20.05.2026
Jérôme Laronze est mort en mai 2017, touché à trois reprises par les balles d’un gendarme. Neuf ans après, l’entourage de l’éleveur bovin attend toujours que la justice ouvre un procès. Une mobilisation est prévue ce mercredi 20 mai à Chalon-sur-Saône.
Un anniversaire de plus, sans que l’entourage de Jérôme Laronze n’ait obtenu un procès qui reconnaîtrait la situation de victime de l’éleveur. Le 20 mai 2017, l’homme de 37 ans est mort lors de son interpellation par deux gendarmes à Sailly (Saône-et-Loire).
Alors que l’instruction s’est close l’an dernier, l’affaire n’a pas encore donné lieu à un procès. Les proches du défunt continuent de se mobiliser pour obtenir justice, à travers l’association Justice et vérité pour Jérôme Laronze.
« Nous marcherons au rythme de la justice »
Un nouveau rassemblement se tiendra au palais de justice de Chalon-sur-Saône, mercredi 20 mai à 18 heures. De 18 à 20 heures, la déambulation se voudra aussi lente que possible. De quoi envoyer une pique à la justice, dont les retours sont toujours attendus.
Sur les réseaux sociaux, Maurice Jacquet de l’association Justice et vérité pour Jérôme Laronze, écrit : « Nous connaissons, par ces analyses, la vérité sur la mort de Jérôme Laronze. Mais neuf ans après les faits, la justice n’est toujours pas passée et aucune décision n’a été rendue ! »
Contacté, le bénévole prévient : « Ce rassemblement sera l’occasion de faire le point sur l’affaire, même si on est sans nouvelles depuis le refus de la destruction des scellés ». Une ordonnance de restitution ou destruction des scellés avait été ordonnée par une magistrate en mars 2025, puis annulée en décembre par la cour d’appel de Dijon.
Les bénévoles redoutaient que la gendarmerie ou la justice ne veuille enterrer l’affaire – d’où leur mobilisation. L’an dernier, l’avocate et soeur du paysan Marie-Pierre Laronze confiait à France 3 : “à chaque fois que le dossier a un peu avancé, c’est parce qu’on a fait le travail à la place des juges d’instruction”.
Depuis, selon Maurice Jacquet, « le parquet a demandé un supplément d’informations, notamment une reconstitution numérique tridimensionnelle de la scène de tirs. C’est une demande que nous avions formulée dès 2019, mais qui n’avait jamais été acceptée. Nous ne savons pas si la nouvelle juge sur l’affaire, la septième, l’acceptera ».
Deux versions, pas encore de conclusion
Retour en 2017. Jérôme Laronze reçoit le 11 mai une visite de vétérinaires pour contrôler ses bovins. Pendant celle-ci, l’éleveur aurait foncé avec son tracteur sur les forces de l’ordre qui accompagnaient les inspecteurs des services sanitaires. L’homme se disait harcelé par l’administration et allait bientôt se voir confisquer son bétail. Neuf jours de cavale s’en suivent.
L’habitant de Trivy (Saône-et-Loire) est retrouvé à une vingtaine de kilomètres de là par deux gendarmes, à Sailly. D’après les forces de l’ordre, Jérôme Laronze leur aurait foncé dessus à bord de son véhicule. L’un des agents a ouvert le feu et touché le conducteur trois fois. Une fois dans la cuisse, deux fois dans le dos. L’homme ne survivra à ses blessures.
Deux versions se confrontent. Le gendarme responsable des tirs plaide la légitime défense depuis le départ, il a été mis en examen pour « violence avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La famille refuse cette hypothèse, une opinion soutenue par la défenseure des droits, Claire Héron.
En mars, France Inter dédiait un épisode d’Affaires sensibles au drame, et ce qui s’en est suivi.
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