26.03.2026

Extraits

L’ex-policier Laurent D. a été condamné à six mois avec sursis et interdit définitivement d’exercer, huit ans après des violences. Depuis dix ans, StreetPress avait relaté quatre autres accusations de violences de l’agent, toutes classées sans suite.

Mehdi B. est le cinquième habitant de la Seine-Saint-Denis à avoir déposé plainte en moins d’un an, entre octobre 2016 et août 2017, contre Laurent D., dit « Skoll », alors policier au sein de la brigade anti-criminalité (BAC) du Raincy. Ce 26 mars, après neuf ans d’une procédure passée entre les mains de plusieurs juges d’instruction, l’ancien policier de 45 ans a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis par le tribunal de Bobigny pour des violences volontaires sur Mehdi B. lors de son interpellation puis dans le commissariat de Raincy à l’été 2017, quelques mois avant d’être radié de la police nationale pour vol. La peine d‘« avertissement » est accompagnée de l’interdiction définitive d’exercer la fonction de policier et de détenir une arme pendant cinq ans, Il doit également verser 4.000 euros à la victime.
Les quatre autres affaires de violences le concernant, relatées par StreetPress dans deux articles, avaient été classées sans suite par le parquet.
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L’un de ses deux amis indique que Mehdi B. aurait alors chuté, un geste qui a pu être « mal interprété » par les policiers. De leur côté, ces derniers l’accusent sur procès-verbal de s’être « levé avec brutalité » et d’avoir « tenté de [leur] porter un coup ». En tout cas, les secondes qui suivent, Laurent D. le frappe au visage puis lui fait une clé d’étranglement et le plaque au sol. Mehdi dit être ensuite roué de coups de pied et tazé à deux reprises par les autres membres de l’équipage, jusqu’à son menottage.
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Là, Laurent D. lui aurait porté un coup de pied au visage et plusieurs coups aux côtes avec un autre fonctionnaire, avant d’être interrompu par l’irruption de l’officier de police judiciaire de permanence. Des lésions traumatiques sont constatées par un médecin le soir-même — la garde à vue toujours en cours — au cou et au thorax de Mehdi B., qui se plaint également de difficultés à respirer et de douleurs costales. Trois jours plus tard, une radio révèle qu’il a deux côtés cassées. Six jours d’incapacité de travail lui sont délivrés, dont deux pour le retentissement psychologique. Laurent D., de son côté, dépose plainte contre lui pour une douleur à la main droite.
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À l’audience, il affirme que Mehdi B. était « alcoolisé et sous stupéfiants » — ce que rien dans les deux procédures ne vient corroborer — et assure n’avoir pas été présent dans la salle de fouille du commissariat, contre les déclarations de l’officier de police judiciaire, ou encore justifie son interprétation des gestes de Mehdi car « il faisait nuit ». Pour rappel, il était 18 heures en plein mois d’août. Lorsque l’avocate de la partie civile, Maître Dilane Aydin, l’interroge sur les décalages entre ses déclarations et le procès-verbal d’interpellation, il enchaîne les remarques sarcastiques, puis, rappelé à l’ordre par Youssef Badr, souffle bruyamment et « garde le silence » — c’est son droit.
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Depuis son entrée dans la police nationale en 1998, à 18 ans, Laurent D. s’est constitué victime dans 40 procédures, la plupart entre 2008 et 2011, dont 21 pour outrage ou rébellion et 12 pour violences, pour lesquelles il ne se présentait « très rarement, pour ne pas dire jamais » aux procès, un palmarès qui étonne les juges.
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Le dossier est également coloré par les autres accusations de violences relatées par StreetPress en 2017. En lisant à haute voix des extraits du témoignage de Maxen, 16 ans, frappé à l’arcade dans des conditions similaires à celles de Mehdi B, le président lève un sourcil : « Si un lycéen mineur vient vers vous et arme ses poings, on vous apprend à le frapper ? »
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Sur le plan administratif, Laurent D. n’a pas non plus été inquiété. À la place, il est ballotté de service en service, jusqu’en octobre 2017 où il est viré de la police nationale pour avoir volé l’argent d’une personne décédée. Pour ces faits, il a été condamné le 4 octobre 2018 par le tribunal de Bobigny à neuf mois d’emprisonnement avec sursis avec une interdiction d’exercice de l’activité professionnelle pendant deux ans, qu’il n’a donc jamais reprise.
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Pour Mehdi B., le délibéré signe peut-être la fin de l’épée de Damoclès qui le menace depuis huit ans. Depuis 2017, il doit répondre présent tous les trois puis six mois devant la 12e chambre du tribunal correctionnel, où son procès pour violences et rébellion est sans cesse repoussé.

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26.03.2026

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Le 1er janvier 2019, Brahim Moussa, 25 ans, décédait un mois après avoir été atteint par une balle de la police, à Lille. La juge d’instruction chargée du dossier a prononcé en non-lieu en faveur du fonctionnaire de la BAC. L’avocat des proches du défunt a fait appel.

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26.03.2026

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L’homme reconnaît qu’il était saoul après avoir absorbé « des bières 8’6» qui, comme leur nom l’indique, sont fortes en alcool. Mais pour le reste, sa version est totalement différente. « Je n’ai pas frappé le policier. Une fois dans leur véhicule, ils m’ont coincé la tête entre les sièges avant et je prenais une baffe à chaque fois qu’ils passaient une vitesse. À l’hôpital, ils m’ont traîné au sol. Au commissariat, ils m’ont claqué la tête contre une porte. »
« Moi aussi, je veux porter plainte »
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L’avocat de la défense apporte alors quelques précisions décisives. « Mon client s’était auparavant rendu au commissariat pour porter plainte contre des squatteurs qui l’agressaient. Sa plainte a été refusée. Il est ensuite allé à la gare pour recharger son téléphone puis sur les lieux de l’incendie après avoir aperçu un nuage de fumée. C’est totalement fantaisiste mais il voulait filmer pour revendre les images à la presse !
C’est là qu’un voisin l’a aperçu et l’a accusé d’avoir mis le feu. Il a été plaqué au sol. Une fois arrivés sur les lieux, les policiers ont pris pour argent comptant la déclaration du voisin. Il aurait fallu consulter les vidéosurveillances du commissariat et de la gare ce qui aurait prouvé qu’il ne pouvait être, au même moment, à l’origine de l’incendie. Les vidéos de l’hôpital n’ont pas été vérifiées non plus. Enfin, pourquoi n’a-t-on pas auditionné l’infirmière qui se trouvait présente dans le box où il a censément donné un coup de pied dans les parties génitales du policier ? »

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26.03.2026

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Il y a quatre ans, ce chef d’entreprise alors âgé de 33 ans succombait au tir d’un fonctionnaire de police. Amalia, sa veuve, raconte sa vie brisée et celle de ses quatre jeunes enfants. L’auteur du coup de feu mortel sera jugé en novembre. L’instruction a écarté la légitime défense.
C’est devenu un rituel. Ce jeudi à 18h30, Amalia et ses quatre enfants commémoreront le quatrième anniversaire de la mort de Jean-Paul Benjamin.

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