15.12.2025

Dans une décision du 27 avril dernier, rendue publique mi-mai, le tribunal administratif de Melun, statuant sur une affaire renvoyée par la cour d’appel de Paris courant décembre 2022, a annulé la sanction disciplinaire infligée à un policier accusé de comportements sexuels déplacés.
Affecté à la police aux frontières à Orly (Val-de-Marne), l’agent s’était vu infliger un avertissement – sanction la plus légère dans la fonction publique – par un arrêté du préfet de police de Paris en juin 2021.
En cause : ce dernier aurait caressé son propre sexe en érection devant une collègue (adjointe de sécurité) au dépôt du tribunal judiciaire d’Evry en 2019, et embrassé « sans son consentement » une autre de ses collègues (également adjointe de sécurité) en 2020.
Mais fin 2021, le fonctionnaire avait réclamé au TA de Melun l’annulation de cette sanction qu’il jugeait « insuffisamment motivée », ce qui le plaçait, selon lui, dans « l’impossibilité d’apprécier la nature précise des faits » qui lui étaient reprochés.
Décision pas assez motivée
L’arrêté mentionnait que l’agent avait « manqué aux obligations statutaires et déontologiques et notamment à l’obligation d’exemplarité en adoptant un comportement déplacé à l’égard d’une de ses collègues de travail ».
Motivation trop lacunaire, a tranché le tribunal administratif de Melun, puisqu’elle « ne comporte aucun élément de fait précis de nature à caractériser les manquements reprochés à M. C…», comme la date des faits ou l’identité de la personne envers laquelle il aurait adopté un comportement déplacé, précise la décision.
De la même façon, « en se bornant à indiquer ‘un comportement déplacé à l’égard d’une de ses collègues de travail’, l’arrêté ne met pas M. C… à même de savoir lequel des deux faits fonde la sanction litigieuse », souligne-t-elle enfin.
La juridiction se fonde notamment sur le Code des relations entre le public et l’administration. « Les décisions de sanctions doivent contenir l’énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision », prévoit en effet l’article L. 211-2.
Une nouvelle sanction toujours possible
S’il a prononcé l’annulation de l’arrêté, le tribunal a par ailleurs accordé 800 euros au titre des frais liés au litige ; sur les 3 500 euros réclamés par le policier.

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Extraits

Il lui est reproché d’avoir touché la poitrine d’une jeune femme, également gendarme volontaire et d’avoir exhibé son sexe lors d’une soirée un peu trop arrosée. Et, cerise sur le gâteau, d’avoir utilisé à des fins personnelles un fichier consultable uniquement à titre professionnel.

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