22.05.2026

Au tribunal de Saint-Malo, jeudi 21 mai, trois anciens élèves de l’École de police comparaissaient pour harcèlement scolaire sur un de leurs collègues. Leurs comportements déplacés envers la victime avaient été repérés par des camarades. Une enquête administrative était ouverte. Le plaignant dénonçait le harcèlement et les humiliations qu’il avait endurées durant deux semaines, du 13 au 28 janvier 2025, alors qu’il partageait la même chambre que les trois prévenus.
Ce qu’il rapportait : des insultes régulières, dont certaines à connotation sexuelle, des moqueries, des coups durant les entraînements, des propos graveleux concernant sa mère. Et puis l’épisode où il a retrouvé du savon dans sa gourde. Ou encore son lit dépourvu de ses lattes et ce jour où il a été étranglé.

 

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22.05.2026

7 ans après la mort de Steve le soir de la fête de la musique 2019 à Nantes, les provocations d’État continuent. Un décret du 15 mai 2026 donne la liste des nouvelles personnalités décorées de «l’ordre national du Mérite». Il s’agit d’un ordre honorifique créé par le général de Gaulle pour récompenser «les mérites distingués, militaires ou civils, rendus à la nation française.» Une petite médaille bleue, que les serviteurs zélés de l’État et les amis du pouvoir peuvent porter sur leur costume.
Et dans la liste, parmi les nouveaux «chevaliers» nommés par le gouvernement, le nom de Grégoire Chassaing. «commissaire, 29 ans de service» précise le décret. Ce nom résonne comme un coup de poing pour tous les nantais. Car Grégoire Chassaing est bien connu pour avoir endeuillé la ville. C’est lui qui a lancé l’attaque mortelle du 21 juin 2019 contre des jeunes qui dansaient au bord de la Loire.
Ce soir là, des centaines de personnes font la fête sur un quai de l’île de Nantes, qui se situe à plusieurs mètres au-dessus de la Loire. Sans motif, les forces de l’ordre étaient intervenues au milieu de la nuit. Et avaient chargé après qu’un DJ ait diffusé le morceau «porcherie», une chanson contre le Front National. Ivre de violence, la police avait tiré des dizaines de grenades lacrymogènes, tabassé des personnes au sol, fracturé des os, envoyé des grenades explosives et tiré des balles en caoutchouc. Et avait provoqué des dizaines de blessés, des centaines de traumatisés et, surtout, au moins 12 personnes tombées dans l’eau sombre et dangereuse de la Loire. Et un mort noyé, Steve, 24 ans.
L’affaire avait suscité une immense émotion à Nantes et une mobilisation puissante durant des mois. Face aux éléments accablants et à la pression populaire, la justice avait fini par mettre en examen la mairie, le préfet et son adjoint, ainsi que le commissaire qui avait lancé la charge. Après avoir fait traîner la procédure, l’affaire judiciaire s’était dégonflée : la mairie et le préfet ont été mis hors de cause, et le seul à comparaître sera donc le commissaire Grégoire Chassaing.
Qui est ce commissaire qui a marqué Nantes au fer rouge ? Le journal Street Press avait dévoilé son pédigrée après la charge mortelle : déguisement raciste, engagement traditionaliste, prises de positions violentes et autoritaires. Sur les réseaux sociaux, ce policier s’affichait, en photo, aux côtés de son épouse, le visage maquillé en noir, une perruque afro sur la tête. Un «blackface», pratique raciste régulièrement dénoncée.
Toujours sur internet, la femme du commissaire dénonçait en vrac la «PMA sans père, le mariage gay et l’avortement». Le soir de la fête de la musique, les témoins parlent d’une charge sans sommation et d’insultes comme «sales gauchistes».
Ce chef de la police était connu depuis de longues années à Nantes pour ses méthodes violentes, notamment contre les cortèges revendicatifs. À la tête de ses hommes, il faisait le coup de poing et déchaînait la répression, blessant de nombreuses personnes. La même méthode a été utilisée contre les fêtards.
Rappelons également que Grégoire Chassaing a assuré, au début de sa carrière et pendant des années, une «coopération en Égypte et au Cambodge», où il avait enseigné à des Régimes autoritaires les techniques de répression françaises.
Le vendredi 20 septembre 2024, après plus de 5 ans d’une interminable procédure, le commissaire Grégoire Chassaing, qui était le seul poursuivi pour ces faits, est relaxé. Le tribunal correctionnel avait estimé que le commissaire de 54 ans, qui était mis en cause pour «homicide involontaire», n’avait pas commis de «faute caractérisée» ayant pu aboutir à la chute de Steve dans la Loire. Lors du procès qui était déjà d’une complaisance honteuse étant donné la gravité des faits, le procureur de Rennes avait demandé une «peine de principe» contre le fonctionnaire de police. Il n’a pas été suivi. La police tue, et la justice acquitte.
Pourtant, même «l’Inspection Générale de l’Administration», l’équivalent de l’IGPN pour les hauts fonctionnaires, a mis en cause la responsabilité du commissaire Chassaing : «Les enquêteurs ont établi qu’il aurait décidé d’intervenir, alors même que la consigne inverse lui avait été donnée par sa hiérarchie».
Grégoire Chassaing est régulièrement récompensé. Avant la tragique fête de la musique, le commissaire était décoré par le Ministre de l’Intérieur : une médaille offerte aux agents qui ont assuré la répression du mouvement des Gilets Jaunes. Il avait aussi reçu une médaille d’honneur de la police nationale en 2015, une médaille de la sécurité intérieure et une médaille de la défense.
En avril 2021, moins de deux ans après la mort de Steve et alors qu’il était mis en cause, Grégoire Chassaing obtenait une première promotion : il était nommé à la direction de la police de Clermont-Ferrand. Une nouvelle provocation du Ministère de l’Intérieur avait eu lieu quelques jours seulement avant le procès : le 1er juin 2024, Chassaing était nommé nouveau chef de la police nationale de Lyon, à la tête de centaines d’hommes, dans la troisième plus grande ville française. Il y sème, là-bas aussi, une violente répression contre les minorités et les contestations. Avec cette médaille du «Mérite», c’est un coup de poignard supplémentaire.
La famille de Steve subit ainsi une violence inouïe, une de plus. Et toute la population nantaise, durablement choquée par la noyade de la fête de la musique et qui s’était mobilisée en 2019 avec des fresques, des collages et de nombreuses actions, peut avoir un goût amer. La police sait qu’elle peut tuer un jeune qui danse sans même être inquiétée, et les responsables sont récompensés.

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22.05.2026

La sanction prononcée après le procès de l’ex-magistrat qui proposait de violer sa fille fait polémique sur la toile.
Les procès pour viol sont parmi les procès les plus scrutés par l’opinion publique. Lorsqu’il s’agit de viol, ou de tentative de viol, sur mineur, les observateurs attendent souvent des sanctions sévères. Cependant, il arrive que certains accusés réussissent à se sortir des mailles de la justice. Certains n’y entrent même pas. C’est le cas d’un ex-magistrat qui a failli commettre une atrocité. En effet, l’homme de 57 ans a proposé à d’autres hommes de violer sa fille âgée, au moment des faits, de 12 ans seulement. L’homme a réussi à se défaire des mailles d’une justice qu’il connaissait bien.
Un ex-magistrat accusé de tentative de viol sur sa fille
L’homme, qui jusqu’à son arrestation était vice-président du tribunal judiciaire de Dijon, avait tout d’un homme respectable. Père d’une famille de trois enfants, il menait une vie presque enviable. Cependant, il s’adonnait à des activités sordides à ses heures libres. Arpentant les sites libertins, il proposait, à qui le voulait, des relations intimes avec sa fille âgée de 12 ans. Les faits se sont déroulés entre octobre 2019 et juin 2020. Heureusement pour la petite collégienne, son père n’a pas pu trouver une personne qui acceptait de la violer. Toutefois, il a trouvé le courage de nier les faits. En effet, lorsqu’il a été appréhendé avant d’avoir commis le pire, l’ex-magistrat de 57 ans s’est vu condamner à une peine de prison qui n’a pas satisfait les personnes au courant de cette affaire.
L’ex-magistrat de Dijon échappe à une justice qu’il connait bien
L’ex-magistrat n’a guère eu besoin de beaucoup plaider en sa faveur qu’il s’est vu condamné à seulement deux ans de prison, dont un, uniquement, ferme. Une condamnation dont il fait l’objet pour “instigation à la corruption pour mineur non suivie d’effet”. Pour sa défense, le père de famille évoquait des “fantasmes non concrétisés”. Pour cet ex-magistrat de Dijon, ce qu’il n’avait pas réussi à faire parce qu’il n’en avait pas l’occasion n’était que des “fantasmes non concrétisés”.

(…)

Les affaires de viol sur mineur sont la cause pour laquelle les Français n’ont plus confiance en leur justice. Dans un récent sondage du SSER, de nombreux Français affirment ne pas avoir confiance en la justice française. En effet, plus de 51 % des personnes vivant en France confient ne pas avoir confiance en la Justice. 89 % la voient comme trop lente, 74 % comme trop coûteuse et 69 % comme inégale envers les citoyens. Par ailleurs, ces chiffres énoncent, une fois de plus, ce dont se plaignent les Français.

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22.05.2026

Quatre personnes ont été placées en garde à vue mercredi 20 mai dans le cadre d’une enquête ouverte pour proposition et sollicitation d’avantage, détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel, faux en écriture publique ou authentique
D’après nos informations, ces gendarmes étaient soupçonnés, contre rémunération, d’avoir consulté des bases de fichiers internes aux forces de l’ordre, telle des vérifications d’antécédent ou de casier judiciaire, des véhicules volés avant de divulguer ces informations protégées, entre septembre 2024 et mai 2026.
Coup de filet
Mercredi 20 mai, quatre personnes, dont les militaires fumélois, ont été placées en garde à vue et auditionnés à Agen.

(…)

Au terme des auditions devant les enquêteurs, deux des militaires ont été mis hors de cause dans ce dossier, au contraire d’un de leur collègue gendarme, exerçant comme adjoint de police judiciaire. Ce dernier, présenté à une juge d’instruction, a été mis en examen pour des faits de corruption passive, détournement de la finalité d’un fichier de police, et faux en écriture publique ce vendredi 22 mai.

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