Suite à l’incident survenu lundi 9 juin 2025 au centre pénitentiaire de Ducos, les quatre détenus l’origine de ce mouvement de rébellion seront transférés en hexagone dans les prochains jours.
En 2023, deux étudiants avaient essuyé des insultes et des menaces, et même des claques pour l’un d’eux. À la barre, les policiers de la brigade motorisée ont minimisé les faits.
Très vite, Hatem a compris que Fresnes n’est pas une prison comme les autres, et que « la chose qui tape le plus sur le système », là-bas, ce n’est pas le bruit, mais l’insalubrité. L’invasion des punaises de lit lui était si insupportable qu’il essayait de dormir sur une chaise. Il respirait mal, à cause, croit-il, des moisissures maculant le mur de sa cellule. Les rats, vivants ou morts, étaient omniprésents dans les cours de promenade, ces « box à chevaux » de 45 mètres carrés, où peuvent s’entasser une vingtaine de détenus. A Fresnes, les rongeurs sont rois, repus des détritus jetés depuis les cellules. Fin 2023, un prisonnier a été hospitalisé dans un état grave après avoir contracté la leptospirose, la « maladie des rats », transmise par leurs urines.
Aucun dispositif de proposition d’hébergement d’urgence pour toutes les personnes présentes ne semble prévu. Des anciens occupants se préparent à redormir dehors. « Ces sorties sèches, sans relogement, sont scandaleuses, déplore Sabine Carriou, de l’association Les Petites roues. Si ces personnes ont occupé ce bâtiment vide, c’est parce qu’elles n’avaient pas d’autre solution. » Elle rappelle que le squat abritait « des personnes malades, une famille avec des bébés dont un polyhandicapé… »