18.07.2026
Une nouvelle affaire de violences conjugales était jugée vendredi matin en comparution immédiate. Un dossier complexe, mêlant violences, harcèlement et dégradations de véhicule, qui avait déjà été renvoyé à plusieurs reprises.
En août 2024, une relation amoureuse débute entre le prévenu et la victime, tous deux gendarmes. Cependant, leur relation se détériore, marquée par des invectives, des insultes. La victime décide de mettre fin à cette relation un an après, mais l’homme refuse cette séparation. Il maintient une présence constante, lui envoie régulièrement des bouquets de fleurs, des cadeaux, de la lingerie ainsi qu’un jouet pour adulte.
Le 12 septembre 2025, le prévenu se rend au domicile de la victime. Selon les éléments de l’enquête, il l’aurait embrassée de force et l’aurait retenue par le bras alors qu’elle tentait de se dégager. Un examen médico-légal révèle la présence de trois hématomes sur le bras de la victime, entraînant une ITT de deux jours.
« C’est quelqu’un qui je pense a des failles personnelles de la même manière que la victime de cette affaire. Et en fait c’est la rencontre de deux personnes avec des personnalités qui s’opposent et qui parfois donnent des étincelles qui a amené à ce qu’ils se retrouvent devant ce tribunal », minimise l’avocat du prévenu, maître Edouard Varrod.
Harcèlement conjugal : une nouvelle notion « encore un peu floue »
Au-delà des violences volontaires qui lui sont reprochées, le prévenu est également entendu pour des faits de harcèlement. Il aurait passé 162 appels et envoyé de nombreux messages à la victime.
Autre point soulevé, le véhicule de la victime aurait été volontairement dégradé. Un essuie-glace arraché, un clou retrouvé dans le pneu et des câbles de démarrage sectionnés.
Cependant, après délibération, le tribunal décide d’une relaxe pour les dégradations sur le véhicule, au bénéfice du doute. Le prévenu est également relaxé pour les accusations de harcèlement.
« L’infraction de harcèlement conjugal est assez récente. La notion est encore un peu floue et les juges ont du mal à faire la différence entre des problèmes conjugaux et le véritable harcèlement qui a lieu et là c’est l’exemple flagrant », regrette maître Hina Lavoye, avocat de la défense.
« À partir du moment où vous ne voulez plus d’une personne, qu’elle vous appelle 160 fois en deux mois – et je ne compte pas le nombre de messages – on est dans du harcèlement. »
Maître Hina Lavoye, avocat de la défense.
L’homme, très sûr de lui à la barre, est finalement jugé coupable des violences volontaires et écope d’une amende de 20 000 francs Pacifique (168€) aux titres des dommages et intérêts à reverser à la victime.
Le même homme, aujourd’hui retraité, retournera à la barre en septembre pour des faits d’agression sexuelle.
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