07.05.2026

Abdallah, un jeune homme de 24 ans, est décédé ce lundi sur l’A86 alors qu’il fuyait la police pour avoir fumé un joint. Un drame de plus, produit du harcèlement policier quotidien contre les quartiers populaires et la consommation de cannabis.
Ce lundi 4 mai, Abdallah, un jeune homme de 24 ans, est décédé après avoir été renversé sur l’A86 alors qu’il tentait de fuir la police. La situation faisait suite à un contrôle, alors qu’il fumait un joint dans une voiture stationnée sur le parking d’un McDonald’s avec des amis. Par peur d’écoper d’une amende ou d’un contrôle policier violent, Abdallah a voulu traverser une autoroute en plein après-midi, où il a été mortellement percuté par une voiture.
Le drame a connu un certain écho sur les réseaux sociaux, notamment du fait des réactions de l’extrême-droite. Avec Jean Messiah en tête, cette dernière s’est empressée de faire circuler massivement la vidéo de l’accident, suscitant des milliers de commentaires goguenards, se félicitant de la mort du jeune homme, et appelant à « obéir à la police ».
Des discours ignobles face à un drame qui témoigne, au contraire, de la terreur suscité par la police, des conséquences de son harcèlement raciste permanent, et de la criminalisation de la simple consommation de cannabis. Ces dernières années, de telles situations dramatiques se sont multipliées, notamment dans le cadre de course-poursuite, à la suite du durcissement sécuritaire opéré par la macronie.
En particulier, la criminalisation de la consommation de cannabis a connu un tournant en 2020 avec la généralisation par Darmanin d’amendes forfaitaires de 200 euros pour usage de stupéfiants. Avec son projet de loi RIPOST, Laurent Nuñez compte encore accélérer cette dynamique en faisant passer cette sanction financière de 200 à 500 euros, en plus des différentes attaques déployées dans ce projet de loi.
Loin d’être une solution à un enjeu de santé publique, la prohibition et la répression en matière de consommation de drogue ont toujours été des outils de contrôle social et de criminalisation des habitants des quartiers populaires, tout en aggravant la précarité qui alimente les réseaux de trafic. Pour s’attaquer à ce harcèlement policier, il faut revendiquer la légalisation du cannabis, dont la vente doit être assurée par un monopole public sous contrôle des travailleurs et de la population, et adossé à un financement massif des services publics, à commencer par ceux de la santé et de l’éducation, au service de la prévention.
Dans le même temps, contre le harcèlement policier, il faut exiger la suppression des corps spéciaux (BAC, CSI, etc.) ainsi que l’abrogation de toutes les lois sécuritaires et racistes.

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07.05.2026

La famille d’un détenu retrouvé mort par suicide le 11 avril à la maison d’arrêt de Béthune a déposé plainte, dénonçant ses conditions de détention, a appris l’AFP, ce jeudi, auprès du parquet et de la famille. La plainte vise des faits de « conditions de détention indignes » et « manquements graves à la sécurité ». Le détenu de 31 ans était mis en examen pour tentative de meurtre.
Selon le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, le détenu était incarcéré dans une cellule présentant de « graves dysfonctionnements sanitaires », rendant « les conditions d’hygiène inacceptables », selon cette plainte. La famille dénonce aussi une cellule « sur-occupée » et un défaut de surveillance. Selon l’avocat de la famille, Me Charly Salkazanov, « plusieurs choses interrogent » dans cette affaire.
Des travaux à effectuer
« Les conditions de détention ont eu un impact sur son état physique et mental. C’est une victime collatérale de la surpopulation carcérale », a-t-il estimé. Par ailleurs, « les faits se seraient passés au quartier disciplinaire où les conditions de détention sont les pires, une sorte d’angle mort de la détention », a-t-il ajouté. Selon Étienne Thieffry, le détenu était seul dans une cellule du quartier disciplinaire au moment de sa mort, et l’autopsie « n’a pas mis en évidence » l’intervention d’un tiers.
Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte après son décès. Cette affaire intervient alors que le tribunal administratif de Lille, saisi par l’Observatoire international des prisons (OIP), a enjoint en avril à l’État d’effectuer des travaux en urgence dans cette maison d’arrêt vétuste et particulièrement touchée par le phénomène de surpopulation carcérale. Le juge des référés a notamment enjoint au ministère de la Justice d’effectuer des travaux permettant une « séparation effective » entre les sanitaires, non cloisonnés actuellement, et le reste des cellules, de nettoyer « de la moisissure sur les murs et plafonds », d’équiper des cellules en « mobilier de rangement » ou encore de réparer des fuites d’eau. Alors que sa capacité d’accueil théorique est de 177 places, la prison de Béthune affiche régulièrement un taux d’occupation de plus de 200 %.

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07.05.2026

Contrairement à ce qu’avait demandé la famille de Mohamed Gabsi, un homme de 33 ans décédé en avril 2020 après une arrestation par la police municipale de Béziers, un seul policier sera renvoyé devant le tribunal correctionnel et non devant une juridiction criminelle, selon une décision de la cour d’appel de Montpellier, ce jeudi 7 mai.
Une première bataille judiciaire a été remportée par la défense des policiers dans l’affaire Mohamed Gabsi, ce Biterrois de 33 ans décédé après avoir été interpellé par la police municipale en pleine période du Covid, le 8 avril 2020. Alors que sa famille avait saisi la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier pour demander un procès criminel contre trois policiers, un seul d’entre-eux a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Béziers, selon la décision des magistrats donnée ce jeudi 7 mai.

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07.05.2026

Lundi 13 avril 2026, au tribunal de La Roche-sur-Yon, un gendarme de 45 ans a comparu pour plusieurs délits commis entre août 2025 et mars 2026 dans cette même ville. Il lui était reproché des faits de harcèlement sur son ex-compagne, deux cambriolages, des dégradations et la collecte frauduleuse de données à caractère personnel.
Le prévenu avait accédé au « TAJ » (Traitement des antécédents judiciaires), une base de données contenant des informations sur les auteurs d’infractions et leurs victimes. Cette consultation lui était possible en raison de sa fonction au sein de la gendarmerie.
Les faits de harcèlement remontent à août 2025, lorsque sa compagne a mis fin à une relation de trois ans. L’accusé a alors multiplié les messages et appels téléphoniques, y compris en pleine nuit, contraignant la victime à le bloquer. Il lui a également écrit une lettre de quinze pages. Ces agissements ont conduit à son jugement pour harcèlement moral.
Cambriolages contestés
Le gendarme était également accusé de deux cambriolages, survenus entre le 26 et le 28 décembre 2025, puis entre le 13 et le 15 février 2026. Lors du second vol, des bijoux avaient été dérobés et des dégâts des eaux importants causés par des robinets laissés ouverts avec des éviers et une baignoire obstrués. L’accusé a nié toute implication, affirmant : « Aucune investigation ne prouve que j’étais dans cette maison. »
Lors de l’audience, la procureure de la République avait souligné la « gravité des faits » et requis une peine de douze mois de prison avec sursis probatoire d’une durée de trois ans. Elle avait également demandé une obligation de soins, une obligation d’indemniser la victime, une interdiction de contact, une interdiction de paraître au domicile de la victime et une interdiction de port d’arme pendant cinq ans.

(…)

Elle a également rappelé que son client, après plus de vingt ans de service dans la gendarmerie, était bien noté par sa hiérarchie.
Le jugement, mis en délibéré, a été rendu lundi 4 mai 2026. Le tribunal a relaxé le gendarme des accusations de cambriolage, mais l’a condamné à six mois de prison avec sursis pour la consultation illégale du TAJ et pour harcèlement.

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07.05.2026

La condamnation de Julien Le Guet à six mois de prison ferme sous bracelet avec exécution provisoire, pour sa participation aux mobilisations de Sainte-Soline, marque une nouvelle étape dans la criminalisation du mouvement écologiste.
Depuis plusieurs années, l’État français durcit méthodiquement sa répression contre toutes les formes de contestation sociale. Syndicalistes, militants antiracistes, gilets jaunes, étudiants mobilisés contre la guerre ou contre les réformes antisociales : tous ont subi la violence policière, les gardes à vue massives et les poursuites judiciaires. Ce mercredi 6 mai, la criminalisation du mouvement écologiste a franchi un nouveau cap. La cour d’appel de Poitiers a condamné Julien Le Guet à six mois de prison ferme sous bracelet électronique avec exécution provisoire pour sa participation à des mobilisations contre les méga-bassines en 2022, notamment à Sainte-Soline. Le militant est également interdit de paraître à Sainte-Soline et Mauzé-sur-le-Mignon pendant trois ans.
Parmi les faits retenus contre lui figure notamment… le vol d’une pelle lors d’une action baptisée « Grillade Party » le 2 octobre 2022, ou encore d’avoir fait tomber 123 grilles. Des accusations dérisoires, absurdes, mais qui suffisent désormais à condamner à du ferme une figure du mouvement écologiste. De fait, cette décision s’inscrit dans une stratégie politique assumée : faire payer cher à celles et ceux qui osent s’opposer aux intérêts de l’agrobusiness, aux multinationales de l’eau et à l’accaparement des ressources naturelles par une minorité de grands exploitants.
Depuis les gigantesques mobilisations contre les mégabassines à Sainte-Soline, le gouvernement cherche à écraser un mouvement qui a réussi à articuler critique écologique, dénonciation du capitalisme agricole et mobilisation de masse. Le pouvoir n’a jamais pardonné au mouvement des bassines d’avoir mis en lumière ce que sont réellement ces projets : des infrastructures financées par l’argent public permettant à une poignée d’exploitations intensives de monopoliser l’eau, au détriment des écosystèmes et des populations locales. Face à cette contestation, l’État a répondu par les blindés, les grenades, et désormais la prison.
Il faut mesurer ce que signifie l’exécution provisoire dans cette affaire. En envoyant immédiatement un militant écologiste en prison, avant même l’épuisement des voies de recours, la justice adresse un message de fermeté. L’inverse de son attitude lorsqu’il s’agit de faire payer aux grands exploitants agricoles protégés par les syndicats agricoles comme la FNSEA, la destruction du vivant et l’empoisonnement de la population. Une volonté claire d’intimider tout un mouvement par des peines exemplaires.
Cette évolution s’inscrit dans un tournant autoritaire plus large du régime. Alors que la crise climatique s’aggrave sous les effets du système capitaliste et des politiques qui le soutiennent, détruisant toujours davantage les écosystèmes et les conditions de vie, les mouvements écologistes sont désormais traités comme des adversaires politiques de premier plan. Le pouvoir le sait : derrière la lutte contre les mégabassines se pose une question explosive, celle du contrôle des ressources, de l’agriculture et plus largement de l’organisation de la société. Qui décide de l’usage de l’eau ? Les multinationales et les grands propriétaires, ou la population ?
En criminalisant Julien Le Guet, le gouvernement cherche donc à décapiter une contestation qui dépasse largement la seule question environnementale. Car le mouvement écologiste radical remet en cause les profits, l’agriculture industrielle et l’ordre social lui-même. Voilà pourquoi Darmanin et l’appareil d’État ont multiplié ces dernières années les dissolutions, les campagnes médiatiques hystériques et les poursuites judiciaires contre les organisations écologistes. Comme l’affirme Julien Le Guet à la sortie de la cour d’appel, « je me bats pour l’intérêt général, je me bats pour l’eau, pour la vie et la biodiversité. On me prête des pouvoirs et des attitudes qui ne sont pas les miennes. En soi, ce qu’on me reproche, c’est d’être porte-parole d’un mouvement qui agit pour le bien commun ».
Dans ce contexte, l’acharnement judiciaire contre Julien Le Guet est loin d’être terminé. Le 21 mai prochain, il sera jugé à Paris pour diffamation envers l’ancienne préfète des Deux-Sèvres, Emmanuel Dubée, après l’avoir qualifié d’« assassin » à la suite de la manifestation de Sainte-Soline du 25 mars 2023. Cette manifestation avait fait près de 200 blessés, dont une quarantaine grièvement touchés, principalement par des éclats de grenades de désencerclement et des tirs de lanceur de balles de défense. Deux manifestants avaient plongé dans le coma, dont Serge. Le 27 mai, le porte-parole de Bassines Non Merci participera également au procès concernant l’organisation de la deuxième manifestation de Sainte-Soline. Enfin, le 29 juin, Julien Le Guet comparaîtra à nouveau dans l’affaire du tag : « Pour Serge et les 200 blessés de Sainte-Soline : Dubée, Vestieu et Darmanin en prison », pour laquelle il avait été relaxé il y a quelques mois.
Mais cette condamnation peut aussi produire l’effet inverse de celui recherché. Car de plus en plus de militants, de travailleurs, de jeunes prennent conscience que la défense de l’environnement se heurte frontalement aux intérêts du capitalisme. « Ce jugement confirme cette volonté de m’entraver dans ma liberté pour me réduire au silence, de faire de moi le bouc émissaire d’un mouvement qui ratisse large et grand. Mais je ne vais pas me laisser abattre », promet dans ce sens le porte-parole de BNM. Face à cette offensive, la solidarité est indispensable. Le mouvement ouvrier, les syndicats combatifs, les organisations de jeunesse et les collectifs écologistes ont tout intérêt à construire une riposte commune contre la criminalisation des luttes. Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse le cas de Julien Le Guet : c’est le droit même de s’organiser et de lutter contre la destruction écologique qui est attaqué.
La répression ne fera pas disparaître la colère. Elle montre au contraire que ceux qui gouvernent craignent l’émergence d’un mouvement capable de contester à la fois la catastrophe écologique et le système qui la produit.

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