16.05.2026

La police est devenue religion d’État, critiquer la répression est le nouveau blasphème
En France, la police tire à balle réelle lors de contrôles routiers, mutile avec des armes de guerre, envoie des grenades sur des écologistes en hurlant «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné», multiplie les actes racistes. Tout cela est filmé, documenté, prouvé. Et dans l’écrasante majorité des cas, ces violences ne sont même pas poursuivies. Les rares fois où elles le sont, la justice ne les condamne pas, ou très légèrement. À l’inverse, si vous avez le tort de dénoncer la police, l’État mettra tous les moyens pour vous retrouver et vous réprimer.
Encore un exemple à Reims le 11 mai. Ce jour là, le tribunal devait juger une étudiante de 21 ans pour «outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique». Deux ans plus tôt, le 1er mai 2024, lors du défilé syndical traditionnel, elle avait crié le slogan «ACAB» – un acronyme mondialement connu, utilisé massivement, qui veut dire «All Cops Are Bastards» mais peut aussi signifier «All Cats Are Beautiful» ou «All Colors Are Beautifull», et autres.
Ce 1er mai donc, l’étudiante s’était rendue devant la Maison des syndicats de Reims après la manifestation, avant d’en ressortir. Elle ne savait pas que des agents étaient à ses trousses depuis des heures et l’attendaient pour lui faire payer son terrible forfait. Elle était arrêtée par des policiers en civil puis placée en garde à vue. Et le procureur avait réclamé un procès. Il paraît que les tribunaux sont engorgés.
Pour sa défense, au tribunal, l’étudiante explique à juste titre que le terme ACAB «est un symbole politique, absolument pas un outrage», et surtout qu’il «n’était pas adressé à un policier en particulier», ce qui est nécessaire pour qualifier le délit «d’outrage». Pourtant, ce 11 mai 2026, la justice a prononcé une condamnation à verser des dommages et intérêts à trois policiers ayant porté plainte. Les juges estiment que le slogan leur était adressé en raison «d’un regard tourné vers eux» et qu’ils ont donc ressenti un «préjudice moral». Si des hommes adultes et en uniformes sont fragiles au point d’être traumatisés par un regard et un mot, il faut leur retirer de toute urgence leur armement et les démobiliser, car ils représentent un grave danger pour la population.
Derrière ce jugement ridicule, c’est la possibilité pure et simple de critiquer la police qui est menacée. Si l’on peut être suivi et enfermé pour un slogan en manifestation, qui osera encore s’exprimer dans la rue ? C’est ce qu’ont rappelé les nombreux soutiens de l’étudiante devant le tribunal de Reims. Ils ont d’ailleurs été empêchés par la police d’entrer dans le tribunal pour assister au procès, ce qui est parfaitement illégal puisque l’audience est publique.
L’objectif de ce harcèlement policier et judiciaire est de faire un exemple pour tou·tes les étudiant·es de la ville qui relèvent la tête. À Reims, en moins d’un an, une quinzaine de personnes ont été arrêtées et/ou poursuivies pour des motifs fantôches» rappelle un communiqué de soutien. En effet, à Reims, la police semble particulièrement sensible et zélée. Le 18 mai 2024, deux autres personnes étaient arrêtées lors de la Marche des fiertés pour avoir porté un tee-shirt avec l’inscription «ACAB» et une pancarte avec le même acronyme. Et pour ces deux fauteurs de trouble aussi, garde à vue et procès.
Dans le même registre, dans la Drôme en 2023, la police avait traqué pendant des semaines une jeune militante âgée de 24 ans avec une balise GPS sous sa voiture, des planques devant sa maison, des fouilles de ses comptes bancaires, des réquisitions à son opérateur et des géolocalisations de son téléphone pour avoir fait des tags de soutien à la Palestine, contre la guerre, et tracé le mot «ACAB». Encore. Elle n’avait finalement été jugée que pour «dégradations légères» et «outrage» aux forces de l’ordre.
Le délire judiciaire qui vise toute parole hostile à la police est inédit, et frappe à la fois des manifestant·es, des artistes, des internautes… L’extrême droite a tous les droits, mais interdiction formelle de toucher à la police, qui est désormais une véritable religion d’État qu’il ne faut pas blasphémer.
Avec une telle débauche répressive, des chanteurs comme Brassens ou Renaud qui crachaient sur les forces de l’ordre auraient fini derrière les barreaux dans les années 1960 et 1970. La France de Macron est plus liberticide que celle de l’après-guerre.
Une cagnotte pour soutenir l’étudiante de Reims

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15.04.2026

Un homme de 37 ans a été interpellé par le RAID après avoir voulu «tester la fiabilité et la surveillance de l’IA»
L’affaire est cocasse. Sans doute préoccupé par le recul des libertés publiques, un strasbourgeois a décidé de se saisir lui-même des inquiétudes qui devraient toutes et tous nous mobiliser en matière de surveillance numérique. Pour ce faire, rien de plus évident. Sur Chat GPT, l’homme de 37 ans a simplement évoqué son intention d’acheter une arme pour s’en prendre à «un agent du renseignement de la CIA, du Mossad ou de la DGSI» en vue de «tester la fiabilité et la surveillance de l’IA».
Une vaste chaîne répressive se met alors en branle. De l’autre côte de l’Atlantique, les échanges en question sont transmis par OpenAI à des agents du FBI, qui décident à leur tour d’alerter les autorités françaises à travers la plateforme de délation en ligne PHAROS, réputée pour son inefficacité. Mais cette fois, cette étrange coopération internationale conduit au déploiement du RAID, une unité d’élite de la police nationale dédiée à l’antiterrorisme, pour procéder à l’interpellation du malheureux.
Immédiatement placé en garde vue, sa détention a finalement été levée dès le lendemain et l’affaire a été classée sans suite, des échanges numériques n’étant pas suffisamment caractéristiques d’un projet d’attentat. Il a cependant été hospitalisé d’office à l’issue de sa garde à vue en raison d’antécédents psychiatriques. S’il a effectivement obtenu la réponse à son interrogation initiale – oui, l’IA nous espionne – cette affaire soulève des préoccupations quant au monde numérique de demain.
Cette réaction en chaîne – OpenAI, FBI, PHAROS, Raid – illustre un basculement concret dans l’usage des intelligences artificielles conversationnelles. Ce qui nous est vendu comme un espace privé de dialogue fonctionne en réalité comme un environnement surveillé, capable de déclencher une cascade d’interventions d’ampleur mondiale en quelques heures. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt : une part grandissante de la population confie sa vie aux data center. Bilan médical, fiches de paie, conseils psychologiques : en invitant l’IA dans notre intimité, nous donnons souvent sans le savoir des mines d’informations extrêmement précieuse à des entreprises privées. Le vieil adage «quand c’est gratuit, c’est que c’est toi le produit» n’a jamais semblé aussi vrai.
Chaque jour, des millions de personnes copient collent leurs résultats sanguins, leurs IRM, leurs diagnostics de cancer, leurs ordonnances ou encore leurs situations financières dans des applications comme ChatGPT pour les analyser ou demander conseil. Et de fait, ces données finissent stockées sur des serveurs californiens quasiment libre d’accès. Si non seulement les entreprises comme OpenAI se réservent le droit d’utiliser ces conversations pour entraîner leurs modèles, elles sont donc également rendues accessibles aux autorités. Autrement dit, un moteur d’IA en sait probablement plus sur vous que votre propre famille proche ou même que votre médecin !
Alors que l’IA conversationnelle est aujourd’hui massivement utilisée à l’échelle de la planète, la concentration de données sensibles dans de telles proportions fait peser un risque immense sur la protection de la vie privée. Des entreprises tentaculaires réalisent donc un tour de passe passe vertigineux ; la dépossession massive et volontaire de toute forme de souveraineté informationnelle pour des millions d’êtres humains, le tout à des échelles qui font rêver les gouvernements les plus répressifs.
N’importe quelle police n’aura bientôt plus qu’à demander à OpenAI pour connaitre les préférences culinaires, maladies, situation amoureuse ou financière d’une personne qu’elle veut surveiller.

 

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16.01.2026

La librairie café parisienne Violette and Co, spécialisée dans la littérature féministe et LGBTQI +, a été perquisitionnée ce mercredi 7 janvier par les forces de l’ordre et un procureur de la République. Les policiers étaient à la recherche d’un livre de coloriage sur la Palestine.

(…) Selon le communiqué publié sur les réseaux sociaux de la librairie spécialisée dans la littérature féministe et LGBTQI +, le local « a fait l’objet d’une fouille méthodique : rayonnages inspectés, cartons de livres ouverts un à un, réserves et salle de pause fouillées ». L’ouvrage n’étant plus en stock, les forces de l’ordre sont reparties bredouilles.

(…) Les propriétaires de la librairie café ont été convoqués au commissariat, le jeudi 22 janvier, pour une audition libre.

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25/09/2025

Critiquer votre député peut vous conduire au poste. La députée LR Virginie Duby-Muller a porté plainte contre des citoyens après un post Instagram anti-loi Duplomb. Une dessinatrice et une écologiste, auditionnées, témoignent.

(…)

(…) Le vendredi 19 septembre, deux officiers de police judiciaire se sont présentés au domicile d’Élodie Tribut pour lui remettre une convocation au commissariat d’Annecy. « J’ai cru à une blague »

(…) Valérie Paumier y a été questionnée sur ses opinions politiques. « Comment ai-je été au courant de cette loi Duplomb ? Selon moi, pourquoi ne fallait-il pas voter la loi Duplomb ? Est-ce que je vais continuer à me mobiliser contre cette loi ? »

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ACCUSATIONS DE “TERRORISME” : À QUI LE TOUR ?

Contre Attaque


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Ce mardi 23 avril, la députée Insoumise Mathilde Panot, cheffe de file des élus Insoumis, le premier groupe d’opposition à l’Assemblée Nationale, apprend qu’elle est convoquée par la police pour «apologie du terrorisme».

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UN AN DE PRISON AVEC SURSIS POUR AVOIR SOUTENU LA PALESTINE : EXIGEONS LA RELAXE POUR JEAN-PAUL DELESCAUT !

Révolution Permanente


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Le 28 mars dernier, le secrétaire général de l’UD CGT 59, Jean-Paul Delescaut était convoqué au tribunal pour « apologie du terrorisme » suite à la publication le 20 octobre d’un communiqué de soutien au peuple palestinien évoquant l’« occupation militaire et coloniale » menée par Israël en Palestine.

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UN AN DE PRISON AVEC SURSIS REQUIS CONTRE LE SECRÉTAIRE DE L’UD CGT 59 : IL FAUT FAIRE FRONT !

Révolution Permanente


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Ce jeudi, le tribunal a requis un an de prison avec sursis à l’encontre du secrétaire de l’UD CGT 59, jugé pour « apologie du terrorisme » à la suite d’un tract en soutien à la Palestine.

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POURSUITES JUDICIAIRES POUR UN SLOGAN ANTI-FLICS : DARMANIN S’ATTAQUE (ENCORE) AUX DROITS DES MANIFESTANTS


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Ce dimanche, Gérald Darmanin a annoncé saisir la justice contre un slogan chanté par des manifestant.e.s lors de la manifestation du 8 mars. Une nouvelle illustration de la surenchère répressive du gouvernement.

(suite…)
DANS L’HÉRAULT : POUR AVOIR SOUTENU LA PALESTINE, UN MARAICHER MENACÉ ET UN CLIENT ARRÊTÉ

Contre Attaque


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Avec l’affaire de Clermont-l’Hérault, on peut dire que l’État tente de museler toute critique du génocide partout, des grandes métropoles jusqu’aux marchés des petits bourgs.