19.07.2026

Il était jugé devant le tribunal d’Aix pour des faits de violences sur un gardé à vue au sein du commissariat de police de Martigues, commis le 6 octobre 2025.
Libre à la barre, cet homme de 45 ans est plutôt costaud. Il se montre calme et poli mais se fait d’emblée recadrer par la présidente du tribunal d’Aix lorsqu’il s’agit de décliner son identité et son adresse : « Vous êtes un citoyen comme tout le monde ». Ce fonctionnaire de police entré dans les rangs en 2006 à Aubervilliers avait été affecté à Marseille dans les quartiers Nord, avant de rejoindre le commissariat de Martigues en septembre 2025.
Ce métier, il l’a choisi par « vocation », souligne son avocate qui ajoute 14 attestations au dossier pour justifier combien ses pairs l’apprécient, insistant sur son « grand calme » et son « exemplarité ». Quoi qu’il en soit, le voilà jugé devant le tribunal d’Aix pour des faits de violences sur un gardé à vue au sein du commissariat de police de Martigues, commis le 6 octobre 2025, soit deux semaines après son affectation dans la Venise provençale. Il avait également, par la suite, dressé un faux procès-verbal pour réciter des faits non conformes à la réalité, ce qui constitue une autre infraction.
Coups de poing et balayette
Ce fonctionnaire a toujours contesté en partie les faits, encore devant le tribunal.

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16/10/2025

«Arrivés à environ 10 mètres, [un policier] nous tire dessus avec un LBD, sans aucune sommation ni cri de leur part. Ma mâchoire explose sous la puissance du tir». Un street médic présent sur place le voit s’effondrer au sol, face contre terre. Il est conduit à l’hôpital Pompidou. Streetpress évoque «plusieurs fractures à la mâchoire et au palais, avec la perte de substance osseuse, de quatre dents et de 2,5 cm de lèvre supérieure». Ces blessures gravissimes lui valent 90 jours d’ITT, auxquelles s’ajoutent 30 jours pour «le choc sur l’état de son visage, des troubles du sommeil persistants, une hyper-vigilance, un sentiment d’insécurité ‘dès qu’il voit un policier’ et des ruminations anxieuses». Deux ans de reconstruction faciale suivront. Un visage et une vie fracassés, pour rien.

Le tribunal le confirme, «la menace représentée par David D. [n’a pas été] démontrée». Et pourtant. Pourtant le policier n’est condamné qu’à 6 mois de prison avec sursis. La raison invoquée par le tribunal ? «Ne pas entraver la poursuite de sa carrière». Le tribunal évoque «l’insuffisance d’effectifs» et le «manque de munitions» pour se justifier. Un crachat à la figure de David.

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14/10/2025

Mais en retournant vers leur voiture, sur la rue Paul Valéry peu après 16h, le couple tombe sur une unité de la 11ème compagnie d’intervention qui bloque la rue.

(…) « Arrivés à environ 10m, [un policier] nous tire dessus avec un LBD, sans aucune sommation ni cri de leur part. Ma mâchoire explose sous la puissance du tir. »

(…) Conduit à l’hôpital Pompidou, les médecins constatent à David plusieurs fractures à la mâchoire et au palais, avec la perte de substance osseuse, de quatre dents et de 2,5 cm de lèvre supérieure.

(…) alors que c’était la première fois qu’il l’utilisait l’arme en situation, Romain P. a tiré 55 fois.

(…) L’avocate du fonctionnaire, Maître Anne-Laure Compoint, ne s’embarrasse elle d’aucune prudence :
Pendant près d’une demi-heure, l’avocate spécialiste des dossiers des forces de l’ordre, surnommé « Notre-Dame-des-Poulets » par Les Jours, enchaine à un rythme effréné les attaques et les moqueries contre les manifestants et les victimes de violences policières.

(…) Puis s’attaque à David D., cette « pauvre victime » qu’elle accuse de mentir, et marche en canard pour imiter — et tourner en ridicule — le manifestant qui s’avançait bras en l’air en direction des policiers. Devant les juges silencieux, elle continue en se frappant la mâchoire

(…) Si la parole de l’avocate est libre, le spectacle est abject. Dans le public, une femme mutilée venue assister aux débats « a envie de vomir ».

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