chef de la police était connu depuis de longues années à Nantes pour ses méthodes violentes, notamment contre les cortèges revendicatifs. À la tête de ses hommes, il faisait le coup de poing et déchaînait la répression, blessant de nombreuses personnes. La même méthode a été utilisée contre les fêtards.
Rappelons également que Grégoire Chassaing a assuré, au début de sa carrière et pendant des années, une «coopération en Égypte et au Cambodge», où il avait enseigné à des Régimes autoritaires les techniques de répression françaises.
Le vendredi 20 septembre 2024, après plus de 5 ans d’une interminable procédure, le commissaire Grégoire Chassaing, qui était le seul poursuivi pour ces faits, est relaxé. Le tribunal correctionnel avait estimé que le commissaire de 54 ans, qui était mis en cause pour «homicide involontaire», n’avait pas commis de «faute caractérisée» ayant pu aboutir à la chute de Steve dans la Loire. Lors du procès qui était déjà d’une complaisance honteuse étant donné la gravité des faits, le procureur de Rennes avait demandé une «peine de principe» contre le fonctionnaire de police. Il n’a pas été suivi. La police tue, et la justice acquitte.
Pourtant, même «l’Inspection Générale de l’Administration», l’équivalent de l’IGPN pour les hauts fonctionnaires, a mis en cause la responsabilité du commissaire Chassaing : «Les enquêteurs ont établi qu’il aurait décidé d’intervenir, alors même que la consigne inverse lui avait été donnée par sa hiérarchie».
Grégoire Chassaing est régulièrement récompensé. Avant la tragique fête de la musique, le commissaire était décoré par le Ministre de l’Intérieur : une médaille offerte aux agents qui ont assuré la répression du mouvement des Gilets Jaunes. Il avait aussi reçu une médaille d’honneur de la police nationale en 2015, une médaille de la sécurité intérieure et une médaille de la défense.
En avril 2021, moins de deux ans après la mort de Steve et alors qu’il était mis en cause, Grégoire Chassaing obtenait une première promotion : il était nommé à la direction de la police de Clermont-Ferrand. Une nouvelle provocation du Ministère de l’Intérieur avait eu lieu quelques jours seulement avant le procès : le 1er juin 2024, Chassaing était nommé nouveau chef de la police nationale de Lyon, à la tête de centaines d’hommes, dans la troisième plus grande ville française. Il y sème, là-bas aussi, une violente répression contre les minorités et les contestations. Avec cette médaille du «Mérite», c’est un coup de poignard supplémentaire.
La famille de Steve subit ainsi une violence inouïe, une de plus. Et toute la population nantaise, durablement choquée par la noyade de la fête de la musique et qui s’était mobilisée en 2019 avec des fresques, des collages et de nombreuses actions, peut avoir un goût amer. La police sait qu’elle peut tuer un jeune qui danse sans même être inquiétée, et les responsables sont récompensés.

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22.05.2026

La sanction prononcée après le procès de l’ex-magistrat qui proposait de violer sa fille fait polémique sur la toile.
Les procès pour viol sont parmi les procès les plus scrutés par l’opinion publique. Lorsqu’il s’agit de viol, ou de tentative de viol, sur mineur, les observateurs attendent souvent des sanctions sévères. Cependant, il arrive que certains accusés réussissent à se sortir des mailles de la justice. Certains n’y entrent même pas. C’est le cas d’un ex-magistrat qui a failli commettre une atrocité. En effet, l’homme de 57 ans a proposé à d’autres hommes de violer sa fille âgée, au moment des faits, de 12 ans seulement. L’homme a réussi à se défaire des mailles d’une justice qu’il connaissait bien.
Un ex-magistrat accusé de tentative de viol sur sa fille
L’homme, qui jusqu’à son arrestation était vice-président du tribunal judiciaire de Dijon, avait tout d’un homme respectable. Père d’une famille de trois enfants, il menait une vie presque enviable. Cependant, il s’adonnait à des activités sordides à ses heures libres. Arpentant les sites libertins, il proposait, à qui le voulait, des relations intimes avec sa fille âgée de 12 ans. Les faits se sont déroulés entre octobre 2019 et juin 2020. Heureusement pour la petite collégienne, son père n’a pas pu trouver une personne qui acceptait de la violer. Toutefois, il a trouvé le courage de nier les faits. En effet, lorsqu’il a été appréhendé avant d’avoir commis le pire, l’ex-magistrat de 57 ans s’est vu condamner à une peine de prison qui n’a pas satisfait les personnes au courant de cette affaire.
L’ex-magistrat de Dijon échappe à une justice qu’il connait bien
L’ex-magistrat n’a guère eu besoin de beaucoup plaider en sa faveur qu’il s’est vu condamné à seulement deux ans de prison, dont un, uniquement, ferme. Une condamnation dont il fait l’objet pour “instigation à la corruption pour mineur non suivie d’effet”. Pour sa défense, le père de famille évoquait des “fantasmes non concrétisés”. Pour cet ex-magistrat de Dijon, ce qu’il n’avait pas réussi à faire parce qu’il n’en avait pas l’occasion n’était que des “fantasmes non concrétisés”.

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Les affaires de viol sur mineur sont la cause pour laquelle les Français n’ont plus confiance en leur justice. Dans un récent sondage du SSER, de nombreux Français affirment ne pas avoir confiance en la justice française. En effet, plus de 51 % des personnes vivant en France confient ne pas avoir confiance en la Justice. 89 % la voient comme trop lente, 74 % comme trop coûteuse et 69 % comme inégale envers les citoyens. Par ailleurs, ces chiffres énoncent, une fois de plus, ce dont se plaignent les Français.

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22.05.2026

Quatre personnes ont été placées en garde à vue mercredi 20 mai dans le cadre d’une enquête ouverte pour proposition et sollicitation d’avantage, détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel, faux en écriture publique ou authentique
D’après nos informations, ces gendarmes étaient soupçonnés, contre rémunération, d’avoir consulté des bases de fichiers internes aux forces de l’ordre, telle des vérifications d’antécédent ou de casier judiciaire, des véhicules volés avant de divulguer ces informations protégées, entre septembre 2024 et mai 2026.
Coup de filet
Mercredi 20 mai, quatre personnes, dont les militaires fumélois, ont été placées en garde à vue et auditionnés à Agen.

(…)

Au terme des auditions devant les enquêteurs, deux des militaires ont été mis hors de cause dans ce dossier, au contraire d’un de leur collègue gendarme, exerçant comme adjoint de police judiciaire. Ce dernier, présenté à une juge d’instruction, a été mis en examen pour des faits de corruption passive, détournement de la finalité d’un fichier de police, et faux en écriture publique ce vendredi 22 mai.

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21.05.2026

Le sociologue Sebastian Roché, directeur de recherches au CNRS et auteur du livre la Police contre la rue (Grasset, 2023), analyse les raisons et les conséquences possibles du vote d’extrême droite au sein de la police.
Les syndicats comme Alliance jouent-ils un rôle dans l’essor du vote RN chez les policiers ?
Sebastian Roché Sociologue
Dans la police, les syndicats majoritaires expriment publiquement des positions très proches des partis d’extrême droite. Ils sortent de la défense des intérêts des travailleurs, notamment quand ils parlent de « nuisibles » pour qualifier des habitants de banlieue.
Il y a des passerelles avec l’extrême droite, et même d’anciens syndicalistes d’Alliance qui se lancent en politique avec le RN. Les liens sont objectivables. La thèse d’Alliance, « le problème de la police, c’est la justice », est déclinée de façon très symétrique par le RN.

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21.05.2026

Un piquet de grève de la CGT d’Eurenco délogé par la police

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Alors que la CGT avait organisé un rassemblement en amont d’un CSE de l’entreprise, ce mercredi 20 mai dès 7h, le premier après les sanctions discipli…

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Un piquet de grève de la CGT d’Eurenco délogé par la police
Alors qu’un rassemblement se tenait devant les grilles de la poudrerie depuis 7h, mercredi, la gendarmerie est intervenue aux alentours de 17h.
Alors que la CGT avait organisé un rassemblement en amont d’un CSE de l’entreprise, ce mercredi 20 mai dès 7h, le premier après les sanctions disciplinaires à l’encontre de trois employés membres du syndicat, dont un a été licencié, la gendarmerie est venue déloger la dizaine de manifestants restant, aux alentours de 17h.
Une intervention sur ordre du préfet après un appel de la direction du site, car des camions en attente « transportaient des matière dangereuses qui devaient impérativement entrer sur le site », assure-t-on du côté de la préfecture.
« On nous a envoyés six voitures de police avec seize agents pour neuf manifestants. C’est scandaleux », regrette Laurence de Villèle, secrétaire départementale de la CGT Vaucluse, présente sur place. Elle pointe que « quand on contacte le préfet pour faire bouger les lignes, il n’y a rien, mais que quand c’est la direction, il intervient directement ». Contacté, la direction d’Eurenco n’a pas répondue à nos sollicitations.

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21.05.2026

Un rapport mené par des associations dénonce le doublement, en cinq ans, de la durée de détention des personnes étrangères enfermées en centre de rétention administrative. Avec la députée écologiste de Paris, Léa Balage El Mariky, nous avons visité le CRA du Mesnil-Amelot. Reportage.
Trois hommes, les mains entravées dans le dos, sont escortés par plusieurs hommes en uniforme. Ils viennent de passer les portes du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), situé tout près de l’aéroport de Roissy. Le plus grand CRA de France a reçu la visite inopinée de la députée écologiste Léa Balage El Mariky, vendredi 15 mai dernier. Ces lieux d’enfermement, à l’écart du monde, échappent le plus souvent aux regards extérieurs. Les parlementaires sont toutefois autorisé·es à les visiter – et s’accompagner de médias – en vertu de leur pouvoir de contrôle.
Écusson de la police aux frontières sur l’épaule, l’adjoint-chef du CRA 2 accueille la députée et plante le décor. Réparti en deux unités, le centre de rétention du Mesnil-Amelot peut retenir jusqu’à 240 personnes étrangères. Jusqu’il y a peu, ce centre comprenait une « zone femmes et enfants ». Dans la cour d’une des zones de rétention, des jeux pour enfants vert fluo témoignent de cette période. À ce jour, la France poursuit la rétention de mineur·es seulement à Mayotte. Sur l’année 2025, ce sont 3 074 enfants qui ont été enfermés au CRA de Mayotte, territoire sur lequel la loi de 2024 interdisant l’enfermement de mineur·s étranger·es a été reportée à 2027.
Une fois les portes franchies, l’adjoint-chef présente « les Champs-Élysées » du centre de rétention. Un couloir dans lequel se côtoient les bureaux de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, les salles de visites, le bureau du greffe et celui de France Terre d’asile. Cette dernière association a succédé à la Cimade, qui a officiellement quitté le CRA du Mesnil-Amelot en janvier 2025 « en raison de la multiplication des atteintes aux droits et à la dignité humaine » et d’une « politique d’enfermement toujours plus répressive ». Présente au Mesnil-Amelot depuis son ouverture en 2011, l’association s’était plusieurs fois mise en retrait pour dénoncer « les atteintes portées à la dignité des personnes retenues », mettant l’accent sur « le recours massif et abusif à l’isolement par la PAF en dehors de tout cadre légal ».
À la demande de la députée, une de ces chambres d’isolement est ouverte. Exiguë, cette cellule aux murs rose pastel se compose d’un matelas fin, d’un point d’eau et d’un WC. Il n’existe pas de durée limite d’enfermement en chambre d’isolement, concède un fonctionnaire qui nous renseigne sur les motifs d’enfermement : « Outrage, rébellion, trouble à l’ordre public. Il peut y avoir des enfermements sécuritaires, pour protéger un retenu, ou sanitaires ; ça nous est arrivé avec une personne qui avait la gale ».
Durant l’enfermement, les retenus peuvent être mis sous contention. Le directeur adjoint du CRA présente les outils d’entrave : des sangles en velcro et un casque noir qui, à première vue seulement, ressemble à un casque de boxe. Ce « casque antichoc » prend tout le visage, laissant uniquement une ouverture au niveau du nez pour respirer. Le recours à des dispositifs de contention a déjà été dénoncé par la Défenseure des droits en juillet 2025, une pratique qui « porte atteinte à la liberté individuelle et à la dignité humaine », et se révèle contraire à la Convention européenne des droits de l’homme.
Dans son bureau, Cécile Blinet, employée de France Terre d’Asile souligne elle aussi le manque d’encadrement juridique autour du placement à l’isolement. Avec ses collègues, elle accompagne les personnes retenues dans les démarches administratives, que ce soit pour contester des OQTF, déposer une demande d’asile ou faire appel d’une décision.
Tandis que plusieurs personnes attendent à la porte de son bureau, Cécile Blinet insiste sur l’état psychologique dégradé des personnes enfermées ici. Le Mesnil-Amelot est le seul CRA à disposer d’un médecin psychiatrique présent deux matinées par semaine. Au niveau du pôle médical, une infirmière employée ici depuis quatre ans indique toutefois que le centre est en sous-effectif : « nous devrions être sept infirmières, mais nous sommes seulement trois ».
Au-delà des bureaux administratifs, se trouvent « les zones », où vivent les détenus. Deux zones séparées par des grillages, un terrain de foot avec une balle en mousse et du bitume. Dans le ciel, les avions qui décollent font un vacarme qui oblige à interrompre les conversations.
Derrière les portes qui ne ferment pas, les chambres des retenus sont spartiates. « Niveau intimité, c’est pire qu’en prison », soulève un retenu. Ni les douches ni les toilettes ne sont fermées. « Même en prison on est mieux traités », poursuit le même retenu, bonnet Kipsta vissé sur la tête. Cela fait deux mois qu’il est ici, une situation qu’il juge incompréhensible. « J’ai grandi et étudié en France », insiste-t-il.
Lui et ses camarades de rétention énumèrent leurs griefs face à la députée : l’absence d’intimité ; l’insuffisance des repas « on a tous perdu 5 ou 10 kilos ici » ; les agents de police « qui parfois ne sont pas corrects »… Un homme d’un certain âge s’approche : « Je suis un réfugié politique viêtnamien, ça fait 42 ans que je vis en France, j’ai mes enfants et mes petits-enfants ici… », fait-il valoir.
Lors de l’échange avec la députée (au cours duquel les journalistes ne sont pas autorisées à poser des questions), une bagarre éclate entre des retenus derrière un grillage. « Ils créent les conditions pour qu’il y ait des tensions », souffle un retenu. L’attente, l’enfermement, la complexité des démarches administratives et l’incompréhension des décisions rendues reviennent en boucle dans les récriminations.
Un retenu afghan présent en France depuis 2017 s’interroge : « Pourquoi je dois rester ici 90 jours ? ». La question se pose en effet particulièrement depuis la prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan, alors que les perspectives d’éloignement sont minces. À ce titre, le chef-adjoint du CRA livre un pourcentage déroutant : seulement 7 % des personnes enfermées dans ce CRA font effectivement l’objet d’une expulsion.
Un pourcentage qui rejoint les conclusions du rapport réalisé par Forum réfugiés, France terre d’asile, le Groupe SOS Solidarités, la Cimade et Solidarité Mayotte, des associations intervenant dans ces lieux. Si la durée de détention en CRA a doublé en cinq ans, le taux d’expulsion est lui en baisse, 36,1 % en 2025, documentent les associations. « La durée maximale de la rétention administrative, de dix jours en 1993, est passée à quarante-cinq jours en 2003, puis à quatre-vingt-dix jours en 2018. En 2025, la durée moyenne d’un séjour en CRA est d’un peu plus de trente-trois jours. »
Les associations dénoncent un dévoiement préoccupant pour les droits des personnes étrangères privées de liberté. « C’est une politique d’enfermement préventif, aujourd’hui. On ne cible pas les profils qui permettraient un éloignement rapide », pointe Vincent Beaugrand, directeur général de France Terre d’Asile.
« Une absurdité » que dénonce d’une même voix Léa Balage El Mariky. La députée écologiste rappelle en outre que le gouvernement prévoit la construction de 3 000 places supplémentaires en CRA d’ici 2027. Une proposition de loi visant à étendre la durée de rétention administrative à 210 jours pour les individus faisant l’objet d’une mesure d’éloignement et déjà condamnés pour des faits de terrorisme ou d’autres crimes et délits graves, a été adoptée au Sénat le vendredi 20 mai. Une commission mixte paritaire doit maintenant être convoquée pour examiner ce texte porté par un député de la majorité présidentielle.

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21.05.2026

Tandis que les affaires de discrimination se multiplient dans la police nationale, l’historienne Jeanne-Laure Le Quang revient sur plusieurs épisodes marquants de l’institution, pour interroger son rapport aux étrangers, à l’État de droit et à l’idéologie d’extrême droite. Entretien.
En 2026, la question du racisme systémique au sein de l’institution policière n’a toujours pas été réglée, comme l’Humanité le révélait dans une enquête. Dans le même temps, ses syndicats majoritaires revendiquent davantage de marge de manœuvre comme une présomption de légitime défense s’apparentant à un droit de tuer ou encore un droit de regard sur les décisions de justice. Le tout avec l’appui du Rassemblement national, de Reconquête et même d’une partie des Républicains.
Comment expliquer ces accointances ? Depuis l’époque napoléonienne jusqu’aux années 1980, en passant par l’époque coloniale, l’histoire de la police française est jalonnée de choix politiques qui l’ont façonné et de revendications professionnelles qui l’ont rapproché de certains mouvements.

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20.05.2026

Vous souvenez-vous du kit de test génétique offert par votre proche à Noël ou pour votre anniversaire ? Curieux·se d’en savoir plus sur vos origines, vous avez soigneusement emballé votre échantillon de salive pour l’envoyer à l’étranger. Puis, vous avez reçu les résultats du test, parfois évidents, parfois surprenants, mais surtout peu fiables. Avec le projet de loi « SURE » adopté le 15 avril au Sénat, vos données génétiques, et les millions d’autres récupérées et stockées par les entreprises privées réalisant les tests ADN, majoritairement situées aux États-Unis, pourront être exploitées par la police française à votre insu.
Ce texte, intitulé « Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes » et surnommé S.U.R.E. pour « Sanction Utile, Rapide et Effective », est porté par l’actuel ministre de la justice, Gérald Darmanin. Prétextant raccourcir les délais d’enquête et de jugement pour le bien des victimes, il rouvre la boîte de Pandore de l’analyse ADN. En effet, l’article 3 du projet de loi donne le feu vert à une manipulation massive des données génétiques par les services de police.
L’appétit insatiable de l’État pour la collecte de données sur sa population l’amène, à travers ce projet de loi, à rogner les gardes-fous entourant l’utilisation des données génétiques par la police, sans se soucier des dérives du fichage génétique déjà constatées dans d’autres pays.
Extension du fichier de police centralisant l’ADN
En France, l’ADN récolté par les services de police sur les scènes d’infraction (à partir de sang, salive, cheveux…) est conservé dans un endroit spécifique : le fichier national automatisé des empreintes génétiques (ou « FNAEG »). Comme son nom l’indique, ce n’est pas l’intégralité de l’ADN d’une personne qui est stockée dans ce fichier de police mais uniquement son empreinte génétique, soit certaines séquences de son ADN qui la distinguent des autres individus (sachant que 99 % de l’ADN des êtres humains est identique)1Les séquences enregistrées dans le fichier portent uniquement sur les marqueurs non codants de l’ADN, c’est-à-dire les segments d’ADN qui organisent le génome et qui ne sont pas censés révéler les caractéristiques les plus sensibles d’une personne, comme son ethnie ou son état de santé, à l’exception du marqueur du sexe qui lui peut apparaître dans le fichier. À noter que la distinction entre ADN codant et non codant tend aujourd’hui à être remise en question à l’aune des nouvelles découvertes scientifiques, ce qui interroge sur la nature des informations inscrites au FNAEG..
Créé en 1998 en réaction à l’émotion suscitée par l’affaire « Guy Georges », le FNAEG était d’abord destiné à centraliser uniquement les profils génétiques des individus condamnés pour infraction sexuelle. Depuis, son périmètre n’a cessé d’être élargi.
D’une part, la liste des infractions susceptibles de donner lieu à un enregistrement au FNAEG (prévue à l’article 706‑55 du code de procédure pénale) a été progressivement rallongée, s’éloignant de l’esprit initial affiché du fichier qui ne visait que les crimes les plus graves. D’autre part, le relevé des empreintes génétiques n’est plus limité aux personnes condamnées ; il peut notamment concerner une personne suspectée d’avoir commis une infraction, donc présumée innocente. Concrètement, lorsqu’elle est placée en garde-à-vue, des policiers prélèvent sa salive, en extraient l’ADN, reportent les marqueurs distinctifs dans le FNAEG et conservent ses données génétiques. Les données peuvent rester dans le fichier même si elle est innocentée par la suite car il faut que le procureur ou que cette personne en demande expressément la suppression, qui n’a rien d’automatique.
Afin de faciliter la récolte d’ADN, le législateur a créé une infraction spécifique sanctionnant le refus de se soumettre à un prélèvement destiné à alimenter le fichier. Ainsi, une personne simplement soupçonnée d’avoir tagué une affiche, volé des plants d’OGM ou versé de la peinture sur un·e politique peut aujourd’hui voir son empreinte génétique archivée dans le FNAEG, sans son consentement et pendant potentiellement 40 ans.
Résultat de cette boulimie politique pour notre ADN : au 1er janvier 2025, le FNAEG contenait plus de 7,4 millions d’empreintes, dont les trois-quarts appartiennent à des personnes simplement suspectées.
Une pente glissante : le fichage croissant de données ultra sensibles
L’article 3 du projet de loi SURE agrandit encore le champ du FNAEG en y associant de nouvelles infractions. Deux délits interpellent particulièrement : l’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers ; et le fait de participer à une manifestation ou à une réunion publique en étant porteur d’une arme. Ce faisant, le texte autorise le fichage génétique des militant·es et associations portant secours aux étranger·es ainsi que celui des manifestant·es dans leur ensemble car l’interprétation de la notion d’arme est généralement très large (par exemple, des pancartes ont déjà été qualifiées d’armes par destination).
Outre le coup porté à l’action militante, cette mesure traduit une « stratégie d’extension continue de fichage judiciaire de la population, avec un glissement toujours plus important vers des infractions de plus faible intensité » comme le dénonce le Syndicat de la magistrature. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) abonde en ce sens : « Il faut noter une préoccupante dérive sécuritaire présentée comme légitimant le fichage de données individuelles identifiantes. ». La Cnil relève aussi que l’article 3 du projet de loi participe à « banaliser l’usage des données génétiques » dans son avis du 5 mars 2026.
De manière générale, le fichage n’est jamais neutre et le récent scandale de l’usage illégal de la reconnaissance faciale par les policiers, mettant en cause le fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), a mis en lumière les dérives d’un tel système de surveillance étatique. L’extension du FNAEG prévue par le projet de loi SURE est particulièrement préoccupante dans la mesure où les données génétiques sont extrêmement sensibles et identifiantes à vie. De plus, il ne s’agit pas de données uniquement personnelles, comme les empreintes digitales, mais de données pluripersonnelles car elles sont transmissibles et partagées par les membres d’une même famille. Or, lorsque le nombre de données génétiques conservées dépasse un certain seuil, il devient possible de déduire les caractéristiques génétiques de l’ensemble d’une population, à l’image de ce qui est sur le point de se produire aux États-Unis à cause de la banalisation des test ADN.
Par conséquent, plus les données versées au FNAEG sont nombreuses, plus la possibilité qu’il soit utilisé à des fins de contrôle de masse ou de discrimination génétique se concrétise. Or, au regard des chiffres de 2025, 11 % de la population française a déjà son empreinte génétique enregistrée au FNAEG (mais il est à noter que ce chiffre prend en compte des doublons). Le FNAEG est donc un danger aussi bien pour sa vie privée individuelle que pour le collectif.
Au-delà de son extension potentielle, l’existence même du FNAEG est actuellement remise en question par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). En effet, dans l’affaire Comdribus, la CJUE a récemment déclaré contraire au droit de l’UE des relevés systématiques et non motivés des données biométriques par la police (en l’espèce il s’agissait des empreintes digitales, mais le raisonnement peut s’appliquer à l’ADN). Et en 2017 déjà, la France avait été condamnée pour fichage abusif par la Cour européenne des droits de l’Homme. Or, en droit français, il n’existe aucune obligation de motiver les raisons de l’inscription d’une personne au FNAEG, ce qui laisse penser que la France pourrait à nouveau se faire condamner.
Poursuivant sa fuite en avant, le gouvernement ouvre aux services de police l’accès aux bases de données génétiques constituées par des entreprises privées situées à l’étranger notamment grâce aux tests ADN vendus sur Internet.
Piochage tous azimuts dans les stocks d’ADN à l’étranger
En France, tout examen des caractéristiques génétiques dites « constitutionnelles »2La génétique constitutionnelle désigne l’ensemble des informations sur un patrimoine génétique transmis par la voie héréditaire, par opposition à un patrimoine modifié au cours de la vie, en présence de tumeurs cancéreuses par exemple. d’une personne est interdit en dehors du cadre médical ou de la recherche scientifique. Et même dans ce cadre, un examen ne peut être mené sans le consentement explicite de la personne (à la seule exception du dopage où une simple information préalable suffit).
Un individu ne peut donc pas en principe procéder lui-même à un test ADN sans l’intermédiaire d’un professionnel de santé. C’est pourquoi les fameux kits offerts par milliers à Noël sont interdits en France (pour des raisons éthiques mais aussi de fiabilité et de sécurité des données) sous peine d’amende pour les particuliers (article 226-28-1 du code pénal) et de dissolution pour les entreprises proposant ce type de service (article 226-30 du code pénal). Mais, malgré cette interdiction, entre 1,5 et 2 millions de Français auraient transmis leurs données génétiques à des entreprises localisées à l’étranger, principalement aux États-Unis. C’est sur ces données que lorgne désormais le gouvernement.
Afin que la police puisse les exploiter, l’article 3 du projet de loi introduit une nouvelle exception à l’interdiction de procéder à l’examen des caractéristiques génétiques d’un individu : la recherche et l’identification des personnes dans une procédure pénale. Contrairement aux autres exceptions (cadre médical et recherche scientifique), il supprime purement et simplement l’exigence de consentement, sans même lui substituer une obligation d’information comme pour le dopage. Cela signifie que s’il est adopté, une personne pourra avoir son ADN exploitée par la police sans même en être au courant !
Concrètement, cette exception autoriserait la comparaison de l’ADN détecté sur une scène de crime avec des bases de données étrangères et commerciales afin de trouver des parents du suspect pour remonter jusqu’à lui. Cette technique est appelée généalogie génétique d’investigation.
Si aujourd’hui, il est déjà possible de comparer une trace biologique avec celles recensées dans le FNAEG, la faible quantité de marqueurs caractéristiques extraits de l’ADN (une vingtaine) ne permet pas de remonter ou descendre très loin dans la lignée de l’auteur présumé de l’infraction (parents, enfants et frères et sœurs seulement). Avec l’intégration des bases de données commerciales, qui contiennent des milliers de marqueurs (notamment codants donc révélateurs des caractéristiques physiques, entre autres) pour chaque échantillon d’ADN collecté, il deviendrait possible d’avoir une correspondance avec un cousin jusqu’au sixième degré de la personne dont l’identité est recherchée. Aux enquêteur·rices ensuite de remonter la piste de l’inconnu·e en reconstituant l’arbre généalogique de son parent puis en éliminant, via les procédés classiques d’enquête, les membres de la famille dont le profil n’est pas compatible (personne décédée, sexe opposé, âge trop avancé, …). Il s’agit donc d’un enchaînement d’hypothèses à partir d’un lien familial parfois très mince.
En résumé, si vous n’êtes pas fichés dans le FNAEG mais que vous avez effectué un test ADN auprès d’une entreprise du style 23andMe, la police pourra s’en servir pour retrouver votre cousin, grande-tante ou petit-fils et inversement, sans vous avertir. Les banques de données génétiques étrangères et privées deviendraient ainsi une sorte de prolongement du FNAEG, sans les quelques garde-fous associés à ce fichier déjà très critiquable.
Alors que cette technique n’est pas légale aujourd’hui, la police française y a déjà eu recours en sollicitant
son homologue américaine, le FBI, pour accéder aux données génétiques stockées par les entreprises étasuniennes. Darmanin souhaite donc sécuriser un procédé illégal, au mépris du paradoxe juridique et éthique que cela engendrerait. De fait, de nombreux acteur·ices, comme la vice-présidente du comité éthique de l’Inserm, Catherine Bourgain, dénoncent le caractère contradictoire de la mesure dans le journal Le Monde : « Ce sont des données sensibles, qui concernent toute votre famille, qui sont gérées dans un cadre commercial […] On va autoriser la justice à utiliser des informations génétiques détenues par des entreprises privées étrangères, dont le business est jugé, chez nous, illégal. On marche sur la tête. »
Un accès aux allures de cheval de Troie
Selon le texte, la généalogie génétique d’investigation serait cantonnée aux enquêtes portant sur les crimes de meurtre, d’assassinat, d’actes de torture et de barbarie, de viol et d’enlèvement et de séquestration. Mais il ne fait aucun doute que cette liste sera rallongée par la suite, à l’image d’autres dispositifs de surveillance. De plus, alors que dans chaque pays ayant légalisé cette technique le droit affirme qu’elle ne peut être employée qu’en dernier recours, lorsque l’enquête est au point mort, cette condition ne figure pas dans le projet de loi où il suffirait d’avoir consulté le FNAEG au préalable.
En dehors des lacunes du projet de loi, les risques inhérents à la généalogie génétique d’investigation s’opposent à sa légalisation. En effet, une telle mesure ouvrirait une brèche en droit français dans laquelle pourraient s’engouffrer toutes les dérives de la collecte des données génétiques constatées à l’étranger : marchandisation des données génétiques pour faire de la publicité ciblée3Exemple : « Au mois de juin dernier, l’entreprise américaine 23andMe a brisé un tabou dans l’utilisation commerciale de ses données en permettant à Airbnb d’afficher des publicités ciblées, proposant des voyages correspondant à l’“héritage” génétique des internautes ciblés »., surveillance collective accrue4L’Union des Jeunes Avocats de Paris relève ainsi : « Ce dispositif présente également un risque de biais social, certaines populations étant surreprésentées dans les bases de données et susceptibles d’être davantage surveillées, ce qui accentuerait les inégalités et les discriminations existantes. L’exploitation de données étrangères soulève par ailleurs des problèmes de régulation et de souveraineté juridique, tandis que la limitation annoncée aux seules affaires anciennes et plus graves apparaît largement illusoire. Une fois introduite, cette technique pourrait facilement être détournée à d’autres enquêtes, ouvrant la voie à une surveillance génétique généralisée. » ou encore discrimination génétique. Par exemple, en Australie et en Nouvelle-Zélande, les compagnies d’assurance peuvent désormais augmenter le montant de l’assurance-vie, voire refuser d’en octroyer une, à une personne dont le test génétique révèle des prédispositions à certaines maladies. Autre exemple : au Canada, l’agence des frontières a créé un projet pilote visant à déterminer la nationalité des demandeurs d’asile par le biais de tests ADN.
Finalement, avec le projet de loi SURE, la collecte de masse des données génétiques à l’étranger serait légitimée et risquerait d’être détournée par les services de police en France, mais aussi en dehors du cadre judiciaire, à l’image de ce qui s’est déjà produit ailleurs.
Face à tous ces dangers, pour convaincre le grand public, le gouvernement soutient, dans l’exposé des motifs du projet de loi, que la généalogie génétique permettra de « mettre hors d’état de nuire de dangereux criminels en série » et d’élucider des affaires vieilles de plusieurs années (les fameux « cold cases »). Or, cet argument est à nuancer, car la qualification de l’ADN comme « reine des preuves » relève davantage du fantasme : elle est assez éloignée de la réalité des procédures judiciaires et les erreurs judiciaires liées à une prise en compte démesurée de l’ADN comme preuve sont plus fréquentes qu’on ne l’imagine. De manière générale, il n’existe aucune technique révolutionnaire qui permettrait de résoudre toutes les affaires. Cependant, cet argument technosolutionniste est ressassé à chaque fois qu’une nouvelle technique de surveillance émerge. Elle est ainsi présentée comme décisive et indispensable afin d’écarter tout débat sur sa proportionnalité.
Multiplication des agents capables de consulter des fichiers de police
Aujourd’hui, l’article 15-5 du code de procédure pénale prévoit que la consultation des fichiers de police est réservée à des agents « spécialement et individuellement habilités ». En d’autres termes, en théorie, l’accès aux fichiers n’est pas open bar mais réservé à un nombre restreint et défini de personnes. L’article 3 du projet vient vider de sens cette disposition en octroyant cette faculté à quasiment l’ensemble du personnel de la police judiciaire : officiers, agents, adjoints et même les fonctionnaires et agents administratifs dotés de fonctions de police judiciaire. Une habilitation spéciale n’est plus exigée.
Cette mesure permet ainsi un accès quasi total et non encadré aux fichiers de police. Elle vise clairement à empêcher les avocats de soulever une nullité procédurale, le ministre ne s’en cachant même pas, au mépris des droits de la défense et de la protection des données personnelles contenues dans ces fichiers.
En résumé, l’article 3 du projet de loi gave les fichiers de police de toujours plus de données sensibles tout en ouvrant leur accès à des personnels de moins en moins formés et encadrés. Le projet de loi SURE sera examiné prochainement à l’Assemblée nationale. De nombreuses organisations se sont mobilisées pour exiger son retrait et nous nous joignons à leurs revendications pour appeler les député·es à le rejeter.

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20.05.2026

Vous avez aimé la libération de Sarkozy au bout de 20 jours de prison, malgré une condamnation à 5 ans fermes ? Vous allez adorer les passe-droits hallucinants dont bénéficient les policiers tueurs.
Jurisprudence Sarkozy
En novembre dernier, l’ancien président de la République était libéré de prison après une audience express, trois semaines seulement après sa condamnation. Il était allé pleurnicher devant les magistrats que son séjour en prison était «très dur», «éreintant», et qu’il avait même dû se nourrir de yaourts. Les juges avaient fait preuve de beaucoup d’empathie et l’avaient fait sortir. Les magistrats semblent également éprouver énormément d’affection pour les policiers criminels.
Deux mois seulement après sa condamnation à dix ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Olivio Gomes, un policier de la BAC de Paris vient d’être remis en liberté le 19 mai. Il avait pourtant été lourdement condamné pour meurtre par un jury populaire le 27 mars. À l’époque, on imaginait qu’il s’agissait d’une peine exceptionnelle pour un policier, et un signal de fermeté. Pour une fois. C’était sans compter sur ce petit coup de pouce de la justice.
Le meurtre d’Olivio Gomes
Pour rappel, il y a 6 ans à Poissy, le policier Gilles Guilbert avait commis une exécution raciste. Dans la nuit du 17 octobre 2020, Olivio Gomes, jeune homme noir de 28 ans, était abattu au volant d’un véhicule. Celui-ci avait été suivi pendant 30 kilomètres sur le périphérique puis l’autoroute, jusqu’à chez lui, par la BAC de nuit de Paris. Les policiers agissaient hors de leur zone de compétence territoriale, sans même en avoir informé la salle de commandement. Une chasse à l’homme, manifestement sur la base de critères ethniques.
Contrairement aux premières déclarations mensongères des policiers, aucune infraction routière n’avait été commise par la victime, d’après la consultation des images de vidéo-surveillance. La BAC n’avait aucune raison de les pourchasser. Une fois arrivé dans une rue de Poissy, le véhicule suivi par la police se garait en bas de chez Olivio. Le policier Gilles Guilbert sortait de la voiture en braquant le conducteur avec son arme à feu. Il tirait à trois reprises, alors qu’il se trouvait à l’arrière de la victime. Le policier n’était aucunement en danger, et les munitions sont arrivées dans le dos d’Olivio. Le tireur avait pourtant juré avoir fait feu dans une situation de légitime défense, l’enquête a prouvé qu’il mentait.
Fin mars donc, après 6 ans d’attente, Gilles Guilbert était enfin lourdement condamné dans le cadre d’un procès en Cour d’Assises. Le procureur évoquait une «intention homicide» d’un agent «rompu au maniement des armes» qui «a délibérément fait feu à trois reprises sur Olivio Gomes avec une arme létale, à courte distance», c’est-à-dire entre 50 centimètres et 1 mètre de la victime, en tenant les deux mains sur son pistolet, «en visant et atteignant le torse de la victime». Un tir délibéré, injustifié, dans les parties vitales. Et des mensonges de la part d’un agent assermenté.
Ce policier tueur, un véritable danger public, est donc déjà libre, sur décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles. Des magistrats viennent de piétiner une enquête et un long procès pour aider cet agent, au grand désespoir de la famille de la victime, qui avait cru en la justice.
L’avocat du policier, Laurent-Franck Lienard, est fou de joie. Cet homme est un défenseur de toutes les forces de l’ordre qui violentent, mutilent et tuent, et a fait de l’impunité policière la mission de sa vie. La condamnation de son client était un camouflet, mais il triomphe finalement. Il explique même que lors du procès «la salle était pleine des soutiens de la famille de la victime qui mettait une très forte pression sur les jurés», décrivant une salle «emmenée par Assa Traoré et la mère de Nahel Merzouk». Que les familles endeuillées par les violences d’État se soutiennent est insupportable pour Laurent-Franck Liénard. Il s’adresse aux policiers : «Ne laissez pas Gilles seul ! Gilles mérite votre soutien !» Le procès en appel se tiendra en novembre à Nanterre.
La libération du meurtrier d’Aboubacar : un précédent
Deux mois de prison malgré une condamnation pour meurtre, c’est aussi le temps qu’a passé le CRS qui a abattu Aboubacar Fofana à Nantes. La cour d’appel de Rennes l’a remis en liberté le 27 mars 2026. Il avait pourtant été condamné en janvier à 7 années de prison ferme pour l’exécution du jeune homme en juillet 2018.
À l’époque, ce CRS avait abattu avec son arme de service, d’un tir dans le cou, le jeune de 22 ans. Aboubacar était au volant de son véhicule, au milieu du quartier populaire du Breil, à Nantes. Le CRS avait d’abord assuré qu’il s’était senti «menacé», mais une vidéo avait démontré que le véhicule était à l’arrêt, et que le policier avait tiré alors que la victime avait baissé sa fenêtre. Le tireur avait finalement avoué avoir menti. Dans sa seconde version, il expliquait avoir commis un «tir par erreur». Quasiment 8 ans plus tard, un procès criminel l’avait condamné… mais la justice l’a très vite remis en liberté. Le CRS avait plaidé : «Je me considère comme quelqu’un de très fort, mais le milieu carcéral, c’est très très difficile (…) Je commence à avoir des idées noires».
C’est étonnant, car les dizaines de milliers de détenus qui subissent des conditions de détention encore plus dures, et qui ont eux aussi des idées noires, ne bénéficient pas de la même clémence. D’ailleurs, personne, nulle part, n’est relâché en quelques semaines après une condamnation criminelle. Sauf si elle porte un uniforme.
Impunité organisée
Ces deux affaires montrent que, même quand des agents sont condamnés pour des faits accablants, ce qui est absolument rarissime, ils bénéficient encore et toujours de passe-droits. C’est le message envoyé par la justice : l’infime minorité de policiers qui sont poursuivis pour les crimes les plus graves du code pénal ne risquent tout de même quasiment rien. Et les familles qui s’arment de patience, se battent pendant des années face à un système judiciaire terrible, sont tout de même humiliées.
Dans le même registre, l’assassin de Nahel Merzouk en 2023 était lui aussi ressorti après quelques semaines seulement de détention préventive, mais en plus en étant millionnaire. Car l’extrême droite lui avait organisé une cagnotte de soutien, qui était de fait une véritable subvention pour tirer sur la jeunesse non-blanche.
Les policiers français sont devenus des fous de la gâchette. Jamais le nombre de personnes mortes lors d’interventions de police n’a été aussi élevé. Rien qu’en 2024, 65 personnes tuées par l’action des forces de l’ordre ont été recensées. Un record. Cette violence est donc exponentielle. Selon un décompte de Bastamag, depuis 1977, au moins 945 personnes sont décédées directement ou indirectement lors d’opérations policières en France, hors antiterrorisme.

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20.05.2026

Membre de la fédération SUD éducation
L’union départementale Solidaires 93 et le syndicat Sud éducation 93 dénoncent la violence et répression policière et administrative à l’encontre des élèves du lycée Jean Renoir de Bondy qui alertent depuis plusieurs semaines sur les actes et propos racistes de personnels à leur encontre.
Leurs demandes de prise en compte de leur parole et de protection sont ignorées de l’administration et alors qu’ielles se mobilisaient ce lundi 18 mai 2026 devant le lycée, la police a chargé, gazé et interpellé une élève, relâchée depuis. La direction de l’établissement menace également de représailles administratives.
L’omerta doit cesser et les élèves doivent être protégé•es, au lycée Renoir comme au lycée Utrillo de Stains. À Utrillo, depuis des années des personnels et des élèves dénoncent là encore des violences sexistes, racistes et sexuelles sans que rien ne soit fait pour, a minima, les faire cesser. Pire, l’administration a diligenté une enquête administrative à charge contre les personnels mobilisées en soutien aux élèves.
Solidaires 93 et Sud éducation 93 réaffirment leur soutien plein et entier aux personnels et élèves face aux actes et propos sexistes, sexuels et racistes, en appelant à élargir et amplifier la mobilisation pour que cessent ces violences et que les élèves soient réellement protégé•es.
Pour suivre la mobilisation au lycée Jean Renoir de Bondy :
– Instagram : https://www.instagram.com/racisme.jeanrenoir
– Pétition : https://c.org/PxD5S5tzRy
– Articles précédents : https://www.sudeducation93.org/communique-de-la-sectionn-sud-du-lycee-jean-renoir/
Pour suivre la mobilisation au lycée Maurice Utrillo de Stains :

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20.05.2026

Deux gardiens de la paix étaient poursuivis pour avoir déboîté l’épaule d’un passant en marge d’une mobilisation contre la réforme des retraites. Leur capitaine comparaissait pour « non-assistance à à personne en danger ».

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20.05.2026

Jérôme Laronze est mort en mai 2017, touché à trois reprises par les balles d’un gendarme. Neuf ans après, l’entourage de l’éleveur bovin attend toujours que la justice ouvre un procès. Une mobilisation est prévue ce mercredi 20 mai à Chalon-sur-Saône.
Un anniversaire de plus, sans que l’entourage de Jérôme Laronze n’ait obtenu un procès qui reconnaîtrait la situation de victime de l’éleveur. Le 20 mai 2017, l’homme de 37 ans est mort lors de son interpellation par deux gendarmes à Sailly (Saône-et-Loire).
Alors que l’instruction s’est close l’an dernier, l’affaire n’a pas encore donné lieu à un procès. Les proches du défunt continuent de se mobiliser pour obtenir justice, à travers l’association Justice et vérité pour Jérôme Laronze.
« Nous marcherons au rythme de la justice »
Un nouveau rassemblement se tiendra au palais de justice de Chalon-sur-Saône, mercredi 20 mai à 18 heures. De 18 à 20 heures, la déambulation se voudra aussi lente que possible. De quoi envoyer une pique à la justice, dont les retours sont toujours attendus.
Sur les réseaux sociaux, Maurice Jacquet de l’association Justice et vérité pour Jérôme Laronze, écrit : « Nous connaissons, par ces analyses, la vérité sur la mort de Jérôme Laronze. Mais neuf ans après les faits, la justice n’est toujours pas passée et aucune décision n’a été rendue ! »
Contacté, le bénévole prévient : « Ce rassemblement sera l’occasion de faire le point sur l’affaire, même si on est sans nouvelles depuis le refus de la destruction des scellés ». Une ordonnance de restitution ou destruction des scellés avait été ordonnée par une magistrate en mars 2025, puis annulée en décembre par la cour d’appel de Dijon.
Les bénévoles redoutaient que la gendarmerie ou la justice ne veuille enterrer l’affaire – d’où leur mobilisation. L’an dernier, l’avocate et soeur du paysan Marie-Pierre Laronze confiait à France 3 : “à chaque fois que le dossier a un peu avancé, c’est parce qu’on a fait le travail à la place des juges d’instruction”.
Depuis, selon Maurice Jacquet, « le parquet a demandé un supplément d’informations, notamment une reconstitution numérique tridimensionnelle de la scène de tirs. C’est une demande que nous avions formulée dès 2019, mais qui n’avait jamais été acceptée. Nous ne savons pas si la nouvelle juge sur l’affaire, la septième, l’acceptera ».
Deux versions, pas encore de conclusion
Retour en 2017. Jérôme Laronze reçoit le 11 mai une visite de vétérinaires pour contrôler ses bovins. Pendant celle-ci, l’éleveur aurait foncé avec son tracteur sur les forces de l’ordre qui accompagnaient les inspecteurs des services sanitaires. L’homme se disait harcelé par l’administration et allait bientôt se voir confisquer son bétail. Neuf jours de cavale s’en suivent.
L’habitant de Trivy (Saône-et-Loire) est retrouvé à une vingtaine de kilomètres de là par deux gendarmes, à Sailly. D’après les forces de l’ordre, Jérôme Laronze leur aurait foncé dessus à bord de son véhicule. L’un des agents a ouvert le feu et touché le conducteur trois fois. Une fois dans la cuisse, deux fois dans le dos. L’homme ne survivra à ses blessures.
Deux versions se confrontent. Le gendarme responsable des tirs plaide la légitime défense depuis le départ, il a été mis en examen pour « violence avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La famille refuse cette hypothèse, une opinion soutenue par la défenseure des droits, Claire Héron.
En mars, France Inter dédiait un épisode d’Affaires sensibles au drame, et ce qui s’en est suivi.

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19.05.2026

Pour proposer un récit alternatif à la litanie monotone des autorités et des journalistes locaux, qui transforment chaque week-end de simples fêtard·es en terroristes en puissance, Contre Attaque a voulu donner la parole aux personnes présentes sur place. Témoignages et récit, pour offrir un autre regard sur celles et ceux qui vivent la free party dans leurs corps, images à l’appui.
C’était une nuit qui avait pourtant commencé sous les auspices de la joie et de la bonne humeur. Après un week-end particulièrement dur pour le mouvement de la fête libre, marqué par plusieurs saisies de matériel de sonorisation, et dans un contexte plus large de répression de la free party au travers de lois liberticides, une fête avait été annoncée en Bretagne pour la nuit du samedi 16 mai.
Répondant au nom bien trouvé de «Bzh Contre Attaque», cette free party était justement organisée en réponse aux événements du week-end, ainsi qu’au projet de loi RIPOST, débattu à partir de ce lundi au Sénat. Le point de rendez-vous du convoi, qui permet aux fêtard·es de se réunir pour se rendre ensemble sur le site de la fête, est donné à 22h30 sur le parking du Super U de Ploërmel. Des teufeurs et teufeuses interrogé·es par Contre Attaque racontent une ambiance festive : «Ça a franchement bien démarré, l’ambiance était géniale. Le public était au rendez vous, tout se passait bien».
Marla, présente sur les lieux, décrit elle aussi un parking «pratiquement plein» où «les gens se rencontrent» dans une atmosphère joyeuse et pacifique. Fruit du hasard, un concert légal se déroulant à quelques mètres du parking dans un bar voisin ramène des curieux et des badauds. Cependant, malgré cette ambiance paisible, des escadrons de gendarmes ferment les 3 accès au parking et enferment de fait plusieurs dizaines de véhicules. À 1h15, un large convoi de véhicules tente une sortie, qui va servir de prétexte au déchaînement de violence des forces de l’ordre.
Plusieurs dizaines de grenades lacrymogènes sont immédiatement tirées sur le parking. Des grenades GM2L – pour Grenade Modulaire à 2 effets Lacrymogène – sont également projetées sur les fêtard·es. Ces grenades contiennent un «mélange pyrotechnique» avec 48 grammes d’Hexocire. Il s’agit de l’explosif RDX mélangé à de la cire. Le RDX est 1,6 fois plus puissant que la TNT. Il compose par exemple le C4, l’un des explosifs militaires les plus puissants. Elle peut tuer ou arracher des membres.
Interrogée par Contre Attaque, Léa évoque «une pluie incessante de projectiles en tous genres de la part des gendarmes mobiles» accompagnée «de coups de matraques sur les pare-brise des véhicules qui tentaient de sortir de ce piège». Pourtant restée sur le parking à distance des heurts, elle est blessée à la tête par un palet de lacrymogène, dans un chaos indescriptible.
Après plusieurs heures de tensions sur le parking, le bilan est lourd. De nombreuses personnes sont asphyxiées, des pneus ont été crevés et des rétroviseurs arrachés par les gendarmes, et un jeune homme a été violemment interpelé sans raison apparente. Plus absurde, la soirée légale aux abords du Super U s’est retrouvé encerclée par les gendarmes. Impossible pour les personnes présentes, qui n’avaient pourtant rien à voir avec la free party, de sortir ou de rentrer chez elles. Elles ont été également gazées pendant de longues heures, parfois enfermées dans leurs voitures.
En raison du dispositif policier hors norme, l’entièreté du village de Ploërmel s’est par ailleurs retrouvé cerné de gaz et inaccessible pour les riverain·es. De nombreux habitant·es, parfois âgé·es, ont dû êtres guidé·es tant bien que mal par des fêtard·es qui s’improvisaient agents de la circulation.
Finalement, le convoi parvient enfin à s’extraire d’un parking transformé en champ de bataille, et la fête commence vers 3h du matin, au sein d’une forêt de la commune de Monteneuf. Malgré la confusion générale et l’obscurité, les forces de l’ordre lancent alors une seconde attaque sur la fête.
Marla raconte que «depuis les bois, ça pète, ça explose, de fortes détonations se font entendre. La scène qui est donnée à voir et entendre semble lunaire». Sur le site, un lycéen décrit un climat anxiogène : «Ce qui était dur, c’était aussi l’endroit et le moment où ils nous réprimaient : c’était carrément irresponsable de nous gazer et de tirer en pleine nuit à 4h30 du matin […] sur un terrain mouillé, en pente, glissant, il fallait réussir à se repérer entre les fumées épaisses, les explosions de grenades de désencerclement, l’obscurité, la fatigue». Un autre participant évoque «une vraie attaque» dans le «noir absolu» sur les lieux.
À 6h du matin, après plusieurs heures de heurts, les gendarmes se retirent finalement à 500 mètres de la fête, laissant au passage le site dans un piteux état. Ce sont en effet les teufeur·ses qui ont dû ramasser les grenades et les palets de lacrymogènes carbonisés sur le terrain de la fête, qui se comptaient par centaines. L’absence de vent a en outre conduit à la stagnation des gaz pendant de longues heures sur toute la zone forestière, au mépris total de la faune et de la flore.
Dans les médias, le maire de la commune de Monteneuf, sur laquelle s’est installé la fête « à proximité d’une zone Natura 2000 » racontait son inquiétude sur l’impact environnemental que la fête pourrait avoir sur les parcelles occupées. Ce que ce dernier omet de préciser, tout comme les autorités, c’est le coût et la pollution engendrée par le déploiement d’un hélicoptère et de plusieurs escadrons de gendarmerie mobile, qui ont allègrement saccagé toute une partie de la forêt avec leurs grenades. De l’aveu même d’une habitante du village de Monteneuf, le survol en hélicoptère du site le dimanche matin faisait ainsi «largement plus de bruit» que la fête en cours.
Quelles conclusions tirées d’une telle nuit ?
Dans un communiqué, les organisateur·rices revendiquent un pic d’affluence à 500 personnes, et annoncent que le matériel de sonorisation n’a pas été saisi. Un comble, quand on fait le bilan des moyens déployés pour un évènement aussi petit.
À Redon, en 2021, c’était un contexte similaire qui avait abouti à la mutilation d’un jeune homme, après l’intervention irresponsable de la police dans une free party en hommage à Steve Maia Caniço. Le jeune homme était mort noyé dans la Loire, suite à une charge policière d’un sound system aux abords des quais du fleuve lors de la Fête de la Musique en 2019 à Nantes.
D’année en année, et malgré de graves incidents, les stratégies policières ne semblent pas évoluer et font peser toujours plus de risques sur les participant·es. Amnesty International pointait déjà du doigt dans un rapport sur le Tenknival de Redon «les dérives du maintien de l’ordre» en matière de free party. Ce même rapport appelait à «des réponses urgentes de la part des autorités françaises». 5 ans après, force est de constater que l’État semble déterminé à continuer à réprimer, mutiler et tuer les adeptes de la fête libre.

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19.05.2026

Quatre policiers d’une brigade anticriminalité qui s’en étaient pris à des passants en marge des quarts de finale de la Coupe du monde de football en 2022 ont été condamnés, lundi 18 mai, à des peines allant de trois à douze mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.
« En quoi la situation était tendue ? Où est le stress que vous subissez ? », avait interrogé la magistrate. Sur les vidéos qui venaient d’être diffusées dans la salle d’audience du tribunal, ce sont en effet des scènes de joie qui apparaissaient dans cette rue adjacente aux Champs-Elysées, à Paris, dans une ambiance manifestement bon enfant.
La magistrate a poursuivi son questionnement : « On a surtout l’impression que vous vous ennuyez… Un croche-pied à un petit jeune dans la rue ? Le coup de matraque dans le dos à un passant ? On dirait que c’est vous qui cherchez à provoquer la bagarre ! »
Car les mêmes vidéos ont en effet mis en évidence crocs-en-jambe, coups et bousculades. Surtout, l’un des quatre policiers mis en cause a mis à terre un supporteur qui se trouvait sur le toit d’une voiture, avant de le rouer de coups.
Khaled M. ne devra son salut qu’à un passant, qui est venu à son secours alors qu’il se trouvait à terre sur la chaussée. « Il peut crever dans son coin, manifestement, ça vous dépasse, a déploré la magistrate. Il est en position fœtale, par terre. Vous êtes tous les quatre, vous le voyez, il n’y en a pas un qui bouge. »
Refus de plainte au commissariat
Ce n’est pourtant pas cette victime qui a mis au jour l’affaire – sa plainte, déposée le lendemain, n’a pas été prise au commissariat –, mais les agents de l’inspection générale de la police nationale, la police des polices, qui ont découvert incidemment le comportement de ces deux brigadiers-chefs et de ces deux gardiens de la paix en visionnant ces vidéos dans le cadre d’une autre enquête.
Les quatre mis en cause, âgés à l’époque des faits entre 29 et 45 ans, ont tenté des regrets à la barre – trois d’entre eux avaient pourtant jusqu’alors contesté les faits. « Réaction démesurée », « agacement total », avance l’un ; « J’ai été un peu trop vif », complète un collègue.
Le policier qui s’en était pris à un passant en lui arrachant sa cagoule et l’avait aspergé de gaz lacrymogène plaide le « ras-le-bol », c’est-à-dire, selon lui, « de laisser s’installer l’anarchie sous couvert d’un événement festif ».
Contre le policier qui s’est montré le plus violent – quatre scènes distinctes en moins de vingt minutes –, la procureure avait également réclamé une interdiction de porter une arme pendant cinq ans, en dénonçant « une violence purement gratuite ». Le tribunal ne l’a pas suivie sur ce point. Aucun des quatre, pour l’heure, n’a fait l’objet de poursuites disciplinaires.

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19.05.2026

Surpopulation carcérale•Avec 131 détenus pour 100 places de prison, la France occupe la première place du classement de la population carcérale du Conseil de l’Europe. Une situation qui s’aggrave même selon les chiffres les plus récents20 Minutes avec AFP
Une première place dont on préférerait se passer. Selon un rapport publié ce mardi, la France est le pays du Conseil de l’Europe où la surpopulation carcérale est la plus élevée, avec 131 détenus pour 100 places. Une première place que l’Hexagone partage avec la Turquie.
Une situation qui n’est pas sur le point de s’améliorer selon les chiffres compilés par l’Université de Lausanne pour le compte de l’organisation basée à Strasbourg et qui remontent à début 2025. En effet, depuis, les autorités françaises ont fourni des chiffres plus récents et encore plus alarmants, avec une surpopulation carcérale estimée à 139,1 % en avril 2026.

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18.05.2026

Huit militants écologistes opposés à la déviation routière de Saint-Péray, en Ardèche, seront jugés le 6 juillet pour s’être suspendus d’un pont et avoir bloqué une voie ferrée le 14 mai, jeudi de l’Ascension. Ce jour-là, seize militants ont été interpellés pour « mise en danger volontaire de la vie d’autrui », « entrave à la circulation » et « refus de signalétique ».
Huit d’entre eux ont été déférés devant le juge des libertés le 16 mai, qui a placé cinq opposants au projet routier en détention provisoire dans les maisons d’arrêt de Lyon-Corbas et de Valence, et trois sous contrôle judiciaire. « Cette répression est inédite pour des actions de désobéissance civile », a dénoncé Maud Grard, conseillère régionale écologique opposée à la déviation de Saint-Péray. Faute d’avoir réussi à identifier au cours du weekend tous les militants arrêtés malgré l’usage, selon leur avocat, d’un outil de reconnaissance faciale, le tribunal de Valence les a libérés le 18 mai et renvoyé leur jugement au 6 juillet.

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18.05.2026

Ce lundi 18 mars, la cour d’appel de Douai a confirmé que les agissements subis par une de ses collègues lilloises ne relevaient pas de l’humour et a condamné un l’ancien brigadier-chef principal à dix mois de prison avec sursis.
Juliette (prénom d’emprunt) va peut-être trouver le courage de détruire le dossier qu’elle s’est constitué, avec les SMS et les messages laissés sur son répondeur, ces preuves qu’elle avait peur d’effacer par mégarde. Enfin, tourner la page.

(…)

L’ex-policier, pourtant à l’origine de l’appel, ne s’est pas présenté à l’audience. Ni lui, ni son ancien avocat, ni le syndicat qui le défendait n’ont donné suite à nos demandes d’entretien.
La cour estime dans son arrêt que la peine initiale ne prenait «pas suffisamment en compte la gravité des faits notamment au vu de leurs conséquences» pour la victime. A 27 ans, Juliette est toujours en arrêt maladie, déclarée inapte à reprendre son poste (…)

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18.05.2026

« J’en garde des séquelles »: trois policiers jugés à Brest pour des violences sur une famille lors d’une interpellation
Trois policiers de Brest sont mis en cause pour des faits de violence policière sur une mère et ses enfants. La scène s’est déroulée à leur domicile de Guipavas (Finistère), un soir d’avril 2018. Les fonctionnaires mis en cause, déjà reconnus coupables d’un faux durant l’enquête de l’IGPN, nient les faits.
Je regardais un film et j’ai entendu frapper très fort, j’ai cru que la porte allait tomber.
La mère de famille raconte la nuit du 17 avril 2018, quand des policiers de la BAC, la brigade anticriminalité, entrent dans son domicile de Guipavas (Finistère). S’ensuit, selon elle, des coups sur son fils, des violences envers elle et sa fille, et des menaces de mort. Après huit ans de procédure, trois des hommes intervenus ce soir-là comparaissent, ce lundi 18 mai 2026, devant le tribunal de Brest. « Si c’est moi qu’ils frappent aujourd’hui, ça pourra être quelqu’un d’autre demain, et je trouve ça grave venant de la police »…

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18.05.2026

Prison de Fresnes : une famille poursuit l’État après le suicide d’un détenu en 2023, cherchant à engager sa responsabilité devant le tribunal administratif.
La famille de Dennis G., un détenu retrouvé mort à la prison de Maison d’arrêt de Fresnes en janvier 2023, a déposé un recours devant le tribunal administratif de Melun afin d’engager la responsabilité de l’État.
Selon ce recours consulté par l’AFP, les proches du détenu estiment que l’administration pénitentiaire a commis des fautes dans la prise en charge du prisonnier, souffrant de troubles psychiatriques sévères.
Un détenu schizophrène retrouvé pendu dans sa cellule

(…)

Le 23 janvier 2023, il avait été retrouvé pendu dans sa cellule.
Une information judiciaire avait été ouverte après le dépôt d’une plainte contre X avec constitution de partie civile pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Mais cette procédure s’est conclue par un non-lieu prononcé fin mai 2025. L’avocat de la famille, Antoine Ory, a indiqué avoir fait appel de cette décision.
La famille dénonce des “négligences” de l’administration pénitentiaire
Malgré ce non-lieu pénal, les proches du détenu estiment que l’administration pénitentiaire a commis une faute en raison d’une « absence d’une prise en charge adaptée ». Dans leur recours, ils dénoncent »de nombreuses négligences dans la surveillance », ainsi qu’ »une désorganisation du service ralentissant le processus de réanimation ».
La famille demande désormais la condamnation de l’État et le versement de 360 000 euros d’indemnisation au titre des préjudices subis. Selon Antoine Ory, ce dossier met en lumière les difficultés de prise en charge psychiatrique en milieu carcéral.
« Ce dossier est symptomatique de la manière dont les détenus présentant des pathologies psychiatriques sont traités en détention », affirme l’avocat. »De nombreux signaux d’alertes n’ont hélas pas été entendus par l’administration pénitentiaire », ajoute-t-il.

(…)

Fresnes confrontée aux difficultés de la psychiatrie carcérale
Construite à la fin du XIXe siècle, la prison de Maison d’arrêt de Fresnes est régulièrement pointée du doigt pour sa vétusté et les conditions de détention. Dans un rapport publié en janvier 2026, le Comité européen pour la prévention de la torture évoquait « un nombre croissant de personnes détenues présentant des troubles, parfois sévères, liés à la santé mentale » ainsi qu’un manque de psychiatres dans les établissements pénitentiaires français.
Selon l’Observatoire international des prisons, un décès survient en moyenne tous les deux ou trois jours en prison en France, la plupart du temps par suicide.

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18.05.2026

Chaque année, autour du 9 mai, les néo-nazis venus de toute l’Europe défilent à Paris pour commémorer le décès d’un des leurs en 1994. Cette célébration est un prétexte pour défiler au pas cadencé dans la capitale avec des drapeaux ornés de croix fascistes, de symboles hitlériens, et pour commettre des violences. À chaque fois, ces parades d’extrême droite ont lieu avec la bénédiction des autorités. Ces dernières années, non seulement la police a protégé le défilé néo-nazi, mais elle a attaqué celles et ceux qui tentaient de s’y opposer.
Cette année, sur fond de fascisation généralisée, des collectifs antifascistes ont appelé à mettre un terme à cette tradition, et à converger pour empêcher concrètement l’événement. La préfecture a donc interdit toute manifestation, et déployé un très grand nombre de policiers, notamment des unités motorisées. Cela n’a pas empêché des groupes de néonazis d’errer dans Paris l’après-midi, certains armés de matraques et de couteaux, alors que les points de rassemblement antifascistes ont été immédiatement encerclés par la police. Selon le média StreetPress, au moins une femme a été frappée au visage et blessée après avoir voulu filmer deux militants d’extrême droite qui venaient de crier : «Paris nationaliste». Des journalistes qui tentaient de couvrir cette journée ont eux aussi été nassés, contrôlés et verbalisés par la police, qui les a empêchés de filmer. Des atteintes graves au droit d’informer.
Pire, les autorités ont laissé se dérouler, le soir même, une véritable procession fasciste digne du Klu Klux Klan ou des marches de SA, en région parisienne. Car malgré les interdictions, des centaines de néo-nazis se sont réunis dans la commune résidentielle de Verrières-le-Buisson, au sud de Paris. Très fiers d’eux, les nervis d’extrême droite ont abondamment filmé et photographié leur événement : flambeaux en mains, symboles suprémacistes, tambours des jeunesses hitlériennes, discours glaçants. Des militants venus de Pologne, d’Allemagne ou d’Italie étaient présents. Un retour dans les années 1930 dans l’espace public, en France, en 2026. Sur internet, le «Comité du 9 mai» agrémente ses images de propagande de citations militaristes et mortifères telles que «Nos marches guerrières feront frémir la terre». Opération réussie pour les néo-nazis.
Ils ont même installé des stands de tatouages et vendu des T-shirts d’extrême droite. Un concert de métal ouvertement nazi a eu lieu, ainsi que de nombreux saluts hitlériens. Une témoin estime que plus d’une centaine de militants auraient effectué des bras tendus, et un habitant dit à Street Press avoir vu certaines personnes se dire «au revoir avec des saluts nazis». Un autre riverain a appelé le commissariat de Verrières-le-Buisson, sans réponse, puis la police nationale pour réclamer l’envoi d’une patrouille. Le maire de la ville se dit quant à lui «atterré».
C’est bien là qu’est le problème. Selon le quotidien Le Parisien, «la police s’est rendue sur place mais n’a relevé aucun débordement avant de quitter les lieux». Des néo-nazis, des bras tendus, des apologies de régimes totalitaires, des violences commises quelques heures plus tôt, mais «aucun débordement» pour les forces de l’ordre.
Nous sommes pourtant dans un pays où de simples conférences pour la Palestine ou contre la guerre sont censurées dans les universités, où des rassemblements anti-colonialistes sont interdits de manière très brutales, et où globalement la liberté de manifester et d’exprimer le moindre désaccord se réduit de jour en jour. Mais les nostalgiques d’Hitler continuent de bénéficier d’une complaisance évidente des autorités.
Une nouvelle preuve que la lutte contre l’extrême droite de viendra jamais de l’État, et qu’il n’y a rien à attendre d’un régime qui préfère écraser les mobilisation sociales et antiracistes que les héritiers des SS.

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17.05.2026

Quatre policiers de la Bac seront jugés ce lundi à Paris. En visionnant les images de caméras de vidéosurveillance à l’occasion d’une autre enquête, l’IGPN a découvert leurs agissements après la qualification de la France et du Maroc pour les demi-finales de la Coupe du monde au Qatar.
La preuve par l’image. Sans les vidéos de surveillance de la ville de Paris, il n’y aurait sans doute jamais eu d’enquête ni de procès pour les quatre policiers convoqués ce lundi au tribunal judiciaire de Paris pour des violences sur des passants n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail, lors du Mondial 2022 qui se déroulait au Qatar.

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16.05.2026

Encore plus de trente-deux ans à tenir. Avec une telle perspective, Rédoine Faïd, le braqueur de 51 ans originaire de Creil (Oise) écroué depuis le 1er juillet 2011 et dont la fin de peine est précisément prévue le 17 août 2057, aspire à des conditions de vie derrière les barreaux les plus normales possibles. Un vœu qui reste pieux malgré plusieurs décisions de justice déclarant ses conditions de détention « contraires à la dignité de la personne ». Elles se heurtent, en effet, à la position de l’administration pénitentiaire (AP), qui, en la matière, a le dernier mot. Et s’oppose le plus souvent aux décisions favorables à ce prisonnier, célèbre pour ses deux évasions, et donc surveillé de près.
Selon nos informations, Rédoine Faïd, détenu depuis octobre 2025 au centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), vient de remporter une nouvelle partie dans son désormais très long bras de fer avec l’AP. Par une ordonnance du 15 mai, une juge d’application des peines d’Alençon (Orne) a déclaré bien-fondée la dernière requête de Rédoine Faïd, déposée par son avocat, Me Benoît David, le 9 avril, quant à ses conditions de détention depuis son transfert à Condé.

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16.05.2026

La police est devenue religion d’État, critiquer la répression est le nouveau blasphème
En France, la police tire à balle réelle lors de contrôles routiers, mutile avec des armes de guerre, envoie des grenades sur des écologistes en hurlant «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné», multiplie les actes racistes. Tout cela est filmé, documenté, prouvé. Et dans l’écrasante majorité des cas, ces violences ne sont même pas poursuivies. Les rares fois où elles le sont, la justice ne les condamne pas, ou très légèrement. À l’inverse, si vous avez le tort de dénoncer la police, l’État mettra tous les moyens pour vous retrouver et vous réprimer.
Encore un exemple à Reims le 11 mai. Ce jour là, le tribunal devait juger une étudiante de 21 ans pour «outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique». Deux ans plus tôt, le 1er mai 2024, lors du défilé syndical traditionnel, elle avait crié le slogan «ACAB» – un acronyme mondialement connu, utilisé massivement, qui veut dire «All Cops Are Bastards» mais peut aussi signifier «All Cats Are Beautiful» ou «All Colors Are Beautifull», et autres.
Ce 1er mai donc, l’étudiante s’était rendue devant la Maison des syndicats de Reims après la manifestation, avant d’en ressortir. Elle ne savait pas que des agents étaient à ses trousses depuis des heures et l’attendaient pour lui faire payer son terrible forfait. Elle était arrêtée par des policiers en civil puis placée en garde à vue. Et le procureur avait réclamé un procès. Il paraît que les tribunaux sont engorgés.
Pour sa défense, au tribunal, l’étudiante explique à juste titre que le terme ACAB «est un symbole politique, absolument pas un outrage», et surtout qu’il «n’était pas adressé à un policier en particulier», ce qui est nécessaire pour qualifier le délit «d’outrage». Pourtant, ce 11 mai 2026, la justice a prononcé une condamnation à verser des dommages et intérêts à trois policiers ayant porté plainte. Les juges estiment que le slogan leur était adressé en raison «d’un regard tourné vers eux» et qu’ils ont donc ressenti un «préjudice moral». Si des hommes adultes et en uniformes sont fragiles au point d’être traumatisés par un regard et un mot, il faut leur retirer de toute urgence leur armement et les démobiliser, car ils représentent un grave danger pour la population.
Derrière ce jugement ridicule, c’est la possibilité pure et simple de critiquer la police qui est menacée. Si l’on peut être suivi et enfermé pour un slogan en manifestation, qui osera encore s’exprimer dans la rue ? C’est ce qu’ont rappelé les nombreux soutiens de l’étudiante devant le tribunal de Reims. Ils ont d’ailleurs été empêchés par la police d’entrer dans le tribunal pour assister au procès, ce qui est parfaitement illégal puisque l’audience est publique.
L’objectif de ce harcèlement policier et judiciaire est de faire un exemple pour tou·tes les étudiant·es de la ville qui relèvent la tête. À Reims, en moins d’un an, une quinzaine de personnes ont été arrêtées et/ou poursuivies pour des motifs fantôches» rappelle un communiqué de soutien. En effet, à Reims, la police semble particulièrement sensible et zélée. Le 18 mai 2024, deux autres personnes étaient arrêtées lors de la Marche des fiertés pour avoir porté un tee-shirt avec l’inscription «ACAB» et une pancarte avec le même acronyme. Et pour ces deux fauteurs de trouble aussi, garde à vue et procès.
Dans le même registre, dans la Drôme en 2023, la police avait traqué pendant des semaines une jeune militante âgée de 24 ans avec une balise GPS sous sa voiture, des planques devant sa maison, des fouilles de ses comptes bancaires, des réquisitions à son opérateur et des géolocalisations de son téléphone pour avoir fait des tags de soutien à la Palestine, contre la guerre, et tracé le mot «ACAB». Encore. Elle n’avait finalement été jugée que pour «dégradations légères» et «outrage» aux forces de l’ordre.
Le délire judiciaire qui vise toute parole hostile à la police est inédit, et frappe à la fois des manifestant·es, des artistes, des internautes… L’extrême droite a tous les droits, mais interdiction formelle de toucher à la police, qui est désormais une véritable religion d’État qu’il ne faut pas blasphémer.
Avec une telle débauche répressive, des chanteurs comme Brassens ou Renaud qui crachaient sur les forces de l’ordre auraient fini derrière les barreaux dans les années 1960 et 1970. La France de Macron est plus liberticide que celle de l’après-guerre.
Une cagnotte pour soutenir l’étudiante de Reims

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15.05.2026

Sept détenus du quartier de lutte contre la criminalité organisée de cet établissement ont déposé un recours pour «humaniser» le fonctionnement de cette prison.
Une fronde de détenus à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne), vitrine de la politique sécuritaire du garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Sept détenus du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de cet établissement, que Libération avait pu visiter en janvier, ont déposé mardi 12 mai des référés-liberté devant le tribunal administratif de Caen pour dénoncer leurs conditions de détention, rapportent Mediapart et France Inter. Leur avocat, Charly Salkazanov, réclame que le juge enjoigne l’administration pénitentiaire à «humaniser» le fonctionnement de la prison et s’inquiète d’un régime qui risque, selon lui, de «pousser à bout» les détenus.
Ouvert en octobre, le QLCO de Condé-sur-Sarthe est l’un des deux établissements de ce type actuellement en service en France, avec celui de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Voulus par le ministre de la justice, Gérald Darmanin, ces quartiers ultrasécurisés accueillent chacun une quarantaine de détenus relevant, selon l’administration pénitentiaire, «du haut du spectre de la criminalité organisée». Ils seront bientôt quatre sur l’ensemble du territoire.
Migraines, fouilles, réveils nocturnes
Les conditions de détention décrites par les plaignants, et détaillées par Mediapart à partir des témoignages écrits joints aux requêtes, sont sévères. Les détenus passent vingt-deux à vingt-trois heures par jour seuls en cellule, dont les fenêtres sont en partie obstruées, contraignant à laisser la lumière électrique allumée en journée et provoquant fatigue visuelle et migraines. Ils sont soumis à des fouilles intégrales et des fouilles à nu régulières, avant et après chaque parloir, alors que les visites se déroulent derrière un hygiaphone et que les visiteurs subissent des contrôles de sécurité poussés. Les réveils nocturnes imposés par les surveillants – qui allument la lumière et tapent aux portes pour effectuer des vérifications – sont également dénoncés dans plusieurs témoignages.
L’accès aux communications est drastiquement encadré : deux fois deux heures de téléphone par semaine, à des créneaux fixés arbitrairement par l’administration. Ces créneaux coïncident parfois avec l’unique heure de promenade quotidienne, forçant les détenus à choisir entre appeler leurs proches, consulter leur avocat ou voir un médecin. Les parloirs, eux, peuvent être refusés pour des motifs dérisoires : une minute de retard après plusieurs centaines de kilomètres de trajet ou un soutien-gorge déclenchant un portique de sécurité. «Mes liens familiaux sont violés», écrit l’un des détenus dans son courrier joint à la requête.
La contestation monte
Depuis janvier, la contestation monte dans cette prison. Dix-sept des quarante détenus ont engagé un mouvement de protestation pacifique : restitution symbolique de leurs télévisions, réfrigérateurs et produits de cantine, grève de la parole avec les surveillants, grève des déplacements… Un mouvement quasi similaire avait déjà eu lieu en septembre à Vendin-le-Vieil, rappelle Mediapart. Les requêtes déposées mardi visent à obtenir, entre autres, un meilleur accès aux produits d’hygiène, une facilitation des parloirs et des communications téléphoniques, deux heures de promenade quotidienne et un accès effectif aux activités sportives, éducatives et culturelles.
La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, a effectué une visite d’inspection approfondie dans l’établissement la semaine passée, précise Mediapart, sans que ses conclusions aient encore filtré. Mais dans son dernier rapport sur cet établissement, publié en octobre 2025, son institution avait pourtant déjà critiqué le «fonctionnement déshumanisé» à Condé-sur-Sarthe, avant même l’ouverture du QLCO.

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15.05.2026

«C’est un peu comme quand on dresse des animaux»: gendarme à Versailles, il contraignait ses compagnes au libertinage
La justice doit se prononcer fin juin pour des violences sur conjoint commises par un homme de 35 ans. Il contraignait des femmes à avoir des relations avec d’autres hommes, filmées. Une interdiction d’exercer la profession de gendarme pendant cinq ans a été requise à l’encontre du militaire, aujourd’hui affecté en Seine-et-Marne.
Les insultes étaient « principalement des maladresses ». Les propos humiliants, aussi. Et les relations avec d’autres hommes imposées à ses anciennes compagnes n’étaient « que des jeux ». C’est, en substance, ce que Philippe R., 35 ans, a expliqué devant la septième chambre du tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines), vendredi.
Ancien gendarme mobile dans le quartier militaire de Satory, à Versailles, il est aujourd’hui affecté à un poste administratif dans une compagnie de Seine-et-Marne. Sous contrôle judiciaire depuis janvier 2026, il sera fixé sur son sort le 26 juin prochain.

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14.05.2026

« Le gendarme m’a dit : tu n’es personne ici et moi je vais te montrer qui je suis » : un retraité affirme avoir été victime de violences physiques et verbales lors d’une garde à vue en Guyane

(…)

Fonctionnaire à la retraite résidant à Régina, Auguste Prosper, affirme avoir été victime de violences lors d’une garde à vue liée à un conflit de voisinage. Une enquête pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte par le parquet.

(…)

Ce matin-là, Augustin Prosper, fonctionnaire à la retraite, vient faire ses courses au bourg de Régina. Deux gendarmes l’abordent pour le placer en garde à vue. Selon ses dires, lui notifient ses droits. « Vous avez le droit de garder le silence, vous avez le droit d’avoir un avocat, vous avez le droit d’avoir un médecin, et vous pouvez faire un appel à la personne de votre choix, cite le retraité. Tout de suite, j’ai répondu, je veux un avocat, je veux être vu par un médecin, je vais garder le silence. »
Des droits contestés dès l’arrivée à la brigade selon le retraité
La garde à vue commence à la brigade. « Le gendarme me dit « vous avez dit que vous ne voulez pas d’avocat, vous ne voulez pas être vu par un médecin ». Il a considéré que tout ce qui a été dit dans la rue n’a pas de valeur. » Auguste Prosper aurait alors réaffirmé sa volonté de garder le silence.
« Le gendarme est parti dans des insultes : « pour qui tu te prends, j’ai déjà remarqué que tu te prends comme si tu étais un esprit supérieur ici, tu n’es personne ici, et moi je vais te montrer qui je suis, je vais te faire rester tranquille. » »
Auguste Prosper
Des accusations de violences lors d’un passage en cellule
Le motif de la garde à vue, selon le retraité: insultes et dégradation d’un bien privé dans le cadre d’un supposé conflit de voisinage. L’homme est placé en cellule, quelques heures plus tard, lorsque la garde à vue s’achève, le sexagénaire ne peut plus se lever. Il nous explique que lorsqu’il est stressé, il ne peut plus bouger. Cela lui serait déjà arrivé par le passé. Auguste Prosper aurait alors renouvelé sa demande auprès des gendarmes de voir un médecin, en vain.. Auguste Prosper réclame à nouveau un médecin en vain.
« Ce gendarme s’est penché sur moi, il a déposé son genou sur mon plexus, et il m’a dit: « s’il arrive quelque chose à ma maison, à moi, à mes chiens, à tes voisins, à leurs maisons, à leurs chiens ou à un bien quelconque, je te tue ». Il m’a dit ça devant tous ses collègues. Si tu ne te lèves pas, tu vas voir. Et c’est comme ça qu’ils se sont mis à me taper. Ils m’ont donné des coups de genoux, des coups de pied, des coups sur le visage »
Auguste Prosper
Examiné le lendemain à Saint-Georges
Puis il dit avoir été transporté par les gendarmes devant la brigade. Sans téléphone, il ne peut appeler les secours. Les pompiers sont contactés via un passant. Arrivés sur place, ils sont interpellés par un gendarme, selon le retraité. « Il lui a dit: « celui-là, ne le ramasse pas, c’est du cinéma qu’il fait. Donc laisse-le, il va bien finir par rentrer chez lui » » Les pompiers repartent en le laissant couché là. D’autres pompiers le prennent en charge plus tard.
Amené à Saint-Georges, il est examiné le lendemain par un médecin. Dans sa maison, piste Ineri, Auguste Prosper nous montre le certificat médical. Il relève deux écorchures dans le dos, mais pas d’autres traces. « Je certifie que j’ai été tapé. On sait, très bien que sur la peau noire, il est très difficile de voir des bleus. »
Deux enquêtes ouvertes
Le retraité a porté plainte. La procureure a ouvert une enquête pour violence sans Incapacité Totale de Travail (ITT) par personne dépositaire de l’autorité publique, confiée à la brigade territoriale de gendarmerie de Macouria.
Sollicitée, la direction de la gendarmerie évoque « le comportement délétère et irrespectueux de Monsieur Prosper, documenté au cours de la garde à vue en lien avec le parquet ». L’intéressé dément et précise qu’on ne lui a pas fait présenté de procès-verbal de garde à vue pour signature.
De plus, lors de notre reportage sur place le 29 avril, nous avons pu échanger brièvement avec l’un des gendarmes concernés par cette garde à vue, lequel nous a précisé que c’était Monsieur Prosper qui avait donné des coups. Des accusations rejetées par ce dernier.
De son côté, le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) a ouvert une enquête administrative. « Quand on se déplace auprès d’une victime, on a l’obligation de la prendre en charge sauf si la victime signe une décharge pour que ce ne soit pas le cas », indique le colonel Jean-Paul Levif, directeur du SDIS. « L’enquête administrative vise à déterminer les circonstances qui ont conduit à ne pas prendre en charge ce monsieur dans un premier temps », ajoute le commandant des pompiers de Guyane. « En fonction des éléments recueillis, on prendra une décision qui pourra être disciplinaire ou pas si la décision était fondée », conclut le colonel.
Par ailleurs, Auguste Prosper est convoqué en octobre devant le tribunal pour violence avec arme, en l’espèce une débroussailleuse, contre sa voisine et la fille de celle-ci. Le sexagénaire reconnaît des insultes réciproques, mais récuse les violences.
– La Calédonie bientôt équipée d’un précieux appareil d’analyse toxicologiqueDirectFin 2026, le Médipôle devrait disposer d’un nouvel appareil pour les analyses toxicologiques. La convention de financement a été signée mardi avec l’État, le gouvernement et la province Sud, pour un total de 60 millions CFP. Enjeu important pour la justice et la sécurité routière : moderniser, faciliter et accélérer les procédures.
– Regards croisés sur la problématique des chiens errants : « Les euthanasies de masse n’ont jamais marché »DirectChiens divagants, maltraitance animale, comportements et sécurité, autant de problématiques abordées dans la rubrique Regards Croisés de ce lundi 19 mai. Pour en parler, Matairii Maire, directeur du syndicat intercommunal de la gestion de la fourrière animale (SIGFA) et Carole Couturier, présidente de l’Alliance pour le respect des animaux de Polynésie (ARPAP).
– Île Maurice : 37 décès de détenus enregistrés depuis novembre 2024 dont deux en garde à vueDirect37 détenus sont morts en détention à l’île Maurice depuis le mois de novembre 2024. Un sujet évoqué au Parlement par la députée, Anabelle Savabaddy, ce mardi 19 mai 2026. La majorité de ces décès sont naturels, sept prévenus ont mis fin à leur jour, quatre dossiers sont entre les mains de la justice, a précisé le Premier ministre, Navin Ramgoolam.
– « Les gens veulent personnifier l’exercice du mandat et considère que la collectivité est leur chose », estime Jacques Martial HenryDirectJacques Martial Henry, entrepreneur et ancien élu, était l’invité de Zakweli ce mercredi, notamment pour revenir sur les élections des comités des syndicats intercommunaux.
– VIDÉO. Portrait de Lionel Medevielle, un boucher passionné qui se prépare pour la fête de la génisse à KoumacDirectCe samedi à Koumac dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, la fête de la génisse revient. Rencontre avec Lionel Medevielle un boucher impliqué aussi bien dans l’organisation de l’évènement que dans la préparation de la viande.
– Sécurité sanitaire : comment la Nouvelle-Calédonie se protège des maladies venues de l’extérieur ?DirectCovid, hantavirus et maintenant Ebola, ces maladies agitent la planète entière. Chaque territoire scrute ses portes d’entrée, maritimes et aériennes et la Nouvelle-Calédonie n’est pas épargnée. À chaque vol international, la vigilance est de mise. En ce sens, le contrôle des voyageurs par les autorités locales vise à garantir la sécurité sanitaire du Caillou.
– Croisières : inquiétudes après quelques cas d’hantavirus, mais le secteur en Guadeloupe reste stableDirectLa découverte de plusieurs décès liés à l’hantavirus sur un navire de croisière le mois dernier relance les inquiétudes autour de la sécurité sanitaire à bord. En Guadeloupe, si certains voyageurs expriment une forme de prudence, les professionnels du secteur ne constatent pas de baisse des réservations.
– La Calédonie bientôt équipée d’un précieux appareil d’analyse toxicologiqueDirectFin 2026, le Médipôle devrait disposer d’un nouvel appareil pour les analyses toxicologiques. La convention de financement a été signée mardi avec l’État, le gouvernement et la province Sud, pour un total de 60 millions CFP. Enjeu important pour la justice et la sécurité routière : moderniser, faciliter et accélérer les procédures.
– Regards croisés sur la problématique des chiens errants : « Les euthanasies de masse n’ont jamais marché »DirectChiens divagants, maltraitance animale, comportements et sécurité, autant de problématiques abordées dans la rubrique Regards Croisés de ce lundi 19 mai. Pour en parler, Matairii Maire, directeur du syndicat intercommunal de la gestion de la fourrière animale (SIGFA) et Carole Couturier, présidente de l’Alliance pour le respect des animaux de Polynésie (ARPAP).
– Île Maurice : 37 décès de détenus enregistrés depuis novembre 2024 dont deux en garde à vueDirect37 détenus sont morts en détention à l’île Maurice depuis le mois de novembre 2024. Un sujet évoqué au Parlement par la députée, Anabelle Savabaddy, ce mardi 19 mai 2026. La majorité de ces décès sont naturels, sept prévenus ont mis fin à leur jour, quatre dossiers sont entre les mains de la justice, a précisé le Premier ministre, Navin Ramgoolam.

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14.05.2026

La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Douai a confirmé mercredi 13 mai le non-lieu dans l’affaire de la mort de Brahim Moussa, survenu en 2018.

(…)

Les proches de Brahim Moussa espèrent toujours assister à un procès, sept ans après sa mort. Ce jeune homme de 25 ans avait été blessé par balle, lors d’une intervention de la police, fin 2018, pour le vol d’une voiture. Il est mort à l’hôpital un mois plus tard.
Mercredi 13 mai, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Douai a confirmé le non-lieu prononcé en faveur du fonctionnaire de la BAC, qui avait ouvert le feu alors que Brahim Moussa a accéléré, pour tenter de fuir l’interpellation.

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14.05.2026

Une jeune a été condamné lundi 11 mai 2026 pour des insultes et violences sur policiers sur le front de mer à Dieppe. Il a nié en bloc et dit être victime de violences policières.
Ce jeune de 20 ans a-t-il été victime de violences policières ? C’est en tout cas ce qu’il clame haut et fort à la barre du tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) ce lundi 11 mai 2026. « Je me suis fait tabasser au sol, je me prends des coups dans les côtes, il y a quatre policiers contre moi. Je veux porter plainte contre eux », affirme-t-il, en montrant ses bleus. Pourtant, c’est bien lui qui comparaît pour des faits de menaces, violences et outrages envers les policiers. Les faits se sont déroulés quelques jours plus tôt, le samedi 9 mai, sur le front de mer de Dieppe.
Il s’enfuit menotté
Le jeune, venu d’Évreux, est sur la plage avec des amis lorsqu’éclate une altercation avec un sexagénaire. La police est appelée sur les lieux, et retrouve rapidement deux des agresseurs présumés, dont l’un est facilement identifiable grâce à son t-shirt rose, ses cheveux longs et son bonnet.
Les forces de l’ordre fouillent ce dernier et trouvent ce qu’ils pensent être du cannabis, mais qui est en fait du CBD.

(…)

Pas de caméras

(…)

« J’en avais marre, je voulais vous voir directement au tribunal comme je ne suis pas pris au sérieux », avance-t-il à la barre.
Le jeune Ébroïcien volubile remet en cause la version des policiers. « J’ai été tapé comme de la merde et laissé dans ma merde », lance-t-il. Il affirme qu’il s’est enfui lorsque les policiers ont découvert le CBD sur lui.
Il a la solution toute trouvée pour prouver son innocence. « Pourquoi vous ne regardez pas les caméras pour voir qui a raison ? », interroge-t-il. Seulement voilà, il n’y en a pas sur le front de mer, et les caméras piétons des policiers n’ont pas été activées.
« On est en 2026, dans une cité portuaire et il n’y a pas de caméras, c’est fou ! Je me suis fait plier comme un saucisson, enrage le prévenu. Donc ça sert à rien que je me défende ? Ma parole ne pèse rien ! »
La présidente du tribunal rappelle toutefois que ses amis ont témoigné et que leurs versions semblent rejoindre celles des policiers. « Il n’y a aucune preuve matérielle dans ce dossier », insiste l’avocate du jeune homme, qui plaide la relaxe et précise qu’un des policiers dit ne pas avoir été témoin d’injures.
La défense remet en question la supposée ivresse de son client lors des faits. Son alcoolémie n’a pas pu être mesurée lors de son interpellation. Il est également question d’un téléphone dont il n’aurait pas voulu donner le code, or, le jeune dit ne pas avoir de portable sur lui.
Le prévenu reste en prison
Elle requiert 12 mois d’emprisonnement, dont cinq mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans, avec notamment l’interdiction de paraître à Dieppe.

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14.05.2026

Depuis janvier dernier, la Ville de Pontoise facture aux personnes en état d’ivresse manifeste sur la voie publique le coût de l’intervention des services de police. Un montant de 150 euros qui vient s’ajouter à la contravention – allant jusqu’à 150 euros – sanctionnant cette infraction.
« Nous appliquons simplement l’article L3341-1 du Code de la santé publique qui prévoit cette mesure », explique François Daoust, adjoint au maire en charge de la sécurité à Pontoise.
Une délibération municipale
En effet le texte de loi dispose qu' »une personne trouvée en état d’ivresse dans les lieux publics est, par mesure de police, conduite à ses frais (…) dans une chambre de sûreté (…) ».
Pour l’élu, il s’agit d’abord d’appliquer une disposition prévue par la loi mais méconnue. Le conseil municipal a ainsi statué en décembre dernier sur un montant recouvrant le coût d’une intervention de deux heures réalisée par deux agents. D’un point de vue pratique, la commune émet un titre de recettes et le Trésor public prend le relais pour l’encaissement effectif.
En moyenne, la municipalité estime faire face à environ quatre interventions mensuelles de ce type sur son périmètre, avec des pics lors d’évènements, par exemple sportifs, et de fêtes.

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13.05.2026

Trois agents de la Police Aux Frontières (PAF) et un policier réserviste ont été interpellés en début de semaine et placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants.

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Selon nos informations, une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue ce début de semaine dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants. Parmi ces personnes, trois agents de la Police aux Frontières et un policier réserviste.

(…)

Des policiers adjoints de la PAF condamnés pour trafic de stupéfiants l’an dernier
Ce n’est pas la première fois que la Police Aux Frontières est visée par une enquête en Guyane pour ce motif : en mars 2025, onze policiers adjoints qui exerçaient à l’aéroport Félix Eboué ont été condamnés par le Tribunal Judiciaire de Créteil dans le cadre d’un trafic de cocaïne entre la Guyane et l’hexagone. Leur rôle était de faciliter le passage de la drogue à l’aéroport de départ, notamment en la cachant dans des faux plafonds après les points de contrôle, avant qu’elle soit récupérée par des mules pour être acheminée vers Paris.
Les onze policiers avaient écopé de peines allant de douze mois de prison avec sursis jusqu’à huit ans ferme, d’amendes comprises entre 5000 et 80 000 euros, et d’une interdiction d’exercer dans la fonction publique.

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13.05.2026

80 669 personnes étaient détenues dans les prisons françaises en 2024, soit un taux de 117 pour 100 000 habitants. AFP/JULIEN DE ROSA
Selon les données d’Eurostat, le nombre de personnes détenues en 2024 dans les prisons des 27 pays de l’Union européenne s’établissait à 508 746, en hausse de 2 % par rapport à 2023. Il avait atteint un pic en 2012 (552 954), avant de reculer jusqu’à un plus bas niveau en 2020 (463 376). Il a augmenté, depuis, de 9,8 %.
En 2024, la France était de loin le pays de l’UE à compter, en chiffre absolu, le plus grand nombre de détenus (80 669), devant la Pologne (69 850), l’Italie (63 524), l’Espagne (59 226) et l’Allemagne (58 798). À l’autre bout de l’échelle, le Luxembourg n’en recensait que 628, Malte 697 et Chypre 965.

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13.05.2026

Depuis un an, dans l’Indre, des contrôles à l’entrée des établissements scolaires sont régulièrement effectués. Les sacs des élèves sont fouillés par des agents de la police municipale, police nationale et de la gendarmerie nationale. Des vérifications destinées à surveiller, rassurer et éduquer.
Ce mardi, devant l’entrée du collège Rosa Parks à Châteauroux, les surveillantes ne sont pas seules à accueillir les élèves. Une dizaine d’agents de la police municipale et de la police nationale sont présents et demandent aux collégiens d’ouvrir leurs sacs pour qu’ils puissent en inspecter le contenu. « Nous recherchons tout objet dangereux comme un couteau, un cutter ou une paire de ciseaux avec des grandes lames pointues », précise l’agent Renard, chargée de l’inspection. Les élèves se soumettent au contrôle, en s’interrogeant parfois sur ce qui est recherché.
À quelques mètres de là, la principale du collège, Françoise Laloë, observe le contrôle: « la sécurité dans les établissements concerne tout le monde », explique-t-elle, « il y a bien sûr les professionnels, mais les parents ont un rôle à jouer, les services de l’État, et même les jeunes. C’est l’affaire de tous ». La cheffe d’établissement insiste néanmoins sur un point : « il y a de la violence, c’est indéniable, et peut-être même plus qu’avant. Mais il ne faut pas non plus créer un climat anxiogène. C’est de la vigilance, tout en veillant à être le plus rassurant possible, sinon ça ne mène à rien ».
Deux armes retrouvées en un an
Avant mars 2025, le contrôle des sacs était effectué directement par le personnel de l’établissement. Une circulaire du gouvernement permet désormais aux agents de sécurité de l’État, policiers et gendarmes, de faire ces fouilles. « Près de 75 contrôles ont été effectués, ils ont permis de trouver deux couteaux, ainsi qu’un pistolet de « airsoft » (pistolet à air comprimé projetant des billes en plastique) », détaille le nouveau directeur de cabinet de la préfète de l’Indre, Alexandre Météreaud.

(…)

Selon la préfecture, l’ensemble des collèges et lycées de l’agglomération castelroussine a été contrôlé au moins une fois au cours de l’année passée.

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12.05.2026

Deux enquêtes, l’une administrative et l’autre judiciaire, ont été ouvertes ce mardi 12 mai 2026, après le décès d’un sexagénaire dans une geôle du commissariat de police d’Agde, apprend Métropolitain. Une autopsie a été ordonnée par le procureur de la République de Béziers.
Machette et taser
La victime, qui appartient à la communauté gitane sédentarisée de la commune, a été interpellée vers 2 h, dans la nuit de lundi à mardi, par des policiers de la brigade anti-criminalité (Bac) dans une rue du centre-ville

(…)

Il a alors été transféré dans une geôle du commissariat, où il a de nouveau opposé une vive résistance aux policiers qui géraient la procédure. Il s’est notamment volontairement donné des coups de tête contre le mur de la cellule. Un médecin est intervenu pour se pencher sur son état de santé à la demande des policiers et, peu après, le sexagénaire a succombé, sans qu’il ait pu être réanimé. Un décès constaté en milieu de nuit.
Enquêtes de la police judiciaire
Deux enquêtes sont en cours, dont celle de « recherche des causes de la mort », confiées au Service interdépartemental de la police judiciaire (Sipj) de Montpellier, dont des enquêteurs de permanence dépêchés dans la nuit procèdent aux auditions des policiers de la Bac et de leurs collègues présents dans le commissariat.
IGPN pas saisie
Selon une source proche de l’enquête, les policiers du Sipj ont saisi les bandes de vidéosurveillance du commissariat, dont celle de la geôle, et les bandes de vidéoprotection de la ville d’Agde, les faits ayant été filmés. Une source syndicale assure que « l’interpellation du sexagénaire s’est faite dans les règles ». Pour l’heure, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) n’est pas saisie.

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12.05.2026

Dans l’exercice de ses fonctions, ce policier municipal ne s’est pas privé de peloter ses collègues. Pour la peine, il a été condamné à de l’emprisonnement avec sursis.
Prévenu pour harcèlement sexuel, le retraité de la police municipale, âgé d’une soixantaine d’années, aurait abusé de son autorité pour imposer des caresses, des massages et des mots plus que déplacés à deux de ses collègues féminines. Allusions lubriques et gestes de nature sexuelle : l’homme ayant comparu mardi 14 avril dernier devant ce même tribunal avait justifié ses comportements par l’humour. Quant aux raisons de ces accusations, il avait évoqué la jalousie de ses collègues vis-à-vis de son poste de chef au sein de la brigade.
C’est une épée de Damoclès qui a été placée au-dessus de la tête du prévenu ce mardi 12 mai. Véhément lors de l’audience au fond, le sexagénaire a été condamné à 12 mois d’emprisonnement avec sursis et à une privation d’éligibilité de 5 années. Pour rappel, le ministère public avait requis 1 an d’emprisonnement avec sursis à son encontre.

 

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12.05.2026

Le ministre de l’Intérieur et la députée Laetitia Saint-Paul (Horizons) se sont unis pour durcir l’arsenal contre les teufs gratuites avec une proposition de loi anti-raves, adoptée le 9 avril par l’Assemblée. De quoi donner une base légale à la tolérance zéro en vigueur… et répondre aux pressions de l’extrême droite.
Le ministre de l’Intérieur et la députée Laetitia Saint-Paul (Horizons) se sont unis pour durcir l’arsenal contre les teufs gratuites avec une proposition de loi anti-raves, adoptée le 9 avril par l’Assemblée. De quoi donner une base légale à la tolérance zéro en vigueur… et répondre aux pressions de l’extrême droite.
Il ne fait pas bon raver ces temps-ci, comme l’a montré la free party qui a rassemblé 40 000 amateurs de musique techno du 1er au 3 mai dans la campagne de Bourges. Si la plupart des médias présents, comme « Le Berry républicain » et l’AFP, ont relevé la dimension pacifique et organisée de cette fête gratuite – c’est si rare, la gratuité ! –, CNews a insisté, des heures durant, sur son illégalité et sur ses participants, « des drogués dans tous les sens » qui n’auraient pas hésité à doper la chèvre d’un agriculteur. Avec de l’herbe ?
Même écart de ressenti entre les habitants du coin, surpris par la politesse des teufeurs, et le ministre de l’Intérieur, qui a improvisé sa venue, le dimanche matin, pour délivrer un message simple : la fête est finie. Après avoir rappelé qu’il était né à Bourges, et sans préciser qu’il possédait une résidence à un jet de pavé du terrain militaire choisi par les organisateurs, Laurent Nuñez a vanté les vertus d’un futur durcissement des sanctions contre les amateurs de raves. La trique plutôt que la zik ?
Article paru dans le N° 5505.

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11.05.2026

Tribunal de Bobigny : La policière municipale rêvait d’une « vie de princesse »
Jeudi 7 mai, deux policières municipales étaient jugées pour détournement de fichier et corruption. L’une d’elles aurait vendu des centaines de fiches d’immatriculation, ce qui lui aurait rapporté plus de 76 000 euros.
La 14e chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny, une fois par mois, consacre une audience aux délits commis par des policiers. Le plus souvent, les fonctionnaires sont jugés pour des faits de violence, et alors, de chaque côté de la salle, les proches du fonctionnaire et du plaignant s’amassent et bruissent d’indignation contre la version forcément « mensongère » de l’autre camp.
Parfois, ce sont des agressions sexuelles – toujours un supérieur sur une subordonnée – et alors, il est plus rare de voir des collègues du prévenu en soutien, pas plus que des amies et collègues des plaignantes, car ces affaires provoquent surtout de la gêne.
Il arrive que l’infraction relève de l’atteinte à la probité. C’est le cas pour Inès et Hind, deux agents administratifs en police municipale, prévenues d’avoir détourné des fichiers de police et violé le secret professionnel, en vue de revendre les fiches détournées à des tiers (corruption passive). Pour leur procès, personne ne s’est déplacé, car dans ces affaires, c’est un sentiment de honte qui prédomine.
Les deux prévenues comparaissent libres. L’une est habillée entièrement de noir, l’autre porte une longue tunique beige. Sur le banc, elles se tiennent très proches sans jamais interagir. À la barre, la juge leur demande de s’écarter un peu l’une de l’autre. Inès et Hind sont amies.
L’enquête fut ouverte il y a quelques mois à peine, après le signalement d’un juge d’instruction de Lille, lorsqu’il découvrit dans le téléphone d’un homme qu’il venait de placer en garde à vue, de nombreuses photos de fichiers du S.I.V (Système d’immatriculation des véhicules). Les enquêteurs désignés sont alors aisément remontés vers Hind et Inès, qui comparaissent ce jeudi 7 mai à la barre.
4 772 consultations injustifiées de fiches, 76 000 euros de gains
C’est, de très loin, à Hind que sont reprochés le plus grand nombre de faits. De mars à décembre 2025, elle a consulté le SIV 3 012 fois, et d’autres fichiers aussi, comme le FPR (fichier des personnes recherchées), pour un total de 4 772 consultations. En épluchant ses nombreux comptes bancaires, les policiers ont dénombré plus de 280 virements, émanant de 173 personnes différentes, pour un total de 76 604 euros.
Depuis qu’elle a été mise en cause, Hind reconnaît les faits dans leur intégralité. La juge rapporteuse le note une nouvelle fois et commence à lui poser des questions sur ses motivations et son mode opératoire, car si sa culpabilité est acquise, la question de la peine demeure entière.
Alors Hind explique avoir rencontré, et même « flirté » sur Snapchat avec un homme au pseudo, « SIV 51 », assez transparent sur son objet. Elle lui a confié travailler au commissariat du Blanc-Mesnil, il lui a proposé un business, elle a dit oui afin de « rembourser ses crédits ». « Vous pensez qu’on peut faire quoi avec ces fiches SIV ? » Demande la juge.
Hind confie n’y avoir jamais réfléchi, mais que l’IGPN l’a affranchie de l’usage que divers réseaux délinquants en faisaient, et, admet-elle, ça l’a « mise mal »*. Simplement, explique-t-elle, elle a mis le doigt dans un engrenage, téléguidée par ce compte Snapchat – dont les policiers n’ont jamais pu identifier le propriétaire, et que Hind refuse de dénoncer – grâce à qui elle gagnait jusqu’à 50 euros par fiche SIV.
Les enquêteurs comme les juges pensent que le compte SIV 51 est un leurre, et que c’est Hind elle-même qui était à l’initiative de ce trafic. À l’appui, ils produisent des SMS dans lesquels la prévenue semble présenter ses tarifs et monnayer des transactions avec des clients, loin, comme elle le prétend, de se contenter de percevoir un tarif fixé par son mystérieux commanditaire, qui lui fournirait des clients. La juge sort un message de 2021, quatre ans avant le début de la période de prévention, dans lequel elle semble vouloir vendre à son interlocuteur une fiche issue du FPR (300 euros).
« Je n’avais pas réellement mesuré l’impact »
Hind serait la tête et Inès sa sous-traitante. Les deux collègues se sont connues lorsqu’elles étaient en poste à Saint-Maur-des-Fossés, jusqu’en 2021. Elles ont tissé des liens d’amitié très forts et sont restées proches depuis.
Un peu plus jeune que Hind, elle-même âgée de 31 ans, Inès était en poste à Roissy et Marseille durant la période de prévention – la même que sa coprévenue ; elle a consulté 23 fois le FPR et perçu 700 à 900 euros. Elle s’explique : « Je savais que ce que je faisais, c’était pas légal, j’avais besoin d’argent pour payer mon loyer.
— Qui vous sollicitait ?
— Une personne.
— Vous ne voulez pas dire qui c’est ?
— Non.
— Vous savez ce qu’est le FPR madame ?
— Oui.
— Est-ce que vous avez conscience de ce que vous avez fait ?
— Je n’avais pas réellement mesuré l’impact. »
Même naïveté affichée, même excuse : toutes deux faisaient face à des difficultés financières. « Je devais payer mon loyer », dit Inès. « Je devais rembourser des crédits à la consommation », avance Hind. La juge fait les gros yeux. Elle répète, en détachant les syllabes, qu’elle a perçu 76 000 euros en 8 mois, soit 8 500 euros par mois. « J’ai un énorme crédit », rétorque Hind.
« Quelles sont les mensualités ?
— 1 750 euros par moiS.
— Et les 30 000 euros retirés sur vos comptes ?
— J’ai mangé, rien d’exceptionnel.
— Vous êtes aussi partie en vacances, allée au restaurant, vous avez refait la cuisine de votre mère.
— J’ai voulu goûter à un confort que je n’avais jamais eu. J’ai eu une enfance précaire, ma mère m’a beaucoup aidée, j’ai voulu lui rendre la pareille. »
La présidente revient à la charge : « On ne peut pas dire qu’avec 8 000 euros par mois, en plus de votre salaire, vous soyez en difficulté financière.
— (la juge rapporteuse) C’est maladif votre rapport à l’argent, Madame ? »
L’avocate de Hind intervient : « expliquez votre parcours de vie. » La prévenue semble émue. L’avocate reprend : son père était un ancien trafiquant d’arme et il a fait beaucoup de prison pour des crimes commis dans sa jeunesse. Après la naissance de Hind, son dernier enfant, il a cessé ses activités délinquantes. Mais un jour, alors qu’elle avait quatre ans, des inconnus armés ont débarqué chez elle et ont tiré partout. Ça l’a marquée durablement.
Les juges ne réagissent pas vraiment, alors l’avocate ajoute qu’Hind a porté plainte contre son ex-conjoint pour violences, viols, harcèlement et menace. Ce qu’elle veut dire, c’est que la vie de sa cliente est une vie de violences, qu’il faut la traiter avec indulgence car « elle voulait enfin avoir cette vie de princesse qu’elle n’a jamais eue ».
Prison ferme
La procureure, contre ces deux amies « qui refusent de se mettre en cause », attirées par « l’appât du gain », demande une « vraie sanction » afin que « ça s’arrête » (elles ne sont déjà plus fonctionnaires) : 12 mois de prison avec sursis probatoire et 5 000 euros d’amende contre Inès. 18 mois avec sursis probatoire et 15 000 euros d’amende contre Hind. L’avocate de cette dernière plaide l’indulgence.
Quant à l’avocat d’Inès, il est « abasourdi » par la lourdeur des réquisitions contre sa cliente. Elle a touché moins de 1 000 euros, pourtant, le ministère public réclame à son encontre les deux tiers de la peine requise contre son amie qui, elle, a perçu 76 000 euros. Les calculs sont vite faits, et le tribunal adhère partiellement aux demandes de l’avocat, en condamnant Inès à « seulement » 10 mois de prison avec sursis simple et à 2 000 euros d’amende, tandis que Hind écope de 18 mois de prison dont 9 mois avec sursis simple. La partie ferme est aménagée ab intio sous la forme d’un bracelet électronique. Elle devra en outre s’acquitter de 15 000 euros d’amende, est définitivement interdite de fonction publique et inéligible pendant deux ans (un an pour Inès, peine obligatoire).
Les deux jeunes femmes quittent la salle en toute discrétion, tandis qu’un dossier de violence en garde à vue est appelé : un policier se lève, les bancs bruissent d’indignation et le public s’agite soudainement.
*Un rapport de la Cour des comptes publié en mars évalue à 1,5 milliard d’euros le montant du manque à gagner lié à la fraude aux immatriculations.

 

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10.05.2026

Un triple homicide et un suicide dans un village du Vexin. Un policier est soupçonné d’avoir tué son ex-compagne et leurs deux enfants, à Villers-en-Arthies (Val d’Oise) avant de retourner l’arme contre lui, a appris l’AFP dimanche 10 mai auprès du parquet de Pontoise, confirmant une information du Parisien.

(…)

Arrivés sur place, les gendarmes ont remarqué la présence du véhicule de la compagne devant le domicile, dont la porte était verrouillée et les volets baissés. Un impact de balle était également visible. Une fois entrés à l’intérieur, les gendarmes ont trouvé les corps sans vie de la femme, de l’ex-conjoint et de leurs deux enfants, âgés de 9 et 13 ans. Une arme de poing a également été découverte au domicile du fonctionnaire.
Le suspect, un policier qui aurait conservé son arme de service
Une enquête en flagrance des chefs de meurtres précédés ou suivi de meurtres a été ouverte après la découverte des quatre corps, a précisé le parquet. Elle a été confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles. Selon les premiers éléments, l’homme, un policier municipal des Hauts-de-Seine âgé d’une quarantaine d’années, est suspecté d’être l’auteur des coups de feu mortels avant de se donner la mort. Il aurait conservé son arme de service, avancent également les enquêteurs.

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09.05.2026

Une agression policière qui visait à arracher une effigie de Macron en papier mâché à Saint-Nazaire : un crime de lèse-majesté insupportable.
Scène aussi surréaliste que révoltante à Saint-Nazaire, le 8 mai. Alors que des centaines de personnes commençaient à se rassembler dans le centre-ville pour manifester contre la guerre et le projet de porte-avions, et que des syndicalistes faisaient un discours, une violente charge policière a eu lieu. Pluie de coups de matraques, manifestante trainée au sol, grenade lacrymogène lancée dans la foule. Brutalement, le rassemblement familial a été transformé en scène de guerre par les forces de l’ordre.
Cette agression visait à arracher une effigie de Macron en papier mâché. Une œuvre réalisée par le comité de Guerre à la guerre venu de Caen. La création n’avait rien à envier aux meilleurs carnavals : une caricature présidentielle portant des cornes en forme de missiles et vomissant un flot de petits soldats. Cette marionnette devait parader à l’avant du cortège sous forme de créature hybride : un dragon présidentiel avec une traine en tissu.
Un manifestant du comité de Caen nous raconte : «On a vu se positionner la CRS 8 à l’arrière de la manif, direct, on s’est dit que c’était pour nous, on a voulu tracer devant avec la tête et le corps du dragon. […] Ni une ni deux, la tête a été tirée en arrière et là, ce fut le drame, tête déjà explosée dans les pattes des CRS, tandis que notre valeureuse amie était par terre à essayer de retenir le tissu de toutes ses forces».
Il ajoute que «quelques uns d’entre nous ont pris des coups», alors que les policiers ont manifesté un plaisir sadique : «Certains CRS aux casques noirs avaient le sourire en nous tapant et agitant leurs matraques. Ils venaient de partout».
La foule a tenté de se masser pour protéger les camarades et récupérer l’effigie, mais il était trop tard face à la violence brute et rapide.
La presse locale parle d’une intervention pour «saisir» – notez le sens de l’euphémisme venant de gens qui dramatisent le moindre tag en manifestation – «deux fusées potentiellement fumigènes». Un autre article évoque même des fusées sur la tête «dont on ignore si elles étaient factices». Les journalistes ont pourtant bien vu que les seuls individus armés sur cette place portaient un uniforme. «On trouve ça vraiment bidon, ça sentait plutôt le crime de lèse-majesté» répond le manifestant. «On n’arrive plus à défiler avec des caricatures, où est l’esprit Charlie ? Ça donne envie d’embraser un flic».
En effet, il ne s’agissait aucunement d’un motif «sécuritaire» mais bien d’empêcher toute moquerie à l’égard du président. Et ce type de répression est récurrent. En 2019 à Nantes, deux personnes étaient condamnées pour avoir jugé symboliquement et pendu, lors d’une manifestation, une marionnette en papier et en chiffon avec la tête de Macron. Ils avaient subi des arrestations brutales, garde à vue et poursuites pour cette simple scène de carnaval.
En 2020, pendant le confinement, plusieurs personnes ayant eu l’insolence de déployer des pancartes ou des banderoles avec le mot «macronavirus» avaient été poursuivies et parfois placées en garde à vue. Depuis 2017 les plaintes pour des outrage au président de la République se sont multipliées, alors qu’elles avaient quasiment disparu durant les décennies passées.
Lors des manifestations contre la réforme des retraites, la police avait multiplié les arrestations pour des crimes de lèse-majesté : un homme de 77 ans pour une banderole “Macron, on t’emmerde”, une femme pour l’avoir traité “d’ordure” sur sa page Facebook. À Grenoble, une enquête avait été ouverte pour un mannequin avec le visage de Macron incendiée.
Cette explosion de la répression contre celles et ceux qui moquent la figure du monarque pourrait bien se retourner contre lui : pourquoi pas multiplier les grosses têtes de Macron lors des manifestations ? C’est en tout cas ce que répondent les militant·es de Caen : «Ce dragon était comme les cabanes à la ZAD, à chacune détruite, à chacune reconstruite».

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07.05.2026

Abdallah, un jeune homme de 24 ans, est décédé ce lundi sur l’A86 alors qu’il fuyait la police pour avoir fumé un joint. Un drame de plus, produit du harcèlement policier quotidien contre les quartiers populaires et la consommation de cannabis.
Ce lundi 4 mai, Abdallah, un jeune homme de 24 ans, est décédé après avoir été renversé sur l’A86 alors qu’il tentait de fuir la police. La situation faisait suite à un contrôle, alors qu’il fumait un joint dans une voiture stationnée sur le parking d’un McDonald’s avec des amis. Par peur d’écoper d’une amende ou d’un contrôle policier violent, Abdallah a voulu traverser une autoroute en plein après-midi, où il a été mortellement percuté par une voiture.
Le drame a connu un certain écho sur les réseaux sociaux, notamment du fait des réactions de l’extrême-droite. Avec Jean Messiah en tête, cette dernière s’est empressée de faire circuler massivement la vidéo de l’accident, suscitant des milliers de commentaires goguenards, se félicitant de la mort du jeune homme, et appelant à « obéir à la police ».
Des discours ignobles face à un drame qui témoigne, au contraire, de la terreur suscité par la police, des conséquences de son harcèlement raciste permanent, et de la criminalisation de la simple consommation de cannabis. Ces dernières années, de telles situations dramatiques se sont multipliées, notamment dans le cadre de course-poursuite, à la suite du durcissement sécuritaire opéré par la macronie.
En particulier, la criminalisation de la consommation de cannabis a connu un tournant en 2020 avec la généralisation par Darmanin d’amendes forfaitaires de 200 euros pour usage de stupéfiants. Avec son projet de loi RIPOST, Laurent Nuñez compte encore accélérer cette dynamique en faisant passer cette sanction financière de 200 à 500 euros, en plus des différentes attaques déployées dans ce projet de loi.
Loin d’être une solution à un enjeu de santé publique, la prohibition et la répression en matière de consommation de drogue ont toujours été des outils de contrôle social et de criminalisation des habitants des quartiers populaires, tout en aggravant la précarité qui alimente les réseaux de trafic. Pour s’attaquer à ce harcèlement policier, il faut revendiquer la légalisation du cannabis, dont la vente doit être assurée par un monopole public sous contrôle des travailleurs et de la population, et adossé à un financement massif des services publics, à commencer par ceux de la santé et de l’éducation, au service de la prévention.
Dans le même temps, contre le harcèlement policier, il faut exiger la suppression des corps spéciaux (BAC, CSI, etc.) ainsi que l’abrogation de toutes les lois sécuritaires et racistes.

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07.05.2026

La famille d’un détenu retrouvé mort par suicide le 11 avril à la maison d’arrêt de Béthune a déposé plainte, dénonçant ses conditions de détention, a appris l’AFP, ce jeudi, auprès du parquet et de la famille. La plainte vise des faits de « conditions de détention indignes » et « manquements graves à la sécurité ». Le détenu de 31 ans était mis en examen pour tentative de meurtre.
Selon le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, le détenu était incarcéré dans une cellule présentant de « graves dysfonctionnements sanitaires », rendant « les conditions d’hygiène inacceptables », selon cette plainte. La famille dénonce aussi une cellule « sur-occupée » et un défaut de surveillance. Selon l’avocat de la famille, Me Charly Salkazanov, « plusieurs choses interrogent » dans cette affaire.
Des travaux à effectuer
« Les conditions de détention ont eu un impact sur son état physique et mental. C’est une victime collatérale de la surpopulation carcérale », a-t-il estimé. Par ailleurs, « les faits se seraient passés au quartier disciplinaire où les conditions de détention sont les pires, une sorte d’angle mort de la détention », a-t-il ajouté. Selon Étienne Thieffry, le détenu était seul dans une cellule du quartier disciplinaire au moment de sa mort, et l’autopsie « n’a pas mis en évidence » l’intervention d’un tiers.
Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte après son décès. Cette affaire intervient alors que le tribunal administratif de Lille, saisi par l’Observatoire international des prisons (OIP), a enjoint en avril à l’État d’effectuer des travaux en urgence dans cette maison d’arrêt vétuste et particulièrement touchée par le phénomène de surpopulation carcérale. Le juge des référés a notamment enjoint au ministère de la Justice d’effectuer des travaux permettant une « séparation effective » entre les sanitaires, non cloisonnés actuellement, et le reste des cellules, de nettoyer « de la moisissure sur les murs et plafonds », d’équiper des cellules en « mobilier de rangement » ou encore de réparer des fuites d’eau. Alors que sa capacité d’accueil théorique est de 177 places, la prison de Béthune affiche régulièrement un taux d’occupation de plus de 200 %.

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07.05.2026

Contrairement à ce qu’avait demandé la famille de Mohamed Gabsi, un homme de 33 ans décédé en avril 2020 après une arrestation par la police municipale de Béziers, un seul policier sera renvoyé devant le tribunal correctionnel et non devant une juridiction criminelle, selon une décision de la cour d’appel de Montpellier, ce jeudi 7 mai.
Une première bataille judiciaire a été remportée par la défense des policiers dans l’affaire Mohamed Gabsi, ce Biterrois de 33 ans décédé après avoir été interpellé par la police municipale en pleine période du Covid, le 8 avril 2020. Alors que sa famille avait saisi la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier pour demander un procès criminel contre trois policiers, un seul d’entre-eux a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Béziers, selon la décision des magistrats donnée ce jeudi 7 mai.

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07.05.2026

Lundi 13 avril 2026, au tribunal de La Roche-sur-Yon, un gendarme de 45 ans a comparu pour plusieurs délits commis entre août 2025 et mars 2026 dans cette même ville. Il lui était reproché des faits de harcèlement sur son ex-compagne, deux cambriolages, des dégradations et la collecte frauduleuse de données à caractère personnel.
Le prévenu avait accédé au « TAJ » (Traitement des antécédents judiciaires), une base de données contenant des informations sur les auteurs d’infractions et leurs victimes. Cette consultation lui était possible en raison de sa fonction au sein de la gendarmerie.
Les faits de harcèlement remontent à août 2025, lorsque sa compagne a mis fin à une relation de trois ans. L’accusé a alors multiplié les messages et appels téléphoniques, y compris en pleine nuit, contraignant la victime à le bloquer. Il lui a également écrit une lettre de quinze pages. Ces agissements ont conduit à son jugement pour harcèlement moral.
Cambriolages contestés
Le gendarme était également accusé de deux cambriolages, survenus entre le 26 et le 28 décembre 2025, puis entre le 13 et le 15 février 2026. Lors du second vol, des bijoux avaient été dérobés et des dégâts des eaux importants causés par des robinets laissés ouverts avec des éviers et une baignoire obstrués. L’accusé a nié toute implication, affirmant : « Aucune investigation ne prouve que j’étais dans cette maison. »
Lors de l’audience, la procureure de la République avait souligné la « gravité des faits » et requis une peine de douze mois de prison avec sursis probatoire d’une durée de trois ans. Elle avait également demandé une obligation de soins, une obligation d’indemniser la victime, une interdiction de contact, une interdiction de paraître au domicile de la victime et une interdiction de port d’arme pendant cinq ans.

(…)

Elle a également rappelé que son client, après plus de vingt ans de service dans la gendarmerie, était bien noté par sa hiérarchie.
Le jugement, mis en délibéré, a été rendu lundi 4 mai 2026. Le tribunal a relaxé le gendarme des accusations de cambriolage, mais l’a condamné à six mois de prison avec sursis pour la consultation illégale du TAJ et pour harcèlement.

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07.05.2026

La condamnation de Julien Le Guet à six mois de prison ferme sous bracelet avec exécution provisoire, pour sa participation aux mobilisations de Sainte-Soline, marque une nouvelle étape dans la criminalisation du mouvement écologiste.
Depuis plusieurs années, l’État français durcit méthodiquement sa répression contre toutes les formes de contestation sociale. Syndicalistes, militants antiracistes, gilets jaunes, étudiants mobilisés contre la guerre ou contre les réformes antisociales : tous ont subi la violence policière, les gardes à vue massives et les poursuites judiciaires. Ce mercredi 6 mai, la criminalisation du mouvement écologiste a franchi un nouveau cap. La cour d’appel de Poitiers a condamné Julien Le Guet à six mois de prison ferme sous bracelet électronique avec exécution provisoire pour sa participation à des mobilisations contre les méga-bassines en 2022, notamment à Sainte-Soline. Le militant est également interdit de paraître à Sainte-Soline et Mauzé-sur-le-Mignon pendant trois ans.
Parmi les faits retenus contre lui figure notamment… le vol d’une pelle lors d’une action baptisée « Grillade Party » le 2 octobre 2022, ou encore d’avoir fait tomber 123 grilles. Des accusations dérisoires, absurdes, mais qui suffisent désormais à condamner à du ferme une figure du mouvement écologiste. De fait, cette décision s’inscrit dans une stratégie politique assumée : faire payer cher à celles et ceux qui osent s’opposer aux intérêts de l’agrobusiness, aux multinationales de l’eau et à l’accaparement des ressources naturelles par une minorité de grands exploitants.
Depuis les gigantesques mobilisations contre les mégabassines à Sainte-Soline, le gouvernement cherche à écraser un mouvement qui a réussi à articuler critique écologique, dénonciation du capitalisme agricole et mobilisation de masse. Le pouvoir n’a jamais pardonné au mouvement des bassines d’avoir mis en lumière ce que sont réellement ces projets : des infrastructures financées par l’argent public permettant à une poignée d’exploitations intensives de monopoliser l’eau, au détriment des écosystèmes et des populations locales. Face à cette contestation, l’État a répondu par les blindés, les grenades, et désormais la prison.
Il faut mesurer ce que signifie l’exécution provisoire dans cette affaire. En envoyant immédiatement un militant écologiste en prison, avant même l’épuisement des voies de recours, la justice adresse un message de fermeté. L’inverse de son attitude lorsqu’il s’agit de faire payer aux grands exploitants agricoles protégés par les syndicats agricoles comme la FNSEA, la destruction du vivant et l’empoisonnement de la population. Une volonté claire d’intimider tout un mouvement par des peines exemplaires.
Cette évolution s’inscrit dans un tournant autoritaire plus large du régime. Alors que la crise climatique s’aggrave sous les effets du système capitaliste et des politiques qui le soutiennent, détruisant toujours davantage les écosystèmes et les conditions de vie, les mouvements écologistes sont désormais traités comme des adversaires politiques de premier plan. Le pouvoir le sait : derrière la lutte contre les mégabassines se pose une question explosive, celle du contrôle des ressources, de l’agriculture et plus largement de l’organisation de la société. Qui décide de l’usage de l’eau ? Les multinationales et les grands propriétaires, ou la population ?
En criminalisant Julien Le Guet, le gouvernement cherche donc à décapiter une contestation qui dépasse largement la seule question environnementale. Car le mouvement écologiste radical remet en cause les profits, l’agriculture industrielle et l’ordre social lui-même. Voilà pourquoi Darmanin et l’appareil d’État ont multiplié ces dernières années les dissolutions, les campagnes médiatiques hystériques et les poursuites judiciaires contre les organisations écologistes. Comme l’affirme Julien Le Guet à la sortie de la cour d’appel, « je me bats pour l’intérêt général, je me bats pour l’eau, pour la vie et la biodiversité. On me prête des pouvoirs et des attitudes qui ne sont pas les miennes. En soi, ce qu’on me reproche, c’est d’être porte-parole d’un mouvement qui agit pour le bien commun ».
Dans ce contexte, l’acharnement judiciaire contre Julien Le Guet est loin d’être terminé. Le 21 mai prochain, il sera jugé à Paris pour diffamation envers l’ancienne préfète des Deux-Sèvres, Emmanuel Dubée, après l’avoir qualifié d’« assassin » à la suite de la manifestation de Sainte-Soline du 25 mars 2023. Cette manifestation avait fait près de 200 blessés, dont une quarantaine grièvement touchés, principalement par des éclats de grenades de désencerclement et des tirs de lanceur de balles de défense. Deux manifestants avaient plongé dans le coma, dont Serge. Le 27 mai, le porte-parole de Bassines Non Merci participera également au procès concernant l’organisation de la deuxième manifestation de Sainte-Soline. Enfin, le 29 juin, Julien Le Guet comparaîtra à nouveau dans l’affaire du tag : « Pour Serge et les 200 blessés de Sainte-Soline : Dubée, Vestieu et Darmanin en prison », pour laquelle il avait été relaxé il y a quelques mois.
Mais cette condamnation peut aussi produire l’effet inverse de celui recherché. Car de plus en plus de militants, de travailleurs, de jeunes prennent conscience que la défense de l’environnement se heurte frontalement aux intérêts du capitalisme. « Ce jugement confirme cette volonté de m’entraver dans ma liberté pour me réduire au silence, de faire de moi le bouc émissaire d’un mouvement qui ratisse large et grand. Mais je ne vais pas me laisser abattre », promet dans ce sens le porte-parole de BNM. Face à cette offensive, la solidarité est indispensable. Le mouvement ouvrier, les syndicats combatifs, les organisations de jeunesse et les collectifs écologistes ont tout intérêt à construire une riposte commune contre la criminalisation des luttes. Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse le cas de Julien Le Guet : c’est le droit même de s’organiser et de lutter contre la destruction écologique qui est attaqué.
La répression ne fera pas disparaître la colère. Elle montre au contraire que ceux qui gouvernent craignent l’émergence d’un mouvement capable de contester à la fois la catastrophe écologique et le système qui la produit.

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06.05.2026

Plusieurs femmes dénoncent des palpations « abusives » qui se seraient déroulées avant la rencontre entre les Girondins de Bordeaux et l’ACB, ce samedi 2 mai au stade Jean Dauger.

(…)

« Elle m’a levé le t-shirt devant tout le monde ». Dans la tête de Laura*, le traumatisme est encore présent. Ce samedi 2 mai, alors qu’elle se rendait au stade Jean Dauger, à Bayonne pour soutenir les Girondins de Bordeaux lors de la 28e journée de National 2, cette supportrice de 19 ans va subir des fouilles « abusives » comme le qualifie le club de supporters, les Ultramarines qui rapportent plusieurs signalements similaires.
Au total, une vingtaine de témoignages serait parvenue à l’association Her Game Too, une association qui lutte contre le sexisme dans le football. Le préfet assure de son côté que les palpations ont été réalisées « dans les règles » et en adéquation avec le risque de débordements. Certaines supportrices envisagent de déposer plainte.
« Elle m’a déboutonné le pantalon »
Supportrice depuis plusieurs années, Laura est habituée aux fouilles à l’entrée des stades. « La première fouille avec la sécurité privée s’est d’ailleurs très bien passée, souligne-t-elle. Mais quand je me suis approchée de la policière,elle m’a levé mon t-shirt jusqu’au cou. Je n’avais qu’un soutien-gorge dessous donc on a vu ma poitrine. »
Selon la jeune femme, elle va également subir des « palpations très appuyées sur les parties intimes ». « Elle m’a débouté le pantalon alors qu’elle venait de faire le tour de ma taille avec ses pouces », souffle Laura, encore en état de choc. Des gestes déplacées que vont également subir Andréa et sa fille. « Quand on s’est assises dans les tribunes, ma fille s’est mise a pleuré en disant qu’elle était choquée de ce qu’il venait de lui arriver », explique-t-elle.
Normalement, la palpation est faite avec la tranche de la main. Là, c’était fait à pleine main et sur une durée prolongée.
Maëva Lagarde,Ambassadrice de l’association HGT
Si les deux femmes confient n’avoir pas pu réagir sur le moment, ce n’est pas le cas de Marie. La supportrice de 20 ans indique à la policière que ses gestes sont déplacés lorsque cette dernière glisse sa main dans son jean, »jusqu’à la culotte ». « Je lui ai dit que la dernière fois que j’ai subi des palpations pareilles, c’était à Pau. Elle m’a souri et m’a répondu que c’était normal puisqu’il s’agissait aussi d’elle », relate, stupéfaite, Marie.
Fervente soutien des Girondins depuis trente ans, Andrea confie n’avoir jamais vécu de fouilles aussi intrusives. « La seule fois où plusieurs personnes ont vécu des palpations similaires, c’était à Pau et c’était la même brigade de policiers, fulmine-t-elle. Il faut que ça cesse. » Les trois supportrices devraient porter plainte la semaine prochaine. « Même si ça fait peur parce qu’il s’agit d’une policière, reconnaît Andréa. C’est pour ça qu’il faut qu’on se regroupe pour réunir le plus de victimes possibles. « 
Une vingtaine de signalements
Maëva Lagarde, ambassadrice de Her Game Too (HGT) pour le Football Club des Girondins de Bordeaux était aussi au stade Jean Dauger à Bayonne, ce 2 mai. Elle a assisté à la rencontre entre son club et l’Aviron Bayonnais Football Club. Comme avant chaque rencontre, au moment de rentrer dans le stade, elle a été contrôlée.
Une première fois par le service de sécurité privée, où « tout se passe bien », puis une deuxième fois par une policière. « Et là, j’ai remarqué que la palpation était plus poussée au niveau de la poitrine. Elle s’est faite dans mon soutien-gorge », décrit la supportrice. Et là, je remarque autour de moi des personnes en pleurs »
Samedi, plusieurs supportrices nous ont signalé des fouilles abusives réalisées par la sécurité privée de l’@abfc_officiel ainsi que par les forces de l’ordre. En question des palpations exagérées jusqu’au parties intimes.
— Ultramarines Bordeaux 1987 (@ub87officiel) May 5, 2026
Ces actes humiliants et dégradants sont inadmissibles⬇️
Lors du match, la supportrice se rapproche immédiatement du référent des supporters de la Fédération Française de Football et lui explique la fouille à laquelle elle a été soumise. « Il me confirme qu’elle a été trop poussée », explique l’ambassadrice de HGT.
L’association Her Game Too rassemble des femmes passionnées par le football et vise à lutter contre le sexisme dans le monde du ballon rond. Elle a été fondée il y a 5 ans au Royaume Uni et une antenne existe en France depuis 2021. Elle bénéficie du soutien de la Ligue de Football Professionnel et de la Fédération Française de Football. C’est la raison pour laquelle Maëva Lagarde a immédiatement rapporté les faits à un représentant de la FFF sur place.
Cela concerne des femmes adultes, mais aussi deux hommes aussi, et deux femmes mineures.
Maëva Lagarde,Ambassadrice HGT
Elle a également invité les autres victimes présumées de ces « palpations abusives » à se rendre sur le site internet de son association pour y remplir un formulaire de signalement. « On en a reçu une vingtaine depuis samedi », explique-t-elle.

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Cette affaire de « fouilles abusives » a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Sur son compte X, le club de supporters Ultramarines a relayé ces signalements.

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L’association Her Game Too a invité toutes les victimes ayant fait un signalement à déposer plainte. « On ne peut pas le faire à leur place, explique Maëva Lagarde. On va faire une action commune mais on ne sait pas encore sous quelle forme ».

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Maëva Lagarde, elle, n’a pas encore déposé plainte. « J’y réfléchis dit-elle, psychologiquement il faut réussir à passer le cap ».

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06.05.2026

Une enquête avait révélé que l’agent possédait des parts dans une société exploitant un pressing à proximité du commissariat de Voiron, laquelle employait un individu non déclaré et non officiellement rémunéré. Le mis en cause a reconnu les faits et a usé de la procédure dite du « plaider coupable ».
Un policier condamné pour travail dissimulé ? C’est ce que révèle le parquet de Grenoble, via un communiqué du mercredi 6 mai 2026. L’affaire concerne un « fonctionnaire de police, officier de police judiciaire », exerçant au sein du commissariat de Voiron et possédant des parts dans une société exploitant un pressing, situé à proximité du commissariat.

(…)

Mais le problème est ailleurs, indique le parquet de Grenoble : « Depuis le début de l’année 2025, l’enquête a objectivé que ce pressing fonctionne grâce au travail d’une connaissance de ce fonctionnaire de police sans être déclarée ni officiellement rémunérée ».
Le policier en question a été placé en garde à vue le 23 avril 2026, un temps au cours duquel il a reconnu les faits.

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06.05.2026

Y’a un os • Un notaire à la retraite a été conduit au commissariat pour avoir promené son chihuahua sans laisse près du Champ de Mars. Il a déposé plainte pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire » et « mise en danger d’autrui »J.D.
Un homme a été interpellé et amené dans un commissariat de police pour avoir promené l’un de ses deux chiens, un chihuahua, sans laisse, évoque Le Parisien. Selon le quotidien, cet ancien notaire à la retraite promenait ses deux animaux à proximité du Champ de mars lorsque plusieurs policiers nationaux lui ont demandé d’attacher son animal, comme l’exigent les arrêtés municipaux en vigueur dans la capitale.
Le propriétaire a alors expliqué que ce n’était pas possible « au regard de son bien-être », le chien faisant, selon le maître « un blocage ». Le ton serait alors monté. Devant le refus du sexagénaire de décliner son identité, les policiers municipaux ont alors fait appel à leurs collègues de la police nationale.
Les fonctionnaires ont embarqué chiens et propriétaire, sirène hurlante, jusqu’au commissariat. A l’issue de son audition dans les locaux de la police, l’ancien notaire explique avoir refusé de signer le procès-verbal et avoir déposé plainte contre les policiers pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire », et « mise en danger d’autrui ».

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05.05.2026

Au moment de la conception de la prison de Riom, la population carcérale dans le département était de près de 400 détenus. Les plus optimistes étaient sans doute rassurés de penser qu’avec ses 566 places, cette prison flambant neuve avait les capacités de répondre à l’avenir. Las ! La réalité, une fois encore, s’est chargée de faire voler en éclats ces illusions.
À l’instar de ce qui est constaté au niveau national, le nombre des détenus à Riom a très rapidement augmenté. Et le centre pénitentiaire de Riom a dû prendre des dispositions pour y répondre. Les premières demandes de lits supplémentaires ont été faites dès 2017. Rebelote en 2022, où une soixantaine de lits sont encore ajoutés.
Les années 2023-2024 ont été celles d’une augmentation très importante des effectifs de détenus au sein des deux maisons d’arrêt (de 164 places théoriques chacune). Le maximum a été atteint en mai 2025, avec plus de 760 personnes incarcérées à Riom. Le reste de l’année a heureusement été plus calme. Depuis le début de 2026, le nombre de prisonniers repart fortement à la hausse pour flirter une fois encore avec les niveaux records.

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04.05.2026

Nouvelle affaire aux airs de tremblement de terre au commissariat d’Angoulême. Lundi 27 avril, une jeune policière adjointe, Marie Gallois, a été interpellée par les fonctionnaires de l’IGPN (l’inspection générale de la police nationale), placée en garde à vue, mise en examen, puis incarcérée. Depuis mercredi, elle dort dans une prison de la région Nouvelle-Aquitaine.

(…)

Le procureur d’Angoulême Benoit Bernard confirme ce lundi que cette jeune femme a été mise en examen pour « détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel, en l’espèce le système d’immatriculation des véhicules, et pour corruption passive par acceptation d’avantages par une personne dépositaire de l’autorité publique ».
Concrètement, les enquêteurs la soupçonnent d’avoir vendu des informations sur des affaires en cours à des mis en cause, ainsi que d’avoir monnayé des levées d’immobilisation. Ces levées concernent notamment des véhicules ou des cartes grises dans le cadre de délits routiers ou d’infractions, comme des défauts de contrôle technique ou d’assurance. Moyennant finances, la jeune femme aurait arrangé les dossiers pour des clients encombrants.

(…)

Cette nouvelle affaire a porté un coup de massue à la plupart des fonctionnaires du commissariat d’Angoulême. Trois ans après l’affaire Alhoussein Camara. À peine quelques mois après celle de Rodolphe Akyol, ce fonctionnaire accusé d’avoir tenté d’enlever plusieurs jeunes femmes, et d’en avoir enlevé et violé une autre.
Et alors même qu’un autre fonctionnaire devait comparaître mardi dernier devant le tribunal correctionnel d’Angoulême pour des faits de harcèlement sexuel visant plusieurs victimes venues porter plainte… au commissariat.
Par ailleurs, une ex-gendarme de la brigade de Hiersac est mise en examen pour abus de faiblesse, soupçonnée d’avoir pillé la fortune d’un retraité. Quatre anciens surveillants de la prison d’Angoulême sont aussi mis en examen pour corruption.

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La Cour des comptes a, de son côté, pointé des failles persistantes : contrôle interne perfectible, traçabilité des accès aux fichiers encore incomplète, supervision inégale selon les services.

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04.05.2026

« C’est un procès bâillon » dénoncent les collectifs de soutien devant le tribunal correctionnel de Lyon. Ce lundi 4 mai, quatre militants de l’association Résistance à l’Agression Publicitaire comparaissaient devant le tribunal pour avoir remplacé des panneaux publicitaires par des affiches politiques antipublicité et de soutien à la Palestine, lors d’une action militante le 27 septembre dernier. Arrêtés par les forces de l’ordre, ils avaient été placés en garde à vue pendant 42 heures.
Les quatre militants, au casier judiciaire vierge, sont poursuivis pour dégradation en réunion et risque 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende. À l’issue de l’audience, la procureure a requis à leur encontre trois mois de prison avec sursis.
Une peine disproportionnée pour leur avocat qui dénonce une criminalisation du militantisme. « C’est stratosphérique, ça n’a aucun sens ! Ce sont des militants politiques qui se sont retrouvés convoqués devant le tribunal alors qu’ils n’ont aucune infraction à se reprocher. Cela n’a aucun sens de mettre le mot prison sur une action comme celle-ci, et c’est absolument scandaleux.

(…)

« Des citoyens qui se mobilisent sont légitimes à le faire en démocratie »
Même son de cloche du côté de David Cormand, député européen Europe Ecologie qui a apporté son témoignage lors de l’audience : « On a tendance à penser que la publicité est un outil commercial assez neutre. Or, elle occupe l’espace public et notre cerveau. J’ai pu apporter mon expertise pour expliquer en quoi la publicité peut porter atteinte à l’intérêt général, donc que les citoyens qui se mobilisent sur cette question sont légitimes à le faire dans une démocratie ».
JC Decaux et Cytis Media, propriétaires des panneaux publicitaires, demandent 460 euros pour les frais de nettoyage. Le délibéré sera rendu le 15 juin prochain.

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04.05.2026

Mi-avril, des policiers débarquent dans les logements de plusieurs familles roms à Stains. L’un d’eux a tué le chien de Tatiana, un bichon maltais de trois ans, qui l’aurait mordu. D’autres habitants les accusent de plusieurs actes brutaux.
« C’était mon bébé », répète Tatiana, 47 ans. Dans un café de Stains, en Seine-Saint-Denis, la surveillante scolaire d’origine rom, arrivée en France en 2002, fait défiler sur son téléphone les photos de sa chienne « Pamela », un bichon maltais de trois ans qu’elle a recueillie à la naissance.

(…)

Sur la dernière image de son répertoire, la petite chienne à poil frisé blanc, à peine plus grosse qu’un chat, gît sur le dos à côté d’une large mare de sang, abattue d’une balle dans la tête par un fonctionnaire de police. Une enquête judiciaire a été ouverte, le policier est présumé innocent.
Le parquet a ouvert une enquête pour « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort ».

(…)

Le dimanche 19 avril, il est un peu plus de 19 heures quand une demi-douzaine d’agents de la brigade anti-criminalité (Bac) de Stains, des brassards fluo « police » aux bras, forcent le portail et pénètrent dans le bidonville de Roms installé dans les jardins ouvriers, à la recherche de deux jeunes hommes à interpeller dans le cadre d’une enquête pour « recel de vol » de câbles de cuivre. Tatiana, qui n’y habite plus depuis un an mais passe tous les week-ends pour apporter des provisions et aider aux démarches administratives, revient tout juste des courses. L’ambiance festive du dimanche soir, habituellement dévolu à un repas partagé entre les différentes familles du bidonville, qui incluent plusieurs enfants en bas âge , tourne immédiatement au chaos.
« Dès qu’ils sont rentrés, ils couraient. On a crié, on ne savait pas ce qui se passait, ils couraient vers les gens, les pourchassaient », raconte Geanina, une habitante du bidonville de 36 ans, agent de nettoyage au chômage, dans une alternance de français et de romani qu’Anina Ciuciu, l’avocate de Tatiana – également cofondatrice du collectif Romani et Voyageurs ZOR (1) – aide à traduire. Enceinte de sept mois, Geanina témoigne avoir été notamment poussée par les policiers , ainsi qu’une « autre dame qui est cardiaque, qui a fait un malaise ».

(…)

Une balle dans la tête de sa chienne
Selon Geanina, à ce moment-là, l’un des agents court en tenant son arme de service dans la main, « un pistolet » affirme-t-elle catégoriquement. Lorsque Nicolae, le mari de Tatiana âgé de 52 ans, sort « voir ce qui se passe » après avoir été interpellé par les cris, il voit le même policier « défoncer son portail à coups de pied ». À côté du quinquagénaire, Pamela, une des trois chiens du couple, s’échappe. Le policier fait feu , Nicolae dit n’avoir rien pu faire :
« Elle est morte tout de suite, la balle lui a transpercé le crâne. »

(…)

Le parquet a ouvert une enquête pour « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort », confiée au commissariat de Saint-Denis (93).

(…)

Nicolae, lui, soutient que le chien était à « environ 1m50 de distance » du fonctionnaire lorsque ce dernier a tiré. « Je vous informe que si l’agent de police prouve qu’il a été mordu par mon chien, je retirerais ma plainte », déclare de son côté Tatiana sur le procès-verbal en gage de bonne foi, assurant auprès de StreetPress que sa chienne « n’est pas agressive » :

(…)

La race du bichon maltais ne fait pas partie des catégories des chiens susceptibles d’être dangereux selon la réglementation , qui inclut les chiens dits d’attaque, de garde et de défense. Dans sa nomenclature, la fédération cynologique internationale décrit son comportement normal comme « vif, affectueux, très docile et très intelligent » .
Une fiche interne de « maîtrise des risques » de l’inspection générale de la police nationale ( IGPN ) concernant l’intervention face à des chiens agressifs, consultée par StreetPress, fait bien reposer la responsabilité de la sécurité de l’intervention sur les agents, à qui il est notamment recommandé « d’adopter une attitude la plus calme possible et éviter les gestes brusques » quitte à « différer l’intervention » si « l’environnement n’est pas favorable ».

(…)

Le coup de feu résonne dans tout le bidonville. « On a cru que quelqu’un de la famille était mort », se souvient Geanina. Nicolae soutient qu’il s’est alors « mis devant » ses deux autres chiens et demandé au policier, en romani, pourquoi il avait tiré. Là, le fonctionnaire l’aurait « mis en joue », l’arme pointée vers sa tête, et aurait « compté jusqu’à trois » . Arrivant tout juste sur la scène, Tatiana indique qu’elle se serait interposée à son tour entre le policier et son mari jusqu’à ce que le premier ne baisse son arme, avant qu’elle ne fasse un malaise . Le récit du couple, répété dans leur plainte enregistrée au nom de Tatiana au commissariat de Stains le lendemain des faits et consultée par StreetPress, est confirmé par Geanina. À ce stade, l’enquête ne vise pas le chef de menaces avec arme.
Tatiana et Geanina affirment par ailleurs que les femmes et enfants du bidonville auraient ensuite été retenus pendant près d’une heure par les policiers, alors que les deux jeunes recherchés par la police auraient déjà été interpellés. Nicolae, lui, aurait été repoussé en dehors du bidonville. Durant tout ce temps, les agents qui se relayent leur auraient interdit d’aller boire de l’eau, d’utiliser leurs téléphones ou d’appeler les secours pour Tatiana, indiquent-elles, à l’exception d’un seul agent qui « voulait appeler les pompiers, mais les autres ne l’ont pas laissé », se souvient Geanina.

(…)

« Moi, je pleurais sur mon chien et eux riaient de moi. »
Pour son avocate, maître Ciuciu, « les règles de déontologie et de sécurité ont été manifestement violées par cet agent qui courait l’arme au poing dans un espace occupé par de nombreux enfants et femmes ». Elle dénonce la « brutalité » qui n’était « en aucun cas justifiée ni proportionnée » face à son client « non armé, non violent, obéissant à ses instructions et qui pour le surplus n’était pas concerné par cette interpellation » . Selon elle, « les agents de police se sont permis d’agir avec une telle violence parce que les victimes sont d’origine rom en situation d’extrême précarité ». En parallèle de l’enquête judiciaire, elle indique avoir fait un signalement administratif à l’ IGPN afin de « sonner un signal d’alarme face à ces abus anti-tsiganes systématiques ».

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03.05.2026

Chaque année, les néonazis du Comité du 9 mai défilent à Paris. Chaque année, la préfecture de police produit un dossier trop creux pour convaincre le juge des référés d’interdire la parade. Dans sa grande bonté, Au Poste a décidé d’effectuer son travail, et de documenter ce que le tribunal administratif de Paris n’a ni su ni pu juger avec la rigueur que la situation commande.
Pour rappel, la marche du Comité du 9 mai est un rassemblement annuel d’extrême droite radicale organisé à Paris depuis 1994. Longtemps confidentielle, cette mobilisation a connu un regain de visibilité depuis la fin des années 2010 : participation en hausse, dimension internationale assumée, plusieurs centaines de participants issus des mouvances néofascistes et néonazies de toute l’Europe. Une niche, devenue rendez-vous. Un rituel, devenu vitrine, prétexte à l’hommage à Sébastien Deyzieu, mort en 1994 lors d’une manifestation interdite alors qu’il tentait d’échapper à la police.
Chaque année, c’est le même cri de ralliement: « Sébastien, présent ! ». Inspirée des rituels bellicistes des fascistes Mussoliniens, cette pratique consiste à scander le nom d’un camarade tombé au combat. L’hommage prend la forme d’une marche organisée et codifiée. Apogée néonazie vue à la télé, sur les chaînes en continu.
Face au juge des référés, l’incompétence policière
A plusieurs reprises, la préfecture de police de Paris a tenté (mollement, on va le voir) d’interdire la manifestation du Comité du 9 mai. Ses arrêtés ont tous échoué au pied du tribunal administratif de Paris. L’année dernière, on assistait même à un festival des services de police peinant à énumérer et à caractériser précisément les faits reprochés. Que ce soit par oubli, par manque de rigueur ou par complaisance.
Ainsi, la veille de la manifestation déclarée par la militante d’extrême droite Maylis de Cibon, le 9 mai 2025, le tribunal administratif de Paris infligea, comme chaque année, un camouflet à la Préfecture de police: son arrêté «porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester».
Contre-enquête
Dans un élan citoyen, et en vue de la manifestation annoncée du prochain 9 mai 2026, Au Poste a repris la dernière décision en date du Tribunal administratif (2025), basée sur le travail bâclé des services de police. Et présente un certain nombre d’éléments et de contre-arguments en vue des prochaines démarches qui ne vont pas manquer d’agiter tout ce beau monde.
Rappel salutaire de la préfecture concernant la dissimulation de visage. Pourtant, ni en 2023, ni en 2024, toujours pas en 2025, elle n’a eu l’audace ni de verbaliser ni d’interpeller le moindre militant pour ces faits, ce qui facilite largement les nationalistes pour contredire la Préfecture de police de Paris devant le juge des référés. Effectivement, pourquoi la Préfecture évoque-t-elle des articles de loi si elle ne se prend pas la peine de les appliquer (du moins, ici, lors de ces cortèges singuliers, contrairement à tant d’autres) ?
À aucun moment, dans son arrêté d’interdiction, la préfecture de police n’évoque les violences subies par des passants en 2023, ni celles visant plusieurs journalistes en 2024, pas plus que l’apologie de crimes contre l’humanité régulièrement prônée par des militants lors de cette marche néonazie, que l’organisation du C9M est la première à mettre en avant.
On est tout de même soufflé par tant d’innocence de la part des autorités : le slogan « Europe, jeunesse, révolution » est un slogan d’inspiration néofasciste, dont l’origine remonte au Movimento sociale italiano (MSI), parti dont le Front national a repris le logo. De même, ce slogan était scandé à plusieurs reprises dans l’Hexagone lors de manifestations violentes d’extrême droite, qui ont très souvent tourné aux « ratonnades ».
Si la question de la « reconstitution » du GUD, groupe nationaliste révolutionnaire ultra-violent et néonazi, est bien soulevée, il faut revenir à 2023 pour cerner les contours de l’approche préfectorale de la question. Cette année-là, Laurent Nuñez affirmait ne pas disposer d’éléments suffisants pour interdire la marche du C9m, ce qui interrogeait au regard des signalements d’un certain nombre d’associations et des articles de presse. À l’époque, la situation s’inscrivait déjà dans un contexte où plusieurs structures héritières du Bastion Social, de Génération Identitaire et des Zouaves Paris, toutes dissoutes pour violences et incitation à la haine raciale par le gouvernement, appelaient à rejoindre la marche. Signataire des arrêtés de 2023 et 2025, l’actuel ministre de l’Intérieur, alors Préfet de Police, n’évoquait pas la question de la « reconstitution » des Zouaves lors de la manifestation de 2023, ni le rôle du GUD dans l’organisation de l’édition 2025, bien que celui-ci ait été dissous le 26 juin 2024.
En 2023, suite à des dizaines de collages néonazis dans l’hexagone, une marche néonazie et des violences dans les rues dans la capital, la marche du C9m s’est achevée par un concert de « rock aryen » organisé dans une salle municipale des Yvelines, baptisée Simone Veil.
Devant un dossier aussi creux, le Tribunal administratif démonte avec astuce la rhétorique policière : « Aucune pièce du dossier, au-delà de la proximité idéologique alléguée de l’organisatrice de la manifestation, n’est produite pour en justifier, la note des services de renseignement du 5 mai 2025 indiquant que le GUD “reste en sous-main aux commandes de l’événement et compte lui donner une tonalité et une importance particulières”. »
Quand la préfecture s’intéresse aux antifa, la mémoire lui revient
Le même jour, dans une seconde ordonnance distincte, le tribunal administratif examinait cette fois les motifs d’interdiction d’une contre-manifestation antifasciste. Sur ce dossier-là, la Préfecture avait soudainement retrouvé le sens du détail, avançant, cette fois, une série d’éléments précis et circonstanciés. La Préf’ cite le collectif « antifasciste Paris 20 », accusé d’encourager à la création de « brigades d’autodéfense », ou « Urgence Palestine », présenté comme appelant à « mener l’intifada » en France. Elle remonte jusqu’à 2013, en évoquant la mort de Clément Méric.
Abreuvé de détails, le juge des référés désigne alors aisément les militants antifascistes comme les porteurs de troubles à l’ordre public. Il rejette l’appel des contre-manifestants antifascistes.
La mobilisation antifasciste statique, place du Panthéon, est, elle, jugée acceptable…
Une tolérance abyssale au néonazisme
Après les arguments, Au Poste expose les documents.
Fasciste, la marche C9m est aussi nazie. Les croix celtiques, dont les drapeaux flottent par dizaines, puisent leurs origines dans les Équipes nationales sous Vichy, pérennisées dans le panthéon nationaliste français par le néonazi Pierre Sidos, avec son mouvement antisémite Jeune Nation, puis au sein d’Occident et des mouvances nationalistes pétainistes. Aujourd’hui, ce drapeau représente, au choix, la suprématie blanche, ou la « race aryenne ».
En 2020, sur l’affiche du C9m, Sébastien Deyzieu est présenté avec un « Soleil noir », symbole mystique créé pour la Schutzstaffel à Wewelsbourg. En 2022, l’organisation illustre son visuel avec une œuvre de Arno Breker, artiste fort estimé par Adolf Hitler.
Dans la marche, en tête de cortège se distinguent deux runes Algiz: la Lebensrune (rune de vie) et la Todesrune (rune de mort), que la SS utilisait pour orner les stèles de ses membres tombés au combat.
Pour marteler le caractère funèbre de la marche, les organisateurs ont ajouté des tambours, dont l’esthétique reprenait celle des Hitlerjugend (jeunesses hitlériennes). Des instruments également repris, depuis les années 1960, par des néonazis allemands du Nationaldemokratische Partei Deutschlands – Heimat ! (Parti national-démocrate d’Allemagne, aujourd’hui appelé Heimat ! – Patrie), lesquels participent depuis des années à la manifestation du C9m à Paris.
L’année dernière, le 10 mai 2025, Libération a eu accès à des images de la petite cour de l’immeuble de la rue des Chartreux (VIᵉ arrondissement), où se concluait la marche. On y voyait plusieurs militants faire des saluts nazis. Parmi eux, des Espagnols de Devenir Europeo, dont Au Poste a pu consulter leur canal Telegram et constater que la propagande nazie y a bonne place. Un autre Espagnol néonazi, poursuivi pour trafic de drogues et exploitation sexuelle, marche en plein Paris avec une croix gammée sur le bras, comme le révélait Reflets.
À cet égard, il convient de noter que le service d’ordre du C9m à Paris était en partie le même que celui mobilisé le 21 février 2026, à Lyon, lors de la marche en hommage à Quentin Deranque, elle aussi marquée par des gestes et de symboles fascistes et nazis.
Alors que l’organisation du C9m avait donné des consignes de retenue (vêtements, insignes, etc), pour ne froisser ni médias ni police, Reflets, en collaboration avec le collectif Indextrême, a pu répertorier une dizaine de symboles nazis, ainsi qu’une vingtaine de symboles fascistes et suprémacistes blancs, utilisés notamment par des milices terroristes ou des armées accusées de crimes de guerre, comme le bataillon ukrainien d’Azov, exhibés par des centaines de militants.
Au-delà des symboles, certains militants du service d’ordre vont jusqu’à arborer le slogan « Au fusil, au couteau, nous imposerons l’Ordre nouveau », relevant d’une rhétorique fasciste. C’est ballot: les fonctionnaires de la Préfecture sont incapables de les lire.
De même, l’iconographie « Defend Europa », incluant la représentation d’une kalachnikov, ainsi que la présence de militants français radicalisés et de groupes étrangers, dont la milice étasunienne le Patriot Front, ou des groupes néonazis allemands, pourtant déjà documentées en 2024, ne semblent pas non plus émouvoir les services préfectoraux. Nulle prise en compte explicite ne figure dans ses argumentaires.
Tout cela sous la supervision du chef du service d’ordre du C9m : Marc de Cacqueray-Valménier, ancien chef du GUD, çi-devant employé par Vincent Bolloré comme gardien de son île privée du Loc’h, dans le Finistère. En février dernier, De Cacqueray-Valménier a été condamné à un an de prison, dont six mois ferme aménageables sous bracelet électronique, pour les violences commises contre des militants de SOS Racisme lors d’un meeting d’Éric Zemmour en 2021.
Le C9m, vitrine de la radicalité
Au-delà de sa mise en scène aux allures miliciennes et soigneusement élaborée, visant à éprouver les seuils de tolérance à l’expression d’idéologies fascistes dans l’espace public, le C9M est devenu une vitrine pour les différents groupuscules d’extrême droite radicale qui y participent. Il leur permet de mettre en scène leur radicalité, d’afficher une cohésion (davantage performative que réelle) tout en laissant entrevoir la possibilité d’une convergence entre mouvances fascistes, une “interfaf”. L’événement tend à fonctionner comme une plateforme de socialisation politique, contribuant, en amont comme en aval de sa tenue, à des dynamiques de radicalisation et de recrutement.
Selon nos informations, le C9m compte toujours sur les anciens cadres du GUD pour son organisation, et reste placé sous l’aile des pétainistes du Comité de liaison et d’aide nationaliste (CLAN), structure liée au parti Les Nationalistes. Un détail révélateur : jusqu’en 2023, l’adresse de ce site officiel, identifiée sur sa page Facebook, renvoyait vers le canal néonazi Ouest Casual, fermé à plusieurs reprises par Youtube et Telegram.
L’administrateur du site du C9m est le multirécidiviste Théodore R., développeur web de profession. En 2019, avec une quarantaine d’individus « au visage dissimulé », armés de « barres de fer, de battes de baseball et de matraques », il participe au saccage de plusieurs bars du centre-ville du Mans. Théodore R. sera condamné en 2020.
Théodore R. est à l’époque militant au sein du groupuscule raciste l’Alvarium, dissous pour « faits de violences » et « incitation à la discrimination ou à la violence envers des personnes en raison de leur origine ou de leur religion ». En 2023, à Angers, il participe à des violences contre plusieurs personnes venues manifester après la mort de Nahel Merzouk. Il est condamné à huit mois de prison avec sursis.
Haine raciale qui cible une partie de la population
Ce qui apparaît particulièrement problématique tient à une série de choix révélateurs d’un angle mort persistant : pendant que des militants néonazis sont autorisés à occuper l’espace public avec une visibilité assumée, les citoyens qui constituent de facto les cibles de ces idéologies haineuses sont, eux, renvoyés aux marges du débat.
Réduire la question à un exercice de pure liberté d’expression (et de manifester) serait une erreur et pas une erreur anodine. Nous ne sommes pas dans une société théorique: nous sommes dans une société traversée par un racisme systémique, une extrême droite partisane en pleine ascension, et par des groupuscules qui appellent ouvertement à l’expulsion des étrangers (la “Remigration”), et prennent pour cibles les Français racisés, les personnes LGBT, et assument des positions antisémites. Dans ce contexte, la mise en balance des libertés ne doit pas se réduire à un simple exercice de style : autoriser quelques centaines de militants radicaux à parader produit, chez des milliers de personnes, un sentiment d’insécurité et de peur, renforcé par la conviction, de plus en plus difficile à contester, que les institutions ne veulent pas, ou ne peuvent pas, agir.
Reste une ultime question, qui s’adresse directement à Patrice Faure, désormais aux commandes de la Préfecture de police de Paris (qui a refusé de répondre à nos interrogations): en 2026, pourra-t-il se permettre d’ignorer les conséquences d’un tel laisser-faire à répétition ? Ou présentera-t-il, cette fois, un dossier sérieux, étayé, factuel, à la hauteur de ce que la situation exige?
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03.05.2026

Plongée au cœur d’un établissement pénitentiaire au bord de l’implosion. Pour des centaines d’hommes, la promiscuité est devenue la norme et un simple lit un luxe. Le personnel, dépassé, tire la sonnette d’alarme face à cette situation intenable.
Dès les premiers pas, le ton est donné. Cris étouffés derrière les portes, sifflets, bruits métalliques des clés… Une chaleur lourde s’accroche aux murs. Nous pénétrons dans le centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne, un lieu sous haute surveillance où chaque mouvement est contrôlé et surveillé.
À l’intérieur, des murs jaunes et des barreaux gris s’étirent le long de couloirs interminables. Contrairement à l’image que l’on pourrait s’en faire, rien ici n’est délabré. Les locaux sont propres, entretenus. Mais derrière cette apparente normalité se cache une réalité bien plus dure : celle de la surpopulation.
Le taux d’occupation atteint 200 %.

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Un espace sans intimité
« On est trois par cellules, on n’est pas des chiens » , crient certains à travers les barreaux. « Libérez-nous ! », « Il y a des cafards ! ». Les voix résonnent dans les couloirs, mélange de colère et d’épuisement.
Les cellules mesurent entre 9 et 10 m². À l’intérieur, un bloc sanitaire, quelques livres, une télévision ou de la vaisselle. Des objets du quotidien qui tentent de recréer un semblant de vie normale. Mais l’espace manque cruellement. L’intimité, elle, a totalement disparu.
Dans l’une de ces cellules, un matelas est posé au sol, sur des journaux censés isoler de l’humidité. « Ça fait 14 mois que je dors par terre », confie un détenu. Près de 420 nuits dans ces conditions.

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Lui travaille à la cantine. « Ça me permet de sortir de la cellule… Parce qu’être à trois, depuis plus d’un an, ce n’est pas très agréable. » Des mots presque trop faibles pour décrire la réalité.

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03.05.2026

Dans un communiqué, la Fédération du Parti communiste regrette « des charges policières » et « une pluie de lacrymogènes » lors du défilé du 1er

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« Alors que la manifestation s’est déroulée sans débordements, la police a fait le choix de la provocation », regrette dans un communiqué la Fédération Rhône du Parti communiste faisant état de « plusieurs incursions dans le cortège syndical », de « coups de matraque reçus par des militants syndicaux du service d’ordre » et « d’une grenade de désencerclement lancée au milieu du carré de tête ». Par ailleurs, des cartouches de balles en caoutchouc ont été retrouvées au sol, selon Benoît Roux, secrétaire de la Fédération.
« Plusieurs charges policières »
Le PC dénonce aussi « une pluie de gaz lacrymogènes sans aucune raison apparente, suivie de plusieurs charges policières ». Et de remettre en cause les quatre interpellations réalisées « dans des circonstances qui restent à éclaircir ».
« Aux honnêtes travailleurs et travailleuses la matraque, aux patrons hors la loi les mots doux ! », ajoute Benoît Roux à propos de la visite de soutien de Sébastien Lecornu à un boulanger qui a été verbalisé pour avoir fait travailler ses salariés un jour chômé.

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02.05.2026

Nantes : la police agresse l’hommage à un syndicaliste récemment décédé

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L’hommage à Oussama au Premier Mai interrompu par des agents casqués et armés à Nantes.

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En 1973 au Chili, des militaires d’extrême droite renversent le gouvernement de gauche de Salvador Allende et installent une dictature. Deux semaines après le putsch, le poète chilien de gauche Pablo Neruda meurt à Santiago. Le nouveau régime autorise les funérailles, qui se transforment en manifestation, au chant de l’Internationale.
Le 8 février 1921, le grand penseur anarchiste Pierre Kropotkine meurt à l’âge de 78 ans près de Moscou. La dictature bolchevique s’installe, et les révolutionnaires sont déjà pour la plupart arrêtés. Le corps de l’anarchiste est transféré dans un train orné de drapeaux noirs et de banderoles. Le régime a beau être répressif, il laisse faire : on ne profane pas la mémoire d’un mort. Lors des obsèques, le corps est suivi par une foule immense. Le cortège va s’arrêter devant la prison de Moscou, où s’entassent déjà nombre de prisonniers politiques. C’est la dernière grande manifestation anarchiste en Russie.
En France, en 2026, rendre hommage sur la place publique à un camarade récemment décédé est violemment réprimé, sous les coups de matraque et les lacrymogènes. Alors même que le Parlement a organisé une minute de silence pour un néo-nazi violent quelques semaines plus tôt. Autrement dit, la police française et sa hiérarchie sont plus autoritaires et fascistes que des militaires chiliens ou des autocrates soviétiques. Plus obscènes aussi.
Ce 1er mai, après la grande manifestation traditionnelle, environ 200 personnes se sont retrouvées à Nantes, sur la place du Bouffay, pour saluer la mémoire d’Oussama, militant syndicaliste, artiste, ouvrier, qui a marqué l’histoire des luttes en Bretagne. L’appel était public et clair : il invitait
C’était sans compter la fascisation presque complète du gouvernement français. À peine les premiers mots étaient prononcés, devant une banderole avec le slogan «Oussama présent», surmonté d’un accordéon, instrument cher au cœur du défunt, qu’une armada de policiers et de gendarmes cagoulés et lourdement armés ont débarqué. Malgré les appels au calme des militants, une première charge à lieu. Puis la banderole est arrachée par les forces de l’ordre, qui distribuent des coups de matraque.
Au mégaphone, un organisateur continue d’appeler au calme, rappelle qu’il s’agit d’une cérémonie, d’un recueillement pour un défunt, rien n’y fait. La milice cogne. L’ensemble des personnes présentes sur la place, même extérieures à l’hommage, sont outrées. Des grenades lacrymogènes sont tirées. Des personnes en deuil reçoivent du gaz en plein visage à bout portant. L’ignominie.
Un témoin raconte qu’il a demandé à un agent qui était le responsable de cette opération. Ce dernier a répondu «c’est Dieu», en pointant son doigt vers le ciel. Un autre rapporte qu’un des gendarmes lui a reconnu avoir demandé confirmation à sa hiérarchie, pour savoir s’il fallait empêcher l’hommage, et que l’ordre lui aurait été répété plusieurs fois. Nous avons donc dans les préfectures et les commissariat des individus plus lâches et fourbes que Pinochet.
La foule pleure, crie, mais elle refuse de quitter la place. Nous sommes dans l’espace public. On crie aux agents qu’ils devraient avoir honte. On scande aux policiers que, s’ils empêchent cet hommage, une manifestation monstre aura lieu le soir même, en direction du commissariat. Que leurs actes sont filmés, et seront massivement diffusés. Un début d’hésitation se faire sentir sous les casques, où remuent peut-être encore quelques neurones.
Finalement, une députée de la France Insoumise arrive sur place. Elle échange quelques mots avec un des chefs en uniforme. Et l’armada repart, après avoir semé le chaos et la violence. Sans rendre la banderole, comme si Oussama partait une dernière fois en garde à vue.
La foule réoccupe la place sous les applaudissements. Une suite d’interventions, ponctuées de récits de lutte, d’anecdotes amusantes, de témoignages poignants et de lectures sont finalement exprimées au mégaphone. Une nouvelle banderole est réalisée à la hâte, reprenant le slogan de celle qui venait d’être volée : «Oussama, présent». Les prises de parole se terminent avec le crépitement d’un fumigène et la promesse de se revoir. Le cœur noué, mais ensemble.
C’est finalement un bel hommage, qui ressemblait à Oussama : bordélique, visé par la brutalité d’État, résistant, tendre. Tout l’inverse de la noirceur stupide et violente de ceux qui prétendent maintenir l’ordre.

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02.05.2026

Des taux d’occupation qui explosent : les chiffres (édifiants) de la surpopulation dans les prisons d’Occitanie
Les derniers chiffres officiels sont catastrophiques. La quasi-totalité des établissements pénitentiaires en région accueillent le double de détenus que leurs capacités ne leur permettraient.
Avec un taux d’occupation de 235,9 % au 1er avril 2029, la maison d’arrêt de Carcassonne est la plus engorgée de la région. Elle est suivie de très près par celle de Nîmes (225,8 %) et les centre pénitentiaire de Toulouse Seysses (225,5 %) et Perpignan (225 %). Globalement les établissements de la région (hormis celui de Mende) accueillent le double de détenus qu’ils ne le pourraient officiellement.
À Carcassonne qui bat tous les records, 151 prisonniers occupent les 64 places officielles.

(…)

86 700 détenus en France
Selon les chiffres publiés dernièrement par le service de la statistique des études et de la recherche, au 1er avril 2026, la France comptait globalement + 6,3 % de personnes détenues sur un an. « 86 700 personnes sont détenues en France. Parmi ces dernières, 63 900 sont condamnées et 22 700 sont prévenues. »
2 300 personnes sont condamnées à plus de dix ans de prison, 55 200 à cinq ans ou moins (en hausse de + 62 % en un an). Afin de lutter contre la surpopulation carcérale, les aménagements de peines ont également tendance à augmenter.  » Au 1er avril 2026, 19 200 personnes condamnées à une peine d’emprisonnement ferme sont non détenues. Celles-ci exécutent leur peine d’emprisonnement ferme en dehors d’un établissement pénitentiaire dans le cadre d’un aménagement de peine : à domicile sous surveillance électronique ou en placement à l’extérieur dans une structure habilitée. Leur nombre augmente de 7,4 % sur un an. »

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01.05.2026

Une semaine avant cet évènement, un policier avait été condamné pour avoir exercé des violences sur ce mineur de 16 ans poursuivi pour vol. La direction départementale de la sécurité publique dément toute vengeance et nie toute utilisation d’un taser lors de cette arrestation.
Des policiers qui débarquent à 6 heures du matin, défoncent la porte d’un appartement et tasent leur suspect. Tout ça pour un adolescent de 16 ans, dont le casier est loin d’être vierge certes, mais qui ne se borne qu’à des vols commis sans violence selon son avocat, Me Jacques Bourdais.
Son adresse, chez ses parents en Essonne, est connue de la justice. Et le mineur a toujours répondu aux convocations, comme nous le confirme son conseil, consterné et en colère face à la méthode employée.
Selon lui, cette manière de faire ne doit rien au hasard. En septembre dernier son client et sa mère avaient déposé plainte contre un policier du petit dépôt du tribunal d’Évry-Courcouronnes pour des faits de violences ayant entraîné cinq jours d’incapacité totale de travail.
Une affaire qui remonte à juillet 2024
Le 15 avril, le fonctionnaire a été condamné dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) à 500 euros d’amende, plus 600 euros au titre de la réparation du préjudice moral et 700 euros de remboursement des frais d’avocat de la victime. Une affaire que nous avions relatée.
Pour Me Bourdais, les moyens employés contre cet adolescent n’ont donc rien d’une coïncidence. « C’est une vengeance suite à la condamnation de leur collègue, s’agace-t-il. Mon client n’est pas dangereux, il a toujours déféré aux convocations. Là, il s’agit d’une affaire de vol en réunion de trottinette et de portable remontant à juillet 2024. Ce n’est pas un hasard qu’ils le ressortent maintenant. Ils pouvaient parfaitement le convoquer, il était d’ailleurs au tribunal la semaine précédente. Ou venir le chercher mais en frappant à la porte. La manière dont ça s’est passé relève du grand banditisme, des gens dangereux. Là, il était dans sa chambre en train de dormir. »

(…)

Me Bourdais évoque pourtant une marque ayant laissé trois points sur l’épaule de son client. Le certificat médical fait état de douleurs à la palpation au niveau de l’omoplate entraînant une incapacité temporaire d’un jour.
« Ils veulent le pousser à bout pour qu’il les insulte ou pire, estime Jacques Bourdais. C’est la chronique d’une bavure judiciaire annoncée. Tout ça a été géré de manière invraisemblable. Je vais saisir le parquet », assure son conseil.
Placé en garde à vue dans la foulée, le jeune avait finalement été remis en liberté quelques heures plus tard, à 15 heures. Il comparaîtra devant le tribunal pour enfants en juillet prochain.

 

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Violence précédente

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