29.06.2026

Arrêtés pour un graffiti, Dava et Azur dénoncent avoir été tasés et frappés par des policiers du commissariat du 10e arrondissement. Une enquête a été ouverte pour violences et injures homophobes.
« On était à leur merci », résume Dava (1), 33 ans. Au niveau de la cuisse, l’enseignant-chercheur et doctorant en philosophie est encore marqué d’une douzaine de points de taser. À côté de lui, Azur (1), 20 ans, a le visage légèrement tuméfié et, surtout, les yeux rouges et la gorge nouée en évoquant les faits. Les deux jeunes hommes dénoncent avoir été violentés par des policiers lors de leur interpellation, puis au sein du commissariat du 10e arrondissement, fin mai. Le parquet de Paris a ouvert ce jeudi 18 juin une enquête pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique avec arme et en réunion, et injures homophobes ». Les policiers mis en cause sont présumés innocents. Sollicités, la préfecture de police et l’inspection générale de la police nationale (IGPN) n’ont pas souhaité répondre à nos questions. La direction générale de la police nationale n’a pas donné suite (2).
Taser et coups de poings
Dans la nuit du 18 au 19 mai, à 2h55 du matin, Dava et Azur sont interpellés par quatre policiers en patrouille qui les prennent en flagrant délit de graffitis sur la devanture d’une pâtisserie de haut gamme, à deux pas du métro Goncourt, à la limite entre les 10e et 11e arrondissements parisiens. « Au début, le ton est ferme mais pas agressif, ils donnent dans la leçon de morale », décrit Dava, qui dit présenter ses papiers sans problèmes et vouloir « que les choses retombent le plus vite possible ». Selon son récit, l’interpellation dégénère quand le brigadier exige son numéro de téléphone. « Je lui ai demandé : “Est-ce bien légal ?”, ça a été le déclic. Tout à coup, la tension monte, le brigadier me plaque contre la devanture. »
Immédiatement, les agents auraient tenté d’amener Dava contre le bitume. Lui explique avoir eu « très peur », et s’être accroché « par instinct » aux barres de la devanture, redoutant de se « retrouver au sol » dans une situation de violence. Arrivé avec un second équipage, l’un des policiers « grand et épais » et à l’allure de « viking », lui aurait alors porté « des coups au visage et plusieurs coups de poing au ventre ». Le jeune homme dit avoir été également tasé à plusieurs reprises par « le plus âgé », jusqu’à ce qu’il lâche prise et tombe au sol, où il est menotté.
En plus des dégradations, Dava doit comparaître en novembre devant le tribunal judiciaire de Paris pour outrages et rébellion sur personne dépositaire de l’autorité publique. Les policiers l’accuseraient de leur avoir porté plusieurs coups et de les avoir traités de « fils de pute », ce qu’il conteste. La scène se serait produite juste sous une caméra de vidéosurveillance, précise Dava qui, pour faire extraire les images, a déposé plainte le jeudi 18 juin et fait deux signalements, l’un au Défenseur des droits, l’autre à l’IGPN qui l’a transmis aux services de la préfecture de police.
Azur est également embarqué. Interdit de territoire à Paris – où il est pourtant domicilié – suite à des dégradations en manifestation, il se voit « déjà partir en prison ». Pendant l’interpellation de Dava, il aurait été également frappé alors qu’il tentait d’intervenir, déjà menotté et assis dans la voiture de police :
« Le policier à côté de la portière m’a poussé pour me rassoir, et m’a mis une bonne tarte dans la gueule. »
De nouvelles violences au commissariat
Placés en dégrisement au commissariat du 10e arrondissement, Dava et Azur décrivent avoir chacun subi une succession de nouvelles violences, tant physiques que psychologiques. Selon eux, les policiers voudraient leur faire payer la rébellion du premier. Elles auraient commencé de la part du « viking » dès la sortie du véhicule dans le parking du commissariat, témoigne Dava :
« [Il] me dit : “Tu sais qu’ici y’a pas de caméras”, et il me redonne un coup au visage devant ses collègues. »
Rebelote quelques minutes plus tard à l’intérieur du bâtiment où, juste après l’avoir fait asseoir sur un banc, alors qu’il est toujours menotté, le policier baraqué lui aurait infligé « un crochet du droit ». La scène est confirmée par Azur, assis à côté de lui, pour qui Dava « ne représentait aucune menace ». Le certificat médical de Dava, établi trois jours plus tard, fait état d’« hématomes périorbitaires (bleu autour de l’œil, ndlr) », de douleurs nasales et aux cervicales et de griffures aux avant-bras.
« Après, ils se foutent de notre gueule, nous narguent, nous disent de fermer nos gueules », continue Azur. Assis côte à côte toujours menottés, dans l’attente de savoir ce qu’on fait d’eux, les deux interpellés parlent entre eux, trop fort, d’après les réactions d’un autre agent, un « jeune brun » chargé de les surveiller. Soudainement : « Le jeune se lève brutalement en lâchant : “Je t’avais bien dit de fermer ta gueule” et prend Azur et le traîne dans le couloir », indique Dava.
Pour Azur, la scène qui suit est encore brumeuse. Il raconte, difficilement, ne se souvenir que d’avoir été « chopé par le col » et emmené par le fonctionnaire, qui l’aurait poussé dans un renfoncement à l’intersection de deux couloirs menant aux cellules. Là, il aurait reçu « un ou deux coups de poing » dans le visage, puis aurait été malmené pendant une demi-heure par plusieurs agents, se retrouvant « contre le sol avec un pied sur la tête ». Depuis son banc, Dava ne voit pas la scène mais entend « une salve de coups sourds » portés sur Azur. « Cinq minutes plus tard, un second policier lance : “Ouais Brad Pitt, on va le défigurer” », ajoute-t-il. « Quand Azur ressort, il est tuméfié. On ne parle plus. » Sur des photos prises la nuit suivante, Azur a le visage marqué de multiples traces rouges sur chacune des pommettes. Lui n’a pas consulté de médecin et n’envisage pas de déposer plainte : « Le policier ne perdra pas son travail. Ce serait juste beaucoup de procédure et de stress pour pas grand-chose », explique-t-il.
« C’est comme si on était à eux »
Pendant deux heures, les deux interpellés continuent de faire l’objet d’une « agressivité constante » de la part des fonctionnaires, qui les insultent de « sales pédés », « gauchiasses », « fils de pute » et leur répètent de « fermer leur gueule », rapportent-ils. Les policiers auraient également refusé de leur donner de l’eau, de leur permettre d’aller aux toilettes et, pour Dava, d’accéder à sa Ventoline. Régulièrement, un fonctionnaire les « prend par le col » et les tire pour les faire souffler dans l’éthylotest situé à quelques mètres du banc et alors qu’ils ne montrent « aucune opposition », assurent-ils. Toujours dans une forme de revanche, selon Dava :
« Pour eux, on avait frappé des flics, donc ils nous traitaient comme des sous-humains, on était à leur merci. »
À l’image d’autres scènes de violences filmées dans les commissariats des 5-6e et du 19e et racontées dans les colonnes de StreetPress, Dava décrit une ambiance « paradoxale, aussi violente que légère », où la brutalité des fonctionnaires rejoint « une grande familiarité » : « C’est comme si on était à eux, qu’ils pouvaient s’amuser avec nous. » Devant eux, le « jeune » policier fait des tours de trottinette. Une atmosphère toxique, « absolument délétère », qui se traduit aussi par une agressivité entre les agents :
« À un moment, un policier a dit a une autre policière : “Toi t’es vraiment un sac à merde” »
Tandis qu’Azur est relâché à l’issue de son dégrisement avec une convocation, Dava est transféré au commissariat du 13e arrondissement pour y être placé en garde à vue pour des faits d’outrages et de rébellion, faute de place dans celui du 10e. Son traitement, cette fois par des policiers « de bureaux », change alors du tout au tout : « Ce n’était plus le même type de policiers, eux étaient plus professionnels. »
(1) Les prénoms ont été modifiés
(2) Sollicitée jeudi 18 juin, la préfecture de police de Paris a renvoyé « vers le parquet et l’IGPN ». Le lendemain, l’institution a renvoyé à son tour vers le service de la communication de la police nationale (Sicop), qui n’a pas donné suite malgré une relance le jeudi 25 juin.
Illustration de Une de Caroline Varon.

Article de presse gratuit disponible

Mots clés

14.06.2026

Le tribunal administratif de Marseille a confirmé la révocation d’un policier municipal de Nice, actée en 2022. Ce dernier a été impliqué dans une affaire de violences.
La cour administrative d’appel de Marseille a validé à son tour la révocation d’un policier municipal de la « BAC nuit » de Nice (Alpes-Maritimes) qui avait été impliqué en 2022 dans « l’arrestation arbitraire » d’un jeune homme laissé « seul » et « blessé » en pleine nuit dans un lieu « éloigné du centre-ville ».

(…)

Une « arrestation arbitraire »
Dans la nuit du 10 au 11 avril 2022, ce dernier s’était en fait rendu « sans motif professionnel » dans un bar avec ses co-équipiers « alors qu’il était en service » et « en uniforme », rappelle la cour administrative d’appel de Marseille dans un arrêt en date du 28 mars 2026 qui vient d’être rendu public. Il avait alors « conduit […] un individu qu’il présumait être le co-auteur d’un » tag « sur le véhicule de police » dans un lieu « éloigné du centre-ville », alors qu’un simple « contrôle d’identité » lui avait été « préconisé » par un officier de police judiciaire (OPJ).
Cette « arrestation arbitraire » survenue « en dehors de tout cadre légal » s’était produite après que le requérant ait « demandé » à son collègue conducteur « de se rendre à un autre lieu que la caserne à laquelle ils devaient se rendre ». Le fonctionnaire avait par la suite « reconnu avoir consommé de l’alcool avant les faits », avait-il été précisé en première instance.
« Il a fait descendre le jeune […] du véhicule, […] lui a donné une gifle avec le revers de la main et […] lui a mis la tête sur le capot » détaillait même le tribunal administratif de Nice. « Le requérant, qui n’a pas reconnu avoir porté de coups […] et qui a indiqué que ses coéquipiers n’ont pas touché à ce dernier ni proféré d’insultes, est resté insensible devant les constatations médicales qui lui ont été exposées », avait déjà relevé la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence quand elle l’avait placé sous contrôle judiciaire.
Il nie les menaces et insulte
« Si […] M. X nie avoir menacé le jeune […] de viol et de lui mettre une balle dans la tête […], les déclarations de ses coéquipiers […] ne concordent pas avec l’ensemble de ses dires », avaient relevé les magistrats. « Ils font au contraire état d’insultes, de menaces et de coups portés par le requérant à l’égard du jeune homme. » Le fonctionnaire avait au demeurant « reconnu ne pas avoir porté assistance » à sa victime, avait fait état de « problèmes familiaux » et « être sur la corde raide ». « Les déclarations de la victime concordent », était-il relevé.
Devant le conseil de discipline, en juin 2022, l’avocat du policier municipal avait d’ailleurs dit « à l’ouverture des débats » que son client « ne conteste pas » les faits commis et qu’il estimait lui-même « mériter une sanction pénale et disciplinaire ». « La réalité des faits est établie », en déduit donc la cour administrative d’appel de Marseille.
Il ne reconnaît que trois « gifles »
« Si M. X conteste avoir été l’auteur de séquestration, menace de viol ou intimidations, qu’il affirme n’avoir infligé […] que trois » gifles « ayant accidentellement provoqué une fracture du nez et que l’auteur présumé du » tag « s’était préalablement montré » insultant et insolent « […], toutefois il ne conteste pas l’étendue des blessures subies par l’individu », font observer les juges. « M. X a décidé […] de transporter ce dernier dans un lieu éloigné du centre-ville de Nice […] et il y a été laissé ensuite seul et blessé en pleine nuit », répètent-ils.

Article de presse gratuit disponible

Mots clés

03.06.2026

Les violences post-victoire du PSG en coupe d’Europe entraînent leurs premières condamnations, mais les supporters ne sont pas les seuls à avoir affaire à la justice… Un policier ivre a été condamné pour avoir braqué et menacé deux automobilistes alors qu’il n’était pas en service. L’IGPN poursuit par ailleurs son enquête sur un possible mobile raciste.
Les conséquences judiciaires commencent à arriver après les violences et les débordements consécutifs à la victoire du PSG en Ligue des champions. Ce mardi 2 juin, de nombreuses personnes étaient jugées en comparution immédiate devant le tribunal de Paris pour des violences et dégradations commises le soir de la finale de la Ligue des champions.

(…)

Une agression raciste ?
Alors qu’ils célébraient la victoire du PSG, drapeaux en main au volant de leur voiture, un homme s’est mis en travers de leur route. « Il a sorti son arme sans se désigner en tant que policier, sans brassard de police. Il a braqué mon ami qui était au volant. Il lui a dit ‘coupe le contact’, ‘fils de pute’, ‘ne bouge pas ou je te shoot' », a expliqué l’une des deux victimes.
Ils assurent avoir été victimes de racisme. « Il y a des insultes comme ‘rentrez chez vous’, ‘vous n’êtes pas dans votre pays' », ajoute Redda.
« J’étais ivre », a répondu le policier, assurant à la cour ne se souvenir de rien. Concernant le motif raciste, l’intéressé a justifié par : « J’ai un ami arabe ».

Article de presse gratuit disponible

Mots clés

24.05.2026

Entre 300 et 500 élèves ont manifesté vendredi 22 mai 2026 devant le lycée Germaine-Tillion à Montbéliard (Doubs). Mais ce rassemblement a dégénéré avec des débordements de violence. Trois jeunes ont été placés en garde-à-vue tandis que les syndicats enseignants dénoncent des violences policières. On vous explique.
Ils s’étaient réunis dès 8h du matin. Devant le lycée Germaine-Tillion, à Montbéliard (Doubs) entre 300 et 500 élèves se sont rassemblés vendredi 22 mai 2026 pour protester contre la décision du proviseur (prise mercredi 20 mai) d’interdire l’accès au hall jusqu’à nouvel ordre. Cette décision avait été prise suite à l’utilisation de fumigène dans ce hall mais les élèves avaient perçu cette décision comme une punition collective. « Des problèmes organisationnels et la vétusté de certains locaux avaient également motivé leur décision », est-il écrit dans un communiqué de presse intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard.
La manifestation s’est étendue jusque dans l’après-midi. « Selon les témoignages que j’ai pu avoir, tout s’est bien passé jusqu’à 15h, où les élèves jouaient au football et le ballon a touché la voiture d’un policier. Les policiers ont gardé le ballon et ça a dégénéré », rapporte Mohamed Abohlfaya, secrétaire général de l’union syndicale lycéenne de la fédération du Doubs. Trois jeunes ont été interpellés et placés en garde à vue. Deux d’entre eux sont toujours en garde à vue et seront présentés au procureur de Montbéliard dimanche 24 mai. « Un élève serait blessé », est-il précisé dans le communiqué de presse.
« La police a chargé violemment et sans distinction »
« Suite à des débordements dus à quelques-uns, la police a chargé violemment et sans distinction le groupe restant, faisant usage de lacrymogènes », souligne le communiqué. D’après le témoignage d’un professeur que Mohamed Abohlfaya a pu recueillir, les élèves auraient subi cinq à six charges de la part des policiers. « Il y a même eu des jets de lacrymo dans la cour », rapporte-t-il. « Ça a touché les élèves et même des professeurs qui étaient au bord de la route », témoigne Lana, lycéenne présente lors de la manifestation.
« Il y a un même une vidéo qui tourne où un prof demande à un policier de se calmer et celui-ci le traite de Mélenchon », ajoute-t-elle. Les députés LFI Antoine Léaument et Danièle Obono ont réagi sur X sur ce sujet.
« Vous êtes un Mélenchon » : ce policier sort de son devoir de réserve.
— Antoine Léaument 🇫🇷 (@ALeaument) May 23, 2026
L’acclamation qu’il suscite en faveur du candidat insoumis était la meilleure réponse à faire.
Quand nous arriverons au pouvoir, ce genre de comportement, c’est fini. pic.twitter.com/9MxsIDtNnc
Selon Lana, certains policiers auraient largement abusé de leur pouvoir. « Dans une vidéo, on voit un policier qui attrape un élève et qui commence à l’étrangler, à le serrer au cou. On voit bien sur la vidéo qu’il n’arrive plus à respirer mais ils n’en ont rien à faire », lâche-t-elle. La lycéenne rapporte également que, dans un sonore enregistré par un lycéen qui se plaint auprès d’un policier d’avoir failli mourir à cause des gaz lacrymogènes, le policier lui aurait rétorqué : « T’as failli mourir et bah tant mieux. Ça fera un connard de moins ».
D’après la jeune fille, la manifestation a pris fin avec un barrage mis en place par les policiers. « Je me demande pourquoi ils ne l’ont pas fait depuis le début », se questionne-t-elle.
Un appel à la discussion des syndicats
Dans le communiqué intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard, « les enseignant.es du lycée Germaine Tillion tiennent à condamner l’absence de dialogue avec la direction de l’établissement, qui aurait permis, s’ils avaient eu lieu, d’éviter les débordements et les violences policières qui ont suivi ».
Les insultes, les flash balls et les gaz lacrymogènes lancés sur des adolescents ne constituent pas une réponse digne d’une démocratie et d’une institution qui se veut exemplaire et bienveillante avec notre jeunesse.
communiqué de presse intersyndical des personnels du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard
Les syndicats enseignants souhaitent que des discussions aient lieu entre la direction du lycée et les lycéens. Ils appellent aussi le rectorat à intervenir pour apaiser les relations entre les lycéens et les forces de l’ordre et demandent « un bilan objectif des modalités d’interventions » de la police afin d’éviter de nouveaux débordements.

(…)

« L’objectif est de manifester pacifiquement mais on sent qu’ils sont tendus donc faut faire attention à ce que ça ne déborde pas », prévoit le secrétaire général de l’union syndicale lycéenne de la fédération du Doubs. « On peut espérer comme vendredi entre 300 et 500 personnes mais comme il y a eu des répressions, ils ont peur donc on ne sait pas ». Les lycéens décideront le jour même s’ils maintiendront ou non, le blocus pendant le reste de la semaine.

Article de presse gratuit disponible

Mots clés

27.02.2026

Le fonctionnaire, en poste à Saint-Denis, employait sa victime au noir, dans l’Oise. Suite à un différend, il l’a menacée de mort avant d’être interpellé. Le tribunal l’a condamné à 18 mois de prison avec sursis.

Mots clés