29.03.2026
Selon l’ordonnance du juge des référés rendue le 13 mars, des efforts ont été faits à la maison d’arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont le taux de surpopulation atteint 213 %. Et nombre de mesures relèvent d’un « choix de politique publique ».
Trois semaines après la sanction disciplinaire infligée à un détenu parce qu’il a refusé l’arrivée d’un cinquième homme dans la cellule, un autre détenu de la maison d’arrêt de Nanterre se plaint des conditions de détention dans ce centre pénitentiaire surpeuplé des Hauts-de-Seine. Pas de procédure disciplinaire pour celui-ci, puisqu’il a attaqué l’État au tribunal administratif.
Par la voix de son avocat, Me Fabien Arakelian, cet homme incarcéré depuis juillet 2023 a demandé que soient ordonnées des mesures d’urgence censées améliorer les conditions de détention « alarmantes » dans cet établissement où le taux de surpopulation atteint 213 %, où 220 détenus dorment sur des matelas au sol, où les douches sont sales, les cafards à la fête, les cellules « vétustes et insalubres », ne comportant ni mobilier suffisant pour le nombre de détenus qu’elles hébergent ni cloisonnement des sanitaires, où le système électrique est « défectueux », l’aération dysfonctionnelle… Un tableau sinistre qui décrit « des conditions de détention indignes ».
« Circulez, y’a rien à voir »
Pour le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), aucune des mesures demandées par le détenu via son avocat ne peut être acceptée. Premier argument : le juge des référés ne peut ordonner des mesures d’urgence que si celles-ci lui « apparaissent de nature à sauvegarder, dans un délai de 48 heures, la liberté fondamentale à laquelle il est porté une atteinte grave », lit-on dans la décision. Deuxième argument : les demandes portent « sur les mesures structurelles et des choix de politique publique ».
En juin 2023 pourtant, le même tribunal administratif avait enjoint le ministère de la Justice de procéder à des travaux « sans délai », pour réparer les fenêtres cassées, les installations électriques… Sept mois plus tôt, le juge des référés avait rendu une ordonnance enjoignant le ministère de prendre huit mesures d’urgence.
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Bref, « circulez, y’a rien à voir », s’étrangle Me Arakelian. « Le mandat de dépôt de mes clients ne mentionne pas qu’ils doivent purger leur peine dans des conditions indignes », grince l’avocat, promettant de « multiplier les saisines du tribunal administratif » pour le compte de ses clients. « C’est peut-être le moment de se reposer la question du mécanisme de régulation carcérale », exhorte le pénaliste.
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