21.04.2026

Plus de 87 000 prisonniers ont été recensés en France le 1er mars dernier. Jamais ils n’ont été aussi nombreux, avec pour conséquence directe, une surpopulation carcérale. A la maison d’arrêt de Villepinte en Seine-Saint-Denis, 1200 détenus vivent dans des conditions déplorables.

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Promiscuité et insalubrité, les images sont édifiantes.
Impossible de circuler dans cette cellule car comme dans presque toutes les autres de la maison d’arrêt de Villepinte, un matelas jonche le sol. Chaque cellule mesure 9 m² et devrait accueillir en temps normal deux détenus. Mais ils sont presque toujours trois.
Dans une cellule, un détenu dort par terre. Mais avant lui, un autre dormait déjà par terre.
Du linge pour colmater les trous
Les prisonniers en sont réduits à utiliser du linge pour colmater les trous et les fuites par lesquelles passent les rongeurs. Aucune intimité, une promiscuité étouffante, insalubrité des douches communes et des toilettes.

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« Ils sont à trois dans un espace insalubre. Le plus choquant, ce sont les toilettes. Il y a quelques années que je n’étais pas venue et je suis choquée. Je vois l’état de détérioration et je n’avais pas le souvenir de voir des choses aussi terribles et les conditions d’inhumanité lesquelles sont enfermés les prisonniers ».
Deux fois trop de détenus
Sur le papier, la maison d’arrêt de Villepinte compte 589 places. Au final, ils sont plus de 1200 détenus. Des chiffres qui impactent toute l’organisation de la prison et parfois même, la répartition des prisonniers. Ce détenu, condamné pour meurtre, doit par exemple sa cellule avec ce qu’il appelle « un primaire, jamais il est allé en prison, son affaire est simple ».
La surpopulation alourdit également toutes les procédures et augmente tous les délais d’attente. Cette conjointe d’un détenu témoigne que pour la cantine, « il faut attendre beaucoup de temps avant de recevoir ses bons. Il y a régulièrement des bagarres lors de la promenade car elle n’est pas forcément surveillée. Pour le linge, il y a des horaires à respecter. L’attente pour aller au parloir est assez longue, » témoigne-t-elle.

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L’exemple allemand
Il n’y a jamais eu autant de détenus en France. Et pourtant, d’après la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simmonot, le monde politique détourne les yeux alors que des solutions existent. « J’ai visité les prisons allemandes et la règle là-bas est un prisonnier par cellule. Et lorsque la prison arrive à un taux de remplissage de 90 %, vous allez voir la différence, elle se déclare ‘suroccupée’ et plus personne n’entre. Et ils ont des taux de récidive inférieurs de moitié. Pourquoi nous, on rate ça? »
Le cas de la maison d’arrêt de Villepinte n’est pas un cas isolé en Île-de-France. Des situations similaires ou encore plus graves ont été dénoncées à Fresnes, à Bois D’Arcy et à Nanterre.

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