13.04.2026

Un policier est jugé pour avoir dissimulé des munitions chez ses parents. Une affaire troublante.

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Les munitions, cachées dans deux malles noires dans la chambre d’enfance de Théo, ont suscité des interrogations.

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Des confiances douteuses

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Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la responsabilité des forces de l’ordre lorsqu’elles mélangent vie professionnelle et personnelle.

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13.04.2026

Dimanche 29 mars, le carnaval de la Plaine a été une nouvelle fois stoppé par une intervention des forces de l’ordre. Le parquet a ouvert une enquête pour « violences aggravées », qu’il a confiée à l’Inspection générale de la Police nationale.

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Cinq jours d’interruption temporaire de travail (ITT), sept points de suture sur l’arête du nez et un traumatisme psychologique toujours vif. Jeudi 2 avril, quatre jours après le carnaval de la Plaine, Erhan Kaya a porté plainte contre X pour “violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique” en marge de la manifestation festive et populaire, qui a rassemblé plus de 14 000 personnes cette année, selon les forces de l’ordre elles-mêmes.

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13.04.2026

Les images de vidéosurveillance montrent l’un d’eux gifler et intimider le jeune homme alors qu’il est menotté à un banc, sous le regard amusé de plusieurs autres effectifs, qui le traînent de force dans la salle de fouille, puis affirment qu’il s’y est blessé seul. Aucun d’eux n’avait activé sa caméra-piéton.
Le commissariat du 19e a déjà été le théâtre de plusieurs épisodes de violences commises par des fonctionnaires de police. En 2021, des enquêtes de Mediapart et StreetPress pointaient notamment des coups d’une grande brutalité contre plusieurs gardés à vue et « des actes de torture ». Ces faits avaient été soutenus par l’enquête du journaliste infiltré, Valentin Gendrot (1).

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L’auteur de la gifle, Jean-Michel G., a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et interdit d’exercer dans la police nationale, municipale et gendarmerie pendant cinq ans. Une peine qui comprend ces faits et une seconde affaire de violences, jugée en même temps. Les deux autres agents, Marc B. et Guillaume G., ont écopé de quatre et six mois avec sursis pour les violences — et faux en écriture pour le second. Un quatrième policier, poursuivi pour complicité, a été relaxé au bénéfice du doute.

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Giflé puis traîné dans la salle de fouille

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À 19h30, la vidéosurveillance du commissariat, que StreetPress s’est procuré, montre l’un des policiers, Jean-Michel G., visiblement excédé, s’approcher de lui et lui mettre un coup de pression. Deux minutes plus tard, le gardien de la paix revient et commence à le détacher du banc. Là, soudainement, il le frappe au visage. Le coup est brusque, alors qu’Ali est encore attaché. À l’audience, l’avocat de l’agent maître Mathieu Bourgeois concède :
« Des images qui ne souffrent d’aucune complaisance, celles d’un homme qui lève la main sur un autre menotté à un banc. »
Les violences ne s’arrêtent pas là. Pendant près d’une minute, sous le regard d’au moins cinq autres membres du commissariat et de la 22e compagnie d’intervention qui a procédé à l’interpellation, le gardien de la paix joue le dur et enchaîne les feintes et les mouvements soudains sur le jeune homme qui, apeuré, se recroqueville à chaque brimade, les genoux contre lui pour se protéger. Autour de lui, la scène amuse. Plusieurs policiers rigolent, l’un d’eux garde tout le long le sourire jusqu’aux oreilles. Sur la dizaine de policiers présents dans la salle, aucun n’intervient à son secours.
Au contraire, les secondes qui suivent, Ali H. est tiré par le col par Jean-Michel G. puis mis à terre avec le croche-patte d’un autre, et tiré de force par quatre fonctionnaires vers la salle de fouille, dépourvue de caméra. Trois d’entre eux s’enferment avec lui. Il en ressort moins de deux minutes plus tard, en pleurs, le visage rouge, couvert d’hématomes. À nouveau menotté au banc, il s’affole, retire son tee-shirt, insulte les policiers et se plaint longuement des violences qu’il a subies. « Je te connais même pas et tu m’as fait tout ça », l’entend-on hurler vers l’un d’eux, Guillaume B., qui vient seulement d’activer sa caméra-piéton.
Le soir même, un médecin des unités médico-judiciaires constate à Ali H. plusieurs hématomes au visage ainsi que des rougeurs au cou et aux poignets. Le certificat médical fait état de quatre jours d’incapacité totale de travail. Dans sa plainte, Ali H. dénonce avoir également été frappé dans un véhicule de police puis à son arrivée au commissariat. Ces faits n’ont pas pu être corroborés par l’enquête. Guillaume B., de son côté, a déposé plainte pour outrage.
« Des omissions qui interrogent » dans le procès-verbal
En introduisant l’affaire, le 16 mars 2026, la présidente Martine Timsit donne le ton en récitant le code de la Sécurité intérieure : « Toute personne appréhendée est placée sous la protection des policiers ou des gendarmes et préservée de toute forme de violence et de tout traitement inhumain ou dégradant. » Puis, elle lance aux prévenus :
« C’est ce qui définit dans notre État de droit les missions d’une police républicaine, messieurs. »
L’auteur de la gifle, Jean-Michel G., n’assiste pas à la leçon de droit. Le gardien de la paix de 36 ans est coincé à l’aéroport de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, en raison de la guerre au Moyen-Orient. C’est son avocat qui répond pour lui.

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En ce qui concerne la salle de fouille, en revanche, lui ainsi que Guillaume B. et Marc B. nient toute violence et répètent la version du procès-verbal : Ali H. se serait infligé ses blessures tout seul, en se jetant par terre et en se cognant contre une colonne de béton et des casiers métalliques. Et ce, malgré les tentatives des trois policiers pour le maîtriser, si on en croit le procès-verbal rédigé par Guillaume B. juste après l’incident. Le document, pour lequel il est également poursuivi pour faux en écriture publique, ne mentionne ni la gifle — qu’il affirme ne pas avoir vue — ni les intimidations, auxquelles il a pourtant bien assisté. À l’inverse, l’agent est très précis sur le comportement d’Ali H. et les insultes qui lui sont reprochées.

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Les caméras-piétons activées de manière sélective
Étrangement, aucun des trois policiers qui s’enferment avec Ali ne déclenche leur caméra-piéton, dans la seule pièce du commissariat où l’enregistrement est « obligatoire et systématique », comme le prescrivent successivement trois notes de service prises après des incidents antérieurs.

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« Tout le monde regarde, va et revient de la salle de fouille. Ça doit faire un boucan du diable. Je ne peux pas croire qu’il se blesse entièrement lui-même. Je suis certain qu’il y a des violences dans la salle de fouille, la question c’est par qui et comment. »
Selon le magistrat, « tout le monde est content qu’[Ali H.] se prenne une correction » et le jeune homme « a compris que ça allait être sa fête ». Des actes parfaitement volontaires, juge-t-il, qui ont conduit le ministère public à ratisser large et poursuivre les trois policiers pour violences « en réunion » au nom de la « scène unique de violences », ainsi qu’un quatrième — qui a assisté à la gifle puis aidé à traîner le jeune homme — pour complicité, un chef de poursuite rarissime dans les affaires de violences policières.

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Le policier pas à sa première gifle
Jean-Michel G., lui, n’est pas à son coup d’essai. En plus des violences sur Ali H., il est jugé lors de la même audience – toujours en son absence – pour avoir giflé un homme sortant de dégrisement en juillet 2024, devant la compagne et la fille de ce dernier. La similarité avec l’histoire d’Ali deux mois après est troublante. Le coup qui a fait dégénérer la scène jusqu’à conduire à l’usage de taser par ses collègues a, là aussi, été passé sous silence dans la fiche événement du policier, avant d’être repéré sur les images de vidéosurveillance.

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Placés sous contrôle judiciaire, Jean-Michel G. et Marc B. avaient été interdits d’exercer puis réintégrés par la préfecture de police dans des services sans contact avec le public, à la transmission pour le premier, au matériel pour le second. Des restrictions levées avec le jugement, prononcé sans exécution provisoire, ce qui signifie qu’ils peuvent théoriquement retourner en poste d’ici leur appel. Une enquête administrative serait toujours en cours. Les agents n’auraient, en tout cas, pas encore fait l’objet de mesures disciplinaires.

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13.04.2026

Au lendemain du drame survenu rue Duchassaing, au Moule, l’émotion reste vive. Entre incompréhension, colère et attente de réponses, habitants, élus et personnes ayant connu la victime tentent de faire face. Une enquête est en cours pour éclaircir les circonstances de cette intervention mortelle.

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Ce lundi 13 avril, les traces de l’intervention sont encore visibles rue Duchassaing. Les services municipaux s’affairent à nettoyer les stigmates laissés par le drame survenu la veille en fin de journée. Rapidement, cet événement tragique s’est retrouvé au cœur de toutes les discussions.
Sur place, les habitants peinent à comprendre ce qu’il s’est passé. Beaucoup refusent de s’exprimer, encore sous le choc. D’autres évoquent un sentiment mêlé de tristesse et d’incompréhension face à la mort de cet homme, bien connu dans le secteur. « Ici, c’est difficile de passer à autre chose ce matin. Quand vous voyez encore les traces, que vous savez ce qu’il s’est passé hier, ça marque forcément les esprits », confie un riverain.
Une victime connue, un profil qui interroge
L’homme, âgé d’une soixantaine d’années, était une figure familière du quartier. Souvent assis à proximité d’une boulangerie, il faisait partie du quotidien des habitants. Décrit par certains comme calme et poli, il pouvait aussi, selon d’autres, se montrer parfois dérangeant.
Plusieurs témoignages évoquent une personne fragile, souffrant de troubles psychologiques et vivant en marge de la société.
« C’est quelqu’un qui est très connu ici. Tous les matins on le voit, il est assis là, tranquille. Il dit bonjour, il n’embête personne. Moi je ne l’ai jamais vu être violent. »

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Une intervention contestée, une enquête en cours

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L’usage d’un taser n’ayant pas permis de le maîtriser, un gendarme a ouvert le feu à trois reprises, touchant mortellement l’homme qui n’a pas immédiatement succombé à ses blessures. Les riverains témoins de ce drame ont alors vivement invectivé les forces de l’ordre au moment des faits et s’interrogent aujourd’hui sur la façon dont la situation a été gérée.
« C’est dommage qu’on en soit arrivé là. On dit qu’il voulait agresser avec un couteau, mais je pense qu’ils auraient pu essayer de le blesser, pas de tirer comme ça. On attend de savoir si c’était vraiment de la légitime défense. »

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