03.08.2026

Pour les détenus de la maison d’arrêt de la Talaudière, la canicule est particulièrement éprouvante. Absence de volets, manque de douches individuelles, chaleur dans les parloirs… L’avocate Sonia Benheniche rapporte les propos de ses clients qui témoignent de conditions de vie dégradées.
ICI Saint-Étienne Loire – Vous avez rendu visite à vos clients détenus à la prison de la Talaudière vendredi 31 juillet 2026, en pleine vigilance orange canicule. Comment vivent-ils cette période de fortes chaleurs ?
Maître Benheniche – C’est particulièrement compliqué pour eux. La chaleur entraîne une fatigue physique et psychologique. Dans la mesure où les cours de promenade ne sont pas forcément adaptées, certains doivent choisir entre rester finalement 23 heures ou 24 heures dans cette chaleur étouffante de la cellule, ou aller passer une heure dehors l’après-midi sans avoir forcément la possibilité de se mettre un peu à l’ombre. J’ai par exemple en tête les explications d’un de mes clients qui me disait ce matin qu’en plein soleil dans la cour, il ne peut pas s’asseoir trois secondes sur le béton parce que sinon « vous grillez ».
Est-ce que des mesures sont prises par la prison pour faciliter la vie pendant cette canicule ? Par exemple, est-ce que des ventilateurs sont mis en place dans les cellules ?
À ma connaissance, il n’y a pas de mesures spontanées qui ont été prises. En revanche, les détenus ont la possibilité d’acheter des ventilateurs. Pour vous donner un ordre d’idée, un petit ventilateur, c’est à peu près 25 euros. Pour les personnes qui n’ont pas de ressources, elles n’ont pas la possibilité d’acheter ces ventilateurs.
Est-ce qu’il y a des volets sur les fenêtres des cellules ?
Non. La seule chose qui peut permettre aux détenus de supporter un peu plus la situation, c’est que pour la plupart d’entre eux, ils ont les douches en cellule. Mais ça ne concerne pas toute la population pénale parce que toutes les personnes qui sont détenues aux petits quartiers et aux arrivants, elles n’ont pas de douches en cellule. Elles sont donc soumises au rythme des douches collectives. Cela pèse beaucoup sur les détenus donc ça peut aussi venir nourrir un peu plus de tensions en lien avec ces conditions extrêmement compliquées et qui sont aggravées par un taux d’occupation effrayant.

Article de presse gratuit disponible

Mots clés

30/10/2025

 

Alors qu’au cours des douze derniers mois, six établissements pénitentiaires ont déjà été condamnés en référé pour leurs conditions de détention dégradantes, une nouvelle procédure de référé-liberté vise cette fois le centre pénitentiaire de Saint-Étienne-La Talaudière.

(…)

Or, malgré la rénovation d’une partie des locaux, les personnes détenues demeurent soumises à des conditions de vie attentatoires à la dignité humaine

(…) Ils pointent la vétusté du quartier femmes, ainsi que d’une partie du quartier hommes (douches collectives insalubres, toilettes non suffisamment cloisonnées, fenêtres détériorées qui ne garantissent pas l’isolation thermique des cellules, murs rongés par l’humidité, etc.).
Ils dénoncent également un état d’insalubrité répugnant : des cours de promenade saturées de déchets, des espaces de circulation empestant l’urine de rats, des salles d’attente de l’unité sanitaire dont les murs sont souillés de traces d’urine et autres déjections séchées, ou encore des traces d’excréments dans les toilettes vétustes des cellules du quartier disciplinaire. L’état des équipements électriques dans certaines cellules fait courir des dangers supplémentaires, tout comme l’absence de système d’alarme dans les douches collectives, dans un contexte de violence alimenté par la suroccupation des locaux.
Car, dans cette prison, comme ailleurs, la surpopulation explose.
Au 1er septembre 2025, on comptait 425 personnes incarcérées pour 263 places – un taux d’occupation de 161,6%, nécessitant de faire dormir plusieurs dizaines de personnes incarcérées sur des matelas posés à même le sol, parfois à proximité immédiate des toilettes, dans des cellules exigües.

Mots clés

22/08/2025

Extrait

Une vidéo de 20 secondes, publiée le 21 août sur X par le compte Cpasdeslol et visionnée plus de 200 000 fois, montre une Peugeot blanche encerclée par trois policiers.
L’un d’eux assène quatre coups de pied au visage du conducteur, tandis qu’un autre le tient en joue avec un taser.

Mots clés