Prisons saturées, psychiatrie en crise, rétention toujours plus carcérale : jamais autant de personnes n’ont été enfermées en France. Pour Dominique Simonnot, la situation se dégrade et l’humiliation est devenue la norme derrière les murs.
C’est la neuvième fois depuis 2013 que la France est condamnée par la CEDH pour les conditions de vie dans ses prisons, a précisé à l’AFP Patrice Spinosi, l’avocat qui a porté ces dossiers avec l’Observatoire international des prisons (OIP). Au total, ces arrêts concernaient 42 détenus, mais « ce n’est que la partie émergée de l’iceberg » car seule une minorité des personnes concernées ont « l’énergie et le temps » pour saisir la justice, jusqu’au Conseil d’Etat et à la CEDH, afin de dénoncer leurs conditions de détention, a souligné l’avocat.
« À SIX DANS DES CELLULES, ENFERMÉS 20 HEURES SUR 24, À DORMIR PARFOIS À MÊME LE SOL » : DES DÉTENUS DE LA PRISON D’AJACCIO DÉNONCENT LEURS CONDITIONS CARCÉRALES
« Nous dénonçons solennellement les conditions de détention inhumaines et dégradantes auxquelles nous sommes soumis au quotidien. » (…) « Au-delà de l’enfermement, ce sont les atteintes à notre dignité et à nos droits fondamentaux qui deviennent insupportables, écrivent-ils. Aujourd’hui, nous faisons face à une privation croissante de moyens élémentaires pour maintenir un minimum de décence. » Parmi les exemples cités par les détenus, figurent notamment « un accès restreint aux douches, limité à des horaires fixes, portant atteinte à [leur] hygiène personnelle », ou encore « la suppression des trois heures de promenade journalière ». (…) « Aujourd’hui, nous sommes nombreux à vivre à six dans des cellules exiguës, enfermés 20 heures sur 24, parfois même à dormir à même le sol. Une grande majorité d’entre nous est en attente de jugement, donc présumée innocente », rappellent les auteurs du communiqué.