25.07.2026

Quartier Liberté à La Roche-sur-Yon, un adolescent affirme avoir été violemment interpellé par la Bac. Malgré le classement de l’affaire sans suite, le traumatisme persiste.
Ce mercredi 22 avril 2026 hante encore les souvenirs de Nizar*, un adolescent de 15 ans scolarisé en classe de Seconde. À l’heure où l’après-midi s’achevait dans le quartier Liberté à La Roche-sur-Yon, ce qui ne devait être qu’une fin de journée banale entre amis s’est terminé par une perte de connaissance et 17 heures de garde à vue. « Costaud au regard des faits », ironise sa mère.
Cet après-midi-là, Nizar et trois amis discutaient près de la boîte postale lorsque la voiture de la Brigade anti-criminalité (Bac) a pointé le bout de sa carlingue. Des cris de singe ont ricoché sur les tours. Selon le jeune homme, l’ambiance était aux jeux : « On jouait, on criait… en direction d’un ami assis sur un banc, pour l’embêter. »
Quand les policiers repassent, la petite bande part à la courette. Bien qu’il n’ait jamais eu de démêlés avec la justice, Nizar cède à la panique et prend la fuite sur sa trottinette, puis à pied. « J’ai ressenti de la pression et du stress. »
« Il m’a cogné la tête par terre »
Après avoir joué au jeu du chat et de la souris, l’adolescent est rattrapé à deux pas de son appartement, dans une coursive qui longe les caves. « Il m’a pris par les cheveux, il m’a tiré et m’a cogné la tête par terre. » Le jeune homme d’1,90 m pour 60 kg est « tombé KO ».
Il dit avoir perdu connaissance pendant deux à trois minutes. Avant de retrouver ses esprits, menottes aux poignets. « Un policier m’a insulté, m’a dit : Ferme ta gueule, fils de p*. »
Un voisin ayant assisté à la scène depuis sa fenêtre a témoigné par écrit. Il affirme que Nizar ne montrait « pas de résistance » au moment de l’interpellation. « Au lieu de l’amener vers son collègue, il l’a entraîné à l’abri des regards », il assure avoir entendu le jeune crier « ma tête » à plusieurs reprises.
Au commissariat, Nizar découvre qu’il saigne à la tête. Un autre agent lui aurait alors lancé : « Tu as de la chance que ce ne soit pas moi, sinon je t’aurais éclaté le visage en sang. » Après un passage à l’hôpital, l’adolescent est placé en garde à vue pour outrage et violences sur agent.
Des accusations qu’il nie en bloc. L’affaire sera d’ailleurs classée sans suite par le Parquet, faute « d’éléments suffisants » pour engager des poursuites.
Un hématome, des céphalées
Pour sa mère, installée dans le quartier depuis treize ans, c’est le choc. Lorsqu’elle retrouve son fils le lendemain midi, elle décrit un enfant au visage « fermé » par la peur. « Ce qui m’interpellait c’est que l’OPJ (officier de police judiciaire) me disait des choses qui ne ressemblaient pas à mon fils… Il n’y avait rien de normal dans tout ça. »
Après sa libération, elle file chez le médecin. Un hématome du cuir chevelu, des céphalées, une gonalgie droite et des douleurs au genou ont été constatés. Un certificat médical mentionnant une incapacité totale de travail de quatre jours a été délivré.
À la veille des grandes vacances, Nizar, qui venait de clore son année scolaire avec 14 de moyenne, semblait encore marqué par l’événement. Depuis, il craint de recroiser la Bac dans le quartier.
« Un simple rappel à la loi aurait suffi »
La famille ne veut pas en rester là. Après un signalement à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) qui n’a pas abouti, elle a décidé d’effectuer un signalement au procureur. « Ce que je souhaite, c’est que cet agent présente ses excuses, qu’il reconnaisse les faits. Que les jeunes et les parents concernés aient le courage de déposer plainte. »
Pour eux, il s’agit avant tout de dénoncer des pratiques qu’ils jugent traumatisantes. « Oui, c’est stupide qu’il soit parti en courant. Mais cela ne justifie pas une telle violence. L’usage de la force est disproportionné par rapport à la gravité des faits », s’indigne la mère. « Un simple rappel à la loi aurait suffi. »
* Prénom d’emprunt.

(…)

Le médecin, sollicité pour vérifier la compatibilité avec la garde à vue, n’a fait « aucune observation ». Tout comme le Parquet qui a classé l’affaire sans suite.

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25.07.2026

Missionnée par la nouvelle édile, Kristell Niasme (Les Républicains), pour mener des opérations plus offensives, la police municipale de la ville est au cœur d’une enquête judiciaire qui vaut à sept de ses membres d’être renvoyés devant le tribunal.
Ils sont plusieurs dizaines d’agents de la police nationale à débouler rue de la Marne, à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), en ce début d’après-midi du 8 avril. Ils s’apprêtent à réaliser un coup de filet pour le moins inhabituel. Leurs objectifs : neuf agents de la police municipale de la ville, à savoir les huit policiers de la brigade de soirée et leur directeur, Olivier Roussy. Ils viennent les chercher directement sur leur lieu de travail, à l’heure de la prise de service.
Après avoir fouillé l’hôtel de police municipale, les différents véhicules, et récupéré des documents, les enquêteurs repartent et placent en garde à vue leurs neuf objectifs et deux personnes supplémentaires, des opératrices du centre de supervision urbaine (CSU) qu’il leur restait à identifier.
Cela fait alors trois mois que les policiers nationaux enquêtent sur leurs collègues municipaux, à la suite d’une demi-douzaine de dépôts de plainte entre janvier et avril. Les agents villeneuvois avaient d’ailleurs de quoi s’en douter : pour se procurer des images de vidéosurveillance de la ville, les policiers nationaux chargés de l’enquête ont dû adresser des réquisitions… au directeur de la police municipale.
De 4 à 18 agents
A l’issue des gardes à vue, sept fonctionnaires ont été renvoyés devant le tribunal. Cinq d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire – il leur est notamment interdit d’exercer leur métier sur la voie publique. Les infractions retenues sont diverses : violences aggravées, dégradations, violation de domicile, faux…
Ces poursuites interviennent alors que la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges a radicalement changé de visage au cours de l’année écoulée. Elue en février 2025 lors d’élections partielles, la maire, Kristell Niasme (Les Républicains), a transformé sa « PM » pour lui confier des missions plus offensives, en la dotant de moyens accrus et en lançant une intense campagne de recrutement

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25.07.2026

La maison d’arrêt de Vannes devra mettre fin aux conditions de détention « contraires à la dignité humaine d’un détenu ». Il partage sa cellule de 8,34m2 avec deux autres personnes. Cette mise en demeure de la maison d’arrête de Vannes est une première localement.
Cet homme de 29 ans avait saisi la juge des libertés et de la détention, début juillet, car au delà de la vétusté de cette prison ouverte en 1830, aucune activité ne lui était proposée. Lors de l’audience, son avocat a indiqué que son client passe 22 heures sur 24 en cellule depuis son arrivée à Vannes en juin 2025. Il doit partager cette cellule de 8,34 m² – toilettes comprises – avec deux autres hommes. Ils dorment chacun leur tour sur un matelas au sol, la pièce ne contenant qu’un lit superposé. L’un d’eux doit d’ailleurs manger sur un lit.
En avril 2026, la surpopulation carcérale à Vannes avait atteint + 230 %, ce qui avait conduit à un blocage des entrées de la maison d’arrêt par les surveillants. « Il a eu un accès à moins de 3 m² pendant plus de cinquante jours », avait d’ailleurs reconnu l’administration pénitentiaire. Reste que la situation ne doit pas être tolérée, recadre la juge des libertés et de la détention rennaise dans son ordonnance.
« Cette situation indigne (…) porte atteinte à l’intégrité physique et psychologique des personnes détenues », poursuit-elle. Dormir à même le sol constitue « une insalubrité et engendre une détresse psychique profonde ».
Selon le Comité européen pour la prévention de la torture, l’espace disponible par détenu devrait être a minima de 7 m²
Selon le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), l’espace disponible par détenu dans les cellules devrait être a minima de 7 m².
Ce manque d’espace a d’ailleurs déjà valu à la France d’être condamnée par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Et, dans la cellule du requérant, les sanitaires ne sont pas clos, a aussi souligné Ashley Keller, l’avocat du plaignant : un simple rideau est présent … Il lui arrive ainsi de ne pas sortir pendant ses deux seules heures de promenade quotidienne pour pouvoir bénéficier d’intimité.
Un projet de nouvel établissement pénitentiaire à Vannes

(…)

L’administration pénitentiaire a un mois pour mettre fin à ces conditions de détention du jeune homme
La JLD de Rennes a de toute façon donné un mois à l’administration pour mettre fin aux conditions de détention du plaignant, « par tous moyens ». Elle devra produire un rapport d’information sur les mesures prises ou proposées à la personne détenue d’ici le 22 août 2026.
Sollicité, Ashley Keller salue une « décision courageuse » qui « donne corps aux souffrances » subies par son client : « J’espère ajoute-t-elle que ce constat judiciaire participera d’une nécessaire prise de conscience collective et, surtout, de l’élaboration de mesures concrètes pour améliorer le quotidien des autres détenus qui ne bénéficieront évidemment pas de ce transfert », ajoute l’avocate. Son client quittera bel et bien cette cellule sous peu, mais un autre détenu viendra probablement prendre sa place… au sol.

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