13.08.2026
Le campement installé mi-juillet par les salariés du Samu social devant le siège parisien de leur employeur a été évacué manu militari sur ordre de la préfecture, jeudi matin. Si une centaine de personnes ont été orientées vers un hébergement temporaire, 350 restent sans solution. De leur côté, les travailleurs sociaux poursuivent leur grève contre les coupes budgétaires qui font perdre tout sens à leur travail.
Les yeux écarquillés, la tête rentrée dans les épaules, le corps figé, Bakari1 est en état de sidération. À côté de lui sur le parvis du siège du Samu social, son père tente en vain de le rassurer. « Ils ne vont rien te faire, ne t’inquiète pas », répète-t-il inlassablement au petit garçon de 5 ans.
« Ils », ce sont les policiers lourdement équipés qui viennent de pénétrer en masse et en force à l’intérieur du campement de fortune. Celui-ci est installé depuis presque un mois sur la dalle de béton au pied du siège parisien du groupement d’intérêt public fondé par Xavier Emmanuelli pour apporter une aide d’urgence aux sans-abri.
Alors que les associations et les syndicats avaient reçu l’assurance de la préfecture d’Île-de-France que seuls des agents de la préfecture pénétreraient sur le parvis au contact des familles, pour leur proposer des « solutions », la réalité a pris un autre visage. Vers 7 heures, ce qui ressemble à un assaut a été donné. Alors que 45 camions de police étaient garés à proximité et que le quartier était bouclé, une colonne de policiers a forcé l’entrée, en présence du sous-préfet.
Une évacuation sous haute tension
Tout ceci, loin des yeux des élus et de la majorité des journalistes empêchés d’accéder au site par un cordon policier. Des syndicalistes CGT qui tentaient de faire respecter la parole donnée ont été molestés, créant un vent de panique parmi les familles en train de…
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