Frédéric Grochain, militant indépendantiste Kanak, avait été emprisonné après les soulèvements populaires de juin 2024 en Kanaky. Comme 80 autres personnes, il avait été déporté dans une prison en métropole, loin des siens. Il n’avait pas vu sa famille depuis 2 ans. Dans un dernier élan d’irrespect à sa mémoire, l’État français n’a même pas daigné en informer ses proches, qui ont appris sa mort par hasard le 9 février, soit 3 jours après son décès.
1211 cartouches de LBD utilisées. Deux personnes décédées. Trois blessées… Le rapport annuel de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) fait état d’une forte hausse de l’usage d’armes par des policiers en Outre-mer en 2024, dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu dans certains territoires.
L’année a en effet été marquée par les violentes émeutes en Nouvelle-Calédonie (14 morts, 975 blessés), la mobilisation contre la vie chère en Martinique (qui a parfois dégénéré en violences urbaines), et des épisodes de tensions à Mayotte.
Suite à l’incident survenu lundi 9 juin 2025 au centre pénitentiaire de Ducos, les quatre détenus l’origine de ce mouvement de rébellion seront transférés en hexagone dans les prochains jours.
A la suite des interrogatoires des prisonniers politiques menées il y a deux semaines à Paris, le tribunal judiciaire avait décidé mardi dernier de remettre en liberté sous contrôle judiciaire quatre militants indépendantistes kanak dont Christian Tein, président du FLNKS et dirigeant de la CCAT. La décision rendue autorisait également le retour en Kanaky d’une autre militante, Brenda Wanabo. La semaine dernière, c’est Frédérique Muliava qui avait été autorisée à quitter le territoire français sous contrôle judiciaire. Mais la victoire a finalement été suspendue. Ce jeudi, un juge de la cour d’appel de Paris a ordonné la suspension de l’ordonnance de remise en liberté, se rangeant derrière l’avis du parquet qui avait fait appel de la décision en début de semaine. La chambre d’instruction doit encore se prononcer. L’audience est prévue le 12 juin, et confirmera ou non la décision de la cour d’appel.
D’abord placé en détention provisoire et sous contrôle judiciaire, après appel du parquet de Fort de France, le « R » restera écroué jusqu’à son procès le 21 janvier 2025. A l’annonce du nouveau verdict et de sa mise en détention jusqu’au 21 janvier, les avocats dénonceront l’instrumentalisation politique du procès considérant alors R. Petitot comme un prisonnier politique. « C’est une décision de justice commandée peut être par des motifs politiques » a fustigé son avocat.