02.04.2026

Atteint de schizophrénie, Islam a subi un « déchaînement de violence » au cours d’une perquisition infructueuse menée le 17 mars. Une plainte pour violences volontaires sur personne vulnérable a été déposée. Récit d’une opération policière chaotique.

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Au bout du couloir principal, la chambre d’Islam : il est réveillé par quatre agents, qui lui donnent un premier coup de Taser. Au moins l’un d’entre eux – qu’il décrit comme « grand et métisse » –, le frappe dans la foulée.
« J’étais en train de dormir, d’un coup ils sont venus, un monsieur m’a tapé. Il m’a déchiré la bouche. Il m’a déchiré aussi l’oreille, avec un coup de crosse ou de matraque. Tu vois, ici », montre-t-il. Plusieurs points de suture referment les plaies noircies de son oreille et de sa lèvre. « Ils m’ont tapé. Viens voir ici, il y a des taches de sang », nous guide-t-il jusqu’à la porte d’entrée de sa chambre. Là, sur l’encadrement de la porte, apparaissent des traces de sang séché. Le t-shirt et le jogging gris qu’il portait pour dormir en sont encore maculés.

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C’est dans cette salle de bains, attenante à la chambre, qu’Islam est en effet traîné après avoir essayé de sortir de sa chambre. Et de nouveau frappé. « Il y avait du sang partout dans la salle de bains. Puis, ils l’ont forcé à s’essuyer le visage. Après, il a couru, ils l’ont plaqué au sol, juste là », désigne Bilal en montrant le couloir principal qui mène vers l’entrée. Le calvaire d’Islam ne s’arrête pas là : maintenu au sol contre la moquette du couloir, le jeune homme dit avoir subi un étranglement, et de nouveaux coups de Taser.
Au total, « ils m’ont mis quatre coups de Taser », répète-t-il en boucle, en montrant sa cuisse gauche, puis sa main gauche, qui porte encore, dix jours après, la marque de la décharge électrique. La famille a conservé un aiguillon de Taser oublié sur place par la police, taché de sang. Les photos prises le jour même confirment des blessures au visage, au dos, à la cuisse, au poignet et à la main.

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Réveillées par des agents qui « essaient de casser la porte, j’ouvre et je dis : “Entrez, c’est une chambre.” À peine la porte ouverte, un monsieur avec un pistolet a dit : “Mettez-vous à terre !” avec son pistolet vers nous », raconte Lezina, la plus grande. Les quatre sœurs se regroupent, assises sur le lit central, surveillées par deux agents, interdites de toucher à leurs téléphones.
Mais la porte reste grande ouverte et les sœurs voient soudain leur frère, « la bouche en sang, poussé dans le couloir » par d’autres policiers. « Après ça, ils l’ont tasé », chuchote Tanzila, 9 ans, en jouant du bout des doigts avec une peluche rose accrochée à son collier pailleté. « Le problème, c’est que je sais pas pourquoi ils ont frappé mon frère handicapé. Moi, si j’étais à leur place, si j’étais policier, j’aurais vu sa tête, je l’aurais laissé », souffle-t-elle. Ses sœurs protestent d’ailleurs en choeur : « On a crié : “Il est handicapé !” » explique Samira, 16 ans. « Un policier qui nous surveillait a dit : “Ah, c’est lui le schizophrène ?”, il l’a répété à son collègue dans le couloir, qui a dit : “Ah, c’est lui ? Ah, trop tard, je l’ai déjà tasé. » »
Islam est ensuite descendu, menotté, aux côtés de ses frères. Dans l’escalier, il assure que les agents lui ont donné de nouveaux coups et ont cogné sa tête contre les murs. « Je l’ai vu arriver en sang, oreille arrachée, visage défiguré, se souvient Imam, le troisième frère. J’ai demandé tout de suite : “Qui a fait ça ?” Le grand métis m’a regardé et m’a dit : “Tu vas faire quoi sinon ?” Un autre m’a dit : “Ça fait 35 ans qu’on fait ce métier”. Je lui ai répondu : “Nous ça fait 15 ans qu’on vit là, on a jamais eu de problèmes, c’est la première fois qu’on vit ça.” »
Six points de suture seront nécessaires pour recoudre l’oreille droite d’Islam, trois pour sa lèvre, indiquent ses certificats médicaux. Sur la cuisse gauche et les pommettes, les certificats mentionnent des érythèmes (rougeurs cutanées), ainsi qu’une inflammation au niveau de la mâchoire. Islam est dispensé de scolarité pendant cinq jours.

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Plainte pour violences volontaires, avec facteurs aggravants
Une plainte contre X a été déposée le 25 mars auprès du parquet de Créteil pour « violences volontaires, aggravées par le fait qu’elles ont été commises en réunion, avec usage d’armes, sur une personne vulnérable, par plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ».
Aucun motif de perquisition ne peut justifier de tels comportements, insiste l’avocate Camille Vannier. « Quel que soit le cadre légal de cette intervention, des violences de cette nature sont toujours inacceptables. Même s’il s’était agi de la personne recherchée, il s’agit là de violences volontaires, pas de légitime défense. En l’occurrence, dans le cas d’Islam, c’est de la sauvagerie à l’encontre d’un jeune homme particulièrement vulnérable, dont nul ne pouvait ignorer l’état. »

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En plus de la plainte concernant Islam, l’avocate a également saisi le Défenseur des droits au sujet des « manquements déontologiques périphériques à ce déferlement de violences sur la personne d’Islam ». La saisine mentionne « des termes déplacés et des violences sur certains des membres de la famille, alors même que l’opération d’ampleur s’est avérée être une erreur ». De fait, les forces de l’ordre ont appelé les pompiers pour qu’ils prennent en charge Islam, puis sont parties, sans emmener personne.
À l’hôpital, alors qu’Eliza se tient à ses côtés, le pompier explique à la médecin des urgences qu’Islam « est tombé dans l’escalier ». La mère de famille intervient, scandalisée, pour mentionner les violences.

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Elle a des marques de sang sur sa robe et son voile, qui seraient à son fils. Elle est arrivée avec des pleurs, angoisse à la poitrine », note son certificat médical émis le jour même.
« Je ne savais pas qui appeler pour m’aider. La police ? » se désespère Eliza. La mère de famille parvient à joindre leur ancien travailleur social, devenu un ami, qui l’aide à constituer un dossier avec l’avocate Camille Vannier. En posant sa main sur son cœur, la mère de famille lâche : « Si, en France, il y a des lois solides, alors, que ces quatre-là soient punis d’avoir frappé mon fils. Je ne trouverai la paix qu’à ce moment-là. »

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À celle qui assume seule la charge de ses enfants, avec un salaire de femme de chambre dans un hôtel parisien, la médecin de l’hôpital prescrit quinze jours d’arrêt de travail. Mais aussi quinze jours de Xanax et un suivi par une psychologue. Car l’intervention a ravivé d’anciens traumatismes. « J’ai fui la guerre en Tchétchénie, les soldats russes », raconte Eliza, qui subissait à cette époque de violentes intrusions à son domicile. Aux agents français, elle a dit : « Vous êtes comme les soldats russes ! Ça, ce n’est pas la police… Rentrez calmement, expliquez-nous… Respectez les femmes, respectez les enfants ! Ils ne m’ont fait aucune excuse en partant. »

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02.04.2026

Deux policiers ont été reconnus coupables d’avoir frappé un jeune homme noir, en 2021 à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), et ont été condamnés ce jeudi à des peines de 12 mois de prison avec sursis. Ils avaient menti dans le PV d’interpellation mais les violences avaient été filmées.

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« L’altération de la vérité » via la rédaction d’un PV mensonger par Raphaël L. constitue « une atteinte grave à la confiance » envers l’institution policière, a signalé le tribunal de Bobigny en rendant sa décision, supérieure aux réquisitions.

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« Les premières violences provenaient des policiers »
Les deux policiers avaient relaté être intervenus le soir du 17 septembre 2021 pour chercher l’auteur d’un refus d’obtempérer. Ils disaient avoir été confrontés à des individus « hostiles » les agonissant d’insultes, dont Aboubacar S. qu’ils connaissaient et avaient décidé d’interpeller comme « l’auteur des outrages ». Après les faits, le jeune homme avait été placé en détention provisoire pendant 22 jours.
Alors qu’il était jugé pour violences envers les deux agents – le PV d’interpellation lui reprochant d’être initiateur de l’altercation -, son avocat, Maître Arié Alimi, avait fait diffuser à l’audience une vidéo amateur montrant les coups portés au jeune homme par les deux policiers, ce qui avait changé la tournure de l’enquête. Le service de déontologie de synthèse et d’évaluation de la police (SDSE) avait conclu qu’« aucun danger pour les fonctionnaires de police n’était observé avant l’altercation » et que « les premières violences visibles à la vidéo provenaient des policiers ».
Il avait été répertorié de la part de Raphaël L. dix coups de matraque dans la partie médiane du corps et un coup de pied dans les jambes ; de la part d’Anthony C., deux coups de poing et trois coups de pied portés à la tête. Initialement établi à une journée d’incapacité totale de travail, l’impact de ces violences sur Aboubacar S. a été réévalué à 11 jours d’ITT, prenant en compte « le retentissement psychologique » des faits, a précisé jeudi 2 avril le tribunal.

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02.04.2026

« Vous vous rendez compte, vous venez travailler le matin et on vous dit que vous êtes accusé de harcèlement sexuel, alors que vous n’avez rien fait ? » Cela fait plus d’une heure que son procès a commencé à Bobigny, et à entendre Gino S., à la barre de la 14e chambre, ses longs bras levés d’incompréhension, on voit bien qu’il n’a toujours pas compris.
Pas compris qu’on ne peut pas envoyer un déluge de SMS à connotation sexuelle à une subordonnée, lui écrire qu’on « l’imagine bien en bottes de cuir avec un fouet », lui proposer de lui « faire des jumeaux, des triplés ou plus », « je peux pas m’empêcher de mater tes fesses », lui envoyer des photos de dessous, lui proposer encore, en réponse à l’envoi d’un arrêt maladie, « le meilleur remède, c’est du Gino, si tu veux goûter ». Ni l’embrasser malgré elle.

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02.04.2026

Un ancien gendarme du Peloton motorisé d’Ancenis (Loire-Atlantique) a été condamné le vendredi 6 mars 2026 par le tribunal correctionnel de Nantes pour « importation » et « détention d’images pédophiles », après avoir été « piégé » par sa compagne.
Loire-Atlantique : trahi par sa femme, le gendarme téléchargeait des images pédophiles
Cette mère de famille de Mésanger avait eu des doutes sur son compagnon après que sa fille de 15 ans, née d’une première union, ait révélé les « agressions sexuelles » de celui-ci. L’homme l’aurait « prise en photo pendant qu’elle dormait » en « soulevant sa couette au niveau de ses jambes ». Elle se souvient d’un « flash » dans la nuit alors qu’elle était « peu habillée ». Ces premiers faits avaient donné lieu à un « signalement du collège » de l’adolescente.

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Sa belle-fille visée

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L’adolescente avait aussi révélé que son beau-père lui aurait « caressé le mollet en remontant la cuisse », un soir, alors qu’elle faisait une « crise d’angoisse ». Il l’aurait aussi « embrassée contre son gré ».
La présence de son téléphone « en mode caméra » au sol des « vestiaires de la piscine » municipale, un jour qu’il l’accompagnait, l’avait aussi intriguée.
« Elle a toujours été une enfant perturbée : elle consultait un psy avant-même que je connaisse sa mère », s’est défendu le prévenu, qui ne nie pas les faits, mais qui juge qu’ils ont été « mal interprétés » par sa belle-fille. « Sa mère voit ces images sur mon appareil, mais elle a continué d’avoir des relations avec moi », a-t-il fait observer.
Sa compagne le piège en ligne
Reste que la mère de la collégienne était revenue à la gendarmerie d’Ancenis le 21 mai 2024, moins de deux semaines plus tard. Elle s’était entre-temps connectée sous un faux nom sur un site de rencontres pour « échanger » avec son compagnon.
« Elle va vous piéger et se rendre compte que vous êtes intéressé par les jeunes filles », a résumé la présidente du tribunal à l’attention de ce père de cinq enfants. « J’aime les jeunettes », avait-il confié en ligne.
C’est dans ces conditions que les gendarmes avaient passé au peigne fin ses « comptes Google » et « Apple » : on y voyait des « fillettes de 5 à 15 ans » faire « des fellations à des adultes » ou encore « des bébés de 1 mois ».
« Je me fais gerber »
Placé une première fois en garde à vue le 31 mai 2024, puis une seconde le 14 janvier 2025, le gendarme avait expliqué avoir voulu « mettre un peu de piment dans sa vie sexuelle », qu’il trouvait « monotone » avec sa compagne rencontrée cinq ans plus tôt.

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18 mois de prison requis

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Le représentant du ministère public, qui n’était « pas sûr » que l’homme ait « pleinement conscience » des « préjudices considérables » qu’il a pu causer, avait donc requis 18 mois de prison avec sursis probatoire au vu de la « dangerosité » de ce prévenu et du « risque évident de réitération » des faits.

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Condamné à trois ans de prison avec sursis
Le tribunal a finalement prononcé trois ans de prison avec sursis probatoire à son encontre : pendant deux ans, il sera obligé de suivre des soins.

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01.04.2026

Une absence de désescalade, des gestes d’interpellation dangereux et une défaillance du ministère de l’Intérieur dans son devoir de réaction face à cette situation. Dans une décision datée du 23 mars et rendue publique ce mercredi 1er avril, Claire Hédon, la Défenseuse des droits, estime que les policiers qui ont participé à l’interpellation mortelle de Cédric Chouviat, à Paris, en janvier 2020, doivent être sanctionnés pour un usage disproportionné de la force, selon le terme consacré par le code de déontologie de l’institution. L’autorité administrative indépendante tance également la hiérarchie qui n’a pas sanctionné les agents mis en cause alors même qu’un rapport administratif établissait les faits dès l’été 2021. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, n’a pour l’heure pas publiquement réagi à cette décision.

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01.04.2026

Le procureur Jean-Luc Blanchon précise qu’il s’agit d’un jeune de 25 ans condamné pour de multiples délits routiers. Il était incarcéré depuis 2025, sa peine de prison allait jusqu’à 2027.
L’enquête s’oriente vers un suicide
Une enquête est ouverte pour recherche des causes de la mort. D’après le parquet, cette enquête s’oriente vers un suicide par pendaison. Les suicides sont fréquents dans les prisons : d’après l’Observatoire international des prisons, un décès survient en moyenne tous les deux à trois jours en France en milieu carcéral, la plupart du temps par suicide.

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