20.02.2026
Extraits
Ce jour-là, des agents interpellent violemment une travailleuse sociale qui assiste à un contrôle, la plaquent au sol sur les rails du tramway et la placent garde à vue. Des images circulent. Un médecin constate les blessures. Malgré cela, la municipalité défend l’action de ses agents… et renvoie la faute sur la victime.
(…) Quand nous retrouvons Marie, lundi 2 février vers 20 heures, près de la gare RER D de Saint-Denis, les traces de l’agression sont encore bien visibles. Sa tempe est violette, une marque souligne son arcade, et sa lèvre supérieure reste gonflée. Elle nous montre aussi des griffures au cou et des éraflures sur les mains. Quelques jours plus tôt, le jeudi 29 janvier, la police municipale l’a violemment interpellée.
(…) « J’ai reçu un coup de matraque au visage. Je ne sais pas s’il était volontaire. Il m’a attrapée par les cheveux et a plaqué ma tête assez violemment contre les rails. »
(…) Ce sont eux qui contrôlent, poursuivent, interpellent. Et leurs pouvoirs pourraient bientôt s’élargir. Un projet de loi, examiné en ce moment au Parlement, prévoit d’autoriser les policiers municipaux à dresser des amendes forfaitaires délictuelles, des AFD, pour huit nouveaux délits, dont la vente à la sauvette. Concrètement, cela change la donne. Les agents pourraient sanctionner immédiatement, sur place, sans passer par la procédure judiciaire classique. Plus besoin d’attendre une décision du parquet. L’amende tomberait directement. Sur décision policière. Le Défenseur des droits met en garde.
