24.07.2026

Les étrangers, immigrés et descendants d’immigrés ont 9 fois plus de risques d’être tués par la police en France. Une étude explore les circonstances des homicides policiers et les facteurs d’un éventuel biais racial.
Bien que le ministère de l’Intérieur et les syndicats professionnels refusent de l’entendre, la police tue. Cela fait même partie de ses prérogatives. Et savoir comment la police emploie ses armes létales, mais aussi encadrer et limiter cet usage sont des impératifs démocratiques.
Le gouvernement a pourtant promu une présomption de légitime défense pour un policier ou un gendarme faisant usage de son arme à feu. Dénoncée comme un « permis de tuer », elle a été approuvée par l’Assemblée le 7 juillet, avec les voix du Rassemblement national, malgré une pétition à plus de 730 000 signatures.
L’insuffisance du contrôle de l’action des forces de l’ordre françaises, le manque d’indépendance des enquêtes sur les blessures et les morts qu’elles provoquent sont connus. Le travail des chercheurs est ainsi compliqué par la « faible qualité des données sur les homicides policiers », selon les termes du politologue Paul Le Derff.

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24.07.2026

Des nuages de gaz lacrymogène, des habitants qui prennent la fuite en courant, des coups… Que s’est-il passé mardi 21 juillet 2026, en début de soirée, dans le quartier Monmousseau à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ? Sur les réseaux sociaux, Philippe Bouyssou, le maire de la ville, et des habitants, dénoncent des violences policières.
« Gaz lacrymogène, flash-ball… »
Dans un communiqué publié sur son compte Facebook mercredi 22 juillet 2026, l’édile a fait part de son indignation face aux agissements « d’effectifs de police extérieurs à Ivry ». Il évoque notamment « des tirs de gaz lacrymogène, de flash-ball et des coups de matraque » qui auraient conduit à la prise en charge d’une mère de famille aux urgences. « Des enfants sont traumatisés », déplore-t-il. « Ces violences sont insupportables, inadmissibles et frappent, une fois encore, les habitants d’un quartier populaire. Je les condamne avec la plus grande fermeté. »
Le média Cerveaux non disponibles a recueilli des images des violences et le témoignage d’une habitante présente sur place. Les faits auraient eu lieu en bas de la cité Amadée-Huon, dans un lieu de convivialité « avec des bancs, de quoi faire des barbecues, un terrain de foot en cage, des haltères », retrace la jeune femme.
« Les appartements sont tellement chauds que les gens sortent dehors pour jouer et puis c’est les vacances… », recontextualise-t-elle. Aux alentours de 22 heures, la BAC de Créteil serait arrivée, « en voiture », et aurait fait usage de gaz lacrymogène « partout, alors qu’il y avait une vingtaine, voire une trentaine d’enfants de moins de 12 ans », explique-t-elle. Deux mères de famille auraient demandé aux policiers d’arrêter et auraient, elles aussi, été gazées.
Les images filmées par les habitants montrent de nombreux gaz lacrymogènes et des hommes faire usage de la force.
La réponse des autorités

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Une passante, victime d’une crise d’angoisse, a été prise en charge par les secours puis transportée en milieu hospitalier. Aucun fait comparable n’a été recensé avant ou après ces événements », conclut la préfecture de Police.
Philippe Bouyssou avait incité les personnes victimes à déposer plainte et à saisir l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN). « J’écris au ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, en espérant que des sanctions soient prises à l’endroit des auteurs de ces violences policières qui sont à l’opposé de notre conception de la relation entre la Police et les habitants. »
Mathilde Panot, députée LFI de la circonscription, a également réagi. « Les images que l’on a vues mardi soir à Ivry-sur-Seine dans ma circonscription sont inadmissibles. Des familles et des enfants ont été mis en danger. La BAC a-t-elle tous les droits dans les quartiers populaires ? », s’interroge-t-elle sur Instagram. Elle annonce également avoir écrit une lettre au Premier ministre.

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24.07.2026

Entre impératif de sécurité pour les agents et crainte d’une dérive sécuritaire, la controverse relance le débat sur le rôle et les limites des polices locales.
Armer la police municipale était un engagement de campagne de Christophe Saint-Pierre. Un mois après l’avoir confirmé, le maire de Millau se heurte aujourd’hui à une opposition frontale de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui conteste aussi bien la nécessité de cette décision que ses conséquences.
« On sait, hélas, que l’armement des polices municipales est dans l’air du temps, dénonce le communiqué qui au-delà de la polémique locale, pose une question de fond : jusqu’où faut-il faire évoluer les missions des polices municipales ?

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Quelque 62 % des policiers municipaux étaient dotés d’une arme à feu au 31 décembre 2024, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur
La section millavoise de la LDH voit au contraire dans cette décision une réponse disproportionnée. Si Millau a enregistré en 2025 les indicateurs de délinquance les plus élevés de l’Aveyron, la ville reste très loin des territoires les plus exposés à l’échelle nationale.
« Certes en 2025, Millau a eu la plus mauvaise note du département. Pour autant elle n’était classée qu’au 5 062e rang des villes les plus dangereuses de France ! Il faut donc relativiser car l’Aveyron reste au troisième rang des départements les plus sûrs. »
« Sur quelles analyses repose ce choix ? »
Les principales infractions recensées concernent d’ailleurs les stupéfiants, les escroqueries et les fraudes, des phénomènes sur lesquels, souligne l’association, le port d’une arme ne constitue pas une réponse évidente. Au-delà des chiffres, la LDH interroge la méthode. « Sur quelles analyses repose ce choix ? D’autres solutions ont-elles été sérieusement étudiées ? »
L’association défend une autre vision de la sécurité, fondée sur la « proximité, la prévention et la médiation », rappelant que Millau dispose depuis des années d’un tissu de partenaires – établissements scolaires, associations, travailleurs sociaux, Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance – qui pourrait, selon elle, être davantage mobilisé avant d’engager une montée en puissance de l’armement.
Le débat porte aussi sur les risques. La LDH estimant que l’introduction d’armes à feu accroît mécaniquement la possibilité d’un usage létal et regrette qu’aucun débat public spécifique n’ait précédé une décision aussi sensible.
« 49 décès du fait des forces de l’ordre en 2025 »
« Les études montrent que l’armement des policiers insuffisamment formés à l’usage des armes à feu fait accroître les risques mortels pour les citoyens. La France est championne d’Europe avec 49 décès du fait des forces de l’ordre en 2025. »
Et de s’inquiéter du contexte national, alors qu’un texte adopté par l’Assemblée nationale entend renforcer la présomption de légitime défense des forces de l’ordre utilisant leur arme. « La sécurité passe-t-elle par un renforcement de l’arsenal des policiers municipaux ou par un investissement accru dans la prévention et le lien avec la population ? » s’interroge la LDH.

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