15.04.2026

Tribunal de Bobigny (93), 2 avril 2026 — Trois policiers jaillissent de la porte du fond, escortent un jeune homme menotté qui salue d’un mouvement de tête ses proches, son avocat, avant de s’asseoir sur le banc des parties civiles. Les policiers lui défont ses menottes et se positionnent, debout, à deux mètres de lui. Côté prévenu, un homme libre prend place : Mohamed M., 45 ans, chef de la brigade anti-criminalité (Bac) de Pantin (93).

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Pour ces violences, le policier a été condamné ce 17 avril 2026 à dix mois de prison avec sursis et dix mois d’interdiction d’exercice, avec exécution provisoire.
Le 19 mai 2024, à 17h30, Rachid et un ami se font interpeller avec quelques grammes de shit dans leurs poches. Embarqués au commissariat de Pantin, qu’ils connaissent bien, ils se voient signifier leur placement en garde à vue. Le motif ? Vente ou cession de produits stupéfiants. Le mineur de 17 ans explose : ces quelques grammes étaient destinés à sa consommation, c’est l’évidence même. Ils n’étaient même pas postés à un point de deal et Mohamed le sait bien. Il connaît le garçon depuis ses 11 ans. En 21 ans de Bac à Pantin, Mohamed connaît tout le monde.

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Il était menotté à un banc, assis, et certes il insultait tout le monde dont Mohamed, c’est exact, et surtout la mère de Mohamed. Ce dernier, à bout de nerfs, aurait répliqué : « Tu sais où elle est, ma mère », puis lui aurait asséné « quatre, cinq bonnes baffes ». L’ami de Rachid confirme. Les collègues du policier n’ont rien vu. L’une d’entre elles a rapporté en audition avoir entendu le son d’une claque, ce qui colle avec la version du mis en cause.
Une protection sur l’oreille deux ans plus tard
Deux jours après les faits, un médecin constate une ecchymose, un acouphène et prescrit un traitement antibiotique de sept jours. Un médecin ORL constate une perforation du tympan gauche. Près de deux ans plus tard, Rachid continue de se doucher avec une protection sur l’oreille. Il ne peut pas mettre la tête sous l’eau, et souffre encore.

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« – Il a 17 ans. Il est mineur. Est-ce que c’est normal qu’un jeune de 17 ans entre dans un commissariat et en ressorte avec un tympan perforé ?
– J’ai jamais eu de problème en 24 ans de carrière. Je suis chef de la Bac de Pantin.
– Je ne pense pas que ce soit ma question. Quel danger il représente à partir du moment où il est menotté ? »

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« – C’est un gamin qui réagit à des coups qu’il a reçus. Il est très virulent, mais il réagit, il vous interpelle.

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Une audition du policier qui choque le juge
Ces violences interviennent dans un contexte. Rachid dit : « Il vient dans ma cité et contrôle les gens, tout le temps. Les policiers m’appellent “tête à claque”. Depuis les faits, il dit à tout le monde que “Rachid va sauter”. Il se fait passer pour un gentil, mais il en a frappé, des gens. » Le président le met en garde :
« – C’est important votre parole aujourd’hui, c’est important de dire la vérité.
– Monsieur, je me suis fait frapper par plein de policiers, mais lui, ce qu’il m’a fait… »

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Cinq gifles, comme le prétend le plaignant, ou une seule, comme l’affirme le prévenu ? La procureure n’a pas besoin de trancher : un seul coup suffit à perforer un tympan.

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15.04.2026

Un homme de 37 ans a été interpellé par le RAID après avoir voulu «tester la fiabilité et la surveillance de l’IA»
L’affaire est cocasse. Sans doute préoccupé par le recul des libertés publiques, un strasbourgeois a décidé de se saisir lui-même des inquiétudes qui devraient toutes et tous nous mobiliser en matière de surveillance numérique. Pour ce faire, rien de plus évident. Sur Chat GPT, l’homme de 37 ans a simplement évoqué son intention d’acheter une arme pour s’en prendre à «un agent du renseignement de la CIA, du Mossad ou de la DGSI» en vue de «tester la fiabilité et la surveillance de l’IA».
Une vaste chaîne répressive se met alors en branle. De l’autre côte de l’Atlantique, les échanges en question sont transmis par OpenAI à des agents du FBI, qui décident à leur tour d’alerter les autorités françaises à travers la plateforme de délation en ligne PHAROS, réputée pour son inefficacité. Mais cette fois, cette étrange coopération internationale conduit au déploiement du RAID, une unité d’élite de la police nationale dédiée à l’antiterrorisme, pour procéder à l’interpellation du malheureux.
Immédiatement placé en garde vue, sa détention a finalement été levée dès le lendemain et l’affaire a été classée sans suite, des échanges numériques n’étant pas suffisamment caractéristiques d’un projet d’attentat. Il a cependant été hospitalisé d’office à l’issue de sa garde à vue en raison d’antécédents psychiatriques. S’il a effectivement obtenu la réponse à son interrogation initiale – oui, l’IA nous espionne – cette affaire soulève des préoccupations quant au monde numérique de demain.
Cette réaction en chaîne – OpenAI, FBI, PHAROS, Raid – illustre un basculement concret dans l’usage des intelligences artificielles conversationnelles. Ce qui nous est vendu comme un espace privé de dialogue fonctionne en réalité comme un environnement surveillé, capable de déclencher une cascade d’interventions d’ampleur mondiale en quelques heures. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt : une part grandissante de la population confie sa vie aux data center. Bilan médical, fiches de paie, conseils psychologiques : en invitant l’IA dans notre intimité, nous donnons souvent sans le savoir des mines d’informations extrêmement précieuse à des entreprises privées. Le vieil adage «quand c’est gratuit, c’est que c’est toi le produit» n’a jamais semblé aussi vrai.
Chaque jour, des millions de personnes copient collent leurs résultats sanguins, leurs IRM, leurs diagnostics de cancer, leurs ordonnances ou encore leurs situations financières dans des applications comme ChatGPT pour les analyser ou demander conseil. Et de fait, ces données finissent stockées sur des serveurs californiens quasiment libre d’accès. Si non seulement les entreprises comme OpenAI se réservent le droit d’utiliser ces conversations pour entraîner leurs modèles, elles sont donc également rendues accessibles aux autorités. Autrement dit, un moteur d’IA en sait probablement plus sur vous que votre propre famille proche ou même que votre médecin !
Alors que l’IA conversationnelle est aujourd’hui massivement utilisée à l’échelle de la planète, la concentration de données sensibles dans de telles proportions fait peser un risque immense sur la protection de la vie privée. Des entreprises tentaculaires réalisent donc un tour de passe passe vertigineux ; la dépossession massive et volontaire de toute forme de souveraineté informationnelle pour des millions d’êtres humains, le tout à des échelles qui font rêver les gouvernements les plus répressifs.
N’importe quelle police n’aura bientôt plus qu’à demander à OpenAI pour connaitre les préférences culinaires, maladies, situation amoureuse ou financière d’une personne qu’elle veut surveiller.

 

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15.04.2026

Autre exemple de cette guerre contre la jeunesse ces derniers jours : des descentes de police dans des chambres d’adolescents. Un compte de la Police Nationale publiait le 10 avril des photos d’opérations de contrôle dans des dortoirs d’internats à Gap, revendiquant «150 chambres contrôlées». On y voit des agents en civil et en uniforme fouiller les affaires personnelles des élèves. La presse explique que tout ce cirque a lieu «à la demande des chefs d’établissement et sur réquisition du parquet». Il y a donc, en France, des magistrats, du personnel éducatif et des forces de l’ordre qui n’ont rien de mieux à faire que de harceler des jeunes dans leurs espaces d’intimité.
Et pour quel résultat ? Attraper quelques cigarettes électroniques. «Un mineur sur cinq» en possédait selon la police. Quel gros coup de filet ! Au moins aussi grave que le CBD de Rima Hassan… Les policiers disent aussi avoir saisi du tabac, de l’alcool et des recharges de cigarettes électroniques qui ont été «confisquées». La belle affaire.
Pour quiconque né avant 2000, il était courant de fumer des cigarettes dans la cours de son lycée, de sortir boire des cafés ou même quelques verres après les cours. Les vieux cons qui répètent que «c’était mieux avant» n’ont aucune mémoire : «avant», il n’y avait pas des réacs qui fliquaient les faits et gestes des jeunes. Ni de médias complaisants pour les applaudir. Les enfants ont TOUJOURS crié dans les cantines. Le bruit des cours de récré était une musique normale dans les villes et villages, un signe de vitalité. Quant aux adolescents, ils ont toujours fumé, bu, fait le mur pour aller s’amuser. «Il faut bien que jeunesse se passe» disait-on jadis. Les enfants ne sont pas plus bruyants ou fumeurs qu’avant. C’est le seuil de tolérance générale qui s’est effondré.
La réaction à chaque coin de rue
On ne pardonne plus rien aux plus jeunes. La génération du baby-boom, qui a bénéficié de la vague libertaire de Mai 68, qui a proclamé qu’il fallait «jouir sans entraves» et qu’il était «interdit d’interdire», qui a participé à tous les excès et révoltes, est désormais retraitée. Et elle ne tolère pas chez les jeunes de ce qu’elle a elle-même fait. Ce sont souvent les mêmes qui racontent avec un œil humide leur folle jeunesse étudiante, les fêtes et la libération sexuelle qui se réjouissent devant Cnews quand la police harcèle des ados jusque dans leurs chambres.
Et ces deux exemples ne sont malheureusement pas isolés. Le 20 novembre, à Nogent-le-Roi, dans l’Eure-et-Loir, des élèves de maternelle ont vu la police municipale débarquer dans la cantine. Les agents ont été appelés «pour rappeler à l’ordre les enfants qui faisaient trop de bruit». Certains ont été choqués. Il y a également le mouvement «No kid» qui ne supporte plus les enfants dans les trains et bientôt voudra les chasser de l’espace public. Il y a la répression sanglante des Free Party, et plus globalement de quoique ce soit de joyeux ou débordant venu de la jeunesse. Ces mesures disciplinaires imposées dès les bancs de l’école préparent les adultes de demain à n’être que des esclaves, sans esprit de créativité, sans possibilité du moindre pas de côté, sans joie ni pulsion de vie. Bientôt des barbelés et des miradors autour des rares berceaux ?
Une société qui ne supporte plus que les enfants soient des enfants et les adolescents des adolescents est en phase terminale. La France est en train de devenir un EHPAD réactionnaire qui ne laisse aucun horizon aux plus jeunes. Un pays animé par une pulsion de mort.

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15.04.2026

Islam, 19 ans, a subi la morsure d’un chien de la police municipale de Rilleux-La-Pape le 21 mars au soir, alors que la police nationale procédait à un contrôle d’identité. Depuis, il est recherché par la police, qui a déposé plainte pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. Islam a lui aussi porté plainte – pour tentative de meurtre. Il attend toujours d’être entendu.

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Samedi 21 mars 2026, en soirée. « C’était la fête de l’Aïd. On devait aller manger avec des amis. On sort du parking de notre quartier pour aller prendre le bus. Des policiers de la BST [Brigade Spécialisée de Terrain, NDLR] arrivent pour un contrôle d’identité et des palpations. » témoigne Islam D., 19 ans, habitant dans le quartier de la Velette à Rilleux-La-Pape (69) depuis 2018. « On leur dit : même pour l’Aïd vous nous contrôlez ? Lâchez le morceau, vous nous contrôlez toujours… » L’ambiance se calme, jusqu’à ce que la police municipale arrive en renfort, accompagnée d’un maître-chien. « D’un coup, la police municipale arrive à 2 voitures. Ils sortent casqués, avec le gilet par balles, le flashball, les matraques, le chien. Mes amis leur demandent pourquoi ils font les cowboys. Ça chauffe. On ne les insulte pas mais on leur demande plutôt pourquoi ils viennent tout le temps. »

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Sur une vidéo filmée ce soir-là par un témoin, et diffusée sur les réseaux sociaux, on entend le chien du brigadier canin aboyer presque en continu. Il semble assez excité et tire parfois sur sa laisse sans être réprimandé. On entend les amis d’Islam interpeller les policiers : « pourquoi il lâche son chien ? ». Un jeune qui s’avance est repoussé par un policier. Le malinois, toujours en laisse, fonce sur lui dans ce qui ressemble à une technique de percussion muselée. « Il attaque mon ami puis il s’attaque à moi », raconte Islam. « Par réflexe, comme j’ai peur des chiens, je mets un coup de pied en disant ‘‘prends ton chien’’. Un policier de la BST me prend et me plaque au sol. Il me gaze en même temps, je ne voyais plus rien. D’un coup, je sens que quelque chose me mord la nuque. Je ne vois qu’après que c’est le chien. Je me suis dit que si je ne m’échappais pas, j’allais mourir. Aucun policier ne m’est venu en aide pendant ces quelques secondes. Je crie qu’il me mord et mes amis m’aident à me relever, j’étais sonné. »
Islam s’enfuit avec ses amis. Lorsqu’arrivé chez l’un d’eux il va se laver le visage, il prend conscience de l’ampleur des blessures : « j’ai failli m’évanouir. J’ai vomi plusieurs fois. J’ai cru que j’allais mourir. » Son ami le conduit à l’hôpital Médipôle de Villeurbanne, où le certificat médical relève notamment « trois traces de crocs profondes » et une « morsure profonde en regard de la zone jugulaire et carotidienne ».
Le lendemain,le jeune homme décide de porter plainte : « ce n’était pas possible de laisser passer ça. D’autant que ce n’est pas la première fois que je subis des violences policières ; des CRS m’avaient frappé il y a un an environ, alors que j’étais en bas de chez moi et que j’avais refusé de suivre l’ordre de rentrer. Cette fois-là, on avait refusé ma plainte » se souvient Islam. Il dépose plainte pour tentative de meurtre et violences volontaires aggravées auprès du Procureur de la République le 24 mars.
Mesures de rétorsion ?
Ce même jour, deux jeunes amis d’Islam ont été jugés en comparution immédiate pour outrage et violence contre personne dépositaire de l’autorité publique (PDAP) le soir de cette morsure : ils ont été condamnés à 6 mois fermes de détention domiciliaire sous surveillance électronique pour l’un et 6 mois de prison avec sursis pour l’autre. « Aucun des policiers entendus dans le cadre de cette procédure n’avait fait état de l’agression par le chien et de la morsure subie par [Islam] » écrivent ses avocat·es, Me Bouqin et Me Foray, dans une lettre envoyée à la Défenseure des Droits. « Cette réalité documentée par des vidéos circulant sur les réseaux sociaux depuis le 22 mars 202[6] était délibérément occultée de l’enquête », appuient les deux juristes. Diego* (prénom changé à sa demande) est l’un d’entre eux. S’il reconnait l’outrage, il relate sa version des faits de violences sur PDAP qui lui sont reprochés : « On m’a reproché d’avoir tiré sur le gilet pare-balle du policier [qui a eu 6 jours d’ITT, NDLR]. La vidéo, on ne l’a regardé que quand je tirais sur son gilet. Pas avant où on voit la morsure » raconte-il. Il dit avoir lui aussi vécu des violences de la part des policiers : « l’un m’a frappé. Dans mon dossier de garde-à-vue, on voyait sur l’une des photos que le médecin a prise que ma bouche était gonflée. Ça prouve bien qu’ils m’ont frappé. Mais au tribunal, on me répond qu’on ne voit pas le policier me frapper sur l’extrait de vidéo diffusé ».

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Diego*, quant à lui, affirme qu’il voit le policier municipal enlever la laisse du chien. « Quand je vois ensuite courir le chien pour sauter sur Islam, je suis certain qu’il n’a plus de laisse et plus de muselière. Je suis traumatisé par cette soirée, je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai bien vu que si le chien l’avait mordu encore deux minutes, Islam serait enterré à l’heure qu’il est. Il l’a vraiment échappé belle. Tout ce que raconte le maire de Rilleux est faux et les vidéos qui circulent le montrent bien. »
Les avocat·es d’Islam pointent une « déclaration mensongère dans le but de couvrir une situation problématique ».

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« Personne ne nous donne de garanties d’indépendance de l’enquête »
Depuis ce samedi-là, Islam ne dort plus : « J’ai vu le médecin légiste le lundi, qui m’a prescrit 8 jours d’ITT et 3 semaines de rétablissement. Si j’y étais allé le soir-même, il m’aurait sans doute donné un mois… À 2cm ça a failli toucher la jugulaire. A 19 ans, j’aurais perdu ma vie… ça m’a vraiment traumatisé, j’ai vu la mort. Je ne mérite pas de vivre ça. » Islam enchaîne insomnies et cauchemars depuis ce soir de violence. « Les douleurs ça se soigne, mais le mental ça prend du temps… J’ai demandé à voir une psychologue, j’en ai vraiment besoin. » Son angoisse est renforcée par la procédure parallèle à la sienne, dans une plainte où il est accusé de violences sur PDAP.

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: « c’est le policier le moins aimé dans tout Rilleux, il veut toujours faire le cow-boy, il veut toujours provoquer. Il ne veut pas parler avec les gens, on a l’impression qu’il pense qu’on est tous des délinquants. » Diego*, l’ami d’Islam, le rejoint : « ce policier est connu sur Rilleux pour des faits de violences. On est quasiment habitués, ça ne nous fait plus rien. Mais ce soir-là, quand la police municipale débarque, j’ai senti que le contrôle allait prendre une autre ampleur ; ils nous parlaient mal dans leur intonation, ils étaient provocants et arrogants. »
Comme souvent dans les affaires de violences policières, une procédure parallèle s’ouvre où la victime des policiers se retrouve sur le banc des accusés. Depuis, Islam est recherché par la même police que celle contre laquelle il a porté plainte.

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Au téléphone, les policiers du commissariat de Villeurbanne lui confirment qu’Islam sera placé en garde-à-vue s’il se présente : « Surprise, j’explique que je pensais qu’il souhaitait l’entendre suite à la plainte pour tentative de meurtre que nous avions déposée mais le fonctionnaire me répond qu’il n’est pas au courant, que c’est à part. Je réponds alors que c’est hors de question qu’Islam se présente puisqu’il a déposé plainte contre les enquêteurs en charge de la procédure. On me répond : on fera un mandat contre votre client, on va le toper. »
Dans la lettre envoyée à la Défenseure des Droits, ses avocats dénoncent l’absence d’impartialité de l’enquête en cours contre Islam, pourtant victime de cette intervention : « ce climat est contraire aux exigences rappelées par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) d’une enquête diligente, effective et crédible devant être réalisée, dès lors qu’une personne soutient avoir subi une brutalité policière. » écrivent-iels. La jurisprudence de la CEDH a plusieurs fois rappelé le droit à un procès équitable et à une enquête indépendante. « Elle rappelle qu’il faut une enquête dès lors que des brutalités policières sont alléguées, à partir du moment où elles sont vraisemblables. Là, il y a les vidéos, les morsures on est au-delà du vraisemblable. Et personne ne nous donne de garantie d’indépendance de l’enquête », regrette Me Bouquin.

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20.04.2026

Quelque 76 étudiants propalestiniens de Sciences Po ont reçu, mardi 14 avril, une contravention de 400 euros inscrite au casier judiciaire. L’examen de la proposition de loi Yadan, prévu jeudi à l’Assemblée nationale, a réactivé la mobilisation dans l’enseignement supérieur.

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https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/15/soutiens-a-la-palestine-des-etudiants-evacues-par-la-police-apres-avoir-occupe-sciences-po-et-la-sorbonne-deux-conseils-de-discipline-aux-beaux-arts_6680330_4401467.html
Devant les Beaux-Arts de Paris, mercredi 15 avril, deux étudiants attendent leur passage en conseil de discipline. « Soutenir la Palestine n’est pas un crime », scande une centaine d’étudiants et quelques enseignants autour d’eux. « Nous sommes des symboles brandis par la direction, mais, derrière nous, c’est bien l’ensemble des étudiants qu’elle cherche à intimider », déclare Raphaël (il n’a pas souhaité donner son nom), l’un des deux étudiants convoqués. « Cette répression que nous vivons essaye de détourner le débat, mais c’est très important de se mobiliser à travers notre art, dans nos emplois et partout », ajoute la seconde étudiante, Clara Paillettes.

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Aux Beaux-Arts, la mobilisation s’est accentuée en février après que la direction a effacé au nettoyeur à haute pression une fresque aux couleurs du drapeau palestinien peinte la veille sur les marches d’un immense escalier, où des œuvres sont régulièrement taguées par les étudiants. La direction accuse les étudiants d’avoir utilisé, pour fixer des affiches, une colle qui a entraîné une dégradation de locaux classés monument historique, « ce qui constitue une atteinte à un patrimoine qui appartient à toutes et à tous », indique au Monde le directeur, Eric de Chassey. Ces affiches dénonçaient le fait que l’administration était plus prompte à intervenir pour effacer un drapeau palestinien qu’à régler d’autres problèmes, à commencer par la présence de plomb dans l’eau à l’école.

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