04.05.2026

Mi-avril, des policiers débarquent dans les logements de plusieurs familles roms à Stains. L’un d’eux a tué le chien de Tatiana, un bichon maltais de trois ans, qui l’aurait mordu. D’autres habitants les accusent de plusieurs actes brutaux.
« C’était mon bébé », répète Tatiana, 47 ans. Dans un café de Stains, en Seine-Saint-Denis, la surveillante scolaire d’origine rom, arrivée en France en 2002, fait défiler sur son téléphone les photos de sa chienne « Pamela », un bichon maltais de trois ans qu’elle a recueillie à la naissance.

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Sur la dernière image de son répertoire, la petite chienne à poil frisé blanc, à peine plus grosse qu’un chat, gît sur le dos à côté d’une large mare de sang, abattue d’une balle dans la tête par un fonctionnaire de police. Une enquête judiciaire a été ouverte, le policier est présumé innocent.
Le parquet a ouvert une enquête pour « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort ».

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Le dimanche 19 avril, il est un peu plus de 19 heures quand une demi-douzaine d’agents de la brigade anti-criminalité (Bac) de Stains, des brassards fluo « police » aux bras, forcent le portail et pénètrent dans le bidonville de Roms installé dans les jardins ouvriers, à la recherche de deux jeunes hommes à interpeller dans le cadre d’une enquête pour « recel de vol » de câbles de cuivre. Tatiana, qui n’y habite plus depuis un an mais passe tous les week-ends pour apporter des provisions et aider aux démarches administratives, revient tout juste des courses. L’ambiance festive du dimanche soir, habituellement dévolu à un repas partagé entre les différentes familles du bidonville, qui incluent plusieurs enfants en bas âge , tourne immédiatement au chaos.
« Dès qu’ils sont rentrés, ils couraient. On a crié, on ne savait pas ce qui se passait, ils couraient vers les gens, les pourchassaient », raconte Geanina, une habitante du bidonville de 36 ans, agent de nettoyage au chômage, dans une alternance de français et de romani qu’Anina Ciuciu, l’avocate de Tatiana – également cofondatrice du collectif Romani et Voyageurs ZOR (1) – aide à traduire. Enceinte de sept mois, Geanina témoigne avoir été notamment poussée par les policiers , ainsi qu’une « autre dame qui est cardiaque, qui a fait un malaise ».

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Une balle dans la tête de sa chienne
Selon Geanina, à ce moment-là, l’un des agents court en tenant son arme de service dans la main, « un pistolet » affirme-t-elle catégoriquement. Lorsque Nicolae, le mari de Tatiana âgé de 52 ans, sort « voir ce qui se passe » après avoir été interpellé par les cris, il voit le même policier « défoncer son portail à coups de pied ». À côté du quinquagénaire, Pamela, une des trois chiens du couple, s’échappe. Le policier fait feu , Nicolae dit n’avoir rien pu faire :
« Elle est morte tout de suite, la balle lui a transpercé le crâne. »

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Le parquet a ouvert une enquête pour « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort », confiée au commissariat de Saint-Denis (93).

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Nicolae, lui, soutient que le chien était à « environ 1m50 de distance » du fonctionnaire lorsque ce dernier a tiré. « Je vous informe que si l’agent de police prouve qu’il a été mordu par mon chien, je retirerais ma plainte », déclare de son côté Tatiana sur le procès-verbal en gage de bonne foi, assurant auprès de StreetPress que sa chienne « n’est pas agressive » :

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La race du bichon maltais ne fait pas partie des catégories des chiens susceptibles d’être dangereux selon la réglementation , qui inclut les chiens dits d’attaque, de garde et de défense. Dans sa nomenclature, la fédération cynologique internationale décrit son comportement normal comme « vif, affectueux, très docile et très intelligent » .
Une fiche interne de « maîtrise des risques » de l’inspection générale de la police nationale ( IGPN ) concernant l’intervention face à des chiens agressifs, consultée par StreetPress, fait bien reposer la responsabilité de la sécurité de l’intervention sur les agents, à qui il est notamment recommandé « d’adopter une attitude la plus calme possible et éviter les gestes brusques » quitte à « différer l’intervention » si « l’environnement n’est pas favorable ».

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Le coup de feu résonne dans tout le bidonville. « On a cru que quelqu’un de la famille était mort », se souvient Geanina. Nicolae soutient qu’il s’est alors « mis devant » ses deux autres chiens et demandé au policier, en romani, pourquoi il avait tiré. Là, le fonctionnaire l’aurait « mis en joue », l’arme pointée vers sa tête, et aurait « compté jusqu’à trois » . Arrivant tout juste sur la scène, Tatiana indique qu’elle se serait interposée à son tour entre le policier et son mari jusqu’à ce que le premier ne baisse son arme, avant qu’elle ne fasse un malaise . Le récit du couple, répété dans leur plainte enregistrée au nom de Tatiana au commissariat de Stains le lendemain des faits et consultée par StreetPress, est confirmé par Geanina. À ce stade, l’enquête ne vise pas le chef de menaces avec arme.
Tatiana et Geanina affirment par ailleurs que les femmes et enfants du bidonville auraient ensuite été retenus pendant près d’une heure par les policiers, alors que les deux jeunes recherchés par la police auraient déjà été interpellés. Nicolae, lui, aurait été repoussé en dehors du bidonville. Durant tout ce temps, les agents qui se relayent leur auraient interdit d’aller boire de l’eau, d’utiliser leurs téléphones ou d’appeler les secours pour Tatiana, indiquent-elles, à l’exception d’un seul agent qui « voulait appeler les pompiers, mais les autres ne l’ont pas laissé », se souvient Geanina.

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« Moi, je pleurais sur mon chien et eux riaient de moi. »
Pour son avocate, maître Ciuciu, « les règles de déontologie et de sécurité ont été manifestement violées par cet agent qui courait l’arme au poing dans un espace occupé par de nombreux enfants et femmes ». Elle dénonce la « brutalité » qui n’était « en aucun cas justifiée ni proportionnée » face à son client « non armé, non violent, obéissant à ses instructions et qui pour le surplus n’était pas concerné par cette interpellation » . Selon elle, « les agents de police se sont permis d’agir avec une telle violence parce que les victimes sont d’origine rom en situation d’extrême précarité ». En parallèle de l’enquête judiciaire, elle indique avoir fait un signalement administratif à l’ IGPN afin de « sonner un signal d’alarme face à ces abus anti-tsiganes systématiques ».

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29.04.2026

Le parquet de Perpignan a ouvert deux enquêtes après la mort dans la nuit de mardi à mercredi d’un sexagénaire armé, tué chez lui par un gendarme du GIGN après avoir refusé de se rendre aux forces de l’ordre, selon un communiqué du procureur.

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13.04.2026

Au lendemain du drame survenu rue Duchassaing, au Moule, l’émotion reste vive. Entre incompréhension, colère et attente de réponses, habitants, élus et personnes ayant connu la victime tentent de faire face. Une enquête est en cours pour éclaircir les circonstances de cette intervention mortelle.

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Ce lundi 13 avril, les traces de l’intervention sont encore visibles rue Duchassaing. Les services municipaux s’affairent à nettoyer les stigmates laissés par le drame survenu la veille en fin de journée. Rapidement, cet événement tragique s’est retrouvé au cœur de toutes les discussions.
Sur place, les habitants peinent à comprendre ce qu’il s’est passé. Beaucoup refusent de s’exprimer, encore sous le choc. D’autres évoquent un sentiment mêlé de tristesse et d’incompréhension face à la mort de cet homme, bien connu dans le secteur. « Ici, c’est difficile de passer à autre chose ce matin. Quand vous voyez encore les traces, que vous savez ce qu’il s’est passé hier, ça marque forcément les esprits », confie un riverain.
Une victime connue, un profil qui interroge
L’homme, âgé d’une soixantaine d’années, était une figure familière du quartier. Souvent assis à proximité d’une boulangerie, il faisait partie du quotidien des habitants. Décrit par certains comme calme et poli, il pouvait aussi, selon d’autres, se montrer parfois dérangeant.
Plusieurs témoignages évoquent une personne fragile, souffrant de troubles psychologiques et vivant en marge de la société.
« C’est quelqu’un qui est très connu ici. Tous les matins on le voit, il est assis là, tranquille. Il dit bonjour, il n’embête personne. Moi je ne l’ai jamais vu être violent. »

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Une intervention contestée, une enquête en cours

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L’usage d’un taser n’ayant pas permis de le maîtriser, un gendarme a ouvert le feu à trois reprises, touchant mortellement l’homme qui n’a pas immédiatement succombé à ses blessures. Les riverains témoins de ce drame ont alors vivement invectivé les forces de l’ordre au moment des faits et s’interrogent aujourd’hui sur la façon dont la situation a été gérée.
« C’est dommage qu’on en soit arrivé là. On dit qu’il voulait agresser avec un couteau, mais je pense qu’ils auraient pu essayer de le blesser, pas de tirer comme ça. On attend de savoir si c’était vraiment de la légitime défense. »

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28.03.2026

Lors de la dizaine de coups de feu tirée par le fonctionnaire, un passant a été légèrement blessé, a priori par ricochet. Le parquet a ouvert une enquête.

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05/12/2025

La presse assurait que le CRS défendait sa vie face à un motard qui lui fonçait dessus, une vidéo prouve l’inverse.

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24/10/2025

Nordine raconte la nuit du 16 au 17 août 2021 où sa compagne, Merryl, enceinte, et lui, ont failli mourir sous les tirs de la police.

(…) « T’as une sale gueule de défoncé. » Puis ils m’ont coupé la route. L’un d’entre eux est sorti du véhicule, a brisé la vitre du nôtre et a cherché à entrer dans l’habitacle.

(…) Malheureusement, ils ont commencé à tirer, alors que j’étais à l’arrêt.

Rien ne pouvait faire penser qu’ils étaient des policiers. Ils n’avaient pas de brassard, ni de gyrophare, et n’ont procédé à aucune sommation. Ils ont tiré 8 fois. J’ai reçu 7 balles à bout portant. Je me suis retrouvé allongé sur le siège. Ma femme et moi sommes restés gisants sur nos sièges de longues minutes. Merryl est sortie de la voiture et, titubant sur le trottoir, elle s’est agrippée à une barrière pour ne pas tomber. Le policier n’est pas venu à son secours.

(…) En dehors du fait que j’avais perdu un enfant et qu’ils ont tiré sur ma femme, le pire dans cette histoire a été mon traitement judiciaire. Encore hospitalisé, quasi inconscient, j’ai dû subir des interrogatoires de police sur mon lit d’hôpital, puis on m’a jeté en prison, sans enquête sérieuse.

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23/10/2025

À Autun, les six policiers municipaux pourraient être équipés d’armes à feu dès le début de l’année 2026.

(…) En outre, Vincent Chauvet souhaite renforcer le système de caméras de surveillance de la ville. Actuellement, Autun en compte 72, un chiffre que l’édile aimerait augmenter de 10 ou 15 exemplaires.

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13/10/2025

Une intervention policière qui visait un réseau de stupéfiants à Saint-Lô, en Normandie, a mal tourné. Un suspect a été blessé gravement par des tirs.

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13/10/2025

Quatre ans après les faits, la famille de l’homme de 27 ans tué par un gendarme à Bossey pendant un vol de deux-roues, conteste la légitime défense. Elle a fait appel de l’ordonnance de non-lieu délivrée par le juge d’instruction.

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GIRONDE : UN GENDARME PARMI LES PRÉVENUS, QUAND LA PASSION DES ARMES MÈNE AU TRIBUNAL

SUD OUEST


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Parmi les cinq hommes jugés – dont deux Libournais –, on trouve un gérant de société, un plombier à la retraite reconverti depuis peu en brocanteur, un ancien policier aquariophile, un militaire retraité passionné de la Seconde Guerre mondiale, et surtout, un gendarme en activité.

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NOUVELLE-CALÉDONIE : LES ZONES D’OMBRE DE LA MORT DE LIONEL PAÏTA, 26 ANS, TUÉ PAR DES GENDARMES EN PERMISSION

Le Monde


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Le 3 juin 2024, alors que des dizaines de barrages entravent la route, six gendarmes décident, sans en informer leur hiérarchie, de parcourir les 40 kilomètres qui les séparent de leur affectation, à l’aéroport La Tontouta, pour aller déjeuner sur les baies de Nouméa, haut lieu touristique de la capitale, malgré la crise insurrectionnelle qui frappe la Nouvelle-Calédonie depuis deux semaines. L’escapade, à bord de deux voitures louées par leurs soins, se terminera par 13 coups de feu tirés sans sommation après une course-poursuite, suivis d’un échange de tirs, et par deux blessés du côté indépendantiste, dont Lionel Païta, 26 ans, qui décédera quatre jours plus tard, le 7 juin.

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(suite…)

13.01.2025

RONY CELY ABATTU PAR UN GENDARME : UN AN APRÈS, UNE VIDÉO MET LE FEU AUX POUDRES ET LA FAMILLE ÉPLORÉE RÉCLAME JUSTICE

franceinfo:


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Un extrait vidéo de la caméra-piéton du militaire a fuité sur les réseaux sociaux, le week-end dernier ; une diffusion illégale qui met de l’huile sur le feu.

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MULHOUSE : UN CHIEN ABATTU PAR LA POLICE, LA SCÈNE FILMÉE DEVIENT VIRALE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

france bleu


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Après une vingtaine de secondes, alors que le chien se débat de plus en plus et semble se diriger vers un des policiers, des tirs partent, touchant l’animal, qui se plaint de douleur. Quelques secondes plus tard, alors que le trentenaire est maitrisé au sol devant un immeuble par un policier, et alors que le chien boitant s’approche à nouveau, d’autres tirs achèvent l’animal qui crie fortement et tombe au sol sur le flan.

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