19.05.2026
Quatre policiers d’une brigade anticriminalité qui s’en étaient pris à des passants en marge des quarts de finale de la Coupe du monde de football en 2022 ont été condamnés, lundi 18 mai, à des peines allant de trois à douze mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.
« En quoi la situation était tendue ? Où est le stress que vous subissez ? », avait interrogé la magistrate. Sur les vidéos qui venaient d’être diffusées dans la salle d’audience du tribunal, ce sont en effet des scènes de joie qui apparaissaient dans cette rue adjacente aux Champs-Elysées, à Paris, dans une ambiance manifestement bon enfant.
La magistrate a poursuivi son questionnement : « On a surtout l’impression que vous vous ennuyez… Un croche-pied à un petit jeune dans la rue ? Le coup de matraque dans le dos à un passant ? On dirait que c’est vous qui cherchez à provoquer la bagarre ! »
Car les mêmes vidéos ont en effet mis en évidence crocs-en-jambe, coups et bousculades. Surtout, l’un des quatre policiers mis en cause a mis à terre un supporteur qui se trouvait sur le toit d’une voiture, avant de le rouer de coups.
Khaled M. ne devra son salut qu’à un passant, qui est venu à son secours alors qu’il se trouvait à terre sur la chaussée. « Il peut crever dans son coin, manifestement, ça vous dépasse, a déploré la magistrate. Il est en position fœtale, par terre. Vous êtes tous les quatre, vous le voyez, il n’y en a pas un qui bouge. »
Refus de plainte au commissariat
Ce n’est pourtant pas cette victime qui a mis au jour l’affaire – sa plainte, déposée le lendemain, n’a pas été prise au commissariat –, mais les agents de l’inspection générale de la police nationale, la police des polices, qui ont découvert incidemment le comportement de ces deux brigadiers-chefs et de ces deux gardiens de la paix en visionnant ces vidéos dans le cadre d’une autre enquête.
Les quatre mis en cause, âgés à l’époque des faits entre 29 et 45 ans, ont tenté des regrets à la barre – trois d’entre eux avaient pourtant jusqu’alors contesté les faits. « Réaction démesurée », « agacement total », avance l’un ; « J’ai été un peu trop vif », complète un collègue.
Le policier qui s’en était pris à un passant en lui arrachant sa cagoule et l’avait aspergé de gaz lacrymogène plaide le « ras-le-bol », c’est-à-dire, selon lui, « de laisser s’installer l’anarchie sous couvert d’un événement festif ».
Contre le policier qui s’est montré le plus violent – quatre scènes distinctes en moins de vingt minutes –, la procureure avait également réclamé une interdiction de porter une arme pendant cinq ans, en dénonçant « une violence purement gratuite ». Le tribunal ne l’a pas suivie sur ce point. Aucun des quatre, pour l’heure, n’a fait l’objet de poursuites disciplinaires.
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