18.05.2026

Huit militants écologistes opposés à la déviation routière de Saint-Péray, en Ardèche, seront jugés le 6 juillet pour s’être suspendus d’un pont et avoir bloqué une voie ferrée le 14 mai, jeudi de l’Ascension. Ce jour-là, seize militants ont été interpellés pour « mise en danger volontaire de la vie d’autrui », « entrave à la circulation » et « refus de signalétique ».
Huit d’entre eux ont été déférés devant le juge des libertés le 16 mai, qui a placé cinq opposants au projet routier en détention provisoire dans les maisons d’arrêt de Lyon-Corbas et de Valence, et trois sous contrôle judiciaire. « Cette répression est inédite pour des actions de désobéissance civile », a dénoncé Maud Grard, conseillère régionale écologique opposée à la déviation de Saint-Péray. Faute d’avoir réussi à identifier au cours du weekend tous les militants arrêtés malgré l’usage, selon leur avocat, d’un outil de reconnaissance faciale, le tribunal de Valence les a libérés le 18 mai et renvoyé leur jugement au 6 juillet.

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18.05.2026

Ce lundi 18 mars, la cour d’appel de Douai a confirmé que les agissements subis par une de ses collègues lilloises ne relevaient pas de l’humour et a condamné un l’ancien brigadier-chef principal à dix mois de prison avec sursis.
Juliette (prénom d’emprunt) va peut-être trouver le courage de détruire le dossier qu’elle s’est constitué, avec les SMS et les messages laissés sur son répondeur, ces preuves qu’elle avait peur d’effacer par mégarde. Enfin, tourner la page.

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L’ex-policier, pourtant à l’origine de l’appel, ne s’est pas présenté à l’audience. Ni lui, ni son ancien avocat, ni le syndicat qui le défendait n’ont donné suite à nos demandes d’entretien.
La cour estime dans son arrêt que la peine initiale ne prenait «pas suffisamment en compte la gravité des faits notamment au vu de leurs conséquences» pour la victime. A 27 ans, Juliette est toujours en arrêt maladie, déclarée inapte à reprendre son poste (…)

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18.05.2026

Prison de Fresnes : une famille poursuit l’État après le suicide d’un détenu en 2023, cherchant à engager sa responsabilité devant le tribunal administratif.
La famille de Dennis G., un détenu retrouvé mort à la prison de Maison d’arrêt de Fresnes en janvier 2023, a déposé un recours devant le tribunal administratif de Melun afin d’engager la responsabilité de l’État.
Selon ce recours consulté par l’AFP, les proches du détenu estiment que l’administration pénitentiaire a commis des fautes dans la prise en charge du prisonnier, souffrant de troubles psychiatriques sévères.
Un détenu schizophrène retrouvé pendu dans sa cellule

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Le 23 janvier 2023, il avait été retrouvé pendu dans sa cellule.
Une information judiciaire avait été ouverte après le dépôt d’une plainte contre X avec constitution de partie civile pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Mais cette procédure s’est conclue par un non-lieu prononcé fin mai 2025. L’avocat de la famille, Antoine Ory, a indiqué avoir fait appel de cette décision.
La famille dénonce des “négligences” de l’administration pénitentiaire
Malgré ce non-lieu pénal, les proches du détenu estiment que l’administration pénitentiaire a commis une faute en raison d’une « absence d’une prise en charge adaptée ». Dans leur recours, ils dénoncent »de nombreuses négligences dans la surveillance », ainsi qu’ »une désorganisation du service ralentissant le processus de réanimation ».
La famille demande désormais la condamnation de l’État et le versement de 360 000 euros d’indemnisation au titre des préjudices subis. Selon Antoine Ory, ce dossier met en lumière les difficultés de prise en charge psychiatrique en milieu carcéral.
« Ce dossier est symptomatique de la manière dont les détenus présentant des pathologies psychiatriques sont traités en détention », affirme l’avocat. »De nombreux signaux d’alertes n’ont hélas pas été entendus par l’administration pénitentiaire », ajoute-t-il.

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Fresnes confrontée aux difficultés de la psychiatrie carcérale
Construite à la fin du XIXe siècle, la prison de Maison d’arrêt de Fresnes est régulièrement pointée du doigt pour sa vétusté et les conditions de détention. Dans un rapport publié en janvier 2026, le Comité européen pour la prévention de la torture évoquait « un nombre croissant de personnes détenues présentant des troubles, parfois sévères, liés à la santé mentale » ainsi qu’un manque de psychiatres dans les établissements pénitentiaires français.
Selon l’Observatoire international des prisons, un décès survient en moyenne tous les deux ou trois jours en prison en France, la plupart du temps par suicide.

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18.05.2026

Chaque année, autour du 9 mai, les néo-nazis venus de toute l’Europe défilent à Paris pour commémorer le décès d’un des leurs en 1994. Cette célébration est un prétexte pour défiler au pas cadencé dans la capitale avec des drapeaux ornés de croix fascistes, de symboles hitlériens, et pour commettre des violences. À chaque fois, ces parades d’extrême droite ont lieu avec la bénédiction des autorités. Ces dernières années, non seulement la police a protégé le défilé néo-nazi, mais elle a attaqué celles et ceux qui tentaient de s’y opposer.
Cette année, sur fond de fascisation généralisée, des collectifs antifascistes ont appelé à mettre un terme à cette tradition, et à converger pour empêcher concrètement l’événement. La préfecture a donc interdit toute manifestation, et déployé un très grand nombre de policiers, notamment des unités motorisées. Cela n’a pas empêché des groupes de néonazis d’errer dans Paris l’après-midi, certains armés de matraques et de couteaux, alors que les points de rassemblement antifascistes ont été immédiatement encerclés par la police. Selon le média StreetPress, au moins une femme a été frappée au visage et blessée après avoir voulu filmer deux militants d’extrême droite qui venaient de crier : «Paris nationaliste». Des journalistes qui tentaient de couvrir cette journée ont eux aussi été nassés, contrôlés et verbalisés par la police, qui les a empêchés de filmer. Des atteintes graves au droit d’informer.
Pire, les autorités ont laissé se dérouler, le soir même, une véritable procession fasciste digne du Klu Klux Klan ou des marches de SA, en région parisienne. Car malgré les interdictions, des centaines de néo-nazis se sont réunis dans la commune résidentielle de Verrières-le-Buisson, au sud de Paris. Très fiers d’eux, les nervis d’extrême droite ont abondamment filmé et photographié leur événement : flambeaux en mains, symboles suprémacistes, tambours des jeunesses hitlériennes, discours glaçants. Des militants venus de Pologne, d’Allemagne ou d’Italie étaient présents. Un retour dans les années 1930 dans l’espace public, en France, en 2026. Sur internet, le «Comité du 9 mai» agrémente ses images de propagande de citations militaristes et mortifères telles que «Nos marches guerrières feront frémir la terre». Opération réussie pour les néo-nazis.
Ils ont même installé des stands de tatouages et vendu des T-shirts d’extrême droite. Un concert de métal ouvertement nazi a eu lieu, ainsi que de nombreux saluts hitlériens. Une témoin estime que plus d’une centaine de militants auraient effectué des bras tendus, et un habitant dit à Street Press avoir vu certaines personnes se dire «au revoir avec des saluts nazis». Un autre riverain a appelé le commissariat de Verrières-le-Buisson, sans réponse, puis la police nationale pour réclamer l’envoi d’une patrouille. Le maire de la ville se dit quant à lui «atterré».
C’est bien là qu’est le problème. Selon le quotidien Le Parisien, «la police s’est rendue sur place mais n’a relevé aucun débordement avant de quitter les lieux». Des néo-nazis, des bras tendus, des apologies de régimes totalitaires, des violences commises quelques heures plus tôt, mais «aucun débordement» pour les forces de l’ordre.
Nous sommes pourtant dans un pays où de simples conférences pour la Palestine ou contre la guerre sont censurées dans les universités, où des rassemblements anti-colonialistes sont interdits de manière très brutales, et où globalement la liberté de manifester et d’exprimer le moindre désaccord se réduit de jour en jour. Mais les nostalgiques d’Hitler continuent de bénéficier d’une complaisance évidente des autorités.
Une nouvelle preuve que la lutte contre l’extrême droite de viendra jamais de l’État, et qu’il n’y a rien à attendre d’un régime qui préfère écraser les mobilisation sociales et antiracistes que les héritiers des SS.

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