18.03.2026

Extraits

Plus de deux ans après la mort de Rony Cély, tué par des gendarmes le 9 janvier 2024 à Goyave lors d’une intervention, la justice a prononcé un non-lieu. Une décision contestée par la famille de cet homme de 39 ans, atteint de schizophrénie au moment des faits, qui estime que la riposte des forces de l’ordre a été disproportionnée.
(…) C’est une décision judiciaire qui ravive la douleur et la colère des proches de Rony Cély.
(…) En quelques secondes, un gendarme ouvre le feu. Huit tirs sont effectués. Rony Cély s’effondre et succombe à ses blessures.
Cette séquence, brève et violente, est au cœur de la procédure judiciaire ouverte après les faits. Elle nourrit depuis plus de deux ans une vive controverse en Guadeloupe autour de l’usage de la force face à une personne souffrant de troubles psychiatriques.
(…) Pour l’avocate de la famille, Me Gladys Démocrite, plusieurs zones d’ombre demeurent, notamment à la lecture des images issues de la caméra-piéton versées au dossier. Selon elle, l’attitude du gendarme et la rapidité de l’intervention interrogent.
« Le gendarme a fait tout le contraire puisqu’il a pointé son arme, il lui a parlé avec agressivité et, en réalité, Rony a été abattu en 30 secondes. »
(…) Elle estime que la vidéo doit permettre à chacun d’apprécier les circonstances exactes du drame, tout en posant une question de fond : la prise en charge d’une personne en crise psychique par les forces de l’ordre.
La défense de la famille dénonce aussi l’absence de secours immédiats apportés à Rony Cély après les tirs. Pour les proches, la réponse apportée ce jour-là par les gendarmes n’était ni adaptée à l’état mental de la victime, ni proportionnée à la situation.
(…) Dans un communiqué publié ce mercredi 18 mars, l’UPLG apporte son soutien « total et indéfectible » à la famille Cély dans son combat pour la vérité et la dignité.
« Ce non-lieu n’est pas seulement une déni de justice, c’est une insulte à la mémoire de Rony et à la douleur de ses proches. Le mépris atteint son paroxysme quand nous apprenons que le gendarme, auteur des tirs mortels, ose réclamer la somme de 35 000 euros à la famille CÉLY pour un prétendu « préjudice moral » lié à la diffusion de la vidéo des faits. »
(…) La famille a déjà fait appel de l’ordonnance de non-lieu, déterminée à obtenir un réexamen de l’affaire.

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