25.07.2026
La maison d’arrêt de Vannes devra mettre fin aux conditions de détention « contraires à la dignité humaine d’un détenu ». Il partage sa cellule de 8,34m2 avec deux autres personnes. Cette mise en demeure de la maison d’arrête de Vannes est une première localement.
Cet homme de 29 ans avait saisi la juge des libertés et de la détention, début juillet, car au delà de la vétusté de cette prison ouverte en 1830, aucune activité ne lui était proposée. Lors de l’audience, son avocat a indiqué que son client passe 22 heures sur 24 en cellule depuis son arrivée à Vannes en juin 2025. Il doit partager cette cellule de 8,34 m² – toilettes comprises – avec deux autres hommes. Ils dorment chacun leur tour sur un matelas au sol, la pièce ne contenant qu’un lit superposé. L’un d’eux doit d’ailleurs manger sur un lit.
En avril 2026, la surpopulation carcérale à Vannes avait atteint + 230 %, ce qui avait conduit à un blocage des entrées de la maison d’arrêt par les surveillants. « Il a eu un accès à moins de 3 m² pendant plus de cinquante jours », avait d’ailleurs reconnu l’administration pénitentiaire. Reste que la situation ne doit pas être tolérée, recadre la juge des libertés et de la détention rennaise dans son ordonnance.
« Cette situation indigne (…) porte atteinte à l’intégrité physique et psychologique des personnes détenues », poursuit-elle. Dormir à même le sol constitue « une insalubrité et engendre une détresse psychique profonde ».
Selon le Comité européen pour la prévention de la torture, l’espace disponible par détenu devrait être a minima de 7 m²
Selon le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), l’espace disponible par détenu dans les cellules devrait être a minima de 7 m².
Ce manque d’espace a d’ailleurs déjà valu à la France d’être condamnée par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Et, dans la cellule du requérant, les sanitaires ne sont pas clos, a aussi souligné Ashley Keller, l’avocat du plaignant : un simple rideau est présent … Il lui arrive ainsi de ne pas sortir pendant ses deux seules heures de promenade quotidienne pour pouvoir bénéficier d’intimité.
Un projet de nouvel établissement pénitentiaire à Vannes
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L’administration pénitentiaire a un mois pour mettre fin à ces conditions de détention du jeune homme
La JLD de Rennes a de toute façon donné un mois à l’administration pour mettre fin aux conditions de détention du plaignant, « par tous moyens ». Elle devra produire un rapport d’information sur les mesures prises ou proposées à la personne détenue d’ici le 22 août 2026.
Sollicité, Ashley Keller salue une « décision courageuse » qui « donne corps aux souffrances » subies par son client : « J’espère ajoute-t-elle que ce constat judiciaire participera d’une nécessaire prise de conscience collective et, surtout, de l’élaboration de mesures concrètes pour améliorer le quotidien des autres détenus qui ne bénéficieront évidemment pas de ce transfert », ajoute l’avocate. Son client quittera bel et bien cette cellule sous peu, mais un autre détenu viendra probablement prendre sa place… au sol.
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